PARIS MATCH Mylène Farmer : attention, fragile

Posté par francesca7 le 27 mars 2015

 

Vous remontez sur scène pour la première fois depuis sept ans.

Pourquoi une si longue absence ? ­1996-08-c

 

Je suis toujours très longue à me décider ! D’abord, il y a eu « Giorgino » : entre l’écriture, le tournage, le montage… Et le naufrage… ­ …il s’est passé beaucoup de temps. Je suis allée me ‘ressourcer’ en Amérique. A Paris, je tournais en rond. A force de vivre dans l’éternel même cercle, on ne voit plus que son nombril. Disons que j’avais besoin de m’oublier ­ ça prend du temps ! Le ciel plombé, tous les jours, au sens propre comme au figuré, à la longue ça joue sur le moral. J’ai toujours en moi l’idée du voyage, de nouvelles rencontres. Je ne peux trouver mon inspiration que dans l’idée de liberté. Vous passez votre vie à essayer de vous cacher, à fuir.

Comment peut-­on à la fois rechercher l’ombre et aimer les projecteurs ? ­

J’ai viscéralement besoin de cette lumière, mais est-­ce que je ne vis que pour ça ? Je ne sais pas. Sur scène, je ne connais pas que des moments d’extase, pourtant c’est magique. La scène est un vertige qui vous porte vers le haut. J’aime son côté sensuel, foudroyant. C’est comme un orgasme !

Quel regard vous portez­-vous ? ­

Avec le temps, un regard plus tolérant mais pas amical. J’ai toujours été mon pire ennemi.

Vous arrive­-t-­il de douter de votre talent ? ­

Bien sûr. J’ai toujours été rongée par le doute et par mes névroses. Longtemps, ça m’a empêchée d’affronter la vie. Le doute est toujours là, mais depuis que j’ai appris à admettre mes défauts, ils ne m’empêchent plus de créer. J’accepte enfin l’idée du temps qu’on ne peut pas retenir. On nous a élevés en nous disant que notre passé fait partie de nous, qu’il fallait vivre avec. On nous plante des fourchettes dans le dos en nous disant ‘Attention à votre futur’.

Que faire ?

J’ai toujours l’impression d’être sur le fil du rasoir…

Vous cultivez avec délice l’ambiguïté : toujours moitié victime, moitié bourreau… ­ Pourquoi me faire sans arrêt des procès d’intention ?

Si je ne veux pas donner la clé des choses, c’est mon choix. Je préfère me montrer insensible qu’‘abîmée’. Je n’ai pas à me justifier, ou alors c’est moi qui le décide. Je me laisse porter. Vous entretenez un côté Garbo. On a parfois l’expression que vous exploitez votre mal de vivre à des fins commerciales… ­Par nature, j’aime la discrétion. Si je donne peu d’interviews, ce n’est pas par calcul mais simplement parce que je ne sais pas bien parler de moi. Quand on fait ce métier, il faut savoir donner au public, ce qui ne veut pas dire se jeter en pâture. Je me fiche du qu’en ­dira-­t-­on, pourtant j’ai tendance à vouloir tout contrôler. J’accepte cette contradiction. S’il y a un procès à faire, je préfère le faire à mon encontre que de me dire après ‘Si j’avais su…’.

Dans votre dernier clip, mis en scène par Abel Ferrara, vous jouez une prostituée. Le sexe, la violence, tout ça sur fond d’Amérique : c’est quand même très racoleur… ­

1996-08-aC’est mon idée. Elle me trottait dans la tête depuis longtemps. La liberté, pour moi, ça peut être une pute qui fait le trottoir sur Hollywood Boulevard. Je voulais en savoir plus avant de tourner, je les ai rencontrées : certaines m’ont dit qu’elles prenaient un vrai plaisir à faire ce métier.

Vous aimez cette indécence ? ­

Oui. J’avoue moi aussi que j’y ai pris du plaisir. On a tous en nous un côté vulgaire qu’on refoule. Le sexe fait partie intégrante de notre vie, moi j’accepte sa violence. « Histoire de l’œil » de Georges Bataille est un de mes livres préférés, mais ça ne veut rien dire. J’adore aussi lire Sade, pourtant je hais la torture. Simplement, je refuse de me censurer.

Ce thème de la prostitution, c’est un peu une métaphore de votre carrière : vous vous exposez, vous vous vendez mais au fond, vous ne révélez rien de vous… ­

Quand j’écris mes textes, je livre beaucoup plus de moi que vous ne le croyez. Il suffit de savoir écouter… La chanson française pas plus que le cinéma français ne s’exportent aux Etats­-Unis.

Pourquoi ? ­

D’entrée, on vous dit que c’est mission impossible. Personnellement, je n’ai pas à me plaindre. On m’a proposé de faire un album en anglais, j’ai refusé. Ce n’est pas l’envie qui me manquait, mais je ne peux pas écrire en anglais comme en français. Je n’arrive pas à jouer avec les mots, à aller au­-delà d’eux. Je dirais que la chanson française manque d’énergie. Les américains ont une capacité de travail hors du commun : on leur apprend dès l’enfance qu’il faut être numéro un, qu’il faut sortir de la masse.

Nous, on nous enseigne exactement le contraire. Comment lutter ?! C’est pour ça que vous allez chercher tous vos danseurs en Amérique ? ­

Mon spectacle est dans la tradition américaine. J’avais besoin de leur stature, de leur métissage, mais c’est tout car ce que les américains gagnent en professionnalisme, ils le perdent en émotion. On ne peut pas tout avoir !

On parle souvent plus de vos clips que de vos chansons. Auriez-­vous été Mylène Farmer sans la vidéo ? ­

C’est un concept génial. J’ai la chance d’être née avec. Pour moi, l’œil est aussi important que l’oreille.

Comment dissocier l’un de l’autre ?!

Gainsbourg disait que la chanson est un art mineur.

Ne trouvez­-vous pas que chanter est un métier superficiel ? ­

Je ne peux répondre que pour moi : je ne me prends pas au sérieux, mais je mets beaucoup de sérieux dans ce que je fais. Je regrette qu’aujourd’hui il y ait un aspect mouchoir jetable dans ce métier. La quantité prime sur la qualité. Au nom de la rentabilité, on est en train de tuer la création.

 Pourriez­-vous vous passer des applaudissements ? ­

 Il ne faut pas être hypocrite : si on fait ce métier, c’est pour être aimé. Non, je ne pourrais pas m’en passer, mais il y a mille formes d’applaudissement. Dans la Bible, il y a un passage : ‘Dieu vomit les tièdes’. J’ai passé ma vie à rechercher l’extra­ordinaire, je n’ai pas l’intention de m’arrêter. La tiédeur me tue.

NB : cette interview a été réalisée à Los Angeles pendant les premières répétitions du Tour 96

source : Entretien avec Dany JUCAUD du  30 MAI 1996

 

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7 EXTRA avec Mylène Farmer (Belgique)

Posté par francesca7 le 27 mars 2015

 

1995-03-bVous voilà de retour après une absence prolongée. Vous n’avez pas trouvé le temps un peu long ? ­

Non. J’en avais besoin pour voyager, redécouvrir certaines choses. Après le film (« Giorgino » sorti un an plus tôt, nda), j’avais envie de faire une rupture, de me régénérer et de me ressourcer.

D’où cet exil momentané à Los Angeles. Les Etats-­Unis, nouvelle terre d’accueil ? ­

J’ai passé neuf mois à Los Angeles : avant, pendant et après l’album. C’est une ville dans laquelle je me sentais bien. J’avais besoin de cette idée d’espace, de perte d’identité pour pouvoir me retrouver. Vivre comme tout le monde, ‘normalement’, c’est important : j’ai pu me promener, faire les gestes de tous les jours sans que l’on m’observe. J’ai le sentiment que les californiens ne jugent pas l’autre. Ils n’ont pas ce jugement si facile que l’on a chez nous, ces regards qui vous dérangent parce qu’ils vous examinent de trop près ou vous considèrent comme anormal. Comme la plupart des personnages publics, vous avez fait les frais de ces commentaires parfois trop hâtifs, on vous a souvent qualifiée de provocante.

Vous n’avez jamais eu envie de remettre les pendules à l’heure ? ­

L’idée de provocation fait partie intégrante de ma vie, sans qu’il y ait derrière cela la moindre revendication. C’est important de provoquer, du moins de susciter une réaction, une réflexion ou une révolte. Mais de là à se focaliser sur un et un seul aspect de la personnalité de quelqu’un, il y a une marge. La notion d’étiquette est parfaitement intégrée dans notre société. Dès l’instant où j’ai accepté de chanter « Libertine » ou « Sans Contrefaçon », je savais que je devais m’attendre à certaines réflexions, mais on ne peut pas faire le procès des choses un peu caricaturales ou réductrices. Dire que je ne suis pas atteinte par ces critiques serait faux, mais je n’y accorde pas beaucoup d’importance. Si les autres ont envie de découvrir d’autres choses en moi plutôt que de bâtir des jugements expéditifs, tant mieux. Sinon, tant pis, ce n’est pas grave. Je vis très bien avec ce que j’ai exprimé. Le premier simple, « XXL », annonce la couleur de l’album : on y retrouve une Mylène Farmer en quête d’amour maximal… ­ Si je devais résumer mes pensées actuelles, c’est vrai qu’elles se dirigent vers ce à quoi nous aspirons tous, je crois, à savoir un peu plus de sécurité et surtout un peu plus d’amour…

Même s’il s’agit d’amours malheureuses, de ruptures ? ­

Je ne sais pas si c’est vraiment ce que j’ai voulu exprimer, mais c’est peut-­être ce que j’ai écrit. Les chansons, une fois qu’on les a composées et interprétées, on s’en dépossède complètement et il est donc intéressant, et même surprenant, de voir les lectures que vous en faites. En ce qui concerne la notion de rupture, je parlerais plutôt d’une élévation : s’élever tout en gardant les pieds sur terre et en essayant de comprendre l’autre en n’oubliant pas que la mort n’est pas une fin en soi. Donc, si rupture il y a, c’est une rupture de l’esprit terrestre avec cette envie d’envisager d’autres choses. Finalement, j’ai peut-­être tout simplement exprimé mon envie de spiritualité.

Vous avez besoin de cette spiritualité ? ­

Oui, fondamentalement. Mais je crois que tous, nous avons besoin de notre dose de spiritualité. On vit dans un monde qui est de plus en plus désespérant et totalement bouché. Pour justifier son existence ici et pour pouvoir l’apprécier, on a envie d’imaginer que la vie ne s’arrête pas une fois que la mort apparaît. Avant, cette notion faisait partie de moi. Aujourd’hui, je n’en veux plus, je ne l’accepte plus. Je suis arrivée à cet état d’esprit grâce à certaines lectures et méditations. J’ai beaucoup appris en lisant « Le livre tibétain de la vie et de la mort ». Il traite de l’importance de donner une qualité à sa vie pour pouvoir envisager sa mort avec une certaine sérénité. Toutes ces notions sont très belles et elles sont porteuses d’espoir. 1995-03-aDans la même lignée, un des morceaux de l’album est basé sur le proverbe chinois (japonais, nda) ‘Tomber sept fois, se relever huit’.

C’est votre devise ? ­

 Je ne me donne pas le droit de tomber, en tout cas pas plus bas que terre. De plus, j’ai toujours cette volonté de relever la tête. ‘Tomber sept fois, se relever huit’, c’est une belle image. Cette notion de résurrection, cette envie de repartir.

Pour en revenir à des choses plus terre à terre, pourquoi cette fuite des médias ?

On ne vous voit que très rarement en promo… ­ D’une part, c’est un exercice difficile pour moi, et d’autre part, je trouve que la justification d’un travail n’est pas indispensable en soi, si ce n’est qu’il faut aussi donner. De même que l’on me donne, je me dois de donner à mon tour. Aujourd’hui, j’ai accepté un petit peu plus l’idée du dialogue, mais je sais que ces moments de promotion resteront rares.

source : Mylène Farmer sans contrefaçon – Entretien avec Cathy TROGRANCIC – 31 OCTOBRE 1995

 

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CONFESSION D’UNE STAR BLESSEE dans VSD

Posté par francesca7 le 27 mars 2015

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À propos de l’aura de mystère qu’on lui prête volontiers :
-Ce mystère, c’est ma nature profonde. C’est la raison pour laquelle je raréfie volontairement mes apparitions publiques. 

À propos de son ouverture au monde :
-J’ai le sentiment de m’être plus ouverte au monde sur le dernier album, mais il est vrai que je ne suis capable que d’envisager mes propres sentiments. L’ennui est un compagnon de longue date, l’activité n’est pas forcément mon mode de guérison : je peux rester prostrée chez moi, ou bien si l’envie m’en prend lire, ou dessiner, ou encore voyager. 

À propos de son séjour aux Etats-Unis :
-Mis à part l’exotisme et l’anonymat, vivre à Los Angeles ne solutionne rien. Paris est aujourd’hui une ville dépressive, plombée par une dépression ambiante. Elle dégage des vibrations qui ne m’aident pas. 

Au journaliste qui évoque la possibilité de se mettre au vert :
-J’ai du mal à envisager une vie à la campagne !

À propos du bouddhisme :
-Il s’agit plus d’une philosophie de la vie, celle qui vous enseigne qu’il ne faut pas s’attacher de façon négative aux gens ou aux choses. Le bouddhisme est un pansement pour l’âme.

À propos de son mal-être :
-Je n’aime pas mon physique, mes doutes. L’amour des autres ne change rien au problème : quand vous exprimez un mal-être, les personnes qui vous aiment finissent par vous conforter dans ce mal-être. 

À propos de sa perception de la scène :
-Un concert est un moment choisi, unique, un moment d’inconscience qui n’appartient à personne d’autre. Bien sûr, une foule anonyme peut être oppressante car ses réactions sont incompréhensibles, mais sur scène je la désire.

À propos du fait qu’elle fonde en larmes parfois sur scène :
-Cela m’arrive quand un thème me touche particulièrement. J’ai remarqué que l’émotion me submerge plus spécialement sur les morceaux lents. 

À propos du trac avant de monter sur scène :
-Chez moi, cela ressemble à des angoisses, à des nœuds. Quand ils sont trop serrés, j’ai envie de tout arrêter !

À propos de ‘ceux de ses fans qui la considèrent comme une déesse vivante’ :
-J’espère qu’ils ont autre chose dans la vie que leur passion pour moi. Pour cette raison, j’ai toujours refusé l’idée d’un fan-club. Je ne réponds pas au courrier, en ce sens que je n’entretiens pas de correspondance, mais je renvoie une dédicace à ceux qui me le demandent. 

À propos de sa famille et de son enfance :
-Je refuse de parler de ma relation avec mes parents pour les protéger et me protéger. J’ai effacé mes souvenirs parce que ça ne m’intéresse pas. Je préfère aujourd’hui à hier et je refuse de penser au futur. Je me voyais plutôt actrice que chanteuse. Je n’admirais personne. Parfois, quand je sortais du cinéma, je rêvais d’être à la place d’une actrice. 

À propos de l’échec de « Giorgino » :
-Quand je fais quelque chose, j’envisage toujours la possibilité d’un échec. Même si celui-là fut violent, je n’en souffre plus. Je ne comprends pas les raisons de mon échec. Depuis, je me pose une question : est-ce que les gens ont envie de voir autre chose de moi que ce qu’ils connaissent déjà ?

À propos de ses envies de maternité :
-Cette envie d’avoir un enfant est assez récente. Il me semble que cela est presque indispensable pour une femme ! Bien sûr, avoir un enfant nécessite d’avoir une vie plus ‘programmée’, mais je crois que la chose essentielle, c’est d’abord l’acceptation de soi. 

À propos de s’imaginer dans le futur :
-Le vieillissement des cellules me terrifie. S’il s’agit de voyager dans le temps, c’est plutôt une chose bénéfique !

À propos de la possibilité de casser son personnage public :
-Oui, c’est une idée qui me traverse l’esprit. J’y pense régulièrement. Je sais que j’arrêterai beaucoup plus tôt que d’autres. J’espère avoir cette honnêteté de mettre un terme à ma carrière lorsque la lassitude deviendra trop importante, ou lorsque je m’essoufflerai. 

source : 5 DÉCEMBRE 1996 – Journaliste : Olivier Wicker

 

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L’ORIENT D’UNE PERLE D’OCCIDENT, Mylène

Posté par francesca7 le 26 mars 2015

 

mylene-farmer-photo-facebookÀ propos de sa chute de scène à Lyon quelques mois plus tôt :
-Je me demande si ce n’était pas une bénédiction. Non, je voulais dire le contraire ! Une malédiction !

À propos du fait que son silence laisse le champ libre à toutes les interprétations :
-Je préfère être un morceau de savon humide qu’on a du mal à saisir. 

À propos d’un rêve :
-Un rêve est ma seule mémoire d’enfance : un lit immense, des draps blancs. J’y suis blottie en position de fœtus. Devant moi, un énorme cordon ombilical, vraiment énorme. Il m’incombe de le couper, mais comment ? Avec les dents ? Je ne suis qu’une enfant…

Les questions suivantes sont rédigées de manière plus conventionnelle :

J’avais de vous une image d’espièglerie intelligente, saine et décapante. Sous la plume de mes confrères, il est question de morbidité, de voluptés décadentes…
-Morbidité, mordre à la vie, le goût du néant répond à un goût d’absolu : un dessin animé comme « Bambi » est coloré de morbidité. C’est vrai que j’ai voulu évoquer le trouble, la confusion des sentiments. Je ne me justifie pas. Je ne me résume pas à des chansons, mais à travers elles –« Libertine »« Désenchantée »« XXL »« Sans Contrefaçon » ou « Sans Logique »- j’ai exprimé ce que j’ai réellement ressenti : oui, je me suis promenée un mouchoir dans le creux de mon pantalon ; oui, qu’on soit des filles de cocktails, des filles rares ou des fleurs de trottoir, qu’on fasse la une des magazines, toutes les filles ont besoin d’amour, d’un amour extra-extra-large ! Naguère, j’ai hanté les cimetières. Il y a toujours quelque chose de fascinant dans le spectacle de la fin, mais le mystère c’est que la vie ne connaît pas de point final. la fin marque l’aurore d’un monde nouveau à venir. Maintenant, je me sens moins oppressée par la mort : d’une, je suis apaisée à l’idée qu’il y ait une vie après, deuxièmement la notion du non-attachement et de l’impermanence m’intéresse. Saisir l’instant, accepter les métamorphoses, l’éphémère, le mouvement… On a besoin d’amour, mais j’aime les dialogues silencieux, ceux que l’on entretient avec les livres, avec la poésie. Une présence humaine à ses côtés, c’est bien mais pas suffisant. Après le désenchantement, l’anamorphose : je suis en pleine renaissance !

1995-03-d‘Anamorphose’ ? Le Petit Robert –qui n’est pas infaillible- dit : ‘image déformée et grotesque donnée par un miroir courbe’
-C’est un grand angle. Pour moi, ce mot signifie à la fois une perception plus large du monde et un moyen de rassembler toutes ses impressions, toutes ses sensations en une seule image. 

Dans vos chansons et vos clips, la violence est surtout dans la musique et l’image…
-Quand la frustration est trop forte, je ne dirais pas ‘violence’, mais ‘énergie’. 

Vous n’avez pas de souvenirs d’enfance, mais avez-vous envisagé d’être mère ?
-L’idée de l’adoption me plaît. J’ai toujours été perturbée par la prolongation de soi, mais maintenant je peux y penser. 

 

source : ANGELINE’S : NOVEMBRE 1996 – Journaliste  : Mohand Mestiri

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MYLENE ALCHIMISTE

Posté par francesca7 le 26 mars 2015

 

 

images (2)Avant d’accepter de nous rencontrer, vous avez demandé à lire l’interview que vous nous avez accordée il y a six ans. (cf. « Le Soir » 12.10.1989, nda) Pourquoi ?

-Ca ne vient pas de moi, mais sûrement d’une personne qui travaille pour moi. Je ne peux donc pas vous répondre. 

Il y a trois ans, vous aviez refusé de nous rencontrer, ainsi qu’un confrère, parce que paraît-il vous n’aviez pas apprécie nos comptes rendus du concert à Forest National. Aujourd’hui, vous voulez bien. Pourquoi ? 

(Thierry Coljon fait allusion à une campagne menée par lui-même et Rudy Léonet suite au refus de la chanteuse de se faire photographier sur scène par la presse locale pour dénoncer cette attitude, quoique commune à beaucoup d’artistes. En parallèle à cet entretien accordé par Mylène à Thierry Coljon, Rudy Léonet publiait une lettre ouverte à la star dans Télé Moustique pour une fois encore critiquer sa méthode de communication au titre qu’elle avait refusé qu’il participe à cette interview. Cette campagne a continué par la suite, toujours menée par ces deux journalistes, avec comme dernier exemple en date un article sur le Tour 2009, nda.)
-J’ai cette faculté d’oublier le passé, à savoir des choses que je ne juge pas essentielles de retenir. En ce sens, je ne peux une fois de plus pas formuler de réponse. C’est le moment présent qui est important, c’est tout ce que je peux dire. Je n’ai donc rien à dire là-dessus car je n’en ai pas le souvenir. Je ne peux pas être plus sincère que ça. 

Venons-en donc dans le vif du sujet : ce nouvel album mettant fin à un long silence entrecoupé d’un film, « Giorgino », qui a été un échec…

-Un film qui a été un peu la nature de ce silence, tout de même, car celui qui a réalisé ce long-métrage est aussi mon compositeur. L’échec a été plus difficile à vivre pour Laurent que pour moi puisqu’il est l’initiateur et le créateur de « Giorgino ». Moi, je n’ai retenu que l’expérience agréable du tournage. Après, on se dépossède de la chose. D’autre part, j’ai toujours en moi l’idée de l’échec. L’échec de « Giorgino » a été désagréable évidemment, mais de là à dire que ça a ruiné ma vie : en aucun cas. Si ce nouvel album ne doit pas marcher, j’en serai attristée –c’est normal- mais je ne suis pas attachée à cela. Je dédramatise les choses, c’est assez nouveau pour moi. Si un disque ne marche pas, est-ce que ça veut vraiment dire que vous n’êtes plus aimée ou simplement que ce n’était pas le bon moment ? C’est ce que j’ai essayé de décrire dans « L’Instant X », par exemple, où il y a toute cette concentration d’éléments qui font que quelque chose va ou ne va pas naître. Et puis, j’ai toujours pensé que si je devais m’effacer, je m’effacerais. C’est de la pudeur plus qu’autre chose. 

Dans quelle mesure « Anamorphosée » découle-t-il de « Giorgino » ?
-Dès la sortie du film, moi, je suis partie aux Etats-Unis et je suis restée là-bas neuf mois. J’ai eu une coupure avec le monde d’avant. L’idée de prendre ses bagages, de n’avoir aucune racine, c’est assez nouveau pour moi. C’est la première fois, depuis les dix ans que je travaille, que j’ai ressenti ce sentiment de liberté, de vivre réellement. Vivre à Paris, ça me devenait insupportable –même si on est responsable de ça : il arrive un moment où on s’enferme dans ses propres névroses, ses propres angoisses. Je finissais par m’enfermer et perdre quelque chose de fondamental : le succès vous isole, donc ça s’était accentué. 

images (3)Vous êtes-vous sentie à un moment agressée ?
-En aucun cas. La pression venait de l’intérieur, de mon regard sur l’autre. Etant de nature plutôt discrète, ou mystérieuse si vous préférez, je suis beaucoup moins exposée à une certaine presse, peut-être aussi parce que j’évite de me mettre les seins nus au bord d’une piscine. Mais je ne fais pas de procès des artistes qui le font, les procédés de ces journaux à paparazzi sont de toute façon détestables. Ces gens-là me poursuivent tout de même, plus facilement à Los Angeles qu’à Paris, parce qu’il y a l’exotisme. À Los Angeles, j’ai adopté un tout autre art de vivre. Je me déplace : bizarrement, je conduis là-bas, mais pas ici. J’avais besoin de tourner la page. Si on a réalisé l’album là-bas, c’est uniquement parce que j’y étais déjà. Laurent m’y a rejoint. 

En découvrant les photos signées Herb Ritts, la tentation est grande de faire un rapprochement avec Madonna (le photographe a fait de nombreuses séances avec Madonna et réalisé l’un de ses clips, nda). Si on vous appelle la Madonna française, prenez-vous cela pour un compliment ou une insulte ?
-Je pense d’abord qu’elle est une artiste courageuse et de grand talent, que je n’ai jamais rencontrée mais je crois qu’elle me connaît –c’est du moins ce qu’on m’a dit. Toutes les deux, on a certainement en nous ce goût pour la provocation, d’évoquer des non-dits et peut-être cet intérêt pour l’image. Apparemment, c’est aussi une grande bosseuse et c’est vrai que j’aime assez le travail. 

Dans l’ensemble, les textes de cet album-ci sont plus pudiques, moins provocateurs justement. Vous y êtes plus allusive…
-Je crois que c’est une question de temps qui passe et d’un être qui change, en mouvement constant. Des choses fondamentales qui ont changé dans ma vie et ont engendré ces idées-là. Je ne pense pas que ça soit une notion de pudeur mais d’un intérêt qui est autre, tout simplement.

« Eaunanisme », au-delà du jeu de mots, est-ce une exception à ce changement ?

-J’ai essayé d’évoquer l’écriture : la liberté de la poésie, du lecteur qui essaie de puiser plus des sensations qu’une réelle explication sur un sujet. J’ai voulu parler de l’écriture, de sa sensualité, du plaisir solitaire de l’écrivain.

Y a-t-il un livre qui vous a marquée ces derniers temps ?

-Oui. Comme beaucoup de personnes, j’ai été beaucoup touchée par « L’Alchimiste » de Paulo Coelho, qui traite d’un sujet merveilleux. Indépendamment, j’aime l’histoire de ce livre qui voyage dans le monde entier. C’est un objet qu’on offre en cadeau à quelqu’un. Ce voyage, également spirituel, est justement le sujet principal de ce livre. Il y a aussi un livre que j’ai évoqué dans le livret de l’album : « Le livre tibétain de la vie et de la mort » de Sogyal Rinpoche, qui est un livre magnifique qui parle du bouddhisme, de sagesse, de l’acceptation de la mort, et donc de la vie. 

Le fait de ne pas fréquenter le petit milieu du show-biz et d’avoir un succès important, cela vous isole et crée des rancœurs et des incompréhensions. On a le droit de vous considérer, de loin, comme hautaine, distante, prétentieuse ou capricieuse, de penser que vous vous trouvez très différente des autres. Vous est-images (4)il si difficile d’avoir des relations simples avec les gens du métier ?

-Je crois que j’ai cette capacité. C’est vrai que j’ai fait un travail sur moi-même. En parlant d’enfermement et de tout ça, j’ai toujours en moi cette attirance pour le néant mais avec le temps, je m’aperçois que ça devient stérile. C’est toujours en moi, mais je me suis rendu compte qu’il y a des urgences qui me poussent à aller voir au-delà. Il y a aussi une timidité de ma part, mais cette timidité que je décèle chez l’autre, parfois je ne la comprends pas totalement. On peut parfois mal l’interpréter. Il y a parfois des gens qui fabriquent de fausses timidités, c’est vrai. Dès l’instant où vous refusez un échange entre un média et un artiste, cela crée ou un mystère, ou une tension, cela j’en suis consciente. Pour moi, c’est une forme de protection. C’est une non-envie de la justification, car elle peut parfois être détournée ou désagréable, tout simplement. Donc là, je vois très peu de personnes avec qui j’accepte d’avoir un échange. Le qu’en dira-t-on ne m’intéresse pas. Me sachant maintenant sous les projecteurs, je sais qu’il va y avoir des personnes qui vont me détester, ou m’aimer, ou être indifférentes. C’est comme ça… 

 

source : LE SOIR (BELGIQUE) – 25 OCTOBRE 1995 Journaliste :  Thierry Coljon

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Mylène Farmer, chanteuse désenchantée

Posté par francesca7 le 26 mars 2015

 

1991-01-aVotre première tournée fut un triomphe. A cette occasion, vous avez aussi rencontré votre public pour la première fois : comment l’avez­-vous trouvé ?

­ Je ne suis toujours pas sûre de savoir à quoi ressemble mon public. Je sais seulement qu’ils ont en commun l’envie et la recherche d’émotions intenses…

Au milieu de cette tournée, vous avez sorti un 45­ trs intitulé « A Quoi je Sers… ». Etrange interrogation de la part de quelqu’un qui est acclamé comme vous…

­ Il serait prétentieux de me considérer comme une personne utile à la société –je veux dire vraiment utile. Je ne pense pas que des applaudissements, même s’ils sont une belle récompense pour un artiste, apportent une réponse à cette question.

Votre nouvel album s’intitule « L’Autre… ». N’est­ce pas une réplique au titre de votre précédent album, « Ainsi Soit Je… » ?

­ Oui, mais ce n’est apparu qu’après la décision du titre du nouvel album. Cet autre pourrait être un autre moi-même.

Pas réellement un être physique, mais une présence qu’on a tous au- dessus de nous, qui nous protège, nous guide et parfois se révolte contre nous. J’ai cherché un mot qui puisse inclure tous les aspects de cette sensation. Schizophrénie ? Le terme exact serait plus poétique, moins clinique…

Sur cet album, vous dites être d’une génération désenchantée. Pour la première fois, vous ne parlez plus seulement en votre nom…

­ Je ne dis pas que nous sommes d’une génération désenchantée, mais que je pense appartenir à une génération de gens déçus par la vie. C’est une opinion personnelle, je ne suis pas un porte­drapeau.

Comment peut­on se sentir déçue par la vie lorsque l’on vend plus de deux millions de disques ?

­ Le vrai bonheur est ailleurs. Je pense que beaucoup de gens se sont retrouvés dans ma façon de parler de la tristesse et de la mélancolie. Une vie professionnelle comblée ne répond pas forcément à toutes les questions que l’on se pose sur la vie, avec un grand ‘v’.

A la suite de vos fameux vidéo­clips, est­il vrai que vous préparez un film pour le cinéma avec Laurent Boutonnat, votre complice dans le domaine musical ?

­ Oui, mais réunir le budget qui permettrait d’entamer sérieusement le tournage prend énormément de temps.

En réalité, c’est le projet de Laurent, il m’est difficile d’en parler avant le premier jour de tournage. Pour l’instant, c’est son film plus que le mien.

Vous restez très secrète : qui sont vos amis ?

­ Des artistes : peintres, stylistes ou photographes. Il y a un point commun entre tous mes amis proches : à un stade de notre relation, nous finissons toujours par travailler ensemble !

Pour la première fois, il y a un intrus sur votre album puisque la chanson « Regrets » est interprétée en duo avec Jean­Louis Murat…

­ J’aimais beaucoup son univers et nous nous sommes écrit. Il a accepté de chanter avec moi, du coup j’ai écrit le texte de cette chanson en pensant à lui, à son écriture et à son amour des mots. C’est aujourd’hui un ami très cher.

Vous regrettez parfois de ne plus être un visage anonyme ?

­ J’ai toujours voulu être connue ou reconnue, c’était ma raison de vivre. Je me débrouille pour que la célébrité ne me mette jamais dans des situations embarrassantes.

Pensez­vous que les gens trouvent dans vos chansons des choses que vous n’y aviez mises intentionnellement ?

­ Oui, mais c’est normal. C’est même réconfortant. C’est pareil quand on voit un film ou quand on lit un livre.

Quand l’auteur a fait son travail de création, c’est au public de faire le sien en utilisant son imagination.

source : L’HEBDO AU FÉMININ (Belgique) – 1er AVRIL 1991 – Entretien avec C. TABATHA

 

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MYLENE UNE ROUQUINE DANS LA BAGARRE

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

 

1991-15-bA propos des interviews :

­ Je ne donne pas beaucoup d’interviews. Penser que des gens à côté pourraient entendre…

A propos de l’hiver :

­ J’aime l’hiver. C’est tellement moins vulgaire que le soleil, les vacances, les maillots de bain.

A propos de sa timidité qui la fait rougir très souvent :

­ Et cela peut aller si vite aux larmes !

A propos de son enfance :

­ Je n’ai pratiquement aucun souvenir. Et je sais, au fond de moi, pourquoi j’ai tout occulté.

A propos de son domicile :

­ Mon appartement est rouge et noir.

A propos de ses goûts culinaires :

­ Ma nourriture préférée ? Je n’aime pas manger. Peut­être les sushis…

A propos de ses goûts vestimentaires :

­ J’aime être emmitouflée.

A propos de ses animaux de compagnie :

­ Je vis avec mes deux singes capucins. Ils sont très bien élevés !

A propos de son comportement dans la rue :

­ J’ai peur des gens. Ma chevelure attire l’œil et la curiosité : même à l’étranger, les gens qui ne me connaissent pas me parlent d’elle.

A propos du récent drame, quelques semaines auparavant, où un fan a abattu le standardiste de Polydor en voulant la rencontrer :

­ On m’a proposé de me protéger, j’ai refusé. Il ne faut pas penser à soi, mais à celui qui est mort, qui n’y était pour rien. C’est choquant, évidemment. Forcément culpabilisant.

A propos de son pour la provocation qu’on lui prête souvent :

­ Nous vivons dans une société très frileuse. Si je fais de la provocation, elle est vraiment sage.

A propos du sexe qu’elle a beaucoup abordé frontalement au début de sa carrière :

­ Le sexe était d’abord une façon de me protéger…

A propos de Dieu, que la journaliste trouve très présent dans le dernier album :

­ Je ne crois pas en Dieu, mais j’aime ce mot. Cioran disait ‘Le vide s’appelle Dieu’.

A propos de la trentaine qu’elle aborde tout juste :

­ L’âge est parfois méchant…

A propos des enfants ­ qu’elle ne compte pas avoir :

­ Je ne saurais pas les aimer…

A propos de sa crainte de l’avenir :

­ Si un jour on m’oublie, je disparaîtrai.

A propos de la méthode qu’elle emploierait alors pour disparaître, entre revolver et somnifères… :

­ Je choisirai la méthode douce.

source : ELLE – 23 DÉCEMBRE 1991 – Rencontre avec Véronique PHILIPPONNAT

 

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COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL interroge Mylène

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

 

French Singer Mylène FarmerCe métier est plein de facettes. Avez­vous une préférence : sortir un disque, être sur scène…?

­ J’ai besoin de tout. J’aime écrire les textes de mes chansons mais j’ai également besoin de retrouver l’émotion que l’on éprouve en étant sur scène. C’est pour moi un véritable combat. Je suis plutôt discrète, mais dans ces moments­là tout est décuplé : sentiments, impressions, capacités…On est à la fois conscient et complètement inconscient. Il est difficile d’exprimer ce que l’on vit, mais c’est une émotion énorme. J’aime aussi faire des clips. L’histoire vient d’abord du texte de la chanson, mais également du dialogue que j’ai avec les gens qui m’entourent. En fait, j’ai toujours besoin de plus et d’aller plus loin.

N’aimeriez­vous pas faire du cinéma ?

­ Le cinéma est effectivement un projet. J’ai eu quelques propositions depuis deux ans, mais je n’ai pas le temps d’y songer sérieusement. Mon film culte est « La fille de Ryan », j’ai adoré aussi « L’important c’est d’aimer ». Je trouve les films de Bergman, de Spielberg et les anciennes productions splendides, certainement parce que j’ai du mal à me projeter dans notre époque. J’aime l’ambiance de ces films et l’élégance des vêtements d’autrefois. Il me semble qu’il y avait une histoire dans chacun d’eux, alors que ceux que l’on fait actuellement n’ont pas d’âme.

Qui crée vos costumes de scène ?

­ Thierry Mugler a créé les costumes du spectacle du Palais des Sports en mai dernier et ceux de Bercy.

Nous lui présentons le projet de la scène, et lui propose ses idées. Il a une démesure étonnante et sait faire abstraction de la mode. Le spectacle de Bercy sera exactement le même que celui de ma tournée en province. Nous avons essayé de créer un personnage qui évolue dans le temps en jonglant avec les ambiances et les saisons. Il y a en tout sept changements de costume.

Et vos cheveux ?

­ Ma coiffure reste très simple, je n’aime pas être sophistiquée. Je n’aime même pas l’envisager, cela ne va pas du tout avec mon caractère. Je préfère le dépouillement. Vous voyez : pas de vernis, pas de boucles d’oreilles, sinon j’ai l’impression d’être travestie. Si je porte un bijou, il est toujours très sobre.

Vos créateurs préférés ?

­ J’apprécie beaucoup ce que fait Roméo Gilli, Thierry Mugler bien entendu, Azzedine Alaïa et Fayçal Amor.

Mais je vais voir peu de défilés car je n’aime pas l’effervescence et je n’aime pas être prise en photo. Donc plutôt que de me trouver dans une situation de conflit, j’évite de me rendre dans les lieux où je vais rencontrer journalistes et photographes. Je me promène de temps en temps dans le Marais et vers la place des Victoires, où il y a de très belles boutiques.

Il paraît que vous collectionnez les chaussures…

­ En effet, je voue une véritable passion aux chaussures ! Pour les bottines très fines et les chaussures plates. Je vais souvent chez Stéphane Kélian, Philippe Model et Charles Kamer. Je ne suis pas conservatrice, sauf pour les chaussures dont je n’arrive pas à me défaire et pour mes costumes de scène. Cela me plairait de constituer un petit musée à titre privé !

Comment vivez­-vous la mode au quotidien ?

­ La silhouette que je préfère est celle de Katherine Hepburn : chemise, gilet et pantalon. Une apparence masculine qui est en fait extrêmement féminine. J’ai complètement banni jupes et robes, je m’habille de façon décontractée. Cela ne veut pas dire blue­jean / baskets, disons plutôt faussement décontractée, car j’aime l’élégance. Je porte des vêtements aux formes et aux couleurs sobres. Je trouve le pourpre très beau mais je n’en porte pas souvent, simplement parce que l’on n’en trouve pas. J’adore le blanc cassé, le noir et les tons pastel. Je préfère les vêtements d’hiver à cause de l’atmosphère de cette saison. Un grand bonheur serait d’aller faire un jour un reportage sur la banquise !

Vous devez aimez les matières confortables…

­ Je suis fascinée par le cashmere, le velours de soie et par la soie d’une façon générale. En Inde, j’ai vu des tissus fabuleux…

Vous avez beaucoup voyagé ?

­ 1989-17-bNon, très peu. Avant, je n’en éprouvais pas l’envie. Maintenant si, mais je ne trouve pas le temps ! J’aimerais retourner en Inde pour y faire quelque chose d’utile. Je n’ai pas un tempérament à apprécier le farniente, je m’ennuie très vite en vacances. En plus de découvrir un pays, il me faut un but. La Russie m’attire, mais je ne veux pas m’y rendre en tant que touriste puisque l’on ne voit rien. Je veux être en contact avec les gens des campagnes et approcher des choses fondamentales.

Vous ne parlez pas du Canada…

­ Je n’ai pas envie de retourner au Canada, ce pays me semble trop calme. Par contre aller aux Etats­Unis, ça, oui ! Pour moi, c’est un pays de gagnants, un pays qui bouge. J’ai une vie très remplie, le mode de vie des américains me plairait certainement.

Les américains sont fervents de sport, vous pratiquez une activité sportive régulièrement ?

­Je fais du jogging dans la forêt du bois de Boulogne. Au départ, je courais pour avoir de l’endurance, pour être en forme sur scène, et puis j’ai continué. C’est un bienfait extraordinaire. Je suis très persévérante, un peu bornée, même ! Je vais au parc Monceau quand j’en ai l’occasion, mais pour m’y promener simplement.

Faites­vous attention à votre image ?

­ Je ne fais pas une fixation sur mon image, mais j’ai un minimum d’hygiène de vie, bien sûr. Par contre, je ne fais pas très attention à ce que je mange, c’est trop triste de se priver ! Pour les photos, c’est vrai que je suis vigilante. J’ai un droit de regard. Ce que je ne peux hélas contrôler, ce sont les tournages télé. Je trouve la lumière rarement belle, l’ambiance est peu propice à de belles images.

Vous avez une peau magnifique : un tel atout ça s’entretient par des soins en institut, des crèmes…

­ Je ne fréquente absolument pas les instituts ! Cela me dérange et je ne m’y sens vraiment pas à l’aise. J’utilise une crème pour mon visage, c’est tout. Je ne suis pas du style à essayer les dernières crèmes qui sortent sur le marché, ça ne m’intéresse pas.

Etes­vous également fidèle à un seul parfum ?

­ J’adore les parfums. Je porte Shalimar qui est pour moi l’évocation du passé, Heure bleue, Chloé et Femme de Rochas.

Je crois que c’est Alain Divert qui vous a transformée en rousse. L’idée vient de qui ?

­ Bertrand LePage m’a donné l’idée de changer de couleur. D’ailleurs, maman est rousse. Alain Divert m’a fait ma première coloration, un roux plus électrique que maintenant. Nous avions de très bonnes relations mais à présent, je vais dans un petit salon où l’ambiance est presque familiale. Je m’y sens mieux que chez un grand coiffeur. Je me rends une fois par mois chez Margaux. Elle me coiffe de façon très naturelle : catogan ou cheveux défaits, parfois relevés mais cela n’a rien d’habituel. Chez moi : shampooing Phytosolba et après-shampooing.

Ah, je vais peut­être couper mes cheveux ! La décision n’est pas facile à prendre mais j’aime beaucoup le style garçonne qu’avait Jane Birkin au temps de « Je t’aime moi non plus ». Vous me verrez avec des cheveux courts, mais pas avant un an. (Mylène se fera effectivement couper les cheveux très courts par Jean­Marc Maniatis en janvier 1991, nda)

C’est vous qui avez lancé la mode du catogan. Cet hiver, les deux points d’orgue de la coiffure sont les rousses et les coupes boule. Vous lisez les magazines de mode ?

­ Je lis n’importe comment, je ne suis pas attachée à un magazine. De temps en temps, il m’arrive d’avoir de véritables boulimies de magazines !

 

source : DÉCEMBRE 1989 – Un sourire au bord de la fêlure – Entretien avec Valérie le MOUËL

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RADIO JAPONAISE s’intéresse à Mylène

Posté par francesca7 le 21 mars 2015

 

radio-02-aAprès une présentation rapide de la chanteuse, on entend donc celle­ci s’exprimer, en français évidemment.

Ses propos ne sont pas parasités par une traduction simultanée, au contraire : la traduction est faite par une voix féminine après chaque intervention. Celles-ci sont séparées par des extraits de l’album « En Concert », notamment « Maman a Tort » et « Mouvements de Lune ».

A propos de sa reprise sur scène de « Je voudrais tant que tu comprennes » :

­ La première chanteuse qui l’a chantée (Marie Laforêt, nda) s’adressait sans doute à une autre personne.

Moi, quand je l’ai choisie, c’était dans le but de m’adresser à un public qui était venu me voir, qui s’était déplacé donc c’est pour ça que les gens réagissaient, c’est vrai, à chaque mot, à chaque évocation et puis parce qu’il y avait, oui, on peut parler d’une émotion de la part du public et ma propre émotion. C’est évidemment ce que j’attendais du public aussi, mais il s’est passé ça parce que avant toutes ces chansons il s’était déjà passé autre chose et que c’est vrai que c’est la plus belle chose pour un artiste que d’avoir ce genre de réactions.

On fait ce métier pour être aimé, aussi ! (rires)

A propos de son hygiène de vie :

­ Par rapport à la nourriture, donc, j’ai pas de régime spécial. J’en ai eu un pendant la préparation de la scène :  pendant quelques temps, j’ai fait beaucoup de sport, déjà pour me préparer justement à une condition physique et fatalement on est obligé de faire attention aussi à ce qu’on mange, c’est­à­dire que j’ai essayé de ne pas boire trop de Coca Cola et de choses comme ça ! Mais aujourd’hui, je n’ai plus de régime du tout, non. C’est pas quelque chose qui me préoccupe beaucoup. Quant aux costumes, je vois pas l’allusion directe mais en tout cas, j’aime les habits, j’aime beaucoup les stylistes. Ca, oui, c’est quelque chose d’indispensable pour moi que de rechercher toujours des nouveaux costumes.

A propos des différents artistes qu’elle cite en référence :

­ On peut aimer tous les genres, j’espère ! Spielberg n’est pas si loin, pas si éloigné non pas de l’univers de Poe et de Baudelaire mais c’est quelqu’un qui à chaque image suggère une émotion, et c’est un peu ce que je retrouve, moi, dans la lecture d’un Baudelaire ou d’un Edgar Poe. C’est vrai que les deux autres sont beaucoup plus tourmentés. Je crois qu’il (Spielberg, nda) a un regard d’enfant, et en fait c’est peut­être… Est-ce que c’est quelque chose de commun entre eux tous ? Peut­être.  Et puis, tout est poétique : les trois, je crois, sont poétiques. De toute façon, tous évoquent le rêve ou le cauchemar. Voilà, ça c’est vraiment quelque chose qui est très présent chez les trois.

L’entretien se clôt par la diffusion de « Plus Grandir » (live)

source : 1990 – Dans le cadre de la promotion de l’album « Ainsi Soit Je… » exporté à l’international en cette année 1990, une station de radio japonaise s’intéresse à Mylène Farmer.

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Mylène Farmer n’est pas celle que l’on croit

Posté par francesca7 le 17 mars 2015

 

 « Je n’ai pas l’impression d’être un objet du désir, ou alors je dois me voiler la face inconsciemment. »

1988-26-bA propos de son enfance :

­ A cette époque- là, j’étais une petite fille plutôt renfermée. Je ne pensais pas vraiment à la chanson. Je n’achetais pas de disques, ma seule passion était les animaux. J’ai vécu très mal le passage de l’enfance à l’adolescence. Heureusement, je portais en moi la conviction très forte que j’allais réussir dans un domaine artistique, mais je ne savais pas encore lequel.

A propos de « Plus Grandir », son premier texte en tant qu’auteur :

­ C’est le premier texte que j’ai écrit, il est très important pour moi. Aujourd’hui j’ai ‘grandi’ dans la forme mais pas dans le fond…

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat et de son entourage professionnel :

­ Il cherchait quelqu’un pour enregistrer « Maman à Tort ». Mon physique de l’époque correspondait complètement à la chanson. J’ai fait ce premier disque dans une inconscience totale. C’est sur « Libertine » que je me suis rendue compte de la différence entre un succès d’estime et un succès médiatique. Et là, j’ai peur de ne pas arriver à assumer… Dans ce métier, c’est très important d’être rassurée, poussée par quelqu’un. Mon manager, Bertrand Lepage, a été pour beaucoup dans ma transformation physique depuis « Maman a tort » et dans le fait que j’ai pris confiance en moi. Ensuite c’est vrai, il y a beaucoup de travail.

A propos de son succès et de sa façon de le gérer :

­ J’ai toujours voulu être connue, alors je ne vais pas dire que je n’aime pas ça, mais quelquefois c’est difficile à assumer. On n’a pas toujours envie du regard des autres. Je n’ai jamais rêvé d’une sérénité parfaite, mais la réussite n’a pas vraiment calmé mon mal de vivre…

A propos de son goût grandissant pour l’écriture :

­ Je n’ai jamais écrit de poèmes quand j’étais petite, et le goût de la lecture m’est venu assez tard, vers dix- sept ans. Pour écrire, j’ai besoin de la musique comme support. Je crois que je ne pourrais pas écrire de chansons vraiment gaies. L’album « Ainsi Soit Je… » est comme une sorte de journal de bord.

A propos du sentiment de déception par rapport à la vie :

­ C’est difficile à dire, mais il est certain qu’il y a un fossé entre ses rêves d’enfant et ce que l’on vit vraiment…

A propos de son rapport à sa propre image :

­ J’aime mon physique trois minutes par jour. Je sais tout ce qu’on peut faire avec un appareil photo ou une caméra. J’en connais tous les mécanismes et cela ne me rassure pas. Je sais simplement que je suis photogénique. Je consacre beaucoup plus de temps qu’avant à mon physique. Je me regarde dans les vitrines, et sur les tournages j’ai toujours besoin d’avoir un miroir à portée de main. J’achète toutes les crèmes et je me laisse facilement influencer par la publicité !

A propos de sa passion pour les vêtements :

­ J’adore les vêtements et les belles matières. Enfant, j’aimais le rose, le jaune, les couleurs vives. J’avais parfois vraiment mauvais goût ! Maintenant, je préfère les couleurs sombres, le classique. J’ai un net penchant pour les chaussures, que je collectionne.

A propos de son besoin d’être toujours occupée :

­ J’ai toujours peur d’une punition divine quand je suis inactive.

A propos de ses goûts musicaux en général :

­ J’ai une préférence pour les instruments mélancoliques, comme le violon.

A propos de ses envies de cinéma :

­ J’en ai très envie, mais je ne sais pas encore comment ça se fera…

1988-26-aA propos du spectacle qu’elle prépare pour le Palais des Sports en mai 1989 :

­ J’en rêvais ! C’est l’obstacle le plus haut, et j’ai un trac fou rien que d’y penser. On va travailler cette scène comme un scénario de film. Il y aura un personnage central et une histoire. Le contact avec le public est la plus grande jouissance pour un chanteur.

A propos de l’amour en général :

­ C’est une succession de désillusions avec des moments forts. Le mariage ? Oui, l’idée me séduit pour la beauté…

 

SOURCE :  STAR CLUB – NOVEMBRE 1988 – Entretien avec Judith CARRAZ

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Mylène la féline fait patte de velours

Posté par francesca7 le 17 mars 2015

 

1986-31A propos de la provocation :

A travers les textes et les images de mes chansons, oui, je provoque. Mais cette provocation sert à alimenter des sujets comme la mort, la nudité, rarement exposés dans les clips.

A propos de sa vision de l’amour :

Il faut faire de soi ce qu’on a envie. On peut avoir un grand amour et plusieurs autres différents. C’est un peu comme en littérature : on aime particulièrement un écrivain, mais d’autres auteurs peuvent nous apporter de nouveaux plaisirs…

A propos de la façon dont elle appréhende le rapport aux autres :

Je ne cherche pas que des rapports positifs. Le négatif apporte également une certaine jouissance. En fait, la recherche des plaisirs ne passe que par le vice !

A propos de sa propension à aimer des choses différentes :

J’aime basculer d’un extrême à l’autre. Par exemple, je rêve d’une maison avec des multitudes de pièces, et chacune recréerait une ambiance, un univers différent.

 source : TÉLÉ POCHE – 29 DÉCEMBRE 1986 – Entretien avec Sylvie N’Guyen

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Mylène Farmer, marquise de Sade

Posté par francesca7 le 17 mars 2015

 

1986-03Comment as­-tu débuté dans le métier ?

­ Avant de me lancer dans la chanson, j’ai suivi des cours de théâtre, et je pense de toute façon que mon métier n’est pas loin de la comédie.

Après « Maman a tort », « Plus Grandir », aujourd’hui « Libertine ». Est­-ce une évolution dans le texte comme dans l’image que tu souhaites donner de toi ?

­ Je suis une contradiction ambulante, j’ai envie de faire ce métier le plus mieux possible. C’est vrai que cette profession est cruelle, c’est de nos jours plus difficile que dans les années 1960/1970. Maintenant, on parle en produit, en tube. L’effervescence des médias a fait changer les choses et nous forcé à évoluer, comme à choquer parfois.

L’image, le look, la scène, ça représente quoi pour toi ?

­ Le look, c’est important autant pour un garçon que pour une fille. Cure est reconnu pour leur rouge à lèvres, par exemple. C’est capital d’avoir un look défini soit par l’aspect, soit par le texte ou la musique. En ce qui concerne l’image, j’apporte beaucoup de soins aux clips que je fais. J’imagine le story ­board, le scénario, je mets mon grain de sel afin d’en faire un véritable film. Quant à la scène, c’est un gros travail personnel. Je m’y prépare, j’ai des milliers d’idées. Je vais voir les autres pour regarder ce qu’il ne faut pas faire.

 source FUN MAG – JUIN 1986

 

 

 

 

 

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A MILLE LIEUX….. sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 mars 2015

 

Dans l’actualité autour de Mylène Farmer est sorti depuis quelques semaines l’ouvrage « Mylène Farmer, à mille lieux… » signé Cyril-Xavier Napolitano, qui nous propose de voyager sur les lieux de travail, rencontres et villégiatures de la star.

 

la-couverture-du-livre-mylene-farmer-a-mille-lieux-de-cyril-xavier-10820406qudoj_1713Couverture du Livre A mille Lieux…

Alors que Mylène Farmer vient de sortir son neuvième album, « Monkey Me », l’éditeur Artlust nous propose, en publiant « Mylène Farmer, à mille lieux… », de suivre la star française à travers des lieux qu’elle a fréquentés tout au long de sa carrière, pour des déplacements privés, professionnels ou simplement qui ont marqué sa vie. Une biographie par la géographie écrite par Cyril-Xavier Napolitano, qui nous invite ainsi à  »un pèlerinage sur les traces » de la plus mystérieuse de nos artistes.

 

Dans son ouvrage, véritable guide de voyage avec conseil pour se rendre à la destination, Cyril-Xavier Napolitano décrypte les endroits qu’elle fréquente régulièrement mais aussi des points de chute pour des tournages de clip ou lors de ses tournées. Tout commence évidemment par le début, le Canada, où est née Mylène Farmer, et où elle a grandi jusqu’à l’âge de neuf ans. L’auteur nous transporte ensuite de Ville d’Avray à Saint-Malo, du 9 avenue Montaigne à Paris, adresse de sa première maison de disque, au 18 rue Quincampoix, où elle a habité un temps et où elle avait pour voisine Jackie Quartz.

L’originalité et l’intérêt de l’ouvrage réside notamment dans ces anecdotes distillées ça et là, connues ou pas comme cette fois où Luc Besson l’a invitée à la fin du tournage de son films « Atlantis » afin qu’elle réalise son rêve de marcher sur la banquise. Elle s’improvisera alors photographe pour shooter les enfants inuits fascinés par sa chevelure rousse.

« A mille lieux… » est un outil pour les fans mais pas seulement. Il offre l’avantage d’en savoir un peu plus sur cette star inaccessible et de voir, à travers ses multiples déplacements, une évolution de ses centres d’intérêt géographiques. L’auteur constate avec justesse que si Mylène Farmer adorait jadis le froid et la neige, elle évolue beaucoup plus à présent dans des lieux plus chauds en Corse, à Saint-Barth ou aux Seychelles. Meilleur exemple, le tournage d’un de ses derniers clips, « Lonely Lisa », effecté au coeur du désert du Néguev en Israël.

Mylène Farmer, à mille lieux

Editions Artlust – 19,90 € Disponible à la vente

 

 

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FRAGILE, le livre de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 mars 2015

 

 

Les libraires peuvent d’ores et déjà se frotter les mains : leurs étagères vont à nouveau être prises d’assaut après les succès rencontrés par Merci pour ce moment (Valérie Trierweiler), Le Suicide français (Eric Zemmour) ou L’homme qui ment (Marc Lavoine). En effet, la chanteuseMylène Farmer s’apprête à sortir son deuxième ouvrage, intitulé Fragile.

 

photo_1425565223C’est le 7 mai prochain que la star proposera son nouveau livre, publié aux éditions Anne Carrière. Fragile, qui a reçu la participation de la photographe Sylvie Lancre­non (laquelle a déjà shooté Emmanuelle Béart ou Nolwenn Leroy), est actuellement en pré-commande sur plusieurs sites marchands pour la somme de 45 euros. Fidèle à sa ligne de conduite qui se base sur une discrétion absolue, la star n’a pas encore communiqué sur la teneur de l’ouvrage. Mylène Farmer s’était illustrée par un premier livre sorti en 2003, intitulé Lisa-Loup et le conteur. Il s’agissait d’un conte philosophique illustré, qui s’était vendu à plus de 100 000 exemplaires.

 

Côté musique, Mylène Farmer ne semble pas pressée de revenir dans les bacs. Son dernier opus, Monkey Me, écoulé à 500 000 exemplaires, remonte à 2012 mais la chanteuse a habitué ses fans à se montrer patients. Toutefois, les plus fidèles aficionados s’étaient emballés un peu trop vite après la publication d’un message du Comité Grand Lille annonçant la venue de l’interprète de Libertines au stade de Lille en 2017. Une information totalement infondée. D’ailleurs, Mylène Farmer fait souvent l’objet de rumeurs. Vendredi 20 février 2015, les réseaux sociaux s’excitaient après la publication d’un message affirmant que la société de production Mars Films avait prévu de mettre sur les rails l’adaptation du roman L’Ombre des autres, de Nathalie Rheims, avec la chanteuse dans le rôle principal. Un projet qui fait office de serpent de mer dans la vie de Mylène Farmer mais qui n’est de toute évidence nullement prévu. En effet, contactée par Purepeople.com, la société de production a démenti l’information. 

Mylène Farmer sait surprendre son public. Comme toujours, la chanteuse est là où on ne l’attend pas. Alors que les rumeurs vont bon train au sujet d’un éventuel comeback discographique – il n’en est rien pour le moment -, Mylène Farmer sera de retour chez les libraires au printemps. Déjà auteure de l’ouvrage « Lisa-Loup et le conteur » (2003), un conte philosophique illustré  

La chanteuse publiera le livre « Fragile » aux éditions Anne Carrière le 15 mai 2015 prochain.
 

 par Thomas Montet sur http://www.purepeople.com/

 

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Un livre de Mylène Farmer en 2015

Posté par francesca7 le 14 mars 2015

 

La chanteuse publiera au mois de mai un livre de photos troublantes et sensuelles. Un corps-à-corps avec… de l’argile, orchestré par Sylvie Lancrenon.

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Les éditions Anne Carrière publieront le 15 mai Fragile, un livre de 90 photos inédites de Mylène Farmer. La chanteuse avait déjà signé Lisa-Loup et Le Conteur      , un conte philosophique, en 2003 et Avant que l’ombre   À Bercy, une galerie d’images de scène de sa tournée. Elle s’essaye cette fois-ci à un troisième genre en prêtant son corps, son visage et sa peau à un véritable ouvrage d’art… À l’automne dernier, Mylène Farmer a posé pour Sylvie Lancrenon. Ensemble, elles ont réalisé une série (en couleur, noir et blanc et sépia) où l’artiste se mélange à la glaise et à l’argile. Cette seconde peau change son apparence sans la déformer, accentuent sa sensualité, dévoile des détails de ses pieds ou de ses mains. Bref, même les meilleurs connaisseurs de l’interprète de « Désenchantée » découvriront d’elle des facettes et des poses jamais vues.

Le livre de 168 pages est imprimé sur un luxueux et épais papier. De temps à autre, des extraits de textes de chanson viennent ponctuer ces images. Fragile rappelle bien entendu le mot « argile », mais est également le résumé de ce mélange de douceur, de fragilité et de force qui se dégage de ce travail. Le livre révèle l’histoire d’un corps et la rencontre de deux femmes (Mylène Farmer et Sylvie Lancrenon) qui ont additionné leurs créativités pour les mettre au service de l’émotion. Cet ouvrage (vendu 45 euros) sans artifice ni trucage frappe par son épure. Du talc, de l’argile et de l’eau… Rien de plus ! Pas de rideau rouge ni de pampilles ; pas de lourdes étoffes ni de lumières aveuglantes ; et pas d’accessoires ni de prétextes… Fragile, ou l’éloge de la simplicité !

Jusqu’à présent, quasiment aucune information n’avait filtré au sujet de cet ouvrage qui contiendra 90 photos. Bien informé, Le Point révèle aujourd’hui qu’il est le résultat d’une collaboration avec la photographe Sylvie Lancrenon. Cette dernière est connue pour avoir travaillé avec des mannequins et actrices, notamment Emmanuelle Béart, et quelques chanteurs dont Johnny Hallyday. Pour « Fragile », elle a réalisé un shoot qui mélange le corps de la chanteuse à de la glaise et de l’argile. Un concept qui n’est pas sans rappeler le clip « A l’ombre » de Mylène (2012), lui-même inspiré par la transfiguration d’Olvier de Sagazan ! « Cette seconde peau change son apparence sans la déformer, accentue sa sensualité, dévoile des détails de ses pieds ou de ses mains » révèlent nos confrères, précisant par ailleurs que cette ouvrage de 168 pages a été réalisé « sans artifice ni trucage » et qu’il est ponctué par des textes de chansons de Mylène Farmer.
 

Le Point – Publié le 05/03/2015

 

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INFO ou INTOX – Mylène pour 2017

Posté par francesca7 le 12 mars 2015

 

Info ou intox ? Bourde de son directeur ? Mylène Farmer est annoncée en concert en 2017 au Stade Pierre Mauroy de Lille.

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On connaît le sens du secret et de la discrétion de Mylène Farmer. La star française est avare d’information et d’apparition, deux éléments qui répondent souvent à un plan marketing bien orchestré et sans faille. Mais à l’heure des réseaux sociaux, difficile de garder le secret. 

Pour l’heure, Mylène Farmer n’a pas encore annoncé de nouveau disque pour 2015 ou 2016 et encore moins de tournée pour en faire la promotion. Quand on sait que son neuvième album studio, Monkey Me, est sorti fin 2012, et que la star met en moyenne trois ou quatre ans pour livrer un nuovel opus, on peut espérer de la nouveauté d’ici la fin d’année 2016.

Il semblerait bien que quelque chose se prépare pour l’année 2017. C’est du moins ce que laisse entendre un message sur Twitter du Comité Grand Lille relayant une conférence de presse du directeur du stade Pierre Mauroy de la ville, Olivier Baudry. Il annonce en effet la venue de Mylène Farmer pour un grand concert en 2017.

Bientôt (2017!) Mylène Farmer au @StadePM ! #LILLE territoire attractif et incontournable des grandes tournées 

— Comité Grand Lille (@CgrandLille)

Info ou intox ? Bourde ? On imagine mal, un directeur de stade faire cette révélation sans qu’aucune réservation ne soit ferme. Dans tous les cas, il n’en fallait pas plus pour que les fans de Mylène Farmer très actif sur les réseaux sociaux s’emparent de la nouvelle et la relaient.

Le tourneur TS3 de Mylène Farmer, tout comme sa maison disques Polydor (Universal Music), sont restés muets. Si la venue de Mylène Farmer à Lille était avérée, il s’agirait de son premier concert dans la métropole du Nord en 18 ans. La dernière fois que la chanteuse s’y était produite, c’était en 1999 pour le « Mylenium Tour ».

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Souviens-toi du jour : Mylène

Posté par francesca7 le 12 mars 2015

 

 

mylene-farmer-souviens-toi-jour_1900u_3h7izoLa Journée internationale en hommage aux victimes de la Shoah est l’occasion de se replonger dans la discographie de Mylène Farmer, qui publiait il y a un peu plus de 15 ans le titre « Souviens-toi du jour » en référence au destin tragique de l’écrivain Primo Levi. Découvrez l’histoire d’une chanson…

 Pour le 70ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, les hommages se multiplient et les rescapés témoignent. Des cérémonies de commémoration sont organisées avec plusieurs chefs d’État et différents programmes sont diffusés à la télévision pour que personne n’oublie les horreurs de la Seconde guerre mondiale. La musique sera aussi le moyen de rendre hommage aux victimes, notamment grâce à l’orchestre symphonique de Jérusalem qui va jouer pour la première fois ce soir au siège de l’Unesco, à Paris. C’est également l’occasion de se remémorer les artistes qui ont chanté par le passé la désolation de la Shoah, à l’instar de Jean Ferrat, qui s’est inspiré du film d’Alain Resnais pour écrire le titre « Nuit et brouillard » en 1963.

http://www.dailymotion.com/video/x136056

Des références à « Si c’est un homme » de Primo Levi

Bien plus tard, Mylène Farmer a repris les mots de l’écrivain Primo Levi, sans doute l’un des plus célèbres survivants du camp d’Auschwitz, pour écrire le titre « Souviens-toi du jour ». Troisième extrait de l’album « Innamoremento », sorti en septembre 1999 pour le lancement du « Mylenium Tour » de la chanteuse, ce titre évoque un monde qui a changé « au bruit des pas qui résonnent », faisant référence à l’armée nazie, aux « destins muets » de tous ces hommes morts dans les camps et à l’obligation de ne jamais oublier. « Souviens-toi que l’on peut tout briser / Les destins sont liés » chante l’artiste, tout en répétant à de multiples reprises le titre de l’ouvrage « Si c’est un homme » de Primo Levi. Sur le pont, Mylène Farmer clame également plusieurs fois et en hébreu « Zokher eth Ayom », qui signifie littéralement « Souviens-toi ».

Pour illustrer cette chanson qu’elle a écrite et composée par Laurent Boutonnat, Mylène Farmer a fait appel au réalisateur allemand Marcus Nispel, connu pour avoir travaillé sur plusieurs films d’horreur tels que « Massacre à la tronçonneuse » et « Vendredi 13″.

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Mylène Farmer : Qu’est-devenu son amant

Posté par francesca7 le 12 mars 2015

 

MF90_94adans  »Pourvu qu’elles soient douces » ?

 

Artiste démesurée et au succès populaire qui ne faiblit pas, Mylène Farmer s’est notamment démarquée par des clips très travaillés qui ont marqué les esprits. C’est par exemple le cas avecPourvu qu’elles soient douces, réalisé en 1988 par l’ex-compagnon et complice de la chanteuse, Laurent Boutonnat. Clip de tous les records, il mettait en scène la star dans le rôle de Libertine, une jeune fille découverte dans le clip du même nom, qui précède d’un point de vue narratif le clip de Pourvu qu’elles soient douces. Elle y succombe ainsi aux charmes d’un capitaine anglais incarné par Yann Babilée. Découvrez ce qu’il est aujourd’hui devenu…

 

Dans Pourvu qu’elles soient douces, Yann Babilee incarne donc un capitaine anglais luttant contre les Français durant la guerre des Sept Ans, qui tombe en extase devant les formes, surtout le fessier, d’une jeune femme rousse jouée par Mylène Farmer. D’ailleurs, on peut voir dans ce clip les fesses de la chanteuse, faisant ainsi écho aux paroles osées de la chanson qui parlent de sodomie… D’abord repoussé avec fougue et violence par la jeune femme, le capitaine réussit finalement à la séduire et à la mettre dans son lit. Il sera tué au cours de l’histoire… par une prostituée française.

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Après ce court métrage, Yann Babilée s’est illustré dans de très nombreuses productions francophones au fil des années. L’acteur a ainsi été vu dans des séries comme Joséphine, Ange gardienBoulevard du PalaisNavarroLes Cordier, Femmes de loi et plus récemment il était au casting de la deuxième saison de la série phare de Canal+ : Braquo. On a aussi pu le voir au théâtre dans La nuit des RoisCyrano de BergeracLe malade imaginaire ou Le journal d’Anne Frank, en 2013 avec Francis Huster.

Côté cinéma, l’acteur a été aperçu dans Les randonneurs de Saint-Tropez (sorti en 2008, 400 000 entrées) ou La Conquête (sorti en 2011, 715 000 entrées).

 

par Thomas Montet sur http://www.purepeople.com/

 

 

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Mylène Farmer et Laurent Boutonnat parlent du clip Plus Grandir

Posté par francesca7 le 8 mars 2015

 

STARFIX – AVRIL 1986 – Entretien avec Christophe LEMAIRE

1986-01-bMylène Farmer : J’ai rencontré Laurent au temps où il était associé avec un autre producteur. Ils ont écrit ensemble « Maman à tort ». Ils ont procédé à un casting et j’ai été choisie. Jusque ­là j’avais suivi des cours de théâtre et j’avais été mannequin.

A propos du clip « Plus Grandir » :

J’ai fait le story­board et ai confectionné la poupée que l’on voit dans le clip et surtout je me suis intéressée de A à Z à l’histoire.

Laurent Boutonnat : Pour moi le clip est un moyen pour raconter une histoire.

A propos de « La Ballade de la Féconductrice » :

­ Il est passé trois fois à la commission de contrôle, ce qui n’arrive jamais. La première fois, ils voulaient l’interdire complètement, puis il est passé en commission plénière où on a voulu le X­er. Finalement, sa sortie a été restreinte à une salle avec une interdiction aux moins de 18ans. J’en avais 17.

A propos de la genèse du clip « Plus Grandir » :

­ Je n’aime pas les story­boards, je préfère le découpage technique. Celui­ci m’a servi à décrocher les capitaux chez Polygram / Polydor. J’avais des facilités à négocier car j’étais le producteur de Mylène et que l’on venait de signer chez Polygram pour trois albums. C’est une sorte de co­production, il y a une partie qu’on me donne et une autre qu’on m’enlève de mes royalties. Finalement, j’ai fait le clip pour 330 000 francs, ce qui est un petit budget.

A propos des fantasmes mis en scène dans le clip :

­ Fantasmes principalement religieux ­j’ai été longuement en pension chez les jésuites­ et liés surtout au monde de l’enfance. Tu sais, toutes ces petites choses qui, petit, te font peur. J’ai tenté de les retranscrire dans mon clip comme cette statuette phosphorescente de vierge qui s’anime ou les apparitions des naines. En écoutant bien on s’aperçoit que le texte parle de la mort, de l’enfance et de la perte de la virginité. En même temps, on peut bien extrapoler et en parler en termes différents.

A propos de l’accueil frileux de certains médias :

­ « Bonsoir les clips » n’en a pas voulu parce qu’il le trouvait trop morbide, ce qui est un comble vu son créneau horaire. Refusé dans les juke­boxes à clips. Une compagnie américaine, qui est en train de monter un long métrage avec une sélection des meilleurs clips de tous les pays, m’ont renvoyé la cassette en disant qu’ils l’adoraient mais qu’il ne fallait pas toucher à la religion.

A propos des cinq jours de tournage :

­ On a dû tourner en studio car j’ai utilisé le scope et qu’il faut énormément de recul, le double par rapport au format normal. Les studios Sets, où nous avons filmé, sont principalement réservés à la pub. Ils nous ont permis d’utiliser leur matériel de déco : panneaux, cartons, etc. … Pour faire le plan de la poupée dans l’eau, on s’est fait prêter une énorme bassine de 500kg avec un gros hublot qui s’est mise à fuir pendant le tournage.

Tout ça pour trois secondes de projection !

A propos de son directeur photo, Jean­Pierre Sauvaire :

­ 1986-01-aC’est un type très doué. Comme il vient de la pub, il est habitué à tout faire (noir et blanc, couleurs, effets spéciaux, scope). Pour moi il est encore plus pro qu’un chef­op de cinéma. Le résultat était tellement parfait qu’il n’a presque pas fallu d’étalonnage.

A propos de son projet de long­métrage :

­ Au départ, j’étais avec un producteur qui travaillait beaucoup avec Parafrance. Il m’avait proposer de monter un film de terreur ‘à la Corman’ pour un budget de 150 briques, tourné en deux semaines. Une série z pour le circuit Parafrance qui à l’époque sortait une floppée de films de ce style dans tous les genres. Ca ne s’est pas fait. J’ai alors écrit un script en quinze jours, un conte pour grandes personnes que je suis en train de remanier.

 

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DOSSIER DE PRESSE GIORGINO

Posté par francesca7 le 8 mars 2015

 

Entretien réalisé par Gaillac­Morgue

giorgi-01-bVoilà un désir enfin réalisé : le cinéma, vous y pensiez bien avant la chanson…

­ Notre rencontre avec Laurent est née d’un même désir : faire du cinéma. Pourtant, nous avons existé tous les deux grâce à la chanson, un cadeau que la vie m’a fait même si cela n’a pas toujours été facile. Cette envie de faire du cinéma, cette envie de faire ce film a mûri pendant près de dix ans. C’est long, dix ans…

Quelles ont été vos premières impressions à la lecture du scénario ?

­ Le sujet de « Giorgino » m’a attirée par son étrangeté, son originalité. Pour parler plus précisément du personnage de Catherine, j’ai senti que je pouvais y mettre beaucoup d’émotions. Je crois que Laurent a puisé certaines choses de ma personnalité pour l’écriture du personnage de Catherine. Nous n’en avons jamais parlé. Je n’ai pas réellement connu la magie de la découverte du scénario parce que j’ai suivi pratiquement 24h/24 l’élaboration de ce projet : j’ai aussi vécu les difficultés d’écriture qu’ont rencontré Laurent Boutonnat et Gilles Laurent, le co­scénariste, ainsi que tous les problèmes inhérents au montage d’un tel projet. C’était malgré tout passionnant d’apprendre tous les à­côté d’un film. « Giorgino » a été un accouchement dans la douleur, mais nous vivons, Laurent et moi­même, dans ce climat depuis que l’on travaille ensemble. Rien ne se fait dans la facilité. Peut­être ressentirons­nous un peu de bonheur, ou plutôt de soulagement, quand nous nous déposséderons totalement du film, c’est­à­dire le jour de sa sortie sur les écrans.

Qui est Catherine, cette femme­enfant mystérieuse que les gens disent folle ?

­ Catherine est différente des autres et elle paiera cette différence. C’est avant tout sa fragilité qui m’a émue, j’aime son innocence et sa violence intérieure. Les enfants ont ça en eux : naïveté, pureté et colère. J’aime son incapacité à être dans le monde des adultes.

Quelles sont, selon vous, les blessures profondes de Catherine ? Qu’est­ce qui a provoqué cette fragilité ?

­ Catherine n’est pas intellectuellement de son âge. Ce n’est pas une jeune fille ‘retardée’, mais simplement comme le dit le prêtre, « elle a l’esprit d’une enfant ». Elle est restée isolée du monde extérieur, probablement protégée par ses parents, s’occupant elle­même d’enfants retardés. Pour Catherine, le petit noyau de sa famille pourrait représenter la beauté, et le reste du monde, la laideur. Catherine n’est pas armée pour le monde extérieur et sa violence. La disparition des enfants, de sa mère puis de son père sont autant de traumatismes, de blessures irréversibles. Et puis, une très jeune personne capable de dire « Et si c’était la douleur qui faisait chanter les oiseaux ? », n’est­ce pas suffisamment éloquent ?

On a l’impression que vous êtes complètement pénétrée par cette jeune fille. Comment s’est faite l’approche de ce personnage étrange ?

­ J’ai une très grande liberté par rapport à Catherine. C’est étrange, mais il n’y a pas eu de grande difficulté quant à savoir comment aborder le rôle. Pour l’approche du personnage, j’ai simplement eu envie de m’informer un peu sur l’univers psychiatrique : j’ai pu assister à quelques entretiens entre ce qu’on appelle des ‘malades’ et leurs docteurs. Sachant que Catherine basculait dans une dite folie, en tout cas dans un retrait d’avec une dite réalité, j’ai écouté puis j’ai regardé la gestuelle particulière de ces personnes très habitées, angoissées et sous médicaments pour la plupart. Vous dire que je m’en suis servie pour Catherine, je ne sais pas vraiment. J’ai abordé sa personnalité à la lecture du scénario et je savais ce que je pouvais donner au personnage. D’autre part, un costume, un décor et une envie d’incarner quelqu’un d’autre que soi sont autant de facteurs importants pour l’approche d’un rôle comme celui­ci.

Vous vous étiez auparavant intéressée aux enfants autistes. Cette observation vous a­t­elle aidée pour le rôle de Catherine ?

­ Aidée, je ne sais pas, mais avoir envie de comprendre, de percer les mystères de ce silence, de ce repliement sur soi. Catherine a un trouble profondément enfoui en elle. Le comportement des enfants autistes est tellement intrigant, leur retrait du monde est inexplicable, on ne sait pas. Oui, j’ai peut­être la sensation d’être proche d’eux. Une communion dans le silence avec ces personnes­là me paraît plus enrichissante parfois qu’une conversation…

Dans votre interprétation, vous faites passer la ‘folie’ de Catherine de façon très subtile, les gestes, les regards sont à peine esquissés, intenses mais sans excès, sans débordement. Le trouble est plus fort encore…

­ Je préfère les paroles murmurées aux mots criés. En fait, je n’aime pas imposer, je préfère proposer. Cela tient d’une pudeur et d’une timidité qui font partie de moi. C’est ma personnalité, et mon jeu s’en ressent certainement. D’autre part, Catherine me semblait plus proche de l’introvertie que de son contraire. Je n’avais donc pas envie, quand Catherine bascule irrémédiablement, de passer soudainement à un état épileptique et voyant. Dans cet univers de conte où l’on bascule constamment entre le vrai et le faux, le réel et l’irréel, la lecture ne doit pas être trop évidente. La présence des loups, les comportements ambigus des personnages…pendant toute l’histoire, on ne sait pas et c’est pour moi toute la magie de ce film.

Ce doit être troublant pour une comédienne d’approcher la folie…

­ En effet : troublant, attirant… Catherine semble tellement apaisée, presque sereine, dès l’instant où le monde environnant n’a plus d’empreinte sur elle. J’ai parfois le sentiment, dans des moments d’anéantissement, de frôler cette frontière normalité/folie, mais ceci est tellement intime. Peut­on parler de traumatisme ? Tout dépend de ce que l’on donne de soi dans une scène. Pour arriver à exprimer ses sentiments extrêmes, il faut puiser dans ses propres névroses, faire ressurgir ses plus grandes craintes, douleurs. Puis on décide que le personnage que l’on interprète n’est pas exactement comme soi : c’est à ce moment­là que le métier d’acteur devient passionnant. Ce serait un peu comme façonner une sculpture : il y a la matière brute ­ qui est soi-même, avec son univers personnel ­ et il y a le personnage, la création, l’imagination, enlever un peu de terre ici, en rajouter là…

Quelles ont été pour vous les scènes les plus délicates à tourner ?

­ Il est toujours délicat de dévoiler des émotions devant plus de cinquante personnes qui sont en fait cinquante étrangers. C’est d’une impudeur totale, et l’on se déteste pour ça, mais on est engagé pour le faire et le besoin de tourner, jouer, l’emporte sur le reste.

Vous éprouvez pourtant du plaisir quand vous montez sur scène, exposée à des milliers de regards…

­ C’est un plaisir suicidaire, me concernant. Pourtant, cela me manque terriblement, la scène, l’autre… Ce paradoxe de l’artiste est très réel : avoir un désir névrotique de lumière et cette envie de se cacher. Je bascule constamment entre ce désir et ce refus. L’un ne peut pas exister sans l’autre, l’un nourrit l’autre. La notion de plaisir semble totalement abstraite pour moi. J’ai besoin du regard de l’autre, besoin de ces deux métiers pour vivre. C’est ma vie. Je refuse la tricherie. Le jour où j’aurai la sensation de ne plus ressentir, de ne plus être capable de donner, je m’effacerai.

On retrouve dans « Giorgino » un univers qui est, semble­t­il, très cher à Laurent Boutonnat et à vous­même. Comment décririez­vous cet imaginaire ?

­ C’est un monde troublé et troublant, et j’espère plein de poésie. Avec Laurent, nous aimons les paysages enneigés ­ je suis née au Canada. Je suis attirée par les relations, les sentiments difficiles. Tous les deux, nous sommes instinctivement attirés par les contes cruels, par l’irrationnel. Tous deux, nous refusons dans le fond le monde des adultes. J’aime les animaux, j’aime la folie, par exemple celle des paysages fracassés où le regard ne peut pas se promener calmement. J’aime aussi la mouvance permanente, l’énergie sans repos possible. J’aime tout ce qui porte au rêve.

Quels sont les cinéastes qui ont marqué votre imagination ?

­ giorgi-01-aDavid Lean reste mon préféré, ou un de mes préférés. Le personnage de Catherine me fait parfois penser à celui de « La fille de Ryan ». Jane Campion a fait un chef­d’œuvre, « La leçon de piano », ses premiers films sont magnifiques aussi. David Lynch, « Witness » de Peter Weir, un film parfait, le sujet, sa façon de filmer, son choix des acteurs, tout…J’adore le cinéma de Bergman, j’adore Oliver Stone. Dans un tout autre genre, « Batman II ». Steven Spielberg, bien sûr, et tant d’autres… J’aime les projets ambitieux, les metteurs en scène qui ont une démesure, une folie, comme Kubrick. J’aime les fous…

En littérature, vous appréciez Cioran…

­ C’est un homme qui parle si bien de ‘l’inconvénient d’être’, et qui par son cynisme arrive à nous faire rire.

J’aime son autodérision : tout ce qu’il exprime est bien au­delà du désespoir. C’est si justement formulé, cruellement drôle, si bien écrit. Il a enlevé toute poésie, tout romantisme à la ‘dépression’, à ‘l’anéantissement de l’être’, ce qui rend tout plus violent encore. C’est aussi un homme très séduisant !

Comment Laurent Boutonnat vous a­t­il dirigée ?

­ Sur le plateau, il donne des précisions techniques. En ce qui concerne le jeu, il m’a laissé une grande liberté, il m’a donné des indications ponctuelles. Laurent sait installer un certain climat utile pour les scènes à jouer. Il n’y a pas eu réellement de discussion sur le personnage : j’ai lu le scénario et je pense qu’il savait que je savais ce qu’il voulait pour Catherine. Sur le tournage, c’était « Moteur, action ! » et on partait. Après la prise, il donnait son jugement : « Ca va » ou « Ca n’est pas tout à fait ça, on la refait ». Cela tient au fait que nous nous connaissons parfaitement. Avec les autres acteurs, Laurent était plus volubile, je crois.

A vos yeux, quelles sont les principales qualités de Laurent Boutonnat ?

­ Sa démesure, sa perception du sentiment en général. Avec sa caméra et ses mots, il arrive à exprimer les troubles que l’on a en soi. Il est poétique. Pour moi qui ai suivi cet accouchement, je peux dire que Laurent va au bout, vraiment au bout des choses. Il travaille comme un acharné. Bien sûr, c’est pour lui qu’il le fait, mais il refuse de baisser les bras quitte à en payer le prix. J’aime ça. Et puis, cette manière de filmer, il y en a si peu qui ont ce vrai talent, cette maîtrise. Laurent fera partie, je crois, de ces quelques metteurs en scène qui ne laisseront jamais indifférent.

Que pensez­vous de Jeff Dahlgren ? Quels ont été vos rapports sur le tournage ?

­ Magnifiques. Le choix qu’a fait Laurent me paraît tellement juste : c’était lui et personne d’autre. J’aime sa façon de jouer, très économe. Il me faisait parfois penser à James Dean. Et puis, il est devenu mon meilleur ami…

Après « Giorgino », quel sera votre prochain rendez­vous avec le public ?

­ Probablement un album, ou peut­être un autre film. J’attends que le réalisateur veuille bien délaisser ses caméras pour reprendre son piano.

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Le beau pansement de Mylène

Posté par francesca7 le 4 mars 2015

 

L’ALSACE – 2 OCTOBRE 1994 – Entretien avec Pierre­Louis CEREJA

Nb : cf la retranscription de l’entretien intégral dans la section Bonus.

giorgi-03-bA propos de son passage de la chanson au cinéma :

­ Le cinéma, c’est ludique, mais il est difficile de trouver une émotion plus prodigieuse que la scène…

A propos du fait qu’elle n’aime pas les interviews :

­ Je ne fais pas cela spontanément, non. Définitivement non.

A propos du personnage de Catherine :

­ Catherine, ce n’est pas moi. Mais il y a chez elle une fragilité et une colère rentrée, une sensation de n’être pas comprise par les autres, d’avoir un comportement irrationnel que je retrouve en moi. J’ai une colère en moi contre la vie, quelque chose de violent contre la difficulté de vivre. L’amour, c’est un très beau pansement à la colère.

A propos de sa rencontre avec des malades pour préparer son rôle :

­ C’était bref, mais pourtant troublant et bouleversant. J’ai trouvé dans cette rencontre avec les malades une gestuelle pour Catherine, dans les mains raides aux doigts écartés et dans l’inquiétude des yeux.

A propos des rôles qu’on lui avait déjà proposé :

­ On m’avait déjà proposé des rôles, mais ils manquaient d’intérêt : c’était un androgyne au temps de « Sans Contrefaçon » ou un rôle dénudé à l’époque de « Libertine »…

A propos de la rareté de ses apparitions médiatiques :

­ Faire peu, c’est fondamental pour moi. Il me semble que la scène ne peut pas être un métier routinier, et je sais parfaitement qu’il y a des émotions qu’on ne peut pas toujours ressentir avec la même force. Je n’ai pas envie de ressentir quelque chose seulement à peu près. Je refuse l’exploitation de mon image par la presse, mais il n’y a aucune stratégie marketing là­dedans. Je n’ai pas voulu de fan­club, on ne peut pas donner à tout le monde tout le temps. C’est ma nature profonde, et je crois que les gens acceptent cela.

 

Publié dans Mylène 1993 - 1994, Mylène dans la PRESSE, Mylène et GIORGINO | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer, l’ange pervers

Posté par francesca7 le 4 mars 2015

 

LE FIGARO -  4 OCTOBRE 1994 – Entretien avec Brigitte BAUDIN

giorgi-06A propos de sa personnalité :

­ Il faut se méfier de l’eau qui dort ! Je suis pétrie de contradictions, et peut­être meurtrière à mes heures !

Profondément timide et pudique, j’aime cependant les extrêmes, la démesure, provoquer, piétiner les tabous.

La tiédeur, la mollesse, la modération m’épouvantent. Je me sens aussi irrésistiblement attirée par le morbide, sans pouvoir en analyser la cause. Enfant, ma grand-­mère m’emmenait dans les cimetières. J’y ai probablement pris goût, ainsi qu’en lisant Edgar Poe, Stephen King et Henry James.

A propos du personnage de Catherine :

­ Catherine m’a séduite par sa fragilité, son étrangeté, par cette violence sourde, enfantine qui émane d’elle.

Mal armée pour se défendre, elle exprime ses émotions brutalement, simplement, sans passer par le tamis de la réflexion. Je me sens moi­même proche de cette animalité, de cette réponse immédiate et instinctive à toute agression extérieure.

A propos d’une actrice qu’elle admire :

­ Romy Schneider. Elle me fait pleurer de beauté et de talent.

 

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