LE CIMETIERE avec Lisa Loup

Posté par francesca7 le 21 juillet 2015

 

À présent il est temps, Lisa fait son baluchon et ils s’en vont. Ils traversent bien vite la ville et se dirigent alors vers le cimetière dire au revoir à Grand-Mère. Ils se retrouvent devant une très, très grande grille…Très, très fermée aússi ! Que nenni ! ni Lisa ni son nouvel ami ne se sentent menacés, ils sont non seulement tous les deux très petits, mais un petit pou plats aussi… et de se faufiler en biais… Aussitôt dit, aussitôt fait ! Lisa et Loup s’approchent de la sépulture quand soudain :

ILS ENTENDENT LA VOIX GRAVE D’UN HOMME… Une voix qui semble ne s’adresser à personne ; pourtant l’homme assis sur une tombe parle, parle, parle encore. Lisa n’entend pas bien ce qu’il dit, le vent fait des toupies ! Tous deux l’observent, mais ne font point de bruit. L’homme parle bien vingt minutes au moins, mais Lisa et Loup sont déjà loin.

« Mamie, je te présente mon ami », dit l’enfant. « Je ne suis plus seule aujourd’hui ! Loup… Grand-Mère… Grand-Mère… Loup. Voilà, c’est fait ! » Et Loup de s’incliner, mais pas pour le respect (c’est juste pour lire le nom gravé !). « Parler à un caillou, drôle d’idée ! » pense Loup un peu trop fort. « Tu viens bien d’un matelas… » rétorque Lisa. « Moi, ma Grand-Mère est là, on ne peut pas ignorer ce que les yeux ne voient pas ! » « Moi, je n’existe pas », dit Loup. « Mais c’est pas vrai du tout ! La vie nous tend les bras. Tu vois… » Au même moment, l’homme qui parlait longtemps décida qu’il était temps de partir. Il est tard… Un peu voûte, comme alourdi d’une tristesse, il quitta ce lieu sans miroir, sans vie, sans fard. « Il traîne avec lui un drôle de secret », confie Lisa. Quelque chose qu’elle connaît, PUISQUE SON NEZ LA GRATTAIT !

Lisa et Loup s’empressent alors de le suivre, mais à distance. (Après tout ils ne connaissent pas cet homme mystérieux, ne savent de lui que ce qui est déjà dit : il parle… Il parle… Ah ! si, j’oublie ! Il porte une drôle de barbe aussi.) Il fait nuit noire dehors, mais Loup n’a pas peur de ça. Le matelas, il connaît… la lumière n’entre pas. Il pourrait bien s’inquiéter des bruits étranges, des miaulements de chats de quartier ou même de ses propres pas sur le grinçant gravier. Mais tout ça n’a pas grande importance puisque : LOUP N’ENTEND PAS.

L’homme marche assez longtemps. Trop sans doute, trop vite aussi : les deux sont obligés de courir en même temps ! « Quel souci », dit Lisa, « quel souci » … Mais le grand n’entend pas. Enfin, il s’arrête devant une jolie maison tout en longueur. « Comme les jambes de Grand-Mère », pense Lisa.

cimetière

Des fenêtres partout, une porte en bois roux et la clé ouvrait déjà en deux tours la maison, son igloo. L’homme va se coucher. Lisa est fatiguée. Ils se faufilent tous deux dans la maison qui sent bon les vieux livres et les bonbons. La chambre vide au premier étage semble parfaite. Loup se glisse sous le matelas… Il doit rester tout plat… il ne connaît que ça ! Lisa se pelotonne sur l’édredon et s’endort comme un chaton ! Mais elle se réveille en sursaut et, d’une main légère pour ne pas le surprendre, s’assure que Loup est bien aplati sous ses reins ! « J’ai un ami enfin, et même s’il n’entend rien…Grand Mére, tu vois, je vais en prendre soin », chuchota-t-elle. Encore une chose contrariait Lisa et l’empêchait de se rendormir : l’homme et son manteau de chagrin… Quelque chose de familier… « Il a lui aussi sa Grand-Mère enterrée ! Et personne pour lui dire des contes de fées !… »

Mais bien sûr ! C’était ça le nez qui grattait ! Mais, pauvre Lisa, une mauvaise nouvelle allait la faucher dès que l’aube pointerait le bout de son nez.

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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