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MYLENE FARMER – ANNEES COLLEGE

Posté par francesca7 le 26 octobre 2014

 

 

MF80_10aAu collège, je passais peut-être pour une égocentrique, je voulais être le centre d’intérêt, c’était pour être reconnue. J’avais envie de faire tout ce que les autres ne faisaient pas, frappée par cette peur panique de ressembler à quelqu’un. C’était valable aussi bien dans une classe ou à la maison ou dans la rue, à savoir cette peur panique de ressembler au commun des mortels. Il y a des personnes qui sont faites pour accepter. Accepter la vie, sans trop se faire violence. Et puis, il y en a d’autres, comme moi, où tout devient un combat d’arène. 

On a envie éternellement de dire qu’on est là. C’est cette fameuse envie d’exister. Le pouvoir des professeurs me révoltait, leur pouvoir de dire qu’une rédaction est bonne ou mauvaise. Ce n’était pas les notes qui me scandalisaient, c’était surtout les appréciations. Il fallait toujours que je me fasse remarquer. Vers l’âge d’onze-douze ans, j’étais souvent odieuse. J’étais un peu plus turbulente à l’école qu’à la maison. 

D’ordinaire, cela avait souvent le don d’irriter mon entourage mais une année, en Sixième, une belle femme blonde qui était en même temps notre professeur de français et de théâtre, ne m’a pas punie une seule fois. Elle avait compris que, si elle n’entrait pas dans mon jeu, je me calmerais toute seule. 

Ça n’a pas loupé, je suis devenue une bonne élève dans ces matières. J’avais envie de la remercier pour sa compréhension. J’avais un besoin, certainement, d’exister très fort à l’école, et c’était pour moi une torture que d’y aller. Mais je me souviens d’une chose étonnante : j’avais ce paradoxe d’arriver une heure avant parce que j’ai toujours refusé d’arriver en retard en cours, et une fois que j’étais assise sur le banc, c’était… c’est du masochisme ! Hiver comme été, je me retrouvais seule à sept heures trente devant la porte alors que nous ne commencions qu’à huit heures. 

En revanche, je ne portais aucun intérêt quant à la suite de la journée. C’est un paradoxe bizarre que je n’ai jamais pu m’expliquer. Enfant, j’étais donc à la fois un mélange de personnage très introverti et en même temps j’avais ce besoin de me faire remarquer. J’ai toujours aimé étonner. La Provocation, c’est le piquant de la vie. Je suis à la fois folle et sage. C’est douloureux et formidable d’affronter toutes ces turbulences. Ce que je suis aujourd’hui  n’est que la concrétisation de cet état d’esprit. Tout n’était pas très clair chez moi, même si je n’étais ni schizophrène ni autiste. Je n’ai aucun souvenir de cette période bizarre, que je n’ai pas aimée. Tout ce qui tournait autour de la scolarité, je détestais. Je n’ai pas été traumatisée, mes parents ne m’ont pas maltraitée, mais c’est comme ça. Dire de moi que je suis une révoltée tout simplement, en général ça me convient, ou alors révoltée passionnée ! J’ai l’impression de ne pas être comprise. 

Aujourd’hui, si tout n’est pas rose, j’arrive mieux à gérer ma salade interne ! 

J’ai vécu une scolarité que je qualifierais d’incolore, d’inodore. J’avais  cette réputation d’élève indisciplinée mais j’arrivais quand même à me maintenir dans la bonne moyenne. Sauf en maths où j’étais carrément nulle. 

Mon esprit anti-cartésien ne pouvait pas s’accommoder de la logique mathématique. Je ne suis pas un apôtre de l’arithmétique. Entre moi et l’algèbre, il y a toujours eu une incompatibilité d’humeur et de compréhension. A l’école, c’était un défilé de zéros pointés. En revanche j’aimais l’histoire. C’est l’un de mes seuls bons souvenirs d’école. J’aurais adoré vivre à l’époque de Louis XV. Les reines, les courtisanes et les petits marquis m’ont toujours fascinée. J’étais plutôt douée en français, j’adorais ça mais avec quelquefois une orthographe un peu anarchique. Hélas, cette  matière m’a été enseignée par des profs qui la détestaient. L’anatomie est aussi une matière dans laquelle j’excellais. Plus pour les croquis qu’on y faisait que pour la matière elle-même. Je me souviens aussi que je modelais des poupées aux effigies de quelques personnes. Je ne les ai jamais percées avec des épingles. 

 J’aimais bien aussi le dessin, le théâtre et les sciences naturelles.  J’ai appris le russe pendant trois ans au collège comme troisième langue. Mais je ne la parle pas, je déchiffre uniquement quelques phrases, c’est plutôt dur. Je l’ai vite abandonnée parce que c’était vraiment trop dur à assimiler. Pour apprendre le russe, il faut pénétrer l’univers d’un pays, d’une autre culture, y consacrer l’intégralité de son temps, « rentrer au couvent ». J’étais très douée pour la poésie, la lecture. J’ai eu brillamment mon diplôme des vingt-cinq mètres durant mes études scolaires, mais j’avais la phobie de l’eau. J’ai trois ou quatre fois eu l’occasion de m’accrocher au bord. 

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

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MYLENE FARMER – UNE ENFANCE HEUREUSE

Posté par francesca7 le 26 octobre 2014

 

MF80_175aJusqu’à l’âge de dix ans, j’ai vécu une enfance heureuse. J’étais très  ouverte, bavarde… Puis nous nous sommes installés en France, dans la banlieue parisienne vers Versailles. C’est le travail de mon père qui nous a amenés à Paris. L’arrivée en France a été un moment un peu difficile, un choc assez violent. C’est en tout cas ce qu’on m’a dit. Sans parler de choc de cultures, parce que ça n’a pas lieu d’être, c’est un comportement et un mode de vie qui sont radicalement différents. C’est assez choquant quand on est enfant. Ça se traduit par une forme d’agression, des rapports plus durs. 

Par exemple, je n’ai jamais eu beaucoup d’amis en France, par contre au Canada, quand il y avait un anniversaire, ce n’était pas en petit comité : y avait près de cent enfants. C’était assez étonnant. Alors qu’ici, c’est beaucoup plus concis. Donc certainement des amitiés beaucoup plus sélectives. Et même maintenant, les personnes qui vont au Canada sont toujours étonnées par l’accueil de ce peuple, parce que c’est quelque chose qu’ils ont en eux. A Paris, les rapports sont froids, concis. Les gens ne ressentent pas tout à fait les choses de la même façon. Ils sont peut-être un petit peu moins énervés là-bas qu’ici. Mais je fais partie des énervés donc je suis mieux ici ! 

Heureusement, quand on est petit, on ne se rend pas vraiment compte de ces choses-là. Les enfants en général n’ont pas trop de mal à s’intégrer et ont de réelles facilités d’adaptation. 

Quand j’étais très petite, je n’arrêtais pas de chanter. Je rêvais d’un métier artistique mais je ne pensais pas vraiment à la chanson. Je n’achetais pas de disques, ma seule passion était les animaux. Je me voyais donc plutôt comme monitrice d’équitation. J’ai eu un prix de chant à l’âge de dix ans au Canada. Je ne me rappelle plus pour quelle chanson. C’était une comptine, une petite chanson. L’année suivante, j’étais deuxième. J’ai injurié tout le monde. Depuis ce jour, mon caractère s’est développé dans ce sens-là ! Je suis née en colère ! J’ai commencé par le « je déteste » puis après j’ai appris  à aimer. C’est un sentiment qui ne m’a jamais quitté et qui allait  grandissant. 

 

EXTRAIT du livre : « Mylène FARMER – une grande Astronaute » –  de Yannik Provost aux Editions Edilivre.

 

 

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