Mylène, UNE FRIPONNE AU SOURIRE D’ANGE

Posté par francesca7 le 22 novembre 2014

 

FRANCE SOIR 7 DÉCEMBRE 1989

Journaliste: Monique Prévot

 

Cet entretien paraît au matin du tout premier passage de Mylène à Bercy, qui vient conclure le Tour 89.

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À propos de la façon dont elle a vécu la tournée qu’elle achève par deux soirs à Bercy :
-C’est la grande révélation de ma vie. Pour la première fois vraiment, j’ai eu confiance en moi. Et cette confiance, c’est le public qui me l’a donné. Pour Bercy, j’ai le trac bien sûr, il y a le vertige de la démesure. Mais l’examen de passage est réussi. Les choses essentielles ont eu lieu le premier soir au Palais des Sports.

À propos de sa vision de son métier :
-Juste avant d’entrer en scène le premier jour, j’ai vu un ami -un chanteur que j’aime beaucoup. Il m’a demandé ‘Pour qui tu chantes ?’, je lui ai dit ‘Pour moi. Et toi ?’. Il m’a répondu ‘Pour eux’. Ca m’a sonné. Je me suis demandée si je n’étais pas en train de me mentir. Deux heures plus tard, la communication avec le public m’avait bouleversée. J’avais ma réponse.

À propos de ce qui l’a poussée à écrire « À Quoi je Sers… » après sa rencontre avec le public au Palais des Sports :
-Précisément pour mieux cerner ce qui s’était passé. C’était si gigantesque. Les jeunes, souvent encombrés de tabous, ont tellement besoin d’être compris…Et moi j’ai le sentiment de leur dire, comme Brel dans sa chanson ‘Non Jeff, t’es pas tout seul’. Sans aucune prétention, je sais à présent que c’est à cela que je sers, à leur dire qu’il n’y a pas à avoir honte du sexe. Tout est normal dans l’amour. Je n’aurais jamais cru un jour faire partie de ces artistes qui subliment leur public…

À propos du spectacle présenté à Bercy par rapport à la tournée en province :
-Il sera le même. On ne retouche pas un film une fois qu’il est passé en salle. Ici c’est la même chose.

À propos du sentiment de sérénité qui l’habite depuis le début des représentations :
-C’est bizarre, ce début de sérénité. C’est si fragile. J’ai sans doute perdu un peu de paranoïa. Mais d’une certaine façon, c’était aussi un rempart. Peut-être que je suis plus humaine…

À propos de ce qu’il y a au bout de cet exorcisme (le mot est de la journaliste !) :
-L’autre Mylène ! Avec les même délires, mais pleinement assumée ! (rires) Peut-être qu’un jour, j’écrirai des romans. Mais j’aimerais qu’on puisse dire, comme dans cette préface de Lanza Del Vasto à propos de Luc Dietrich : ‘C’est un peu comme images (8)ces auteurs russes qui écrivent avec leur sang’.

À propos du texte de « Pourvu qu’elles soient Douces » :
-Ma chanson « Pourvu qu’elles soient Douces » est un pamphlet écrit comme on se venge. Des hommes, des tabous, de l’enfance. Un jour, adolescente, comme j’étais très attirée par les garçons, quelqu’un m’a traitée de ‘pute’, alors que j’étais aussi blanche que le plat de la main. Ca a été terrible. Ca a tout compliqué dans ma tête. Et comme il m’était impossible d’en parler dans ma famille, cette révolte refoulée a généré mon côté castrateur.

Les deux dernières questions sont formulées de manière conventionnelle :

Ca vous met en colère quand on dit que ces fantasmes ne sont pas les vôtres ?
-Ca m’amuse. On dit aussi que c’est mon mentor, mon Pygmalion, Laurent Boutonnat, qui m’inspire…En fait, il est comme mon jumeau : ses fantasmes sont les miens, et vice versa. Le danger dans cette relation où on est si semblables, c’est la destruction. Heureusement, il y a Bertrand Lepage, mon manager. On vit pratiquement à trois depuis cinq ans ! Pas simple, mais riche. J’ai toujours su que le chiffre trois était le chiffre parfait.

Le comportement le plus choquant pour vous ?
-Un homme qui se détourne trente secondes après l’amour. Alors qu’une femme, dans l’absolu, en est incapable. C’est ce que je méprise le plus.

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