Mylène : LA VIE À PLEINES DENTS

Posté par francesca7 le 4 avril 2015

 

Pierre Nicolas : (il est déguisé et maquillé en Pierrot) (…) Aujourd’hui j’ai beaucoup de plaisir : je me suis habillé en Pierrot, je me suis dit « Ca va faire plaisir à notre invitée ». Bonjour, Mylène. Vous allez bien ?

1986-04-aMylène Farmer : Bonjour, très bien.

PN : C’est Mylène Farmer notre invitée aujourd’hui. Alors Mylène, hé bien on est partis ensemble tous les deux pour trois­ quarts d’heure de musique, de cinéma. Mylène a été très sympa : elle nous a apporté ses vidéoclips, ça nous fera du bien d’en voir, parce que c’est vrai qu’actuellement on n’en voit pas trop, trop sur les chaînes de la télévision publique…

MF : Ne le dites pas trop fort ! (rires)

 PN : Oui ! On va faire tout ça, ensemble avec Mylène. Vous vous installez tranquillement, Mylène.

Le présentateur explique que le décor et les fauteuils sont l’œuvre d’un artiste toulousain. Il lance ensuite les informations. Au retour plateau, il poursuit avec Mylène.

PN : Mylène, vous êtes bien installée ?

MF : Très bien, très confortable ! PN : C’est un petit peu particulier le mobilier ! MF : C’est étrange, oui !

PN : (…) Mylène, je ne vous ai jamais vue, jamais guère entendue vous répandre en grandes déclarations. Est-­ce que vous êtes quelqu’un de secret, de discret ?

MF : J’ai certainement beaucoup de pudeur, mais en l’occurrence vous m’avez dit de faire des réponses très concises parce que c’était des petites séquences, donc je vais faire très rapide ! (rires)

PN : Est­ce que vous vous méfiez des journalistes, d’une façon générale ?

MF : Ca dépend, c’est comme dans tous les métiers ! Y a des personnes qui sont douées, et puis d’autres effectivement dont il faut se méfier, parce qu’ils ont pas une plume très développée et souvent un peu maladroite.

PN : Lorsque vous lisez un article où on parle de vous, où on parle de votre travail, où on parle de vos disques, est­-ce que vous vous reconnaissez toujours dans cet article ?

MF : Y en a certains, j’ai notamment vu une critique de l’album (« Cendres de Lune », ndlr) qui était assez réaliste et plutôt sympathique, d’ailleurs. Sinon, y a toujours quelques termes qui reviennent systématiquement et qui sont peut-­être pas tout à fait le reflet de moi­-même, mais peu importe !

PN : Peu importe ! Dans l’album, y a une chanson qui s’appelle « Maman a Tort »…

MF : Oui, c’était le premier (extrait, ndlr).

PN : C’était le premier, la première chanson. On l’écoute ensemble?

MF : Oui !

PN : « Maman a Tort » : c’est la première chanson de Mylène Farmer. « Maman a Tort » !

Diffusion du clip de « Maman a Tort » en entier.

PN : Mylène Farmer, « Maman a Tort ». Vous avez peut­-être remarqué qu’en commençant l’émission avec Mylène, tous les deux, on a installé quelque chose qui est pas habituel dans « La Vie à Pleines Dents », on a installé le vouvoiement. Alors c’est moi qui l’ai fait exprès, je vais vous dire pourquoi : parce que Mylène quand elle est arrivée ce matin, elle m’a dit « Moi j’ai un peu de pudeur, un peu de timidité », et Mylène vous vouvoyez !

MF : C’est parce qu’on ne se connaissait pas, mais maintenant ça fait cinq minutes qu’on se connaît, on va se tutoyer !

PN : Voilà, on va se tutoyer, on va continuer l’émission en se tutoyant. Alors je te dis « tu » maintenant, Mylène !

MF : D’accord…

PN : Est-­ce que tu as déjà fait du cinéma et du théâtre ? Je connais déjà une partie de la réponse, c’est pour ça que je pose la question !

MF : Oui, j’ai suivi des cours de théâtre pendant deux ans. Et quant au cinéma, non je n’ai jamais participé à…

PN : T’as jamais fait de cinéma ?

MF : Pour le clip vidéo, c’est peut­-être aussi, oui, une partie cinématographique. Voilà, c’est la seule expérience que j’ai eue !

PN : Un clip extraordinaire, qu’on va voir tout à l’heure dans le cours de « La Vie à Pleine Dents », qui s’appelle « Plus Grandir ». Vous allez voir, ça va peut­-être être une découverte pour certains d’entre vous, c’est superbe, y a une superbe mise en scène. Mais ça, c’est pour tout à l’heure. On parlait de cinéma, on va regarder un extrait d’un film qui vient de sortir sur les écrans (…), je sais pas si tu l’as vu : le film s’appelle « Runway Train ».

MF : Non pas encore…

(…)

Un extrait du film « Runway Train » est présenté. L’extrait s’achève sur une bagarre entre deux personnages.

PN : (à propos du héros du film) Ha, il est très, très énervé, effectivement ! (rires) Je crois que tu préfères les gens calmes, toi, non Mylène ?

MF : Ha du tout, moi je suis une grande nerveuse !

PN : Une grande nerveuse ? Et tu aimes t’entourer de gens calmes alors puisque tu es nerveuse ? En général, quand on est nerveux on aime s’entourer de gens calmes, non ?

MF : Je ne sais pas, je n’ai pas bien réfléchi à la question mais j’aime bien les grands nerveux aussi !

1986-04-bPN : Tu as été mannequin, je crois.

MF : J’ai été mannequin, oui j’ai…Ben voilà ! (rires)

PN : (…) Est­ce que tu en as gardé un goût immodéré pour ce qu’on appelle les fringues ?

MF : Oui, j’ai toujours aimé les habits. (Elle regarde le costume de Pierrot de l’animateur) D’ailleurs c’est un très joli habit, ça aussi !

L’animateur propose ensuite à Mylène, sur le ton de la rigolade, d’échanger leur costume respectif, ce qui fait beaucoup rire cette dernière. Il lance ensuite le clip d’un artiste très théâtral, Egon Kragel, que Mylène confesse ne pas connaître. Au retour plateau, ils parlent encore de ce chanteur.

PN : Finalement, Mylène tu le connaissais ! Au début, tu m’as dit « Je connais pas » et en écoutant et en le regardant…

MF : Oui, je l’ai rencontré une fois sur un plateau de télévision aussi, et il racontait qu’il avait fait beaucoup de mime avec un monsieur…

PN : Ca se voit je crois dans sa chanson qu’il a fait du mime !

MF : Il me semble oui ! (rires)

PN : (…) Tiens, puisqu’on parle un peu de mise en scène, il va se passer quelque chose maintenant : on va retrouver le…Elle est pas venue les mains vides, Mylène Farmer, elle nous a amené le vidéoclip qu’on a vu tout à l’heure, « Maman a Tort », mais tu nous as aussi amené le vidéoclip de ton titre « Plus Grandir ».

MF : Apporté, oui… « Plus Grandir ».

PN : Alors, c’est quelque chose d’extraordinaire, c’est un vidéoclip assez long avec une superbe mise en scène. Explique­nous un petit peu.

MF : C’est en Cinémascope, on a mis cinq jours de tournage, c’est du décor en non naturel (rires) heu…et

puis, ma foi, il faut le regarder !

PN : Oui, faut le regarder ! Simplement, on peut préciser que dedans il va y avoir tout un tas de transformations : toi, tu subis un tas de transformations.

MF : Oui, et je termine en vieille femme, donc là il y avait tout un maquillage à faire, aussi. C’était intéressant.

PN : On parlera du maquillage juste après. Ce qu’on va faire, on va se faire plaisir maintenant et on écoute et on regarde le clip de Mylène Farmer : « Plus Grandir ».

Le clip de « Plus Grandir » est diffusé dans sa quasi­ intégralité (la séquence d’introduction est légèrement amputée de quelques secondes au début et le générique est coupé)

PN : Ha lala ! Mylène Farmer, « Plus Grandir » : c’est extraordinaire, y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses !

MF : Oui, c’est dommage parce qu’il y a un petit problème de son, on peut s’apercevoir, je crois, que la bande tourne trop vite ! (rien de tel ne se voit pourtant à l’antenne, ndlr)

PN : C’est pas de notre faute, hein !

MF : Non, c’est de la mienne ! (rires)

PN : C’est les gens qui ont mis la musique sur les images ! Y a d’abord la poupée…Tu crois que l’enfance, toi, est une période de la vie un petit peu privilégiée, comme ça ?

MF : Privilégiée ? Non, c’est pas tout à fait ce qu’on a démontré dans le clip ! Je crois que c’est une période qui est…bon, chacun la vit différemment, mais c’est une période qui est excessivement difficile, le passage de l’adolescence à l’âge dit d’adulte. Oui, c’est dur.

PN : Oui, c’est peut­-être ce passage-­là qui est difficile…

MF : C’est un traumatisme.

PN : Y a aussi ce passage extraordinaire où on voit la vierge qui se cache comme ça (il joint le geste à la parole) et qui détourne le regard

MF : Oui, c’est une vierge qui a été fait en latex, avec un manipulateur.

PN : Y a même la poupée qui est animée à la fin !

MF : La poupée est animée et la poupée a été réalisée par moi­même ! (rires)

Un extrait du film « Etats d’âme » est ensuite diffusé, qui semble laisser Mylène complètement indifférente lorsque l’animateur résume le scénario (l’histoire d’un groupe de jeunes fêtant la victoire socialiste en mai 1981)

PN : (…) Mylène, tu as fait une chanson il y a quelques mois qui s’appelait « On est Tous des Imbéciles ». Je

voudrais savoir si avec cette chanson tu voulais prouver que dans la vie il faut pas se prendre au sérieux ?

MF : Je sais pas…Les chansons à message, je m’en méfie toujours un peu mais c’est vrai que…

PN : Beaucoup de chanteurs s’en méfient !

MF : Oui ! (rires) Et pour cause ! Mais non, ce qui était à extraire de la chanson, c’était « Ce qui nous sauve, c’est le style », effectivement voilà, le style peut sauver beaucoup de choses.

1986-04-cPN : Alors, moi je suis un Pierrot, un Pierrot c’est toujours très romantique. Je voudrais parler un petit peu d’amour avec toi. Admettons que l’amour dans la vie, ce soit un paysage ou un pays très lointain : je voudrais que tu me dises si tu penses qu’en amour il faut atteindre ce paysage et y rester, ou si ce qui t’intéresse dans l’amour c’est d’arriver, c’est le voyage qui mène à ce paysage ou à ce pays.

MF : C’est tout le voyage qui m’intéresse.

PN : C’est tout le voyage ? Donc tu es la femme…tu fais confiance aux rencontres ?

MF : Je sais pas si je peux parler dans ces termes­-là ! J’adore les rencontres, oui !

PN : Et les coups de foudre, tu y crois ?

MF : Je pense que dans sa vie, on rencontre une ou deux personnes pour qui, oui, on va voir une adoration, même, sublimée. Mais ça n’arrive pas tout le temps, non.

PN : C’est trop perso comme question si je te demande si tu en as déjà eu, des coups de foudre ?

MF : C’est un sujet que je n’aime pas aborder ! (rires)

Pour changer de sujet, l’animateur lance alors une séquence musicale. Au retour plateau, une jeune fille de 14 ans vient faire la promotion d’une kermesse scientifique organisée dans la région. Elle est venue avec une petite fusée et l’animateur s’amuse du goût pour la science de la jeune fille.

PN : (…) Mylène, moi je croyais que c’était les garçons qui faisaient voler les fusées !

MF : Non, moi je jouais aux petites voitures quand j’étais petite !

Le présentateur lance ensuite un concours où il faut identifier trois films à l’aide de leur bande originale constituée de morceaux classiques.

PN : C’était joli, hein Mylène ? Tu aimes bien, toi, la musique classique…

MF : J’adore, oui y a des très, très belles chansons. Enfin chansons…musiques !

PN : (…) On trouve énormément de choses dans la musique classique.

MF : Absolument !

PN : Alors tu as reconnu les titres des films ? Je crois que c’était pas très difficile, hein !

MF : Oui, je crois que j’ai vu la plupart de ces films.

PN : Tu peux jouer si tu veux ! (…)

MF : Et je gagne un disque ?!

PN : Et tu gagnes un disque !

MF : Alors, oui ! (rires)

PN : (…) Tiens, tu m’as dit que ton prochain clip (« Libertine » dont l’avant-­première aura lieu trois semaines après cette émission, ndlr), y aurait une ambiance comme celle qu’on a vu dans l’extrait de film avec les bougies (Barry Lindon, ndlr) (…), vous avez peut-­être vu dans l’extrait qui vient de précéder, y avait un passage très sombre avec des bougies, des messieurs avec des perruques et tout…

MF : Oui, ça va être une illustration, un peu, du libertinage.

PN : Ca tombe bien puisque le titre de la chanson, c’est « Libertine » ! Alors, la chanson on va se quitter avec (…) On va se quitter Mylène. Maintenant qu’on se connaît bien, on peut peut­-être s’embrasser pour se dire au revoir ! (…)

MF : Oui !

PN : (il lui fait la bise) Au revoir, Mylène !

MF : Au revoir…

PN : À bientôt, tu reviens quand tu veux dans « La Vie à Pleine Dents ».

MF : Avec plaisir !

PN : Et on se quitte avec la chanson de Mylène Farmer qui s’appelle « Libertine » (…)

MF : Au revoir !

Seule sur le plateau, en guise de générique de fin, Mylène interprète « Libertine ».

NB : La prestation de « Libertine » sera rediffusée plus tard dans un autre numéro de cette émission.

 

source : 28 MAI 1986 Présenté par Pierre NICOLAS FR3 MIDI­PYRÉNÉES

 

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