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ET GRAND-MÈRE ÉTERNELLE DE POUFFER AVEC Lisa Loup

Posté par francesca7 le 23 juillet 2015

 

Lisa 1Et Dieu que sa Grand-Mère lui manquait ! Lisa eut un léger soubresaut qui venait des profondeurs de son coeur… Mais, d’un petit geste de la main, elle chassa vite son chagrin ! Enfin, aidée de Loup, après s’être calée confortablement dans un fauteuil, Lisa ouvre sans ménagement le grimoire à pleines dents. (La couverture est plus lourde qu’elle. Il fallait bien trouver une aide !) Et de dévorer le contenu… Aussitôt dit, aussitôt lu !… Et d’engloutir tous les ingrédients et sans en perdre la moindre miette ! Alouette ! Mais le plus étonnant est à venir, encore plus surprenant de découvrir une petite signature à la toute dernière page :

UNE PETITE PATTE DE MOUCHE QUI SIGNALE UN NAUFRAGE…

CONTE écrit par Damien, dédié à Allan. « Mais… C’est une histoire écrite par l’homme qui parle », s’écrie Lisa qui tombe presque du fauteuil ! (Elle venait tout juste de voir la photographie dans le livre.) « Et… Et Allan… C’est forcément quelqu’un qu’il a aimé si fort qu’il met une majuscule à son prénom de mort ! » « ??????????? » « Oui, c’est aussi le prénom de quelqu’un qui est mort !… Je le sais, Grand-Mère parlait de lui, la nuit…

GASPARD ALLAN POE ? …

 Ou quelque chose comme ça. Il a écrit des fantastiques nouvelles qui font peur, et moi j’adore ça ! » dit-elle toute mauve-grenadine pour cause d’adrénaline ! Mais Loup n’entend pas et, quoi qu’il en soit, il est encore à plat : sous l’ouvrage, il enrage !

Lisa2« Quel souci ! Je t’assure, quel souci ! » s’impatiente Lisa qui l’aide encore une fois. « Mais qui peut bien être cet Allan pour l’homme à la barbe ? » poursuit-elle. « Peut-être un voisin de palier ? » pense Loup tout plié. La réponse ne se fit pas attendre, je cite : DANS SA CHUTE MAGISTRALE, LE LIVRE AVAIT DÉLIVRÉ UNE LETTRE MANUSCRITE, ÉCRITE À L’ENCRE COULEUR STYX Elle commençait comme ceci : Chere Lola Je ne peux plus vivre à présent. Ni les nuits ni les jours n’ont de sang maintenant ; mon âme erre dans un lieu qui s’ennuie et me nuit. Je me décapiterai pour l’avoir laissé mourir, je me déshabillerai devant Dieu sans rien dire… Oh, mon Allan, mon enfant. Je n’ai rien vu de pire que l’effort que je fais pour survivre au néant. Pardonne-moi de ne plus rien écrire en chantant, mais à quoi bon lâcher l’encre sur du sable mouvant… Lola, je suis mort, je suis ivre de l’audace d’être toujours vivant; je ne raconterai plus jamais d’histoire à mon petit enfant, j’aurais dû l’avertir que la vie fait semblant quand elle rit à pleines dents. Je vais partir loin, encore, plus loin, et je supplie de me perdre en chemin, je suis si fatigué demain… Damien LE SILENCE… … suintait à nouveau ses blessures, reprenant insidieusement ses droits, tant il fut bouleversé par cette longue lecture qu’elle faisait â haute voix. Lisa elle-même n’en sortait pas indemne ! Un profond soupir lui souleva la joie : les râles s’élevaient encore une fois ! Encore et encore et encore plus fort…

 MAIS LISA NE L’ENTENDAIT PAS DE CETTE FAÇON, IL LUI FALLAIT RÉOUVRIR L’HORIZON !

Il y a bien longtemps, elle avait vu au cirque Chpuck un tour unique : un LILLIPUTIEN (un peu martien) qui d’une note suraiguë, brisait des verres en cristal brut. Son contre-ut, un uppercut ! C’était un souvenir marquant, parce qu’elle avait décidé d’en faire autant, une fois rentrée à la maison ! Mais c’était sans compter avec mère nature ! Crier est une chose ; hurler, un jeu de roses ! Mais la NOTE qui lue… …

La petite peste a eu raison de ses poumons ! ! ! (Lisa n’a pu prononcer le mot « chiffon » pendant un mois environ.) Mais au diable ! Il y a urgence. Tant pis, elle décide quand même d’un nouvel essai. Un cri strident, dénudant le tympan de l’enfant, fendit l’air, remuant poussière et puis terre, et les livres tout mous de se mettre au garde-à-vous ! (Lisa a de la voix ma foi !) Qui eût cru qu’un si petit bout d’enfant pouvait faire peur au silence, ce Géant ? L’auteur s’élance :

« Elle y est parvenue, PARCE QU’ELLE EST CONVAINCUE ! » Et c’est ainsi que prit fin le combat entre « Mort et Lisa ». Le courage avait sans nul cloute vaincu la bête muette. Loup était fier de son amie et voudrait bien le lui dire, mais il resta de jais, puisque Loup ne parlait ! Il y a, Lisa le sait, un secret bien caché et elle allait surle-champ démasquer l’intrigant ! « Il faut procéder comme en mathématiques ! » dit-elle à Loup sceptique. « Il faut RAISONNER ! Raisonner comme dans… L’ab ?? plus x ?? et… Quel soucix ! » dit Lisa (qui s’emmêlait déjà). « J’étais nulle à l’école ! Là où tout le monde rigole… »

(D’ailleurs, depuis que Grand-Mère avait disparu, plus de mathématiques qui rendent neurasthénique.) Mais l’école de la vie… ÇA OUI ! Lisa se retourne alors vers Loup, tout coi. Mais Loup n’est pas narquois, puisque Loup n’entend pas… Qu’importe… Lisa, qui avait donc des oreilles pour quatre, sursauta : « 1 FOIS 4 »

 LE PIANO QUI DORMAIT DANS L’ENTRÉE SE MIT SOUDAIN À JOUER ! DES MORCEAUX DE WAGNER, DE CHOPIN, DE MAHLER, DES MONCEAUX DE MALHEUR QUI PLEURAIENT DE DRÔLES D’AIRS.

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

Publié dans LES LIVRES de Mylène, LISA LOUP et le conteur | Pas de Commentaire »

DANS LA CUISINE et la BIBLIOTHEQUE de Mylène

Posté par francesca7 le 23 juillet 2015

 

Dans la cheminée qui trône dans la cuisine, pas l’ombre d’une ambiguïté : des bûches sont alignées. Elles s’embrasent soudainement au contact des enfants, libérant une chaleur, un parfum DÉGOÛTANT. (Là c’est pour la rime, c’était bien trop tentant…) Mais l’auteur s’égare, il reprend donc… « libérant une chaleur, un parfum ENIVRANT. » « C’est incroyable ! Et c’est comme dans les contes ! » s’étonne Lisa… « Il doit у avoir un truc ! Un truc pas catholique… » s’amuse-t-elle en se remémorant GrandMere qui marmonnait tout le temps. « Bon… Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » interroget-elle, « C’est le matin et moi j’ai faim ! Voyons si dans le frigidaire il у a à manger… MAIS PAS DES VERS DE TERRE ! » dit-elle autoritaire, tirant Loup par la main.

« Quel souci ! » soupire-t-elle (imitant le faux agacement de l’adulte). « Quel souci ! Regarde là devant toi, il y a du chocolat : chaud, c’est bon dans le lait, le pain rond est tout frais et le beurre mou comme Loup… » s’anime Lisa. « Je ne suis pas mou du tout ! » pense Loup. « Il faut se ressaisir maintenant, comprendre pourquoi l’homme est parti. C’est moi qui me guimauve ! Je suis mou comme… comme la sauge », dit-elle en pointant la plante qui se morfond sur le comptoir… Et de plier genoux… Aussitôt dit, jambes à son cou !

Lisa3

DANS LA BIBLIOTHÈQUE Lisa se dirige alors aussi sec, vers la bibliothèque. Elle croit entendre des bruits étranges qui ressemblent à des râles de mourants. Comment une « si petite fille » pouvaitelle identifier ce son si particulier ? Peu de gens reconnaissent la mort ni même ne l’ont croisée ! Pourtant Lisa en était sûre :

ELLE SAIT LES YEUX QUI DORMENT ET QUI S’OUVRENT AUSSITÔT, MAIS ELLE SAIT AUSSI LES SOUPIRS QUI FINISSENT AU CAVEAU.

La bibliothèque est emprisonnée par une immense porte qui ne la laisse respirer. Lisa tente de l’ouvrir, mais une formidable résistance s’oppose à elle, et pire ! Lisa pousse à nouveau… manquant de s’étaler, quand enfin, dans un ultime râle, elle finit par céder, offrant au plus sceptique un tableau des plus beaux :

UN CIMETIÈRE DE LIVRES, UN MONUMENT DE MOTS.

À présent plus aucun bruit ne point son nez, que le tic-tac autiste d’une horloge éventrée. Mais Lisa n’a pas peur, elle n’entend pas son cœur… Elle court à perdre haleine retrouver Loup là-bas, juste à temps, pour le sortir de là ! (Il est juste un peu coincé entre : riz, chocolat, boîtes de purée et de maïzena. Tout a dégringolé du placard et l’écrase !) Heureusement, Loup est plat, ça va ! Il vient tout droit, l’on sait, d’un matelas épais… Quelques instants après, Loup et Lisa retournent dans ce lieu mystérieux sur la pointe des pieds, craignant d’importuner le SILENCE, leur aîné. Ils observent déjà un changement probant : une sensation d’humidité dans la pièce s’offrait la place d’une précédente sécheresse. (Un peu comme si la bête avait eu la bouche sèche.) « La pièce étouffait ! » s’écrie Lisa. « C’était comme moi, quand Grand-Mère demandait de suspendre mon souffle pour entendre les mouches… (ou peut-être était-ce les Anges ?) En tout cas sans mélange, il était question d’ailes ! Et moi, je suffoquais tant », reprend-elle, « que ma tête se vidait, tous mes membres engourdis et mon sang de la braise… »

Mais Lisa n’était plus, d’évidence, à son aise… LA LENTE AGONIE DE CETTE PIÈCE CONDAMNÉE, LA TRISTESSE DE L’HOMME Y SERAIT-ELLE ASSOCIÉE ?

Puisqu’elle contient des vies par milliers dans ses livres, puisqu’elle est remplie des rires, des coulées de pensées, pourquoi s’est-elle éteinte, elle qui était si vive ? Partout des centaines de toiles d’araignées faisaient des frises au plafond, mais plus de locataires, juste un air débonnaire… Pourtant quelles toiles de maître ! « Il faut être fou pour les abandonner ! Elle est, c’est indéniable, une véritable  » Artiste  » l’araignée qui les tisse… Et ça n’a pas de prix ! Loup, tu vois, j’en suis certaine ! » lui confie Lisa, « il y a là-dedans un secret bien caché… J’ai le sentiment que des vivants, des voyelles et des ciels sont à l’intérieur des livres mais qu’ils ont peur d’y vivre. » Au moment même où Lisa prononçait ces mots, un ouvrage aux CENT VINGT MILLE PAGES se dégageait sans ambages de l’emprise de ses frères jumeaux… manquant de peu d’aplatir un peu plus… notre petit ami ; QUEL SOUCI !

« La couverture est ce qu’il y a de plus coûteux ! » se met soudainement à penser Lisa, qui se demande, elle-même, pourquoi elle pense à ça. (Sans doute parce que sa mamie lui donnait tous les prix : des voyages… des gâteaux… même des coups… dans le dos !) « Un jour tu verras cela te servira », répétait-elle à l’enfant qui bien sûr n’écoutait pas. « Je préfère tes histoires qui me font veiller tard », ironisait-elle…

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

Publié dans LES LIVRES de Mylène, LISA LOUP et le conteur, Mylène et ses livres | Pas de Commentaire »

 

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