MYLENE ET SON AUTO-CENSURE

Posté par francesca7 le 27 octobre 2014

 

Mylene-Farmer_portrait_w858Ce que je ne supportais pas, adolescente, c’était d’être perdue parmi  trente mille fourmis. Et c’est justement ce qu’on vous demande lorsqu’on est adolescent : ne pas être marginal, bien se noyer dans la masse. De cela, oui, j’ai souffert ! 

Je m’ennuyais, j’étais relativement solitaire. J’écoutais  Genesis, les Doors, les Eagles, Bob Marley, Gainsbourg, Brel, Brassens, Serge Reggiani, Gréco, Barbara, Dutronc… J’ai eu en classe cette période « toute seule au fond dans un coin », petite fille plutôt renfermée avant ma période révolutionnaire. C’était un peu de paranoïa, certainement. A chaque réflexion de la maîtresse je me disais « C’est pour moi ». Et puis un refus de tout. J’ai passionnément détesté l’école, le lycée… Je n’ai pas du tout aimé mon adolescence. J’ai vécu très mal ce passage de l’enfance à l’adolescence. Avant tout, on ne s’aime pas soi-même et pour ça je n’avais même pas besoin du regard de l’autre. 

J’ai toujours été encline à l’autocensure. Impossible de tenir un journal intime, malgré mon envie. Il me fallait découvrir les autres, qui s’appelaient Maupassant, Edgar Poe ou Strindberg… Je n’ai jamais été fan d’un chanteur en particulier, je ne fanatisais personne. Sur les murs de ma chambre, je préférais les reproductions des peintures de Salvador Dali aux photos découpées dans les journaux. 

Puis je suis allée au lycée comme tout le monde. C’est encore une période que je n’aime pas de ma vie. Mes études y ont été très peu sereines, parce que qui dit études implique une autorité. Et comme je détestais tout ce qui était autorité, j’étais en rébellion perpétuelle avec tout cet état de scolarité. Mais je suis quand même allée jusqu’en fin de Première, j’ai fait deux jours de Terminale en bac A4 et là j’ai été renvoyée ! Enfin, j’ai fait en sorte d’être renvoyée… J’étais persuadée que je ferais un métier artistique. 

J’étais attirée par l’équitation. C’est une forme artistique, mais qui est un peu différente, peut-être plus projetée vers les autres. Sinon, c’était plus le théâtre et le cinéma qui m’attiraient beaucoup. Je n’avais absolument pas cette vocation que d’être chanteuse. La chanson me paraissait beaucoup plus difficile d’accès. Je n’ai jamais dit réellement à mes parents « je veux faire dans le spectacle ». J’ai simplement dit que je souhaitais quitter l’école. 

Et puis après, c’était une prise en charge. Il n’y a pas eu réellement de dialogue dans tout ça…

J’avais dix-sept ans la première fois que je me suis maquillée. Je me suis mis le bâton dans l’œil. Je sortais très peu. Je n’aimais pas les boîtes de nuit, évoluer parmi tout le monde. Et je n’ai jamais été en boum. J’ai toujours eu horreur de ça. J’y suis bien allée deux, trois fois, pour voir, mais ce n’était pas mon truc. Un malaise. A cette époque-là, je ne jugeais pas ça comme « trop superficiel » mais je ne m’y sentais pas bien. Je préférais rester chez moi. Je me souviens de la première fois où je suis sortie seule le soir : je me suis trompée, je ne retrouvais plus le chemin pour rentrer à la maison. 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

 

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