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L’ORIENT D’UNE PERLE D’OCCIDENT, Mylène

Posté par francesca7 le 26 mars 2015

 

mylene-farmer-photo-facebookÀ propos de sa chute de scène à Lyon quelques mois plus tôt :
-Je me demande si ce n’était pas une bénédiction. Non, je voulais dire le contraire ! Une malédiction !

À propos du fait que son silence laisse le champ libre à toutes les interprétations :
-Je préfère être un morceau de savon humide qu’on a du mal à saisir. 

À propos d’un rêve :
-Un rêve est ma seule mémoire d’enfance : un lit immense, des draps blancs. J’y suis blottie en position de fœtus. Devant moi, un énorme cordon ombilical, vraiment énorme. Il m’incombe de le couper, mais comment ? Avec les dents ? Je ne suis qu’une enfant…

Les questions suivantes sont rédigées de manière plus conventionnelle :

J’avais de vous une image d’espièglerie intelligente, saine et décapante. Sous la plume de mes confrères, il est question de morbidité, de voluptés décadentes…
-Morbidité, mordre à la vie, le goût du néant répond à un goût d’absolu : un dessin animé comme « Bambi » est coloré de morbidité. C’est vrai que j’ai voulu évoquer le trouble, la confusion des sentiments. Je ne me justifie pas. Je ne me résume pas à des chansons, mais à travers elles –« Libertine »« Désenchantée »« XXL »« Sans Contrefaçon » ou « Sans Logique »- j’ai exprimé ce que j’ai réellement ressenti : oui, je me suis promenée un mouchoir dans le creux de mon pantalon ; oui, qu’on soit des filles de cocktails, des filles rares ou des fleurs de trottoir, qu’on fasse la une des magazines, toutes les filles ont besoin d’amour, d’un amour extra-extra-large ! Naguère, j’ai hanté les cimetières. Il y a toujours quelque chose de fascinant dans le spectacle de la fin, mais le mystère c’est que la vie ne connaît pas de point final. la fin marque l’aurore d’un monde nouveau à venir. Maintenant, je me sens moins oppressée par la mort : d’une, je suis apaisée à l’idée qu’il y ait une vie après, deuxièmement la notion du non-attachement et de l’impermanence m’intéresse. Saisir l’instant, accepter les métamorphoses, l’éphémère, le mouvement… On a besoin d’amour, mais j’aime les dialogues silencieux, ceux que l’on entretient avec les livres, avec la poésie. Une présence humaine à ses côtés, c’est bien mais pas suffisant. Après le désenchantement, l’anamorphose : je suis en pleine renaissance !

1995-03-d‘Anamorphose’ ? Le Petit Robert –qui n’est pas infaillible- dit : ‘image déformée et grotesque donnée par un miroir courbe’
-C’est un grand angle. Pour moi, ce mot signifie à la fois une perception plus large du monde et un moyen de rassembler toutes ses impressions, toutes ses sensations en une seule image. 

Dans vos chansons et vos clips, la violence est surtout dans la musique et l’image…
-Quand la frustration est trop forte, je ne dirais pas ‘violence’, mais ‘énergie’. 

Vous n’avez pas de souvenirs d’enfance, mais avez-vous envisagé d’être mère ?
-L’idée de l’adoption me plaît. J’ai toujours été perturbée par la prolongation de soi, mais maintenant je peux y penser. 

 

source : ANGELINE’S : NOVEMBRE 1996 – Journaliste  : Mohand Mestiri

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène Autrement, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

MYLENE ALCHIMISTE

Posté par francesca7 le 26 mars 2015

 

 

images (2)Avant d’accepter de nous rencontrer, vous avez demandé à lire l’interview que vous nous avez accordée il y a six ans. (cf. « Le Soir » 12.10.1989, nda) Pourquoi ?

-Ca ne vient pas de moi, mais sûrement d’une personne qui travaille pour moi. Je ne peux donc pas vous répondre. 

Il y a trois ans, vous aviez refusé de nous rencontrer, ainsi qu’un confrère, parce que paraît-il vous n’aviez pas apprécie nos comptes rendus du concert à Forest National. Aujourd’hui, vous voulez bien. Pourquoi ? 

(Thierry Coljon fait allusion à une campagne menée par lui-même et Rudy Léonet suite au refus de la chanteuse de se faire photographier sur scène par la presse locale pour dénoncer cette attitude, quoique commune à beaucoup d’artistes. En parallèle à cet entretien accordé par Mylène à Thierry Coljon, Rudy Léonet publiait une lettre ouverte à la star dans Télé Moustique pour une fois encore critiquer sa méthode de communication au titre qu’elle avait refusé qu’il participe à cette interview. Cette campagne a continué par la suite, toujours menée par ces deux journalistes, avec comme dernier exemple en date un article sur le Tour 2009, nda.)
-J’ai cette faculté d’oublier le passé, à savoir des choses que je ne juge pas essentielles de retenir. En ce sens, je ne peux une fois de plus pas formuler de réponse. C’est le moment présent qui est important, c’est tout ce que je peux dire. Je n’ai donc rien à dire là-dessus car je n’en ai pas le souvenir. Je ne peux pas être plus sincère que ça. 

Venons-en donc dans le vif du sujet : ce nouvel album mettant fin à un long silence entrecoupé d’un film, « Giorgino », qui a été un échec…

-Un film qui a été un peu la nature de ce silence, tout de même, car celui qui a réalisé ce long-métrage est aussi mon compositeur. L’échec a été plus difficile à vivre pour Laurent que pour moi puisqu’il est l’initiateur et le créateur de « Giorgino ». Moi, je n’ai retenu que l’expérience agréable du tournage. Après, on se dépossède de la chose. D’autre part, j’ai toujours en moi l’idée de l’échec. L’échec de « Giorgino » a été désagréable évidemment, mais de là à dire que ça a ruiné ma vie : en aucun cas. Si ce nouvel album ne doit pas marcher, j’en serai attristée –c’est normal- mais je ne suis pas attachée à cela. Je dédramatise les choses, c’est assez nouveau pour moi. Si un disque ne marche pas, est-ce que ça veut vraiment dire que vous n’êtes plus aimée ou simplement que ce n’était pas le bon moment ? C’est ce que j’ai essayé de décrire dans « L’Instant X », par exemple, où il y a toute cette concentration d’éléments qui font que quelque chose va ou ne va pas naître. Et puis, j’ai toujours pensé que si je devais m’effacer, je m’effacerais. C’est de la pudeur plus qu’autre chose. 

Dans quelle mesure « Anamorphosée » découle-t-il de « Giorgino » ?
-Dès la sortie du film, moi, je suis partie aux Etats-Unis et je suis restée là-bas neuf mois. J’ai eu une coupure avec le monde d’avant. L’idée de prendre ses bagages, de n’avoir aucune racine, c’est assez nouveau pour moi. C’est la première fois, depuis les dix ans que je travaille, que j’ai ressenti ce sentiment de liberté, de vivre réellement. Vivre à Paris, ça me devenait insupportable –même si on est responsable de ça : il arrive un moment où on s’enferme dans ses propres névroses, ses propres angoisses. Je finissais par m’enfermer et perdre quelque chose de fondamental : le succès vous isole, donc ça s’était accentué. 

images (3)Vous êtes-vous sentie à un moment agressée ?
-En aucun cas. La pression venait de l’intérieur, de mon regard sur l’autre. Etant de nature plutôt discrète, ou mystérieuse si vous préférez, je suis beaucoup moins exposée à une certaine presse, peut-être aussi parce que j’évite de me mettre les seins nus au bord d’une piscine. Mais je ne fais pas de procès des artistes qui le font, les procédés de ces journaux à paparazzi sont de toute façon détestables. Ces gens-là me poursuivent tout de même, plus facilement à Los Angeles qu’à Paris, parce qu’il y a l’exotisme. À Los Angeles, j’ai adopté un tout autre art de vivre. Je me déplace : bizarrement, je conduis là-bas, mais pas ici. J’avais besoin de tourner la page. Si on a réalisé l’album là-bas, c’est uniquement parce que j’y étais déjà. Laurent m’y a rejoint. 

En découvrant les photos signées Herb Ritts, la tentation est grande de faire un rapprochement avec Madonna (le photographe a fait de nombreuses séances avec Madonna et réalisé l’un de ses clips, nda). Si on vous appelle la Madonna française, prenez-vous cela pour un compliment ou une insulte ?
-Je pense d’abord qu’elle est une artiste courageuse et de grand talent, que je n’ai jamais rencontrée mais je crois qu’elle me connaît –c’est du moins ce qu’on m’a dit. Toutes les deux, on a certainement en nous ce goût pour la provocation, d’évoquer des non-dits et peut-être cet intérêt pour l’image. Apparemment, c’est aussi une grande bosseuse et c’est vrai que j’aime assez le travail. 

Dans l’ensemble, les textes de cet album-ci sont plus pudiques, moins provocateurs justement. Vous y êtes plus allusive…
-Je crois que c’est une question de temps qui passe et d’un être qui change, en mouvement constant. Des choses fondamentales qui ont changé dans ma vie et ont engendré ces idées-là. Je ne pense pas que ça soit une notion de pudeur mais d’un intérêt qui est autre, tout simplement.

« Eaunanisme », au-delà du jeu de mots, est-ce une exception à ce changement ?

-J’ai essayé d’évoquer l’écriture : la liberté de la poésie, du lecteur qui essaie de puiser plus des sensations qu’une réelle explication sur un sujet. J’ai voulu parler de l’écriture, de sa sensualité, du plaisir solitaire de l’écrivain.

Y a-t-il un livre qui vous a marquée ces derniers temps ?

-Oui. Comme beaucoup de personnes, j’ai été beaucoup touchée par « L’Alchimiste » de Paulo Coelho, qui traite d’un sujet merveilleux. Indépendamment, j’aime l’histoire de ce livre qui voyage dans le monde entier. C’est un objet qu’on offre en cadeau à quelqu’un. Ce voyage, également spirituel, est justement le sujet principal de ce livre. Il y a aussi un livre que j’ai évoqué dans le livret de l’album : « Le livre tibétain de la vie et de la mort » de Sogyal Rinpoche, qui est un livre magnifique qui parle du bouddhisme, de sagesse, de l’acceptation de la mort, et donc de la vie. 

Le fait de ne pas fréquenter le petit milieu du show-biz et d’avoir un succès important, cela vous isole et crée des rancœurs et des incompréhensions. On a le droit de vous considérer, de loin, comme hautaine, distante, prétentieuse ou capricieuse, de penser que vous vous trouvez très différente des autres. Vous est-images (4)il si difficile d’avoir des relations simples avec les gens du métier ?

-Je crois que j’ai cette capacité. C’est vrai que j’ai fait un travail sur moi-même. En parlant d’enfermement et de tout ça, j’ai toujours en moi cette attirance pour le néant mais avec le temps, je m’aperçois que ça devient stérile. C’est toujours en moi, mais je me suis rendu compte qu’il y a des urgences qui me poussent à aller voir au-delà. Il y a aussi une timidité de ma part, mais cette timidité que je décèle chez l’autre, parfois je ne la comprends pas totalement. On peut parfois mal l’interpréter. Il y a parfois des gens qui fabriquent de fausses timidités, c’est vrai. Dès l’instant où vous refusez un échange entre un média et un artiste, cela crée ou un mystère, ou une tension, cela j’en suis consciente. Pour moi, c’est une forme de protection. C’est une non-envie de la justification, car elle peut parfois être détournée ou désagréable, tout simplement. Donc là, je vois très peu de personnes avec qui j’accepte d’avoir un échange. Le qu’en dira-t-on ne m’intéresse pas. Me sachant maintenant sous les projecteurs, je sais qu’il va y avoir des personnes qui vont me détester, ou m’aimer, ou être indifférentes. C’est comme ça… 

 

source : LE SOIR (BELGIQUE) – 25 OCTOBRE 1995 Journaliste :  Thierry Coljon

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène Autrement | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer, chanteuse désenchantée

Posté par francesca7 le 26 mars 2015

 

1991-01-aVotre première tournée fut un triomphe. A cette occasion, vous avez aussi rencontré votre public pour la première fois : comment l’avez­-vous trouvé ?

­ Je ne suis toujours pas sûre de savoir à quoi ressemble mon public. Je sais seulement qu’ils ont en commun l’envie et la recherche d’émotions intenses…

Au milieu de cette tournée, vous avez sorti un 45­ trs intitulé « A Quoi je Sers… ». Etrange interrogation de la part de quelqu’un qui est acclamé comme vous…

­ Il serait prétentieux de me considérer comme une personne utile à la société –je veux dire vraiment utile. Je ne pense pas que des applaudissements, même s’ils sont une belle récompense pour un artiste, apportent une réponse à cette question.

Votre nouvel album s’intitule « L’Autre… ». N’est­ce pas une réplique au titre de votre précédent album, « Ainsi Soit Je… » ?

­ Oui, mais ce n’est apparu qu’après la décision du titre du nouvel album. Cet autre pourrait être un autre moi-même.

Pas réellement un être physique, mais une présence qu’on a tous au- dessus de nous, qui nous protège, nous guide et parfois se révolte contre nous. J’ai cherché un mot qui puisse inclure tous les aspects de cette sensation. Schizophrénie ? Le terme exact serait plus poétique, moins clinique…

Sur cet album, vous dites être d’une génération désenchantée. Pour la première fois, vous ne parlez plus seulement en votre nom…

­ Je ne dis pas que nous sommes d’une génération désenchantée, mais que je pense appartenir à une génération de gens déçus par la vie. C’est une opinion personnelle, je ne suis pas un porte­drapeau.

Comment peut­on se sentir déçue par la vie lorsque l’on vend plus de deux millions de disques ?

­ Le vrai bonheur est ailleurs. Je pense que beaucoup de gens se sont retrouvés dans ma façon de parler de la tristesse et de la mélancolie. Une vie professionnelle comblée ne répond pas forcément à toutes les questions que l’on se pose sur la vie, avec un grand ‘v’.

A la suite de vos fameux vidéo­clips, est­il vrai que vous préparez un film pour le cinéma avec Laurent Boutonnat, votre complice dans le domaine musical ?

­ Oui, mais réunir le budget qui permettrait d’entamer sérieusement le tournage prend énormément de temps.

En réalité, c’est le projet de Laurent, il m’est difficile d’en parler avant le premier jour de tournage. Pour l’instant, c’est son film plus que le mien.

Vous restez très secrète : qui sont vos amis ?

­ Des artistes : peintres, stylistes ou photographes. Il y a un point commun entre tous mes amis proches : à un stade de notre relation, nous finissons toujours par travailler ensemble !

Pour la première fois, il y a un intrus sur votre album puisque la chanson « Regrets » est interprétée en duo avec Jean­Louis Murat…

­ J’aimais beaucoup son univers et nous nous sommes écrit. Il a accepté de chanter avec moi, du coup j’ai écrit le texte de cette chanson en pensant à lui, à son écriture et à son amour des mots. C’est aujourd’hui un ami très cher.

Vous regrettez parfois de ne plus être un visage anonyme ?

­ J’ai toujours voulu être connue ou reconnue, c’était ma raison de vivre. Je me débrouille pour que la célébrité ne me mette jamais dans des situations embarrassantes.

Pensez­vous que les gens trouvent dans vos chansons des choses que vous n’y aviez mises intentionnellement ?

­ Oui, mais c’est normal. C’est même réconfortant. C’est pareil quand on voit un film ou quand on lit un livre.

Quand l’auteur a fait son travail de création, c’est au public de faire le sien en utilisant son imagination.

source : L’HEBDO AU FÉMININ (Belgique) – 1er AVRIL 1991 – Entretien avec C. TABATHA

 

Publié dans Mylène 1991 - 1992, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

 

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