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LE MAG de juin 2000 avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 22 décembre 2014

 

10 JUIN 2000 : Entretien avec Lynda LACOSTE – MCM

Enregistré fin avril dans un salon de l’hôtel Costes à Paris, cet entretien est particulier dans le sens où Mylène n’a rien à promotionner : le Mylenium Tour s’est achevé quelques semaines auparavant et l’album live ne sortira pas dans le commerce avant plus de six mois. En revanche, au moment de l’enregistrement de l’émission, Mylène est en plein travail avec Alizée sur « Moi…Lolita » qui sera envoyé peu après en radio et qui sera déjà un tube au moment de la diffusion, mais évidemment aucune allusion n’y sera faite pendant l’entretien ! La langue maternelle Lynda Lacoste étant l’anglais, sa syntaxe est parfois bancale. Néanmoins, ses propos sont retranscrits ici tels quels.

2000-01-eLynda Lacoste : Bonjour et bienvenue dans Le Mag. Aujourd’hui, c’est un mag exceptionnel puisqu’il s’agit de Mylène Farmer qui n’accepte que très rarement de venir à la télévision. N’oubliez pas que pour tous les artistes, vous pouvez poser des questions soit par Internet, soit par minitel, soit par téléphone. Allons­y pour la première partie !

Après un générique qui montre l’animatrice pénétrer dans l’hôtel et des assistants décorer le salon privé de bougies, on découvre Mylène habillée d’une veste en jean et d’une longue jupe écru et arbore un chignon sophistiqué.

LL : Bonjour Mylène. Merci beaucoup d’être venue dans Le Mag. Alors, vos concerts sont toujours des spectacles avec une répétition, j’imagine, immense. Mais est­ce que ça vous est arrivée de littéralement ne plus pouvoir marcher sur vos pieds à cause des talons aiguilles, et comment faites-vous pour vous récupérer assez vite ?

Mylène Farmer : Pour me récupérer vite, je me suis beaucoup entraînée avant cette scène : j’ai un entraînement physique. Quant aux talons aiguilles, c’est assez facile de marcher avec, finalement ! (sourire)

LL : Ah bon ?! Moi, j’ai du mal, mais c’est peut­être le fait de danser avec…

MF : Je ne danse pas sur des talons aiguilles, ce sont des talons qui sont un petit peu plus larges, quand même. Mais c’est une difficulté, en tout cas un danger pour les chevilles, mais j’ai pris le parti que de choisir ces chaussures. C’est plus élégant.

LL : Les concerts ne sont pas sans risques : vous êtes tombée accidentellement à Lyon en 1996.

Qu’est­ce que vous vous êtes dit ? Est­ce que vous vous êtes dit ‘Bon, il faut virer quelqu’un tout de suite !’, ‘Est­ce qu’il faut calmer la chorégraphie ? ‘, ‘Est­-ce qu’il faut faire moins de concerts ? Qu’est­ce que vous vous êtes dit ?!

MF : Renvoyer tout le monde ! (rires)

LL : Oh ! On vire tout le monde ?! Ça m’étonnerait ! (Mylène, silencieuse, laisse planer le doute) Oh oui ?!

MF : Non, non. Je ne sais pas bien quoi répondre. Ça a été un grand choc pour moi, en tout cas.

LL : Avec votre dernier album, il y avait quand même encore, même dans l’an 2000, des clips qui ont été censurés le jour. Est­ce que ça vous a choqué ou est­ce que vous cherchez exprès d’avoir des clips qui choquent parce que, comme ça, on parle plus ?

MF : Je crois que ça n’a aucun intérêt que de vouloir choquer à tout prix pour que l’on s’intéresse à vous. Il se trouve que j’aborde des sujets qui sont peut­être épineux, voire tabous. C’est un risque. Maintenant, la censure ­et spécialement en France, je trouve­ est un peu sévère et s’attaque à tout et n’importe quel sujet, ce que je trouve vraiment regrettable.

LL : Même votre premier clip, « Maman a Tort », a été censuré à l’époque. (si certaines émissions ont choisi de ne pas diffuser ce clip à l’époque, celui-­ci n’a en tout cas jamais été interdit, nda) Mais vous êtes quelqu’un qui est capable de faire des clips qui peuvent durer jusqu’à dix­-sept minutes. Quand vous voyez le niveau que vous avez atteint, vous, quelle est votre réaction sur le niveau des clips qu’on peut voir en France en l’an 2000 ?

MF : Là encore, vous me demandez de porter un jugement et j’avoue que c’est quelque chose que je n’aime pas faire. Je peux vous dire en revanche qu’il y a des artistes que j’aime beaucoup et qui font de très beaux clips. J’aime l’univers de Björk, j’aime ce qu’a apporté Peter Gabriel, David Bowie…Il y a beaucoup d’artistes qui ont des clips intéressants.

Diffusion d’un extrait du clip « Optimistique-­Moi »

LL : Sur cet album, vous avez travaillé, bien sûr, avec j’imagine un homme dans lequel vous avez beaucoup de confiance, Laurent Boutonnat (Mylène confirme et sourit), mais vous avez travaillé avec d’autres compositeurs pour cet album­là. Est­ce que…

MF : (la coupant) Non !

LL : C’était que lui qui a fait toutes les chansons ?

MF : J’ai fait, moi, quelques chansons, comme compositeur et comme auteur…

LL : D’accord.

MF : …et c’est tout !

LL : OK. Mais pour les nouveaux gens avec qui vous avez envie de travailler, est­ce que vous demandez à Laurent son avis ou est­ce que vous lui parlez après d’avoir déjà pris votre décision sur les nouveaux gens avec qui vous avez envie de travailler ?

MF : Si vous me parlez de composition, je n’ai jamais eu le souhait que de travailler avec quelqu’un d’autre qu’avec Laurent. Maintenant, en terme de vidéo, oui j’ai fait appel à beaucoup de réalisateurs différents. Est­ce que je demande son avis : non ! (rires)

LL : D’accord. Et, parce que justement vos clips sont d’un tel niveau, est­ce que vous accepteriez de travailler avec des nouveaux talents, ou est­ce qu’il faut toujours quelqu’un qui ait déjà fait leurs preuves pour travailler avec vous ?

2000-01-dMF : C’est d’abord très, très difficile que de trouver un réalisateur, donc je vois beaucoup, beaucoup de cassettes. C’est vrai qu’il m’est difficile d’aller vers quelqu’un qui n’a jamais rien fait parce qu’on ne peut pas s’appuyer sur un travail qui a déjà…enfin, sur des choses qui sont concrètes, réelles. Donc je vais plus facilement vers des réalisateurs qui ont déjà réalisé des vidéos. Voilà. Donc mon choix s’est porté sur Marcus Nispel, Abel Ferrara et Michael Haussman pour le dernier. (« Optimistique­Moi », nda) Diffusion d’un extrait du clip « California »

LL : Vous avez un corps magnifique…

MF : (surprise, elle pouffe de rire) C’est gentil !

LL : Est­ce que, pour vous, votre corps est aussi important dans votre travail que votre voix ?

MF : Non. Non. (dans un rire) Je ne sais pas quoi vous répondre, si ce n’est que je… (silence) Tout est important ! On va dire, aussi bien, alors l’apparence physique que le vêtement, que le verbe aussi : tout est important pour moi. Maintenant, est­ce que je suis obsédée par ma ligne, par mon corps ?

Non, absolument pas. Je ne fais du sport que quand je monte sur scène.

LL : D’accord. OK. Alors, vous êtes la seule artiste française qui est aussi collectionnée ­et même plus collectionnée­ que Johnny Hallyday. Est­ce que vous êtes quelqu’un qui prend plus de temps à choisir les objets que vous avez envie d’associer avec votre nom ? Et est­ce qu’il y avait des objets que vous avez systématiquement refusé ?

MF : Systématiquement refusé, je n’en ai pas le souvenir. Mais je travaille en tout cas avec quelqu’un qui me donne des idées ­ parfois, j’apporte moi­-même des idées. Et là encore, c’est quelque chose que je qualifie d’important. En tout cas, je fais attention, oui, à ce que je propose. Voilà ! (sourire)

LL : Il y a beaucoup de questions sur l’Internet, beaucoup de sites qui vous sont consacrés. Est­ce que ça vous intéresse, l’Internet ? Et est­ce que vous regardez les sites qui sont consacrés sur vous ?

MF : L’Internet m’intéresse, oui. Mais j’utilise mon computer surtout pour les e­mails. J’aime bien correspondre.

(rires)

LL : Et est­-ce que vous regardez les sites qui sont consacrés à vous ?

MF : On va rester… (visiblement embarrassée) Je ne sais… Je m’y intéresse, oui. J’ai du mal à… Le culte de moi­même est quelque chose qui m’est difficile. Maintenant, je sais qu’il y a un travaille qui est fait, et qui est très bien fait. Donc je regarde ça de près et de loin. Je vais rester évasive ! (large sourire)

LL : Alors, sur l’Internet, on dit qu’il y a des sites où on peut vous voir nue. Est­ce que votre entourage est au courant de ça ? Et, si c’est le cas, pourquoi ces sites existent­ils encore aujourd’hui ?

MF : Ecoutez, j’ignore ces sites ! (rires) Maintenant, il est facile de faire arrêt sur image quand on prend une vidéo et puis on va sortir l’image en question. Maintenant, si je suis dénudée ou nue dans une vidéo, qu’y puis-je ?! (soupir) Le faire interdire, c’est très difficile. Très difficile. Même si on interdit, quelqu’un d’autre le fera.

Donc tant pis pour moi ! (sourire)

Diffusion d’un extrait du clip « Libertine »

LL : Pensez­vous qu’on vit dans une société où les jeunes se sentent obligés d’être parfaits, ambitieux, énergiques tous les jours ? Et qu’est­ce que vous pouvez leur conseiller, les gens qui ont envie d’être individuels, uniques et différents ?

MF : De rester unique, c’est très important. (sourire) Qu’est­ce que je peux rajouter ? Qu’il est important, et que je leur souhaite, d’avoir une passion dans la vie. C’est un moteur qui est fondamental pour vivre et survivre.

LL : Vous avez beaucoup d’émotion en vous. Est­ce qu’il y avait des situations où vous vouliez absolument pas pleurer et ça arrive, et vous sentez que ça monte quand même, et est­ce que, puisque ça arrive peut­être souvent, vous avez une ruse pour éviter les larmes ?

MF : Non, ça, je crois, c’est quelque chose que je ne contrôle absolument pas, et je ne veux pas me défendre que d’avoir justement une émotion forte. C’est arrivé énormément de fois en scène, à des moments auxquels je ne m’attendais absolument pas justement. Et, je crois, s’il y a quelque chose qu’on peut partager en scène avec le public, c’est justement une émotion. Donc je n’ai aucune immunition. (sic !) (rire)

LL : Alors, il y a beaucoup de comédiens qui adoreraient avoir autant d’émotions à leur portée. Est­ce que ça vous dirait un jour d’être prof de cinéma ou de théâtre ?

MF : Absolument pas, non ! (rires) Non.

LL : Non ?

MF : Non. Et je crois qu’il y a beaucoup de comédiens qui ont leur propre émotion. (rires)

Diffusion d’un extrait du clip live « Rêver », suivi d’une page de publicité

LL : On se retrouve dans « Le Mag », avec Mylène Farmer : deuxième partie.

Jingle

LL : Alors, un de mes films préférés, c’est un de vos films préférés aussi, c’est « Frances » (Mylène confirme), joué par Jessica Lange, et il y a une scène dans ce film où elle revient chez elle, dans sa ville natale, en tant que grande star, et il y a une femme devant elle qui lui lèche les bottes, et elle dit ‘Vous n’étiez pas la femme qui m’a haïe il y a dix ans, qui m’a traitée comme pire que rien ?’ et donc, tout le monde a bien vu qu’elle l’a bien mis dans sa place. A l’époque où vous étiez mannequin, est­ce que vous avez eu des gens qui vous traitaient peut­être pas bien, quand vous étiez anonyme, et est­ce que vous avez pu vous faire justice aujourd’hui, avec la femme que vous êtes aujourd’hui ?

2000-01-aMF : Ecoutez, je n’ai pas beaucoup de souvenirs, si ce n’est que je vais détourner la question : les personnes qui sont méchantes, vindicatives, il y en a, et j’en rencontre encore aujourd’hui. Maintenant, est­ce que j’ai une réaction ? En général, j’essaie, non, d’avoir la réaction contraire à ses instincts premiers, à savoir que je préfère répondre par la gentillesse à l’arrogance. C’est moins douloureux. (sourire)

LL : Alors justement, vous avez dit que vous êtes dans une époque de votre vie où vous êtes en pleine forme, heureuse, beaucoup plus équilibrée, beaucoup plus de confiance en vous, mais pour les jeunes qui vous adorent, qui peut­être sont en train de vivre des enfances où ils ont du mal à vivre le bonheur, qu’est­ce que vous pouvez leur dire pour qu’ils sortent de là ?

MF : Là encore, je crois que je n’ai aucune, ni solution, ni même conseil, si ce n’est que j’en reviens à la réponse précédente : tenter de trouver une passion, un moteur dans sa vie. Maintenant, je crois qu’au travers de la lecture ­et c’est ce qui m’est arrivé­ on peut découvrir des choses, trouver des pansements, et je crois que, dans le fond, la chose fondamentale, c’est le dialogue, c’est pouvoir trouver une forme de communication.

Diffusion d’un extrait du clip « XXL »

LL : Vous avez travaillé avec beaucoup d’américains, vous avez travaillé pas mal aux Etats­Unis. Que pensez­vous avoir appris avec les américains que vous avez pas pu peut­être apprendre ici, en France ?

MF : Probablement… (soupir et silence) Je pense au travail : ce sont des gens qui sont très investis dans leur travail. Ce sont des personnes qui n’ont pas peur, je crois, ni du succès, et qui le revendiquent même. Je crois que c’est une rigueur dans le travail surtout. Maintenant, est­ce que j’ai appris ça d’eux, je n’en sais rien mais en tout cas, j’ai pu, ne serait­ce que pendant les tournages de vidéos… Chacun est réellement à sa place et s’investit dans son travail. Il n’y a pas de mélange entre le sentiment et la fonction. Alors parfois c’est désagréable, mais parfois c’est agréable parce que c’est efficace et que ça va vite.

LL : Alors, ce qui est rare avec les artistes, c’est que vous avez des fans qui peuvent venir vingt-quatre heures avant un concert pour venir vous voir, et donc ils sont là peut-­être pour être sûrs d’au premier rang, alors peut­-être ils mangent pas, peut­-être ils boivent pas, et le concert commence, ils tombent dans les pommes donc ils voient même pas le concert ! (rires)

MF : C’est un peu dramatique tout ça, non ?! (rires)

LL : Non mais ça existe ! Alors qu’est­ce que vous avez envie de dire à tous ces pauvres gens qui vous adorent, qui ont même pas vu le concert du coup ?

MF : Et bien que c’est dommage pour moi ! (large sourire)

LL : Mais est-­ce que vous pensez que c’est une des raisons pour lesquelles vous aimez bien sortir des live et faire des vidéos de vos concerts ?

MF : Je ne suis pas sûre de comprendre le sens de la question…

LL : S’il y a tellement de gens qui tombent dans les pommes donc ils voient pas le concert, ils vont le voir en vidéo…

MF : (rire…consterné ?) Je ne sais pas. Mais, en tout cas, c’est quelque chose de très intéressant que de travailler sur un live, oui.

LL : Alors, votre dernier concert a été filmé par une douzaine de caméras, je crois. Est­ce que vous vous sentez différente le jour où vous savez que ça va être filmé, et est­ce que votre spectacle s’est organisé en fonction du fait que vous savez qu’il faut que ce soit filmé aujourd’hui ?

MF : Non, absolument aucun changement. Quant à mon comportement, moi­même, je crois qu’on ne peut pas ignorer totalement la présence des caméras. Maintenant, je crois qu’il y a une dimension telle en scène qu’on finit par oublier ces choses­là. Dans les dix premières minutes, c’est assez présent, et après, je fais totalement abstraction. Et le spectacle est totalement le même avant, après.

Diffusion d’un extrait du clip live « La Poupée qui fait Non »

LL : Alors, vous êtes la seule artiste française ­encore une fois ! (rires de Mylène) ­mais cette fois­ci, vous êtes la seule artiste française pour être une artiste diamant : c’est­à­dire que tous les albums que vous vendez, ça se vend à plus de un million. (Mylène confirme) Alors, puisque vous voyez que vous avez un tel succès en France, est­ce que vous avez envie ­parce que, en plus, vous êtes quelqu’un qui adore travailler­ vous avez envie de peut­être apprendre d’autres langues pour  toucher d’autres marchés dans le monde ?

MF : Ecoutez, jusqu’à présent, ça a été un refus de ma part. Plusieurs fois, on m’a j’allais dire ‘proposé’ de faire album anglais ou dans une autre langue. Dans la mesure où j’écris moi-­même mes textes, il m’est difficile d’envisager ou une adaptation de quelqu’un d’extérieur, ou moi­-même, je ne possède pas la langue suffisamment pour pouvoir traduire. Et dans la langue française ­dans ma langue en tout cas­ j’aime bien jouer avec les mots, donc c’est très compliqué de trouver ça dans une langue qui n’est pas la vôtre.

LL : On est souvent touché par les peintres parce qu’ils arrivent à nous toucher vraiment à l’intérieur de nous. Quelle est la dernière exposition que vous avez vue où vous avez été vraiment et réellement touchée ?

MF : C’était dans un musée à New York et… L’art moderne…. Je peux vous dire les peintres que j’aime : Egon Schiele, évidemment. (sourire) J’aime Max Ernst, j’aime Picabia. Et je vais oublier probablement tous ceux que j’aime ! (sourire) Mais j’aime la peinture, oui. Ce sont des moments très privilégiés.

Diffusion d’un extrait du clip « Je te rends ton Amour »

LL : Il y a un moment dans votre concert où il y a quelqu’un qui peut monter sur scène avec vous.

Comment assurez­vous la sécurité dont vous avez besoin ? Parce qu’on sait jamais…

MF : Là encore, je crois que je ne… Est-­ce que c’est de l’inconscience ? J’en sais rien. Mais je ne pense pas à ces moments d’hypothétique danger. Et là encore, c’est un moment spontané. J’ai mis beaucoup de temps avant que de faire monter quelqu’un sur scène, et je préfère là encore une spontanéité. Donc il m’est arrivé ­ce n’est pas systématique­ de faire monter quelqu’un. Et, dans ces cas­là, non, je pense à autre chose qu’à un danger. Plus un partage.

LL : Vous êtes terriblement connue dans les pays francophones. De tous les pays d’Europe, pourquoi avoir choisi la Russie ?

MF : Pourquoi la Russie ? Parce qu’ils ont diffusé, quand j’ai commencé ce métier, ils ont diffusé énormément de vidéos. Et puis il y a des personnes là­-bas qui ont beaucoup travaillé sur moi. Et j’avais très envie de découvrir la Russie, en tout cas son public. Je ne peux pas vous dire que je connais bien la Russie, si ce n’est que Saint­Pétersbourg est une ville magnifique, que j’y ai fait quelques rencontres qui sont assez jolies aussi, avec beaucoup d’artistes, des peintres notamment, et que c’est un changement parce que c’est un public qui n’est pas ‘acquis’ ­si tant est qu’on puisse avoir un public acquis­ mais vraiment là, c’était quelque chose d’assez étonnant. D’autre part, ils sont quand même assez brimés : ils n’ont pas le droit de se lever pendant un concert, ils n’ont pas réellement le droit de manifester leur joie, et ils l’ont quand même fait, à la fin du concert : ils se sont levés, ils se sont approchés au bord de scène. Ce sont des moments assez forts.

Diffusion d’un extrait du clip « Tristana »

 LL : A la sortie d’une tournée, normalement, pour la plupart des gens, c’est des vacances. Mais vous avez déjà envie de retravailler tout de suite ?

MF : Je travaille déjà (rire). Je travaille sur le live en studio, pour le mixage, et bientôt sur le film du live. Et j’ai quelques projets à venir, donc ce sera une période de travail. (personne ne le sait encore au moment de l’enregistrement, mais Mylène prépare avec Laurent Boutonnat à la fois le lancement d’Alizée et de son premier single « Moi…Lolita » et à la fois une participation à la bande originale du long-­métrage d’animation américain « Les Razmoket à Paris » avec le titre inédit « L’Histoire d’une Fée, c’est… », nda)

LL : Est­ce que vous êtes quelqu’un qui peut très bien prendre des vacances, ou est­ce que vous vous sentez tout de suite coupable le jour où vous ne travaillez pas ? Est­ce que vous êtes plus contente quand vous travaillez ?

MF : J’ai cette culpabilité, oui, mais j’ai ça en moi : j’aime le travail. C’est quelque chose que j’aime profondément donc c’est… Là encore, je me nourris de ça très facilement. L’oisiveté ne me sied pas du tout !

(rires)

téléchargementLL : Alors, ce qui est formidable, c’est que vous êtes, je crois, une perfectionniste, et c’est bien dans le travail. Mais est­ce que ça veut dire que, après chaque concert, vous prenez les musiciens, les  chanteurs, les techniciens et que vous faites une espèce de résumé du concert ?

MF : Non, du tout.

LL : Jamais ?

MF : Non, non. Ni avant. Je sais qu’il y a beaucoup d’artistes qui aiment prendre la main de leurs  camarades et faire une prière avant de monter sur scène, j’avoue que je ne connais pas ça. (sourire) Et après le travail, non. Après le travail, c’est terminé. Après, chacun ponctuellement apprécie ou n’apprécie pas le moment, mais c’est plus quelque chose, j’allais dire, un état solitaire, de solitude, en tout cas pendant la première heure. Mais ce qui ne vous empêche pas les éclats de rire. Maintenant, quant au résumé de la situation, de ce qui s’est  passé, non.

LL : Justement, est-­ce que, pendant un concert, vous avez envie de vous éclater de rire, parce que vous voyez un danseur qui a fait un faux pas, ou je sais pas quoi ? Et est­ce que ça vous est arrivé, devant votre public, de sortir de la chanson carrément ? Ou est­ce qu’il y a jamais eu quelque chose comme…

MF : Sortir de la chanson, non. Maintenant, des éclats de rire, oui, bien sûr. Bien sûr. Ce qui fait qu’on n’est pas des robots non plus ! (rires)

Diffusion d’un extrait du clip « Je t’aime Mélancolie »

LL : Il y a quelque chose dans mon émission où les téléspectateurs peuvent poser trois questions.

J’en ai pris trois : première question, c’est que, bien sûr, il y a beaucoup de vos fans qui se sentent frustrés parce qu’ils ne vous entendent pas assez en dehors de la scène, et ils ne vous voient pas assez non plus ­moi, je suis ravie que vous êtes là aujourd’hui ! (sourire de Mylène). Et, est­ce que ça vous dirait un jour d’être un peu plus proche d’eux, dans leur avis ?

MF : Moi je n’ai pas la sensation que d’être loin d’eux, donc, là encore une pirouette probablement, mais j’ai l’impression d’être très proche d’eux. Maintenant, est­ce que ça doit passer par l’interview, par la justification ?

Je n’en suis pas sûre. Je me sens, en tout cas moi, proche d’eux.

LL : OK. Deuxième question : vous avez dit que la vulnérabilité est un compagnon agréable et nécessaire. Est­ce que, finalement, ça vous ennuierait d’être parfaite, même s’il y a des jours où vous tentez à tout prix de l’être ?

MF : Là encore, je ne sais pas ce qu’est un être parfait… (rires après un silence)

LL : Mais y a pas des jours on a quand même envie au moins de faire le mieux qu’on peut faire ?

MF : Perfectionniste, oui. Parfait, absolument pas, non, ce n’est pas une quête en soi. Mais perfectionniste dans mon travail, oui. Là, ça part, je crois, d’un respect de l’autre et respect de soi­même. Je prends du temps avant de faire une pochette, je réfléchis. J’ai envie d’offrir des choses qui, moi, me plaisent vraiment.

LL : Troisième question Internet, et dernière question : pour les gens qui se sentent un peu perdus, peut-­être ils sont athées, je sais pas, qu’est­-ce que vous pensez que le bouddhisme pourrait leur apporter ? Et je crois qu’il y a plusieurs styles de bouddhisme…

MF : Ecoutez, ne serait­ce que par curiosité, découvrir cette philosophie. Dire qu’elle est    probablement plus douce que d’autres philosophies ou religions, qu’elle est probablement ­en tout cas ça l’a été pour moi­ plus convaincante, que ce peut être simplement un passage dans leur vie, mais que c’est, en tout cas, intéressant que de s’ouvrir à cette philosophie : ça peut panser l’âme, ça peut aider en tout cas. Là encore, j’en reviens à l’idée de dialogue : si on n’a pas la chance d’avoir quelqu’un à qui parler, on peut le faire au travers d’une lecture comme ça, parce que vous avez beaucoup de réponses ­en tout cas, si ce ne sont pas des réponses, en tout cas des tentatives de réponses. (sourire)

images (1)LL : OK. Je vous remercie beaucoup d’être venue.

MF : Merci à vous. (sourire)

LL : Et bon travail !

MF : Merci beaucoup.

LL : Merci bien.

MF : Merci.

L’émission se termine sur des images de l’équipe technique rangeant leur matériel dans le salon où a pris place l’entretien, le tout sur la musique de « Optimistique­-Moi »

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène dans la PRESSE, Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

TV PARC (Russie) pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 décembre 2014

 

20 MARS 2000 – Entretien avec Eva KAMM

2000-05-eVous êtes habillée de façon très originale (le préambule de l’interview précise que Mylène porte des socquettes blanches dans des sandales, une grande jupe façon paréo de soie brodée à l’indienne, un chemisier en coton et une veste en jean, nda). C’est très intéressant ! Qui est le styliste qui vous a   crée cette tenue ?

­ Des noms qui ne vous diraient rien. D’une manière générale, j’aime les vêtements de Thierry Mugler et Jean-Paul Gaultier, mais je préfère me faire mon propre style. Pour les préparatifs de mon spectacle Mylenium Tour, j’ai collaboré à l’élaboration des costumes, tant pour les miens que pour ceux des danseurs.

Ne vous semble­-t-­il pas que le nom choisi pour votre spectacle n’est pas des mieux trouvés ? Vous êtes­vous laissée emporter par la mode qui surfe sur ce fameux millenium ?

­ Pas vraiment. Tout d’abord, bien que le mot ‘millenium’ soit répandu, mon concert est unique, et ensuite, ce mot contient mon prénom.

Justement, comment avez­vous fêté ce millenium tant attendu ?

­ Je ne me souviens pas. Sans doute avec un livre dans les mains. Le soir du 31 décembre n’est pas une fête pour moi. Oui, c’est ça : j’ai lu et puis je suis allée me coucher. Je ne sais plus quel livre   j’avais entre les mains ce soir­là, probablement Henry James ou peut­être Edgar Poe, un de mes auteurs préférés.

On raconte beaucoup de légendes à votre sujet. Est­il vrai que vos seuls amis sont des singes capucins ?

­ Je n’ai qu’un seul singe capucin. Elle s’appelle E.T., comme le héros de Spielberg, et nous sommes de grandes amies. Elle craint les courants d’air, c’est pourquoi je prends toujours garde à ce qu’elle ne prenne pas froid, et donc elle ne sort presque jamais.

Est­ce que vous aimez regarder la télévision ?

­ Bien sûr. Je regarde la télé, comme tout le monde. J’aime beaucoup la chaîne Planète qui montre la vie et la culture de pays différents. Je regarde aussi des séries, par exemple « X Files » avec David Duchovny, qui est une de mes préférées.

Comment prenez­vous soin de vous ? Votre spectacle laisse entrevoir une préparation athlétique parfaite ­ sans parler de votre silhouette !

­ Merci pour le compliment ! Quand je ne prépare pas un spectacle, je ne fais pas d’efforts particuliers pour entretenir ma forme : je ne fréquente pas les salles de sports, je ne torture pas mon organisme avec des régimes, je ne compte pas les calories…

Mylène Farmer peut-­elle donc se permettre de manger un hot­-dog en pleine rue ?!

­ Non, mais pas seulement parce que je ne mange pas de viande ­ à l’exception du poulet. J’ai arrêté de manger n’importe quoi depuis que j’ai pris conscience que j’avais grandi. Désormais, mon régime comprend du poulet, des légumes, des fruits. Et j’adore la cuisine japonaise !

Vous aimez l’exotisme ?

­ J’aime en tout cas leur conception de la vie. Depuis que j’ai découvert la culture orientale, je regarde les choses différemment. Comme vous pouvez le voir, le style de mon spectacle est influencé par certains courants japonais, indiens et chinois.

Quel est votre rapport à la culture russe ?

­ Un grand respect avant tout. J’ai visité la Russie il y a deux ans et j’ai été marquée par la beauté des églises et la richesse de l’architecture. Il me semble qu’il y a des motifs slaves dans mon spectacle aussi, à bien y réfléchir !

La célébrité vous a-­t­-elle changée ? Est­il difficile de rester vous­même lorsque vous sentez des regards étrangers sur vous ?

­ Il m’est très difficile de répondre à cette question. Je suis heureuse d’être devenue une artiste. Pendant un spectacle, je vis pleinement la scène et c’est très difficile de décrire ce sentiment avec des mots. Mais dès que le rideau tombe, je redeviens une femme ordinaire, et cette métamorphose m’arrange tout à fait !

Maintes femmes célèbres, intelligentes et belles sont seules. Pourquoi ? Est­ce que les hommes ont peur des femmes qui sont fortes ?

­ Notre métier est très dur, il demande un maximum de temps et de force. Quand on devient public, il est très difficile de trouver l’âme sœur. Un homme, d’une manière générale, ne peut pas se soumettre au fait que sa femme est adulée par des millions d’autres personnes : il veut être unique.

Si vous rencontriez l’homme idéal mais qu’il vous demandait de quitter la scène définitivement pour lui, que feriez-­vous ?

­ 2000-05-bJ’aime trop ce que je fais et ce que j’ai vécu toutes ces années pour y renoncer d’un coup. Mais l’amour étant une des choses les plus précieuses dans la vie, il ne faut jurer de rien ! S’il y a une chose que je sais à mon sujet, c’est que je manque de courage pour beaucoup de choses. Je trouve qu’il faut être très courageux et responsable pour avoir au moins un enfant. De quoi rêvez­vous ?

­ De ne jamais mourir, même si par exemple l’idée du clonage me choque. L’homme est une création unique et aucun mortel n’a le droit de décider s’il est digne de la vie éternelle.

Vous avez trente­-huit ans mais vous n’en faites guère plus de vingt­-cinq. Comptez-­vous confier votre beauté à un chirurgien esthétique, comme le font la plupart des stars ?

­ Je ne pense pas. Beaucoup de femmes s’embellissent avec l’âge. Je rêve de rester attrayante jusqu’à un âge avancé ! Mais à vrai dire, j’ai peur de ne pas l’atteindre, même si je voudrais bien…

Merci à atch­-ramirez pour son aide précieuse à la traduction.

 

Publié dans Mylène 1999 - 2000, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

KISS FM – entretien avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 décembre 2014

 

16 AVRIL 1999

Comme l’animateur l’annonce lui­même, l’entretien ne se déroule pas en direct dans les locaux de cette station de la Côte d’Azur. A la diffusion, les interventions du journaliste sont donc tantôt des questions posées directement à la chanteuse, tantôt des relances faites en studio.

Pour la sortie de son nouvel album, Mylène Farmer nous a choisis. Vendredi dernier, elle m’a reçu au Royal Monceau, grand palace parisien. Un salon cossu, rideaux tirés, lumière tamisée, Mylène Farmer a planté le décor de son mystère : à moi de m’y fondre. J’ai tout d’abord voulu savoir ce qu’elle avait fait durant tous ces mois d’absence…

1999-03-cMF : J’ai beaucoup voyagé : je suis allée en Russie, je suis allée en Irlande, en Italie. J’ai lu, j’ai vu des musées, j’ai vu de la peinture. Voilà ! (rires)

Vous avez besoin de tous ces mois de silence pour vous ressourcer, pour repartir sur des bases nouvelles ? C’est à chaque fois une renaissance, quelque part ?

MF : Non, je ne qualifierais pas ça de renaissance, mais en tout cas j’ai besoin de ce temps­là pour moi­même me ressourcer, pour découvrir d’autres choses et pouvoir en suggérer d’autres.

Et là, dans les découvertes que vous avez pu faire pendant tous ces mois d’absence, lesquelles vous ont le plus marquée ? Qu’est­ce qui vous a le plus apporté ?

MF : Les paysages. Comme je le disais auparavant, je suis allée en Russie, où j’ai vu Saint­Pétersbourg qui est absolument magnifique. Là­bas, vous rencontrez des gens, c’est très intéressant. J’ai vu ces fameux paysages, là encore, en Irlande, qui sont phénoménaux ­ j’y suis allée en période d’hiver, donc c’est encore plus impressionnant. Voilà, c’est ce qui me vient à l’esprit !

Comment vous vient l’inspiration ? Est­ce qu’elle vous vient seule ou bien par le biais de rencontres ?

MF : Je sais pas, là, j’ai pas une recette précise, mais pour parler de l’écriture, je suis en tout cas seule, oui.

C’est un moment qui suggère la solitude, je crois. Mais là, je vais vous parler plus du fonctionnement de l’album, à savoir que quand j’écris, avant même d’écrire, j’ai besoin de la musique, et après je vais greffer mes mots. Pour répondre à votre question, oui bien sûr, rencontrer des gens est important.

Est­ce que vous stockez des chansons ? Est­ce qu’il y en a déjà en préparation dans les tiroirs, ou est­ce que c’est vraiment ‘au dernier moment’ ?

MF : C’est fait au moment… En aucun cas, non, je n’écris ni avant, ni après, mais effectivement au moment choisi qui est celui de l’album.

Y a pas des feuillets qui traînent quelque part, là ?!

MF : Non !

Le sexe est omniprésent dans les chansons depuis très longtemps : c’est si important que ça ?!

MF : La sexualité est importante, oui. J’aime l’évoquer, j’aime rire avec, parfois bousculer. Je ne suis pas totalement sûre que ce soit uniquement pour la provocation, c’est dans le fond ce que je pense au moment où je le pense et j’ai envie de l’exprimer.

Comment séduire Mylène Farmer ?

MF : Je ne sais pas. Je n’ai pas ce genre de réponses ! (rires) Je ne sais pas…

Mylène Farmer est un mystère, alors comment se fait-il qu’elle ne soit pas la proie des paparazzis, et qu’elle ne fasse pas la une chaque semaine de certains magazines ?

MF : Je crois que c’est… Je ne sais pas si j’ai une réponse à cette question, si ce n’est que par rapport à l’allusion que vous faites à ces journaux people qui s’abreuvent de stupidités et de vie privée, dans la mesure où c’est vrai que je ne donne pas le loisir de me photographier, je sors peu, je ne change pas d’amant tous les jours (rires), donc en ce sens, je ne nourris pas bien ces magazines. Maintenant, dès l’instant qu’on est connu, nous sommes comme des êtres traqués, et j’ai malheureusement été moi­même photographiée. Ce qui est plus douloureux, c’est les commentaires qui sont des âneries à n’en plus finir. Parfois on s’en moque, et parfois c’est pénible. Maintenant, quant au mystère, c’est parce que je m’exprime peu, que je n’aime pas parler de ma vie privée, et que personne n’a réussi à savoir quoi que ce soit, en tout cas de ma bouche. Donc voilà, j’imagine que le mystère commence là.

On connaît presque Mylène Farmer la star, mais la femme, que fait­elle de son temps ?

MF : Je le passe à lire parfois. Là, je vais reparler de la peinture : lire des bouquins de peinture, les regarder, en tout cas. Le cinéma, et puis ma foi…ma foi, je ne sais pas ! Réfléchir…

Est­ce que vous allez peindre un jour ? Est­ce que vous peignez, déjà ?

MF : Je dessine parfois, mais pas la peinture, non.

Vous aimez rire, vous aimez vous amuser : comment se fait­il que cette facette de votre personnalité ne soit pas dans vos chansons ?

MF : Peut­être que j’ai plus de difficulté à exprimer ce que vous appelez le bonheur, en tout cas l’idée du bonheur. Moi, j’avoue que je n’ai pas de définition ou de… Là encore, bien évidemment, je suis capable de rire, de sourire, d’apprécier des moments de la vie qui sont plutôt joyeux, maintenant, il se trouve que la concentration qu’est un album ­ concentration de thèmes ­ fait que je vais plus spontanément vers quelque chose d’un peu plus désespéré. C’est comme ça…

Quand on est douce, réservée, fragile, est­ce que ça ne fait pas peur d’avoir des fans ?

MF : Non, j’avoue que je n’ai pas ce genre de problèmes. Après, tout dépend de l’omniprésence de certaines personnes. Parfois c’est pesant parce que… Mais c’est plus pesant, dans le fond, dans l’idée que ces personnes passent beaucoup de temps ­ des heures et des heures ­ à vous attendre sans pour autant vous rencontrer. Ca, ça me pèse davantage que l’idée, moi, d’être perturbée.

1999-03-bLes fans de Mylène Farmer sont je dirais presque des disciples : il y a autour de vous tout un mystère, vous dégagez une aura, et ce sont des gens qui s’identifient réellement à votre personnalité.

Est­-ce que ça, quelque part, c’est pas une responsabilité ?

MF : C’en est une, bien évidemment. Enfin, c’en est une, je le suppose, mais ma seule défense par rapport à cette idée-­là, ou ce sentiment, c’est que je crois n’avoir jamais triché, donc je ne mettrai jamais en danger ces personnes.

C’est clair pour tout le monde, Mylène Farmer aime ses fans, elle aime leur contact. Elle est aussi professionnellement au top des techniques audiovisuelles, alors la question était évidente : y aura­t-il un jour un site web qui la rapprochera encore plus de ses admirateurs ?

MF : Non. Je n’ai jamais souhaité être ni à l’initiative, l’initiatrice en tout cas d’un fan­club ou de quelque autre intermédiaire, parce que là encore, je préfère privilégier le silence. Ce que j’ai à donner, je le donne, le reste…

La correspondance qui me semble à moi à la fois la plus fragile et la plus jolie, c’est ce qui se passe sur scène, et elle me suffit, si je puis dire.

La scène, c’est le prochain objectif de Mylène Farmer. Alors j’ai voulu savoir si elle nous réservait un méga show grand spectacle ou bien un concert intimiste…

MF : J’aime plutôt l’idée du show, j’aime la chorégraphie, j’aime le spectacle avec un grand « S » et j’espère pouvoir le donner. Et on crée dans cet espace ­là des moments extrêmement intimes, donc dans le fond je ne fais pas de différence.

 

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