LIBERTINE MAIS UN PEU ZARBI

Posté par francesca7 le 19 juin 2015

 

GAI PIED HEBDO – 12 JANVIER 1987 : PABLO ROUV

 

MYLENE FLe Gai Pied, devenu Gai Pied Hebdo, était un magazine à destination des homosexuels. Précédé d’une réputation sulfureuse pas nécessairement justifiée, le magazine sera même frappé d’interdiction peu de temps après la parution de cet entretien par le gouvernement en place avant d’être finalement sauvé par le ministre de la Culture François Léotard. Il cessera finalement de paraître en 1992. C’est depuis le mensuel Têtu qui a repris d’une certaine façon son créneau.

Le fait que Mylène, à l’aube de sa jeune carrière d’alors, accorde un entretien à ce magazine, longtemps avant d’être qualifiée à tort ou à raison d’icône gay par de nombreux médias, est donc particulièrement significatif.

Pourquoi ce premier tube à scandale : « Un, maman à tort, deux, l’infirmière est belle, trois, je l’aime… » ?

-(Evasive) J’aime toujours les plaisirs impolis… Le texte a été un handicap au départ, mais ce côté sulfureux existe même s’il dérange. J’aime ce qu’on m’interdit !

Mylène, je trouve superbe ton premier 30cm « Cendres de Lune ». Tu y abordes surtout la sexualité féminine…

-Non, pas la sexualité, mais la sensualité. Ce mot se rapproche plus de moi… Je ne pense pas être une bombe sexuelle ! (Elle rit)

Disons alors les émotions, les vibrations physiques ! Pourtant « Vieux Bouc » est une espèce de messe noire…

-(Après un long silence) Il m’arrive d’avoir le feu dans les veines. De temps en temps, je suis le Diable !

Alors tu jettes des sorts ?

-Non, non, rassurez-vous ! Mais quand j’étais petite, je modelais des poupées aux effigies de quelques personnes. Je ne les ai jamais percées avec des épingles.

Dans « Chloé », on trouve encore l’enfance !

-C’est ma comptine… et aussi l’innocence et la cruauté des enfants. C’est diabolique ! Une petite fille aux yeux bleus et au sourire angélique qui vient vous dire qu’elle a tué sa petite copine…

Est-ce de la sororité ou de la lesbianité (sic) ?

-Non, ce n’est pas mon propos. Il serait plus intéressant de poser cette question à l’auteur qui a écrit cette chanson, car c’est un homme. Il a projeté ses fantasmes sur moi.

Parle-moi de toi…

-On peut chanter « Je suis libertine, je suis une catin », et avoir beaucoup de pudeur. Il faut savoir garder des choses qui n’intéressent que vous. Il ne faut pas faire de vivisection de l’artiste. Je n’ai pas à ouvrir mon ventre. S’il y a quelque chose à dire de moi, c’est que je suis une personne très nerveuse, en aucun cas passive. Voilà ! (rires)

Tu crois aux valeurs individuelles comme la sincérité, l’intégrité ?

-Oh la la ! J’ai horreur de ces mots ! Faire ce métier, c’est un manque de sincérité.

Tu aimerais que ton homme reste à la maison ?

-Non, pas du tout ! Je préfère rester avec mon petit singe E.T. qui est déjà suffisamment caractériel…

Si un homme t’agresse sexuellement dans la rue, que fais-tu ?

-Ma main dans la figure ! Je tape ! Vous connaissez l’histoire de cette femme violée par trois hommes ? Ensuite elle a laissé son adresse et son téléphone en leur assurant que ça lui avait bien plu. Elle leur a donné rendez-vous chez elle, les a endormis et castrés. C’est le genre de choses que je pourrais faire !

Si c’est une femme ?

-Je lui réponds « Je ne suis pas celle que vous croyez » !

Tu es une fille à pédés ?

-Non. J’aime les gens que j’ai envie d’aimer. Peu importe leur sexualité. Les homosexuels m’ont toujours porté un grand intérêt et de la chaleur. J’en suis ravie, mais je ne vis pas dans leur monde. Il est vrai que je travaille avec des homosexuels et que je m’en porte bien ! (Rires)J’ai très faim. C’est bientôt fini ?

À l’église, tu te marierais comment ?

-Toute nue !

Ton héroïne favorite de roman ?

-Justine, de Sade, évidemment.

Comme pâtisserie, que serais-tu ?

-(sans hésitation) Une religieuse !

Comme fleur ?

-Une tulipe noire.

Si tu étais un poisson ?

-Je déteste les poissons. J’adore le foie gras.

Sur une île, tu emmènes un seul livre. Lequel ?

-J’hésite. Disons : la moitié des œuvres de sainte Thérèse d’Avila et la moitié des écrits du marquis de Sade.

La dernière fois que tu as fait l’amour ?

-(faussement offusquée) Je ne réponds pas !

Ton homme idéal ?

-Mickey Rourke.

Avec qui ferais-tu du cinéma ?

-Stanley Kubrick.

Et ta réincarnation ?

-J’étais un petit rongeur et je redeviendrai rongeur !

Tu as déjà fait l’amour dans une sanisette ?

-Non, jamais ! Je vous le jure !

La première fois qu’un garçon t’a dit « je t’aime », c’était comment ?

-Il ne me l’a pas dit.

Comment tu dors ?

-Toute nue. J’ai trop faim. C’est fini !

Une Réponse à “LIBERTINE MAIS UN PEU ZARBI”

  1. Magalie dit :

    j’adore bravo super blog chat sexy

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