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Mylène est sur EUROPE 2

Posté par francesca7 le 31 janvier 2015

 

Entretien avec Frédéric FERRER du 21 DÉCEMBRE 1995

 

1995-06-bL’émission débute par un medley de chansons de Mylène par-­dessus lequel est diffusé un jingle enregistré pour l’occasion par la chanteuse : « Bonjour, c’est Mylène Farmer sur Europe 2 ».

L’entretien a été enregistré quelques jours plus tôt, comme le précise Frédéric Ferrer. Il s’agit d’un mélange entre questions lues en studio par l’animateur et diffusion de la réponse de Mylène, et questions posées ‘en direct’, face à Mylène, ce qui donne à l’ensemble un rythme assez bancal.

Frédéric Ferrer : Ravi de vous retrouver sur Europe 2 en compagnie ce soir de Mylène Farmer. D’ici 20h30, vous allez mieux faire connaissance avec l’une des plus belles représentantes de la chanson française, et l’une des plus mystérieuses aussi. Mi­ange, mi­démon, notre Mylène nationale, sulfureuse ou douce : toutes les questions que vous vous posez, elle y répondra et en plus elle vous dira tout dans un « Deux minutes chrono » très, très intime. Vous ne le savez peut­être pas, elle est née le 12 septembre 1961 à Montréal et elle y a passé toute sa jeunesse avant de rejoindre la France. Alors, première question au sujet de votre enfance :

Mylène, avez­vous des souvenirs de notre belle province, le Québec ?

Mylène Farmer : Très, très peu. Très vagues, si ce n’est que j’ai le souvenir de la neige, en tout cas ce goût de la neige, probablement de sa blancheur, de sa froideur et je crois quelques odeurs, quelques goûts. Le sirop d’érable est un goût que j’ai redécouvert en France, et c’est autant de choses qui font appel à des souvenirs. Sinon, j’avoue que c’est à peu près tout !

Diffusion de « Pourvu qu’elles soient Douces » dans sa version album.

FF : Mylène, merci d’avoir choisi Europe 2 pour vous confier. Alors là, on va parler cinéma et du film « Giorgino » que vous avez fait l’année dernière avec Laurent Boutonnat. Quelle conclusion tirez­vous de cette expérience sur grand écran ?

MF : Aucune conclusion, si ce n’est que c’était un souvenir j’allais dire de poids, dans tous les sens du terme ! (rires) C’était un moment qui était parfois difficile, un moment qui a été important. Maintenant, quant à des leçons pour le futur : non, aucune. C’est quelque chose que j’ai aimé faire, en tout cas.

FF : Comment ça vous est venu ? C’est quelque chose que vous aviez envie de faire ?

MF : Depuis très longtemps, avant même la chanson puisque c’est la chanson qui est venue à moi. J’avais envie de faire ce métier : théâtre, cinéma, en tout cas l’idée de jouer et d’interpréter des personnages.

Maintenant, une fois de plus, c’est la chanson qui est venue à moi !

FF : Parce que jouer la comédie, c’est quelque chose qui vous plaît, que vous aimez faire ?

MF : Oui. J’ai pensé que c’était quelque chose dont j’avais réellement besoin. Maintenant j’en parlerais d’une façon un petit peu plus détachée, probablement. C’est parfois un plaisir.

Diffusion de « Mylène s’en Fout »

FF : Le nouvel album de Mylène Farmer, « Anamorphosée », n’a pas failli à sa réputation en matière de mise en scène de clips. D’ailleurs, Mylène, vous nous avez dit tout à l’heure que vous aimiez jouer la comédie. Le premier extrait de l’album, « XXL », déménage ­ comme le clip, d’ailleurs, qui si on peut dire marche à la vapeur ! On aimerait en savoir un petit peu plus sur les coulisses du tournage. Racontez­nous !

MF : C’est la première fois donc que je travaillais avec ce réalisateur allemand, Marcus Nispel. Je lui ai donné la chanson, il connaissait mes clips ­ c’est quelqu’un qui s’intéresse beaucoup au travail des autres­ donc il connaissait mon univers et j’avoue que je lui ai laissé carte blanche parce que j’avais envie d’avoir justement cette fois quelqu’un d’un horizon différent qui pouvait lui m’apporter quelque chose. Il a eu donc cette idée de cette figure de proue devant le train, de cette locomotive, et j’avoue que j’ai tout de suite répondu oui parce qu’elle me semblait belle et intéressante, difficile aussi ! (rires) Le tournage a été difficile !

FF : Racontez­nous le tournage, parce que là, (…) la locomotive : vous bougez avec la locomotive ? Elle bouge pas ?

MF : Si, la locomotive bouge ! Parfois, elle bougeait très vite. J’avais de toute façon un harnais pour me protéger, pour me maintenir contre le train. Quant aux difficultés de ce tournage, elles résident en ce sens que je ne pouvais pas bouger de cette toute petite plateforme, que le train lui­même était très, très chaud, que dehors il faisait très, très chaud. Mais bon, c’est autant de choses qui ne sont pas très intéressantes pour le public ! (rires) Non, des conditions difficiles parce qu’on est bloqué en un endroit et qu’il faut tenir, tenir, tenir, tenir pour que la caméra puisse prendre le plus de choses possible !

Diffusion de « XXL »

FF : Mylène, quand on regarde attentivement le clip de la chanson, même si pour une fois il est pas signé Laurent Boutonnat, on reconnaît quand même une touche ‘farmerienne’, voire ‘boutonnesque’…

MF : Oui, oui, c’est vrai. Peut­être…Je ne sais pas…Les visages, voilà, je parlerais volontiers effectivement des choix de casting des enfants, des personnages en général. Quand j’ai vu toutes ces personnes, j’ai pensé moi à l’époque de « Désenchantée », quand nous avons fait ce clip et ce casting. Il y a des ressemblances dans le choix des visages. Quant à une manière de travailler, tous les deux sont très rigoureux, et je crois ont une grande maîtrise et de l’image et d’un plateau et ont tous les deux en commun donc cet amour pour le cinéma et l’image, tout simplement.

Diffusion de « Désenchantée »

FF : Mylène, vous êtes partie pendant près d’un an aux Etats­Unis. Qu’est­ce que vous êtes allée chercher là­bas sous le soleil de la Californie et puis surtout, qu’est­ce qui vous a motivée ?

MF : L’envie de voyage, et aussi l’idée que je connaissais quelques personnes là­bas, donc c’est une transition un peu plus facile. L’envie d’espace, de soleil je crois et d’essayer d’y trouver une liberté de tous les jours, à savoir pouvoir moi évoluer dans la vie sans être perturbée par l’idée du regard qui parfois peut déranger. Voilà, autant de choses qui sont, là encore, dans le fond très banales mais moi j’y ai trouvé une liberté, et puis découvrir des choses, découvrir un paysage, découvrir des personnes et puis des choses, des choses très, très futiles : des gestes de tous les jours que j’avais peut­être oublié pendant de longues années, parce que j’ai eu ce sentiment de m’être moi un peu repliée et renfermée sur moi­même. Voilà, des idées que j’évoquais très, très futiles : faire ses courses par exemple, aller dans des grands supermarchés. Ca peut paraître très, très bête mais j’y ai pris un réel plaisir !

Diffusion de « California »

FF : Mylène, merci d’être toujours là avec nous. Avec près de cinq millions d’albums vendus, un démarrage en flèche pour le dernier, « Anamorphosée », on peut dire que tout vous réussit. Après ce séjour aux Etats­Unis, vous n’avez pas envie de partir à la conquête de l’Ouest ?!

1995-06-aMF : Non. Je n’ai pas j’allais dire cette ambition. Je pense pas avoir en moi cette envie, en tout cas que de retravailler et je n’ai pas ce rêve américain. Et puis je crois que c’est d’abord plus du domaine de l’utopie, parce que pour pénétrer un tel pays, il faut parler ­ non pas parler, mais s’exprimer en langue anglaise, donc chanter dans cette langue sinon on ne touchera qu’un très, très faible pourcentage donc j’avoue que ce n’est pas un moteur pour moi.

FF : Non, je disais ça parce que vous avez à peu près tout prouvé, ça marche à chaque fois, donc je me dis peut­être tenter l’aventure américaine ! Chanter en anglais non plus, ça vous fait pas envie ?

MF : Non, parce que j’écris d’abord en français et qu’il m’est très difficile d’écrire en anglais. Je peux le parler, je peux converser, maintenant, maîtriser une langue, c’est une autre histoire ! C’est vrai que l’idée que de prêter ma plume à quelqu’un d’autre m’est très, très insupportable, donc c’est vrai que j’ai du mal à envisager ce passage…

Diffusion de « L’Instant X »

FF : Mylène Farmer sous toutes ses formes, sous toutes ses coutures c’est sur Europe 2 : tout ce qu’elle n’avait jamais dit, c’est maintenant dans un questionnaire vérité où tout peut arriver ! (Jingle « Deux minutes chrono »)

FF : Alors Mylène, vous êtes plutôt une couche­tard ou une couche­tôt ?

MF : Je crois que je suis plutôt quelqu’un du matin.

FF : D’où vous vient l’inspiration ?

MF : Probablement très banalement de ma vie, parfois celle des autres. En tout cas d’un regard porté sur j’allais dire le monde en général, en tout cas mon monde à moi.

FF : Est­ce que vous avez des regrets après un an passé aux Etats­Unis ?

MF : Malheureusement, j’ai été obligée de laisser derrière moi mon petit singe parce qu’on ne peut pas voyager avec un animal comme ça…

FF : Et les meilleurs souvenirs, alors ?

MF : Des rencontres. Mais bon, ce serait peut­être d’ordre intime, donc difficile pour moi d’en parler ! (sourire)

FF : Qu’est­ce qui tourne sur votre platine, actuellement ?

MF : J’écoute beaucoup « Hotel California », sinon j’écoute beaucoup Bob Marley en ce moment, j’écoute Neil Young…

FF : A quel moment de la journée écrivez­vous ?

MF : Je n’ai pas d’heure. Je n’ai pas de moment préféré, non. J’écris j’allais dire dans un état d’urgence, à savoir quand j’ai un album, sinon j’avoue que je n’ai pas la plume facile.

FF : Est­ce que vous avez envie de refaire du cinéma ?

MF : Oui, je crois…

FF : Est­ce que vous avez envie de remonter sur scène bientôt ?

MF : J’y pense. Je n’ai pas encore la réponse. Je me donne le temps pour ça. (A tout juste six mois du lancement du Tour 96, celui­ci n’était en effet toujours pas annoncé, nda)

FF : « Anamorphosée », c’est un album plus positif, quand même…

MF : Peut­être, oui. C’est peut­être l’idée que l’instant présent est quelque chose, en tout cas pour moi, d’important plutôt que de se laisser détruire par son passé et par l’idée du futur ou d’un futur hypothétique.

FF : Il est presque 20h30, Mylène : quand vous êtes dans la cuisine, qu’est­ce que vous vous faites à dîner ?

MF : Très peu de choses. J’aime beaucoup la nourriture japonaise, donc je peux cuisiner un petit peu japonais mais dans le fond, ce sont des choses qu’on plonge dans l’eau bouillante, donc… ! (rires)

Gong pour marque la fin des deux minutes chrono, puis diffusion de « Regrets » pour conclure l’émission.

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L’EXPRESS parle d’une Mylène mystique

Posté par francesca7 le 26 janvier 2015

 

2 NOVEMBRE 1995 – Entretien avec Gilles MÉDIONI

1995-04-aA propos de la chanson « Vertige » :

­ ‘Vertige’ est un mot­clé. J’ai fatalement changé : j’ai grandi, je me suis ouverte à la vie.

A propos du titre de l’album :

­ « Anamorphosée » signifie que ma perception de l’univers s’est élargie et que je la rassemble en une idée, en une essence.

A propos de la photo sans visage qui illustre la pochette :

­ C’est une allégorie de l’esprit voyageur.

A propos du ton plus lumineux de ce nouvel album :

­ J’aurais pu continuer à vivre et vivre mal : le goût du néant se révèle vite enivrant, périlleux aussi. On finit par devenir stérile. J’ai longtemps été possédée par les angoisses révélées, les angoisses absolues de la mort et de l’au­delà. J’ai suivi ce chemin guidée par des lectures et des réflexions. Et, j’oserais dire par hasard, ma route a croisé un auteur, Sogyal Rinpoche, une philosophie, « Le livre tibétain de la vie et de la mort ».

A propos de « L’Instant X » où elle évoque un manque de spiritualité :

­ Le manque de spiritualité est probablement dangereux. Je pense qu’il faut élever l’esprit, changer les comportements, faire don de soi, mais sans forcément célébrer un dieu ou une religion.

A propos de « Et Tournoie » où elle semble évoquer l’auto­analyse :

­ Bien sûr, dans une chanson il y a forcément de soi. Mais parlons plutôt de l’artiste. Le texte de cette chanson m’a été inspire par le cône de lumière de Jérôme Bosch.

1995-04-bA propos de ses goûts artistiques :

­ Je me suis fabriqué une famille de peintres et d’écrivains. Julien Green, Paulo Coelho ­ on m’a d’ailleurs offert « L’Alchimiste » quatre fois : un signe ! ­ ou Primo Levi, dont si « Si c’est un homme », une œuvre grave et pleine d’espoir, ne me quitte jamais.

A propos de sa personnalité :

­ Il y a en moi de la provocation, de la force, de l’effacement et beaucoup, beaucoup de paradoxes !

 

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LES ENFANTS DE LA GUERRE avec Mylène

Posté par francesca7 le 26 janvier 2015

 

1996-13-a27 NOVEMBRE 1996 – Présenté par Julien COURBET sur TF1

Mylène Farmer apparaît dans ce grand show de prime time autour de Luciano Pavarotti qui parraine « War child », un réseau d’associations qui viennent en aide aux enfants touchés par la guerre à travers le monde pour interpréter « Rêver » et répondre aux questions de Julien Courbet très brièvement en raison d’un triste évènement : au moment d’enregistrer l’émission, Mylène vient d’apprendre le décès d’un proche.

Après avoir interprété son dernier single en date dans la robe lamée qu’elle porte sur scène pour la même chanson, Mylène rejoint le canapé où l’animateur se trouve aux cotés de Luciano Pavarotti sous les applaudissements du public.

Mylène Farmer : Merci beaucoup.

Julien Courbet : Mylène, cette chanson était de circonstance, « Rêver », quand on voit ­alors on a vu ensemble il y a quelques instants, avant le démarrage de cette émission, le reportage qui va suivre, puisque nous allons maintenant parler des orphelins des « Enfants de la guerre ». Quand vous avez vu ce reportage, Mylène, vos premières pensées, ça a été quoi, de voir tous ces enfants sans parents ?

MF : D’abord une grande émotion, bien sûr. Manque de mères, manque de femmes autour d’eux. Et surtout, je voudrais dire que je crois que c’est une très belle idée que d’associer la musique à cette douleur, à ce manque donc je suis toute avec eux. (sourire)

JC : En tous cas, c’était bien que vous soyez avec nous ce soir, Mylène.

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Mylène Farmer à STUDIO GABRIEL

Posté par francesca7 le 24 janvier 2015

 

29 MAI 1996 – Présenté par Michel DRUCKER

Entretien avec Gaël LEFORESTIER sur France 2

1996-04-bGaël Leforestier, chroniqueur musique dans l’émission quotidienne de Michel Drucker, propose ce jour­là un petit reportage sur le premier concert du Tour 96 de Mylène Farmer, au Zénith de Toulon, quatre jours plus tôt.

On y voit pêle­mêle l’hystérie de dizaines de fans présents devant la salle dès le matin, des techniciens qui s’affairent aux dernières mises en place, l’entrée du public dans le Zénith, le stand merchandising…

Mylène y dit quelques mots, mais on ne la voit pas parler.

Gaël Leforestier : (off sur des images du public courant pour s’installer au premier rang) Quel est votre rapport avec les fans, Mylène ?

Mylène Farmer : (off sur des images du public dans la salle) Vous savez, des bouffées comme ça, des bouffées d’amour, ou d’agressivité, c’est toujours quelque chose de très, très porteur et très déstabilisant. (sur des images des danseurs, choristes et musiciens, en coulisses) J’avais envie de travailler avec des danseurs américains parce que je savais que je pouvais trouver un métissage. (on voit Mylène sortir de sa loge, un peignoir blanc par­dessus sa tenue légère d’entrée en scène) J’attends ces moments de scène, et je l’ai attendu pendant longtemps donc ça a été très, très fort.

1996-04-aImages du concert de Toulon : « Alice », « Désenchantée », « Je t’aime mélancolie ».

MF : (off sur des images furtives de l’entretien : Mylène et Gaël Leforestier sont assis sur des fauteuils, dans la loge de la chanteuse qui porte une chemise et un pantalon écrus) Si vous évoquez la scène, j’ai passé un moment assez incroyable, assez extraordinaire.

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Mylène dans VSD pour confession d’une star

Posté par francesca7 le 24 janvier 2015

 

5 DÉCEMBRE 1996 – Confessions d’une star blessée

Entretien avec Olivier WICKER

1996-16-bA propos de l’aura de mystère qu’on lui prête volontiers :

­ Ce mystère, c’est ma nature profonde. C’est la raison pour laquelle je raréfie volontairement mes apparitions publiques.

A propos de son ouverture au monde :

­ J’ai le sentiment de m’être plus ouverte au monde sur le dernier album, mais il est vrai que je ne suis capable que d’envisager mes propres sentiments. L’ennui est un compagnon de longue date, l’activité n’est pas forcément mon mode de guérison : je peux rester prostrée chez moi, ou bien si l’envie m’en prend lire, ou dessiner, ou encore voyager.

A propos de son séjour aux Etats­Unis :

­ Mis à part l’exotisme et l’anonymat, vivre à Los Angeles ne solutionne rien. Paris est aujourd’hui une ville dépressive, plombée par une dépression ambiante. Elle dégage des vibrations qui ne m’aident pas.

Au journaliste qui évoque la possibilité de se mettre au vert :

­ J’ai du mal à envisager une vie à la campagne !

A propos du bouddhisme :

­ Il s’agit plus d’une philosophie de la vie, celle qui vous enseigne qu’il ne faut pas s’attacher de façon négative aux gens ou aux choses. Le bouddhisme est un pansement pour l’âme.

A propos de son mal­être :

­ Je n’aime pas mon physique, mes doutes. L’amour des autres ne change rien au problème : quand vous exprimez un mal­être, les personnes qui vous aiment finissent par vous conforter dans ce mal­être.

A propos de sa perception de la scène :

­ Un concert est un moment choisi, unique, un moment d’inconscience qui n’appartient à personne d’autre.

Bien sûr, une foule anonyme peut être oppressante car ses réactions sont incompréhensibles, mais sur scène je la désire.

A propos du fait qu’elle fonde en larmes parfois sur scène :

­ Cela m’arrive quand un thème me touche particulièrement. J’ai remarqué que l’émotion me submerge plus spécialement sur les morceaux lents.

A propos du trac avant de monter sur scène :

­ Chez moi, cela ressemble à des angoisses, à des nœuds. Quand ils sont trop serrés, j’ai envie de tout arrêter !

A propos de ‘ceux de ses fans qui la considèrent comme une déesse vivante’ :

­ J’espère qu’ils ont autre chose dans la vie que leur passion pour moi. Pour cette raison, j’ai toujours refusé l’idée d’un fan­club. Je ne réponds pas au courrier, en ce sens que je n’entretiens pas de correspondance, mais je renvoie une dédicace à ceux qui me le demandent.

A propos de sa famille et de son enfance :

­ Je refuse de parler de ma relation avec mes parents pour les protéger et me protéger. J’ai effacé mes souvenirs parce que ça ne m’intéresse pas. Je préfère aujourd’hui à hier et je refuse de penser au futur. Je me voyais plutôt actrice que chanteuse. Je n’admirais personne. Parfois, quand je sortais du cinéma, je rêvais d’être à la place d’une actrice A propos de l’échec de « Giorgino » :

­ Quand je fais quelque chose, j’envisage toujours la possibilité d’un échec. Même si celui­là fut violent, je n’en souffre plus. Je ne comprends pas les raisons de mon échec. Depuis, je me pose une question : est­ce que les gens ont envie de voir autre chose de moi que ce qu’ils connaissent déjà ?

A propos de ses envies de maternité :

­ Cette envie d’avoir un enfant est assez récente. Il me semble que cela est presque indispensable pour une femme ! Bien sûr, avoir un enfant nécessite d’avoir une vie plus ‘programmée’, mais je crois que la chose essentielle, c’est d’abord l’acceptation de soi.

A propos de s’imaginer dans le futur :

­ 1996-16-aLe vieillissement des cellules me terrifie. S’il s’agit de voyager dans le temps, c’est plutôt une chose bénéfique !

A propos de la possibilité de casser son personnage public :

­ Oui, c’est une idée qui me traverse l’esprit. J’y pense régulièrement. Je sais que j’arrêterai beaucoup plus tôt que d’autres. J’espère avoir cette honnêteté de mettre un terme à ma carrière lorsque la lassitude deviendra trop importante, ou lorsque je m’essoufflerai.

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LA DERNIÈRE HEURE (Belgique) pour Mylène

Posté par francesca7 le 21 janvier 2015

 

1996-17-b7 DÉCEMBRE 1996 – Entretien avec Eddy PRZYBYLSKI

A propos de l’interruption de la tournée suite à sa chute sur scène :

­ J’en ai vraiment été angoissée. Mais il y a tellement de gens qui souffrent et qui vivent de vrais problèmes que je ne me sens pas le droit de me plaindre. Aujourd’hui, je ne conserve que le mauvais souvenir de cette chute.

A propos de son caractère :

­ Je suis tout et mon contraire, aussi. Les gens très sûrs d’eux­mêmes m’inquiètent ! Je suis humaine, et beaucoup plus forte aujourd’hui car j’ai la chance d’avoir pu surmonter mes névroses et chasser les démons qui s’entrechoquaient. Exister entre enfer et paradis, ce n’est pas toujours simple.

A propos de son succès :

­ Parfois, je me demande ce que le public me trouve et pourquoi il vient aussi nombreux…

A propos de l’échec de « Giorgino » :

­ Je crois que cet échec a été un bienfait pour moi. Après quatre ans d’absence, j’ai l’impression d’être morte une fois pour renaître aujourd’hui.

A propos des clips :

­ Je suis née avec la ‘génération clip’. Le clip est le prolongement de la voix, mais les mots restent plus importants que l’image. Si on me demande de choisir, je garde les mots et la voix. Je préfère un  demi­mot qu’une longue phrase.

A propos de sa philosophie :

­ L’esprit bouddhiste qui est en moi, je ne l’évoque jamais mais il est important dans mon quotidien.

 

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Mylène Farmer, JEUNE ET JOLIE

Posté par francesca7 le 21 janvier 2015

 

1996-04-bAVRIL 1996 – Entretien avec Isabelle AITHNARD

La journaliste Isabelle Aithnard aura bien utilisé l’entretien que lui a accordé Mylène Farmer en ce début d’année 1996, puisqu’elle le fractionnera en le publiant dans trois numéros successifs de Jeune et Jolie et dans le numéro de mars de OK Podium (cf. cette référence). Voici reconstitué en une seule partie les trois fractions parues dans Jeune et Jolie.

Vous êtes plutôt timide et solitaire. Chanter vous aide­t­il à surmonter ces états ?

­ Oui, et l’écriture davantage. Quant à la solitude, c’est une chose que j’essaie de bannir aujourd’hui : j’aime désormais l’idée du dialogue et de la rencontre. J’aime probablement donner plus aussi puisque le dialogue est une forme de don.

Quelle est l’origine de cette métamorphose ?

­ J’ai l’impression d’avoir vécu une autre naissance. Je me dis que j’ai eu de la chance, soit parce que la vie me l’a donnée, soit parce que j’ai eu le courage ou l’intérêt d’aller vers autre chose que ce vers quoi je tendais.

Je ne sais si c’est la Californie, mais c’est ce voyage et cette rupture avec une vie. Je parlerais plutôt de perte d’identité pour retrouver ma véritable identité. Je m’essoufflais et j’ai eu besoin de me reconstruire.

Comment vous êtes­vous reconstruite ?

­ Grâce à la liberté tout simplement, et aux rencontres. J’ai pu me déployer et avancer sans être regardée, parce que lorsqu’on n’a plus le désir d’être regardée, il faut s’échapper sinon c’est une prison et une vraie névrose. J’avais envie de respirer et de vivre des choses au quotidien qui sont très banales.

Qu’acceptez­vous que vous refusiez auparavant ?

­ J’ai accepté –même si ça résonne de façon un peu pompeuse­ l’idée de vivre, l’idée de la joie et des plaisirs simples. Ce sont des choses que je n’avais jamais envisagées. Peut­être ce métier m’a­t­il enfermée en me confortant dans une nature plutôt tournée vers l’isolement. Le voyage en Californie m’a beaucoup aidée : le fait de partir seule, donc l’idée du danger, m’a fait ouvrir les bras pour recevoir et découvrir. C’est nouveau pour moi.

On vous imagine mal en Californie ! Vous n’êtes ni très show­biz, ni très cocotier, plages dorées et corps bronzés…

­ C’est pour cela que ça aurait pu être ailleurs. L’idée de vacances, de soleil et de palmiers est une chose que je n’envisage pas, même si je reconnais maintenant que le soleil peut être parfois agréable. J’avais vraiment besoin de larges espaces et je connaissais quelques personnes là­bas. J’y allais aussi pour les studios et les musiciens. La Californie m’a offert une qualité de vie et de liberté que je ne connaissais pas.

Quel regard portez­vous sur vous ?

­ Je ne sais pas bien. Ca doit être diablement personnel pour que je ne puisse pas y répondre ! Pas très tendre, au fond, si ce n’est qu’il y a l’autre moi qui regarde et dit ‘Ca a tenu le coup’. Physiquement, je me suis toujours trouvée trop maigre. Je n’ai jamais employé le mot ‘mince’, mais ‘maigre’. Ca m’a toujours hantée et continue de me hanter. J’aime plutôt la femme qui a des formes. Et puis, ma foi vous voulez vraiment qu’on parle de choses physiques ?! (rires) Je n’aime pas mon nez ! Je n’aime pas… Oh, je sais pas !

Vous mangez, au moins ?!

­ J’ai l’impression de manger beaucoup, parce que je mange à n’importe quelle heure mais c’est plus une façon de picorer qui reste très anarchique. J’aime davantage le salé aujourd’hui que le sucré, et j’ai appris à apprécier le vin. Je ne mange pas de viande par goût et parce que j’aime de moins en moins ce qu’on fait aux animaux. J’aime les féculents, je pourrais manger des pâtes tous les jours ! On dit que je suis difficile, j’ai l’impression d’être très facile puisque j’aime les aliments de base et pas forcément les choses compliquées !

Maintenant, peut­être est­il difficile de me nourrir ! (rires)

Est­ce parce que vous n’aimez pas votre corps que vous vous êtes souvent déguisée ?

­ J’aime me déguiser, ce qui n’implique pas forcément la notion de mensonge même si ça en fait aussi partie.

L’idée du changement, de la pirouette m’intéressait beaucoup : c’était me travestir et garder ma personnalité tout en montrant d’autres facettes. Il y a quelque chose de très ludique, sans parler des peurs qu’on peut avoir ni des mécontentements de soi. Ces choses­là m’ont beaucoup aidée.

Est­ce que vous vous trouvez belle ?

­ Je vais vous dire : j’espère ! Et je tiens à ce ‘j’espère’ ! Je pense être belle à l’intérieur. Maintenant, c’est sans prétention aucune, sans narcissisme. Je pense n’avoir jamais fait sciemment de mal à quelqu’un, et plus je vieillis plus je pense à l’autre.

Qu’est­ce que la beauté pour vous ?

­ La beauté, c’est la générosité. Je trouve belle Marie de Hennezel, l’auteur de « La mort intime » : c’est quelqu’un qui irradie et dégage quelque chose d’étonnant.

Quel constat faites ­vous sur Mylène Farmer ?

­ Je ne crois pas faire ce genre d’exercice, c’est peut­être pour ça que je n’arrive pas à répondre. Ca reste toujours un combat. L’idée de lutte et à la fois de détachement, mais pas au sens négatif. Je sors toujours très peu parce que, dans le fond, j’ai 1996-04-dtoujours craint l’exposition, l’extérieur, l’excès… On en revient toujours au regard de l’autre.

Ce regard, vous l’avez attisé en cultivant un look toujours très original…

­ La mode est une chose très importante dans ma vie. J’aime les couleurs, j’aime m’habiller et me changer autant de fois que je le veux. J’aime penser que le vêtement et l’humeur ont quelque chose à voir ensemble. Je n’ai jamais rejeté l’idée de séduire, même si je ne saurais préciser quelle est ma séduction. L’idée de plaire est importante.

Cela explique les photos très sensuelles du CD ?

­ Le choix d’Herb Ritts n’était pas innocent. Je savais qu’il pouvait m’emmener vers une certaine sensualité sans me donner l’impression d’être dénudée. Peut­être y a­t­il aussi le mot ‘femme’ qui me fait moins peur et que j’accepte totalement. Ces photos sont peut­être plus femme.

Vous mettez même des jeans !

­ Je m’autorise des silhouettes qu’avant je refusais : ça fait partie de cette rupture, de cette renaissance. C’est difficile pour moi de vous dire le pourquoi du comment, si ce n’est que ça fait partie d’un tout. Le talon, par exemple, est une chose que je n’avais jamais abordée et dont je ne peux plus me passer. C’est clinique, dans un sens ou dans l’autre !

Accepter votre féminité veut­il dire que vous envisagez d’être mère ?

­ J’y pense probablement, oui. En tout cas, il y a une réelle et profonde envie alors qu’avant, l’idée de la prolongation de moi­même était impensable. Je l’accepte aujourd’hui comme une chose évidente : rien ne ressemble au fait d’avoir un enfant.

Quelle est votre définition de l’amour ?

­ L’envol. C’est vrai que, dans le fond, si on me demandait sous la torture quelle est la chose la plus essentielle, c’est cette chose que je demanderais : ce ne serait ni mon métier, ni la reconnaissance mais l’amour, l’idée du partage.

Existe­t­il des preuves d’amour ?

­ Oh oui, de multiples ! Dialoguer, s’ouvrir, s’abandonner, écouter sont de véritables preuves. Tout ce qui va vers l’autre, pas nécessairement pour revenir vers soi mais simplement pour donner, est un acte d’amour.

Quels sont votre film et votre chanson d’amour préférés ?

­ Si je devais emporter une seule chanson sur une île, ce serait « Don’t give up », le duo de Kate Bush et Peter Gabriel. Bizarrement, je pense à d’autres titres qui ne sont pas nécessairement des chansons d’amour, comme des titres de Neil Young, qui a par ailleurs bien chanté l’amour. Pour le film, j’ai été profondément bouleversée par « Je t’aime, moi non plus ». Ou plutôt, non ! C’est un lapsus ! Je voulais dire « L’important, c’est d’aimer » de Zulawski.

Êtes­vous jalouse ? Comment votre jalousie se manifeste­t­elle ?

­ Malheureusement, je pense l’être. Je pense être surtout possessive, ce qui engendre et entraîne la jalousie.

Ca se manifeste parfois par de la colère, une colère intérieure surtout et parfois exprimée. Mais il faut mieux l’exprimer que la garder pour soi ! (rires)

A quoi voit­on que vous êtes amoureuse ?

­ Je souris ! (rires)

Et il semble que l’on vous voit beaucoup sourire, ces derniers temps !

­ (elle ne répond pas et esquisse un très, très large sourire)

Que regardez­vous en premier chez un homme ?

­ Très honnêtement, je crois, ses mains et bien sûr son regard.

Et s’il fait ­30° et qu’il a des moufles ?!

­ Hé bien, je lui retire ses moufles ! (rires)

Y a­t­il des choses impardonnables en amour ?

­ Est­ce que je vais dire la trahison ? Sans doute. Et puis aussi l’irrespect.

Seriez­vous prête à faire des sacrifices en amour ?

­ (sans hésitation) Oui, bien sûr ! Là encore, c’est compliqué. Donnez­moi des exemples…

L’homme de votre vie vous demande de tout abandonner pour le suivre au Pérou : que faites­vous ?

­ (elle réfléchit longuement) J’aimerais dire oui, et dans le fond je vais vous dire non. J’aime passionnément la passion mais ma nature me pousse vers la raison, et là encore ce sont deux notions qui viennent se percuter.

Il y a des choses et des êtres que j’aime profondément ici, en tout cas dans ma vie d’aujourd’hui, et cette idée de partir et de laisser un pays pour aller vers un autre : ma réponse est non ! En revanche, s’il est un sacrifice auquel on peut se plier, c’est d’essayer de s’oublier soi­même.

Quels sont vos mots d’amour favoris ?

­ Je ne sais pas si j’en ai. Je crois que le mot ne viendra pas parce que ce sera quelque chose de difficile pour moi : ce sera 1996-04-aplutôt un geste.

Ecrivez­ vous des lettres d’amour aux personnes que vous aimez ?

­ Non, mais je me souviens ­ ou du moins on me l’a rappelé car j’avais oublié ­ d’une petite histoire à propos de lettre d’amour : à l’école, j’avais tenté d’apprendre le russe et je n’avais retenu que trois ou quatre formules dont ‘je t’aime’, que j’ai écrit et remis à quelqu’un.

Le mariage est ­il la plus belle expression de l’amour ?

­ Non, en aucun cas. Je pense que c’est même plutôt embarrassant parfois parce qu’on vous emprisonne sur un papier et que le sentiment n’est pas emprisonnable. C’est quelque chose que je ne considère pas comme très utile et qui, moi, m’emprisonnerait. J’aime l’idée de l’anneau passé au doigt, et en même temps je n’aime pas ce que ça représente. Là encore, c’est conflictuel !

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L’OFFICIEL DES LOISIRS avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 21 janvier 2015

 

1996-10-bJUIN 1996 – Entretien avec Emmanuel KHÉRAD

Sur scène, vous ne chantez plus des chansons comme « A Quoi je Sers », « Plus Grandir » ou « Puisque… ». Vous êtes dans un nouvel état d’esprit aujourd’hui ?

­ J’ai simplement changé. Je préfère ce que je suis aujourd’hui. Durant mon absence, j’ai fait l’apprentissage de la vie : j’ai voyagé et beaucoup appris. Je souhaite à présent aller de l’avant, quitter le cocon dans lequel j’étais enfermé. J’ai envie d’aller vers l’autre. Je me sens plus légère.

Comment vivez­vous le concert que vous donnez ?

­ Pendant le concert, je connais une émotion forte. Je considère cela comme nécessaire à ma vie. Je communique avec le public par des regards et il me reste toujours des visages en tête après. En  sortant, je suis heureuse. Et puis je trouve le spectacle très beau : il y a des choses que je souhaitais absolument, comme l’évocation du blanc par exemple.

Vous affichez une personnalité moins sombre qu’à l’époque de « Chloé » ou de « Jardin de Vienne ». Vous avez tourné la page ? Vous avez évolué ?

­ Je n’aime pas trop le terme ‘évoluer’. J’ai changé, et ce changement n’a pas été aussi brutal que vous pouvez le percevoir. J’essaye de ne plus m’envisager dans le futur, c’est un fardeau pour moi. Je vis dans l’instant présent.

Que représente l’échec du film « Giorgino » pour vous ?

­ « Giorgino » a été une période qui a certainement contribué à ce changement. L’apitoiement face à un échec ne fait pas partie de moi : c’est au contraire quelque chose qui me porte vers le haut. J’envisage toujours l’échec, il permet d’avancer.

Vous ne vous exprimez jamais sur des thèmes politiques ou sur des thèmes de société. Ce n’est pas votre rôle, selon vous ?

­ Je n’ai pas envie de délivrer des messages politiques, même si j’ai mon opinion. Je suis contre le racisme et pour la tolérance à tous les niveaux.

NB : cette interview a été donnée dans un salon du Zénith de Toulon, au lendemain de la première date du Tour 96, lors d’une rencontre avec plusieurs journalistes.

 

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Mylène Farmer métamorphosée

Posté par francesca7 le 17 janvier 2015

 

LE PARISIEN du 31 MAI 1996Entretien avec Alain MOREL

1996-09-bPubliée à l’occasion de la première représentation à Bercy du Tour 96, cette interview sera republiée, couplée à une nouvelle rencontre avec le même journaliste, cinq mois plus tard dans Ciné Télé Revue avec de nombreux passages coupés lors de la première publication. En février 1997, on trouvera également quelques passages retranscrits dans Salut, signés par un anonyme Kevin.

Voici la reconstitution de l’entretien intégral.

Vous avez entamé ce ‘Tour 96’ à Toulon, là où certains refusent de chanter, là où d’autres viennent pour s’exprimer. Etait­ce un choix délibéré ?

­ Non, si ce n’est celui d’une des plus belles salles de France. Sur scène, mon seul message c’est mon spectacle. Si je devais discourir, je le ferais ailleurs. Je sortirais des lieux communs détestables ! J’ai par ailleurs gagné un procès contre Jean­Marie Le Pen, qui utilisait un sosie de moi pour sa propagande. Je ne prétends pas non plus qu’un chanteur ne doive pas militer : je ne le fais pas et cela n’engage que moi.

Votre nouveau show est très spectaculaire. Est­ce pour vous protéger de l’intimité qu’impose un récital ?

­ L’analyse psychologique, il est trop tôt pour la faire ! (sourire) Je crois que je n’éprouverais pas de réel plaisir à être seulement derrière un micro. Mes envies de scène passent par ce goût du show à l’américaine, de ‘performances’, de polyvalence.

Une performance qui requiert une sacrée condition physique ! Vous la cultivez ?

­ J’ai fait appel à un préparateur physique, Hervé Lewis, qui m’a surtout entraînée à l’endurance : un peu de course à pied, de musculation, des massages et un régime alimentaire à base de sucres lents et sans Coca !

On vous dit végétarienne…

­ Je ne mange pas de viande, mais plus par goût que par convictions diététiques ou morales !

Qu’est­ce qui vous a décidé à revenir sur scène ?

­ Mon nouveau disque, le sentiment d’avoir fait le plein de sang neuf et la longueur de ces années sans le public.

Votre prestation semble plus généreuse, chaleureuse et optimiste, sensuelle aussi, qu’avant…

­ J’ai un peu changé de peau, je vous l’accorde volontiers !

A quoi dont­on cette évolution ?

­ Je me méfie du mot évolution, je lui préfère épanouissement. Depuis quatre ans, j’ai passé quatre ans à réfléchir, à me détacher de certaines choses, à ne m’attacher qu’au moment présent, à m’oublier au profit de l’autre, des autres. Après l’échec de « Giorgino », tout s’est encore accéléré : j’ai découvert le voyage et, ailleurs, le sentiment de vivre enfin en liberté, une sorte d’apprentissage de la vie qui vous fait vous sentir plus légère. Et puis, j’ai tiré grand profit d’une lecture bouleversante, un ouvrage de Sogyal Rinpoché, « Le livre tibétain de la vie et de la mort ». J’y ai appris quelques mots­clés, comme ‘impermanence’, l’idée que pour apprivoiser la vie il faut d’abord accepter la mort, celle aussi qu’il y a une vie après la mort. Si on les reçoit plein pot, ces idées­là font office de détonateur et lorsqu’on les digère, on sent en soi une énergie nouvelle.

Voilà enfin cette sérénité qui jadis n’était pas votre fort…

­ La sérénité, je ne l’ai pas atteinte. Il se trouve encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route, mais aujourd’hui ­ même si je ne renie pas Cioran ­ je remplacerais bien le cynisme par l’humour. Le nihilisme, c’est évidemment tentant face aux agressions de l’époque, mais son enivrement rend stérile. Une chanson comme « Plus Grandir », je ne pourrais plus la chanter. J’ai acquis des certitudes, comme celle du partage et je suis heureuse de terminer mon spectacle par un morceau d’espoir, de même que le colorer de blanc m’a inspirée, parce que c’est une couleur qui vous porte le haut.

Là, on flirte avec la religion, non ?

­ Le danger de la religion, c’est l’endoctrinement. Je considère le bouddhisme, avec sa légèreté et sa générosité, plus comme une philosophie.

Il vous a fallu beaucoup de philosophie pour oublier « Giorgino » ?

­ L’échec fait partie de ma pensée, il n’a donc pas provoqué de rupture. Je crois même qu’il a été un bienfait car il m’a obligée à fuir l’apitoiement sur moi­même et à boucler un cycle.

D’où votre affection pour cette phrase de Nietzsche : ‘Ce qui ne me tue pas me rend fort’ ?

­ Oui. Les difficultés de la vie, et principalement les déchirements entre les êtres, amènent à puiser en soi des forces insoupçonnées.

1996-09-dA dissiper les peurs, aussi ?

­ Non, mais les peurs c’est utile : elles vous dynamitent.

Vous voulez dire ‘dynamisent’ ?!

­ Oh, ça veut dire la même chose ! C’est un lapsus heureux ! (rires)

Et les excès, vous les revendiquez toujours ?

­ J’en aime certains comme j’aime la démesure. Je me méfie de la destruction et de l’irrespect de soi, mais je revendique le droit à la frénésie.

Aujourd’hui, de quelle culture vous nourrissez­vous ?

­ Je lis beaucoup, et pas toujours Sade ! (rires) J’écoute Bob Marley, Courtney Love et d’autres. Je regarde Planète et j’adore la peinture, Ernst ou Jérôme Bosch par exemple –mais je ne vous dirai pas si j’en achète !

Il paraît que vos voyages vous ont conduite à Bali…

­ Je n’y ai passé qu’un mois. Je me suis surtout partagée entre New York et Los Angeles.

Le soleil et les plages, c’est devenu votre truc ?

­ Les plages, non ; le soleil, oui ! Bien sûr, je ne pourrais pas vivre en Californie éternellement, mais de temps en temps l’espace, la surdimension, la qualité de vie quotidienne et même la perte d’identité, cela fait du bien. Et puis, à Los Angeles, j’ai aussi travaillé : enregistrer là­bas m’a galvanisée. Non pas que les musiciens y soient forcément meilleurs qu’ici, mais rencontrer d’autres gens, cela donne du punch à ce que l’on crée.

Qu’avez­vous pensé des gens du métier qui vous disaient finie ?

­ Les gens du métier, je ne les vois pas. Mon disque marche très bien : tant mieux.

Pensez­vous que l’image qu’on a de vous est juste ?

­ Il y a fatalement des erreurs, ne serait­ce que parce que le succès vous fige dans l’instant et parce que toute vision partielle est frustrante. Mais il ne faut pas trop s’attarder sur soi. Je communique avec les gens, je les ressens et je crois qu’au sortir de scène, je suis heureuse.

Sexy, vous l’êtes de plus en plus. Vous avez dit un jour que troubler était un jeu qui permettait de se détester un peu moins. A voir ce nouveau spectacle, vous devez commencer à vous aimer…

­ (sourire) Dire que je m’aime serait aller un peu vite en besogne, mais c’est vrai que j’accepte mieux mon enveloppe : je l’ai un peu rencontrée et je me sens plus prête à la partager. J’éprouve d’ailleurs une certaine fierté à porter de nombreuses tenues en scène et un réel plaisir à m’offrir.

Sur scène, vous mettez à un moment des hommes dans des bulles transparentes. Un de vos fantasmes ?

­ Qui sait ?! (rires) J’ai surtout voulu évoquer la matière plastique et les préservatifs. J’aime cette idée de bulle, de sécurité et de transparence. Mais le rêve, c’est quand même que l’on puisse très vite s’en passer !

Une autre chanson met en scène des drag­queens. On sait que la communauté gay vous apprécie beaucoup et on vous entend chanter dans « Pédale Douce ». Fascination ou militantisme ?

­ Je sais que je suis portée par la communauté gay mais il n’y a pas de philosophie là­dedans. La catégoriser, c’est déjà la différencier et je ne le fais pas. L’androgynie, plus on en parle et mieux c’est ! (sourire)

Qu’est­ce qu’on ne sait pas de vous ?

­ Que je ne sais pas du tout cuisiner ! (rires)

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Les orients d’une perle d’extrême Occident / Mylène F.

Posté par francesca7 le 17 janvier 2015

 

ANGELINE’S – NOVEMBRE 1996 : Entretien avec Mohand MESTIRI

1996-13-aA propos de sa chute de scène à Lyon quelques mois plus tôt :

­ Je me demande si ce n’était pas une bénédiction. Non, je voulais dire le contraire ! Une malédiction !

A propos du fait que son silence laisse le champ libre à toutes les interprétations :

­ Je préfère être un morceau de savon humide qu’on a du mal à saisir.

A propos d’un rêve :

­ Un rêve est ma seule mémoire d’enfance : un lit immense, des draps blancs. J’y suis blottie en position de fœtus. Devant moi, un énorme cordon ombilical, vraiment énorme. Il m’incombe de le couper, mais comment ?

Avec les dents ? Je ne suis qu’une enfant…

J’avais de vous une image d’espièglerie intelligente, saine et décapante. Sous la plume de mes confrères, il est question de morbidité, de voluptés décadentes…

­ Morbidité, mordre à la vie, le goût du néant répond à un goût d’absolu : un dessin animé comme « Bambi » est coloré de morbidité. C’est vrai que j’ai voulu évoquer le trouble, la confusion des sentiments. Je ne me justifie pas. Je ne me résume pas à des chansons, mais à travers elles ­ « Libertine », « Désenchantée, « XXL », « Sans Contrefaçon » ou « Sans Logique » ­ j’ai exprimé ce que j’ai réellement ressenti : oui, je me suis promenée un mouchoir dans le creux de mon pantalon ; oui, qu’on soit des filles de cocktails, des filles rares ou des fleurs de trottoir, qu’on fasse la une des magazines, toutes les filles ont besoin d’amour, d’un amour extra­extra­large ! Naguère, j’ai hanté les cimetières. Il y a toujours quelque chose de fascinant dans le spectacle de la fin, mais le mystère c’est que la vie ne connaît pas de point final. la fin marque l’aurore d’un monde nouveau à venir.

Maintenant, je me sens moins oppressée par la mort : d’une, je suis apaisée à l’idée qu’il y ait une vie après, deuxièmement la notion du non­attachement et de l’impermanence m’intéresse. Saisir l’instant, accepter les métamorphoses, l’éphémère, le mouvement… On a besoin d’amour, mais j’aime les dialogues silencieux, ceux que l’on entretient avec les livres, avec la poésie. Une présence humaine à ses côtés, c’est bien mais pas suffisant. Après le désenchantement, l’anamorphose : je suis en pleine renaissance !

‘Anamorphose’ ? Le Petit Robert ­ qui n’est pas infaillible ­ dit : ‘image déformée et grotesque donnée par un miroir courbe’…

­ C’est un grand angle. Pour moi, ce mot signifie à la fois une perception plus large du monde et un moyen de rassembler toutes ses impressions, toutes ses sensations en une seule image.

Dans vos chansons et vos clips, la violence est surtout dans la musique et l’image…

­ Quand la frustration est trop forte, je ne dirais pas ‘violence’, mais ‘énergie’.

Vous n’avez pas de souvenirs d’enfance, mais avez­vous envisagé d’être mère ?

­ L’idée de l’adoption me plaît. J’ai toujours été perturbée par la prolongation de soi, mais maintenant je peux y penser.

 

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Mylène Farmer pour VOGUE (Allemagne)

Posté par francesca7 le 10 janvier 2015

 

MARS 1996 – Rencontre avec Amélie NOTHOMB

1996-03-aDans le cadre de sa rubrique « Conversation », l’édition allemande du magazine Vogue offre ses pages à l’écrivain Amélie Nothomb dont le succès est alors récent. Alors qu’on lui demande de choisir une personnalité avec qui organiser cette rencontre, son choix se porte sur Mylène Farmer, qui accepte. La rencontre a lieu le 22 décembre 1995, dans un salon du Crillon, place de la Concorde à Paris, sous l’objectif de Marianne Rosenstiehl.

A parution, l’entretien entre les deux femmes est évidemment traduit en allemand (par Bettina Kaps). En voici une traduction vers le français personnelle.

Amélie Nothomb : Je me souviens très bien de la première fois où j’ai entendu votre musique. C’était pendant les vacances de Noël, en 1986. Ma cousine chantonnait « Libertine ». Moi, je n’avais encore jamais entendu cette mélodie. ‘Comment ? me dit­elle Tu ne connais pas Mylène Farmer ?’. Depuis, je suis devenue une grande fan de vos clips. A mes yeux, vous êtes la chanteuse qui propose les clips les plus beaux, les plus talentueux !

Mylène Farmer : Quant à moi, j’ai lu vos livres. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté cette rencontre.

AN : Je le sais bien. J’ai appris à connaître grâce à vous un auteur qui m’a marquée : dans l’une de vos interviews, une fois, vous aviez déclaré aimer Luc Dietrich.

MF : Ses livres ne quittent jamais ma table de nuit !

AN : C’est un des rares auteurs qui parvient à écrire en se mettant dans la peau d’un enfant sans se rendre ridicule. J’ai moi­même décrit ma propre enfance dans « Le Sabotage Amoureux » ­ pas de la meilleure manière, à mon goût.

MF : J’ai fait des chansons sur le thème de l’enfance, particulièrement sur la peur de grandir.

AN : Dans votre chanson « Plus Grandir », vous chantez que vous vouliez rester une enfant…

MF : C’est quelque chose que je ne peux pas expliquer moi­même et je ne l’ai pas perçu comme un traumatisme. J’ai vécu au Québec jusqu’à l’âge de neuf ans. Je n’ai conservé qu’un seul souvenir marquant de cette période : celui de la neige.

AN : La neige est récurrente dans vos clips, dans votre film également. Je regrette de n’avoir pu voir « Giorgino ». Il n’est resté que deux semaines à l’affiche à Paris et comme je vis à Bruxelles, je l’ai manqué.

Malgré tout, je sais tout à son sujet, j’ai dévoré tout les articles le concernant. Je suis convaincue qu’il est formidable, quand bien même beaucoup de critiques ont prétendu le contraire. Laurent Boutonnat, qui l’a réalisé, est à mon sens un génie.

MF : Notre film a essuyé des critiques particulièrement violentes. Avant même qu’il ne soit sur les écrans, nous savions déjà qu’il se ferait éreinter. La critique principale était qu’il s’agissait d’un long clip…

AN : Je rêve d’un clip long de deux heures !

MF : Le maquillage, les costumes, l’éclairage : les possibilités qu’il offre sont trop peu exploitées par le cinéma. Qui plus est, le jeu est pour moi important, qu’il s’agisse de jouer son propre rôle ou celui d’un autre moi. J’écris également moi­même  les textes de mes chansons. Ce sont autant de moyens de m’exprimer à travers l’art.

AN : Voilà quelque chose qui m’a frappée : vous vous déguisez souvent. Cependant, vous passez pour être  une artiste relativement discrète…

MF : Lorsque j’apparais nue, quand je fais des photos dites sexy, les journalistes écrivent que je suis impudique et que je n’ai aucun mystère. Que je puisse être si discrète au quotidien leur apparaît comme un vrai paradoxe. C’est pourquoi ils sont dans l’attente d’une justification de ma part. Je déteste cela !

AN : Vous n’avez pas à vous justifier. On ne doit le faire que lorsqu’on a commis des erreurs.

MF : Le clip de « Libertine » a été interdit de diffusion en Allemagne. Quelle hypocrisie ! J’ai déjà vu des films pornographiques à la télévision allemande !

AN : Je n’ai pas encore eu l’honneur d’être censurée…

MF : Cela m’étonne !

AN : Ma famille tient mes livres pour de la pornographie. Vous savez, la Belgique est aujourd’hui encore un pays du XIXème siècle. De plus, je descends de l’aristocratie catholique extrêmement conservatrice.

MF : Votre famille ne veut plus avoir affaire avec vous ?

AN : Précisément. A l’exception de mes parents qui acceptent mes ouvrages. Mon père était diplomate, ce qui nous a permis de vivre à l’autre bout du monde ­ en Asie. Vous savez, la famille Nothomb n’a pas à être fière de son comportement pendant la deuxième guerre mondiale. Je suis reconnaissante envers mes parents d’avoir pu grandir en Extrême­Orient. Lorsque j’ai débarqué à Bruxelles à l’âge de dix­sept ans, j’ai été stupéfaite de constater la consternation des gens lorsque je déclinais mon nom de famille. Aujourd’hui encore, les Nothomb jouent un rôle dans la vie politique belge. Moi, je n’ai rien à voir avec cela.

MF : Votre père n’est­il pas aussi artiste ?

AN : Oui : ambassadeur le jour, chanteur d’opéra nô japonais médiéval le soir !

MF : Merveilleux ! C’est une musique mystérieuse, fascinante.

AN : L’opéra nô le plus court dure quatre heures. Enfants, nous devions assister à la représentation entière, qui plus est à genoux. Aujourd’hui, nous pouvons nous asseoir et même somnoler ­ cela nous aurait été impossible à l’époque. Combien de dimanches avons­nous passés à écouter papa chanter ! Je m’ennuyais terriblement, d’autant plus si je comprends le japonais moderne, je n’entends rien au japonais médiéval !

MF : De mon côté, les rapports familiaux sont tout autres. Naturellement, je garde le contact mais nous parlons peu les uns avec les autres. Je présume que ma mère et mes autres proches sont fiers de mon succès. Mon père n’est plus de ce monde. Il est décédé quand j’avais vingt et un ans, alors que je débutais ma carrière. (erreur de retranscription ou, plus étrange, de Mylène ? Son père étant décédé en juillet 1986, elle avait donc vingt quatre ans à ce moment, nda) Je n’ai reconnu que sur le tard à quel point il était important pour moi. Avec qui vivez­vous ?

AN : Avec ma sœur Juliette, un être extraordinaire. Dans notre enfance, nous étions tout l’une pour l’autre. Nous avons été toutes deux atteintes d’anorexie, seulement je suis seule à l’avoir vaincue. Elle a définitivement arrêté de grandir à l’âge de seize ans. Aujourd’hui, elle en a trente et un et c’est toujours une enfant. Elle rejette les gens, personne ne doit pénétrer chez nous ou bien elle se met à hurler. Elle n’a besoin que de moi.

MF : Moi je vis à Paris avec mon petit singe capucin. Croyez­vous que vous aurez un jour le besoin de quitter votre sœur ?

AN : Non, car je n’ai pas encore ressenti le besoin de me marier et d’avoir des enfants. Qui plus est, je mène une vie sentimentale somme toute normale, mais toujours en dehors de chez moi. Il en résulte pour moi une vie aventureuse, et ça me plaît.

MF : La prolongation de moi­même, c’est quelque chose que je n’arrive pas à imaginer pour le moment. Pourtant, j’aime les enfants.

AN : Ecrire est plus simple que bien des choses de la vie de tous les jours…

1996-03-cMF : L’écriture semble également être angoissante pour vous. Il paraît que vous ne pouvez créer qu’en ressentant la sensation du froid.

AN : C’est exact. Dès que j’écris, le froid s’installe en moi, la température de mon corps chute. Pourtant je ne suis pas frileuse. Pour écrire, je dois m’emmitoufler comme un yéti dans un grand manteau de laine et je porte même un bonnet. Le froid m’est très désagréable mais c’est l’envie d’écrire qui domine.

MF : On dit pourtant que plaisir et douleur ne font pas bon ménage.

AN : Ce mystère, j’en fais l’expérience au quotidien : j’écris tous les jours, au moins quatre heures.

MF : Est­il exact que vous ne dormez souvent que deux ou trois heures par nuit ? J’imagine très bien que, conjuguées à vos angoisses, vos nuits doivent être terribles. L’écriture est un remède à la solitude.

AN : L’insomnie ne me dérange pas. Rechercher le sommeil en vain, oui. Les pensées qui m’assaillent dans ces moments­là sont terrifiantes.

MF : Je connais cela aussi, quand des pensées contradictoires s’affrontent, jusqu’à en devenir folle.

AN : D’autant que toutes deux nous avons un univers quelque peu morbide. Les nuits où je ne parviens pas à dormir, tout tourne autour de la mort et de cadavres : insupportable ! Je suis certaine que j’ai choisi d’écrire pour échapper à cette abomination. En écrivant, je ne souffre plus. Même quand j’écris des choses terrifiantes, je ressens un plaisir immense. Les passages les plus dramatiques de « Hygiène de l’assassin », où Prétextat Tach étrangle de ses propres mains sa jeune amie, m’ont provoqué un fou rire.

MF : Cela fait apparaître ces passages encore plus cruels et inquiétants !

AN : On m’a qualifiée de sadique ­j’ignore si c’est vrai. Dans la vie quotidienne, certainement pas !

MF : Je ne vous considère pas comme sadique. Vos livres dérangent, c’est pourquoi ils me plaisent. Ils font naître du rejet et du trouble, des réactions très vives. Dans mon travail aussi la mort tient une place importante, après tout elle fait partie de notre existence. Mais maintenant j’ai changé : je suis moins obnubilée par l’idée du néant, de même que par la mort.

AN : J’ai vu ai vue une fois dans une émission où vous pouviez choisir des images (« Mon Zénith à Moi », 10.10.1987, cf. cette référence, nda). Vous aviez alors sélectionné des images de cadavres et de têtes coupées. J’avais trouvé cela écoeurant !

MF : (rires) Je voulais montrer la beauté qui se trouve dans la violence et l’horreur, c’est pourquoi j’avais choisi deux reportages sur des exécutions humaines. Naturellement, une exécution est quelque chose de répugnant et de cruel, mais il s’en dégage une vraie force. Les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens.

AN : Vous aviez à ce moment­là dit que voir ces images vous procurait de la joie.

MF : C’était sans doute maladroit. Il faut faire attention à ce que l’on dit et aux conséquences qui peuvent en découler. La mort d’un proche peut aussi être quelque chose de fascinant : quand j’ai vu cette personne étendue, morte devant moi, il me vint à l’esprit que c’était comme une mise en scène. Suis­je morbide ? Est­ce que c’est au­delà de ça ? Est­ce une preuve d’amour ? Je n’en sais rien.

AN : Depuis peu, on sent en vous une influence tibétaine. Que s’est­il passé ?

MF : Je n’ai pas beaucoup travaillé pendant trois ans, j’avais besoin d’oxygène. C’est pourquoi je suis partie aux Etats­Unis –mais l’endroit n’a pas d’importance. J’ai trouvé là­bas par hasard un livre tibétain traitant de la vie et de la mort. J’ai tiré quelques vérités de cet enseignement bouddhiste, à commencer par l’idée qu’il y a une vie après la mort. Cette idée m’a réconfortée. Ce livre a été un pansement pour moi.

AN : Aujourd’hui, vous n’avez plus de doutes ?

MF : Maintenant je ne me laisse plus abattre par l’idée de la mort du corps. Je me dis : oui, il y a une vie après la mort. J’essaye de changer.

AN : C’est quelque chose que l’on ressent dans votre récent album, « Anamorphosée ». En parlant d’immortalité, la célébrité d’une écrivain ne supporte pas la comparaison avec celle d’une chanteuse. Ma notoriété est supportable, amusante même. Votre gloire doit prendre des dimensions considérables : il paraît qu’il y a des fans qui dorment devant votre porte. Comment vivez­vous cela ?

MF : Je dédramatise. C’est la seule façon pour moi de le supporter.

AN : Et quelle était cette histoire de meurtre ?

1996-03-fMF : Ce fût très pénible : un déséquilibré qui voulait me rencontrer a fait irruption dans ma maison de disque et a tiré tout autour de lui avec un fusil. Le standardiste a été tué, c’était un jeune homme de vingt­huit ans. Ca a été un des événements les plus marquants de ma vie.

AN : Tournerez­vous à nouveau un film avec Laurent Boutonnat ?

MF : Je ne sais pas. Je crois que l’échec de « Giorgino » a été un coup de massue pour Laurent.

AN : Puis-­je vous confier l’un de mes rêves ? Plusieurs producteurs ont voulu porter au cinéma « Hygiène de l’assassin », mais à ce jour tous les projets ont échoué. Je souhaiterais que Laurent Boutonnat le filme et que vous jouiez le rôle de la journaliste.

MF : J’ai offert récemment vos livres à Laurent. Je vais lui faire part de votre souhait. Je vous le promets.

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STUDIO GABRIEL avec Mylène sur France 2

Posté par francesca7 le 10 janvier 2015

 

1995-02-e14 DÉCEMBRE 1995 – Présenté par Michel DRUCKER sur France 2

Première apparition télévisée de Mylène Farmer depuis plus d’un an. Alors que son album « Anamorphosée » est sorti deux mois plus tôt, la chanteuse a choisi un talk­show plutôt qu’une émission de variétés traditionnelle.

Michel Drucker : Quelle ambiance !… Elle arrive ! Attendez, attendez, elle arrive, elle arrive ! Mais j’aimerais d’abord vous présentez tous mes copains. (…) Ecoutez, vous l’avez deviné, notre invitée est tout simplement Mylène Farmer. Mylène Farmer !

Le public se lève pour l’applaudir et scander son nom. Mylène arrive, vêtue d’une robe en cuir noir et d’un cardigan crème, perchée sur de très hauts talons, ses cheveux remontés en chignon. Drucker part la chercher au fond du plateau, la prend par la main et l’amène jusqu’au siège où elle doit s’asseoir, juste devant le public. Elle peine à regarder devant elle, visiblement intimidée par les cris des nombreux fans présents.

MD : Vous devriez venir, Mylène, plus souvent parce que vous savez (les cris reprennent)…Chut ! Remplir la salle avec les problèmes qu’il y a en ce moment dans la circulation (l’hiver 1995 connaît l’une des plus longues grèves que la France ait jamais connue, nda), c’est une performance et, grâce à vous, elle est vraiment remplie, avec des fans ­y a pas d’autre mot­ des fans qui vous suivent depuis longtemps. Est­ce que vous les connaissez ? Vous savez qui écoute vos disques ? Vous les rencontrez de temps en temps ? Ils vous écrivent ?

Mylène Farmer : Oui, beaucoup. Beaucoup.

MD : Vous en êtes à votre quatrième album. Ils vous suivent donc depuis déjà cinq ou six ans (sic !). La tranche d’âge, vous la connaissez ? Est­ce qu’il y a une majorité de filles ? De garçons ? Statistiquement. Plus de vingt­cinq ans, moins de vingt­cinq ans ? Des ménagères, des jeunes, des moins jeunes ? Vous ne savez pas ?

MF : Je crois que j’ai un peu de mal à répondre à cette question, si tant est qu’il y a beaucoup de jeunes, oui.

Beaucoup de filles, beaucoup de garçons. (elle regarde le public) Et je tiens à vous remercier (les applaudissements et les cris repartent de plus belle).

MD : Chut ! Attendez, attendez. Mylène Farmer est une artiste qu’on ne voit jamais à la télévision, donc j’aimerais bien en profiter et lui poser quelques questions ! D’abord, c’est vrai : pourquoi on vous voit si peu ?

Vous êtes quoi, quatre ou cinq artistes comme ça en France, qu’on ne voit pratiquement jamais. C’est parce que c’est un média qui vous fait peur ou parce que vous considérez que les disques sont faits pour être écoutés, les clips sont faits pour être vus dans certaines émissions, et que l’artiste n’a pas obligatoirement le besoin de venir parler au public ?

MF : Je pense, avant tout, que c’est un exercice qui est difficile pour moi. Et j’ai un petit peu de mal à parler de moi­même, donc c’est…

MD : Le trac.

MF : Le trac aussi, et puis le… (elle baisse la tête en souriant)

MD : Quand il s’agit de parler de votre CD, je crois quand même que, là, vous allez être beaucoup plus volubile. Mylène Farmer, « Anamorphosée », c’est le quatrième. On ne vous a pas entendue et vue depuis longtemps…

MF : Oui.

MD : Vous étiez partie à l’étranger, aux Etats­Unis ?

MF : Je suis partie un an à Los Angeles, et puis un peu à New York également. Et puis j’ai surtout enregistré cet album : c’est un travail de longue haleine.

MD : Alors, on en dit un petit mot de cet album ! Douze titres qui, d’après L’Express, sont ‘un adieu aux larmes’.

MF : Ça, je ne sais pas. Je me méfie toujours des choses très radicales comme ça. On m’a dit que c’était un album plus optimiste. Peut­être ! Mais j’aime les larmes aussi…

MD : Bon. Hé bien, on va voir, pour la première fois, on va écouter « L’Instant X » puisque, à chaque fois que vous faites un album, il y a évidemment des clips. Et c’est vrai que vos clips sont aussi célèbres que vos CD  parce qu’ils sont très bien faits. On va d’ailleurs en revoir pas mal tout à l’heure. Donc c’est la première fois…

MF : Oui.

MD : Qui est monsieur Marcus Nispel ? (le réalisateur du clip « L’Instant X », nda)

MF : C’est un réalisateur allemand, qui vit à Los Angeles je crois, et qui a réalisé de nombreux clips, jamais avec les français je crois ­ ou peut­être avec Alain Chamfort ­ et que j’aime beaucoup, qui a un grand talent.

MD : « L’Instant X », c’est le single, comme on dit ?

MF : Oui, c’est le deuxième extrait de l’album.

MD : Mais y’a quand même douze titres. Pour la première fois, en exclusivité, voici « L’Instant X » !

Diffusion d’un bref extrait du clip « L’Instant X ».

MD : « L’Instant X ». Sans entrer dans la technique, moi j’ai vu la plupart de vos clips, on va en voir un petit montage exceptionnel dans un instant, ils sont tournés beaucoup en extérieur, donc vous dépendez beaucoup de la météo…

MF : Oui ! (rires)

MD : Vous allez dans les pays chauds, et souvent dans le froid, d’ailleurs…

MF : Souvent dans le froid.

MD : Comment ça se passe ? Vous êtes dirigée, comme un metteur en scène dirige une comédienne, vous vous abandonnez complètement au metteur en scène ? Ou est­ce que Laurent Boutonnat ou vous, vous vous mêlez de ce qu’on appelle le story­board, l’histoire, ou là vous donnez le CD au metteur en scène et c’est lui qui vous dit ‘Moi, j’attends ça de vous’ ?

MF : Avec Marcus Nispel, c’est un petit peu différent. C’est vrai que je lui donne la chanson, et la nouveauté, c’est que je lui demande ‘Quelle idée avez­vous par rapport à ça ?’. J’avais besoin, en tous cas envie, que quelqu’un m’amène quelque chose de l’extérieur, un nouveau regard. Quant au travail d’avec Laurent Boutonnat ­ j’ai fait quand même beaucoup, beaucoup de clips, et j’ai été très, très gâtée ­ et là, c’était un travail commun, souvent, en parlant de l’histoire.

MD : Comme vous venez rarement à la télévision, moi je voudrais en savoir un petit peu plus sur vous. Qu’est­ce que vous gardez comme souvenirs de vos dix années passées au Québec ? Moi, la première fois que j’ai entendu parler de vous, j’en ai entendu parler comme d’une québécoise, de quelqu’un qui avait grandi à Montréal…

MF : Je crois que j’irrite beaucoup de personnes parce que j’ai très, très peu de souvenirs, si ce n’est aucun souvenir de mon enfance. Je crois le souvenir de la neige, en tous cas j’ai retrouvé une sensation agréable.

MD : C’est pour ça que la plupart de vos clips se passent dans le froid et dans la neige ?!

1995-02-aMF : Probablement ! Mais très, très, très peu de souvenirs…

MD : Et alors, ce qu’il faut savoir, c’est que votre première vocation, c’était la comédie. Vous avez pris des cours avec Mesguich, je crois, Daniel Mesguich. Votre première passion, ça a été le théâtre…

MF : Au Cours Florent, également.

MD : Et puis, pourquoi vous avez bifurqué vers la chanson, avant d’y revenir puisque vous avez également tourné au cinéma ?

MF : Ce sont les hasards de la vie, et des rencontres qu’on peut avoir, qui sont très, très importantes. Et j’ai fait la rencontre de Laurent Boutonnat donc, qui voulait lui­même se diriger vers le cinéma, et était également compositeur, adorait la musique. Et nous sommes nés de la même chose, donc de la musique.

MD : Alors, c’est vrai que vous ne feriez pas cette carrière s’il n’y avait pas Laurent Boutonnat. Vous parlez souvent de lui : on ne le voit jamais, c’est quelqu’un que je n’ai jamais rencontré. Qui est Laurent Boutonnat ?

Quelle est sa formation ? Il est musicien bien sûr. Vous l’avez rencontré dans quelles circonstances ? C’est lui qui vous a donné envie de chanter ?

MF : C’est, j’oserais dire, par hasard. C’est un ami commun qui nous a réunis, et lui m’avait parlé donc de cette première chanson, « Maman a tort ».

MD : Il est musicien au départ ?

MF : Il est de grand talent. Il est musicien, il est réalisateur, il aime l’image. C’est quelqu’un qui écrit bien.

MD : Est­ce qu’on peut dire que votre carrière aurait pris un virage différent s’il n’y avait pas eu Laurent Boutonnat ? Est­ce qu’on peut dire que les clips, car quand on parle de vos clips, on ne peut pas ne pas parler de Laurent Boutonnat, est­ce qu’on peut dire que ce sont vos clips qui sont aussi à l’origine de votre succès ?

MF : Je crois que c’est un tout. Je crois que c’est très, très important, en effet. Je crois que la musique est importante. Je pense que les mots sont très, très importants, c’est une façon de dialoguer avec l’autre. Je crois que c’est un tout.

MD : Et bien voilà un petit montage : on va aller des débuts, du premier album, jusqu’à « L’amour XXL » (sic).

Voici un petit survol de votre carrière en clips ­mais je crois que tous vos fans les connaissent, mais seront contents de les revoir !

Medley des clips avec quelques extraits de « Pourvu qu’elles soient douces », « Libertine », « Je t’aime mélancolie », « Sans contrefaçon » et « XXL ».

MD : Moi, je voudrais une explication technique : ça, c’était « L’amour XXL » (re­sic), où vous êtes à l’avant d’une locomotive à vapeur. Ça a été tourné comment ?

MF : Ça, ça a été éprouvant pour moi !

MD : C’est tourné où, ça ?

MF : A Los Angeles (à Fillmore plus précisément, nda). Et j’étais réellement attachée, donc, à l’avant de ce train, et ce pendant près de quatre, voire cinq heures, sans pouvoir descendre du train, et le train roulait réellement, et parfois à vitesse rapide. Donc c’était assez étonnant !

MD : Autre question, avant que j’oublie : quand est­ce que vous reviendrez sur scène ?

MF : Euh… Très bientôt ! (applaudissements et hurlements dans le public)

Drucker accueille alors les chroniqueurs cinéma et musique, respectivement Benjamin Castaldi et Gaël Leforestier. Comme le veut le principe de l’émission, Mylène va rester jusqu’à la fin. Elle rejoint la grande table, plus lointaine, en fond de décor en compagnie de l’animateur.

Rubrique musique : Gaël Leforestier présente une compilation de rock, avec notamment Supergrass, Oasis, Iggy Pop, Lenny Kravitz,… A Michel Drucker qui lui demande si elle connaît tous ces groupes, Mylène répond simplement ‘Oui’ en souriant. Gaël Leforestier présente ensuite un coffret de singles de Nirvana qu’il offre à Mylène.

MD : Vous aimez Nirvana ?

MF : J’aime beaucoup Nirvana, oui.

MD : Comment vous définiriez leur musique ?

MF : Leur musique, je ne sais pas. Mais le chanteur, en tous cas, avait un charisme très étonnant et assez exceptionnel.

MD : Vous l’aviez rencontré ?

MF : Non, jamais.

Pour conclure sa rubrique, Gaël Leforestier présente un CD de John Lee Hooker. Drucker s’empresse de l’offrir à Mylène…

MF : C’est une belle pochette.

C’est ensuite la rubrique cinéma de Benjamin Castaldi.

MD : Un petit mot : quel souvenir garderez­vous de votre dernier film, qui a été une longue aventure, qui est sorti il y a un an je crois, « Giorgino » ?

MF : Oui. Très électrique et très passionnant.

MD : Vous recommencerez bien sûr ?

MF : C’est mon souhait en tous cas, oui.

Benjamin présente alors « Le Président et Miss Wade », de Rob Reiner, pour sa sortie en salles.

MD : Vous avez vu le film ?

MF : J’ai vu la moitié du film !

Benjamin Castaldi : Elle est partie avant, c’est mauvais signe.

MF : Non, je m’étais trompée de séance, donc je suis entrée et le film était déjà commencé ! (rires à la fois de Mylène, des animateurs et de la salle)

MD : On va vous raconter la deuxième partie donc… !

Benjamin présente le film. Puis enchaîne avec « Smoke », de Wayne Wang et Paul Auster, que Mylène confie ne pas avoir vu.

BC : Ça se passe dans un tabac, c’est relativement gonflé parce que, en Amérique, la chasse aux fumeurs est catastrophique : on ne peut plus fumer nulle part.

MD : Vous fumez ?

MF : Oui.

MD : Comment vous faites alors quand vous êtes dans un lieu public ?

BC : Comme tout le monde, elle se cache parce que c’est absolument impossible de fumer, ni dans les restaurants…

MF : Là­bas, c’est impossible, absolument.

MD : Et quand vous allez aux Etats­Unis, dans les avions, vous tenez le coup pendant douze heures ?

MF : Oh oui, sans problème.

MD : En mangeant du chewing­gum ?

MF : Non ! (sourire)

Benjamin finit la présentation du film. Puis évoque « Des anges et des insectes » de Philip Haas.

MD : Pour terminer avec le cinéma, quels sont les acteurs et les actrices français ou outre­Atlantique, étrangers, qui vous ont fasciné quand vous étiez petite fille, et qui vous fascinent encore ? Vos légendes, vos mythes ?

1995-02-dMF : Greta Garbo. Mais, plus récemment, j’aime beaucoup Robert de Niro, Al Pacino, Michelle Pfeiffer…

MD : Et les français ?

MF : Français ? J’aime beaucoup…euh… (elle cherche puis rit de sa confusion) Gérard Depardieu. C’est facile ! (rires)

Laurent Gerra et Virginie Lemoine entrent ensuite en plateau pour leur rubrique Les Zap’tualités, puis ils rejoignent tout le monde à la grande table.

MD : (à Mylène) Je vous ai vu rire, de bon cœur (en réalité, les quelques plans de Mylène pendant le sketch ne la montrent pas vraiment sourire, nda). Merci beaucoup, chère Mylène. Je rappelle : « Anamorphosée » vient de sortir. Vous reviendrez sur scène quand ? Dans un an ?

MF : Je ne sais pas. (si en réalité le Tour 96 est déjà en préparation, aucune annonce de tournée n’a encore été faite, nda)

MD : Vous reviendrez nous voir ?

Mylène acquiesce d’un mouvement de tête alors que le public lui fait une dernière ovation en même temps qu’est lancé le générique de fin.

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Mylène Farmer revient en pleine forme

Posté par francesca7 le 10 janvier 2015

 

1996-15-aLE PARISIEN  29 NOVEMBRE 1996 – Entretien avec Alain MOREL

Cette interview donnée pour la reprise du Tour 96 à Toulon est publiée en deux temps : d’abord le 29.11.1996, jour du démarrage de la seconde partie de la tournée puis le 12.12.1996 pour la représentation parisienne du spectacle à Bercy. Par ailleurs, on retrouve cet entretien dans le Ciné Télé Revue de la semaine du 28.11.1996 sur une pleine page, avec des extraits de l’interview accordée au même journaliste en mai 1996 pour le lancement du spectacle et on retrouve dans cette parution quelques passages coupés dans le Parisien. Ce qui suit est une reconstitution de l’interview intégrale à partir de ces différentes publications.

Que s’est­il exactement passé le 15 juin dernier à Lyon ?

­ Il devait rester environ vingt secondes de spectacle. Je venais saluer le public lyonnais pour la troisième fois après avoir chanté le dernier rappel de « XXL ». Nous nous sommes bousculés en avant­scène avec un des danseurs et nous sommes tombés dans la fosse d’orchestre. Le choc a été terrible.

Quel a été le diagnostic médical ?

­ Le danseur était, par miracle, indemne, mais moi, outre des contusions un peu partout, je souffrais d’une grave fracture ouverte d’un poignet. J’ai été opérée en urgence dans un hôpital de Lyon où je suis restée cinq jours. Il était impossible de reprendre la tournée : les quatre­vingt cinq personnes qui travaillaient sur la tournée ont du rentrer chez elles. Il y a eu ensuite une longue rééducation, puis une phase de convalescence à Paris et à Los Angeles.

Vous avez beaucoup souffert ?

­ Oui. Longtemps, surtout ! D’autant qu’il a fallu me réopérer fin juillet pour retirer les broches. Mais honnêtement, je m’en suis bien sortie, même si de temps en temps j’ai encore un peu mal.

Quand avez­vous recommencé à travailler ?

­ Fin août, quand nous avons tourné le clip de « Comme j’ai Mal ».

Un titre prémonitoire !

­ Ce qui est incroyable, c’est qu’on venait juste de décider de sortir ce single quand l’accident est arrivé.

Evidemment, le calendrier a été un peu modifié…

Votre nouveau show est différent du précédent. Votre accident y est­il pour quelque chose ?

­ Bien avant l’accident, j’ai fait une rencontre bouleversante avec un ouvrage : « Le livre tibétain de la vie et de la mort ». Du coup, mes angoisses se sont un peu dissipées. Quand on digère ce genre de choses, on se sent plein d’une énergie toute neuve.

Être en scène, pour vous si secrète, est­ce réellement un plaisir ?

­ J’ai récemment acquis des certitudes, comme celle du partage, et sur scène, avec des couleurs blanches en plus et quelques anciennes chansons en moins, j’ai le sentiment de chanter un peu l’espoir. Le public m’a manqué. A Bercy comme ailleurs, je dis juste ‘Enfin !’.

Publié dans Mylène 1995 - 1996 | Pas de Commentaire »

DÉJÀ LE RETOUR Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 7 janvier 2015

 

17 DÉCEMBRE 1995 – Présenté par Jean­Luc DELARUE sur France 2

Second talk­show en quelques jours pour Mylène Farmer, toujours sur France 2, toujours en access prime time, mais en direct cette fois ! La chanteuse est l’invitée principale de « Déjà le retour », l’émission dominicale de Jean­Luc Delarue, prolongation de « Déjà dimanche », le magazine de l’actu people et ‘culture’ de l’animateur.

1995-03-bJean­Luc Delarue (de pied, face caméra, tandis que les invités, dont Mylène, sont assis en second plan, sur deux banquettes) : Bonsoir, ou re­bonsoir. Nous sommes en direct, et nous avons la chance de recevoir ce soir une chanteuse qui fait à la fois partie des gens les plus connues de ce pays, mais aussi les moins connues.

Mylène Farmer est l’une de nos rares grandes stars, un mot qu’on utilise pourtant ici avec un peu de parcimonie ­ ça la fait sourire ­ mais qui s’applique pourtant parfaitement à elle. Mylène Farmer parle très peu, elle dégage du mystère, de l’irrationnel. Ses compositions sont originales, très personnelles. Ses femmes ­ses fans, pardon !­ campent toujours en bas de chez elle, ses albums sont toujours de grands succès. On a envie de savoir beaucoup de choses quand on reçoit Mylène Farmer, notamment savoir ce qu’elle aime vraiment. Et aujourd’hui, elle a choisi d’inviter quelqu’un, première illustration :

une femme psychanalyste qui s’appelle Marie de Hennezel, qui vient de publier un récit qui s’appelle « La mort intime (ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre) », qui est préfacé par François Mitterrand.

Mylène Farmer souhaitait la rencontrer, ce sera chose faite. Et puis on parlera aussi de ce bouquin qui a bouleversé, et qui bouleverse, tous ceux qui ont la chance de tomber dessus. Et puis parce qu’il est bon aussi de rire parfois, nous recevrons François Cluzet, qui est acteur comme vous le savez, et qui sera à l’affiche d’une comédie mercredi prochain, avec Guillaume Depardieu. Cette comédie s’appelle « Les Apprentis » et c’est tout bonnement génial. François Cluzet est donc notre troisième invité.

Générique.

JLD : Mylène Farmer, d’abord. Bonsoir, Mylène.

Mylène Farmer : Bonsoir.

JLD : Ça va ?

MF : Très bien ! (large sourire)

JLD : On est contents de vous revoir ! On se demandait même presque si vous ne nous aviez pas un peu oubliés ! Tout le temps, vous avez été extrêmement discrète, vous parlez assez peu, mais alors là, c’est depuis un an, depuis deux ans…

MF : J’ai quatre ans d’absence (sa dernière production discographique remonte à fin 1992, donc trois ans en réalité, nda). Mais j’ai fait quand même un long métrage, et le réalisateur est aussi le compositeur, donc ça a été un travail extrêmement long pour lui, le montage du film. Et puis j’ai eu besoin d’un peu de recul, je crois.

JLD : Donc à l’étranger, vous êtes partie à Los Angeles, un peu à New York également. On peut parler presque d’un exil, dans un pays où on ne vous connaît pratiquement pas, par rapport à la France où c’est fou le phénomène qu’il y a autour de Mylène Farmer : c’est la première fois qu’on reçoit un invité où quatre jours, cinq jours avant, c’est ‘Mais à quelle heure elle sera là ? Elle sera là ?!’ On appelle au bureau. Ce sont des choses assez étonnantes ! Qu’est­ce qui a motivé votre départ, et qu’est­ce qui a motivé votre retour ?

MF : Le besoin d’oxygène, avant tout. L’envie de voyages, de découvrir des choses que je ne connaissais pas, l’envie de s’oublier soi­même, rencontre de nouvelles personnes. Autant de choses qui font… C’est une nourriture dont j’avais besoin.

JLD : Et le retour ? Qu’est­ce qui vous donne envie de revenir en France après ?

MF : Définitivement l’envie de faire mon métier, de revenir à mon métier. (grand sourire)

JLD : En tous cas, vos fans ne vous ont pas oubliée. Je ne sais pas s’il y a toujours des fans qui vous dispensent cet amour ‘XXL’ en bas de chez vous, partout, dans tous vos déplacements. Ça doit être  assez délicat à vivre, j’imagine, parce que vous devez vous demander ce que vous pouvez leur donner en retour quand on vous donne autant d’amour comme ça, non ?

1995-03-aMF : C’est toujours un petit peu difficile, si ce n’est qu’ils sont relativement discrets eux­mêmes, même s’ils attendent en bas de chez moi. C’est une présence à la fois effacée et très démonstrative, donc c’est…

JLD : C’est quoi ? C’est des sourires ? Vous leur dites deux mots ?

MF : Des choses très simples : c’est des échanges de paroles. Mais ils ne me demandent pas davantage…

JLD : Alors, sur votre proposition, nous avons donc invité Marie de Hennezel, qui a écrit « La mort intime » qui est un livre consacré à l’accompagnement aux mourants. Pourquoi est­ce que vous aviez envie qu’on parle de ce livre ?

MF : Parce que j’ai beaucoup aimé ce livre, je le trouve merveilleusement écrit et surtout c’est le témoignage de choses qui me touchent profondément. Que la mort est un sujet qui me passionne, qui m’a hanté de nombreuses années, et qui aujourd’hui me…j’oserais dire, ne m’obsède plus de la même façon, et c’est aussi grâce à cette lecture.

JLD : De quelle manière ? Comment vous expliquez ce déclic ?

MF : J’ai lu deux livres. (à Marie de Hennezel) J’ai lu un autre livre, que vous devez connaître, qui s’appelle « Le livre tibétain de la vie et de la mort » (Marie de Hennezel confirme) et qui parle justement de cet apprentissage que de ne pas craindre et être obsédé, justement, hanté par l’idée de la mort. Et, l’idée peut­être d’une autre vie, également, après la mort ­c’est pas une fin en soi­ et c’est aussi le message que vous donnez dans ce livre. Et puis c’est un…je ne dirai pas un métier, mais un don de soi qui est merveilleux. Et voilà…

J’avoue que ce livre m’a aidée et m’a confortée dans certaines choses.

JLD : (à Marie de Hennezel) En fait, vous êtes psychanalyste, il faut l’expliquer. Depuis une dizaine d’années, vous travaillez dans ces centres de soins palliatifs où, donc, on apporte une présence, une chaleur humaine, quelqu’un avec qui parler, à ceux qui sont en train de quitter la vie. C’est un livre qui est à la fois très positif parce qu’on se dit, finalement, que les mourants sont… Vous n’aimez pas ce terme parce que jusqu’au dernier jour, on est encore vivant.

Marie de Hennezel : Oui.

JLD : Ceux qui vont mourir, en tous cas, sont souvent beaucoup plus en harmonie avec eux­mêmes, qui voient la mort arriver avec beaucoup plus de facilité, s’ils l’acceptent, que ceux qui sont autour d’eux. C’est assez étrange.

MdH : Non, ce n’est pas étrange parce qu’ils sont malades depuis longtemps, donc ils ont fait tout un chemin ­ on ne se rend pas compte du chemin que des gens font quand ils sont atteints d’une maladie grave ­ et que, d’étape en étape, finalement, et souvent dans la solitude, c’est ça qui…souvent dans la solitude parce que les autres, autour, ne veulent pas voir qu’ils font ce chemin. Donc, effectivement, quand ils arrivent à quelques mois, ou à quelques semaines de cette échéance, ils sont souvent beaucoup plus prêts que leur entourage.

Et, vous voyez, ce qui est important dans ces moments­là, c’est vrai qu’on ne peut plus porter de masque (on entend Mylène approuver cette remarque). On a besoin d’aller au bout de soi­même, d’être dans une authenticité très, très grande, et pour cela je crois que les personnes ont besoin de pouvoir échanger avec les autres parce qu’ils sont vivants, justement, jusqu’au bout. Et malheureusement, ce qu’on voit, c’est qu’à cause du tabou de la mort, à cause de cette peur dont vous parlez, les proches, les soignants aussi, la société en général n’est pas capable simplement d’être là (nouvel acquiescement de Mylène), et de se mettre à l’écoute de ce qu’ils ont à nous dire. Alors, j’ai voulu simplement, à partir de mon expérience, dire ‘Ne passez pas à côté de cette expérience’. Parce que c’est une expérience… Je crois que c’est l’expérience humaine la plus profonde qui existe, que de pouvoir être auprès de quelqu’un qui est en train, ou qui va mourir.

JLD : Mais, à la limite, on se dirait presque que le meilleur moment de sa vie, ce serait le moment de sa mort…

MdH : Non.

JLD : …si on est en harmonie avec soi­même. Il y a un film qui va sortir, de Xavier Beauvois, au début du mois de janvier, qui s’appelle « N’oublie pas que tu vas mourir ». Vous pensez qu’il faut vivre avec cette idée­là pour vivre heureux ?

MdH : Je crois que… Pas pour vivre heureux, mais pour vivre peut­être plus consciemment…

MF : (en même temps) Pour redonner les vraies valeurs de la vie probablement…

MdH : …parce que, je crois que, bon qu’est­ce que ça veut dire ‘vivre heureux’ ? On a des moments de bonheur, et puis…. Enfin le malheur fait aussi partie de la vie, justement, la souffrance fait partie de la vie. Donc vivre plus consciemment, plus… Habiter davantage tous les moments de la vie, que ce soient les peines et les joies, mais être là, vraiment, dans sa vie.

1995-03-dJLD : Vous avez été surprise par l’invitation de Mylène Farmer ?

MdH : J’ai été très touchée. Surprise, oui. Très touchée. (à Mylène) Et j’avais très envie de savoir pourquoi vous m’aviez invitée !

JLD : Elle nous l’a dit, plus ou moins. François, vous vouliez faire un commentaire ?

François Cluzet : J’ai lu il y a pas longtemps que le fait de se savoir mortel était la première maturité, c’est­à­dire qu’on devient mûr quand on sait qu’on est mortel. Et puis, je me demande toujours si la mort est pas bien plus longue que la vie, et en ce sens, hé bien il faut profiter de ce qui est court ! (rires)

JLD : (…) François Cluzet n’a pas été choisi par Mylène Farmer, mais je suis certain qu’elle est contente de…

MF : Bien sûr !

JLD : Vous vous connaissiez ?

MF : Nous nous sommes rencontrés sur le tournage du film que j’ai fait, à Prague.

Jean­Luc Delarue fait alors parler François Cluzet de son actualité avant de se tourner à nouveau vers Mylène.

JLD : Vous avez été au cinéma quand vous étiez à Los Angeles ?

MF : Oui, bien sûr.

JLD : Quels sont les derniers films que vous avez vus et que vous avez aimés ? C’est embêtant comme question, ça, parce qu’il faut fouiller… !

MF : C’est toujours quand on me pose cette question que je ne trouve pas de réponse ! (rire nerveux)

JLD : Oui. Vous dites ‘J’ai plus d’humour en moi que de joie’. Quelqu’un a fait une démonstration, par exemple, en disant que dans les jeux télévisés, avant, c’était de l’humour qu’on essayait de dispenser, et aujourd’hui c’est vraiment de la joie : on applaudit, on va gagner un truc, etc. Comment vous situez la différence entre l’humour et la joie ? Et dans quelles situations vous pratiquez l’humour, si vous le pratiquez, si vous êtes seulement sympathisante ?

MF : Avec un vrai recul sur moi­même. Quant à la joie, c’est des moments très, très furtifs. Et ce peut être tout ou n’importe quoi !

JLD : Vous vous marrez dans la vie?

MF : Bien sûr. Bien sûr !

JLD : Non, je sais pas. On connaît… On a peu l’occasion de vous voir vous marrer, Mylène. Je voudrais qu’on se penche un peu sur…Je sais pas quel regard vous portez sur ce qu’on dit sur vous, parce qu’on dit beaucoup de choses, on écrit beaucoup de choses sur vous : des journaux se permettent de faire des dossiers énormes alors que vous ne leur avez même pas accordé une interview. Donc on s’est amusés à se plonger là­dedans. Gilles Bernstein, un des journalistes qui travaille avec nous, s’est penché sur l’image à travers la presse, à travers tout ce qu’on voit dans les journaux. C’est incroyable de voir à quel point vous occupez une place importante dans les journaux, sans même parfois être au courant ! (rire de Mylène)

Gilles Bernstein (en voix­off sur un défilé de couvertures et d’articles de presse) : Mylène Farmer est rare sur les plateaux, mais la littérature la concernant est abondante, quoique peu diversifiée. Tribune la plus accueillante : la presse télé. Mylène ne s’y montre jamais, mais elle doit faire vendre car elle collectionne les couvertures. Télé 7 jours : ‘La confession d’une star’, confession choc : elle a appris à sourire.

Télé 7 jours encore, ‘Son étrange confession’, re­choc : ‘Je n’ai pas de souvenirs d’enfance’. Mais Télé Poche est plus fort que Mylène et propose ‘Un voyage au cœur de son enfance’. Deuxième catégorie : la presse pour jeune fille en fleur. Mylène y fréquente les plus grands : Philippe Swan, David & Jonathan, Roch Voisine. Le célèbre Salut ! ajoute la photo de Mylène bébé, celle de la chanteuse, brune, puis châtain. Pour la voir blonde, reportez­vous à Secrets de stars. Enfin, la presse musicale où l’on trouve le papier le plus méchant, et le dossier le plus complet.

L’assassinat est signé Oliver Cachin, dans Paroles et Musique : Mylène Farmer incarne, dit­il, ‘une certaine idée du néant et peut se contenter, sans logique, de multiplier le zéro à l’infini’. Le dossier, le voici, dans Rock Hit : discographie, biographie, clipographie : un vrai ‘Que sais­je ?’, les photos en plus.

Après le classement par titres, le classement par thèmes. Chapitre 1 : Laurent Boutonnat. Le ‘Pygmalion’, ‘mentor’, ‘réalisateur’, ‘compositeur’, toujours cité, rarement montré, voici la photo, c’est dans Studio.

Chapitre 2 : les singes, car on vous le répète à longueur de colonnes : Mylène vit avec ses singes capucins, ou plutôt son singe puisque Léon est mort (information erronée, nda), et qu’il ne reste que E.T., que voici. Allez, pour conclure, un peu de glamour : Mylène fait la couverture de Photo du mois dernier. La tendance 96 est donc mutine et fragile. Ce que confirment les images du dernier clip remontées spécialement pour Déjà le retour (extrait du clip « L’Instant X », dans une montage inédit puisqu’il ne comporte que les images de Mylène).

JLD : (…) D’abord, sur la revue de presse, est­ce que, pour vous, c’est une revue de presse qui donne une idée de ce que vous êtes vraiment, ou est­ce que vous avez plutôt l’impression d’avoir, je sais pas, une espèce de revue de fantasmes de journalistes qui n’ont pas assez d’informations pour pouvoir nourrir leurs lecteurs ?

MF : Là encore, je pense que je suis responsable. Mon silence est la cause de…j’allais dire autant de papiers, ou de choses qui sont ou vraies ou fausses. Là encore, j’ai un recul suffisant pour ou ne pas être heurtée, ou prendre ça justement avec un certain recul.

JLD : Oui, je vous ai vu sourire. Ca vous a amusée plutôt, non ?

1995-03-cMF : Maintenant, il y a une presse que je n’aime vraiment pas du tout, c’est la presse ­et je ne parle pas de moi d’ailleurs­ mais qui attaque le physique et des choses extrêmement privées ou   personnelles, et ça, c’est assez inadmissible. Le reste, peu m’importe ! (sourire)

JLD : A chacun de vos albums, surtout dans vos clips, vous avez joué des personnages. Cette fois­ci, autant la pochette de l’album d’ailleurs que le clip donnent le sentiment d’avoir affaire à une Mylène Farmer qui veut se montrer nue, dans tous les sens du terme, elle­même. Est­ce que ça correspond à une réalité ou c’est moi qui ai l’esprit tordu ?

MF : Tordu, je ne pense pas, mais c’était plus, moi, l’idée, la tête étant inexistante, de l’esprit qui s’échappe. Et c’est un peu le parcours que j’ai eu, en tous cas cette initiation que j’ai eue pendant quatre années, d’avoir l’esprit qui voyage.

JLD : Y’a une lettre que vous aimez bien, qui revient souvent dans vos chansons, c’est la lettre X. Rayons X (sic), l’amour « XXL ». Bon, utilisée dans ces circonstances­là, on peut pas vraiment dire que ça parle de choses cochonnes ou que ça parle d’anonymat, mais est­ce que ça correspond…Le X, c’est votre lettre préférée ?

MF : J’aime le X ! (rires) Quant à l’anonymat, c’est parfois agréable.

JLD : Je prends cette phrase, ‘J’aime le X’, je la mets dans un article, et je lui donne un tout autre sens si je veux !

MF : Voilà !

JLD : Quand on parle de vous, inévitablement on parle de votre singe capucin, E.T. ­ donc Léon n’est pas mort, contrairement à ce qu’on a entendu dans le reportage (Mylène confirme). E.T. est remercié sur la pochette de votre album. Alors je voulais savoir quelle était sa collaboration ? Qu’avait­il apporté ?!

MF : (sourire) Sa présence. Et…

JLD : Qu’est­ce qu’il vous apporte ?

MF : Un animal apporte beaucoup de choses. C’est un compagnon. Ce sont des jeux. Ce sont autant de choses qui font que ça provoque un sourire ! (sourire)

JLD : Il vous a donc accompagné aux Etats­Unis j’imagine ?

MF : Non. Non, c’est impossible. On ne peut pas voyager avec un singe, non.

JLD : Tous vos clips sont de vrais petits films. Vous avez également joué dans un long métrage. Vous avez dit à un moment, vous avez été jusqu’à dire ‘Si je ne fais pas du cinéma, j’en mourrai’. Est­ce que cette phrase est encore d’actualité ?

MF : C’est toujours pareil : c’est­à­dire que c’est vrai que quand on parle à un journaliste ­vous le savez aussi bien que moi­ après on vous prend une phrase comme ça et puis on la sort, non pas de son contexte…

JLD : (la coupant) Celle­là, elle est suffisamment forte pour vivre toute seule, presque.

MF : Ce que moi j’ai voulu évoquer, c’est vrai que j’avais besoin absolument de faire un long métrage, de faire un film, de jouer. Donc, en ce sens, j’avais l’impression que si je ne pouvais pas atteindre cette chose­là, c’était une mort en soi. Vous dire que demain, je me serais suicidée, non, probablement pas. Mais, une fois de plus, ça c’est toujours très réducteur, et…

JLD : D’accord. j’insiste pas ! Est­ce que vous pourriez reprendre cette phrase à votre compte, François ?

FC : Non, je ferais du théâtre ! (rire de Mylène)

Cluzet enchaîne alors sur le cinéma, puis sur la grève historique qui paralyse à ce moment­là la France entière pendant des semaines. Delarue demande aussi son avis à Mylène sur le sujet…

JLD : Vous, Mylène, vous l’avez vécu comment ce mouvement ? Quel regard vous avez sur ce mouvement ?

MF : Justement, cette façon que de prendre des personnes, comme ça, en autostop, ça a réhumanisé un peu notre ville, c’est vrai ! (sourire)

Après avoir demandé à Marie de Hennezel son avis sur le sujet, l’animateur clôt l’émission, non sans rappeler l’actualité de chaque invité.

 

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ELDORADIO (Russie) avec Mylène en 2000

Posté par francesca7 le 7 janvier 2015

 

7 MARS 2000 – Entretien avec Anna ROMANOVA

Anna Romanova : Bonsoir Mylène ! Bienvenue sur la radio Eldoradio, qui est le sponsor de votre spectacle ici, en Russie. Je suis Anna Romanova et à mes côtés se trouve Semen Zverev. Nous sommes extrêmement heureux de vous voir ici, avec nous !

2000-02-dMylène Farmer : (en russe) Zdravsvuïté ! (‘bonsoir’, nda)

Oh, bravo ! Vous êtes très douée ! Nos auditeurs aiment beaucoup vos chansons, nous les passons souvent sur notre station. Je pense que nos auditeurs les plus âgés seraient intéressés de savoir ce que vous pensez d’Edith Piaf…

MF : C’est une personne très importante dans notre culture, elle est incontournable. C’est quelqu’un qui savait toucher l’âme, et d’ailleurs elle me touche moi aussi.

Je n’ose pas trop m’adresser à vous en anglais parce que je sais que les français n’aiment pas trop cela, mais je vous dirais volontiers ‘Nice to meet you’ (‘ravie de vous rencontrer’, nda) ! On sait qu’en France, peut­être plus qu’ailleurs, on est très préoccupés par l’expansion de la culture américaine dite ‘de masse’. Qu’en pensez­vous ? Est­ce que vous vous sentez concernée, vous qui êtes une artiste qui vous exprimez dans un style relativement international ?

MF : Probablement qu’il serait hypocrite pour moi de me ‘rebeller’ contre cette culture américaine que vous mentionnez, car j’aime moi­même beaucoup la musique américaine ! Mais il est vrai que je considère que chaque pays devrait préserver son authenticité culturelle.

Avec quelle grande star de la musique aimeriez­vous chanter en duo ?

MF : J’ai rencontré Elton John à plusieurs reprises. Nous avions un projet commun, mais il n’a pas abouti (la chanson « Les Mots » qui sortira en novembre 2001, interprétée avec Seal avait effectivement été initialement proposée à Elton John, nda). J’aimerais beaucoup rencontrer Jamiroquai.

Dans l’un de vos clips, on peut vous voir boxer de façon très convaincante (« Je t’aime Mélancolie », nda). Ca vous a demandé beaucoup de travail avec un entraîneur ?

MF : En ce qui concerne la préparation physique, je m’étais entraînée toute une semaine avec un professeur.

Quant à la performance en elle­même, après, c’est plutôt une question de montage !

Vous aimez le cinéma, vous qui proposez des clips renversants qui sont chacun des mini­films. Votre clip « California » a été réalisé par Abel Ferrara, si je ne me trompe pas. Y a­t­il un autre réalisateur que vous aimeriez ‘kidnapper’ pour qu’il réalise un de vos clips ?!

MF : Il y en a beaucoup. J’ai également fait un clip sous la direction de Luc Besson (« Que mon Cœur Lâche », nda). Pour répondre à votre question, j’aime beaucoup le cinéma de Bergman, j’aime Tarkovski ­mais il n’est plus là­ j’aime également David Lynch, David Lean…Enormément de cinéastes…Spielberg…

Quel dommage qu’ils ne réalisent pas de clips ! Quel est votre acteur préféré ? Votre film fétiche ? Il paraît que vous admirez Mickey Rourke, mais j’aimerais l’entendre de vous directement…

MF : Je vais en profiter pour parler un tout petit peu de ça, cet article paru dans le journal Pulse. J’ai rencontré effectivement le journaliste, mais il a m’a prêté des propos que je n’ai jamais tenu, donc je suis furieuse contre lui ! (le journaliste responsable de l’article qui agace tant Mylène n’a peut­être fait que recopier ce que Mylène déclarait dans Gai­Pied du 12.01.1987 : à la question « Votre homme idéal ? », elle avait effectivement répondu « Mickey Rourke », cf. cette référence, nda)

On a été surpris de lire ça, car ça n’a rien à voir avec l’image qu’on a de Mylène Farmer…

MF : Concernant mes acteurs préférés, s’il y en un à retenir, c’est Robert de Niro.

Vous avez bon goût ! Nos auditeurs sont sans doute intéressés de savoir ce que vous ressentez lorsque vous sortez de scène…

MF : C’est différent à chaque fois, si ce n’est qu’il y a quand même quelque chose qui est toujours pareil, c’est le sentiment de vide : d’abord un grand bonheur, et après un grand vide. On a reçu énormément et aussitôt après on est à nouveau seul.

Mylène, dites­moi, est­ce que vous avez eu peur lorsque avez monté un cheval pour la première fois ? Comment avez­vous vaincu cette peur ? Et quel est le nom de votre cheval préféré ?

MF : Quant à la peur, non. C’est quelque chose que j’ai choisi quand j’étais plus jeune : j’ai fait beaucoup d’équitation. Et je ne me souviens d’aucun nom de cheval préféré ! (rires)

Vous avez un grand nombre de fans en Russie, et je m’en réjouis ! Quel est votre rapport avec ces gens qui ne vivent que par et pour vous ?

MF : C’est très dur pour moi de répondre à cette question, parce que je ne comprends pas bien comment on peut vivre, pour reprendre votre exemple, uniquement pour moi.

J’ai ici une lettre qu’un de nos auditeurs m’a demandé de vous remettre. Vous allez la prendre ?

MF : Avec plaisir. En tout cas, pour détourner votre question, pour chaque artiste il est très, très important, même fondamental, d’avoir des personnes qui vous aiment, qui vous écoutent.

L’une de nos auditrices, une jeune fille très cultivée, a fait cette remarque très pertinente : elle voit une certaine similitude entre vous, Mylène, et le ‘Portrait de Jeanne Samary’, peint par Renoir…

MF : Elle est plus cultivée que moi : je ne connais pas ce tableau précisément. En revanche, vous devez connaître ce peintre, Egon Schiele, qui a représenté beaucoup de femmes rousses écorchées. Je me vois plus comme un de ses modèles.

Mylène, nous savons que vous aimez les contes russes. Est­ce que c’est bien vrai ? Quels sont les trois vœux que vous adresseriez au poisson rouge ? (équivalent du bon génie de la lampe dans le folklore russe, nda) Ca vient d’ailleurs encore de l’article dans Pulse…

2000-02-aMF : On m’a demandé si j’aimais le folklore russe, et j’ai répondu que j’appréciais beaucoup Dostoïevski. Pour répondre à votre question, je connais des contes russes mais je ne connais pas systématiquement leurs auteurs. Ce que je demanderais…La possibilité…J’aimerais avoir le pouvoir de guérir, par exemple. Sinon, je crois que je suis déjà exaucée car je fais le métier que j’aime.

Récemment, nous avons demandé à nos auditeurs de classer leurs trois chansons préférées du siècle qui vient de s’achever. Quelles sont celles que vous auriez cité, Mylène ?

MF : Je pense au duo entre Kate Bush et Peter Gabriel qui s’appelle « Don’t Give Up ». Je pense aussi   une chanson du groupe U2 qui s’appelait « One », et puis une chanson de Sting qui s’appelait « Fragile », je crois.

Mylène, dites­nous : pour vous, ce que vous faites, c’est du business ? C’est le but de votre vie ?

Encore plus que ça ?

MF : C’est mon activité, c’est ce pour quoi je vis.

Mylène, en ce 8 mars, nous célébrons la journée de la femme. Est­ce que je peux vous demander de saluer nos auditrices à cette occasion ?

MF : Amusez­vous et profitez­en !

Votre concert se tient en ce jour très spécial !

MF : J’en suis ravie !

Merci, Mylène !

MF : Merci ! Spasibo ! (‘merci’ en russe, nda)

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Le Poupée de cire, poupée de sons de Mylène

Posté par francesca7 le 3 janvier 2015

 

Dans LIBÉRATION du 7 NOVEMBRE 1995

Entretien avec Laurent RIGOULET

1995-06-bA propos de sa fuite de Paris, quelques mois plus tôt :

­ J’ai envie de voyager. Je n’ai pas de réponses sur l’avenir. J’avais envie de voir la lumière. Paris, c’était le noir. Je n’exclus pas l’idée que je suis partie pour me reconstruire.

A propos de ses deux singes capucins, E.T. & Léon :

­ Il n’en reste plus qu’un, E.T., une femelle. Un vrai caractère, susceptible, attentif…

A propos de l’échec de « Giorgino », un an auparavant :

­ Une sanction inhumaine. Plusieurs années difficiles à surmonter, et tout se volatilise en deux jours. Je l’ai admis ­ disons que je l’ai toléré. Mais mon envie de partir était liée à cette période.

A propos de son enfance et de son adolescence :

­ J’ai tout oublié, hormis la neige. On m’a dit que j’en mangeais beaucoup ! Je m’ennuyais, j’étais solitaire.

J’écoutais Genesis, les Doors, les Eagles, Bob Marley, Gainsbourg, Barbara, Dutronc…

A propos de ses velléités d’actrice :

­ Du jour où j’ai quitté l’école, j’ai décidé que je voulais être actrice. Je ressentais déjà cette envie d’être en pleine lumière et de ne pas m’y exposer en même temps. Jouer me procurait du plaisir et un vrai déplaisir.

Etrange…Je n’ai pas insisté.

A propos de ce qui lui a plu chez Laurent Boutonnat :

­ Son physique de romantique, ses yeux bleus, très pâles, son côté secret. Il parle peu, comme moi…

A propos de son rapport à l’image :

­ J’ai toujours aimé l’idée d’exister dans le regard de l’autre.

A propos de ses goûts littéraires :

­ Je m’intéresse à Sade, à Henry James, aux romans russes, aux symbolistes. La poésie m’a enflammée : des gens avec qui je pouvais dialoguer en silence…

A propos de l’implication de Laurent Boutonnat dans son imagerie :

­ C’est un peu des deux : moi en libertine, c’était lui ; « Sans Contrefaçon », c’était moi. J’avais mis un mouchoir dans mon pantalon à la maison, pour voir. J’aime me travestir. On m’a longtemps appelée ‘mon petit garçon’ !

A propos de l’état d’esprit dans lequel elle est sortie du tournage de « Giorgino » :

­ Ce serait mentir de dire que j’étais heureuse…

A propos de sa nouvelle philosophie de vie :

­ Je me sens mieux depuis que j’ai compris qu’il y avait une vie après la mort. Et j’ai une force en moi : je peux tomber très bas, me laisser descendre, mais je repars toujours. Je m’interdis de sombrer totalement.

 

Publié dans Mylène dans la PRESSE, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

RTL reçoit Mylène en 2006

Posté par francesca7 le 3 janvier 2015

 

1er DÉCEMBRE 2006 - Entretien avec Stéphane BOUDSOCQ

 2006-03-aEn préambule, le journaliste nous explique que l’entretien s’est tenu le 27 novembre 2006, dans les locaux de la société de production de Luc Besson, faubourg Saint ­Honoré ainsi que les circonstances de celui­-ci : en préparant une interview avec le réalisateur, Stéphane Boudsocq lui a fait part de son souhait d’interviewer Mylène Farmer, qui double l’un des personnages principaux de son film « Arthur et les Minimoys », une première dans sa carrière. Le jour de la venue de Luc Besson dans les locaux de la station, celui­ci informe alors le journaliste que Mylène Farmer se prêtera au jeu de l’interview le soir même, avant de se rendre à l’avant­première du film au cinéma Gaumont Marignan des Champs­Élysées.

Pourquoi avez­vous accepté de prêter votre voix à un personnage de dessin animé, de jouer le jeu avec Luc Besson ?

­ C’était un souhait de ma part que de faire une voix pour un dessin animé. J’adore l’animation, et c’est Luc qui est venu à moi et qui m’a proposé donc de faire cette voix pour la princesse Sélénia. Il m’a présenté les livres d’ « Arthur et les Minimoys », mais surtout le décor des miniatures du village des Minimoys et je suis tombée vraiment, vraiment amoureuse de ce village, de ce travail.

Si vous deviez présenter justement Sélénia à une petite fille, un petit garçon, un spectateur qui va voir le film, qu’est­-ce que vous diriez ?

­ C’est une princesse qui est émouvante, je crois, qui est drôle parfois, qui est espiègle. C’est une battante, une meneuse et je crois que toute petite fille ­ et même plus grande ­ peut s’identifier à ce personnage.

Dans l’univers de Luc, que vous connaissez bien, qui a réalisé un de vos clips il y a quelques temps (« Que mon Cœur Lâche » en 1992, nda), qu’est­-ce qui vous attire ? Qu’est­ce qui vous charme ?

Qu’est­-ce qui vous émeut, peut-­être ?

­ Ecoutez, essentiellement le monde de l’enfance. Je pense que je suis moi­même une grande personne qui a peu envie de grandir ! Essentiellement l’enfance : c’est ce qui m’a touché dans les films en général de Luc, et tout particulièrement ce dessin animé.

Qu’est­ce que vous aimez et qu’est-­ce que vous regardez au cinéma ?

­ J’ai une passion pour le cinéma depuis très, très longtemps. Si je dois trouver un metteur en scène, ce serait avant tout David Lean, « La Fille de Ryan » en particulier, mais aussi « Oliver Twist », « Brève Rencontre », tous ses films ! J’adore ­ j’adorais, puisque cet homme a disparu. J’aime beaucoup le cinéma coréen, j’aime le cinéma russe, parfois le cinéma américain : David Lynch, cette fois, ‘­ch’ (rires), que j’apprécie énormément.

J’aime…C’est toujours au moment où on vous demande de donner des noms qu’on les oublie, mais j’adore le cinéma. C’est essentiel dans ma vie.

2006-03-cEst­-ce qu’on vous reverra au cinéma ? Parce qu’on se souvient de « Giorgino », vos clips qui sont également très, très mis en scène, vos spectacles, mais à l’écran, c’est une envie que vous avez ?

­ C’est une envie. Quand j’ai commencé, avant même de découvrir le métier de chanteuse, j’avais pris des cours de théâtre pendant trois ans, donc c’était vraiment quelque chose qui m’intéressait, m’attirait. J’ai fait ce premier projet qui était « Giorgino » et qui n’a pas rencontré malheureusement son public, et là quelqu’un est venu vers moi et j’ai un projet enfin qui me tient vraiment à cœur. Maintenant voilà, on sait ce que peuvent devenir les projets : parfois, malheureusement, ils s’éteignent. Mais je serai en tout cas très, très heureuse que de faire un deuxième film.

 

Publié dans Mylène 2005 - 2006, Mylène dans la PRESSE, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

VERS L’AVENIR de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 1 janvier 2015

 

 

 

16 NOVEMBRE 1995 – Gentelwoman Farmer

1995-07A propos de son départ pour les Etats ­Unis après l’échec de « Giorgino » :

­ Je n’exclus pas l’idée que je suis partie pour me reconstruire. C’est voyager qui m’a donné une vue plus large. En rencontrant d’autres pays, d’autres personnes, je me suis en quelques sortes réconciliée avec la vie.

J’étais persuadée que la mort était une sorte de point final, absurde et inéluctable. Cela me fascinait.

Aujourd’hui, j’en viens au contraire à penser que la vie elle-­même est absurde, avec une telle conception de la mort. C’est une vision stérile. « Anamorphosée » a mis au jour mon attirance croissante pour la spiritualité.

A propos de sa personnalité :

­ Je suis provocante par nature, même si cela ne représente qu’une part de moi­-même. Au quotidien, c’est autre chose. Le fait d’émigrer à Los Angeles répondait à mes angoisses personnelles plus qu’à un danger précis que j’aurais couru en sortant de chez moi à Paris. C’était ça ou m’enfoncer dans la névrose.

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LE JOURNAL DU DIMANCHE reçoit Mylène

Posté par francesca7 le 1 janvier 2015

 

8 JANVIER 2006 – Mylène Farmer habillée pour l’hiver

Entretien avec Henry­Jean SERVAT

2006-01-bMylène Farmer, à quelques jours de votre premier concert, quel est votre état d’esprit ?

­ Hypersensible, angoissée. J’ai la peur au ventre, mais je me sens aussi et surtout très heureuse, tellement heureuse de retrouver mes fans. Il s’agira de l’un des moments essentiels de ma vie. J’ai hâte !

Pour votre retour sur scène, vous cherchiez des idées pas cousues de fil blanc et un couturier qui vous taille des costumes dans l’étoffe de ses rêves…

­ J’avais une seule idée en tête : trouver quelqu’un ayant un véritable univers et des correspondances avec le mien. Quelqu’un de surdimensionné. Le hasard me l’a fait rencontrer en la personne de Franck Sorbier.

Que vous ne connaissiez pas auparavant…

­ J’avoue ! Ce qui n’a rien d’étonnant, puisque non seulement je n’assiste pas aux défilés de couture, mais encore je ne sors jamais ! (on a pourtant vu régulièrement au fil des ans Mylène Farmer assister à des défilés haute couture, nda)

Puisque vous ne mettez jamais les pieds dehors, comment alors l’avez-­vous découvert ?

­ Chez moi, j’ai vu dans un magazine un joli reportage sur les préparatifs et les répétitions d’un opéra magnifique, « La Traviata ». Je suis tombée en admiration devant l’une des robes de l’une des cantatrices : elle était longue, façon Second Empire. Elle s’étalait, rouge sang, somptueuse, gigantesque, comme une coulée de tissu, une cascade de lave voluptueuse. J’ai compris immédiatement que c’était là le genre de tenues que j’attendais. Un coup de foudre et une évidence !

Alors, votre première rencontre ?

­ En silence ! Je lui avais demandé de venir à moi seul. Franck est quelqu’un d’extrêmement secret qui ne sort pas facilement de sa réserve et qui ne trahit pas aisément ses émotions ­un langage que je comprends très bien ! Nous nous sommes d’emblée reconnus et bien entendus, sans avoir à nous parler. Nous vivons l’un et l’autre dans le doute permanent, avec par­dessus tout le souci du travail très bien fait.

Qui a donné les idées à l’autre ?

­ Franck n’était pas, je crois, plus familier de mon univers que je ne l’étais du sien. J’avais des thèmes en tête quant aux décors et quant aux costumes.

Êtes­-vous intervenue dans leur élaboration ?

­Oui, à partir des croquis qui m’ont été proposés. J’ai découvert les métiers à l’ancienne qui composent le monde de la haute couture. Je n’ignore plus rien du vocabulaire des tissus ! J’ai partagé toutes les étapes de la création. Nous sommes partis de choses existantes, revisitées par moi. Au final, ce ne sont pas des costumes que je porte, ce sont des costumes fous et insensés qui me portent et me transportent. Chacun des sept ! (Mylène portera finalement cinq tenues différentes sur scène pour ce spectacle, nda)

Qu’allez­vous faire de vos costumes, le spectacle terminé ?

­ Je vais les garder chez moi. Tous les garder ! J’ai même déjà acheté des mannequins de modéliste pour les mettre dans une pièce ! (certains d’entre eux seront d’ailleurs prêtés par Mylène pour une exposition consacrée à Franck Sorbier à Lyon en 2008, nda)

 

 

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