Du 100 % Mylène en Images

Posté par francesca7 le 21 mai 2015

 

Sylvie Lancre­non a eu pour modèles les plus belles femmes du cinéma et de la chan­son. Avec Mylène Farmer, photo­gra­phiée comme on ne l’avait jamais vue dans le livre Fragile à paraître ce 15 mai, Sylvie Lancre­non ajoute une icône à son panthéon. Zoom.

téléchargement (4)Elle a la timi­dité de ceux qui n’ont pas l’ha­bi­tude de s’ex­pri­mer par les mots. Ce qu’elle voudrait énon­cer, elle le visua­lise d’abord. Dans sa tête, un diapo chasse l’autre, ses phrases restent parfois en suspens. Son language est autre. Une musique diffé­rente, une succes­sion de clics quasi­ment audible. Alors que nous nous entre­te­nons, son œil brun crépite de mille flashs. Jauge-t-elle de notre photo­gé­nie ou se remé­more-t-elle ses nombreux shoo­tings ? Réali­sa­trice de Fragile, livre de 90 clichés inédits de Mylène Farmer à paraître ce 15 mai aux éditions Anne Carrière, Sylvie Lancre­non est un nom réputé de la photo­gra­phie.

 Pratiquant à notre tour l’art du zoom, on lui trouve de faux airs de Diane von Fürs­ten­berg, copine d’Andy Wahrol, égérie de l’un­der­ground new-yorkais des eigh­ties, aujourd’­hui recon­ver­tie avec succès dans la mode. Pas si idiot. La vie de Sylvie Lancre­non ressemble elle aussi à un tour­billon de glamour. Elle a su poser sur une multi­tude d’ac­trices et de chan­teuses françaises (mais aussi de quelques spéci­mens mascu­lins trico­lores comme Gaspard Ulliel ou Gad Elma­leh) un regard quasi amou­reux, de ceux qui vous invitent, en tant que sujet, au lâcher prise, à l’aban­don, à l’ex­pres­sion d’une sensua­lité pas toujours assu­mée ou insoupçon­née. Au niveau édito­rial, son plus beau coup, le plus commenté en tous cas, reste sans doute cette une du maga­zine Elle en 2003, avec une Emma­nuelle Béart, complè­te­ment nue, de dos, immer­gée jusqu’à mi-fesses dans les eaux baignant l’île Maurice. Amies, les deux femmes prolon­ge­ront leur explo­ra­tion de la sensua­lité en 2008, avec Cuba Libre, livre dévoi­lant l’ac­trice dans la moîteur de l’île tropi­cale. Monica Bellucci (« superbe et acces­sible »), Isabelle Adjani (« un visage et des yeux extra­or­di­naires ») mais aussi Virgi­nie LedoyenMéla­nie ThierryLou Doillon, Sophie Marceau, Laeti­tia Casta… Devant son objec­tif, chacune a osé dévoi­ler un peu plus de peau que d’or­di­naire, à l’ins­tar de Mylène Farmer dans Fragile. Lancre­non, la femme qui désha­bille les autres femmes ? « Jamais on ne décide de faire des photos de nus. On n’em­ploie même pas le mot. On le fait, c’est tout. Si on en parlait, on ne le ferait pas », aime-t-elle tran­cher de d’une voix douce mais convain­cante.

 De fait, Sylvie Lancre­non invite à se mettre à nu, comme on offre une séance de psycha­na­lyse, voir d’exor­cisme. Pour ses modèles, il s’agit de lais­ser ses peurs au vestiaire, de retrou­ver les élans spon­ta­nés de l’en­fance, le goût de l’ex­pé­ri­men­ta­tion et du jeu. C’est préci­sé­ment ce qui a séduit l’icône Farmer sur le shoo­ting de Fragile. Ce n’est pas tant le corps que Lancre­non désha­bille, mais l’âme qu’elle dévoile. Son objec­tif est son troi­sième œil, depuis l’ado­les­cence. C’est en effet durant ses années de pension­nat, dès l’âge de 14 ans, qu’elle s’est prise de passion pour la photo­gra­phie, immor­ta­li­sant ses petites cama­rades dans leur quoti­dien et leurs instants de grâce. 

Sa proxi­mité avec les stars n’au­rait été possible sans une rencontre, celle de Claude Lelouch, alors qu’elle a 18 ans. Convaincu par son talent autant que par son culot, le réali­sa­teur, à qui elle vient de montrer ses photos, lui propose de deve­nir photo­graphe de plateau. Leur colla­bo­ra­tion durera une douzaine d’an­nées. Un acteur en parti­cu­lier lui permet de se distin­guer : Louis de Funès, « juste avant sa mort ». « On m’avait préve­nue : il peut te virer au bout d’une heure. En fait, on est deve­nus très copains. Sur le tour­nage du dernier Gendarme, je l’avais photo­gra­phié en dehors du plateau, dans un petit chemin. Le Figaro Maga­zine a voulu ce cliché. C’est comme ça que j’ai commencé à vendre des portraits à la presse », aime-t-elle se remé­mo­rer. S’en suivront des repor­tages dans les coulisses des défi­lés, puis des sujets mode et beauté pour Elle. Avant qu’elle ne s’im­pose en tant que portrai­tiste, notam­ment avec Isabelle Huppert. 

bookLes plateaux de tour­nage furent sans doute sa meilleure école. Sylvie Lancre­non sait que sur un shoo­ting, il faut être réac­tif et travailler vite, afin de saisir ses modèles dans leurs expres­sions les plus spon­ta­nées. Elle aime souvent œuvrer en musique, toujours dans la bonne humeur, en tous cas. Les vrais décors ont sa préfé­rence (avant d’abri­ter le shoo­ting de Fragile sous le toit du Studio Sala, dans le 9eme arron­dis­se­ment de Paris, pour des raisons météo­ro­lo­giques, elle consi­déra des hammams, des usines désaf­fec­tées, mais aussi la piscine Jean Nouvel du Havre). Long­temps, un petit chien, Max alias « Monsieur Lancre­non », l’a accom­pa­gnée. Parmi ses prin­ci­pales sources d’ins­pi­ra­tion, elle cite des peintres comme Ingres et le cinéma. 

Passée à la réali­sa­tion de films publi­ci­taires de beauté et de mode depuis cinq ans, Sylvie a déjà démon­tré sa maîtrise de l’image en mouve­ment pour Mixa, L’Oréal et Maubous­sin. Après l’avoir photo­gra­phiée, sans fards, tout juste recou­verte d’une légère robe de mous­se­line, de talc et d’ar­gile, elle aime­rait filmer Mylène Farmer. 

A-t-elle déjà loupé un shoo­ting ? « Non, on n’a pas le droit », dit-elle.  Sylvie Lancre­non n’a pas besoin de parler, son œil voit au-delà des peurs qui corsètent et des désirs qu’on maquille. Son œil voit au-delà des mots.

Source : http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars

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