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ÎLE DE TRANSE émission avec Mylène

Posté par francesca7 le 21 février 2015

 

1985-01-b31 OCTOBRE 1985 – Présenté par Philippe BACHMAN FR3 MIDI­PYRÉNÉES

Philippe Bachmann : Bonjour à tous, bienvenue sur notre « Île de Transe ». Invitée aujourd’hui, Mylène Farmer. C’est son troisième 45­ tours…

Mylène Farmer : Bonjour Philippe.

PB : Bonjour ! Troisième 45­tours, disais­-je, « Plus Grandir »… MF : Oui… PB : Alors, récapépète un petit peu ce qu’il y avait avant !

MF : On récapépète, alors ! Le premier étant « Maman a Tort », qui…

PB : (il l’interrompt) Le deuxième ?

MF : Le deuxième étant « On est Tous des Imbéciles ».

PB : Voilà. « Maman a Tort », c’était y a deux ans, ça à peu près ?

MF : Il y a deux ans, oui.

PB : Alors, il y avait pas le Top 50 à cette époque-­là, mais ça marchait super bien dans les hits, ça s’est très très bien vendu.

MF : Oui…

PB : C’était bien, pour une première expérience. Comment tu as débuté, d’ailleurs ?

MF : J’ai eu la chance de rencontrer deux personnages, qui ont écrit cette chanson.

PB : Des noms ! Des noms !

 MF : Hé bien, il y avait Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat.

PB : Où tu les as rencontré ? Comme ça, par hasard ?

MF : Non, ça serait trop long à raconter, mais ça s’est fait un peu par hasard, quand même. PB : Mais y a que des bons hasards, dans ce métier ! MF : Absolument ! (rires)

PB : Bon, dis­6moi, mon petit doigt m’a dit…

MF : Certes ! (Mylène éclate de rire)

PB : …que tu avais un superbe animal domestique chez toi, mais assez spécial quand même.

MF : Oui, j’ai un petit singe, qui est un capucin…

PB : C’est comment les capucins ?

MF : Le capucin ressemble à un petit chimpanzé, c’est aussi joli.

PB : Ca a une longue queue ?

MF : Ca a une queue assez grande, oui, qui lui sert de cinquième bras.

 PB : Ha, il joue avec ?! Alors, tu as mis des arbres chez toi pour qu’il puisse grimper ?

MF : (rires) Non, pour l’instant…Pas encore ! Pour l’instant, il a une grande cage.

PB : Et qu’est6­ce qu’il mange, ce brave capucin ?

1985-01-aMF : Tout ce que vous mangez, avec la viande en moins !

PB : Bon, alors on peut l’inviter avec toi, alors maintenant faut l’inviter avec toi, quoi.

MF : J’ai déjà essayé de l’amener sur un plateau, il y a quelques problèmes. (rires)

PB : Qu’est­-ce que ça donne ?

MF : Il a très peur des gens.

PB : Et puis il grimpe aux cintres, un peu, non ?

MF : Un peu, il est farouche.

PB : Bon, retour en arrière. Il y a deux ans, donc : « Maman a Tort ». Si on se refaisait ça pour le plaisir ?

MF : Oui ! Diffusion d’une séquence où Mylène, habillée autrement, interprète « Maman a Tort » devant un fond incrusté représentant une main qui compte sur ses doigts en suivant la chanson.

 PB : Dis donc, ton petit chimpanzé, il va falloir lui apprendre à danser, maintenant !

MF : Il chante, déjà ! Il écrit…et il prend des cours de danse !

PB : Il prend des cours de danse ?! Alors, dis­-moi une petite chose : j’ai vu que tu avais un truc superbe sur le dos pour « Maman a Tort », là encore tu es mignonne comme tout…

 MF : Merci !

PB : Comment tu fais pour t’habiller ? C’est toi qui dessines tes trucs ? Comment ça se passe ?

MF : Je ne dessine pas, je réfléchis et puis je vois avec…là, c’est une couturière qui m’a aidé, qui a réalisé cet ensemble.

PB : Les couleurs sont importantes ?

MF : Très importantes, oui.

PB : Il y en a qui sont superstitieux, qui veulent jamais mettre de vert à la télévision, toi tu en mets !

MF : Je sais, oui ! On m’a déjà reproché sur « Maman a Tort » d’avoir mis du vert sur un plateau, parce que ça porte malheur.

PB : Ben ça t’a porté bonheur, plutôt !

MF : Pour l’instant oui, donc je ne fais pas de cas de ça. L’animateur lance la séquence suivante, dans laquelle il présenté diverses nouveautés.

PB : (…) Ensuite, un petit groupe de Rennes qu’il faut que je te présente. Ca s’appelle Niagara. Alors, c’est sympa, ils font de la scène depuis assez longtemps, quand même.

MF : C’est un joli nom.

PB : C’est un joli nom et ce qui ne gâche rien, c’est que dans les chœurs on retrouve un certain Etienne Daho. Tu aimes bien Etienne Daho, toi ?

MF : Oui.

PB : Qu’est­-ce que tu écoutes comme disques, toi ?

MF : Il m’arrive d’écouter de la musique classique. Dans la variété française, j’aime beaucoup Jacques Dutronc.

 PB : Il fait plus grand­-chose, Jacques Dutronc, malheureusement…

MF : Non, mais il réapparaît…

 PB : Une fois de temps en temps !

MF : …et c’est très bien à chaque fois. (…)

PB : Sinon, en musique classique, tu m’as dit, qu’est-­ce que tu écoutes en musique classique ?

MF : J’aime beaucoup Wagner, j’écoute Mahler, j’écoute plein de choses. Très éclectiques, comme choix.

PB : Comment tu choisis les musiques de tes chansons ? Comment ça se passe ?

MF : Je sais pas si…Enfin, je les choisis, on me les…Les personnes qui travaillent…

PB : Oui, mais tu dis oui ou non quand on te propose les choses, non ?

MF : Bien sûr. Y a des choses qui me plaisent plus. Je crois que c’est au travail que… (elle se reprend) heu au piano que ça se fait. On me propose une mélodie, et puis j’aime tout de suite ou j’aime pas du tout.

PB : Le texte est important dans tes chansons.

MF : Bien sûr, bien sûr. Très important, capital.

PB : On en parle un petit peu plus ? « Plus Grandir » : comment naît un texte comme ça ? C’est après la musique ?

MF : Là, ça s’est fait un peu par hasard. Oui, c’est né après la musique. Cette fois-­ci, c’est moi qui l’ai écrit.

PB : Ha ha !

MF : Non, ça n’a rien de vengeance. Je sais pas si je renouvellerai cette expérience. Ca s’est fait par hasard.

PB : Pourquoi ? C’était trop dur ?

MF : C’est très très difficile d’écrire un texte. Ca doit être concis, précis et j’avoue que j’ai eu du mal.

PB : Il y a des trucs pour bien écrire un texte, ou pas ?

MF : Je crois qu’il faut beaucoup de tranquillité, et puis surtout la tranquillité d’esprit que je n’ai pas !

PB : Tu l’as eu quand même pour « Plus Grandir » !

MF : Oui ! PB : On l’écoute ? « Plus Grandir », le nouveau 45­tours de Mylène Farmer. Mylène interprète « Plus Grandir » avec derrière elle des images alternant entre la pochette du disque et le visuel du landau indiquant « Mylène Farmer : 1962­1985 » (sic), et des photos anciennes.

PB : Mylène Farmer, « Plus Grandir », c’est son troisième 45­tours. Tiens, je te rends ton petit micro… (il tend son micro à Mylène)

1985-01-dMF : Merci !

PB : Y a un album en préparation ?

MF : Il y a un album qui sortira vers janvier (1986, ndlr)

PB : Alors tu vas réécrire des textes, quand même, ou pas ?

MF : Non, il est terminé, là il est clôs. Il n’y aura que « Plus Grandir » de ma plume. PB : Bon, ben c’est déjà pas mal !

MF : C’est déjà bien.

PB : Il y a un clip qui vient de se tourner sur « Plus Grandir », non ? MF : Oui, il y a un clip qui a été tourné en Cinémascope.

PB : Alors, c’est pour le cinéma ?

MF : J’espère qu’il ira au cinéma, qu’il fera l’avant­-première d’un film.

PB : Oh ben oui, parce qu’à la télévision ça serait dommage quand même.

MF : Oui, c’est pas suffisant, l’écran est trop petit.

PB : C’est toi qui as décidé de le faire en Scope ?

MF : Non, non, c’est le réalisateur, qui est également mon compositeur. Des noms, encore ?

PB : Oui !

MF : Allez…Laurent Boutonnat ! (rires)

PB : Voilà, fallait le dire. Bon, ce Cinémascope, ce clip, comment il a été tourné ?

MF : Il a été tourné en un peu moins d’une semaine. Le premier jour était de l’extérieur dans un cimetière, et…

PB : Toujours très gaie, Mylène Farmer ! (rires)

MF : Oui ! Et les quatre autres jours se situaient dans un décor qui retraçait le…C’est un décor, c’est une chambre de château baroque avec des toiles d’araignée partout. C’est un bel univers.

PB : Bon, dès qu’il sort, tu nous le donnes qu’on le montre un petit peu à tous les téléspectateurs.

MF : Je vous inviterai à la projection.

PB : Ha oui, en Cinémascope et tout, ça va être superbe, ça ! Dis-­moi, au niveau cinéma c’est « Rosemary’s Baby » ton film préféré, ou pas ?

MF : Non, mais j’aime bien ce film. J’aime surtout l’interprète (Mia Farrow, ndlr) et le metteur en scène (Roman Polanski, ndlr) !

PB : Tu vas souvent au ciné ?

MF : J’y vais assez régulièrement, oui.

PB : Qu’est­-ce que tu as vu de bien, récemment ? Des noms, des noms !

MF : Heu….Je ne sais pas, j’ai vu…Le dernier film que j’ai vu c’était « Mad Max » PB : Oui…3 !

MF : Le 3 !

PB : Y a pas de raisons, il est pas mal le petit australien, hein ? (Mel Gibson, ndlr) Bon, tu sais que c’est l’heure de se quitter, alors à la prochaine ! On découvrira ton clip très vite…

MF : D’accord !

PB : Merci, Mylène Farmer !

MF : Merci à vous ! Ils se font la bise et Mylène glousse en faisant « au revoir » avec la main. Générique de fin.

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer rencontre sur WIT FM

Posté par francesca7 le 21 février 2015

 

DÉCEMBRE 1996

 1996-07-cBonjour Mylène, je suis tout à fait ravi de vous rencontrer. Je vais commencer par une question concernant l’album « Anamorphosée » : il avait une optique beaucoup plus rock, dira­-t-­on, un son plus rock.

Est­-ce que c’est une manière d’exprimer la violence, une violence plus affirmée que dans les précédents albums qui étaient plus pop ?

Mylène Farmer : Je ne crois pas que c’était réfléchi de cette façon­-là. Je crois que c’est simplement une volonté ­ une envie, plutôt ­ que d’avoir des guitares, mais rien de réfléchi réellement. Parce que c’est vrai qu’on était un peu surpris par rapport à ce qu’on avait l’habitude d’entendre ­ ce qui est pas plus mal, d’ailleurs !

MF : C’est peut­-être mon passage en Californie, peut­-être. Et probablement à force, j’imagine, d’écouter la musique ou californienne ou américaine on s’en imprègne. Et puis un vrai désir que d’avoir des instruments lives puisque j’ai précédemment beaucoup utilisé justement ce qu’on appelle les machines (rires), donc ça a fait une couleur différente, oui. Diffusion de « L’Instant X » Vous vous êtes davantage ouvert sur les autres et sur le monde dans ce dernier album, semblerait­-il. « Rêver », par exemple, votre dernier tube, est un véritable appel à la tolérance, à l’amour de son prochain.

Qu’est-­ce qui a nourri ou quel évènement vous a guidé dans cette écriture de « Rêver » ?

MF : J’ai, je crois, toujours eu ça en moi. Maintenant, c’est vrai que d’affirmer, que de demander aux autres une certaine tolérance, il faut être peut­-être plus en harmonie avec soi­-même donc c’est peut­être ce qui m’a autorisée aujourd’hui à écrire des choses comme « Rêver ».

Vous dites que vous êtes plus en harmonie avec vous­-même : est-­ce que c’est une chose que vous avez ressenti ­ enfin, j’ai pu lire effectivement des interviews dans la presse où vous disiez qu’entre trente et trente­ cinq ans c’est un peu l’accomplissement, enfin on arrive à un moment crucial de sa vie…

MF : Crucial, ça, je ne sais pas, en tout cas c’est un moment qui est plus tendre pour moi, ou plutôt je suis plus tendre envers moi­-même. Donc c’est un moment qui est plus agréable pour moi, oui, la trentaine que l’adolescence, que tout ce que j’ai traversé jusqu’à présent.

Est­-ce à dire ­ pour rebondir sur ce que vous dites ­ que le mythe Mylène Farmer tombe ? C’est-­à­-dire ce mystère qui régnait peut-­être autour du fait que vous étiez moins en harmonie avec vous-­même…

MF : Je ne sais pas. Si vous, vous parlez de mythe, moi je ne pourrai jamais évoquer ça me concernant. Maintenant, est­-ce qu’un mystère ­ puisque vous l’évoquiez également­ tombe parce que tout à coup on est plus réceptif au monde environnant : je ne le crois pas. Maintenant, s’il tombe et s’il est tombé, peu m’importe. Voilà ! (rires)

Diffusion de « Rêver » (live) (il s’agit de la version disponible sur le single de « Rêver », bien avant la sortie de l’album « Live à Bercy ».

La piste est néanmoins la même, simplement amputée de sa pré introduction et de sa reprise avec le public, nda)

Vous nous le disiez, Mylène, vous êtes plus en harmonie avec vous-­même. Ca veut dire aussi que l’expression de la dualité s’exprime moins chez vous, à travers…La dualité, c’est­-à­-dire la violence / la douceur, la vie et la mort ­ un thème sur lequel vous êtes très souvent intervenue, donc cette dualité, notamment dans « Sans Logique »…

MF : Je crois que cette dualité fait partie de moi et fera partie de moi jusqu’à la fin de mes jours.

Maintenant, est­-ce que j’ai envie de l’exprimer aujourd’hui ?

MF : Non. Je crois l’avoir assez fait. J’ai essayé, moi, de panser mes douleurs, maintenant en aucun cas ça n’épuise la dualité, voilà. Mais les douleurs sont moins vives et je suis guérie de certaines choses, donc c’est vrai que je les exprimerais moins facilement. Là encore, c’est pas une…comment dirais-­je ? On change pas radicalement, on passe pas du blanc au noir. Maintenant, on peut avoir certains changements qui sont profonds, qui font que et votre écriture et vos thèmes de prédilection et votre musique vont s’en sentir transformés. Diffusion de « Sans Contrefaçon » (Boy Remix)

Justement, par rapport aux blessures : la compassion, c’est une valeur, une notion importante pour vous ? Je pense notamment à un titre qui s’appelle « Et Tournoie… » : ‘Sous ton âme la plainte amère / Panse­la, donne­la’ : ‘donne­la’, donc ‘partage­la’…

1996-07-bMF : Je crois qu’elle est devenue fondamentale, oui. Je crois qu’avant de s’intéresser à soi­-même il est plus intéressant de s’intéresser à l’autre. Maintenant, vous dire que j’en fais une nourriture quotidienne…Je ne suis pas une sainte ! Mais quant à ces mots comme ‘tolérance’ ou ‘compassion’, ce sont des choses qui sont importantes dans ma vie, oui. Qui dirigent ma vie. Je crois qu’on a tous une difficulté que de vivre –peut­-être pas pour tout le monde, mais on a tous nos problèmes­ et que d’être concentré et être totalement nombriliste est quelque chose de totalement stérile. Diffusion de « Et Tournoie… »

A toutes ces questions qu’on vous pose sur l’enfance, votre vie affective ou amoureuse, votre sexualité, pensez­-vous que vous avez déjà répondu dans toutes vos chansons, dans toute votre carrière jusqu’à présent, à toutes ces questions qui sont insidieuses et qui, à la limite, ne regardent personne ?

MF : C’est­-à­-dire, ça les regarde et ne les regarde pas : c’est toujours l’ambiguïté de ce métier ­ en tout cas, ce métier d’écriture. C’est vrai que si j’évoque quelque chose, on va me demander une justification.

Maintenant, je suis d’accord avec vous : dès l’instant où j’ai écrit et mis ces mots sur un papier, je considère que j’ai fait ce que j’avais à faire, donc que je n’ai plus besoin de cette justification ou qu’alors on aura une lecture effectivement suffisante pour que je n’aie pas à rajouter des choses par rapport à ça. Mais c’est impossible puisqu’on demande éternellement une justification, le pourquoi du comment. Et puis, il faut pas oublier qu’une chanson, ça peut retranscrire un moment précis mais qui va s’évanouir deux heures plus tard.

Maintenant, on a jeté ces mots sur le papier, donc trois jours plus tard il va falloir se justifier quant à ça.

Et si je n’ai pas envie de me justifier ?!

Mais donc voilà, là c’est l’ambiguïté de ce métier… Et alors, par exemple, est-­ce que quand on écrit une chanson, on l’écrit, on la chante, ensuite on la produit, on passe dans le studio etc. donc il y a tout un processus et ensuite on va la produire sur scène –en l’occurrence pour vous c’est vrai que la scène ne suit pas automatiquement chaque album­ est-­ce que vous arrivez à ressentir les mêmes choses ou à faire ressentir les mêmes choses, parce que c’est ça aussi la magie de l’artiste :

c’est arriver à faire passer, même quelques mois après jeté comme ça ses mots sur le papier…

Est­-ce que c’est facile une fois arrivée sur scène, vraiment devant le public, de continuer, d’aller jusqu’au bout de ses paroles ?

 MF : Ca me l’est relativement, si tant qu’il y a certainement des chansons que j’ai mis de coté.

Maintenant, ne me demandez pas lesquelles parce que je ne sais pas moi­-même ! (rires) Mais à partir du moment où je décide d’interpréter une chanson sur scène, il s’agit pas de se dire ‘Voilà, parce que le dernier album est sorti on va mettre tout le dernier album’ : je crois que c’est un peu plus humain que ça. Donc pour répondre à votre question, toutes les chansons qui sont sur scène sont des chansons que je vis et que j’essaye de faire vivre avec le plus d’honnêteté que je puis. Une chanson comme…je ne sais pas…je pourrais chanter « Ainsi Soit Je… », maintenant j’ai préféré « Rêver » parce que c’est une chanson plus récente et qui est plus près de moi aujourd’hui. Mais si je devais chanter « Ainsi Soit Je… », je le chanterais avec la même émotion que sur la scène précédente parce que c’est quelque chose qui a fait partie de moi, donc j’ai la mémoire de tout ça. (« Ainsi Soit Je… » intégrera d’ailleurs le spectacle lors de la reprise de celui­-ci quelques jours plus tard à l’occasion de quelques représentations, nda)

Diffusion de « Plus Grandir » (live)

Par rapport à ces deux chansons que vous citez, c’est assez curieux parce que « Ainsi Soit Je… », c’est une espèce de ‘amen’, comme ça, alors que « Rêver », ça projette des choses dans l’avenir. Estce que c’est ça le changement chez Mylène Farmer aujourd’hui, ou bien… ?

MF : (le coupant) Probablement. Là encore vous me demandez de m’expliquer, ou de tenter de m’expliquer. Il y a fatalement un changement en moi qui s’est produit. Je ne sais pas bien…Peut­-être l’acceptation de certaines choses, ou en tout cas la démission d’autres choses. Diffusion de « Ainsi Soit Je… »

On va parler du spectacle puisque c’est quand même un grand moment pour un artiste : c’est-­à­-dire qu’on est jeté en pâture, comme ça, à son public !

 Moi j’ai eu l’impression en voyant ce deuxième concert ­ j’avais vu le premier­ qu’il y avait peut­-être plus une volonté de grand show, comme ça, et d’avant­-gardisme, même. Est-­ce que vous avez réussi au final à faire ce que vous vouliez ?

MF : Totalement, et là sans prétention aucune. C’est uniquement par rapport à ce que j’ai pu, moi ressentir, totalement en harmonie avec ce que je voulais et évoquer et faire et vivre, donc c’est un joli cadeau pour moi.

Est-­ce qu’on peut mettre ça en parallèle avec systématiquement une manière de faire des remixes pour chaque morceau ? C’est vrai que c’est une tradition, je dirais, chez Mylène Farmer, que de remixer des morceaux. Est­-ce que c’est des choses sur lesquelles vous donnez juste votre aval ou est-­ce que vous le sentez bien ?

MF : Là encore, parfois on est un petit peu bridé par ce genre de choses. C’est vrai que moi j’aime bien les remixes en général et j’aime bien donner ma chanson à quelqu’un qui ne fait pas partie de mon univers, qu’on va prendre en Allemagne ou en Angleterre et qui va posséder la chanson ou la détruire pour en faire quelque chose d’autre. C’est toujours intéressant.

Maintenant, est-­ce que c’est une réussite à chaque fois : je n’en suis pas sûre !

 Il y a des choses qui moi­-même me surprennent et je me dis peut­-être que sur une chanson –parce que souvent ou les anglais ou les allemands procèdent de cette façon : ils enlèvent totalement la chanson, laissent un mot et vont faire après tout le délire qu’on peut faire autour !

Maintenant, je l’ai accepté.

Est-­ce qu’on désincarne totalement une chanson ?

Peut-­être. Mais est-­ce que c’est l’avenir d’une chanson, en tout cas est-­ce qu’elle perdure ? Je ne sais pas bien. Peut-­être c’est volontaire, dans le fond, que de détruire et désincarner quelque chose. Ce sont des choses qui devraient passer et s’oublier. Est­-ce que vous avez la même démarche, pareil, quand vous vous jetez en pâture à un photographe comme Herb Ritts ?

Est­-ce que, je dirais, on paye pour voir quand on va chercher Herb Ritts ou bien est-­ce qu’on se dit ‘J’ai vraiment envie de travailler avec cet homme talentueux’ ?

MF : Non : on paye pour avoir ! Et ça, c’est un privilège, d’abord, que de pouvoir payer pour avoir et puis c’était un moment agréable pour moi, parce qu’on sait déjà qu’on fait appel à un talent qui est certain, donc il y a une angoisse qui est diminuée. Et puis c’est toujours intéressant : j’ai pas beaucoup travaillé avec des photographes hommes, masculins et c’était un regard 1996-07-aqui était différent.

Et c’est quelqu’un qui, je crois, malgré tout me connaissant très peu, a respecté ma personnalité tout en mettant son talent et tout ce qu’il a l’habitude de, lui, projeter. Je voudrais évoquer le concert encore : est-­ce que pendant la tournée le concert a évolué ?

MF : Evolué…Je pense que plus on fait de concerts et mieux c’est. Mais des changements, aucun : ni l’ordre des chansons, ni le choix des chansons (comme précisé plus haut « Ainsi Soit Je… » sera pourtant interprété à quelques reprises à la reprise de la tournée, ainsi que « La Poupée qui fait Non » avec Khaled à Genève et à Paris, nda). Non, parce que là encore je crois que quand j’ai construit le spectacle, je savais ce que je faisais ­ en tout cas ce dont j’avais envie. En ça, ça n’a pas été modifié.

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