MYLENE SUR ROCK FM

Posté par francesca7 le 19 juin 2015

 

ROCK FM de JUILLET 1986 – BERTRAND DELCOUR ET YVES COUPRIE

MYLENE FARMERCommençons par le commencement…

-J’ai suivi des cours de théâtre pendant deux ans, et après j’ai rencontré deux personnes qui ont écrit « Maman a Tort », je suis rentrée en studio et cette chanson a très bien marché.

Chez toi on a vu un petit singe dans une cage. A côté il y a une télévision sur un magnétoscope. Qu’est-ce que tu préfères regarder ?

-Le singe qui vit.

Même pas tes clips ?

-Je déteste me regarder. On avance quand on s’observe mais le regard sur soi n’est pas le meilleur.

Tu te moques des parents avec « Maman a Tort ». Et avec « Libertine » tu dois complètement terroriser le MLF quand il écoute les paroles !

-Hou la la ! Moi je suis terrorisée par ce mouvement là, alors…

Tu es bien dans ta peau ?

-Déjà pour faire ce métier je pense qu’il faut pas être très bien, mais je prends énormément de plaisir à chanter « Libertine », par exemple.

Demain c’est la Saint Donatien, c’est la fête du Marquis de Sade. En plus, cette nuit, c’est la pleine lune… Tu lis Sade ?

-J’ai lu en long, en large et en travers « Justine ». C’est assez attirant, j’avoue.

Puisque tu as envie de faire du cinéma, on ne t’a pas proposé de scénarii bien sombres qui changeraient des productions actuelles ?

-Pour l’instant non, j’aimerais bien tourner avec Roman Polanski. Faire « Le locataire », ça m’aurait fait plaisir.

(au magnéto) Je n’aime pas cette petite machine !

C’est un piège ?

-C’est un viol !

Heu… en fait, tu n’as pas l’air de trop t’intéresser à la mode.

-Non, ça implique des connotations ennuyeuses. Il y a des époques, comme celle du libertinage, par exemple, qui sont attirantes. Mais j’ai été programmée pour 1986.

 

Tu te sens bien entre Le Pen, Le sida, Tchernobyl, Kadhafi, et toutes ces choses ?

-(rires) Et vous ?!

Si on te proposait de participer à une messe noire, tu accepterais ?

-Evidemment ! Il y a « Vieux bouc » pour ça. Si j’avais une scène à faire, j’utiliserai ce genre de chose. Le prochain clip, « Libertine », sera très beau. On va s’inspirer de toute l’ambiance de « Barry Lyndon ». (à la parution de cet entretien, le clip sera déjà tourné et programmé en télévision, nda)

En classe, tu étais au fond ? Toute seule dans un coin…

-J’ai eu cette période. Et puis j’ai eu la période révolutionnaire.

Marxiste ? Punk ?

-(rires) Non, non, non ! Du tout ! Ca s’est traduit d’une autre façon.

Comment ?

-Oh… c’était un peu de paranoïa, certainement. A chaque réflexion de la maîtresse je me disais ‘C’est pour moi’. Et puis un refus de tout.

Ca ne s’est pas mal terminé ?

-Non, non. Toute mon adolescence, je la déteste.

On a l’impression que tu as peur de tout…

-Je me méfie un peu. Et puis je voudrais comprendre !

On ne sait même pas quel âge tu as…

-J’ai 24 ans.

Qu’est-ce que tu as pu faire en 23 ans avant de chanter…?!

-Heeuuu…

Et si c’était à refaire, tu le referais ?

-Pendant 23 ans j’ai maudit ma mère de m’avoir mis au monde, et puis après je l’ai adorée. J’ai certainement rêvé très longtemps.

Tu rêvais à quoi ?

-C’est indiscret !

Tu voulais devenir roi de France ? Maître du monde ? Catin ?

-Catin, certainement !

Quand tu chantes ça, c’est parce que c’est vrai !

-C’est de bonne guerre ! Je suis la prostituée du show-business et de beaucoup d’autres choses.

Mylène Farmer, quel est le secret de ta réussite ?

-Je n’en sais rien ! (rires) Qu’est-ce que vous avez contre moi ? Arrêtez ! (rires)

Bon. Quand tu étais petite tu savais que tu allais devenir ce que tu es ?

-De toute façon, c’était ou ça, ou dans un autre monde…

L’hôpital psychiatrique, tu n’y a jamais pensé ?

-Mon Dieu ! Quelle image ils vont avoir de moi ?! Vous avez bu ?

Donc t’es pas bien sur Terre ?

-Si, si. Très bien.

On t’a jamais proposé des drogues ?

-Je n’ai jamais fait appel à ça.

Alors qu’est ce que tu vas faire des royalties de « Libertine » ?

-Je m’achèterai un château et j’y mettrai des milliers de singes. Voilà !

Un château du XVIIIème siècle ?

-En Bavière, pour être à côté de mon ami Louis.

…?

-Avec Gilles de Rais, Louis II est un des mes personnages préférés.

Il a mal fini, Gilles de Rais ! Mais lui au moins a sauvé son âme à la fin parce qu’il s’était repenti. Si on te proposait le repentir et la vie éternelle, tu accepterais de renier ton personnage démoniaque ?

-(long silence flippant) C’est vous qui êtes démoniaques !!

Quelles déclarations tu as à faire à la presse française ?

-Ah… je n’ai rien à leur dire. Je suis heureuse d’être là. Et… tant pis pour eux !

Bon, ben on peut couper ici ?

-(s’approchant dangereusement de la touche STOP) Je peux avoir le plaisir d’ARRÊTER CETTE MACHINE ?!!

Clic !

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