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LISA-LOUP CHERCHE UN GRAND FRERE

Posté par francesca7 le 30 juillet 2015

 

« BONJOUR, DIT LISA, JE CHERCHE QUELQU’UN DE  » RARE  » ! »

« Tu l’as devant toi », dit l’homme. « Elle s’appelle Kolia. Elle a grandi ici et finira sa vie… » « Mais je sais ! C’est une souris », dit la petite fille. « Et elle vivra longtemps, c’est très intelligent ! » « Sans doute… » répondit l’homme attendri. « Tu cherches donc quelqu’un qui parle tout le temps ? » « Il ne parle plus depuis qu’il fait chaud, il est parti de sa maison sans même dire un mot », répond Lisa. « Loup et moi, on dormait comme des marmottes, tu comprends, il faisait froid grelotte, bien sûr il aurait pu attendre mais il ne savait pas qu’on allait le surprendre… Vous savez, il écrit. Il devait me raconter des histoires et même tard ! Moi, j’ai des insomnies la nuit… » (Mais Lisa manqua de s’étouffer.) « Doucement !… » interrompit l’homme, « doucement ! Tu peux prendre ton temps ! » (Mais il ignorait que Lisa le cherchait déjà depuis si longtemps !)

L’homme lui raconte qu’il est bouddhiste, qu’il vit l’instant présent et qu’il est « sage » aussi ! s’étonne Lisa. Elle lui demande si c’est bien la même chose que « bouder ? » … « Tu sais… rester dans ton coin, quoi ! Un bouddhiste c’est le spécialiste du  » bouder  » comme le fumiste, un spécialiste du  » fumer  » !!! Mais mamie dit que c’est moche de se mettre du goudron dans le chaudron… » « Que c’est drôle », dit l’homme en s’esclaffant. « Non Lisa, c’est un peu différent ! » « Ah bon, ce n’est pas ça !?! Alors tant pis », dit Lisa, qui rougit. Même si cela nous semble bien étrange, l’homme ne sortira jamais de prison, parce qu’il est bien là et se sent libre où qu’il soit ! C’est comme ça. « Et puis il y a sa souris Kolia », pense Lisa, « elle a toute sa famille qui a trouvé refuge auprès de cet homme tout doux, le dehors, elle s’en fout ! » Il lui parle aussi brièvement de l’homo-vociférant. (Ils ont encore le temps !) Le Sage explique à Lisa, dans une langue simple (pas une langue de bois), son propre enfermement (comme il dit.) « Il avait l’occasion de s’évader avec toi, Lisa, mais en refusant de te parler, ne s’occupant que de ses pieds, il t’a dit son enfermement…

Pas besoin de barreaux, de cachot ni de clés, il faut parfois s’asseoir et y voir bien plus loin que le bout de son nez, il faut croire… » « Moi j’ai le nez qui me gratte… » s’enthousiasme Lisa sans se rendre compte qu’elle venait de la lui couper, « quand je sens quelque chose qui me dit : je connais !!!… » « Lisa », reprend l’homme qui jamais ne se fâche, « Lisa, il faut apprendre à écouter sans relâche. » « Je sais », dit Lisa, toute penaude. « Mais, c’est comme Loup qui est moi, et puis moi qui suis Loup, qui parfois n’entend pas ! Est-ce que vous savez raconter des histoires ? » demande-t-elle d’une petite voix. «…» « Il ne devrait plus être loin celui que tu cherches en vain. Tu dois continuer tes recherches », dit l’homme dans un souffle. « Lisa, écoute-moi bien. Va là où ton cœur te mène, c’est toujours le meilleur des chemins. Maintenant, cours et ne te retourne pas ! Regarde loin devant toi, garde les yeux grands ouverts… ET SACHE QUE L’EAU DU FLEUVE A TOUJOURS UN GRAND FRÈRE. »

frère

L’homme a fermé les yeux et, plus vite que l’éclair,en un tour de passe-passe, a décollé de terre. Lisa prit peur devant ce tour magique ! ! ! Mais devant tel spectacle, plus beau qu’un arc-en-ciel, plus fou que les popcorn qui pleuvent quand ils sont soûls, elle s’en alla à petits pas et jura de dire à Loup ce qu’elle a vu là-bas ! Mais voilà ! Loup n’y est pas ! Ni tous ses compagnons, qui ont tous disparu quand police fut venue… Et pas de rendez-vous non plus ! Puisqu’ils se sont tous enfuis, sans même dire sorry ! Lisa n’avait aucune idée de l’endroit où ils pouvaient bien se cacher ! La maison de l’homme qui parle longtemps était à présent très, très loin de la prison, qui elle-même était très, très loin de la maison…

Elle se mit donc à avancer dans une direction bien précise, comme invitée par un vent qui la poussait mollement, sans autre intention que l’aider à trotter dans une direction qui n’a même pas de nom… Lisa ne savait pas encore que tout naturellement son intuition la tirait par le col de son pull, comme des milliers de ballons qui conduisent les paroles de JÉSULLE. (Ou quelque chose comme ça ?) JÉSULLE-JESTICULE… étaient deux mots que Lisa avaient associés de fait. Elle avait entendu, un soir de Noël, alors qu’elle se promenait avec sa mamie, un « PRÊCHEUR » qui faisait un peu peur ! Mais cet homme d’Église, qui sentait la réglisse, n’était pas suffisamment inquiétant, puisqu’il aimait le zan ! C’est en tout cas ce qu’en conclut Lisa.

En revanche, il était quelque peu « Illuminé », voire très, très, très agité ! « Cet homme-là, tu vois… sème la  » BONNE PAROLE  » », lui enseignait Grand-Mère qui n’aimait guère les prières… trop hystériques. « Il sème la bonne parole comme on sème les pots d’colle ? » lui demandait Lisa, qui trouvait ça comique. (Sa Grand-Mère, d’évidence, n’affectionnait pas particulièrement cet enseignement, qu’elle jugeait un peu trop « voyant ». Un brin trop militant !) « Tu vois, Lisa, il faut du temps pour que chacun se fasse à l’idée de mourir. Et si c’est source de chagrin ? Il faut se prendre par la main, accompagner l’autre du mieux que l’on peut, sans avoir pour autant recours aux discours. » Elle prenait alors un temps pour rassembler ses dents… (Grand-Mère avait un dentier pas toujours bien collé !) « Le  » BON  » », reprend-elle, « est en chacun de nous… À nous de guetter, de le semer et de le cultiver. » (C’était très doux comme pensée.) Et Grand-Mère avait raison… Lisa le pressentait puisque son nez la grattait !

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

Publié dans LISA LOUP et le conteur | Pas de Commentaire »

LA PRISON par Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 30 juillet 2015

 

 (Devant la cellule) « Bonjour, je suis Lisa et je cherche l’homme qui parle… » « Mais on parle tous ici ! » répond l’homme, « c’est d’ailleurs la seule chose qu’on nous autorise à faire. Croix de bois, croix de fer ! Écoute-les tous… ils parlent au vide, ils parlent aux chaises, s’adressent aux murs et même aux confitures. » « Moi aussi je parle aux cailloux, mais il y a toujours quelqu’un dessous ! D’ailleurs Grand-Mère, qui est sous terre… » « Écoute… » s’agace-t-il, « j’peux pas là, j’ai trois ans à tirer et j’dois bouger mes pieds. Ton type, il parle t’as dit, c’est ça ? Eh bien moi, j’dois piétiner. » Lisa semble perdue dans ses pensées mais l’homme de la couper sans ménagement, reprend :

prison 2

« Écoute, va donc voir la cellule 102… Le type qui est dedans est aussi maboul que toi, l’Enfant ! Ça fait dix ans qu’il devrait être dehors, le mort ! Mais il veut pas bouger !!! Et même pas des barreaux pour l’en empêcher. Lui, il a tout son temps pour t’écouter chercher. Maintenant, file ! » Lisa se détourne de l’homme quand elle se ravise et vise : « A force de piétiner tu vas t’user les pieds et on n’va pas très loin comme ça, tu sais !!! C’est Grand-Mère qui le disait… » Avant que l’homme, en colère devant tant d’insolence, n’attrape le bras de Lisa, celle-ci (non sans quelque émoi) se sauva. « C’est ça, prends tes jambes à ton cou ! Avant que je ne le torde », hurla le malfrat, oubliant un instant les barreaux du cachot. SON COURROUX LUI FAISAIT DES GROS YEUX DE L’ORBITE ET LA TÊTE D’UN KAKOU, D’UN TRÈS MÉCHANT MÉROU ! Lisa, toute retournée, pensait : « À quoi bon être dehors si c’est pour blesser les gens ? De trois ans, tu pourrais bien passer à 100 » marmonna-t-elle. Elle lui aurait volontiers passé plus tôt ses souliers, mais plus maintenant ! Il est trop arrogant et les pieds en dedans ! Un monde un peu brutal s’organisait au même instant : des bruits de casseroles, des gamelles en bémols des gardiens tourbillons, et tous â l’unisson réclamaient leur ration.

prison

Lisa aussi a faim, mais elle doit se rendre à l’évidence… Pas d’argent, pas de pain ! Pas de pain, pas de chance ! Elle se rappelle une phrase que lui répétait Grand-Mère en dodelinant de la tête : « C’est tout ou rien. Et le contraire de tout… c’est rien ! » Les couloirs de la prison sont longs, un peu nauséabonds aussi, note Lisa. Elle préfère ne pas trop y penser… Elle mettrait volontiers les dix doigts dans son nez… Mais ce n’est pas des manières ? Des kilomètres de fer brut s’offrent à l’inconnue. Seule la rouille semble vouloir en excuser la nudité. Qui oserait espérer un peu de chaleur en ce lieu qui n’a ni intimité, ni même sentiment de paix ? Et ces kyrielles de tatouages qui se mélangent à la sueur de leurs porteurs. Lisa marche bien des heures… Mais ce n’est pas en vain ! puisqu’elle rencontre enfin le petit homme rond au 102. Il lui dira peut-être des choses importantes ? Elle est toutefois surprise… Pas de barreaux apparents ni de verrou méchant qui viennent l’embêter, juste un petit tapis très carré sur lequel il est posé (dans une drôle de position, il faut dire), un peu comme un melon qui ferait le fakir. Il semble auréolé de bonté. L’homme est aussi silencieux que l’autre vomissait quand il parlait. Pas celui du cimetière, bien sûr, lui il était parfait ! L’autre… Le bossu, le détenu bourru.

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

 

Publié dans LISA LOUP et le conteur | Pas de Commentaire »

LA RESURRECTION par Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 29 juillet 2015

 

« ÇA Y EST ! ELLE EST RESSUSCITÉE !!!!! » s’enthousiasme l’assemblée qui n’était plus très sûre… (Même l’asticot très aristo lui embrasse l’embouchure, tant il était ému de revoir son amie !) « Tu nous as fait peur », lui dit Lisa la main au cœur. « J’ai bien cru que le  » SAPIN  » n’était pas loin ! »

(En effet le seul cercueil que Lisa avait côtoyé était en fait fait de sapin, mais point de première main !) « Je m’excuse de m’excuser… » râle Humphrey, qui déjà oublie l’accolade. « Mais il me semble qu’une boîte d’allumettes faisait l’effet, nul besoin d’un cercueil en sapin qui pèse trop lourd pour l’homme et l’âme ! Foi d’animal ! » « C’est agréable ! » répond Lapin Martin, « comme toujours Humphrey !… J’ai bien cru, moi aussi, qu’elle ne reviendrait plus ! » Loup, lui, ne dit rien (il est perdu dans un moka à faire pâlir du chocolat !)

Résurection

Le spectacle de loin est plutôt peu commun : notre rampant s’élire, Lisa se mire dans l’écuelle et ne se trouve, bien sûr, pas belle ; les « grandes oreilles » sont d’humeur belle ! Quant à l’artiste (c’est habituel), elle manque à nouveau à l’appel ! Elle est tombée du cendrier et d’un salto a basculé sur le goudron grisâtre et tâte (encore groggy) du nez l’asphalte. « Quel souci ! » dit la petite, « quel souci ! Tu perds le fil… et l’équilibre ! Je te le dis ! Quel souci. Reviens ici ! » s’inquiète Lisa, « ou quelqu’un va t’écraser, là ! » C’est alors que survient un petit problème, un trouble-fête, un truc pas chouette !

PAS DE DENIERS POUR L’ADDITION, PAS DE DENIERS mais COLLATIONS QUI SONT DÉJÀ TOUTES ENGLOUTIES, ET QUI VOUS MÈNENT À LA PRISON.

Des gendarmes pas vraiment souriants sont venus chercher les « malfaiteurs ». Deux ont pris la fuite ; l’arachnée « mort subite » s’est cachée illico, quant à Loup qui est tout plat, sans grand mal il aura, à la place de la nappe retrouvé son état ! Qui reste-t-il pour témoin ? Qu’un être hostile et bien vilain, qui accuse la petite de voler sans remords : Un serveur de bistro, qui sent mauvais le rot. Tout chez lui est postillon, il parle si vite et si mal que « loin d’ici » … devient « VITAL ! » Heureusement, Lisa est immédiatement emmenée en prison. Elle n’en veut pas à ses amis de l’avoir délaissée, elle comprend parfaitement que C’EST DE LA LÂCHETÉ…

Comment en vouloir à des « dessins » animés ? Pour Loup c’est un peu différent… Mais patience et longueur de temps, ils pourront bientôt en discuter sans élever le ton, et sans montrer les dents. Il faudra à Lisa parlementer des heures et des heures avec l’autorité, pour qu’ils la laissent enfin en liberté ; Lisa n’a pas de papiers, pas de paniers d’osier, n’est pas Chaperon rouge puisque Grand-Mère ne bouge… pas marchande d’allumettes qui finit en plaquette, ni ne s’appelle Cosette, ni ne dit : « Je suis mouette. »

« ELLE EST LISA, VEUT DES MILLIERS D’HISTOIRES POUR S’ENDORMIR LA NUIT ET PEUPLER SON ESPRIT, ELLE VEUT RETROUVER L’HOMME, CELUI QUI EST PARTI, ELLE VEUT LEUR DIRE EN SOMME QU’IL EST :  » L’HOMME DE SA VIE « . »

(Même si elle ne comprend pas bien ce qu’elle dit.) Comme toute chose maintenant arrive au bon moment. Lisa veut profiter de cet instant présent, pour visiter cet endroit bizarre qu’on surnomme aussi : le « MITARD ». Des cachots qui s’alignent comme des canards sur l’eau, des colonnes assassines qui transpirent le caveau, calibrées pour cueillir des loubards décalés, décatis, en guenilles dans des vêtements souillés… s’ouvrent à elle, dans un spectacle navrant ! « On devrait bannir de tels lieux, ou au moins reconnaître que l’on pourrait faire mieux ? » pense la petite. « Comment une telle concentration d’âmes esseulées peut-elle être  » promesse  » de lendemains sérieux ? Ils n’avaient pas d’argent pour payer l’addition, comme moi ? Et sont tous envoyés dans des  » Dames  » prisons. Mais, puisqu’elles sont des Dames… »

(Lisa se souvient d’une conversation que sa Grand-Mère avait eue avec Mme Henriette, une shampouineuse très couette…) « Pas nécessairement des Dames du grand monde (ça, ce n’est pas grave), mais quand on est une Dame, il faut être coquette ? Et savoir se vêtir pour le plaisir des fêtes ? … Là, la Dame est une coquette sale !!! Elle sent mauvais des pieds et s’habille très mal ! Elle est humide et grise et plutôt mal coiffée, son toit est fait de tuiles qui sont toutes abîmées. » C’est bien triste, mais c’est ainsi ! Lisa s’empresse alors de questionner le premier prisonnier qui est devant son nez, qui ne fait que marcher !

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

Publié dans LES LIVRES de Mylène, LISA LOUP et le conteur | Pas de Commentaire »

L’HÔPITAL avec Mylène

Posté par francesca7 le 28 juillet 2015

 

Des hôpitaux il y en a partout, mais une petite fille aux os de verre, là… c’est bien plus rare.

hopital

Elle s’appelle Loulia, ne parle pas la même langue que Lisa, elle met des « tchhhe » et des « chhtte », enfin des trucs un peu bizarres, quoi. Lisa n’avait jamais rencontré de petite fille si fragile. Elle a surpris ce matin un homme à blouse blanche qui parlait de la « maladie » de Loulia… MALADIE ????? Comment peut-on même prononcer ce mot « tout rouge » quand on parle d’un cadeau !?? « Des os de verre, c’est là le cadeau, c’est bien plus léger que des os  » d’OS « , pense Lisa… Des os de verre, c’est comme l’oiseau qu’on met sur l’étagère de Grand-Mère et elle disait tout le temps :  » Un jour, il sera à toi, il m’a été offert par un roi…. C’est unique.  » (Je suppose que le roi c’était Grand-Papa ?) » Bref, Loulia cassait tout le temps quand elle se cognait… et quand elle se cognait, elle cassait. Alors, privée de jeux d’enfants ! C’est consternant ! Et en plus, pas de parents ! « Il faut faire quelque chose ! » dit Lisa. « Toi, l’Araignée, tu peux lui sauver la vie ! Si tu l’entoures de ton fil, elle sera protégée. » « ???????????? » L’assemblée reste bouche bée… « Mais oui ! Comme le cocon du papillon ou les momies des pharaons ! » « Mais il faut des tonnes de fil et je vais perdre la vie si je lui tisse un gros manteau ! » « Mais la vie ne tient qu’à un fil ! Elle est précieuse et tu es mon amie… et tu dois lui faire ce cadeau ! » rétorque Lisa.

L’Araignée, dépitée, mais qui avait un cœur gros comme celui d’un éléphant d’Iran, ne se fit pas prier bien longtemps. Et de fil en aiguille, défiant même le temps, elle surprit tous ses amis : EN UN INSTANT À PEINE, ELLE TRICOTA JUSQU’À TRÉPAS UN MAGNIFIQUE MANTEAU D’ORGANZA. Loulia est sauvée ! (Morte est l’Araignée.) « On va l’enterrer tout près de Grand-Mère, elles pourront se parler et même tricoter », dit Lisa, feignant de ne pas s’émouvoir de la disparition de leur amie. Et tous décidèrent de fêter cette nouvelle vie, trinquer à la russe en plus ! « Ah oui ? Et c’est comment à la russe ? » questionne le Lapin Martin. « On boit cul sec et on jette son verre par-dessus l’épaule… » dit Lisa. « … Et le verre se brise de mille éclats… » surenchérit Loulia, dans un éclat de joie. (Loup, qui est tout plat, s’est enivré déjà !)

Manteau

Il est grand temps pour tout le monde de se dire au revoir. Les recherches doivent se poursuivre… Et là, Loulia a un peu froid, LOULIA EST FATIGUÉE-COMA. Non, elle n’a pas vu l’homme que cherche Lisa. « Mais parfois… », dit-elle d’une voix cristalline, « il suffit de chercher dans les signes… » (sa Grand-Mère était astrologistre…) « Je crois qu’on dit comme t…çhâ !… » éternue-t-elle, parce qu’elle a attrapé froid. Il faut partir. Ils ne se reverront sans doute jamais, mais jamais ils ne s’oublieront ! La mémoire est celle du cœur et dure bien plus d’une heure ! Loulia restera gravée dans le leur pour une éternité. (Même si l’éternité est un mot inventé !) « C’est trop dur de ne pas se retourner », pense Lisa, toute fêlée, en quittant la chambre d’hôpital. « J’aurais bien aimé l’emmener avec nous ; elle était, après tout, plus légère qu’un caillou ! Dans ma poche, elle aurait pu se blottir et ne plus redouter de voir les coups venir ! »

MAIS ILS SAVENT TOUS QUE SA SURVIE EST LÀ, ENTRE CES MURS, MÊME S’ILS SONT DE CRÉPI… MÊME S’ILS ONT DES FÊLURES… « LA VIE, C’EST DUR ! »

expulse Lisa qui n’aimait pas : 1 – Ni les maladies qui prolifèrent la nuit 2- Ni même les parasites qui court-circuitent la vie 3- Encore moins les chimios qui font vomir les mots, tant il est difficile pour celui qui les fait de penser à demain, parce que vivre est trop vain. Et pourtant, Loulia a du courage ! Mais plus que tout : « la rage » qui force le respect de chacun d’entre nous.

Pas une MINUSCULE RAGE DE MOLAIRE, pas une RIDICULE RAGE DE COLÈRE, mais bien une « TENTACULAIRE » rage de vivre ! Que seuls les mal-en-point ont en commun. « C’est beau l’envie de vivre ! » pensent de concert Lisa et ses trois compagnons. Tous quittèrent l’hôpital le moral en métal ! Ils vont se battre et retrouver l’homme, parce qu’après tout, rien ne les consume que leurs disputes et leurs rhumes !!! Et tous se débarrassent de leur humeur-enclume… Aussitôt dit, légers comme plumes ! Pauvre Araignée ! Elle n’est plus guère en forme. Peut-être évanouie ? Sans doute endormie à jamais, elle aussi ? « Comme Grand-Mère qui est au cimetière… » pense Lisa qui fixe son amie quelque peu avachie. C’est avec une logique dont seuls les enfants ont le secret qu’elle conduit la troupe vers un lieu de retrait et dit : « Puisque Grand-Mère est bien en bière et que la bière ça désaltère… » « ???????????? »

…Tous restent suspendus à ses lèvres… « Alors, allons boire de l’eau, parce qu’on n’est pas des chameaux ! » conclut-elle pas très fière. Il faut bien avouer que les soucis creusent l’appétit, et ils ont petit peu soif aussi ! Les uns pour éponger l’alcool, les autres, soulager leurs guibolles, ils s’asseyent donc, sans s’interroger, a la terrasse d’un grand café. Ils vont bien rester deux heures prostrés là, parlant à voix basse, parce que Lisa se sent bien lasse ! Et d’heure en heure, le silence pesant n’attendait qu’une chose : ÊTRE PERCÉ AU FLANC, VIDÉ DE TOUT SON SANG, ÉVENTRER L’ECCHYMOSE AFIN QUE TOUT EXPLOSE !

Et qui de mieux qu’un ventru pour soulager l’atmosphère ? Le rampant de la situation : le mirliton, le ver de terre… le ver ronchon. « J’ai mal au pied », s’inquiète Humphrey qui ne boit que du lait. « Bien sûr ! C’est évident… enlève donc tes chaussures ! » ironise l’Araignée au fond du cendrier.

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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MADAME ÔNE-X de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 28 juillet 2015

 

La femme qui reçoit nos amis s’appelle Madame ÔNE-X; elle est chinoise et, comme toutes les cartomanciennes, elle porte des boucles d’oreilles. Mais des boucles anciennes ! (Lisa en était sûre, elle avait vu les mêmes accrochées à un mur.) C’était au musée du COSTUME, et la vieille, qui portait un diadème, se tenait très droite devant le photographe… GrandMère expliquait qu’elle avait un véritable « port de reine », c’était d’ailleurs très certainement dans ses gènes !

« Moi, je la crois plutôt hautaine ! » lui rétorquait Lisa, qui n’aimait pas son quant-à-soi ! Madame ÔNE-X, d’évidence, souffrait d’asthme, car elle reprenait de l’air toutes les deux ou trois phrases ! « Que puis-je faire pour vous ? » demande-t-elle à la troupe, avec un léger accent du Levant. « On cherche un homme qui parle, l’auriez-vous vu par hasard ? » questionne la petite. « Voyons si, dans mes cartes, je peux vous éclairer ! Je sais faire ça très vite ! » « Dans des cartes ??? On voit des gens marcher ? » ironise l’arachnée. « Tout est dans la manière, je suppose ?…

dans la manière de faire », dit-elle à Loup qui erre, qui n’entend pas sonner, qui n’entend pas du tout et qui bouge sans arrêt ! En effet, une petite cloche, de temps à autre, « carillonnait ». La femme l’agitait comme pour mieux les troubler. Et troublés, ils l’étaient ! Mais pas parce qu’ils étaient impressionnés, c’est juste les chats qui, en un temps éclair, formaient toute une armée derrière notre sorcière !!! C’était très inquiétant ! Voire même paralysant ! C’est avec grande dextérité que Madame Ône-X maniait lés cartes………….. …

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ET LES CARTES SE MÉLANGEAIENT POUR FORMER UNE LIGNE, ET LA CARTOMANCIENNE, DÉJÀ, VOYAIT DES SIGNES !!!

Tout ce charabia, pour ne dire que du vent, tout un charabia et pas de directions ! « Il est parti, je vois… Et il parle, je crois… » dit-elle d’un ton austère qui imite le mystère. « Elle semble très habitée », commente Humphrey, conquis. « Habitée, habitée… OUI ! Mais habitée  » di  » rez-dechaussée !!! Hiiiiiiii ! » se gondole l’Araignée. « SANS BLAGUE ! Et moi (attaque-t-elle, bille en tête)… je vois, je crois… que je marche… oui, ma foi, si je marche, c’est bien grâce à mes pattes ! » Toute l’assemblée se mit à rire, et même les chats qui s’empêchaient de suivre.

MADAME ÔNE-X EST TRÈS VEXÉE, MADAME ÔNE-X A UN BALAI : ET DE LES METTRE TOUS À LA PORTE, AUSSITÔT DIT ET PAS D’ESCORTE !

Lisa et ses amis reprennent alors leur promenade, qui promet bien d’autres drames. Une sirène de police, déboulant de nulle part, hurle son indignation : la voiture est bloquée par une manifestation. Lisa ne voit rien à l’horizon, mais elle perçoit bien des cris, des « NON ! », des « NON ! » et des protestations. (Un peu comme la tempête qui est une rébellion.) Elle décide donc de tourner à droite et de s’engager dans une rue étroite, afin d’éviter toute mauvaise surprise. (Ce n’est pas un manque de curiosité de sa part, mais la cartomancienne l’a échaudée !). Alors, ne pas mettre partout le bout de son nez semble plus sage… je gage ? (Après tout, L’APPRENTISSAGE DE LA VIE se fait lentement !

Et elle peut bien prendre son temps.) En chemin, elle se rappelle un lieu que Grand-Mère lui avait décrit. C’est souvent blanc et c’est très souvent grand, se souvient-elle. On y met des gens qui ont perdu des dents… (Ou étaient-ce des parents ?) Lisa avait du mal avec ses propres souvenirs, sa mémoire est une mémoire dite « sélective » : elle ne retient que ce qui grise, ce qui l’effraie ou la motive. « UN ORPHELINAT ! C’est bien ça ! » dit-elle, très fière. « J’en suis sûre, c’est un orphelinat ! » Elle se rappelait les aventures d’un certain TOM SAWYURE…

(ou quelque chose comme ça !) « Il faut trouver un orphelinat ! » reprennent-ils tous en chœur. Aussitôt dit, la joie au cœur. Sur leur chemin ils ont questionné tant de personnes ! Des petits, en partie, mais des plus grands aussi ! Et nul d’assez malin pour leur parler de l’homme ; c’est après bien des kilomètres parcourus qu’ils sont tombés sur cas peu banal : UN ORPHELINAT BICÉPHALE… UN ORPHELINAT-HÔPITAL. Lisa et compagnie, ont trouvé le lieu-dit. Aussitôt dit et accompli !

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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LES JOURS SUIVANTS pour Mylène avec Lisa-Loup

Posté par francesca7 le 26 juillet 2015

 

LE DEUXIÈME JOUR Le jour suivant, Loup et Lisa apprendront de leurs amis, que l’homme n’était autre qu’un merveilleux conteur qui vivait une vie sans peurs et sans pleurs ; à ses côtés, un magnifique petit garçon s’offrait déjà toute son attention, son amour et ses contes. Mais le malheur s’est abattu sur l’horizon, laissant l’homme dépourvu QUAND LA MORT FUT VENUE. Son fils disparu quand la vie continue ? C’était inconcevable ! L’homme inconsolable voulait se supprimer, mais un vœu l’empêchait de commettre l’irréversible. (Une promesse qu’il avait faite à sa douce Camille.) « Je jure… RÉPÈTE avec moi ! » lui disait-elle, alors qu’il était à son chevet (parce qu’elle était malade, et d’un mal incurable). « Je jure… » (leurs deux voix se faisaient écho)… « que jamais… je ne ferai ce que mon père… a lui-même un jour fait. Je jure… que la mort n’aura jamais l’audace… de m’entraîner vers elle et de prendre ma place ! »

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LE PÈRE DE CAMILLE ÉTAIT PARTI EN VRILLE. LA FOLIE ORDINAIRE L’A CONDUIT AU CIMETIÈRE. Quant à Camille, elle n’était autre que la sœur du conteur (sa préférée sans doute !)… Un peu comme la choucroute… L’homme était une personne au grand cœur, il voyait bien qu’elle ne fermerait ses yeux qu’après l’avoir entendu prononcer ce vœu. Elle souffrait déjà beaucoup trop ! Il devait lui donner le repos. Quand il eut fini de répéter sa promesse à voix haute, elle souriait, mais d’un sourire de là-haut… Elle le quittait pour l’éternité. (Même si l’éternité est un mot inventé.) Lisa était émue devant ce récit de tant de vies perdues. Alors, pour la distraire de ce conte mortifère, plus tard, dans la soirée, les UN-DEUX-TROIS compères la passionneront quand elle apprendra comment, un matin de printemps, ILS ONT VU LE JOUR… DÉCOUVRANT LEURS CONTOURS !

La plume les chatouillait sérieusement quand l’homme les croquait ! Et le pinceau mouillé de couleurs endiablées aussi, quand il remplissait l’intérieur de leurs corps dessinés ! Mais le plus magique, ont-ils expliqué à la petite (qui est de plus en plus fascinée), était quand l’homme demandait à son fils Allan de se glisser dans son lit douillet, pour lui conter sa toute dernière histoire ! « Alors… et nous avions bien sûr tout répété, tout parfaitement synchronisé ! » racontait l’Araignée, moins gênée. « L’homme, de sa voix la plus grave commençait la lecture d’un récit sans ratures ! » « Nous, nous avions pour mission de sortir de l’ouvrage et de mimer l’action devant le petit garçon sage ! » poursuivait Humphrey. Lisa n’en croyait pas ses oreilles, tout ce récit la travaillait. Un mélange de joie et de tristesse s’entremêlait. Elle, qui avait tant rêvé qu’on lui lise des contes, être si proche du but et manquer la rencontre ! Elle avait bien compris : la vie régnait dans cette maison, et la passion était raison. Tout ce qu’ils faisaient ensemble était précieux diamant ! Ils s’apprenaient mutuellement le plus de choses sans se soucier du temps !

MAIS LA MORT JALOUSE LA PAIX DES VIVANTS, ET LA MORT AUX YEUX ROUGES A EMPORTÉ L’ENFANT. Depuis ce sinistre jour, l’homme a délaissé sa plume et ne voit plus la lune. Depuis ce sinistre jour, plus rien n’a été dit, plus rien ne s’est écrit. Et nous, personnages inventés, avons perdu gaieté et dans le livre sommes tous retournés, tout retournés ! Abandonnés sur du papier glacé, tous délaissés sur du papier, couchés. LE TROISIÈME JOUR Le troisième jour, il faisait lourd ! (Les radiateurs avaient repris « poil de la bête » et, bien que tous fussent coupés net, ils avaient décidé de leur réchauffer squelette !) Il est vrai que tout le monde dans la maison était un peu bouleversé depuis le départ de l’homme, et un peu refroidi, en somme !

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C’EST AU BEAU MILIEU DE LA BIBLIOTHÈQUE QUE LOUP, LISA, LAPIN MARTIN, HUMPHREY ET L’ARAIGNÉE SE SONT EN ROND INSTALLÉS, DEVISANT ET RÉFLÉCHISSANT À CE QUE POURRAIT ÊTRE DEMAIN ? « Il faut retrouver l’homme ! » s’écrie Lisa en rogne. Sa soudaine colère a surpris tous les autres !!! Elle ne se veut pourtant autoritaire… .. Mais Loup est muet et bâille à s’en décrocher les écailles ! Quant à nos trois amis, ils attendent une idée À laquelle se fixer… « Toi, Loup, tu te réveilles ! » poursuit Lisa, qui est groseille. « J’ai besoin de tous tes sens en éveil ! Nous prendrons baluchons, du gruyère et du thon, et dès demain matin nous quitterons la maison ! » … « Oui, très bien, mais par quel bout commencer ? » se demandait-elle, un peu perdue. … « Je ne sais même pas où est le nord, où est l’ouest, où est le sud ? Oh ! qu’importe ! » souffle-t-elle, un peu déboussolée. … « Je dois penser très fort aux lieux dont Grand-Mère se servait pour remplir ses histoires pour dormir sans cachet ! » La journée se déroula sans incidents : Loup se cogna au moins mille fois, Lapin Martin chantait parfois, le ver Humphrey grinçait des dents, et l’Araignée cousait le temps… Petite Lisa, quant à elle, se répétait, les jambes en l’air, L’ITINÉRAIRE.

LE QUATRIÈME JOUR

Dehors, déjà les oiseaux gazouillaient, le gazon sans la neige secouait ses antennes et la troupe sur la route parcourait les ruelles, et tous, en file indienne, se réjouissaient d’avance de cette vie nouvelle. « Ce matin, un lapin a tué un chasseur… » chantonne Lapin Martin, la joie dans le cœur. « Que c’est faux ! » dit l’asticot. « Ne voudrais-tu pas plutôt te taire et réfléchir au sens du mot EXOGÈNE, pour la peine ? » « Qu’est-ce que ça peut bien faire ? » se pique le rongeur, qui tourne mauvaise humeur ! « Tu préfères, toi, qu’on nous taxe de sinistres, qu’on se ronge le plafond, ou qu’on soit apathiques ? » « C’est quoi EXOGÈNE ? » demande l’Araignée, blême. (Elle est toute pâle, parce qu’elle a mangé très mal ce matin ; trop vite et trop de mouches ! Même Loup en a gobé bien douze en douce !) « Dépêchez-vous ! » leur dit Lisa. « Vous marchez trop lentement, et là on perd du temps ! » Sur la route, une enseigne attire leur attention…

Et une enseigne qui en dit long… « CARTOMANCIENNE, VENEZ CHEZ MOI ! » est-il écrit. Invitation qui tombe à pic ! (Il ne manque que le mot pique-nique !) Lisa a faim, c’est le matin ! Tous entrent, contents, chez Madame X, pensant qu’elle serait assez classe pour leur offrir une glace. (Ils ont tous en commun doux péché capital : ils pourraient dévorer deux-trois LOUPS en cavale.) Et puisque gourmands ils sont… gourmands Ils resteront ! « Iiirrkk !!! » note Lisa, qui, au passage, écrase un chat. « Ça ne sent pas bon ici, une odeur-rance-les-yeux qui piquent ! » Puis, soudain, un deuxième (siamois celui-là), qui lui saute sur le bras. Un troisième (un peu XVIe ) qui lui mordille le doigt, et des centaines de bébés rats, qui font des bonds, des entrechats. « Ils ont mis un coup de pied dans la ruche ou quoi ? » s’effraie Humphrey très effrayé ! Le temps de prononcer ces mots, et il se retrouve nez à nez, avec un gros MATOU poilé… Et les moustaches de l’angora de titiller le ver à soie.

« MARTIN ! » hurle-t-il. « MARTIN ! Tire-moi de là !!!! » « Que dis-tu, Humphrey ? Je ne t’entends pas », lui répond Lapin Martin qui n’a pas oublié l’agacement du matin ! « Tu veux que je chante quelque chose ? » « DÉPÊCHE-TOI ! Il va me dévorer ! » supplie le ver, vert de colère. « EXOGÈNE ? C’était bien cela, n’est-il pas ? » ironise-til. « Je dois me concentrer, si tu n’y vois pas d’objections… et, de toute façon, ne peux faire en même temps, deux bonnes  » Zactions  » » (Ça, c’est pour la liaison !) Lapin Martin aide plutôt l’Araignée, qui est elle-même un peu coincée ! (Il était très content d’imiter la façon de parler du ver… tout à l’envers. Mais point d’efforts de sa part. C’est une leçon pour lui, plus tard !) Heureusement, Loup est là, pour le sortir de ce très mauvais pas ! Il l’attrape habilement, sans froisser ses vêtements ; LE VER EST SAUF, MAIS IL EST MAUVE ET POUR CAUSE !

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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LA COMTOISE AUTREFOIS ARRÊTÉE DÉGAINAIT SA MISSIVE À CHAQUE HEURE ÉCOULÉE

Posté par francesca7 le 26 juillet 2015

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. « Il est tard, il est tard… » répétait-elle sans arrêt. « Il est tard, il est tard et chaque heure est comptée ! » Lisa, pour sa part, avait l’étrange impression que, passées les deux heures du matin, sa vie serait ratée… (Sans doute parce qu’elle avait entendu des centaines de fois de la bouche de Benoît. QUE L’AVENIR APPARTENAIT À CEUX QUI SE LEVAIENT TÔT !!!) Benoît était plombier, somnambule et fort beau ; c’était facile pour lui de se lever à l’aube. Il courait d’une pièce à l’autre, sans se casser les côtes ! À toute heure de la nuit, il pouvait s’affairer, réparer les conduits, recouder les tuyaux. Et il ne voyait même pas le travail accompli puisqu’il était toujours tout endormi ! Ce qui fît dire à Lisa : « Les plombiers c’est comme les pieds : plus ça va vite, plus c’est gonflé ! » Tous vont donc se coucher, et demain absolument tout ! ils se raconteront. Aussitôt dit… sous l’édredon ! (Grand-Mère serait bien fière de sa petite-fille : elle est allée tout droit au lit, sans faire de traîne-la-patte, ni même de grimaces.)

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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LA NUIT de Mylène Farmer dans Lisa

Posté par francesca7 le 24 juillet 2015

 

 » UNE NUIT QUI N’AGITE RIEN, C’EST UNE NUIT POUR RIEN ! « 

La nuit

Lisa est en état de veille, l’œil hibou-bien-droit le cou, prête à rebondir sur n’importe quels « jnounes ». (C’est encore un drôle de nom que celui-ci !) « Pourtant il décrit un FANTÔME DANS UN PAYS ! » dit-elle tout fort, pour gêner Loup qui dort ! « Un jnoune au Maroc est un spectre en Ecosse. Dans les romans, ils sont tous effrayants puisqu’ils sont revenants ! » s’acharne-t-elle. (Enfin Loup se réveille !)

Mais Lisa n’a pas peur des fantômes, ni même des CROQUEMITAINES aux crânes de CHRYSANTHÈMES, pas plus que des GARGOUILLES qui se grattent les gribouilles, encore moins des SQUELETTES qui claquettent quand ils pètent. (N.B : Les deux dernières phrases sont à l’appréciation des enfants, mais un gros mot, souvent, fait la joie des parents !) « Ce n’est pas parce qu’ils sont morts qu’ils n’ont pas droit au vent !

Puisqu’ils veulent revenir, il faut les accueillir », renchérit-elle tout en bâillant. Loup, lui, n’est pas très chaud pour un frotti-frotta avec l’au-delà !!!!

Il préférerait s’abstenir, garder les yeux collés, et à plat s’endormir. Mais Lisa ne l’entend pas de cette oreille-là… « DEBOUT ! DEBOUT ! » crie-t-elle à tue-tête, « DEBOUT ! DEBOUT ! » L’insomnie me guette ! C’est à ce moment même que se produit l’incident : une série de cris, un concerto de bruits, une cascade, que dis-je, une dégringolade de livres !… (Il se passe quelque chose de suspect dans la bibliothèque.) Lisa le pressentait… puisque son nez la grattait ! D’un bond, attrapant d’un seul coup, Loup et manche, Lisa traîne son ami vers ce lieu d’avalanches, quand soudain elle entend :

« DÉGRINGOLE L’ESCALIER, DÉPÊCHE-TOI S’IL TE PLAÎT ! NE CRAINS PAS L’IMPOSSIBLE, NOUS SOMMES TOUS ANIMÉS ! OUVRE BIEN TES MYRTILLES ET FAIS-NOUS L’AMITIÉ… DE TRINQUER AVEC NOUS, TU NOUS AS DÉLIVRÉS ! »

Une pluie de voix… (pas d’opéra !) s’échappe du salon et chatouille l’ouïe de Lisà. Et ils chantent… Et de plus en plus fort, et de plus en plus vite, et encore et encore, jusqu’à ce que la petite, tout essoufflée, s’étale de tout son long, pauvre âme, devant, en rang d’oignons, ses nouveaux compagnons ! Loup qui suivait de près se mit à trébucher sur son amie : mais pas de grands dégâts ! Puisque Loup est tout plat… Lisa, toujours sur le ventre, découvre toute tremblante en premier lieu : des pieds… puis des jambes animées, et enfin les frimousses, de trois copains de brousse : Un lapin élancé, Une araignée gênée Et un ver solitaire.

 

(Tous un petit peu plissés, note Lisa qui, déjà, s’est redressée.) « C’est normal ! » se souvient le ver de terre nain, qui remarque aussitôt le regard moqueur de la petite. « Le livre était un peu fermé et… comment dirais-je ?… quelque peu compressés étaient nos fessiers… Nous étions de surcroît, mes amis et moi, dans une position inconfortable et puisque abandonnés… » « Moi aussi j’ai eu un sentiment d’abandon ! » interrompt Lisa déjà lasse, « quand Grand-Mère est partie au cimetière ! Mais il y a Loup avec moi et… » « PARDONNEZ-MOI », reprend le rampant, « mais il me semble que  » net coupée  » fut ma parole ! Et j’allais vous présenter MA POMME !

Lapin

Et bien sûr, mes deux compagnons. Vous me permettez donc une nouvelle intervention sans d’autres interventions ???????? » Lisa, un peu vexée d’avoir elle-même été coupée, ne dit mot et consent. Le ton de l’asticot, lui chauffe un peu les Sa manière de parler, en inversant les mots, ressemble comme deux gouttes d’eau aux tableaux de Pablo. « Mais oui ! De Pablo Picasso ! Il est très très connu et pas vraiment poilu ! » intervient à nouveau Lisa. …………… (Je ne voudrais pas me joindre aux plaintes proférées par l’asticot, mais en tant qu’auteur j’aimerais jouir de ma plume comme je l’entends ! jolie Lisa. C’est moi qui écris, là ! Aussi, à l’avenir, je souhaiterais un peu de discipline… Et être seul maître de mon imaginaire.) « Pardon… » dit Lisa, toute penaude. « Je retiendrai la leçon… » Aussitôt dit, baisser d’un ton ! « Hum… Hum…

Voici donc : MA PERSONNE… » reprend le rampant en se grattant la gorge. « Je me prénomme : HUMPHREY. » « Mais il a son EGO sur-gonflé et son MOI démesuré », constate Lisa tout bas. « Dis donc ! Ce ver ne manque pas d’air !!! Il lui faut un certain cran pour se citer en premier ! » confie-t-elle à Loup… « Et pas d’éducation du tout ! » Mais rien n’arrête Humphrey qui continue : « À ma droite ; l’Araignée ! Araignée du matin… Chagrin » entonne-t-il… « Araignée du soir… Cafard. Je suis un peu poète, je sais… » se gausse-t-il. « Un Verlaine, un Rimbaud, un Reverdy des mots ! » Pendant qu’il soûlait Lisa, l’Araignée tentait désespérément de déplier ses pattes d’acrobate. (Et ce faisant, elle gêne visiblement l’élocution du mirliton qui, pour le lui signaler, lui donne un coup de pied !) « Aïe !!! Un Molière de cimetière, tu veux dire ! Il oublie d’où il vient… » grommelle l’arachnéenne qui n’apprécie guère les vers du ver !

Mais, imperturbable, l’ondulant conclut : « Et à ma gauche !… Lapin Martin. Nous sommes inséparables et un peu cabotins. » Lisa et Loup se présentent à leur tour, non sans une pointe d’humour : « Serrons-nous les mains, les pattes et l’abat-jour ! » dit-elle d’un air coquin. J’oublie détail utile… Pourquoi un abat-jour ? Eh bien, le ver porte un chapeau, chapeau qui cache un drôle de rigolo ! Et s’il parle de cette façon, c’est parce qu’il aime l’opinion et le qu’en-dira-t-on, mais dans le fond, il est un très bon ver, même s’il est solitaire ! « C’est le milieu de la nuit, et il faut dormir ! » commande Lisa. (En effet, Loup et la petite, bien que très excités, ont les yeux en forme de frites, de frites toutes allongées.)

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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C’EST L’EXPRESSION GROGNON

Posté par francesca7 le 24 juillet 2015

 

Si se décomposer de rire vous dit quelque chose, c’est bien Lisa qui en a compris la pose !!!!… Et de vriller par terre… Tout comme un ver de terre. Mais d’un rire éphémère, puisqu’elle va manquer d’air ! « Guizmo, c’est pas beau ! » pense Loup qui rit mou. Le piano s’est tu à présent. La petite aussi. Seules des notes froides s’amassent sur le parquet de bois, promises à un lendemain bien chagrin : les jouvencelles qui n’ont plus d’ailes finiront toutes à la poubelle !

« La propreté avant tout ! » disait Grand-Mère quand Lisa refusait de se laver le derrière… des oreilles ! « Tout doit briller comme l’étoile du berger. » Aussitôt dit, aussitôt fait ! Balai et pelle font un très beau ballet !!!

La journée passa ainsi, Lisa passa aussi de découvertes en galipettes, de longues lectures en confitures et de tristesse en housse de couette. Dehors, Loup et Lisa n’auront pas vu que la neige avait fondu, laissant apparaître un doux duvet d’herbe et des sourires sur les visages des passants. Ces derniers semblaient d’ailleurs plus légers, plus guillerets, enfin débarrassés de ce fardeau poudré…

Quel dommage ! L’hiver est si beau dans son trop grand manteau ; mais « l’Homme » de toute évidence a besoin de se sentir plus en confiance et redoute plus que tout l’ogre blanc aux crocs mous !

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 « L’HIVER ÉTOUFFE LEURS PAS ET ILS ONT PEUR DU GLAS ! »

 lui chuchote Grand-Mère, qui est au cimetière… … laissant traîner derrière elle un petit rire « SCELLÉ » : le cercueil est en bois et la terre dure comme l’r… Il faudrait des oreilles de chauves-souris pour distinguer le bruit !

Bien sûr, Lisa ne l’entend pas. Pourtant à cet instant précis, elle a pris dans sa main le mouchoir de lin que sa mamie lui avait offert, un soir d’hiver justement !

Un cadeau merveilleux, parce qu’il était destiné à sécher ses deux yeux ! « Si tes larmes coulent, il faut les ramasser pour en faire un collier », disait Grand-Mère. « Mais pas des larmes de crocodiles, petite fille !

Ça ne deviendrait qu’un collier de billes… » prévient-elle. « Non, des larmes de dérive, de peine, ou des larmes de rire… celles-ci sont des perles de vie comme les perles de pluie. Et tes larmes sont utiles ! Elles coulent pour faire des océans, pour rafraîchir la terre, pour faire pousser la force qui vit sous ton écorce, » Lisa n’a pourtant aucun souvenir des chagrins de Grand-Mère ?

 Peut-être était-elle un DIEU DE LA MYTHOLOGIE et n’avait pas les mômes problèmes que nous, les Hommes ?

Pas les mêmes tourments, ni les mêmes ennuis ! Mais, si elle était un dieu d’antan, serait-elle parmi nous, les vivants ?

LES MORTELS ONT UN CŒUR QUI S’ÉPUISE ; LES DIEUX, DES IMMENSES POUVOIRS QU’ ILS UTILISENT À LEUR GUISE !!!

Ils sont par conséquent indestructibles et sont si peu fragiles ? Alors, c’est impossible ! Mamie est un mythe au logis. Grand-Mère est une grand-mère comme toutes les grands-mères, puisqu’elle gît au cimetière ! Bien sûr… Elle se cachait tout simplement quand ses larmes dévalaient !

LISA NE SE DÉSESPÈRE PAS MALGRÉ L’ABSENCE…

Loup est là et le lieu lumineux ! Le soleil avait timidement, de ses aiguillons dorés, envahi la maison d’une chaleur adorée. La lumière caressait les fenêtres, s’invitant humblement à déposer ses baisers sur la vitre réchauffée… (Les deux amants discrets connaissaient les limites du bonheur, et pour ne perdre du temps, s’ouvraient déjà leurs cœurs.) La journée passa ainsi. Une chose importante a été accomplie aujourd’hui :

LA MAISON DE L’HOMME S’ÉTAIT LAISSÉ APPRIVOISER PAR NOS DEUX NOUVEAUX AMIS et, bientôt, elle reprendrait vie !

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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ET GRAND-MÈRE ÉTERNELLE DE POUFFER AVEC Lisa Loup

Posté par francesca7 le 23 juillet 2015

 

Lisa 1Et Dieu que sa Grand-Mère lui manquait ! Lisa eut un léger soubresaut qui venait des profondeurs de son coeur… Mais, d’un petit geste de la main, elle chassa vite son chagrin ! Enfin, aidée de Loup, après s’être calée confortablement dans un fauteuil, Lisa ouvre sans ménagement le grimoire à pleines dents. (La couverture est plus lourde qu’elle. Il fallait bien trouver une aide !) Et de dévorer le contenu… Aussitôt dit, aussitôt lu !… Et d’engloutir tous les ingrédients et sans en perdre la moindre miette ! Alouette ! Mais le plus étonnant est à venir, encore plus surprenant de découvrir une petite signature à la toute dernière page :

UNE PETITE PATTE DE MOUCHE QUI SIGNALE UN NAUFRAGE…

CONTE écrit par Damien, dédié à Allan. « Mais… C’est une histoire écrite par l’homme qui parle », s’écrie Lisa qui tombe presque du fauteuil ! (Elle venait tout juste de voir la photographie dans le livre.) « Et… Et Allan… C’est forcément quelqu’un qu’il a aimé si fort qu’il met une majuscule à son prénom de mort ! » « ??????????? » « Oui, c’est aussi le prénom de quelqu’un qui est mort !… Je le sais, Grand-Mère parlait de lui, la nuit…

GASPARD ALLAN POE ? …

 Ou quelque chose comme ça. Il a écrit des fantastiques nouvelles qui font peur, et moi j’adore ça ! » dit-elle toute mauve-grenadine pour cause d’adrénaline ! Mais Loup n’entend pas et, quoi qu’il en soit, il est encore à plat : sous l’ouvrage, il enrage !

Lisa2« Quel souci ! Je t’assure, quel souci ! » s’impatiente Lisa qui l’aide encore une fois. « Mais qui peut bien être cet Allan pour l’homme à la barbe ? » poursuit-elle. « Peut-être un voisin de palier ? » pense Loup tout plié. La réponse ne se fit pas attendre, je cite : DANS SA CHUTE MAGISTRALE, LE LIVRE AVAIT DÉLIVRÉ UNE LETTRE MANUSCRITE, ÉCRITE À L’ENCRE COULEUR STYX Elle commençait comme ceci : Chere Lola Je ne peux plus vivre à présent. Ni les nuits ni les jours n’ont de sang maintenant ; mon âme erre dans un lieu qui s’ennuie et me nuit. Je me décapiterai pour l’avoir laissé mourir, je me déshabillerai devant Dieu sans rien dire… Oh, mon Allan, mon enfant. Je n’ai rien vu de pire que l’effort que je fais pour survivre au néant. Pardonne-moi de ne plus rien écrire en chantant, mais à quoi bon lâcher l’encre sur du sable mouvant… Lola, je suis mort, je suis ivre de l’audace d’être toujours vivant; je ne raconterai plus jamais d’histoire à mon petit enfant, j’aurais dû l’avertir que la vie fait semblant quand elle rit à pleines dents. Je vais partir loin, encore, plus loin, et je supplie de me perdre en chemin, je suis si fatigué demain… Damien LE SILENCE… … suintait à nouveau ses blessures, reprenant insidieusement ses droits, tant il fut bouleversé par cette longue lecture qu’elle faisait â haute voix. Lisa elle-même n’en sortait pas indemne ! Un profond soupir lui souleva la joie : les râles s’élevaient encore une fois ! Encore et encore et encore plus fort…

 MAIS LISA NE L’ENTENDAIT PAS DE CETTE FAÇON, IL LUI FALLAIT RÉOUVRIR L’HORIZON !

Il y a bien longtemps, elle avait vu au cirque Chpuck un tour unique : un LILLIPUTIEN (un peu martien) qui d’une note suraiguë, brisait des verres en cristal brut. Son contre-ut, un uppercut ! C’était un souvenir marquant, parce qu’elle avait décidé d’en faire autant, une fois rentrée à la maison ! Mais c’était sans compter avec mère nature ! Crier est une chose ; hurler, un jeu de roses ! Mais la NOTE qui lue… …

La petite peste a eu raison de ses poumons ! ! ! (Lisa n’a pu prononcer le mot « chiffon » pendant un mois environ.) Mais au diable ! Il y a urgence. Tant pis, elle décide quand même d’un nouvel essai. Un cri strident, dénudant le tympan de l’enfant, fendit l’air, remuant poussière et puis terre, et les livres tout mous de se mettre au garde-à-vous ! (Lisa a de la voix ma foi !) Qui eût cru qu’un si petit bout d’enfant pouvait faire peur au silence, ce Géant ? L’auteur s’élance :

« Elle y est parvenue, PARCE QU’ELLE EST CONVAINCUE ! » Et c’est ainsi que prit fin le combat entre « Mort et Lisa ». Le courage avait sans nul cloute vaincu la bête muette. Loup était fier de son amie et voudrait bien le lui dire, mais il resta de jais, puisque Loup ne parlait ! Il y a, Lisa le sait, un secret bien caché et elle allait surle-champ démasquer l’intrigant ! « Il faut procéder comme en mathématiques ! » dit-elle à Loup sceptique. « Il faut RAISONNER ! Raisonner comme dans… L’ab ?? plus x ?? et… Quel soucix ! » dit Lisa (qui s’emmêlait déjà). « J’étais nulle à l’école ! Là où tout le monde rigole… »

(D’ailleurs, depuis que Grand-Mère avait disparu, plus de mathématiques qui rendent neurasthénique.) Mais l’école de la vie… ÇA OUI ! Lisa se retourne alors vers Loup, tout coi. Mais Loup n’est pas narquois, puisque Loup n’entend pas… Qu’importe… Lisa, qui avait donc des oreilles pour quatre, sursauta : « 1 FOIS 4 »

 LE PIANO QUI DORMAIT DANS L’ENTRÉE SE MIT SOUDAIN À JOUER ! DES MORCEAUX DE WAGNER, DE CHOPIN, DE MAHLER, DES MONCEAUX DE MALHEUR QUI PLEURAIENT DE DRÔLES D’AIRS.

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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DANS LA CUISINE et la BIBLIOTHEQUE de Mylène

Posté par francesca7 le 23 juillet 2015

 

Dans la cheminée qui trône dans la cuisine, pas l’ombre d’une ambiguïté : des bûches sont alignées. Elles s’embrasent soudainement au contact des enfants, libérant une chaleur, un parfum DÉGOÛTANT. (Là c’est pour la rime, c’était bien trop tentant…) Mais l’auteur s’égare, il reprend donc… « libérant une chaleur, un parfum ENIVRANT. » « C’est incroyable ! Et c’est comme dans les contes ! » s’étonne Lisa… « Il doit у avoir un truc ! Un truc pas catholique… » s’amuse-t-elle en se remémorant GrandMere qui marmonnait tout le temps. « Bon… Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » interroget-elle, « C’est le matin et moi j’ai faim ! Voyons si dans le frigidaire il у a à manger… MAIS PAS DES VERS DE TERRE ! » dit-elle autoritaire, tirant Loup par la main.

« Quel souci ! » soupire-t-elle (imitant le faux agacement de l’adulte). « Quel souci ! Regarde là devant toi, il y a du chocolat : chaud, c’est bon dans le lait, le pain rond est tout frais et le beurre mou comme Loup… » s’anime Lisa. « Je ne suis pas mou du tout ! » pense Loup. « Il faut se ressaisir maintenant, comprendre pourquoi l’homme est parti. C’est moi qui me guimauve ! Je suis mou comme… comme la sauge », dit-elle en pointant la plante qui se morfond sur le comptoir… Et de plier genoux… Aussitôt dit, jambes à son cou !

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DANS LA BIBLIOTHÈQUE Lisa se dirige alors aussi sec, vers la bibliothèque. Elle croit entendre des bruits étranges qui ressemblent à des râles de mourants. Comment une « si petite fille » pouvaitelle identifier ce son si particulier ? Peu de gens reconnaissent la mort ni même ne l’ont croisée ! Pourtant Lisa en était sûre :

ELLE SAIT LES YEUX QUI DORMENT ET QUI S’OUVRENT AUSSITÔT, MAIS ELLE SAIT AUSSI LES SOUPIRS QUI FINISSENT AU CAVEAU.

La bibliothèque est emprisonnée par une immense porte qui ne la laisse respirer. Lisa tente de l’ouvrir, mais une formidable résistance s’oppose à elle, et pire ! Lisa pousse à nouveau… manquant de s’étaler, quand enfin, dans un ultime râle, elle finit par céder, offrant au plus sceptique un tableau des plus beaux :

UN CIMETIÈRE DE LIVRES, UN MONUMENT DE MOTS.

À présent plus aucun bruit ne point son nez, que le tic-tac autiste d’une horloge éventrée. Mais Lisa n’a pas peur, elle n’entend pas son cœur… Elle court à perdre haleine retrouver Loup là-bas, juste à temps, pour le sortir de là ! (Il est juste un peu coincé entre : riz, chocolat, boîtes de purée et de maïzena. Tout a dégringolé du placard et l’écrase !) Heureusement, Loup est plat, ça va ! Il vient tout droit, l’on sait, d’un matelas épais… Quelques instants après, Loup et Lisa retournent dans ce lieu mystérieux sur la pointe des pieds, craignant d’importuner le SILENCE, leur aîné. Ils observent déjà un changement probant : une sensation d’humidité dans la pièce s’offrait la place d’une précédente sécheresse. (Un peu comme si la bête avait eu la bouche sèche.) « La pièce étouffait ! » s’écrie Lisa. « C’était comme moi, quand Grand-Mère demandait de suspendre mon souffle pour entendre les mouches… (ou peut-être était-ce les Anges ?) En tout cas sans mélange, il était question d’ailes ! Et moi, je suffoquais tant », reprend-elle, « que ma tête se vidait, tous mes membres engourdis et mon sang de la braise… »

Mais Lisa n’était plus, d’évidence, à son aise… LA LENTE AGONIE DE CETTE PIÈCE CONDAMNÉE, LA TRISTESSE DE L’HOMME Y SERAIT-ELLE ASSOCIÉE ?

Puisqu’elle contient des vies par milliers dans ses livres, puisqu’elle est remplie des rires, des coulées de pensées, pourquoi s’est-elle éteinte, elle qui était si vive ? Partout des centaines de toiles d’araignées faisaient des frises au plafond, mais plus de locataires, juste un air débonnaire… Pourtant quelles toiles de maître ! « Il faut être fou pour les abandonner ! Elle est, c’est indéniable, une véritable  » Artiste  » l’araignée qui les tisse… Et ça n’a pas de prix ! Loup, tu vois, j’en suis certaine ! » lui confie Lisa, « il y a là-dedans un secret bien caché… J’ai le sentiment que des vivants, des voyelles et des ciels sont à l’intérieur des livres mais qu’ils ont peur d’y vivre. » Au moment même où Lisa prononçait ces mots, un ouvrage aux CENT VINGT MILLE PAGES se dégageait sans ambages de l’emprise de ses frères jumeaux… manquant de peu d’aplatir un peu plus… notre petit ami ; QUEL SOUCI !

« La couverture est ce qu’il y a de plus coûteux ! » se met soudainement à penser Lisa, qui se demande, elle-même, pourquoi elle pense à ça. (Sans doute parce que sa mamie lui donnait tous les prix : des voyages… des gâteaux… même des coups… dans le dos !) « Un jour tu verras cela te servira », répétait-elle à l’enfant qui bien sûr n’écoutait pas. « Je préfère tes histoires qui me font veiller tard », ironisait-elle…

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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L’HOMME ÉТАIT PARTI SANS MÊME DIRE UN MOT

Posté par francesca7 le 21 juillet 2015

… Extrait de Lisa-loup de Mylène

lisa0C’est au petit matin qu’elle s’en est rendu compte. Elle s’est levée très tôt pour lui serrer la main, mais la chambre était vide et le lit sans ses rides ! Et pas la moindre trace de sa nuit sur l’oreiller. Lisa est si déçue… Et quelle déconvenue ! Elle avait tant, tant espéré rencontrer l’inconnu. Il lui semblait bien avoir entendu une porte qui claquait… Mais elle rêvait du vent qui mâchait du chiendent ! « Il ne faut pas mâcher la bouche pleine ! » lui criait-elle dans son sommeil, « tu fais bien trop de bruit, je n’entends plus la pluie ! » Mais celui-ci, pour seule réponse, et pour l’effrayer un brin, lui montrait sans ménagement aucun des dents très acérées, comme les dents du requin ! Et pour tout couronner, ils les faisaient claquer entre elles… Bruit de dents, bruit de porte, tout ça s’est mélangé dans son sommeil !

« C’EST DONC COMME CA LA VIE ? ELLE VOUS DONNE UN SURSIS PUIS REPREND SANS RÉPIT ? » souffre Lisa. Elle voudrait bien comprendre pourquoi l’homme ne lui a pas laissé du temps pour qu’elle lui raconte qu’elle venait tout juste de quitter Grand-Mère qui est au cimetière, qu’elle était enfin prête puisque Loup était la, pour la grande aventure, pour des pluies de lecture. Ce ne sera pas cette fois, ses nuits auront encore le goût des « pourquoi ça-pourquoi moi ? »

DANS LA MAISON

Découvrir un lieu que l’on ne connaît pas, dont on ignore tout, jusqu’à son « POURQUOI LÀ ? » a quelque chose de rude parfois, ou de grisant ma foi, voire même de bouleversant je crois. Malgré sa déception Lisa décide de rebondir. Il n’y a plus de place pour les soupirs ! « Ne pas s’apitoyer sur soi ! » lui enseignait Grand-Mère qui était fière. (Elle n’était pas corse pourtant ?…) Mais quel tempérament ! Dur dehors, doux dedans ! « Un peu comme un cercueil ! » se remémore Lisa qui n’en a vu qu’un seul et pour la première fois : celui de sa mamie était rempli de mie ! « Pour les Anges la-haut, pour les petits oiseaux, ou qui sait… Peut-être les corbeaux ? » se justifiait-elle…

(Parce qu’elle n’était pas tout a fait sûre de sa destination future quand elle disait ces mots.) « Moi je serai athée ! » lui répondait Lisa qui n’aimait ni L’IDEE DU HAUT NI MÊМE L’IDEE DU BAS. C’est d’ailleurs surtout l’idée du bas qui la chiffonnait. Pourquoi aller brûler en enfer si on a déjà eu si chaud sur notre terre ? Et chaud, elle a eu ! Elle a perdu la vie au moins trois fois déjà : Ablation des deux amygdales… Le cadre qui a chuté dans la chambre d’hôpital (manquant de peu de lui scier l’artère fémorale !) Une partie de cache-cache qui a failli terminer mal : le sac plastique était bien trop serré et l’empêchait de se cacher ! Et en plus elle étouffait dedans… et en plus il était transparent, donc découverte sur-le-champ ! (Elle aurait pu, ici, mourir de honte, c’était très, très embarrassant !)

Mais revenons a ta maison… Lisa décide donc de se familiariser avec ce monde nouveau. Elle a tous ses sens en émoi : deux yeux comme des p’tits pois tant leurs pupilles sont devenues petites de trop scruter l’endroit. Elle voudrait tout savoir, tout connaître de l’inconnu qui l’habite. Elle sent bien que l’homme avait du chagrin. Mais pourquoi a-t-il coupé les radiateurs géants ? Ce n’est pourtant pas le printemps ! Quel drôle d’élan…

 

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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LE CIMETIERE avec Lisa Loup

Posté par francesca7 le 21 juillet 2015

 

À présent il est temps, Lisa fait son baluchon et ils s’en vont. Ils traversent bien vite la ville et se dirigent alors vers le cimetière dire au revoir à Grand-Mère. Ils se retrouvent devant une très, très grande grille…Très, très fermée aússi ! Que nenni ! ni Lisa ni son nouvel ami ne se sentent menacés, ils sont non seulement tous les deux très petits, mais un petit pou plats aussi… et de se faufiler en biais… Aussitôt dit, aussitôt fait ! Lisa et Loup s’approchent de la sépulture quand soudain :

ILS ENTENDENT LA VOIX GRAVE D’UN HOMME… Une voix qui semble ne s’adresser à personne ; pourtant l’homme assis sur une tombe parle, parle, parle encore. Lisa n’entend pas bien ce qu’il dit, le vent fait des toupies ! Tous deux l’observent, mais ne font point de bruit. L’homme parle bien vingt minutes au moins, mais Lisa et Loup sont déjà loin.

« Mamie, je te présente mon ami », dit l’enfant. « Je ne suis plus seule aujourd’hui ! Loup… Grand-Mère… Grand-Mère… Loup. Voilà, c’est fait ! » Et Loup de s’incliner, mais pas pour le respect (c’est juste pour lire le nom gravé !). « Parler à un caillou, drôle d’idée ! » pense Loup un peu trop fort. « Tu viens bien d’un matelas… » rétorque Lisa. « Moi, ma Grand-Mère est là, on ne peut pas ignorer ce que les yeux ne voient pas ! » « Moi, je n’existe pas », dit Loup. « Mais c’est pas vrai du tout ! La vie nous tend les bras. Tu vois… » Au même moment, l’homme qui parlait longtemps décida qu’il était temps de partir. Il est tard… Un peu voûte, comme alourdi d’une tristesse, il quitta ce lieu sans miroir, sans vie, sans fard. « Il traîne avec lui un drôle de secret », confie Lisa. Quelque chose qu’elle connaît, PUISQUE SON NEZ LA GRATTAIT !

Lisa et Loup s’empressent alors de le suivre, mais à distance. (Après tout ils ne connaissent pas cet homme mystérieux, ne savent de lui que ce qui est déjà dit : il parle… Il parle… Ah ! si, j’oublie ! Il porte une drôle de barbe aussi.) Il fait nuit noire dehors, mais Loup n’a pas peur de ça. Le matelas, il connaît… la lumière n’entre pas. Il pourrait bien s’inquiéter des bruits étranges, des miaulements de chats de quartier ou même de ses propres pas sur le grinçant gravier. Mais tout ça n’a pas grande importance puisque : LOUP N’ENTEND PAS.

L’homme marche assez longtemps. Trop sans doute, trop vite aussi : les deux sont obligés de courir en même temps ! « Quel souci », dit Lisa, « quel souci » … Mais le grand n’entend pas. Enfin, il s’arrête devant une jolie maison tout en longueur. « Comme les jambes de Grand-Mère », pense Lisa.

cimetière

Des fenêtres partout, une porte en bois roux et la clé ouvrait déjà en deux tours la maison, son igloo. L’homme va se coucher. Lisa est fatiguée. Ils se faufilent tous deux dans la maison qui sent bon les vieux livres et les bonbons. La chambre vide au premier étage semble parfaite. Loup se glisse sous le matelas… Il doit rester tout plat… il ne connaît que ça ! Lisa se pelotonne sur l’édredon et s’endort comme un chaton ! Mais elle se réveille en sursaut et, d’une main légère pour ne pas le surprendre, s’assure que Loup est bien aplati sous ses reins ! « J’ai un ami enfin, et même s’il n’entend rien…Grand Mére, tu vois, je vais en prendre soin », chuchota-t-elle. Encore une chose contrariait Lisa et l’empêchait de se rendormir : l’homme et son manteau de chagrin… Quelque chose de familier… « Il a lui aussi sa Grand-Mère enterrée ! Et personne pour lui dire des contes de fées !… »

Mais bien sûr ! C’était ça le nez qui grattait ! Mais, pauvre Lisa, une mauvaise nouvelle allait la faucher dès que l’aube pointerait le bout de son nez.

extrait de Lisa-Loup et le Conteur aux Éditions Anne Carriére

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LISA – LOUP ET LE CONTEUR

Posté par francesca7 le 21 juillet 2015

 

Lisa3Lisa sur son lit s’ennuie, insomnies, pas d’amis. Mais pire que tout, plus personne pour lui raconter des histoires : Grand-Mère est au cimetière… Lisa décide de partir. La vie n’est pas ici ! Mais Lisa ne veut pas partir seule. « Mais pourquoi c’est si dur ? » se dit-elle à elle-même. « C’est comme si la solitude qu’il у a dans l’espace résonnait en moi… Je me sens si seule parfois. » Petite Lisa sait que la larme qui coule sur sa joue pâle n’est qu’une toute petite goutte dans un océan de chagrin, mais elle ne veut pas pleurer plus longtemps… Il pleut déjà dedans

Une nuit, assise sur son lit, Lisa pense a Grand-Mère. Elle se concentre, se concentre jusqu’a devenir rouge comme une tomate… Qui sait ?… Peut-être va-t-elle réussir a la faire revenir. Elle se concentre toujours, quand soudain une rafale de vent force les fenêtres et s’engouffre dans la chambre, mélangeant rideaux aux papiers qui volent, cadres qui se mettent a danser sur le mur.

C’EST LA DÉCONFITURE… Pourtant Lisa ne semble pas surprise par cet intrus. Seulement deconcentree peut-être ? Mais la petite est fatiguée et s’assoupit. Quand, au beau milieu de la nuit, elle est réveillée par des bruits… sous son lit. Comme des grattements… Elle regarde sous le lit… Rien… Grattements toujours, quelqu’un gémit. Mais Lisa n’a pas d’amis ?! Et personne sous le lit !!!

ELLE DÉCOUVRE, SOUS SON MATELAS, UN PETIT GARÇON TOUT PLAT ! Fini l’ennui ! « Je t’emmène avec moi, c’est pas une vie tout ça ! »

 

Éditions Anne Carriére

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INTERVIEW DE Yannik Provost – Tout sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 17 juillet 2015

 

 

Mylène Farmer : une grande astronaute en vente sur www.edilivre.com/

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« Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylène Farmer aimerait que l’on se souvienne d’elle. Une grande conquérante de l’imaginaire. La seule artiste féminine française à avoir marqué son empreinte sur quatre décennies, passant du métier de mannequin pour publicités à la scène du stade de France vingt-cinq ans plus tard. De nombreux ouvrages lui ont été consacrés, tentant en vain de percer le secret de sa réussite. « On invente ma vie, mes émotions » disait-elle en 2006. Alors pour raconter la carrière de Mylène Farmer, qui de mieux que Mylène Farmer elle-même ?

 

Trente ans de carrière sont retracés dans cet ouvrage, uniquement réalisé à partir de propos de l’artiste puisés dans plus de trois cent cinquante interviews de presse, à la radio ou télévisées, de 1984 à fin 2013.

 

Yannik Provost bonjour ! Votre livre est réalisé à partir des propos de l’artiste, puisés dans plus de trois cent cinquante interviews presse, radio ou télévisées, de 1984 à 2014. On imagine que le travail de recherche a dû être long et laborieux ?

 

Pour réaliser « Mylène Farmer : une grande astronaute », plus de deux ans m’ont été nécessaires. Je me suis beaucoup basé sur le site d’un confrère, Mylene-interviewed.c.la. Woodstock (co-webmaster également de mon site Web Innamoramento.net) y recense l’intégralité des retranscriptions des interviews de la chanteuse depuis 1984. J’ai tout relu, mais j’ai également réécouté et revisionné toutes ses interviews (fichiers vidéos, audio…), pour retrouver le ton des réponses, par exemple.

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Vous précisez que votre livre ne contient ni rumeurs, ni bruits de couloirs. Une volonté de respecter l’artiste et sa vie privée ? 

Plus qu’une volonté, cela découle surtout du principe même de l’ouvrage : ce sont les mots de la chanteuse, ou en tous cas ceux qui nous sont parvenus… avec la déformation possible que l’on connaît pour certaines interviews de presse écrite, des années 80 surtout ! Les journalistes se plaisaient alors à parfois romancer ou exagérer certains propos ! Mais j’ai pris le parti de conserver ces interviews tout de même : déjà, parce qu’il est bien subjectif de juger que tels passages sont exagérés de l’intervieweur, mais également parce que le livre se veut une « image » de l’artiste construite à partir des interviews de 1984 à 2013. Pour que ce soit plus clair : je ne prétends pas qu’il s’agit là d’une autobiographie où tout est vrai, où tout a été dit à 100% par l’artiste de façon certaine ; c’est uniquement une biographie construite à partir de ses interviews, que le journaliste ait exagéré des réponses, ou que Mylène elle-même se soit amusée (et c’est le cas) à inventer des anecdotes, qu’importe, c’est une image que l’on peut avoir de sa carrière et de sa vie par rapports à ses interviews.

 

On sent dans votre avant-propos une grande précaution à préciser que ne voulez pas parler au nom de Mylène Farmer. Pourquoi ? La peur d’être mal compris par les fans dans votre démarche ? Ou là encore une précaution vis-à-vis de la chanteuse ? 

Les deux : je voulais que ma démarche soit claire, bien comprises, que ce soit par le public ou par l’entourage de la chanteuse. Pour évoquer de nouveau ma réponse suivante, évidemment que si on imagine Mylène lire cette biographie, elle rigolerait de beaucoup de passages, ne se souviendrait pas avoir dit ça, ou ne se retrouverait pas dans certains chapitres. J’en reviens au principe du livre : je ne prétends pas avoir écrit une fausse autobiographie de la manière qu’aurait pu le faire la chanteuse pour ses 30 ans de carrière ; je prétends avoir écrit une fausse autobiographie à partir des interviews publiées !

 

D’ailleurs, question inévitable : la chanteuse et/ou son équipe ont-ils été mis au courant de votre livre ? Lui avez-vous envoyé ? 

Au courant oui, mais pour l’envoi ce sera dans quelques jours !

 

Parlons du choix des chapitres ! Comment avez-vous fait pour regrouper les dires de la chanteuse sous des grands thèmes comme « Eléments biographiques », « Carrière », « Métier » et « Personnalité » ? Cela doit-être un véritable casse-tête non ? Comment avez procédé ? 

Un casse-tête, c’est le terme ! Concrètement, j’ai tout relu/réécouté/revu, à chaque réponse je « notais » cela comme allant dans telle catégorie, tel futur chapitre… Certaines parties ont ensuite fusionné, tout a pris un ordre chronologique… Il faut savoir qu’à la base, « Mylène Farmer : une grande astronaute » devait être uniquement axé sur ce que la chanteuse a pu dire pour expliquer ses textes et clips (ce qui correspond au final à la partie « centrale » de l’ouvrage dans la table des matières). Et finalement, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis dit que ce serait bête de ne pas en profiter pour faire ce travail pour la moindre de ses phrases, que ce soit au sujet de ses goûts cinématographiques ou ses souvenirs d’enfances à regrouper. Je sais pertinemment que des passages du livre peuvent paraître… « lourds » ? Je veux parler de tout ce qui se retrouve par n’être qu’un listing, dans le genre « J’aime tel artiste, et lui, et lui, et je me souviens avoir eu un album d’untel ». Il fallait vraiment ne pas perdre un seul mot, un seul souvenir, donc on retrouve ces espèces de listing ou des passages redondants.

 

L’artiste accorde désormais peu d’interview. On imagine forcément qu’une mise à jour de votre livre est plutôt lointaine ? Elle ne vous facilite pas la tâche sur ce coup-là ! 

Je ne pense pas qu’il y aurait un jour une mise à jour ! Déjà parce qu’effectivement il n’y aura pas beaucoup de « matière » à l’avenir, mais aussi parce que j’aime bien l’idée que le manuscrit se soit arrêté fin 2013, pile pour les trente ans de carrière.

 

Les médias et les biographes se targuent souvent dans leur promotion de vouloir « percer le mystère Farmer » ! Ma question est simple ! Avez-vous réussis à travers les propos de la chanteuse à percer son mystère ? 

D’un point de vue personnel, en tant que fan, réaliser ce livre m’a beaucoup appris ! On a beau avoir déjà tout lu ou tout entendu sur elle, lorsque tout est réuni comme ça, et non perdu à travers des commentaires de journalistes ou au milieu d’autres réponses de l’artiste moins « intéressantes », on peut se concentrer sur l’essentiel. Des anecdotes précises, des rêves qu’elle a racontés avoir fait certaines nuits, des explications sur des paroles de chansons alors même que l’on avait oublié qu’elle ait formulé ces explications un jour…

 

Le succès de la chanteuse ne semble pas vouloir fléchir puisque après les succès en billetterie de sa tournée, du film du concert, le public achète aujourd’hui en masse le DVD Timeless ! Et pourtant elle est quasi muette dans les médias. Comment expliquer ce phénomène ? 

Mylène Farmer l’a défini très bien, dans le titre de la préface du livre photos « Avant que l’ombre… à Bercy » publié en 2006 : c’est « inexplicable » !

 

Votre premier ouvrage sort aux Éditions Edilivre. Qu’est-ce qui vous as convaincu à rejoindre cette maison d’édition ?  

Une fois le manuscrit terminé, dans une première version « courte », il y a plus d’un an, j’ai commencé à l’envoyer à plusieurs maisons d’éditions : des plus connues aux plus petites. Beaucoup de lettres de refus pendant des mois, et puis un jour « Edilivre » m’a répondu, en janvier dernier. Ce n’est pas la parfaite maison d’édition, puisqu’elle imprime les exemplaires à la commande, mais c’est bien mieux que rien ! Sans ça, le livre n’existerait toujours pas à l’heure actuelle. Je reçois même encore aujourd’hui parfois des lettres de refus pour des envois que j’ai pu faire en décembre dernier à des maisons d’éditions…

 

Plus de 4400 « J’aime » sur la page Facebook consacré à votre livre avant même sa sortie. C’est un véritable plébiscite des fans pour ton bouquin. Est-il envisageable, si le succès est au RDV, que votre ouvrage sorte un jour en librairie ? 

 Pas sous cette maison d’édition. Mais si un autre éditeur est intéressé par la suite évidemment… ! Je ne pense pas que le livre sera un grand succès de vente comparé aux autres publiés sur la chanteuse. Et pour cause : le prix ! Edilivre étant basé sur l’impression à la commande, cela engendre un coût assez élevé (surtout pour un pavé de 434 pages au format 170*270). Prix que j’ai tout de même pu arriver à faire réduire juste avant la sortie, malgré les apparences…

 

C’est votre premier livre. Cela-t-il donné envie de réitérer l’expérience ? 

Non ! Je ne suis pas écrivain, c’était uniquement un exercice de style pour celui-ci, un travail que j’aurais pu faire uniquement pour une rubrique de mon site Web. Mais en livre, c’est beaucoup plus lisible et appréciable.

 

Vous reversez directement à l’association Arc-en-ciel, qui réalise les rêves d’enfants hospitalisés, l’intégralité de vos droits d’auteurs. Pourquoi ne pas vouloir récolter le fruit de votre travail ? 

Tout ce que je fais depuis onze ans est à but non lucratif. La publicité que l’on peut parfois voir sur mon site Web ne me sert qu’à financer mes serveurs, ou même investir dans l’achat de documents/photos inédits pour les offrir aux fans de la chanteuse. Pour le livre, c’est dans le même esprit, et après tout je n’ai fait que le composer : ce sont les mots de la chanteuse, ce serait étrange de gagner de l’argent sur ça ! Pour chaque livre commandé via Edilire.com, l’association touchera 20% à la fin de l’année. 

Mylène Farmer s’est elle-même engagée avec cette association il y’a quelques années en rendant visite à des enfants malades dans des hôpitaux. C’est ce qui vous a poussé à choisir cette association plutôt qu’une autre ?  

Effectivement, pousser le concept jusqu’au bout ! Mais aussi parce que j’avais déjà été en contact avec eux l’hiver dernier, lorsque je leur avais versé le surplus de cagnotte pour la publication dans « Libération » que j’avais organisée pour les 30 ans de carrière de l’artiste.

 

En 2003 vous avez créé sous le pseudo « Ptigénie » le site Innamoramento.net qui connait désormais un succès croissant auprès des fans de la chanteuse. Est-il facile de gérer un site web sur Mylène Farmer ? On sait que les fans de la chanteuse sont très exigeant … 

Aujourd’hui, c’est devenu plus facile, puisque je me suis habitué depuis onze ans au « fonctionnement » des fans sur Internet. Je sais pertinemment que quoi que l’on fasse, les statistiques et autres probabilités feront que certains ne seront pas contents ! C’est une règle immuable qui vaut évidemment pour la vie en générale. Parfois je lis des choses sur mon site, ou sur moi, qui peuvent faire mal parce ce sont des choses qui ne me correspondent pas. On parle sans savoir… Je vais prendre un exemple tout bête qui m’a marqué cet hiver : lorsque j’ai organisé la publication de la demi-page dans le quotidien Libération pour les trente ans de carrière, j’ai été contraint de mettre en bas de celle-ci les noms des donateurs ayant participé à hauteur de 100€ à la cagnotte. J’ai alors pu lire sur un forum que j’avais organisé tout cela dans le but égoïste de m’offrir mon propre nom dans un quotidien… Sauf que dès le départ, il était hors de question pour moi d’inscrire mon nom dans cette petite liste. Lorsque la demi-page a été publiée, ces personnes n’étaient pas très prolixes pour faire remarquer que mon nom n’y figurait pas. En règle générale, il est plus facile de spéculer de façon négatives sur des intentions, que d’imaginer un instant que, oui, il est possible de faire des choses « juste comme ça », pour partager une passion. Mais dans la grande majorité, les retours que j’ai sont très sympathiques, sur Facebook, Twitter, par mails… et me donnent envie de continuer à tenir ce site encore longtemps !

 

« Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylène Farmer aimerait que l’on se souvienne d’elle. Mais vous Yannik,  avec quels termes aimeriez-vous qu’on l’on souvienne de vous ? 

J’aime bien une citation que j’avais trouvée, en slogan de mon site à une époque : « Une chose n’a de valeur que si elle est peut-être partagée ». On ironise souvent à mon propos pour ce mot, « partage », que j’emploie encore et encore comme un illuminé qui verrait le monde en mode Bisounours, petits papillons et champs de fleurs à perte de vue. On me demande souvent, en privé, si je n’ai pas des fichiers inédits (photos, vidéos…) sur Mylène Farmer qui ne seraient pas sur mon site, et que je pourrais montrer discrètement (c’est bien connu, un secret, c’est une chose que l’on ne dit qu’à une personne à la fois). Je réponds toujours  que tout est sur mon site ! Je n’ai aucun plaisir à garder quelque chose pour moi sur mon PC. Ou, en tout cas, si c’est pendant un temps le cas pour des photos inédites (par exemple) non publiées, c’est qu’elles le seront bientôt et que ce n’est qu’une question de temps, pas de « je garde ça pour moi youhou ». Et l’anniversaire du site, ou la fête de Noël, est toujours une bonne occasion pour publier ce genre de choses ;)

 

Interview réalisée par Rozier Sébastien sur http://www.linstant-interview.com/#!yannik-provost/c6e

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Une disciple de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 17 juillet 2015

 

jeu concours1 solA l’image de Lisa-Loup qui finit par vomir une perle de sang, incarnation de son mal-être, Mylène Farmer apparaît toujours comme cette femme-enfant mal grandie, révélant sa folie au fil des mots, mêlant impudeur sadique et angoisse muette en des créations aussi belles et aussi terrifiantes qu’elle-même. Car cette dualité permanente, de la forme et du fond, du sens réel et du sens caché, de l’image et de son reflet est, chez Mylène Farmer, la clé qui permet d’entrer dans son étrange univers personnel, dont la sensibilité à fleur de peau, la sensualité perverse et le spleen romantique mènent l’auditeur dans le plus touchant des paradis empoisonnés.

Bien que Mylène Farmer soit une artiste unique en son genre, elle a créé quelques émules qui, pour l’heure, sont bien loin de connaître un succès comparable. Citons la principale “disciple” : la chanteuse RoBERT, dont la voix et les intonations semblent souvent calquées sur celles de Mylène Farmer. Personnage étrange au physique inquiétant, RoBERT tire son pseudonyme, selon la légende, du surnom décalé dont l’aurait affublée un ancien amant. Elle apparaît en 1991 avec le single Elle se Promène, qui sera son unique tube, probablement dû au fait que bien des auditeurs pensèrent qu’il s’agissait d’une chanson de Mylène Farmer.

S’ensuivront deux albums assez réussis, Sine (1992), publié sur Sony, sur lequel on trouve une frétillante reprise de The Model de Kraftwerk, et Princesse de Rien (1997), un disque plus mature, enregistré après un long silence de cinq ans suite à d’interminables problèmes avec Sony, et publié sous quatre éditions différentes, dont la dernière en date est sortie en 2000. Sur cet album, on trouve quelques textes d’Amélie Nothomb, dont RoBERT est devenue l’amie, qui signera régulièrement par la suite des paroles de ses chansons et lui consacrera même un livre : Robert des Noms Propres. Depuis, RoBERT piétine quelque peu, même si sa renommée ne cesse de grimper.

Celle Qui Tue (2002), son troisième album, est un ratage complet, suite de mélodies insipides enrobées d’arrangements technoïdes fauchés et peu inspirés. En 2004, elle sort une sorte de best of, Unutma, dans lequel on retrouve l’essentiel de ses chansons dans des versions hélas remixées, et fort mal remixées. Seul titre à bénéficier de ce lifting racoleur, Le Prince Bleu, petite bluette enfantine et nostalgique extraite de Celle Qui Tue, et qui fera l’objet d’un single, illustré par un magnifique clip en 3-D qui passera en boucle pendant tout l’été 2004, et sortira même en version DVD.

Extrait de Lumières & Trahisons Stars du spleen grand public, et autres poussières d’étoiles par Mario Glénadel et Christophe Lorentz

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Mylene farmer : une grande astronaute

Posté par francesca7 le 15 juillet 2015

 

 

1540-1Paru le 27 juin 2014  / « Une grande astronaute » : c’est dans ces termes que Mylene Farmer aimerait que l’on se souvienne d’elle. Une grande conquérante de l’imaginaire. La seule artiste féminine française a avoir marque son empreinte sur quatre décennies, passant du métier de mannequin pour publicités a la scène du stade de France vingt-cinq ans plus tard. De nombreux ouvrages lui ont été consacres, tentant en vain de percer le secret de sa réussite. « On invente ma vie, mes émotions » disait-elle en 2006. Alors pour raconter la carrière de Mylene Farmer, qui de mieux que Mylene Farmer elle-même ?

Trente ans de carrière sont retraces dans cet ouvrage, uniquement réalise a partir de propos de l’artiste puises dans plus de trois cent cinquante interviews de presse, a la radio ou télévisées, de 1984 a fin 2013.

 

Biographie de l’auteur

Né en 1988, Yannik Provost nous offre Mylène Farmer : une grande astronaute, son premier ouvrage aux Éditions Edilivre. L’auteur reverse directement à l’association Arc-en-ciel, qui réalise les rêves d’enfants hospitalisés, l’intégralité de la somme perçue par ses droits d’auteurs. Reconnue d’utilité publique en 2004, c’est en 1991 que cette association naît, avec l’unique vocation de réaliser les rêves des enfants malades. Un rêve unique et singulier qui doit être pour chacun inoubliable. www.arc-en-ciel.com

 

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NOUVEAU LIVRE DE MYLENE FARMER juillet 2015

Posté par francesca7 le 15 juillet 2015

 

AVANT QUE MINUIT NE VIENNE

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Le livre sera vendu au prix de 12€ TTC (11,40€ en retrait magasin FNAC). Environ 170 pages. Sortie début juillet !

« Avant que minuit ne vienne » est un conte dont VOUS êtes le héros ! Voyagez à travers l’univers visuel développé par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat depuis plus de 30 ans : vos choix et votre capacité à résoudre quelques énigmes vous permettront d’atteindre le bout de cette aventure construite autour des clips de la chanteuse. Un régiment anglais égaré, sept nains dans une chaumière, un radeau à la dérive et quelques squelettes dansant dans un cimetière… Parviendrez-vous à reconnaître toutes les références sur votre chemin ?

Après la biographie « Mylène Farmer : une grande astronaute » (Edilivre, 2014), Yannik Provost publie ce nouvel ouvrage plus léger et ludique autour de la carrière de la chanteuse. L’auteur reverse les bénéfices de ses droits d’auteur à l’association Rêves. Reconnue œuvre de bienfaisance et d’intérêt général, celle-ci a pour mission d’exaucer le rêve des enfants et adolescents atteints de pathologies graves ; de leur offrir une parenthèse enchantée pour oublier la maladie.

 

Mylène - Extrait du livre une grande astronaute

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L’OREILLE EN COIN ça fait une paie, Mylène

Posté par francesca7 le 14 juillet 2015

 

FRANCE INTER – 16 SEPTEMBRE 1984

JOURNALISTE(S) : MAURICE HORGUES, JACQUES MAILHOT, FRANÇOISE MORASSO, PIERRE SAKA ET SERGE BOCCARA

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Emission satirique emblématique de l’antenne de France Inter, « L’Oreille en Coin » est animée par une équipe de chansonniers qui plaisantent autour de l’actualité.

Après un été à avoir assuré la promotion de son premier 45-tours dans différents galas et depuis quelques semaines qu’elle est gérée par Bertrand LePage, Mylène fait preuve dans cette émission dont elle est l’invitée de plus d’assurance que par le passé. Pour preuve, elle se prête même au jeu de l’auto parodie, comme il est d’usage dans l’émission !

Françoise Morasso : Alors, on vous l’avait promise, elle est là : Mylène Farmer ! (le public applaudit) Venez Mylène ! Alors, tout l’été on a été bercés par votre premier 45-trs, votre premier disque, et j’imagine que quand on sort, comme ça, son premier disque on a plein d’émotions, plein de trac, non ?

Mylène Farmer : Oui, tout le temps !

FM : Oui, et alors quand c’est un tube, c’est formidable, non ?

MF : Ha si, c’est très agréable ! (rires)

FM : (face à la timidité de Mylène) Tout va bien ?

MF : (se détendant) Tout va bien !

FM : Bon ! Asseyez-vous avec nous ! Alors, il faut quand même dire que votre tube a un titre : « Maman a Tort ». Ca ne vous a pas posé des problèmes ? Les conflits de génération, vous savez, c’est très à la mode en ce moment ! (…) Vous aviez donc senti venir le vent avant ?

MF : Ecoutez, c’est surtout la personne qui l’a écrit (Jérôme Dahan, nda) qui a dû avoir des problèmes avec sa maman !

FM : Voilà ! Ha oui, vous, il n’y a pas de problèmes ? Votre maman l’a bien pris ?

MF : Ecoutez, moi, maintenant que je réfléchis, en fait, je crois qu’elle commence, là, une maladie nerveuse, donc c’est peut-être ça… !

FM : Ha voilà, ça ne lui a pas plu !

MF : Voilà !

FM : Et, dites-moi, on va vous voir dans des émissions de télévision ? (À cette date, Mylène a déjà assuré la promotion de son 45-trs dans plusieurs émissions de télévision mais principalement régionales et en journée, nda) On ne va pas en faire la liste, là, mais dès samedi prochain… ?

MF : Disons que là, c’est la grande émission : le 22 (septembre, nda) je passe à « Champs-Elysées » ! (Mylène sera en effet présente dans l’émission de Michel Drucker sur Antenne 2 à cette date pour interpréter « Maman a Tort » en direct. Cela sera alors sa première grande émission de variétés à la télévision, nda)

FM : « Champs-Elysées » ! Alors on la verra parce que ça vaut la peine !(applaudissements du public)

Maurice Horgues : (ironiquement) Il y a une émission qui s’appelle comme ça ?!

mylène5MF : Il paraît ! (rires)

FM : Bon, je suppose que là, vous allez un petit peu rester avec nous. Tout à l’heure, vous allez parodier ce tube, « Maman a Tort ». C’est la première fois que vous le parodiez ?!

MF : C’est la toute première fois !

FM : Vous savez que c’est quand même la consécration, de parodier une chanson ?

MF : C’est vrai ?! (sourire)

FM : Ha oui, absolument ! (rires de Mylène) Alors, vous restez avec nous et on parodie ça tout à l’heure. Habituez-vous ! Je vous présente le public du studio 105…

MF : (timidement, à l’adresse du public) Bonjour !

FM : …toute l’équipe. Vous voyez, ça se passera très bien ! (Mylène rit à nouveau)

Il faut attendre plusieurs minutes avant que les animateurs ne se tournent à nouveau vers Mylène, précisément pour lancer la fameuse parodie dont il a été question plus tôt…

Pierre Saka : Hé bien ce matin à « L’Oreille en Coin » c’est une première, parce que ce matin nous accueillons Mylène Farmer. Elle a un tube et c’est la première fois qu’elle le parodie. Alors Mylène, ça va ?

MF : Très bien !

PS : La parodie ne vous fait pas trop peur ?

MF : Non, on va essayer…

PS : Bon, alors envoyons la musique !

Mylène se prête alors à un exercice inédit pour elle en mettant sa chanson au profit d’une parodie politique. Le texte de « Maman a Tort » a en effet été réécrit par les chansonniers de l’émission par rapport à l’actualité sociétale du moment, en l’occurrence les réformes économiques du ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie Pierre Bérégovoy.

Mylène chante donc cette parodie en direct sur une bande instrumentale comprenant le refrain original chanté, ce qui provoque une légère cacophonie sur chacun d’eux, la voix live de Mylène se superposant avec sa voix enregistrée chantant des paroles différentes.

Vers la fin de la chanson, Mylène arrête de chanter mais la bande instrumentale continuant, elle reprend l’un des précédents couplets jusqu’à ce qu’elle se fasse interrompre par les applaudissements du public.

Françoise Morasso complimente Mylène et la remercie de s’être prêtée au jeu de la parodie.

Merci à Sophie Khairallah pour avoir retrouvé cette archive et permis son partage.

 

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ET VOTRE MUSIQUE MYLENE

Posté par francesca7 le 14 juillet 2015

 

RADIO FG – 6 DÉCEMBRE 2010 : ANTOINE BADUEL

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Quelques jours avant la sortie de son nouvel album « Bleu Noir », Mylène Farmer convie plusieurs radios pour une séance de promotion dans une suite de l’hôtel Park Hyatt, situé rue de la Paix à Paris et qui fait face aux bureaux d’alors de la chanteuse. Chaque journaliste se voit accorder dix minutes très précisément d’entretien.

C’est la première fois de sa carrière que Mylène s’exprime sur Radio FG, radio essentiellement orientée vers l’electro-house et la dance.

Comme souvent, l’entretien diffusé à l’antenne a été monté et donc des parties de réponses, voire des passages entiers, ont été coupés. Radio FG offre cependant aux auditeurs l’enregistrement intégral de l’interview en le mettant en ligne sur son site Internet quelques minutes après sa diffusion sur la station.

C’est donc l’intégralité de l’entretien qui est retranscrite ici.

Antoine Baduel : Vous sortez le 06 décembre 2010 votre nouvel album, « Bleu Noir »et premier renseignement : vous avez travaillé avec un nouveau producteur très talentueux, RedOne. Pourquoi l’avoir choisi ? Qu’est-ce qui vous a séduit dans son style ?

Mylène Farmer : Pour répondre à votre question –la première question, en tout cas- j’ai rencontré RedOne grâce à Pascal Nègre (PDG de Universal Music France, nda). À un moment donné ils ont parlé de moi et Pascal a compris que RedOne écoutait et appréciait ma musique. Et puis nous avons conversé tous les deux et je lui ai demandé s’il était possible de rencontrer ce fameux RedOne (rires) et nous nous sommes rencontrés. C’est quelqu’un de chaleureux, d’enthousiaste. Et puis pour répondre donc à la deuxième question, j’aime les sons de RedOne, j’aime l’efficacité de ses mélodies, j’aime l’idée que c’est un artiste qui peut aller aussi bien vers une Lady Gaga mais qui va aussi travailler avec un U2 et puis avec moi, et puis avec d’autres. Donc c’est quelqu’un qui, j’allais dire, a certainement, oui, une générosité en lui mais qui est curieux en tout cas de l’autre et des univers musicaux qui sont tous différents les uns des autres.

AB : Est-ce un nouveau producteur pour un nouveau son Mylène Farmer ? Est-ce que vous vouliez une production plus dance que les précédentes ?

MF : C’est toujours un peu difficile pour moi de cataloguer cet album, mais c’est vrai qu’en me dirigeant vers des compositeurs tels que Moby qui est vraiment lui-même à la naissance de l’électro, d’autre part Archive qui, lui, c’est encore un autre univers, lui qui dissèque le côté sombre de l’âme et qui a des envolées, comme ça, lyriques… D’abord, j’aime l’électro pour en écouter moi-même : j’aime beaucoup et j’écoute très, très souvent Massive Attack, j’aime Air. J’aime aussi d’autres musiques : j’aime Muse, j’aime Sigur Rós, j’aime Depeche Mode. J’ai été élevée finalement –enfin, j’allais dire ‘élevée’ : non pas, mais quelqu’un proche de moi(son frère cadet Michel, nda) qui très petit écoutait énormément de musique et a une bibliothèque(sic) fantastique de vinyles, d’abord, et puis aujourd’hui de CDs. J’ai écouté ça en boucle : c’était les Blancmange, les Soft Cell, Depeche Mode et évidemment des milliers d’autres.

AB : On parlait de Moby et on se souvient de votre duo, « Slipping Away ». Comment se sont passées ces retrouvailles musicales ?

MF : Retrouvailles musicales… Moby, c’est quelqu’un que j’ai toujours apprécié, comme je le disais précédemment. C’est quelqu’un qui après notre duo, nous avons essayé de ne pas nous perdre non pas de vue parce qu’il habite très loin, mais nous correspondons par mail. Et Moby, parce que justement nous ne nous perdons pas de vue, un jour m’a envoyé un CD avec près de dix-sept titres, de maquettes de ces chansons et m’a dit ‘Prends ce que tu veux, si tu en as envie !’ et j’avoue que je ne me suis pas fait prier : j’en ai choisi six ! C’est quelqu’un qui lui aussi a cette générosité commune d’avec RedOne, d’ailleurs, qui, lui, m’a dit ‘Fais ce que tu veux avec les chansons, si tu veux changer même les mélodies, la production…’ et j’ai peu changé finalement la production parce que je voulais préserver l’âme de ces chansons, justement. Il y a quelque chose d’immédiat chez Moby, je trouve, qui est à la fois nostalgique et à la fois dynamique et j’ai voulu vraiment préserver ce que moi j’avais découvert au travers de ces maquettes. Et puis après j’ai apporté ma patte !

AB : Votre musique est traditionnellement marquée par la mélancolie et vos concerts par une énergie incroyable. Est-ce que cet album reflète une nouvelle fois ces deux aspects de votre personnalité ?

MF : Oui. Je pense qu’il y a encore d’autres facettes, j’imagine, qui sont présentes ou à découvrir mais ça fait partie bien sûr de ma personnalité : il y a l’aspect sombre, il y a l’aspect mélancolique, l’aspect plus joyeux, plus gamine. Mais là encore, je pense que nous sommes peu ou prou tous les mêmes avec des failles, avec des éclats de rire. La vie, quoi ! (sourire)

AB : Votre single « Oui mais… Non » a été remixé par un jeune artiste français, Jérémy Hills. Avez-vous écouté ce remix et qu’en avez-vous pensé ?

MF : Bien sûr que oui. J’ai entendu parler de ce jeune homme –puisqu’il est effectivement très, très jeune- par un ami commun et comme il savait que j’étais à la recherche justement de nouveaux remixeurs –parce qu’il est toujours tentant d’aller puiser vers les personnes et connues et reconnues, mais moi ça me met en joie que d’aller aussi vers des personnes qui sont plus…-bien qu’il ait fait quelque chose d’assez remarquable, c’était avec Beyoncé je crois, un remix qui a très, très bien marché- néanmoins peu connues du grand public. Donc j’ai dit ‘Fonçons !’ et j’ai évidemment écouté et apprécié, et j’en suis très, très heureuse.

AB : Beaucoup de vos tubes ont été remixés et cela prouve l’intérêt que peuvent porter des DJs pour votre carrière, votre musique. Certains artistes se sentent un peu dépossédés quand on remixe un de leurs titres. Est-ce votre cas ?

MF : Dans la mesure où nous allons vers eux, c’est donc déjà un souhait mais parfois ça peut se terminer par une mauvaise ou une bonne surprise : c’est pas bien à tous les coups. On peut éventuellement intervenir en cours de production –de reproduction ! Ce que je n’aime pas, c’est quand un remixeur va complètement effectivement enlever totalement l’âme de la chanson. J’aime bien qu’il s’approprie la chanson mais pas la rendre totalement étrangère.

AB : En dehors du single « Oui mais… Non », premier extrait de l’album, on a également découvert le titre « Leïla » composé par Moby (par Archive en réalité, nda) et qui parle d’une jeune iranienne. Que pouvez-vous nous dire sur cette chanson ?

MF : Là, il s’agit d’une rencontre d’il y a quelques années. J’ai rencontré donc sa maman, qui fût la femme du Shah d’Iran mais c’est pas tant ça qui m’intéressait et qui m’a émue, c’est plus l’histoire qu’elle m’a raconté puisque sa fille s’est donné la mort, s’est suicidée et elle me confiait qu’elle écoutait beaucoup ma musique, ce qui fatalement me touche. Et puis indépendamment de ça, c’était parler d’une femme, d’une femme d’un autre pays. J’ai récemment d’ailleurs revu sa maman, lui ai présenté et la chanson et la vidéo qui est réalisée par Alain Escalle (exclusivement pour le site éphémère crée pour annoncer la sortie de l’album « Bleu Noir », nda) et j’avoue que c’était un moment d’émotion intense.

AB : La promotion de ce nouvel album est sensiblement différente des précédents : cette fois-ci, en effet, vous avez lancé un site web éphémère où l’on trouve des extraits, des clips… Pourquoi ce choix-là ? Vous avez le sentiment qu’Internet a changé la donne pour les artistes ?

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MF : Certainement. C’est vrai que Internet s’impose à nous, qu’on le veuille ou non. Après, c’est vrai que je faisais sans doute partie de ces gens un peu réfractaires. J’ai mis du temps à m’y mettre, si je puis dire ! J’avoue aussi que c’est quelque chose d’assez ludique. Ca m’a permis effectivement de créer le désir, parce que je crois que c’est surtout ça pour moi qui était important : c’est de ne pas en effet tout dévoiler, parce que j’aime l’effet de surprise, de même que j’aime que l’on me fasse des surprises ! Maintenant, j’ai pensé à ce site éphémère et parce qu’il est éphémère c’est ce pourquoi il m’a séduite aussi, et l’envie effectivement de distiller, comme ça, des petites gouttes. Donner l’envie, tout simplement.

AB : « Bleu Noir » est votre neuvième album (le huitième en réalité, nda) et depuis vos débuts, vous êtes fidèle à la même image, au même univers. Qu’est-ce qui nourrit aujourd’hui votre musique, l’écriture de vos chansons ?

MF : Ce sont des instants de vie, des émotions, ce sont mes propres histoires. Je crois pas qu’il y ait de recette, finalement. J’ai l’impression aussi finalement d’écrire un peu toujours la même chanson en ce sens qu’il y a des thèmes récurrents. Voilà, c’est tenter de se livrer un petit peu. (sourire)

AB : La sortie d’un nouvel album met toujours en transe vos fans. C’est un évènement, tout autant que vos concerts. Alors, prévoyez-vous une tournée l’an prochain pour promouvoir cet album ? Des Stade de France ?!

MF : Ecoutez, pour l’instant, sincèrement : rien, parce que l’album, déjà, a demandé beaucoup, beaucoup d’énergie et de travail. La scène, là encore, c’est un moment que je préfère rare, mais dans le sens qualificatif du terme (Mylène veut sans doute dire ‘qualitatif’, nda). C’est d’abord beaucoup, beaucoup de travail en amont : c’est plus d’un an de travail. Pour l’instant, voilà, je suis concentrée sur cet album et sa sortie. Dans le futur il y aura une scène, j’ai très envie de remonter sur scène. Ca me manque. Mais ce n’est pas pour l’instant en tout cas.

 

Publié dans Mylène 2009 - 2010, Mylène et ses longs discours | Pas de Commentaire »

LA PLANÈTE MODE DE JEAN-PAUL GAULTIER

Posté par francesca7 le 14 juillet 2015

LIVRE «  »

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En juin 2011 est créée à Montréal une exposition itinérante consacrée au créateur Jean-Paul Gaultier qui parcourt ensuite plusieurs villes du monde.

Parmi les créations exposées, on retrouve, prêtée par Mylène Farmer, la tenue d’écorché portée par cette dernière pour son entrée en scène lors du Tour 2009.

Un beau livre accompagne cette exposition dans lequel on retrouve le témoignage de nombreux artistes ayant travaillé avec Jean-Paul Gaultier. La guêpière du clip « Je t’aime Mélancolie », la tenue du shooting pour « Anamorphosée », les costumes du Tour 2009 et les tenues portées par Mylène pour plusieurs apparitions publiques sont autant de raisons pour cette dernière de répondre à un petit entretien publié dans ce livre, d’autant qu’elle défilera pour le créateur peu de temps après !

Quelles créations Jean-Paul Gaultier ont frappé votre imagination ?

-Je vais si peu aux défilés…Bien sûr, son révolutionnaire soutien-gorge conique a marqué nos mémoires. Les jupes pour homme aussi !

Que représente son travail pour vous ?

-C’est un grand artiste. Je considère donc son travail et ses créations comme des œuvres d’art. A la manière des tatouages –qui l’ont souvent inspiré- il a déjà posé une empreinte indélébile sur l’histoire de la mode, avec sa virtuosité et sa personnalité irremplaçable.

Vous avez beaucoup tous les deux exploité la thématique de l’identité sexuelle, le masculin, le féminin, l’androgynie. A-t-il eu une influence sur vous ?

-Jean-Paul m’inspire beaucoup. J’espère que nos univers s’influencent mutuellement. J’en serais en tout cas très flattée !

Vous avez souvent travaillé avec Jean-Paul Gaultier pour des clips et des sorties officielles. Il a aussi crée les costumes de votre tournée en 2009. Comment s’est déroulée cette collaboration ?

-Il y a eu beaucoup de complicité, de rires, d’attentions réciproques, de réflexion. Toutes les tenues étaient extraordinaires, les miennes comme celles des danseurs. Le costume Ecorché est un chef-d’œuvre ‘ensanglanté’ qui a marqué l’imaginaire collectif. Le tableau ‘tutuesque’(sic) nous a enchantés : les danseurs et les danseuses étaient chaque soir très fébriles avant SDC12703leur entrée en scène !

Votre plus beau souvenir au sujet de Jean-Paul Gaultier ?

-Quand il a répondu ‘oui’ à la question « Voulez-vous travailler avec moi sur mon prochain spectacle ? » !

Un mot pour décrire Jean-Paul ?

-Pétillant !

 

Publié dans Mylène Autrement, Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer sur SKYROCK avec Jacky

Posté par francesca7 le 11 juillet 2015

 

7 MAI 1988 – Entretien avec JACKY

L’émission débute par un extrait de « Ainsi Soit Je… »

Jacky : Salut à tous, c’est Mylène Farmer et Jacky avec vous jusqu’à 20h !

Mylène Farmer : Bonjour ! (rires)

mylène5J : Bonjour, Mylène Farmer ! « Ainsi Soit Je… » : qu’est­ce que ça veut dire, ça ?

MF : Qu’est­ce que ça peut te faire ?! (rires)

J : Ben, c’est pour toi que je dis ça ! Enfin, c’est pour les ‘skyrockeurs’, d’ailleurs…

MF : « Ainsi Soit Je… », c’est le titre à la fois de l’album et du dernier 45­Trs.

J : Bon. Et pourquoi c’est pas « Ainsi soit­il » ?!

MF : Parce que j’ai préféré parler de moi !

J : …plutôt que du petit Jésus !

MF : Ensuite, il y a ‘Ainsi soit tu’ et ‘Ainsi soit il’ !

J : Et ‘Ainsi soit nous’, non ?!

MF : Non ! (rires)

J : Alors, c’est tes goûts jusqu’à 20h : tout ce que tu aimes en musique, et en tout d’ailleurs !

MF : Oui…

J : Tu es d’accord ?

MF : Oui, c’est formidable !

J : Alors là, tu as choisi INXS…

MF : Oui.

J : Parce qu’ils sont australiens ou pour autre chose ?

MF : Tout spécialement pour la chanson et pour le personnage ­ enfin, en tout cas pour le chanteur. Je le trouve très sensuel et j’aime beaucoup la production de leur dernière chanson.

J : Qui s’appelle « Need You Tonight ».

MF : Yes !

J : Tu es d’accord ?

MF : Je suis d’accord !

J : Bon, ben écoute ! Je te vois bien en train de te mettre dans une poche de kangourou, non ? (rires de Mylène) Avec fermeture Eclair !

MF : Je n’ai pas de kangourou. Pas encore !

J : Oui, enfin on en parlera de tes singes, tout çà ! Allez, INXS !

Diffusion de « Need You Tonight », suivi de « L’Horloge »

J : (…) « L’Horloge », c’est donc un poème de Charles Baudelaire…

MF : Absolument, qui est tiré de « Spleen et Idéal », et c’est un poème que j’aime beaucoup, bien sûr.

J : Je m’en doute, si tu l’as mis en musique !

MF : Absolument.

J : Tu aimes Baudelaire depuis longtemps ou tu as eu une révélation soudaine ?

MF : Non, c’est une révélation qui est continue depuis quelques années !

J : Depuis que tu es en classe de sixième ?

MF : Ca, je ne sais pas. Je crois l’avoir étudié, effectivement, en classe…

J : Oui ? Certainement, comme tout le monde.

MF : …mais je ne m’en souviens pas bien. Non, c’est une redécouverte, en fait : j’ai relu « Spleen et Idéal »…

J : Et tu as eu envie de… ?

MF : …et j’ai eu envie de la mettre sur cette musique qui avait été composée avant.

J : Beaucoup avant ou… ?

MF : Non, qui a été terminée un mois avant.

J : Il y a d’autres poètes que tu aimes bien à part Baudelaire ?

MF : Oui, il y a Rilke. Qu’est­ce que j’aime bien ? Rimbaud. Je vais en oublier plein…

J : Tu vas en oublier plein, mais c’est Baudelaire, quoi. Tu as eu envie de…

MF : C’est le plus violent, probablement, dans son écriture.

J : Certainement. Tu es violente ?

MF : J’ai une part de moi­même, oui, qui doit être très violente…

J : Tu le caches bien, parce que tu es relativement douce comme fille, enfin apparemment !

MF : Apparemment, Jacky ! (rires)

J : Apparemment seulement ?

MF : Méfiez­vous du loup qui dort, comme on dit !

J : Méfiez­vous de Mylène Farmer qui dort ! Qui dort pas trop, hein ? Bon ! On va écouter Spandau Ballet…

MF : (dubitative) Oui…

1988-02-dJ : D’accord ?

MF : D’accord !

J : De toute façon, c’est ton émission donc tu peux être que d’accord ! (rires de Mylène)

Après la diffusion du titre de Spandau Ballet, Jacky décrit la pochette de l’album « Ainsi Soit Je… » en s’attardant sur la poupée qui y figure.

MF : C’est une autre Mylène Farmer.

J : Tu préfères laquelle ?

MF : C’est sa marionnette…

J : La marionnette ou la vraie ?

MF : Celle de gauche est encore plus étrange que celle de droite !

J : Ben oui !

MF : …pour ceux qui ont la pochette ! (rires)

J : Mais, comme toutes marionnette qui se respecte, elle a des petites ficelles ? On peut la diriger ?

MF : Non. Celle­ci, il faut lui introduire la main dans le corps, dans le dos, et remonter jusqu’à la tête pour pouvoir actionner la bouche.

J : Elle peut parler ?

MF : C’est une marionnette de ventriloque, pas de…

J : Tu es ventriloque, Mylène ?

MF : Oh, je le suis à mes heures, oui !

J : Oui ? Et tu la fais parler, la marionnette Mylène Farmer, ou non?

MF : Ca m’est arrivé devant mes petits singes, justement.

J : Et ils comprennent le langage ?

MF : Ils comprennent tout !

J : Mais tu devrais le faire à la télé une fois, non ?

MF : On l’a fait, oui ! La marionnette…

J : Tu l’as fait ? A quelle émission ?

MF : Je ne sais plus. (cette mise en scène a été faite à deux reprises : « Lahaye d’Honneur » le 15.01.1988 et « Les Uns et les Autres » le 06.02.1988, toutes deux sur TF1, nda)

J : Et tu la fais parler ?

MF : On l’a pas fait parler parce que c’était difficile d’actionner la bouche, parce que le marionnettiste n’était pas là. Mais elle était présente sur le plateau : la chanson démarrait sur la marionnette et terminait sur la marionnette.

J : C’était quelle chanson ?

MF : Il s’agissait de « Sans Contrefaçon » ! (rires)

J : …que nous écouterons au cours de l’émission.

MF : Absolument ! (rires)

J : Tu en as d’autres de marionnettes, à part la tienne ?

MF : Non. Non. Non, non.

J : Tu en voudrais d’autres, non ?

MF : J’ai vu un magasin qui avait effectivement des très anciennes marionnettes à fil, et qui sont somptueuses.

J : Oui, c’est très beau ça, les marionnettes…

MF : Oui. C’est une collection que je ferais bien, ça, oui.

J : Tu pourrais peut­être la démarrer, non ?

MF : Je ne sais pas ! (rires)

J : On verra, quoi ! Quelques publicités sur Skyrock…

MF : Bien. C’est indispensable je crois ?!

J : Malheureusement ! A tout de suite !

Pause publicitaire puis diffusion de « Ca va, ça vient », le premier tube de Liane Foly.

J : C’était Liane Foly : « Ca va, ça vient ».

MF : C’est bien.

J : Bon, c’est bien, ça, hein ? Ca va, ça vient, on se demande ce qui se passe ! Tu es en train de faire un clip, là, en ce moment ? Tu l’as terminé ? Comment ça se passe ?

MF : Oui, on a tourné il y a une semaine. Tout a été fait en studio.

J : Sur « Ainsi Soit Je… » ?

MF : C’est sur « Ainsi Soit Je… » et c’est un clip qui sera un petit peu plus court que les précédents.

J : Pourquoi ? Tu les trouvais trop longs, les précédents ?

MF : Pas du tout, non. C’est pour changer un petit peu, d’une part, et d’autre part il y a ces nouveaux compacts qui introduisent cinq minutes d’images, donc que nous allons projeter… (rires) (Le clip figurera effectivement sur un CD vidéo incluant également différentes versions de la chanson, nda)

J : Donc tu vis avec ton siècle !

MF : Voilà ! Donc, je pense que ça durera cinq minutes, je crois.

J : Et c’est le même réalisateur ?

MF : C’est toujours Laurent Boutonnat. Nous sommes revenus à la première équipe et aux mêmes studios que le clip de « Plus Grandir », qui étaient les studios de Stains, et nous avons le même chef opérateur.

J : Est­ce qu’il y a Zouc ?

MF : Zouc n’est pas présente, non ! Elle était sur « Sans Contrefaçon ».

J : Comment ça s’est passé avec Zouc ? C’est toi qui l’as demandée, ou c’est elle qui… ?

MF : C’est moi qui l’ai demandée. Je l’avais demandée, j’avais eu envie d’une première rencontre, c’était à l’occasion d’une émission qui s’appelait « Mon Zénith à Moi ».

J : Oui, sur Canal +.

MF : Voilà. Et j’ai eu le souhait donc d’inviter Zouc, qui a répondu oui. Et après est venue l’histoire de « Sans Contrefaçon », du clip et le personnage était évidemment Zouc.

J : C’était bien, en plus. Tu l’avais vue sur scène, Zouc ?

MF : Je l’ai vue deux, trois fois, il y a très longtemps et j’ai revu son nouveau spectacle qui est formidable, qui est d’une grande tristesse, mais…

J : Et vous êtes restées amies ? Enfin, vous vous revoyez fréquemment ?

mylène1MF : On se téléphone régulièrement. Mais elle, elle est en tournée actuellement, donc ça lui prend énormément de temps. Moi, parallèlement, j’avais l’enregistrement de mon album. Mais je l’ai eue récemment, elle va bien !

(rires)

J : Bon, t’es sûre, ou… ?

MF : Oui ! (rires)

J : Parce qu’elle écoute là, on sait jamais !

MF : Peut­être…

J : Là, tu as choisi Renaud…

MF : Oui.

J : « Putain de Camion », une chanson qui est dédiée à Coluche.

MF : Oui, j’avoue que j’ai pas encore découvert son album, ce que je vais faire bientôt, mais…

J : Tu es inconditionnelle de Renaud ?

MF : Je ne sais pas si on peut parler d’inconditionnelle, en tout cas c’est vraiment quelqu’un que j’aime bien.

J : Qui te touche ?

MF : Qui me touche énormément, oui, qui a une émotion qui me touche.

J : Voilà. Et Coluche, tu l’aimais bien ?

MF : J’aimais bien Coluche. J’aimais bien aussi monsieur Desproges.

J : Oui, c’est bizarre, hein ? Tous ces comiques qui s’en vont comme ça…

MF : Oui. C’était les meilleurs. Qui reste­t­il ?!

J : Bon, il reste Michel Leeb, mais enfin bon… !

MF : Sans commentaires ! (rires)

J : Il vaut mieux, non ? il vaut mieux écouter Renaud, non ?

MF : Oui !

Diffusion de « Putain de Camion » de Renaud, suivi de la reprise de Mylène de « Déshabillez­Moi »

J : Coucou, c’est Jacky et Mylène Farmer sur Skyrock ! (rires de Mylène) Ben, faut le rappeler de temps en temps, parce qu’ils vont l’oublier, Mylène ! Mylène Farmer dans « Déshabillez­Moi ». Depeche Mode, ça fait longtemps que t’aime ça, non ?

MF : Ca fait très longtemps ! (rires)

J : Dès le premier album, quoi, tout de suite, d’entrée de jeu…

MF : Non, non, faut pas mentir. J’ai un petit frère qui écoute énormément Depeche Mode et qui m’a fait découvrir ce groupe à force d’écoute.

J : Ha, d’accord. Donc, c’est ton frère…Ha bon, comme quoi !

MF : Et après, c’est vrai que j’ai découvert leur univers que j’aime beaucoup. Et ma foi, nous continuons.

J : Et « Déshabillez­Moi », comment c’est venu, ça ?

MF : « Déshabillez­Moi », c’est aussi un concours de circonstances.

J : En écoutant Juliette Gréco, ou quoi ?

MF : Non, du tout. C’est lors d’une émission qui s’appelait ‘Les Oscars de la Mode’ (diffusée sur TF1 le 21.10.1987, nda). On m’a demandé d’y participer, et comme clin d’œil, c’était « Déshabillez­Moi », c’était évident. Et c’est vrai que j’ai pris un plaisir énorme, je pense pour Laurent Boutonnat aussi, que de l’enregistrer en studio.

J : Ben oui, surtout que moi j’aime bien cette version !

MF : Oui, c’était intéressant de la réactualiser.

J : Absolument. Et Juliette Gréco, tu l’as vue ? Tu as eu des échos ?

MF : Non, j’avoue que je connais très peu Juliette Gréco. Je connais beaucoup plus Barbara.

J : Tu ne connais pas son avis sur la chanson, quoi…

MF : Ah, non plus ! Non, non ! (rires) Mais j’aimais bien « Je hais les dimanches » aussi, de Juliette Gréco.

J : Oui, c’est vrai. Mais tu te rends compte que c’est extrêmement bien écrit, quoi, « Déshabillez-Moi»…

MF : Ah oui. Admirablement bien, oui.

J : Et ça te va bien d’ailleurs !

MF : (rires) Entre « Libertine », « Déshabillez­Moi »… ! (rires)

J : Ben oui ! Et tu te déshabilles souvent, non ? Tous les soirs ?

MF : J’aime bien être nue, évoluer dans mon appartement nue.

J : Nue ? Mais totalement nue ?!

MF : Totalement nue !

J : Ben écoute… ! Et les fenêtres sont ouvertes, non ?!

MF : Non, elles sont fermées, les rideaux fermés.

J : Bon…

MF : Aucune chance ! (rires)

J : Aucune chance pour moi tu veux dire ?!

MF : Je ne sais pas, Jacky…

J : Et dans la rue, tu aimes bien évoluer nue ?

MF : (rires) Vous avez des questions qui sont absolument impossibles d’y attacher des réponses (sic)

J : Bon d’accord ! Steevie Wonder… (alors que le disque démarre)

MF : (l’air très peu convaincu) Oui…oui…

J : Bon, ben ok ! Steevie Wonder !

Diffusion d’un titre de Steevie Wonder.

J : Alors, demain c’est le deuxième tour, tu sais, des élections, tu sais, pour élire le président de la République. Est­ce que tu as voté déjà pour le premier tour ?

MF : Non.

J : Non ? Est­ce que tu vas voter pour le deuxième tour ?

MF : Non plus.

J : Ca ne t’intéresse pas du tout ?

MF : C’est pas le problème. Je n’ai jamais voté et j’avoue que je n’ai plus envie de voter.

J : Il y en a aucun qui t’inspire ?

M F : Non, c’est pas ça. Il y a des personnalités qui m’intéressent. Maintenant, par rapport à la direction de diriger un pays, j’avoue que je n’ai pas la compétence moi­même pour pouvoir juger, je crois.

J : Donc tu préfères t’abstenir…

MF : M’abstenir, oui.

J : Totalement ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure)

J : Tu regardes un peu ce qui se passe quand même, les débats politiques… ?

MF : Moi, le débat politique, oui, j’aime beaucoup.

J : Parce que c’est un peu un show, quoi…

MF : Oui, oui. Non, non, il y a des choses qui sont très intéressantes, très drôles. Très déprimantes aussi, quelquefois.

J : Est­ce que tu as regardé le débat Jacques Chirac / François Mitterrand ?

MF : Non. Moi, j’étais en enregistrement de télévision, donc, et j’ai raté le débat. Mais j’ai demandé qu’on l’enregistre. Donc c’est quelque chose que je regarderai.

J : C’est très, très bien. (rires de Mylène) Donc là, tu as choisi « Allan »…

MF : Oui !

J : …qui est un extrait de ton nouvel album.

MF : Oui, et…

J : Tu peux me raconter l’histoire brièvement de cette chanson ?

MF : Il s’agit de Allan Edgar Poe (sic). Dans cette chanson, je parle de Ligéia qui est une de ses nouvelles, qui parle sans doute de ces femmes idéales. Que dire d’autre ? C’est un auteur que j’aime.

J : Oui, moi aussi d’ailleurs.

MF : Et j’aimerais beaucoup faire un clip sur cette chanson aussi.

J : Donc, peut­être tu vas sortir cette chanson en 45­Trs ?

MF : Peut­être !

J : Tu aimerais pas faire des clips sur toutes tes chansons de l’album ?

MF : Si. C’était un projet, mais un projet qui est très, très cher et il faut avoir surtout du temps, ce que nous n’avons pas actuellement. Mais c’est vrai que c’est quelque chose que j’aimerais faire.

J : Tu auras pas le temps de faire ça ?

MF : Non. Entre le studio, l’enregistrement, après la promotion les clips et tout ça, c’est vrai que ça mange énormément de temps. C’est le thème de « L’Horloge » : ‘Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde’.

J : Mais si tu as envie de le faire, ça serait bien d’y consacrer un peu de temps, non ? Enfin, je dis ça, comme ça !

MF : Oui, oui. Oui, nous y pensons.

J : Personne l’a fait déjà, je crois. Si ? En France, je sais pas…

MF : Je sais pas. Je sais que les cassettes ­ ce qu’on avait fait, la compilation des clips ­ ça, personne l’avait fait jusqu’à présent.

J : Parce que tu es une artiste qui attache beaucoup d’importance à l’image de tes chansons, non ?

MF : Oui, bien sûr, oui. Parce que j’aime l’image, j’aime le cinéma.

J : Pour toi le clip, c’est un support extrêmement important ? Ca fait partie de la chanson ?

MF : Je sais pas si c’est extrêmement important. En ce qui concerne le cas de « Libertine », c’est vrai que ça avait été on pourrait presque dire indispensable. Maintenant après, c’est plus un plaisir qu’un besoin. Je crois qu’on peut se passer de clip, il y a suffisamment d’émissions de télévision. Nous attendons toujours une chaîne musicale…

J : Tu crois que ça va venir, ça ?

MF : J’en sais rien.

J : T’en sais rien. Tu la souhaites, toi ?

MF : Oui. J’aimerais beaucoup, oui.

J : Est­ce qu’il y a des émissions de télévision que tu refuses de faire ? Sans les citer !

MF : Il arrive un moment où c’est vrai que mon souhait c’est de paraître le moins possible.

J : D’envoyer ton clip, quoi…

MF : C’est d’envoyer le clip parce que malheureusement, on ne nous donne pas toujours de bons éclairagistes, de bons caméramans, et qu’à la fin on en a un peu assez, c’est vrai, de voir son image un petit peu massacrée ­ là je dis son image vraiment physique ­ et qu’on en finit, oui, par couper un peu tout ça.

J : « Allan », alors ! (Mylène acquiesce) Allons­y…

1996-08-aDiffusion de « Allan »

J : Je vous rappelle que vous êtes sur Skyrock avec Mylène Farmer et Jacky !

MF : Est­ce que ça a une signification, Erasion ? (nom d’une chanson diffusée pendant la coupure, nda)

J : Ca doit en avoir une, mais je l’ignore totalement !

MF : Ha bon !

J : Faudrait peut­être demander à nos auditeurs, non ?

MF : Peut­être ! (rires)

J : Vous nous écrivez ! Alors : « The Farmer’s Conclusion », c’est quoi ça ? Je vois sur l’album… (rires)

MF : Alors ça, c’est une idée de Laurent !

J : C’est un instrumental ? Parce que j’ai écouté…

MF : Oui.

J : Laurent étant le compositeur de tes chansons…

MF : Oui, absolument…

J : Je précise pour les auditeurs !

MF : « The Farmer’s Conclusion », c’est la conclusion de la fermière ! (rires)

J : C’est donc un jeu de mot, je suppose, en ce qui concerne ton nom ?

MF : Oh oui, je pense ! Vous êtes perspicace ! (rires)

J : Je suis observateur aussi, oui !

MF : (elle reprend son sérieux) Et c’est une petite chanson, elle dure combien de temps ? Je sais pas, très peu de temps…

J : Très peu de temps, mais j’aime bien moi…

MF : Très peu de temps. Il y a le pied qui est un cochon, la basse, c’est le chien ­ enfin c’est toute une construction, comme ça, qui est assez drôle.

J : Oui, c’est assez bizarre mais c’est… Ca lui a pris du temps ?

MF : Non ! (rires) Je vous garantis que non ! (éclat de rire)

J : Ca a été fait comme ça, quoi…

MF : C’était comme ça, en studio.

J : Ouais…Live, pratiquement ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure)

J : Alors tu as encore beaucoup de singes, Mylène, ou tu n’en as toujours qu’un seul ?

MF : Non, j’ai eu un bébé.

J : Oui…Un bébé singe ?

MF : Un bébé singe, un bébé capucin.

J : Avec qui ? Avec un singe ou un humain ?

MF : Je ne sais pas ! (rires) C’est un capucin, et il est un petit peu différent du premier. Il vient d’un autre pays, celui­là vient de Chine. Il est né en France, il est né en captivité mais il a un petit air chinois !

J : Captivité pour un singe, ça veut dire quoi exactement ?

MF : Ca veut dire qu’on ne les capture pas dans leurs pays, qu’ils ne sont pas traumatisés comme ils pourraient l’être s’ils étaient capturés dans leur propre pays. C’est comme on fait des élevages de chiens ou de chats, ou je ne sais quoi. Ils sont un petit plus domestiqués. Je déplore le fait que, c’est vrai, d’abord la vente est interdite, mais il y a des magasins qui en vendent…

J : Dommage…

MF : Non, pas dommage !

J : Non, vaut mieux hein…

MF : Parce que c’est très difficile de s’occuper d’un singe. Il faut vraiment…

J : Ca te prend beaucoup de temps ?

MF : Enormément de temps, oui.

J : Pourquoi ? Parce qu’il faut vraiment lui parler ?

MF : Parce que ça a une demande d’affection qui est aussi importante, je crois, que la nôtre. On dit ça de chaque animal, mais je crois que le singe a une demande qui est étonnante.

J : Et pourquoi tu as choisi le singe ?

MF : Justement pour ce besoin de donner aussi un peu d’affection ! (rires)

J : Non, mais tu aurais pu en choisir un autre animal…

M : C’est vrai. Non, mais ça a un répondant qui est incroyable, et puis un contact qui est… C’était les singes, voilà !

J : Tu as deux singes, donc, chez toi ?

MF : Donc j’en ai deux, maintenant : j’ai le bébé et la maman. Une fausse maman, mais…

J : Mais comment ils vivent ? Ils sont en liberté dans ton appartement ?

MF : Pas continuellement, ça c’est impossible.

J : C’est ça qui m’impressionne…

MF : Ils ont une très, très grande cage, et je les sors fréquemment et je m’amuse avec eux.

J : Ah, ils sont en cage quand même, donc…

MF : Oui, mais la cage c’est…

J : C’est obligatoire la cage pour un singe ? Non ?

MF : Si, c’est indispensable sinon ils vous ruinent votre appartement en deux minutes ! (rires)

J : Ha oui d’accord, ils mangent n’importe quoi !

MF : Ben, il y en a une qui est très calme. Le bébé est beaucoup plus dynamique, donc lui renverse tout…

J : C’est des enfants quoi, faut s’en occuper comme… Non ?

MF : Pratiquement, oui.

J : Tu y consacres beaucoup de temps ? Dès que tu peux ?

MF : Beaucoup de temps. C’est pour ça que je pars très, très peu en vacances. D’ailleurs, je n’aime pas beaucoup l’oisiveté, donc… Mais c’est vrai que c’est difficile. On ne peut pas laisser un singe à autrui, c’estimpossible.

J : Ben, c’est ça, oui…

MF : Impossible. C’est très dépressif en plus.

J : Donc, quand tu te déplaces, tu te déplaces avec tes singes, ou tu les laisses ?

MF : Je fais en sorte. Mais sinon, je reste.

J : Donc tu te consacres pratiquement ­ pas complètement, mais beaucoup, quoi !

MF : Oui. Quel dévouement ! (rires)

J : Ben oui, mais c’est bien, non ?

MF : Oui !

J : Johnny Hallyday ­ bon, c’est pas un singe, mais … (Mylène se prend d’un fou rire qu’elle tente d’étouffer) ­ on va écouter Johnny Hallyday, maintenant.

MF : C’est « Je te promets » ?

J : Ouais…

MF : Il le dit combien de fois ?

J : Il le dit souvent je crois, non ?

MF : Je crois !

J : Aussi souvent que « Je t’attends », je crois. Non, je sais pas…

MF : Je vous laisse juge ! (son fou rire la reprend)

J : Je sais pas si il est en cage, mais…Il est pas en cage lui, Johnny Hallyday, non ? On y va : « Je te promets »

Diffusion de « Je te promets » de Johnny Hallyday

J : Bon, il est 19h, vous êtes sur Skyrock et il n’y a pas de flash ! C’est pas grave, remarque, hein Mylène ?!

MF : Il n’y a pas de publicité, non plus ?

J : Il n’y a pas de publicité, il n’y a pas de flash ! On va écouter Aubert, c’est toi qui as choisi, « Tel est l’amour »…

MF : Oui, il est…

J : (il la coupe) On va en parler après ! Aubert & co…

Diffusion de « Tel est l’amour » de Jean­Louis Aubert

J : « Tel est l’amour », choisi par Mylène Farmer.

MF : Oui, j’ai vu leur clip.

J : Il est bien, hein ?

MF : Il est très, très, très beau.

J : Donc tu préfères le clip à la chanson, à la limite !

MF : Non, du tout. Non, non. J’aime beaucoup Jean­Louis Aubert.

J : Oui. Que tu as rencontré ?

MF : Une fois.

1995-06-bJ : Une fois ?

MF : Croisé. C’est quelqu’un que j’aime bien. Que dire d’autre ? Je trouve qu’il a un physique pour le cinéma.

Je ne sais pas si ça a déjà été fait, proposé…

J : Je ne pense pas, mais peut­être ça viendra !

MF : Oui. Et voilà, c’est un peu tout ce que j’ai à dire sur Jean­Louis Aubert !

J : Ben écoute, Mylène Farmer, c’est très, très bien. Passons maintenant à Alpha Blondy…

MF : Oui. Vous allez m’en dire deux mots ! (rires)

Diffusion d’un titre de Alpha Blondy, suivi de « Tristana »

J : « Tristana » de Mylène Farmer. Alors ça, c’est ‘souvenirs souvenirs’, Mylène ?

MF : On va penser plutôt aux souvenirs du tournage du clip…

J : Ce sont des souvenirs récents, quand même ?!

MF : Oui, relativement oui.

J : Oui, quand même !

MF : C’était fabuleux : la neige, tout ce que j’aime. C’était un tournage très difficile.

J : Mais le clip était bien quand même ?

MF : Je pense, oui !

J : Tu l’aimes toujours, la chanson ?

MF : Oui !

J : Est­ce que tu réécoutes tes anciens disques ? « Maman a Tort »… ?

MF : Non, un peu difficilement.

J : Pourquoi ?

MF : Parce que le deuxième album est tout récent, et…

J : C’est­à­dire qu’il est pas assez ancien pour toi pour que tu puisses l’écouter, c’est ça ?!

MF : Je sais pas. Je pense que je sais pas si un auteur relit tous ses livres. J’en suis pas sûre. Non, je reviens difficilement à ce que j’ai fait avant.

J : Ca fait combien de temps que tu chantes ? Combien d’années, maintenant ?

MF : Je crois que ça fait quatre ans.

J : Quatre ans ? (Mylène acquiesce) Donc ça a été très vite pour toi, le succès, non ? Tu penses ?

Enfin, je sais pas, peut­être pas, je me rends pas compte…

MF : Je crois que ça a été progressif. C’est ce qui est, enfin, ce que j’aime le plus dans cette évolution.

J : Tu es vigilante, lucide, par rapport à tout ça ?

MF : Je pense très lucide, et puis surtout envie de travailler.

J : Beaucoup ?

MF : Oui. J’ai besoin de travailler, moi, pour survivre. Vraiment, le travail.

J : Sinon tu t’ennuies ? Oui, tu n’aimes pas l’oisiveté, tu me l’as dit…

MF : Non, sinon je m’ennuie. Je pourrais être dépressive très facilement, aussi.

J : Tu as des tendances à la dépression ?

MF : Je pense, oui. J’en suis même sûre ! (sourire)

J : Et « Tristana », cette chanson, c’était dédié à quelqu’un ou c’était juste… ?

MF : Non, c’est une atmosphère, et puis c’est…

J : Qui correspondait à l’époque où tu l’as écrite ?

MF : Pas du tout. Oh non. Non, non, non, non ! Non, je crois que l’époque après ce phénomène un petit peu russe qu’on a vu dans les magasins avec les poupées russes est venue à brûle­pourpoint, et c’était pas du tout volontaire.

J : Est­ce que tu aimes prendre l’air du temps ?

MF : Je préférerais être intemporelle…

J : Oui…

MF : …donc hors mode.

J : Tu l’es déjà un peu, non ?

MF : Ca, je ne peux pas dire ! (sourire)

J : Oui, oui ! Il vaut mieux être hors mode que mode ?

MF : (elle acquiesce d’un murmure)

J : Pourquoi ? Parce que la mode, ça se démode ? Tu as peur de disparaître ?

MF : Forcement éphémère…

J : Là, tu as choisi Jacques Dutronc, « Il est cinq heures, Paris s’éveille ». C’est une chanson assez sensuelle…

MF : Magnifique.

J : Magnifique, oui…

MF : Il m’est arrivé d’errer la nuit, au petit matin ! (rires)

J : Oui ? Souvent ? Tu aimes bien la nuit ?

MF : J’aime la nuit. Je ne suis pas vraiment quelqu’un de la nuit…

J : Donc tu dors, la nuit ?

MF : Il m’arrive de dormir. Je me réveille très souvent, pour faire des confidences ! (rires)

J : Des cauchemars, non ?

MF : Je fais beaucoup de cauchemars, mais ça c’est vraiment par période. Je pense que c’est lié à des faits réels de sa vie. Je suis plus sujette aux cauchemars qu’aux rêves.

J : Ca ne te dérange pas ?

MF : Pas du tout, non.

J : Ca t’arrange, peut­être ?

MF : J’ai également une complaisance dans ce genre de… (rires)

J : Est­ce que ça t’est arrivé d’écrire une chanson d’après un cauchemar que tu avais fait ? Ca t’a inspirée ?

MF : Heu, non. Non, pas réellement. Mais c’est un bon sujet, je vais le garder ! (rires)

J : Tu peux le noter, d’ailleurs ! Et tu t’es retrouvée déjà dans Paris à l’aube, comme ça, vers cinq heures, sur les trottoirs, dans les boîtes… ?

MF : Oui, ça m’est arrivé ! Mais Paris est une des plus belles villes. J’ai peu voyagé, mais c’est vrai que c’est une des plus belles villes au petit matin.

J : Dans ta jeunesse, tu sortais beaucoup ?

MF : Non, très peu aussi.

J : Tu n’aimais pas ça, les boîtes de nuit…?

MF : Non. Non, non. Je n’aimais pas évoluer parmi tout le monde.

J : Trop superficiel pour toi, ou… ?

MF : Non, à cette époque là, je ne jugeais pas ça comme tel mais je ne m’y sentais pas bien. Je préférais rester chez moi. (silence) Ne me regardez pas comme ça, Jacky ! (rires)

J : Non, mais c’est bien ! Bon, Jacques Dutronc, allons­y !

Coupure musicale avec « Il est cinq heures, Paris s’éveille », suivi d’un titre de Bryan Ferry.

J : C’est Bryan Ferry : tu dois aimer ça, non ?

MF : Oui…

J : Ca correspond un peu à ce que tu aimes, non ?

MF : A quoi ?! A mon son ?!

J : Je sais pas ! A ton type de garçon ? Je sais pas, physiquement, moralement…

MF : Non, mais c’est quelqu’un qui a beaucoup de classe, qui a de belles chansons.

J : Oui, je trouve. Qui est propre sur lui, qui est bien habillé, qui dégage…Tu aimais bien « Roxy Music » ? (groupe monté en 1971 par Bryan Ferry, nda)

MF : Dois­je entendre que je suis propre sur moi ?! (rires)

A (2)J : Oui. C’est un compliment, non ?

MF : Oui !

J : Tu aimais bien Roxy Music ? Non ?

MF : Oui ! Oui, oui…

J : Est­ce que tu vas au concert ?

MF : Très peu. Le dernier concert c’était Gainsbourg.

J : Oui, là au Zénith, ou au Casino de Paris ?

MF : Oui, au Zénith (en mars 1988, nda). J’aurais peut­être préféré le Casino de Paris…

J : Oui, certainement…

MF : Ca, c’est vraiment avec trois points de suspension parce que je ne l’ai pas vu.

J : Tu as pas aimé le Zénith ?!

MF : Je ne me permettrais pas de dire ce genre de choses…

J : Sur Gainsbourg…

MF : …parce que j’aime beaucoup vraiment Gainsbourg. Maintenant, je pense que quelque chose de plus intimiste, oui, serait plus proche.

J : Tu as peur de la foule, non ?

MF : Je ne m’y sens pas très, très bien, c’est vrai. J’ai un peu peur des regards, surtout.

J : Qui se portent sur toi ?

MF : Oui. Mais ça depuis vraiment que je suis toute petite.

J : Ca n’a rien avoir avec le fait que tu sois un personnage public, alors ?

MF : Ca s’est amplifié, fatalement, puisqu’on vous regarde un peu plus facilement.

J : Oui, c’est ça…

MF : C’est pour ça que j’ai pas envie de provoquer non plus ce genre de choses qui pourraient m’être désagréables, donc c’est pour ça que je sors moins.

J : Quand tu étais ‘inconnue’, ça te gênait ?

MF : Enormément ! Quand j’étais dans un train, et que ce face à face avec…

J : Dans les compartiments, c’est horrible !

MF : C’était terrible. Je préférais me lever et…

J : Qu’est­ce que tu faisais ? Tu prenais un livre ?

MF : Non : coller mon nez contre la porte ! (rires)

J : Tu regardais les vaches ?

MF : …et regarder les vaches passer ! (rires)

J : Ou les singes ! (rires de Mylène) Lio : tu aimes bien alors, c’est ton choix, ça…

MF : J’aime beaucoup cette fille, absolument.

J : Moi aussi, remarque !

MF : C’est une fille pleine d’énergie que je trouve très, très belle.

J : Qui dégage une espèce de…

MF : Hmm hmm…

J : OK, « Les brunes comptent pas pour des prunes », c’est ça ?

MF : C’est un des titres que je préfère. C’est pas le plus récent, je crois…

J : Mais c’est pas grave, Mylène Farmer ! (rire gêné de Mylène) Allons­y : Lio !

Diffusion du titre de Lio, suivi de « Pourvu qu’elles soient Douces »

J : « Pourvu qu’elles soient Douces », qu’on vient d’écouter…

MF : De quoi s’agit­il ?!

J : Alors, oui ?!

MF : Je vous pose la question !

J : Bah justement, je te le demande Mylène ­ je vous le demande !

MF : (rires) Il s’agit des petites fesses.

J : Pourquoi ? Tu aimes bien les petites fesses ?

MF : Oui…

J : Des singes, ou pas forcément ?

MF : Non, là il faut avouer que les fesses de singes ne sont pas très jolies, pas très douces ! Mais…

J : Celles d’hommes ?

MF : Celles de bébés !

J : Tu as un enfant ?

MF : Non.

J : Tu aimerais en avoir un ?

MF : Je ne sais pas. Je ne peux pas me prononcer là­dessus, mais…

J : Peut­être ? S’il vient, tu…

MF : Ce n’est pas le propos du moment, en tout cas.

J : Ouais, pas le temps, quoi !

MF : Voilà, pas le temps ! (rires)

J : Pas l’envie, alors ?

MF : Pas l’envie, tout simplement, non.

J : Ce sont des fesses de bébés dont tu parles, là, dans cette chanson ?

MF : Non pas des fesses de bébés, mais je disais que j’aimais beaucoup les fesses de bébé !

J : Ce sont les fesses en général ?

MF : Les fesses en général…

J : C’est une partie du corps agréable à regarder ?

MF : C’est une des plus jolie parties du corps.

J : Ca dépend qui, non ? Je sais pas !

MF : Comme toujours. Mais en l’occurrence, je préfère les fesses aux…

J : Aux quoi ? Au nez, par exemple ?!

MF : Les fesses aux nez, par exemple ! (rires)

J : Les oreilles tu trouves ça moche, par exemple ? C’est pas très sensuel…

MF : (rires) Non, les pieds ! J’aime pas du tout les pieds !

J : Ah bon ?

MF : Non.

J : Les doigts de pieds, ou le pied en général ?

MF : Le pied en général.

J : Pourquoi ? Tu trouves que ça a une forme vulgaire ?

MF : Je ne sais pas. Non, je trouve ça inélégant. C’est bizarre !

J : Même les tiens ?

MF : Même les miens, oui !

J : Tu supportes pas tes pieds, quoi ? Tu ne les regardes jamais ?

MF : Non. J’aime pas du tout mes pieds.

J : Et les mains ? Plus déjà !

MF : Oui, beaucoup plus. Avoir de belles mains, oui, ça doit être révélateur certainement d’une sensibilité. On dit que les artistes, en tout cas les artistes peintres et écrivains, ont très souvent ­ enfin, les hommes ­ de très, très belles mains, très longues, très fines.

J : Tu as déjà remarqué ça ?

MF : Oui.

J : Oui ? Mais qu’est­ce que tu trouves bien sur les fesses ? Je comprends pas ! C’est la rondeur, c’est quoi ? C’est… ?

MF : Jacky ! Vous ne comprenez pas ?! (rires)

J : Expliquez moi, Mylène Farmer !

MF : Quelle est cette innocence ?! (rires)

J : C’est de l’innocence, bien entendu !

MF : (après un silence) Pas de réponse ?! (rires)

J : Bon ! Est­ce que tu connais les fesses de A­Ha, les scandinaves ?

MF : Non, nous n’avons pas été présentés !

J : C’est dommage parce que c’est des fesses nourries au lait entier…

MF : Oui…

J : …puisque ce sont des scandinaves, ils doivent manger du yaourt. Tu veux que je te les présente ?

MF : Oui, avec plaisir !

J : Bon, ben écoute on les écoute et après je verrais ce que je peux faire !

MF : D’accord ! (sourire)

Diffusion d’un titre de A­Ha

J : Je vous rappelle qu’on est toujours avec Mylène Farmer, quand même…

MF : Oui, toujours sur Skyrock, je crois.

J : Oui, avec son album, entre autres, ses goûts. Là, tu as choisi « Sans Logique »…

MF : Oui.

J : « Sans Logique », qu’est­ce que…

MF : (l’interrompant) Le refrain, c’est donc ‘De ce paradoxe je ne suis complice, souffrez qu’une autre en moi se glisse, car sans logique je suis satanique ou angélique’. Et je me trompe dans le texte moi­même ! (rires)

J : Oui, mais c’est presque ça, non ?

MF : Oui.

J : C’est toi qui l’as écrit, de toute façon !

MF : Absolument.

J : Tu écris toutes tes chansons ?

MF : Dans cet album, j’ai…

J : En dehors de « Déshabillez­Moi »…

MF : Et en dehors de Baudelaire : oui.

J : Tu fais confiance à personne d’autre pour les textes, à part Baudelaire ? (rires)

MF : Bien sûr que non ! Non, non, on l’a fait vraiment entre nous, petit à petit. Et j’ai travaillé donc pendant trois mois.

J : Comment tu écris tes textes ? L’inspiration te vient comment ? En restant chez toi alors, puisque tu dis voyager peu.

MF : Oui.

J : C’est dans la tête, quoi, tout le temps, les rencontres avec les gens…

MF : Ce sont des rencontres, ce sont des lectures, Edgar Poe et puis des sentiments, des choses…

J : Est­ce que tu connais beaucoup de gens ? Est­ce que tu as beaucoup d’amis, par exemple ?

MF : Non.

J : Non ? Ca ne te dérange pas ?

MF : Non, pas du tout.

J : Tu restes souvent seule chez toi, à bouquiner ou…?

MF : Ca m’arrive. Il m’arrive de peindre, aussi.

J : Ha, tu peins ?

MF : Un petit peu.

J : Tu pourras me montrer ?!

MF : Hmm, je ne sais pas. Non, je pense pas ! (rires)

J : Tu as déjà montré tes oeuvres ?

MF : Non, non.

J : Ha si, il y a bien des intimes qui doivent les connaître, non ?

MF : Laurent Boutonnat doit en connaître une partie, Bertrand Lepage…

J : Oui ? Et ce sont les deux seuls ?

MF : Je crois, oui, oui.

J : Pourquoi ?

MF : J’ai beaucoup de pudeur quant aux dessins parce que, bon…

J : Tu es pas sûre de toi, c’est pas comme les disques, quoi ?

MF : Non, c’est pas la même chose. C’est que c’est vraiment, ça, quelque chose que en l’occurrence je ne maîtrise pas du tout.

J : Qu’est­ce que tu peins ? Des natures mortes ?

MF : Non, c’est…beaucoup d’imagination.

J : Oui ? Surréaliste, un peu ?

MF : Je ne pourrais pas les décrire, là ! (rires)

J : Ha bon, c’est comme ça, quoi ! (Mylène acquiesce) Et tu prends le temps de peindre, par contre ?

688585-jpg_473913MF : Ben parce que peindre, c’est très facile de prendre un pinceau, des couleurs ou du fusain et un papier. Il n’y a pas besoin de grande préparation avant.

J : Est­ce que tu penses à autre chose quand tu peins, ou est­ce que tu es complètement dans ton tableau ?

MF : Non, je pense à beaucoup de choses.

J : Oui, c’est pour ça que c’est…bon ! (rires)

MF : C’est vrai que c’est peut­être plus facile pour moi de peindre que d’écrire.

J : Est­ce que tu fais la cuisine, par exemple ?

MF : Pas du tout !

J : Tu détestes ça ?

MF : Jusqu’à présent, je n’aimais pas beaucoup manger. J’ai quand même découvert quelques plats agréables.

J : C’est important, tu sais ! Est­ce que tu fréquentes les restaurants ?

MF : Très peu.

J : Très peu…Tu es végétarienne ?

MF : Vous êtes de la police ?! (rires)

J : Oui, inspecteur : Inspecteur Jacky !

MF : J’ai découvert la nourriture japonaise.

J : Oui ? Il était temps, remarque. Mais c’est bien ! Tu aimes le poisson cru ?

MF : Les sushis ?

J : Oui…

MF : Oui, j’adore ça !

J : Les tempuras aussi, les beignets de légumes, tu connais ?

MF : Tempura ? Non, je ne connais pas. Non, je connais les sushis, moi : sushis crevettes cuites.

J : Oui, mais c’est très bon ! En plus c’est présenté d’une manière agréable. Ce sont des tableaux, moi je trouve ! (Mylène acquiesce d’un murmure) On n’a pas envie de les manger, à la limite, quand on les voit, non, bien présentés comme ça…

MF : Je ne sais pas ! (rires)

J : Tu les dévores quand même, toi ?

MF : Je les dévore très vite !

J : Bon, on va peut­être écouter un peu de musique là, non ? C’est « Sans logique » !

MF : Oui…

J : Voilà, Mylène Farmer !

Diffusion de « Sans Logique », suivi d’un titre de Peter Gabriel

J : C’était « Biko » de Peter Gabriel. Tu as une passion pour Peter Gabriel je crois : à chaque fois qu’on se voit, tu …

MF : Oui. C’est vrai que j’ai toujours envie de le choisir.

J : T’as raison, parce qu’il est bien !

MF : C’est quelqu’un qui m’émeut, qui a des yeux, enfin, un regard que j’ai rarement rencontré.

J : Exactement. Tu le connais ? Moi, je l’ai…

MF : Non, du tout.

J : Il est charmant, vraiment. Et « Biko », la chanson, tu aimes bien cette chanson, ou c’est comme ça, par… ?

MF : Là, c’est un petit peu comme ça…

J : Tu sais qui c’est Biko ?

MF : Biko ? Non.

J : Le Noir qui s’était fait assassiner en Afrique du Sud…

MF : D’accord. Oui, oui, parce que j’ai vu en plus le clip qui a été fait.

J : Lui aussi, il met beaucoup d’attention à ses clips, quand même, non ?

MF : Oui.

J : A chaque fois, c’est…

MF : Mais il y a un clip qui était fabuleux, c’était le duo avec Kate Bush (« Don’t Give Up », nda) qui était d’une simplicité et d’une sobriété…

J : Qui était très beau, oui…

MF : Magnifique.

J : Tu l’as vu sur scène, non ? Parce que c’est bien !

MF : Jamais, non.

J : Ah ben, tu devrais ! Là, tu… ?

MF : Là je n’ai pas pu y aller.

J : Parce que tu aimes bien Peter Gabriel, tu ne seras pas déçue, quoi. Même avec Genesis à l’époque, tu l’as pas vu ?

MF : Non, non. Non, je connais bien ses albums. C’est quelqu’un qui devrait faire aussi du cinéma.

J : Je pense, oui. Est­ce que tu comptes faire de la scène, toi, par contre ?

MF : Oui, c’est un souhait. C’est quelque chose que je ne ferai pas, je pense, avant un an.

J : Oui…

MF : Mais j’y pense de plus de plus.

J : T’as peur de la foule : ça doit être bizarre, non ?

MF : Non, parce que là il y a cette distance qui est provoquée par la scène, et puis ce n’est pas pareil que de faire un…

J : Enfin, j’ai l’impression que ça serait bien de faire ça !

MF : Oui, je crois. Je pense, en tout cas. J’en ai envie.

J : Oui, faut le faire ! Et les gens attendent ça de toi, maintenant. Enfin, j’ai l’impression, non ?

MF : Certainement, oui. Il y a des personnes qui souhaitent me voir sur scène. J’ai la même envie, donc tout va bien !

J : Tout va bien ! Tu as d’autres envies en ce moment ?

MF : Le cinéma. Et puis, j’aurais l’audace… C’est­à­dire que j’ai envie d’écrire un livre, mais je pense que je le ferai plus tard.

J : Un roman ?

MF : Peut­être des nouvelles. C’est ce qu’il y a de plus dur à mon avis à écrire. Peut­être un roman. J’avoue que je ne sais pas.

J : Et un jour tu voudras exposer tes peintures ?

MF : Ca, je pense que ne le ferai jamais ! (rires)

J : C’est trop moche ?

MF : Non, non, non, non ! (rires)

J : On sait jamais ! Parfois…

MF : Non, non, j’aurais cette lucidité que de le dire ! Mais c’est pas trop moche : c’est trop intime, voilà. (sourire)

J : Trop intime, oui. Où tu t’habilles ? Tu as toujours des beaux vêtements…

MF : J’ai rencontré récemment une femme qui m’a habillée dans le clip de « Sans Contrefaçon » et avec qui je continue de travailler, qui s’appelle Marie­Pierre Tataracci. Voilà.

J : Tu lui fais confiance absolument…

MF : Nous travaillons côte à côte. C’est­à­dire que si j’ai des modifications à faire et à apporter dans un costume, je me permets de le lui dire et de lui soumettre. C’est une femme, oui, qui a justement cette recherche de sobriété et qui a des matériaux qui sont magnifiques : elle travaille beaucoup le…comment ça s’appelle ? Le velours de soie. Elle travaille les satins, la soie.

J : Et les formes aussi : tes vêtements sont assez…

avatar392_72MF : Et puis elle a des formes qui sont très issues, je crois, du théâtre. Voilà ! (rires)

J : Mais c’est très, très bien, Mylène Farmer ! Bon, ben on va se quitter parce qu’il est l’heure…

MF : C’est indispensable ?

J : C’est indispensable. Mais il y a pas de pubs, on se quitte avec « Sans Contrefaçon ». Merci MylèneFarmer et à bientôt !

MF : Merci à vous ­ merci à toi !

J : Ha ben il était temps ! (rires de Mylène) Merci à vous et à bientôt !

MF : Au revoir !

Diffusion de « Sans Contrefaçon » pour clore l’émission.

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène et ses longs discours | Pas de Commentaire »

AH ben non, pas de Mylène en 2016

Posté par francesca7 le 11 juillet 2015

 

 

 mylène

 

Pourtant beaucoup plus productive que d’accoutumée durant ces six dernières années, Mylène Farmer ne publiera finalement pas de nouveau disque dans les prochaines semaines, contrairement à ce qu’affirmaient les rumeurs. Les fans vont devoir s’armer de patience.

 

Il fallait s’y attendre ! Après avoir enregistré trois albums et assuré deux tournées en six ans seulement, Mylène Farmer retourne dans l’ombre. Alors que des rumeurs persistantes annoncent la sortie d’un nouvel opus pour les fêtes de fin d’année, en réalité, rien n’est prévu pour le moment. Selon nos informations, sauf surprise, aucun nouveau disque ne doit paraître avant l’an prochain. Il est même très probable qu’il faille attendre jusqu’à fin 2015 pour entendre de nouvelles chansons de Mylène Farmer. Le dernier disque de la chanteuse,  »Monkey Me », est paru en décembre 2012 et a rencontré un très grand succès, bien qu’il n’ait accouché d’aucun tube. 385.000 exemplaires se sont écoulés mais les titres « A l’ombre » et  »Je te dis tout » n’ont malheureusement pas bénéficié du soutien des radios.

L’année 2013 a également vu la chanteuse remonter sur scène pour une grande tournée. Le show  »Timeless 2013″, plus lumineux et plus épuré que d’accoutumée, a rassemblé plus de 400.000 personnes dans les salles de concerts en trois mois seulement. Le CD et le DVD de cette tournée, sortis successivement en décembre 2013 et au mois de mai dernier, ont eux aussi suscité un grand enthousiasme. En cette fin d’année 2014, il faudra donc se contenter de la réédition des neufs albums studios de Mylène Farmer en vinyles. La plupart sont aujourd’hui introuvables dans ce format. Notamment « Cendres de lune », le premier opus de la chanteuse paru en 1986, et sur lequel figure notamment le tube « Libertine ». Ajoutez à cela que pour la première fois un voucher de téléchargement sera inclus sur chaque support.

Réutilisation des infos interdite sans citer clairement Pure Charts (Source : PureCharts.fr).

 

 

 

 

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UN GRAND RETOUR DE MYLENE ATTENDU

Posté par francesca7 le 8 juillet 2015

téléchargement (5)

 

Mylène Farmer en studio? Si pour le moment aucune information n’a encore filtré, les sites spécialisés eux, ne parlent que de ça (surtout depuis fin juin 2015, ndlr): Mylène Farmer préparerait son grand retour et travaillerait en ce moment même à un nouvel album studio.

La célèbre chanteuse, aujourd’hui âgée de 53 ans, passerait ses journées en studio à enregistrer ce que beaucoup pressentent comme l’album du retour aux sources.

En début de semaine une source considérée comme fiable aurait confié au journaliste d’un grand mensuel musical français, qu’il se prépare quelque chose de très très grand. « Je ne peux pas en dire plus, mais oui, il y aura des surprises ». Une déclaration qui rejoint une longue liste de révélations…

Mylène Farmer de retour sur scène

Toujours au rayon bruits qui court, on évoque de plus en plus une grosse tournée qui suivrait la sortie de l’album : Mylène Farmer ferait ainsi son retour sur scène! L’annonce, pourtant à prendre au conditionnel, a suscité un émoi sans précédent chez les fans de la chanteuse. Et la rumeur de repartir de plus belle sur les réseaux sociaux.

Si elle se confirme, le monde de la musique tient son événement pour l’année 2016!

 

Correctif 4/07/2015 : Il semblerait que cette rumeur soit infondée.

 

 

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Y aura-t-il un retour de Mylène 2015

Posté par francesca7 le 8 juillet 2015

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Tous les signaux sont au vert pour Mylène Farmer. Si rien d’officiel n’a encore filtré, tout porte à croire que son retour est imminent. Après d’insistantes rumeurs de collaboration avec le groupe Muse, c’est l’écrivain Hugues Royer [dont les informations s’avèrent souvent justes, NDLR] qui vient ajouter de l’eau au moulin. Il affirme ainsi que le nouvel album de la belle a effectivement été enregistré entre Paris et Londres et qu’il devrait paraitre en 2015. Derniers arguments apportés : Mylène serait récemment passée devant l’objectif de la photographe Nathalie Delépine et elle aurait aussi été aperçue à la sortie d’une salle de sports parisienne, affichant une silhouette de rêve…

en prenant les médias par surprise, comme à l’époque de Bleu Noir - et aurait été enregistré à partir du mois de janvier 2014 à Londres, en français et en anglais. Les britanniques d’Archive (Darius Keeler) ainsi que Chris Corner du groupe IAMX y prendraient également part. Le biographe Hugues Royer concède finalement qu’une sortie en 2015 est plus probable, le projet ayant pris du retard. Un nom circule déjà : Equinoxe. Au mois de juin 2015, le philosophe Michel Onfray laisse échapper un autre mot, « exogène », sans vouloir en dire plus… Reste à voir si une tournée sera montée pour 2016 ou 2017.

 EN ATTENDANT L’ALBUM…

Image de prévisualisation YouTube

Quand Mylène Farmer repartira-t-elle en tournée ? Son prochain album devant sortir début 2015, certains fans espèrent l’organisation d’une nouvelle tournée la même année, ou en 2016. Celle-ci succèderait au Timeless Tour qui avait réuni près de 600 000 spectateurs à travers l’Europe.

En savoir plus sur http://www.evous.fr

 

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