Une disciple de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 17 juillet 2015

 

jeu concours1 solA l’image de Lisa-Loup qui finit par vomir une perle de sang, incarnation de son mal-être, Mylène Farmer apparaît toujours comme cette femme-enfant mal grandie, révélant sa folie au fil des mots, mêlant impudeur sadique et angoisse muette en des créations aussi belles et aussi terrifiantes qu’elle-même. Car cette dualité permanente, de la forme et du fond, du sens réel et du sens caché, de l’image et de son reflet est, chez Mylène Farmer, la clé qui permet d’entrer dans son étrange univers personnel, dont la sensibilité à fleur de peau, la sensualité perverse et le spleen romantique mènent l’auditeur dans le plus touchant des paradis empoisonnés.

Bien que Mylène Farmer soit une artiste unique en son genre, elle a créé quelques émules qui, pour l’heure, sont bien loin de connaître un succès comparable. Citons la principale “disciple” : la chanteuse RoBERT, dont la voix et les intonations semblent souvent calquées sur celles de Mylène Farmer. Personnage étrange au physique inquiétant, RoBERT tire son pseudonyme, selon la légende, du surnom décalé dont l’aurait affublée un ancien amant. Elle apparaît en 1991 avec le single Elle se Promène, qui sera son unique tube, probablement dû au fait que bien des auditeurs pensèrent qu’il s’agissait d’une chanson de Mylène Farmer.

S’ensuivront deux albums assez réussis, Sine (1992), publié sur Sony, sur lequel on trouve une frétillante reprise de The Model de Kraftwerk, et Princesse de Rien (1997), un disque plus mature, enregistré après un long silence de cinq ans suite à d’interminables problèmes avec Sony, et publié sous quatre éditions différentes, dont la dernière en date est sortie en 2000. Sur cet album, on trouve quelques textes d’Amélie Nothomb, dont RoBERT est devenue l’amie, qui signera régulièrement par la suite des paroles de ses chansons et lui consacrera même un livre : Robert des Noms Propres. Depuis, RoBERT piétine quelque peu, même si sa renommée ne cesse de grimper.

Celle Qui Tue (2002), son troisième album, est un ratage complet, suite de mélodies insipides enrobées d’arrangements technoïdes fauchés et peu inspirés. En 2004, elle sort une sorte de best of, Unutma, dans lequel on retrouve l’essentiel de ses chansons dans des versions hélas remixées, et fort mal remixées. Seul titre à bénéficier de ce lifting racoleur, Le Prince Bleu, petite bluette enfantine et nostalgique extraite de Celle Qui Tue, et qui fera l’objet d’un single, illustré par un magnifique clip en 3-D qui passera en boucle pendant tout l’été 2004, et sortira même en version DVD.

Extrait de Lumières & Trahisons Stars du spleen grand public, et autres poussières d’étoiles par Mario Glénadel et Christophe Lorentz

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