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Le réveil de Mylène

Posté par francesca7 le 13 mai 2015

Pour rendre perceptible cette volonté d’arrêt, le texte travaille sur l’allitération (en S et en T) et la répétition, marquant ainsi une volonté d’uniformisation de la langue. Il se fait en quelque sorte emblème du coma, répétition à l’infini des mêmes mots, des mêmes sons… D’aucun ont d’ailleurs pu utiliser cet aspect répétitif, «comatique» du texte pour annoncer la mort de la plume farmérienne… Effet réussi donc… Mais il faut se montrer attentif. Que le texte ressemble à une inlassable répétition, oui. Mais il ne peut s’y réduire. Le test statique, en effet, s’enraye. Mylène bégaie d’abord sur le mot «test», puis un peu plus loin dans la chanson, sur le mot «coma»… Ce bégaiement n’est pas sans rappeler les premiers frémissements d’un éveil, d’une sortie du coma, comme dans les premières minutes du clip de Bruno Aveillan.

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Et c’est ici justement que le travail sur les mots marque cet échec du test statique, qui se décline de la façon suivante : test statique > extatique > esthétique… Le test statique conduit donc à un coma extatique, l’extase se caractérisant justement par un arrêt de la réflexion et du mouvement dans le cadre d’une expérience mystique… Puis ce coma devient esthétique… Dans le passage à l’esthétique (c’est-à-dire à l’art) on a la nécessité d’une recréation de cet état de coma par l’art… Un coma esthétique, ce n’est plus un coma médical, c’est la représentation d’un coma, bref, un jeu de rôle.

Or la condition même de ce coma transcendé par l’art est justement une sortie du coma créatif, et donc un travail d’écriture… Le test statique a porté ses fruits, il a été vécu comme une sorte d’extase, mais il a aussi créé une nouvelle dynamique d’écriture et de création… Il n’est pas anodin que ce soit ce passage précisément qui soit d’ailleurs un peu plus tard dans la chanson «recréé», réécrit sous la forme d’une variation musicale… Premier couplet, premier coma, extatique, second couplet ; second coma, esthétique, à la fin de la chanson… Une répétition, certes, mais à l’image de la chanson, une répétition qui transforme, qui réécrit…

Pour retrouver une inspiration, Mylène avait jusqu’à présent beaucoup prôné le voyage, l’ailleurs, le dépaysement. Dans Point de suture, c’est plutôt une sorte de passage par la mort, par le vide en soi qui permet de revenir à la vie (et donc à l’écriture puisque «les mots sont nos vies»). Le lien se fait presque tangible quand on écoute d’anciennes interviews, et qu’on entend l’artiste confier à la journaliste qui l’interroge pour la radio Contact que le voyage correspondait à «l’envie de découvrir autre chose, et de se régénérer». C’est d’ailleurs sans doute cette dynamique de repli sur soi qui explique ensuite l’utilisation, au fil de l’album et des interviews, de références qui sont puisées au sein même de l’œuvre. Mylène est devenue son propre sujet d’inspiration. Le titre Dégénération n’avait pas manqué déjà de rappeler à certains la fameuse «génération désenchantée», et Mylène elle-même a confirmé ce lien lors d’une interview au Journal de 20h de TF1.

 

 

MysterFrizz du site http://www.innamoramento.net/

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Sexy coma, univers de Mylène

Posté par francesca7 le 13 mai 2015

La tentation du néant, du vide, de la mort… Voilà qui n’a a priori rien de nouveau dans l’univers de Mylène Farmer… Au fil des albums et depuis Au bout de la nuit, on ne compte plus les volonté de «s’endormir loin [des] chimères» ; de «s’éloigner de tout», de se «dissoudre dans l’éternité»… Je vous épargne la liste intégrale pour citer Mylène elle-même, lors d’une interview sur Nostalgie pour l’album Anamorphosée : «parfois on a envie de se confondre avec le vide, avec le rien». Chanson d’ouverture de Point de Suture, Dégénération fait irrémédiablement penser à California. Les deux chansons traitent en effet rigoureusement du même thème, mais sous deux angles différents…

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Dans California, ce qui est sexy, c’est «le ciel de Californie», c’est-à-dire le voyage, le dépaysement. C’est parce que la vie parisienne est devenue apathie, coma mortifère, que le lointain se pare des couleurs séduisantes d’un fix… Dans Dégénération au contraire, ce qui est sexy, c’est le coma. On est donc dans une véritable dynamique de renversement par rapport à Anamorphosée. Aux portes de Point de suture, l’apathie et la pesanteur combattue dans Anamorphosée deviennent des sources de tentation à la séduction inquiétante…

Volonté de s’arrêter dans ce sexy coma qui cependant est aussi une blessure, une source de mort : un trauma… Jamais autant que dans cet album la volonté de l’arrêt n’aura été si clairement mise en avant, sans doute parce que ces sensations diffuses et paradoxales ont pris corps dans la réflexion sur l’ennui qui semble avoir occupé Mylène ces dernières années…

On pense bien sûr à Paradis inanimé, où Mylène nous offre cette étonnante, et macabre sculpture de son propre gisant… Il s’agit donc de s’arrêter, de tenter de ne plus bouger du tout. Cet attrait de l’arrêt est comparé à l’éros, mais aussi au Styx, fleuve des enfers aux eaux létales. S’adressant directement au coma, qui devient une sorte de force vive, Mylène constate sa dimension séduisante, attirante… Le coma est sexe : force érotique, il est désir… Mais tout comme il était trauma, il est aussi Styx, enfer, force négative et anesthésiante. Les dieux grecs, lorsqu’ils devaient jurer, prononçaient en effet leur serment sur le Styx. C’était, pour un Dieu, le plus sacré des serments, inviolable même pour Zeus… A la divinité qui rompait un serment sur le Styx, le châtiment immédiat : un coma de mort, justement, dans lequel il était privé de tous ses pouvoirs… Ces deux faces du coma, l’une sombre et dangereuse, l’autre plus lumineuse sont cependant toutes deux vécues sur le mode de l’attraction. L’inlassable répétition du «j’aime l’ombre et la lumière» trouve à nouveau ici une illustration : sexy le coma, comme le trauma… Sexe, Styx : même combat… Et mêmes sonorités !

On en arrive donc à cette surprenante volonté, ou plutôt tentative, d’arrêt… Face à l’attraction du vide et de l’apathie : un «test statique». Mais le choix du terme «test» traduit bien cette ambivalence du coma… L’arrêt total, le «paradis inanimé» (un coma transfiguré en expérience mystique) n’est pour l’instant qu’un simple test… A voir donc si l’expérience sera reconduite, ou si le test s’avèrera non concluant…

 

MysterFrizz du site http://www.innamoramento.net/

 

 

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Je te dis tout , un clip de clins d’oeil à sa carrière

Posté par francesca7 le 13 mai 2015

 

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On croyait qu’elle avait tout osé.  Cette fois, Mylène Farmer met en scène une histoire d’amour… avec un sublime pur sang !

On connaît la passion de Mylène Farmer pour l’équi­ta­tion, mais aussi ses talents de cava­lière (elle avait d’ailleurs envi­sa­gée, adoles­cente, d’être moni­trice équestre). Dans le clip de son nouveau single, Je te dis tout, qui vient d’être dévoilé, elle va encore plus loin en mettant en scène une véri­table histoire d’amour avec un cheval sauvage.

 Image de prévisualisation YouTube

Une méta­phore origi­nale (et ô combien auda­cieuse) pour illus­trer le thème de la chan­son : l’amour absolu. On voit d’abord une Mylène soli­taire qui rame sans fin dans sa barque, jusqu’au moment où elle voit galo­per un splen­dide étalon. Appri­voi­ser l’Autre, l’ob­ser­ver avant de tenter de l’ap­pro­cher, puis marcher au même pas, le cares­ser pour ne faire qu’un avec lui – l’idée même de rela­tion char­nelle est évoquée avec le passage de l’ani­mal par la grille estam­pillée « M » (comme Mylène): toutes les étapes d’une rela­tion amou­reuse se succèdent dans cette vidéo réali­sée par François Hanss, colla­bo­ra­teur histo­rique de la chan­teuse.

Ce n’est pas le seul atout de cette vidéo, bour­rée de réfé­rences à la longue carrière de la star. Avec élégance et finesse, Mylène Farmer revi­site sa propre légende, multi­pliant les clins d’oeil à son réper­toire (les gants rouges de Plus gran­dir, l’étang deLiber­tine, les grillesAllan,la barque d’A quoi je sers,les arbresd’In­na­mo­ra­mentoou encorele filet de sang coulant de l’écorce évoquant Je te rends ton amour).

De sublimes images, un climat envoû­tant et mélan­co­lique, une Mylène éter­nelle, arbo­rant la coif­fure qui a fait sa gloire. Même si le scéna­rio reste simple, voire épuré, François Hanss offre une vidéo qui n’a pas fini de faire gloser les incon­di­tion­nels de la star.

auteur de « Mylène » (Flam­ma­rion)

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