Le Poupée de cire, poupée de sons de Mylène

Posté par francesca7 le 3 janvier 2015

 

Dans LIBÉRATION du 7 NOVEMBRE 1995

Entretien avec Laurent RIGOULET

1995-06-bA propos de sa fuite de Paris, quelques mois plus tôt :

­ J’ai envie de voyager. Je n’ai pas de réponses sur l’avenir. J’avais envie de voir la lumière. Paris, c’était le noir. Je n’exclus pas l’idée que je suis partie pour me reconstruire.

A propos de ses deux singes capucins, E.T. & Léon :

­ Il n’en reste plus qu’un, E.T., une femelle. Un vrai caractère, susceptible, attentif…

A propos de l’échec de « Giorgino », un an auparavant :

­ Une sanction inhumaine. Plusieurs années difficiles à surmonter, et tout se volatilise en deux jours. Je l’ai admis ­ disons que je l’ai toléré. Mais mon envie de partir était liée à cette période.

A propos de son enfance et de son adolescence :

­ J’ai tout oublié, hormis la neige. On m’a dit que j’en mangeais beaucoup ! Je m’ennuyais, j’étais solitaire.

J’écoutais Genesis, les Doors, les Eagles, Bob Marley, Gainsbourg, Barbara, Dutronc…

A propos de ses velléités d’actrice :

­ Du jour où j’ai quitté l’école, j’ai décidé que je voulais être actrice. Je ressentais déjà cette envie d’être en pleine lumière et de ne pas m’y exposer en même temps. Jouer me procurait du plaisir et un vrai déplaisir.

Etrange…Je n’ai pas insisté.

A propos de ce qui lui a plu chez Laurent Boutonnat :

­ Son physique de romantique, ses yeux bleus, très pâles, son côté secret. Il parle peu, comme moi…

A propos de son rapport à l’image :

­ J’ai toujours aimé l’idée d’exister dans le regard de l’autre.

A propos de ses goûts littéraires :

­ Je m’intéresse à Sade, à Henry James, aux romans russes, aux symbolistes. La poésie m’a enflammée : des gens avec qui je pouvais dialoguer en silence…

A propos de l’implication de Laurent Boutonnat dans son imagerie :

­ C’est un peu des deux : moi en libertine, c’était lui ; « Sans Contrefaçon », c’était moi. J’avais mis un mouchoir dans mon pantalon à la maison, pour voir. J’aime me travestir. On m’a longtemps appelée ‘mon petit garçon’ !

A propos de l’état d’esprit dans lequel elle est sortie du tournage de « Giorgino » :

­ Ce serait mentir de dire que j’étais heureuse…

A propos de sa nouvelle philosophie de vie :

­ Je me sens mieux depuis que j’ai compris qu’il y avait une vie après la mort. Et j’ai une force en moi : je peux tomber très bas, me laisser descendre, mais je repars toujours. Je m’interdis de sombrer totalement.

 

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