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Mylène Farmer, La lectrice cannibale

Posté par francesca7 le 14 septembre 2015

 

 

Moscou, mars 2000. Cheveux hérissés, jupe en soie brodée de motifs indiens et blouson en jeans, Mylène répond aux questions d’un journaliste russe. « Comment avez-vous fêté la venue du nouveau millénaire ? » La belle hésite : « Je ne me rappelle pas. » Puis se lance : « Probablement avec un livre dans les mains. Le soir du 31 décembre n’est pas spécialement une fête pour moi… Oui, c’est ça, je lisais. Je ne me souviens plus quel livre, mais ce devait probablement être une œuvre de Henry James ou Edgar Poe, mes écrivains préférés. »

 Mylene-Farmer

Une réponse qui détonne. Dans le paysage de la variété française, peu d’artistes évoquent leurs lectures avec autant d’enthousiasme. Au début de sa carrière, c’est d’ailleurs du bout des lèvres que Mylène révèle son goût pour les livres, de peur de passer pour « une intellectuelle pimbêche ». Par la suite, elle n’hésitera pas à évoquer ses coups de cœur en interview. Une jolie parade pour éviter de trop parler d’elle-même ? Pas seulement. D’abord parce que citer les ouvrages qu’on aime est sans doute la façon la plus intime qui soit de se dévoiler. Ensuite, parce que Mylène n’a jamais caché que c’est dans les livres qu’elle puise son inspiration. 

Comme une étudiante, elle lit avec un crayon à portée de main. Comme une étudiante, elle note les mots, les phrases qui l’interpellent. Elle n’est pas de ces lectrices passives qui se laissent entraîner sans réagir. Elle veut extraire une nourriture de ses lectures. Sinon, à quoi bon ? Le crayon lui garantit qu’elle gardera le contrôle, qu’elle ne se laissera pas submerger par le discours d’un autre, fût-il séduisant. 

Lorsqu’elle se trouve en période de promotion, elle sait qu’elle n’aura pas l’énergie d’écrire, alors la lecture lui semble une solution de repli salutaire. « Tout ce que je peux faire, c’est extraire des phrases de mes lectures ou des pensées », dit-elle. Ainsi elle collecte des bouts de phrases, comme des feuilles qu’elle glisserait dans un herbier, et qui, un jour peut-être, au contact de son imaginaire, formeront des chansons.

 Il serait fastidieux de recenser toutes les citations d’auteurs présentes dans le répertoire de Mylène, même si le sujet mériterait à coup sûr de faire l’objet d’un mémoire universitaire. Mots empruntés en forme d’hommage ou reformulés, fondus dans la chanson qui les accueille, ils sont souvent parfaitement identifiables. Parmi les exemples les plus connus, un vers d’Allan, qui figure sur l’album Ainsi soit je, reprend in extenso une phrase d’Edgar Poe extraite de Ligeia : « Pauvres poupées qui vont et viennent. » Mais quoi de plus naturel, puisque la chanson est un hommage à l’auteur des Histoires extraordinaires , un des livres de chevet de la chanteuse ? « Elle m’en lisait des passages tous les soirs avant d’aller se coucher», me raconte Elsa Trillat, qui a partagé des vacances avec la chanteuse durant l’été 1987. 

Autre référence explicite, Baudelaire, qui fut aussi, on le sait moins, le traducteur d’Edgar Poe. Comment Mylène la sulfureuse pourrait-elle ne pas vouer une adoration sans borne à l’auteur des Fleurs du Mal, recueil condamné en 1857 « pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » ? Très en verve, Laurent Boutonnat mettra en musique L’Horloge, le dernier poème de la section « Spleen et idéal », qui introduit brillamment l’album Ainsi soit je. Hommage appuyé, encore, mais cette fois à Virginia Woolf, grâce au titre Dans les rues de Londres, sur l’album Avant que l’ombre … Une évocation subtile des pérégrinations de Mrs Dalloway, l’une des héroïnes les plus emblématiques de la romancière anglaise, dans la capitale de l’Angleterre. Le destin de cette écrivain proche de la folie, qui se suicidera par noyade, ne pouvait pas laisser Mylène indifférente. 

Rendre à César ce qui est à César, c’est la moindre des choses. Et la chanteuse se plie à cette exigence de bonne grâce. Ainsi, Sogyal Rinpoché, dont la sagesse bouddhiste plane sur l’album Anamorphosée, est-il remercié dans le livret. De même, Mylène ne cache pas que la thématique de Innamoramento est fortement inspirée d’un essai de Francesco Alberoni, Le Choc amoureux 196, publié en 1979. Une citation de l’auteur ouvre d’ailleurs le livret de l’album : « L’amour naissant, l’innamoramento italien. L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur l’Amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires. »

 mf

D’une manière générale, d’ailleurs, ce cinquième opus est une véritable mine d’or pour tous ceux qui traquent les références littéraires dans le répertoire farmerien. Ainsi le titre Souviens-toi du jour est- il une allusion directe à Si c’est un homme, le témoignage bouleversant de Primo Levi sur l’Holocauste. Le clip, qui montre la chanteuse sexy en diable au milieu d’un incendie, semble lui-même avoir été inspiré d’un poème d’Apollinaire, Le brasier. « Et pour toujours je suis assis dans un fauteuil [...] / Les flammes ont poussé sur moi comme des feuilles », écrit le poète. Quant à Dessine-moi un mouton, tout le monde aura reconnu l’hommage au Petit Prince de Saint-Exupéry, que Mylène apprécie tellement qu’elle aurait envisagé de lui consacrer un spectacle musical. Si l’on ajoute les références cinématographiques (L’Amour naissant renvoie à La Fille de Ryan de David Lean) et picturales (Je te rends ton amour au peintre Egon Schiele), on voit combien l’album  Innamoramento constitue une foisonnante aventure pour l’esprit. 

Mais ce que certains reprochent à Mylène, ce ne sont pas tant ces hommages explicites que l’inspiration non avouée qui peut laisser penser qu’elle serait l’auteur de mots qui, en réalité, lui ont été suggérés par d’autres. Ainsi, l’écrivain Luc Dietrich, que la chanteuse a dévoré sur la recommandation de Bertrand Le Page, va lui offrir sur un plateau l’expression « poussière vivante », qui ouvre si joliment À quoi je sers. Le thème de la chanson semble lui-même inspiré de deux vers de L’Apprentissage de la ville : « Si je ne sers à rien, ce n’était pas / La peine de m’empêcher de mourir. » Fascinée par cet auteur, sans doute parce qu’il n’a « jamais perdu ses yeux d’enfant », comme l’écrira son ami Lanza del Vasto, Mylène a puisé chez lui d’autres pépites. « Et même si je parvenais à me redresser, pour quoi, pour qui ? », trouve-t-on chez Dietrich. Des mots que la chanteuse reprend à sa façon, toujours dans À quoi je sers : « Chaque heure demande / Pour qui, pour quoi se redresser. » 

Dans son tube Rêver, la star s’inspire du poète Pierre Reverdy. « Nous ne marcherons plus ensemble » correspond au dernier vers d’un poème intitulé Dans le monde étranger. « Dansent les flammes, les bras se lèvent » rappelle le poème Esprit pesant, où l’on trouve ces mots : « À droite dansent quelques flammes qui n’iront pas plus haut, et si les bras se lèvent ils touchent le plafond. » Quant aux paroles « Le monde comme une pendule / Qui s’est arrêtée », elles font écho au poème Toujours là ,extrait du recueil La Lucarne ovale. « Le monde comme une pendule s’est arrêté / Les gens sont suspendus pour l’éternité », y écrit Reverdy. Encore une fois, la belle image chantonnée par Mylène est le fruit de ses lectures. 

L’œuvre d’Emily Dickinson constitue également une source d’inspiration. Ainsi, dans Les Mots, plusieurs vers en anglais traduisent cette filiation. Lorsque Seal, qui partage le duo avec la chanteuse, fredonne « I will tell you how the sun rose », sait-il qu’il s’agit du titre du poème de Dickinson ? Certes, on peut y voir un hommage appuyé à la poétesse américaine. Mais alors, pourquoi avoir omis de citer ne serait-ce que son nom ? 

Mylène s’amuserait-elle à semer derrière elle des mots dont seuls quelques fins limiers sauront reconnaître l’origine ? Cette hypothèse n’est pas exclue, surtout lorsqu’on sait combien elle invite ceux qui veulent savoir qui elle est vraiment à écouter avec attention les paroles de ses chansons. 

Reste qu’il faut poser sans détour la question de ces emprunts nombreux et tacites. Si les auteurs cités appartiennent tous au domaine public, peut-on pour autant s’en abreuver sans prêter le flanc à la critique ?

 

Les détracteurs de la star n’hésitent pas à répondre par l’affirmative. Pour eux, un artiste doit puiser son inspiration en lui-même, et non dans les mots des autres. Une position de principe qui ne résiste pas, toutefois, à un fait incontestable : l’histoire de la littérature consiste en une relecture permanente par les jeunes générations des œuvres de leurs aînés. Comme tous ceux qui ont quitté l’école un peu tôt, Mylène éprouve un appétit féroce face à tout ce qu’elle n’a pas pu apprendre à cause du besoin urgent qu’elle ressentait de faire ses preuves. Sans diagnostiquer de complexe à proprement parler, il est évident qu’elle a tenu à cultiver ce goût des livres auquel son tempérament réservé la prédisposait. Ce qu’elle cherche dans la lecture, ce sont des mots qui répondent à ses états d’âme, les reformulent mieux qu’elle ne l’aurait fait elle-même. 

Où est le crime ? Où sont les victimes ? Au pire, la chanteuse invite son public à la suivre dans ses pérégrinations livresques. Combien de ses fans ont lu La Mort intime de Marie de Hennezel ou Le Choc amoureux de Francesco Alberoni, simplement parce qu’elle avait évoqué son plaisir de les découvrir ? 

Qui d’autre, dans le paysage de la variété, pourrait se targuer d’un tel exploit ? « Pour lire, j’ai besoin de temps, de repos, comme un recueillement », dit-elle. Par son attitude, qui sacralise la chose écrite, Mylène montre qu’on peut encore, à l’époque de l’Internet triomphant, être bouleversé par un livre. L’élitisme qui l’anime passe aussi par là, par cette volonté de tirer son public vers le haut. Ce qui lui vaut le statut inédit de chanteuse littéraire. Une singularité dont elle aurait tort de rougir. 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


Publié dans MYLENE par H.ROYER | Pas de Commentaire »

Ce que Mylène veut…Elle l’aura

Posté par francesca7 le 14 septembre 2015

 

 

Août 1988. Dans la forêt de Rambouillet, une centaine de figurants attendent, silencieux et concentrés. Sur son cheval blanc, Mylène doit foncer au galop sur les troupes en armes qui vont s’ouvrir, au dernier moment, pour la laisser passer. C’est l’une des scènes les plus délicates à tourner du clip de Pourvu qu’elles soient douces. Pas facile, en effet, de lancer un cheval au galop sur des dizaines de baïonnettes dressées. Maintes fois, devant l’obstacle, l’animal se dérobe. Malgré les conseils d’expert de Mario Luraschi, Mylène échoue à plusieurs reprises. C’est là que, dans un sursaut de fierté, on la voit mobiliser toute son énergie. « Je vais y arriver », semble-t-elle marmonner, mâchoires serrées. Elle

s’élance une nouvelle fois et… passe l’obstacle ! Quand Laurent Boutonnat crie : « Coupez ! », affichant un sourire de soulagement, les soldats figurants se mettent à applaudir spontanément.

 mylène

Mylène se résume tout entière dans cette anecdote. Elle ne renonce jamais. Et elle montre encore plus d’entêtement lorsqu’on la juge incapable d’accomplir ce qu’elle a entrepris. N’oublions jamais cet aspect de son histoire personnelle : face à ses parents, qui sont sceptiques quant à son avenir, elle a tout à prouver. Armée d’un orgueil démesuré, elle est de celles qui luttent d’autant plus lorsqu’elles ressentent une hostilité. Ainsi, à l’époque où elle entame sa première tournée, en 1989, tout le métier ironise : elle a la réputation d’une chanteuse sans voix et sans charisme, incapable de résister à l’épreuve de vérité que constitue la scène. Sa réaction, alors ? « Je sais qu’on m’attend au virage et que des gens sont prêts à mettre ma tête sous la guillotine, mais je ne suis pas sûre qu’ils vont me la couper. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas laisser tomber la lame. Mais, par provocation, je l’affûte. Rien n’est plus excitant. » 

Que certains pensent qu’elle ne pourra pas relever ce défi va décupler sa volonté. Pourtant, même dans le cercle premier de son entourage professionnel, l’heure n’est nullement à un optimisme béat. Si, à ce stade de sa carrière, la scène est une étape obligée, on ignore si la chanteuse tiendra le choc. Avant de faire ses preuves, Mylène a tout à apprendre. Elle va s’y atteler grâce à des professeurs de haut niveau. Bertrand Le Page contacte Annette Charlot, qui accepte de la faire travailler à raison d’une heure trente par jour. « Je prends des cours de chant pour donner de l’assurance à ma voix. Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point la respiration est importante. » 

Autre défi difficile, la danse. « Au départ, Mylène ne danse pas du tout, mais très rapidement elle se montre passionnée et devient de plus en plus créatrice de chorégraphies, explique Sophie Tellier. Au début, pour moi, ce sont des figures imposées, il faut trouver les mouvements qu’elle aime. Puis elle progresse vite – Mylène est une battante et une travailleuse. » Bien sûr, elle ne va pas devenir une danseuse étoile en quelques mois : les pas qui sont retenus pour le show sont adaptés à son niveau. Mais elle bouge de mieux en mieux, s’approprie des gestes qui ne ressemblent à ceux de personne d’autre, ce qui fait naître de jolis tableaux, comme le ballet de Tristana. 

« C’est vrai, poursuit Sophie Tellier, pour un danseur professionnel, faire les chorégraphies de Mylène, à cette époque-là, n’est pas très compliqué. C’est d’ailleurs l’un des éléments qui feront son succès : dans les discothèques, chacun reprendra ses pas, et même plus tard, au début des années 2000, dans les boîtes gay, tout le monde ira sur la piste pour les chansons de Mylène. » 

À l’arrivée, après des mois de dur labeur, d’entraînement physique et vocal intense, les performances de la chanteuse ne font pas qu’emballer le public hexagonal, qui se déplace en masse, elles impressionnent surtout les membres de son staff. « Au fur et à mesure de la tournée, elle devient hallucinante, m’a confié Le Page. Certains soirs, c’est l’état de grâce. Je ne reconnais plus la fille timide des débuts. La scène est une révélation pour elle. » « J’avais l’impression qu’elle avait déjà dix ans de spectacles derrière elle, tellement elle maîtrisait », confirme Slim Pezin, guitariste sur la tournée.

Laurent Boutonat and Mylène Farmer

 

Si Mylène ne va cesser de montrer, lors de ses tournées, son désir de bluffer le public, elle se révèle tout aussi tenace lorsqu’il s’agit de convaincre un metteur en scène qu’elle a choisi de réaliser un de ses clips. Abel Ferrara en sait quelque chose. Depuis qu’elle a vu Snake Eyes, avec Madonna, sorti en 1993, la chanteuse le veut pour California, dont elle a déjà le scénario en tête, et qui promet d’être une version trash de Libertine. C’est la productrice Anouk Nora qui a la lourde tâche de contacter le réalisateur. Des tractations qui vont durer plusieurs mois. « Abel ne connaissait pas Mylène et n’avait jamais réalisé de clip. [...] La difficulté, c’est qu’on ne peut pas parler à Abel au téléphone car il déteste ça. Alors il fallait plonger : prendre le premier vol pour New York, et attraper Abel au saut du lit, comme un lapin par les oreilles ! » 

La chanteuse elle-même n’a pas caché ces difficultés qui, loin de la décourager, semblent l’avoir stimulée. « Je l’ai appelé pendant plusieurs mois, souvent à trois heures du matin, puis je me suis rendue à New York où nous avons continué à converser. Il m’a demandé ce que je voulais faire, ce que j’exprimais dans ma chanson. Je lui ai dit que je souhaitais jouer une prostituée. Il m’a alors demandé de travailler sur le scénario et de lui proposer des idées. Puis il m’a proposé les siennes. »       Quant à Ferrara, il se montre étonné, puis intrigué par l’insistance de celle qu’on lui présente comme la chanteuse la plus populaire de France. « Nous étions en salle de montage depuis cinq mois, dira-t-il, quand quelqu’un nous propose de faire ce clip. Je me fichais de savoir à quoi ressemblaient cette Française et sa chanson. J’ai seulement entendu dire qu’on disposerait de deux cent mille dollars pour tourner trois minutes. Avec cette somme-là, je fais un long-métrage, moi  ! » 

Pour obtenir ce qu’elle veut, on le voit, Mylène ne lésine pas sur les arguments, fussent-ils financiers. Par la suite, Ferrara ne cachera pas son respect pour le professionnalisme de la chanteuse. « Il était très séduit par Mylène  », dira Anouk Nora. Pour elle, peu importent les moyens, seul compte le résultat. Au final, avec sa dimension sociale et la participation de vraies prostituées comme figurantes, le clip est une réussite totale, où fusionnent l’imaginaire onirique de Mylène et le réalisme brutal de Ferrara. 

« Mon karma est tenace », fredonne la star dans Méfie-toi. Personne n’en doute dans la profession. Et si d’aucuns ont reproché à la star des exigences démesurées qui ressemblent à des caprices, ceux qui ont travaillé avec elle savent qu’elle est également capable d’une immense patience dès qu’il s’agit d’obtenir ce qu’elle veut. Ainsi, pour tourner certains clips, elle n’a pas hésité à prendre des risques physiques. 

Pour XXL, elle avoue s’être brûlée deux fois, heureusement sans gravité. « L’idée de placer l’artiste suspendue à l’avant d’un train en marche, c’était impensable, explique Anouk Nora. Parce que, aux États-Unis, ils sont très à cheval sur les questions de sécurité. » Il a donc fallu ruser avec la législation locale, signer des décharges, pour que le tournage puisse être autorisé. Autre clip, autre difficulté. « Pour L’Instant X, on a tourné au mois de février par moins dix degrés à New York. Mylène était complètement gelée et prenait son bain de mousse comme si elle s’était trouvée sous les Tropiques. » Sur d’autres projets, notamment Désenchantée et Fuck Them All, cette amoureuse de l’hiver devra affronter des températures plus rigoureuses encore. 

Le clip de Souviens-toi du jour, réalisé par Marcus Nispel, s’est révélé risqué pour d’autres raisons. Sur le tournage, les flammes font grimper les températures. « Mylène portait une robe en plastique qui a commencé à fondre, et on lui disait : “Mylène tu vas fondre.” Effectivement, elle a commencé à fondre ! Les pompiers sur le plateau de Los Angeles ne savaient que faire… Mais rêvaient tous qu’elle vienne se faire soigner, ne serait-ce que quelques minutes. » 

Pour elle, chaque clip est un défi personnel, un moyen de prouver ce dont elle est capable, comme s’il lui fallait, chaque fois, convaincre de son talent sa mère, si sceptique à ses débuts, et son père, trop tôt parti. Sans doute aussi parce que son désir premier est d’être actrice, Mylène endosse chaque rôle avec une grande conscience professionnelle. Ainsi, pour monter sur le ring de Je t’aime mélancolie et affronter son adversaire masculin avec crédibilité, elle s’initie à la boxe durant deux jours. Ou, encore, pour tenir en équilibre sur le ballon de Optimistique-moi, elle travaille de longues heures avec des acrobates de cirque.

 

La volonté, encore. Il faut croire que c’est ce qui fait la différence. Sans doute le talent n’est-il jamais totalement étranger au succès, mais sans une détermination de tous les instants, il s’étiole, se recroqueville sur lui-même et se dessèche. Au contraire, porté par un farouche désir de reconnaissance, il se déploie à l’infini, se régénère sans cesse au contact du public. Jean-Claude Dequéant, le compositeur de Libertine, vite écarté de la route de la chanteuse, n’a pas été surpris par la carrière exemplaire de la star. 

« La réussite de Mylène et Laurent ne m’étonne pas. Dès le début, ils ne pensaient qu’à ça, ce n’était pas du dilettantisme, c’étaient de vrais professionnels. En plus, au départ, ils étaient doués. Des gens talentueux, on en rencontre dans ce métier, mais souvent ça finit mal parce qu’ils ne sont pas courageux. Eux en voulaient vraiment. » 

 

Extrait du livre : MYLÈNE par Hugues ROYER aux Editions Flammarion 2008


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