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LA NUIT de Mylène Farmer dans Lisa

Posté par francesca7 le 24 juillet 2015

 

 » UNE NUIT QUI N’AGITE RIEN, C’EST UNE NUIT POUR RIEN ! « 

La nuit

Lisa est en état de veille, l’œil hibou-bien-droit le cou, prête à rebondir sur n’importe quels « jnounes ». (C’est encore un drôle de nom que celui-ci !) « Pourtant il décrit un FANTÔME DANS UN PAYS ! » dit-elle tout fort, pour gêner Loup qui dort ! « Un jnoune au Maroc est un spectre en Ecosse. Dans les romans, ils sont tous effrayants puisqu’ils sont revenants ! » s’acharne-t-elle. (Enfin Loup se réveille !)

Mais Lisa n’a pas peur des fantômes, ni même des CROQUEMITAINES aux crânes de CHRYSANTHÈMES, pas plus que des GARGOUILLES qui se grattent les gribouilles, encore moins des SQUELETTES qui claquettent quand ils pètent. (N.B : Les deux dernières phrases sont à l’appréciation des enfants, mais un gros mot, souvent, fait la joie des parents !) « Ce n’est pas parce qu’ils sont morts qu’ils n’ont pas droit au vent !

Puisqu’ils veulent revenir, il faut les accueillir », renchérit-elle tout en bâillant. Loup, lui, n’est pas très chaud pour un frotti-frotta avec l’au-delà !!!!

Il préférerait s’abstenir, garder les yeux collés, et à plat s’endormir. Mais Lisa ne l’entend pas de cette oreille-là… « DEBOUT ! DEBOUT ! » crie-t-elle à tue-tête, « DEBOUT ! DEBOUT ! » L’insomnie me guette ! C’est à ce moment même que se produit l’incident : une série de cris, un concerto de bruits, une cascade, que dis-je, une dégringolade de livres !… (Il se passe quelque chose de suspect dans la bibliothèque.) Lisa le pressentait… puisque son nez la grattait ! D’un bond, attrapant d’un seul coup, Loup et manche, Lisa traîne son ami vers ce lieu d’avalanches, quand soudain elle entend :

« DÉGRINGOLE L’ESCALIER, DÉPÊCHE-TOI S’IL TE PLAÎT ! NE CRAINS PAS L’IMPOSSIBLE, NOUS SOMMES TOUS ANIMÉS ! OUVRE BIEN TES MYRTILLES ET FAIS-NOUS L’AMITIÉ… DE TRINQUER AVEC NOUS, TU NOUS AS DÉLIVRÉS ! »

Une pluie de voix… (pas d’opéra !) s’échappe du salon et chatouille l’ouïe de Lisà. Et ils chantent… Et de plus en plus fort, et de plus en plus vite, et encore et encore, jusqu’à ce que la petite, tout essoufflée, s’étale de tout son long, pauvre âme, devant, en rang d’oignons, ses nouveaux compagnons ! Loup qui suivait de près se mit à trébucher sur son amie : mais pas de grands dégâts ! Puisque Loup est tout plat… Lisa, toujours sur le ventre, découvre toute tremblante en premier lieu : des pieds… puis des jambes animées, et enfin les frimousses, de trois copains de brousse : Un lapin élancé, Une araignée gênée Et un ver solitaire.

 

(Tous un petit peu plissés, note Lisa qui, déjà, s’est redressée.) « C’est normal ! » se souvient le ver de terre nain, qui remarque aussitôt le regard moqueur de la petite. « Le livre était un peu fermé et… comment dirais-je ?… quelque peu compressés étaient nos fessiers… Nous étions de surcroît, mes amis et moi, dans une position inconfortable et puisque abandonnés… » « Moi aussi j’ai eu un sentiment d’abandon ! » interrompt Lisa déjà lasse, « quand Grand-Mère est partie au cimetière ! Mais il y a Loup avec moi et… » « PARDONNEZ-MOI », reprend le rampant, « mais il me semble que  » net coupée  » fut ma parole ! Et j’allais vous présenter MA POMME !

Lapin

Et bien sûr, mes deux compagnons. Vous me permettez donc une nouvelle intervention sans d’autres interventions ???????? » Lisa, un peu vexée d’avoir elle-même été coupée, ne dit mot et consent. Le ton de l’asticot, lui chauffe un peu les Sa manière de parler, en inversant les mots, ressemble comme deux gouttes d’eau aux tableaux de Pablo. « Mais oui ! De Pablo Picasso ! Il est très très connu et pas vraiment poilu ! » intervient à nouveau Lisa. …………… (Je ne voudrais pas me joindre aux plaintes proférées par l’asticot, mais en tant qu’auteur j’aimerais jouir de ma plume comme je l’entends ! jolie Lisa. C’est moi qui écris, là ! Aussi, à l’avenir, je souhaiterais un peu de discipline… Et être seul maître de mon imaginaire.) « Pardon… » dit Lisa, toute penaude. « Je retiendrai la leçon… » Aussitôt dit, baisser d’un ton ! « Hum… Hum…

Voici donc : MA PERSONNE… » reprend le rampant en se grattant la gorge. « Je me prénomme : HUMPHREY. » « Mais il a son EGO sur-gonflé et son MOI démesuré », constate Lisa tout bas. « Dis donc ! Ce ver ne manque pas d’air !!! Il lui faut un certain cran pour se citer en premier ! » confie-t-elle à Loup… « Et pas d’éducation du tout ! » Mais rien n’arrête Humphrey qui continue : « À ma droite ; l’Araignée ! Araignée du matin… Chagrin » entonne-t-il… « Araignée du soir… Cafard. Je suis un peu poète, je sais… » se gausse-t-il. « Un Verlaine, un Rimbaud, un Reverdy des mots ! » Pendant qu’il soûlait Lisa, l’Araignée tentait désespérément de déplier ses pattes d’acrobate. (Et ce faisant, elle gêne visiblement l’élocution du mirliton qui, pour le lui signaler, lui donne un coup de pied !) « Aïe !!! Un Molière de cimetière, tu veux dire ! Il oublie d’où il vient… » grommelle l’arachnéenne qui n’apprécie guère les vers du ver !

Mais, imperturbable, l’ondulant conclut : « Et à ma gauche !… Lapin Martin. Nous sommes inséparables et un peu cabotins. » Lisa et Loup se présentent à leur tour, non sans une pointe d’humour : « Serrons-nous les mains, les pattes et l’abat-jour ! » dit-elle d’un air coquin. J’oublie détail utile… Pourquoi un abat-jour ? Eh bien, le ver porte un chapeau, chapeau qui cache un drôle de rigolo ! Et s’il parle de cette façon, c’est parce qu’il aime l’opinion et le qu’en-dira-t-on, mais dans le fond, il est un très bon ver, même s’il est solitaire ! « C’est le milieu de la nuit, et il faut dormir ! » commande Lisa. (En effet, Loup et la petite, bien que très excités, ont les yeux en forme de frites, de frites toutes allongées.)

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

Publié dans LES LIVRES de Mylène, LISA LOUP et le conteur | Pas de Commentaire »

C’EST L’EXPRESSION GROGNON

Posté par francesca7 le 24 juillet 2015

 

Si se décomposer de rire vous dit quelque chose, c’est bien Lisa qui en a compris la pose !!!!… Et de vriller par terre… Tout comme un ver de terre. Mais d’un rire éphémère, puisqu’elle va manquer d’air ! « Guizmo, c’est pas beau ! » pense Loup qui rit mou. Le piano s’est tu à présent. La petite aussi. Seules des notes froides s’amassent sur le parquet de bois, promises à un lendemain bien chagrin : les jouvencelles qui n’ont plus d’ailes finiront toutes à la poubelle !

« La propreté avant tout ! » disait Grand-Mère quand Lisa refusait de se laver le derrière… des oreilles ! « Tout doit briller comme l’étoile du berger. » Aussitôt dit, aussitôt fait ! Balai et pelle font un très beau ballet !!!

La journée passa ainsi, Lisa passa aussi de découvertes en galipettes, de longues lectures en confitures et de tristesse en housse de couette. Dehors, Loup et Lisa n’auront pas vu que la neige avait fondu, laissant apparaître un doux duvet d’herbe et des sourires sur les visages des passants. Ces derniers semblaient d’ailleurs plus légers, plus guillerets, enfin débarrassés de ce fardeau poudré…

Quel dommage ! L’hiver est si beau dans son trop grand manteau ; mais « l’Homme » de toute évidence a besoin de se sentir plus en confiance et redoute plus que tout l’ogre blanc aux crocs mous !

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 « L’HIVER ÉTOUFFE LEURS PAS ET ILS ONT PEUR DU GLAS ! »

 lui chuchote Grand-Mère, qui est au cimetière… … laissant traîner derrière elle un petit rire « SCELLÉ » : le cercueil est en bois et la terre dure comme l’r… Il faudrait des oreilles de chauves-souris pour distinguer le bruit !

Bien sûr, Lisa ne l’entend pas. Pourtant à cet instant précis, elle a pris dans sa main le mouchoir de lin que sa mamie lui avait offert, un soir d’hiver justement !

Un cadeau merveilleux, parce qu’il était destiné à sécher ses deux yeux ! « Si tes larmes coulent, il faut les ramasser pour en faire un collier », disait Grand-Mère. « Mais pas des larmes de crocodiles, petite fille !

Ça ne deviendrait qu’un collier de billes… » prévient-elle. « Non, des larmes de dérive, de peine, ou des larmes de rire… celles-ci sont des perles de vie comme les perles de pluie. Et tes larmes sont utiles ! Elles coulent pour faire des océans, pour rafraîchir la terre, pour faire pousser la force qui vit sous ton écorce, » Lisa n’a pourtant aucun souvenir des chagrins de Grand-Mère ?

 Peut-être était-elle un DIEU DE LA MYTHOLOGIE et n’avait pas les mômes problèmes que nous, les Hommes ?

Pas les mêmes tourments, ni les mêmes ennuis ! Mais, si elle était un dieu d’antan, serait-elle parmi nous, les vivants ?

LES MORTELS ONT UN CŒUR QUI S’ÉPUISE ; LES DIEUX, DES IMMENSES POUVOIRS QU’ ILS UTILISENT À LEUR GUISE !!!

Ils sont par conséquent indestructibles et sont si peu fragiles ? Alors, c’est impossible ! Mamie est un mythe au logis. Grand-Mère est une grand-mère comme toutes les grands-mères, puisqu’elle gît au cimetière ! Bien sûr… Elle se cachait tout simplement quand ses larmes dévalaient !

LISA NE SE DÉSESPÈRE PAS MALGRÉ L’ABSENCE…

Loup est là et le lieu lumineux ! Le soleil avait timidement, de ses aiguillons dorés, envahi la maison d’une chaleur adorée. La lumière caressait les fenêtres, s’invitant humblement à déposer ses baisers sur la vitre réchauffée… (Les deux amants discrets connaissaient les limites du bonheur, et pour ne perdre du temps, s’ouvraient déjà leurs cœurs.) La journée passa ainsi. Une chose importante a été accomplie aujourd’hui :

LA MAISON DE L’HOMME S’ÉTAIT LAISSÉ APPRIVOISER PAR NOS DEUX NOUVEAUX AMIS et, bientôt, elle reprendrait vie !

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

Publié dans LES LIVRES de Mylène, LISA LOUP et le conteur | Pas de Commentaire »

 

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