Comment dire je t’aime Mylène

Posté par francesca7 le 3 août 2015

 

MAIS, COMME JE NE M’AIME PAS, COMMENT DIRE :  » JE T’AIME  » À SOI-MÊME ? Est-ce que tu le sais, toi ? » questionne Lisa. Mais Loup ne répond pas, puisque Loup n’entend pas.

je t'aime

« Veux-tu que je te mette sur mon dos ? » questionne la petite, « tu me semblés bien à plat, même si c’est ton état ! Tu es en mauvais état, je ne le supporte pas ! » « Pas la peine », pense Loup, qui est tout mou. « Je te suis comme ton ombre, aucune chance de me perdre, ne seraitce qu’une seconde. » La grue perce le ciel ; Loup et Lisa percent les oreilles des passants : ils chantent à tue-tête des airs très populaires, qui irritent les camions qui font crisser l’essieu, agitant les gitans, qui, eux, jouent comme des dieux, contaminent les pigeons (rebuts de vieux bidets), réussissant au mieux, à nous les disperser… Mais tout ça dans un chaos général et ça, c’est bon pour leur moral ! Ils se rapprochent peu à peu du lieu de cantiques… C’est bien ici que, chaque dimanche, la petite et d’autres enfants se partageaient l’hostie et les sermons trop lents. (Pardon ! L’auteur s’égare !)

Se partageaient l’hostie et les « ENSEIGNEMENTS ». Lisa avait vu juste ! Humphrey et l’Araignée étaient assis nonchalamment, à l’ombre d’un olivier. Quant à Lapin Martin (des carottes à la main), il se frottait le nez ! (Tout de même un peu gêné…) Lisa n’avait pas envie de les incriminer. L’heure n’est plus aux règlements de comptes. À chaque jour suffit sa peine, même si demain est un problème… Rien ne sert de courir si l’on boit du bon vin… Remettre tout à demain, c’est parfois pour le bien… etc. etc. Et le vent, qui était content, faisait danser les branches du centenaire au corps noueux. (C’était d’ailleurs l’arbre favori de Grand-Mère, qui est aux cieux).

LA PETITE GLISSE ALORS TOUT BAS À L’OREILLE DU TOUT PLAT QU’UNE VAGUE FORME ET DEUX POINTES (QU’ELLE N’IDENTIFIAIT POINT) LES FIXAIENT FIÉVREUSEMENT…

« C’était troublant », pensait-elle. « Exactement comme le regard d’un enfant qui voudrait tant qu’on l’aime… qu’on lui dise tous les jours… qu’on l’inonde d’amour, pour qu’il donne en retour, sans douter, sans détour. » Et ce regard, Lisa l’avait déjà croisé, puisque son nez la grattait ! Au zoo, peut-être ? Ou à la S.P.A. ? (L’orphelinat des chats…) ou……………………… quelque chose comme ça ! Derrière l’arbre précieux se dessinaient des yeux, puis des pattes qui sont quatre, une queue insolente qui chassait les « volantes », et un flanc rebondi qui n’aime que les orties. Mais, pour identifier l’inconnu, Lisa et Loup contournent comme des Sioux le tronc de l’olivier, et découvrent avec stupeur : un âne à croix.

UN ÂNE À CROIX PRÈS DE L’ÉGLISE ??? QUELLE CRISE DE RIRE !

En effet, sur son dos, une croix dessinée s’allongeait sur le pelage de notre âne bâté ! « Bonjour ! » dit Lisa (qui semble très intriguée par ce nouveau venu). « C’est parce qu’ils t’ont crucifié que tu ne souris plus ? » L’âne ne savait que rétorquer. Après tout, il était ignorant, et comme pour s’excuser de ne combler les blancs… il montra ses douze dents, qu’il avait de fort blanches. « Qu’est-ce-que tu sais faire, à part braire ? » demande la petite. « Et puis quel est ton nom ? »

catin

« On m’appelle l’Âne-Catin… Ma maman est fille de joie, c’est pour ça ! » dit-il, très fier. « Elle est toujours contente, c’est donc ça ? Quelle chance elle a… Loup, tu vois, j’en étais sûre ! Il y a des gens sur terre qui sont des êtres élus ! » (Mais elle ne se doutait pas que l’Âne était bâtard, et toujours en pétard. Ainsi, son père ne l’a point reconnu, alors qu’il était nu… il n’avait pas crié, et déjà il était repoussé !) L’Âne a donc conté son histoire, et Lisa, pour changer, broie du noir ! « … Et en plus l’église est fermée ! » s’énerve-t-elle pour masquer son trouble. « Et en plus les puces de l’Âne qui se sont déchaînées ! ! ! » pense Loup, qui n’aime pas ça du tout !

« C’est un comble ! D’accord, la lune est ronde », reprend la petite, « mais N’EST-IL PAS ABSURDE que nul, à cette heure-ci, ne soit bien accueilli dans la maison de Dieu ? »

« N’est-il pas normal que l’on se réfugie dans ce lieu peuplé d’anges et d’hospitalité ? » s’associe l’Araignée. « C’est une sainte hypocrisie ! ajouterais-je (le ver est vert), de dire que ce lieu de prières, en somme, ouvre ses bras à n’importe quel homme, alors qu’une lourde porte s’érige devant les cieux, devant leurs vœux ! » Loup, quant à lui, n’en pense plus rien… Il fixe d’un œil « ânin » l’Âne-Catin… Lapin Martin est mécontent, il se lamente : ses carottes ont un fort goût d’amiante ! « Tout fout le camp ! » grogne-t-il, « elles n’ont même plus le goût des champs ! Mais un vilain goût de la ville. » Tout ce beau petit monde semble être au bord de la craquette !

Et pour distraire la tempête qui guette, Lisa invite toute la ménagerie à faire plus ample connaissance avec leur tout nouvel ami. Après bien des discussions, LA PETITE PHRASE MAGIQUE (que tous redoutent tant puisqu’elle fâche à chaque fois l’enfant) est libérée et, d’une seule volée, percute les feuilles de l’Âne, tout hébété. « Est-ce que tu sais raconter des histoires qui font veiller tard ? » demande Lisa avec sa toute petite voix. Sans même réfléchir (et là… craignons le pire !) l’on voit « Âne-Catin » qui s’élance en cadence dans une folle danse qui frôle l’hystérie, qui frôle le débit ! « Sssûr ! » commence-t-il… (Petite recommandation de l’auteur : à lire à mille à l’heure !)

« C’est Blanche-Neige, elle est avec les sept nains. Elle a mordu dans la pomme, elle est morte ! » s’excite-t-il. … C’est un petit garçon, il met les miettes dans la forêt, ils lui ont tout bouffé, il est mort ! » s’énerve-t-il. … C’est Cendrillon, elle a des méchantes sœurs, elle a trouvé une citrouille, elle est allée au bal, elle a perdu sa chaussure, elle est morte ! » enrage-t-il. … C’est Peau d’Âne, elle a mis une peau sur le dos, elle a fait un gâteau, elle a perdu sa bague, elle est morte ! » en bave-t-il. « Mais, arrête ! Tu dis n’importe quoi là ! » hurle Lisa. « C’est jamais court comme ça les histoires ! Les tiennes n’ont ni à manger, ni à boire. Alors, arrête maintenant ! C’est déprimant !!! Je préfère bien manger la terre, que de t’écouter braire ! » L’Àne-Catin, qui n’a de répartie, est un piètre conteur… (L’idée fut une erreur !) LISA A BIEN COMPRIS LA LEÇON : PAS DE CONTREFAÇONS ! Les deux seuls êtres qui pouvaient l’apaiser, étaient l’homme qui raconte et sa Grand-Mère aimée… Le bel homme des contes, qui jamais ne venait.

Lisa3

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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