Les orients d’une perle d’extrême Occident / Mylène F.

Posté par francesca7 le 17 janvier 2015

 

ANGELINE’S – NOVEMBRE 1996 : Entretien avec Mohand MESTIRI

1996-13-aA propos de sa chute de scène à Lyon quelques mois plus tôt :

­ Je me demande si ce n’était pas une bénédiction. Non, je voulais dire le contraire ! Une malédiction !

A propos du fait que son silence laisse le champ libre à toutes les interprétations :

­ Je préfère être un morceau de savon humide qu’on a du mal à saisir.

A propos d’un rêve :

­ Un rêve est ma seule mémoire d’enfance : un lit immense, des draps blancs. J’y suis blottie en position de fœtus. Devant moi, un énorme cordon ombilical, vraiment énorme. Il m’incombe de le couper, mais comment ?

Avec les dents ? Je ne suis qu’une enfant…

J’avais de vous une image d’espièglerie intelligente, saine et décapante. Sous la plume de mes confrères, il est question de morbidité, de voluptés décadentes…

­ Morbidité, mordre à la vie, le goût du néant répond à un goût d’absolu : un dessin animé comme « Bambi » est coloré de morbidité. C’est vrai que j’ai voulu évoquer le trouble, la confusion des sentiments. Je ne me justifie pas. Je ne me résume pas à des chansons, mais à travers elles ­ « Libertine », « Désenchantée, « XXL », « Sans Contrefaçon » ou « Sans Logique » ­ j’ai exprimé ce que j’ai réellement ressenti : oui, je me suis promenée un mouchoir dans le creux de mon pantalon ; oui, qu’on soit des filles de cocktails, des filles rares ou des fleurs de trottoir, qu’on fasse la une des magazines, toutes les filles ont besoin d’amour, d’un amour extra­extra­large ! Naguère, j’ai hanté les cimetières. Il y a toujours quelque chose de fascinant dans le spectacle de la fin, mais le mystère c’est que la vie ne connaît pas de point final. la fin marque l’aurore d’un monde nouveau à venir.

Maintenant, je me sens moins oppressée par la mort : d’une, je suis apaisée à l’idée qu’il y ait une vie après, deuxièmement la notion du non­attachement et de l’impermanence m’intéresse. Saisir l’instant, accepter les métamorphoses, l’éphémère, le mouvement… On a besoin d’amour, mais j’aime les dialogues silencieux, ceux que l’on entretient avec les livres, avec la poésie. Une présence humaine à ses côtés, c’est bien mais pas suffisant. Après le désenchantement, l’anamorphose : je suis en pleine renaissance !

‘Anamorphose’ ? Le Petit Robert ­ qui n’est pas infaillible ­ dit : ‘image déformée et grotesque donnée par un miroir courbe’…

­ C’est un grand angle. Pour moi, ce mot signifie à la fois une perception plus large du monde et un moyen de rassembler toutes ses impressions, toutes ses sensations en une seule image.

Dans vos chansons et vos clips, la violence est surtout dans la musique et l’image…

­ Quand la frustration est trop forte, je ne dirais pas ‘violence’, mais ‘énergie’.

Vous n’avez pas de souvenirs d’enfance, mais avez­vous envisagé d’être mère ?

­ L’idée de l’adoption me plaît. J’ai toujours été perturbée par la prolongation de soi, mais maintenant je peux y penser.

 

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