L’ILLUSTRÉ avec Mylène

Posté par francesca7 le 16 avril 2015

 

Entretien avec Sandrine COHEN – 2 MARS 1988

 

1988-06-b« J’aime les choses élaborées, pensées… Rien n’est fait au hasard »

A propos du thème de « Plus Grandir » :

­ Je veux plus grandir, parce qu’au bout il y a la mort, et ça me fait peur. Tout comme me font peur mes relations avec les hommes. L’acte sexuel est quelque chose de très violent. C’est aussi une fin en soi…là, on est une femme, et je déteste ce mot. Il faudrait en réinventer un !

A propos du thème de « Sans Contrefaçon » :

­ Je suis née comme ça, avec un corps androgyne et tout le monde me prenait pour un garçon. L’androgynie est quelque chose qui m’attire et pour ça, ce métier est une formidable thérapie puisque je peux faire des folies et me travestir ! Adolescente, l’envie que j’avais d’être un garçon tournait à l’obsession, la névrose. Je refusais d’être une fille. Aujourd’hui, je suis toujours plus attirée par la gent masculine que la gent féminine. Je crois que si j’avais été un homme, j’aurais été profondément misogyne !

A propos de suivre l’air du temps :

­ Je me moque des courants et des modes. Je fais ce que j’ai envie, point final. Depuis l’enfance, c’est évident, j’ai toujours eu en moi l’envie de sortir des sentiers battus, envie d’exister à ma façon.

A propos du côté cinématographique de chacun de ses clips jusqu’alors :

­ Le clip est aussi pour moi une façon de faire un bout de chemin vers le cinéma…

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat :

­ Je vivotais entre des cours de théâtre, le travail de mannequin et l’équitation lorsqu’à un dîner, on m’a présenté Laurent. C’est une rencontre magique.

A propos du soin apporté à tout ce qu’elle fait :

­ Raffinée, j’espère l’être. La sophistication aussi m’attire. J’aime les choses élaborées, pensées…Rien n’est fait au hasard : ni la pochette du disque, ni le mixage, ni les passages TV, ni le clip…

A propos de son caractère paradoxal :

­ Enfant, j’étais à la fois un mélange de personnage très introverti, et en même temps j’avais ce besoin de me faire remarquer. J’ai toujours aimé étonner. J’aime aussi la provocation, c’est le piquant de la vie. Je suis à la fois folle et sage. C’est douloureux et formidable d’affronter toutes ces turbulences.

A propos de son malaise face aux interviews :

­ Mon caractère, c’est justement de ne pas parler. Je n’ai pas envie de m’expliquer, d’analyser…

A propos de sa conception de l’amour :

­ En amour, j’aime la bagarre. Mais je ne me sens pas armée pour affronter le combat le plus difficile, celui de la vie.

Les dernières questions sont formulées de façon plus conventionnelle :

Vous avez peur des gens ?

­Peur, non, mais…j’ai des excès de misanthropie, quelquefois. Les êtres affables, égaux et paisibles m’ennuient.

Si je résume cet entretien, vous êtes compliquée, introvertie, paradoxale, androgyne…

­ Arrêtez, arrêtez ! Je vais me suicider !

Comment ?

­ La pendaison. C’est le dernier plaisir donné à un homme…

Cette interview trouve une nouvelle vie plus de vingt ans après sur le blog de la journaliste : zappeur­de­rien.fr  

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