L’HÔPITAL avec Mylène

Posté par francesca7 le 28 juillet 2015

 

Des hôpitaux il y en a partout, mais une petite fille aux os de verre, là… c’est bien plus rare.

hopital

Elle s’appelle Loulia, ne parle pas la même langue que Lisa, elle met des « tchhhe » et des « chhtte », enfin des trucs un peu bizarres, quoi. Lisa n’avait jamais rencontré de petite fille si fragile. Elle a surpris ce matin un homme à blouse blanche qui parlait de la « maladie » de Loulia… MALADIE ????? Comment peut-on même prononcer ce mot « tout rouge » quand on parle d’un cadeau !?? « Des os de verre, c’est là le cadeau, c’est bien plus léger que des os  » d’OS « , pense Lisa… Des os de verre, c’est comme l’oiseau qu’on met sur l’étagère de Grand-Mère et elle disait tout le temps :  » Un jour, il sera à toi, il m’a été offert par un roi…. C’est unique.  » (Je suppose que le roi c’était Grand-Papa ?) » Bref, Loulia cassait tout le temps quand elle se cognait… et quand elle se cognait, elle cassait. Alors, privée de jeux d’enfants ! C’est consternant ! Et en plus, pas de parents ! « Il faut faire quelque chose ! » dit Lisa. « Toi, l’Araignée, tu peux lui sauver la vie ! Si tu l’entoures de ton fil, elle sera protégée. » « ???????????? » L’assemblée reste bouche bée… « Mais oui ! Comme le cocon du papillon ou les momies des pharaons ! » « Mais il faut des tonnes de fil et je vais perdre la vie si je lui tisse un gros manteau ! » « Mais la vie ne tient qu’à un fil ! Elle est précieuse et tu es mon amie… et tu dois lui faire ce cadeau ! » rétorque Lisa.

L’Araignée, dépitée, mais qui avait un cœur gros comme celui d’un éléphant d’Iran, ne se fit pas prier bien longtemps. Et de fil en aiguille, défiant même le temps, elle surprit tous ses amis : EN UN INSTANT À PEINE, ELLE TRICOTA JUSQU’À TRÉPAS UN MAGNIFIQUE MANTEAU D’ORGANZA. Loulia est sauvée ! (Morte est l’Araignée.) « On va l’enterrer tout près de Grand-Mère, elles pourront se parler et même tricoter », dit Lisa, feignant de ne pas s’émouvoir de la disparition de leur amie. Et tous décidèrent de fêter cette nouvelle vie, trinquer à la russe en plus ! « Ah oui ? Et c’est comment à la russe ? » questionne le Lapin Martin. « On boit cul sec et on jette son verre par-dessus l’épaule… » dit Lisa. « … Et le verre se brise de mille éclats… » surenchérit Loulia, dans un éclat de joie. (Loup, qui est tout plat, s’est enivré déjà !)

Manteau

Il est grand temps pour tout le monde de se dire au revoir. Les recherches doivent se poursuivre… Et là, Loulia a un peu froid, LOULIA EST FATIGUÉE-COMA. Non, elle n’a pas vu l’homme que cherche Lisa. « Mais parfois… », dit-elle d’une voix cristalline, « il suffit de chercher dans les signes… » (sa Grand-Mère était astrologistre…) « Je crois qu’on dit comme t…çhâ !… » éternue-t-elle, parce qu’elle a attrapé froid. Il faut partir. Ils ne se reverront sans doute jamais, mais jamais ils ne s’oublieront ! La mémoire est celle du cœur et dure bien plus d’une heure ! Loulia restera gravée dans le leur pour une éternité. (Même si l’éternité est un mot inventé !) « C’est trop dur de ne pas se retourner », pense Lisa, toute fêlée, en quittant la chambre d’hôpital. « J’aurais bien aimé l’emmener avec nous ; elle était, après tout, plus légère qu’un caillou ! Dans ma poche, elle aurait pu se blottir et ne plus redouter de voir les coups venir ! »

MAIS ILS SAVENT TOUS QUE SA SURVIE EST LÀ, ENTRE CES MURS, MÊME S’ILS SONT DE CRÉPI… MÊME S’ILS ONT DES FÊLURES… « LA VIE, C’EST DUR ! »

expulse Lisa qui n’aimait pas : 1 – Ni les maladies qui prolifèrent la nuit 2- Ni même les parasites qui court-circuitent la vie 3- Encore moins les chimios qui font vomir les mots, tant il est difficile pour celui qui les fait de penser à demain, parce que vivre est trop vain. Et pourtant, Loulia a du courage ! Mais plus que tout : « la rage » qui force le respect de chacun d’entre nous.

Pas une MINUSCULE RAGE DE MOLAIRE, pas une RIDICULE RAGE DE COLÈRE, mais bien une « TENTACULAIRE » rage de vivre ! Que seuls les mal-en-point ont en commun. « C’est beau l’envie de vivre ! » pensent de concert Lisa et ses trois compagnons. Tous quittèrent l’hôpital le moral en métal ! Ils vont se battre et retrouver l’homme, parce qu’après tout, rien ne les consume que leurs disputes et leurs rhumes !!! Et tous se débarrassent de leur humeur-enclume… Aussitôt dit, légers comme plumes ! Pauvre Araignée ! Elle n’est plus guère en forme. Peut-être évanouie ? Sans doute endormie à jamais, elle aussi ? « Comme Grand-Mère qui est au cimetière… » pense Lisa qui fixe son amie quelque peu avachie. C’est avec une logique dont seuls les enfants ont le secret qu’elle conduit la troupe vers un lieu de retrait et dit : « Puisque Grand-Mère est bien en bière et que la bière ça désaltère… » « ???????????? »

…Tous restent suspendus à ses lèvres… « Alors, allons boire de l’eau, parce qu’on n’est pas des chameaux ! » conclut-elle pas très fière. Il faut bien avouer que les soucis creusent l’appétit, et ils ont petit peu soif aussi ! Les uns pour éponger l’alcool, les autres, soulager leurs guibolles, ils s’asseyent donc, sans s’interroger, a la terrasse d’un grand café. Ils vont bien rester deux heures prostrés là, parlant à voix basse, parce que Lisa se sent bien lasse ! Et d’heure en heure, le silence pesant n’attendait qu’une chose : ÊTRE PERCÉ AU FLANC, VIDÉ DE TOUT SON SANG, ÉVENTRER L’ECCHYMOSE AFIN QUE TOUT EXPLOSE !

Et qui de mieux qu’un ventru pour soulager l’atmosphère ? Le rampant de la situation : le mirliton, le ver de terre… le ver ronchon. « J’ai mal au pied », s’inquiète Humphrey qui ne boit que du lait. « Bien sûr ! C’est évident… enlève donc tes chaussures ! » ironise l’Araignée au fond du cendrier.

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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