NAGUI Présente MYLENE FARMER sur M6

Posté par francesca7 le 18 octobre 2014

 

Emission  FRÉQUENSTAR du 22 MARS 1989

 « C’est compliqué, le français ! »

1989-02-dNagui reçoit Mylène Farmer sur le plateau de son émission, qui n’a rien à voir, malgré un titre identique, avec l’émission que créera Laurent Boyer peu d’années plus tard. Mylène vient y présenter son nouveau clip, celui de « Sans Logique ». Habillée d’une veste noire, d’un pantalon noir et les cheveux rehaussés en un chignon strict, elle répond également aux questions de Nagui et a sélectionné quelques clips qu’elle souhaitait diffuser dans l’émission. L’ambiance oscille entre tension et bonne humeur, Mylène ayant visiblement parfois du mal avec l’humour de Nagui, et réciproquement, Nagui semble quelques fois désarmé face à Mylène. Il jongle  avec le tutoiement, le vouvoiement mais parvient néanmoins à faire parler Mylène de ses goûts littéraires, musicaux, de son spectacle à venir et même de son appartement !

Nagui : Mylène Farmer, merci d’avoir accepté notre invitation.

Mylène Farmer : Merci (sourire gêné)

N : C’est très gentil à toi, on est très contents, on est heureux comme tout ! La programmation musicale : tu écoutes beaucoup de musique en règle générale, dans ta vie ?

MF : Beaucoup de musiques de films.

N : Beaucoup de musiques de films ? Des bandes originales ?

MF : Oui.

N : Là en ce moment, tu as la tête prise par quelle musique de film ?

MF : Toujours « Mission » (film réalisé par Roland Joffé en 1986, nda). J’ai du mal à en…

N : C’est pas vrai ? Mais pourtant y en a eu d’autres depuis : y a eu « Le Grand Bleu », y a eu «Bagdad Café», y en eu plein !

MF : « Bagdad Café » oui, merveilleuse…

N : C’est bien, hein ? Et tu vas voir les films qui correspondent aux bandes originales ou tu te contentes de la musique ?

MF : Je me contente de la musique parfois, quelquefois j’y vais aussi à cause de la musique.

N : D’accord…

MF : Et quelquefois, le contraire.

N : C’est marrant, y a pas une seule bande originale dans tous les clips que tu as choisi.

MF : Non, parce qu’on a un petit peu trop vu « Bagdad Café ». « Mission », je pense pas que vous l’auriez passé. Si ?

N : Ha ben on se gêne pas pour en passer d’autres, hein !

MF : Ha, je ne savais pas…

N : Ha ben, on le fera la prochaine fois !

MF : D’accord.

N : Ca sera une occasion de revenir (rires). Elle est notre invitée, et par la même occasion on en profite pour vous présenter son clip, qui sera « clip des clips ». Du Mylène Farmer matin midi et soir, pendant une semaine ! Tout ça à la veille d’une tournée dont nous reparlerons tout de suite après ce tout nouveau clip, « Sans Logique ». Elle est pourtant Vierge, hein, elle est pas Taureau, contrairement à ce que vous allez pouvoir voir dans le clip ! (Mylène sourit)

Le clip de « Sans Logique » est diffusé en entier.

N : Voilà. D’où la pochette, vous comprendrez, pour la trace de sang qu’il y a sur le clip de Mylène Farmer, « Sans Logique ». On va en reparler bien sûr de ce clip, d’abord voyez le cadeau que vous allez pouvoir gagner grâce à cette merveilleuse émission que nous vous présentons sous vos yeux ébahis : vous allez pouvoir gagner le compact d’ « Ainsi Soit Je… », l’album; le compact de « Cendres de Lune », l’album; la cassette vidéo des clips volume un; la cassette volume 2 des clips (Nagui bafouille un peu pendant son énumération) et le baladeur avec la cassette de l’album dedans. (On voit tous ces cadeaux à l’écran) Pff, c’est beaucoup de cadeaux, tout ça !

MF : (suite aux bafouillages de Nagui) C’est compliqué, le français !

N : Hein, c’est compliqué, hein ! Surtout pour quelqu’un qui est es forcément né là-dedans ! (Nagui fait à l’évidence référence au fait que sa mère est professeur de français, nda) (Mylène rit)

Nagui revient alors sur le concours de la semaine précédente avant de se tourner à nouveau vers Mylène.

N : On va voir défiler les dates de la tournée. Ca démarre le 18…

MF : Le 18 mai, jusqu’au 25…

N : …mai, ça c’est pour les dates parisiennes. Ensuite y a plein de dates en province et puis comme y avait encore du monde, parce que là c’est déjà complet pour le Palais des Sports, vous avez rajouté une, voire deux dates, à Bercy au mois de décembre pour clore cette tournée. (Mylène acquiesce) Retour à la case départ, ça c’est génial ça !

1989-02-aMF : Oui, c’est formidable.

N : On peut rajouter une troisième date, si ça continue, non ?

MF : Eventuellement…

N : On va pas se gêner pour se faire du bien ! Ca comporte combien de personnes le Palais des Sports ?

MF : Je crois que c’est autour de cinq mille personnes.

N : Cinq mille personnes et y a sept soirs déjà pleins ?

MF : Oui.

N : Bon, ce qui fait déjà deux Bercy à lui tout seul, donc y a aucun problèmes on peut en rajouter, c’est l’équivalent. Alors Mylène, « Sans Logique » c’est un… Moi je suis surpris, on te voit pas nue dans « Sans Logique », c’est bizarre après « Libertine » et « Pourvu qu’elles Soient Douces »…

MF : C’est de la provocation, ça, Nagui !

N : Non je sais pas ! Ben écoute, c’est de la provocation aussi ce que tu fais des fois dans les clips.

MF : Non, le sujet ne se prêtait pas à la nudité, c’est tout.

N : Voilà. Alors en fait, tu as dit souvent dans la presse que le but n’était pas forcément de provoquer mais que s’il y avait certaines scènes qui pouvaient dérouter les gens, c’était parce que ça dépendait plus du sujet que du simple plaisir que de les choquer.

MF : Oui. Moi je n’ai aucun plaisir à me dénuder sur un plateau. C’est assez difficile, même si c’est en équipe réduite, c’est toujours plus difficile…

N : Oui mais enfin on devine que ça va être vu par des millions de gens, aussi…

MF : C’est vrai, mais ça on n’y pense pas. Il y a cette espèce de divorce, comme ça, sur le tournage. C’est pas la même chose…

N : C’est l’artistique distingué du vulgaire, c’est ça ?

MF : Je crois que oui, il y a une espèce d’inconscience, je crois, que de faire ça. Et puis quand bien même, hein ?! (large sourire)

N : Oui : sans contrefaçon, on se fout du qu’en-dira-t-on ! Alors, est-ce que tu as un côté justement inconsciente ou plutôt très, très, très consciente de tout ce qui se passe ?

MF : Je ne sais pas si je suis l’incarnation de la cartésienne, je crois pas, non. Mais je crois que j’ai les pieds en tout cas sur terre, oui.

N : T’as les pieds sur terre, et tu sais complètement ce que tu fais, ce que tu dis : tout est pesé, réfléchi et calculé. Quand tu écris les textes d’une chanson, c’est maîtrisé, dans tous les sens du terme.

MF : Oui, j’essaye en tout cas de les maîtriser. Je crois qu’il y a pas de perfection mais j’essaye d’y accéderN : OK. Alors, encore une fois dans ces fameuses interviews – c’est vrai que tu en donnes pas beaucoup des interviews…

MF : Parce que je ne m’y sens pas très à l’aise, c’est la seule réponse je crois.

N : Là, ça va pas bien ?

MF : Pas très bien, non ! (sourire)

N : Bon on va essayer que ça aille mieux ! Tu me dis, tu me fais un petit signe dès que ça va un tout petit peu mieux ! (rires de Mylène) Y a beaucoup de références dans ce que tu dis à Baudelaire, auquel tu rends un hommage dans « L’Horloge » en mettant en musique avec Laurent…

MF : Y a d’autres auteurs, mais c’est vrai que j’aime beaucoup Baudelaire. J’aime beaucoup…

N : Edgar Poe !

MF : Edgar Poe, c’est vrai.

N : Et Luc Dietrich.

MF : Luc Dietrich. J’aime beaucoup le théâtre de Steinbeck, mais il y en a tant d’autres. Je cite un petit peu, c’est vrai, toujours les mêmes parce que ce sont effectivement des livres de chevet.

N : Bon, et généralement si on prend Baudelaire et Edgar Poe, ils ont des problèmes existentiels. Là, tu as demandé Jacques Brel avec « Ne me quitte pas », ce qui peut aussi être un…

MF : …qui pourrait faire partie de la même famille, certainement, oui. Pour moi, c’est probablement le plus grand interprète, avec Reggiani aussi. J’aime beaucoup Reggiani. Et « Ne me quitte pas », c’est un cri qu’on formule très souvent.

Diffusion d’une séquence d’archive où Jacques Brel interprète « Ne me quitte pas ».

N : Une petite précision : en plus de tous les cadeaux que nous vous avons montré tout à l’heure, vous allez pouvoir gagner également deux invitations pour aller voir Mylène Farmer en concert, que ce soit à Paris ou en province vous pouvez écrire de partout. Et puis concernant – voilà l’affiche – (l’affiche du spectacle apparaît à l’écran) donc ce Palais des Sports, mais y a également les concerts parisiens du Palais Omnisports de Paris Bercy, les places ne seront en vente qu’à partir du mois d’avril.

MF : Oui.

N : C’est ça, hein ?

MF : Paraît-il…

N : Oui d’accord, mois d’avril. Bon alors, à propos de Jacques Brel, et pour revenir à ce côté Baudelaire et Edgar Poe, on a l’impression que par moments tu portes tout le malheur de la Terre sur tes frêles épaules.

MF : C’est lourd, quelques fois !

N : C’est lourd, hein ?!

MF : Moi-même, je suis très frêle et c’est difficile parfois.

N : Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Je veux dire, sans faire de confessions ou de psychanalyse, c’est récent comme tournure d’esprit, ou c’est quelque chose qui a toujours été ancré en toi comme sentiment ?

MF : Je vais dire quelque chose d’autre : c’est pour ça que moi je n’aime pas les interviews parce que je préfère, c’est vrai, dévoiler la nature de mes sentiments dans mes chansons plus que dans les interviews.

Pourquoi avoir toujours besoin de se justifier ?

N : Je parle pas de justification, je demande simplement d’où ça vient.

MF : Je ne sais pas. Y a des personnes, je crois, qui sont plus prédisposées à être heureuses ou malheureuses. J’en sais rien. Je ne dis pas que je suis malheureuse…

N : Ha non, t’as tout pour être heureuse, là !

MF : …je dis que je suis foncièrement lucide, ce qui engendre, je crois, quelquefois des désillusions et quelquefois du bonheur aussi.

N : Y a un inconvénient, j’allais dire, ou un enchaînement tout à fait logique, c’est que ton public s’identifie à tes goûts et à ta manière de voir la vie. On parle de Baudelaire, c’est le spleen, c’est la maladie du siècle, c’est « Les Fleurs du Mal », enfin bon (il s’adresse aux téléspectateurs) lisez Baudelaire, à propos, ça peut toujours vous servir dans la vie !

MF : Parce qu’il y a certainement, effectivement, beaucoup de personnes qui se retrouvent ou dans ces textes, ou dans cet univers musical, ou tout simplement dans cet univers. Je crois pas que toutes les personnes soient très, très heureuses et aujourd’hui je crois que c’est aussi de plus en plus difficile.

N : Et toi, qu’est-ce qui te rend heureuse ?

MF : Votre rencontre, probablement ! (grand sourire)

N : Bon ! Sinon, tu as demandé Depeche Mode. Qu’est-ce qui te séduit ? Le côté anglais, le côté rythmé ?

MF : Je crois que c’est un tout, là aussi. C’est un univers, d’abord, un compositeur qui est formidablement doué et puis des paroles qui sont assez belles, parce que je comprends l’anglais plus que je ne le parle, finalement ! (rires)

Diffusion d’un clip de Depeche Mode.

N : Le monsieur dont nous parlions pour les compositions, c’est Martin Gore, qui est le blond bouclé sur le devant…

MF : …qui est tout petit !

N : Tout petit derrière ses claviers ! L’ambiance dans laquelle tu vis : tu vis dans une ambiance sombre ? Eclairée ? L’appartement, comment ça se passe, l’intimité ? On sait qu’il y a les singes, les fameux singes…

MF : C’est très peu meublé, c’est rouge et noir (rires de Nagui qui visiblement ne peut s’empêcher de penser à Jeanne Mas !), et que dire d’autre ? Y a une très, très grande cheminée qui est très, très belle et j’ai une chambre qui est très, très sombre, qui approche le noir, c’est bleu marine très, très foncé.

N : Ca fait partie des couleurs que tu aimes bien, le noir, le bleu, le rouge… ?

MF : Oui. Le rouge, un petit peu moins.

N : Le rouge sang, peut-être, non ?

MF : La couleur du sang, oui, j’aime beaucoup, mais c’est un rouge très, très foncé, très dense.

N : Ce qu’on a vu dans le clip, le mariage par le sang, ce que des fois on fait quand on est gamin, tu l’as déjà fait ?

MF : C’est quelque chose que j’ai fait quand j’étais toute petite, mais au bout du doigt. Ca faisait moins mal !

Parce que l’entaille, là, était plus profonde ! (elle désigne en souriant sa main en référence à cette séquence du clip)

N : Oui, et puis c’était plus mignon en plus, mais c’était moins visuel donc on a essayé de le mettre dans la paume de la main ! (rires) Tu avais aussi raconté que « Sans Contrefaçon », tu avais déjà fait le côté garçon en mettant un mouchoir dans ton pantalon.

MF : Oui, je n’essaye pas de fabriquer des anecdotes.

N : Mais on va finir par trop bien te connaître, j’allais dire, entre les paroles de chansons et les clips !

MF : Finalement, oui.

N : Pour quelqu’un qui veut préserver sa vie privée…

MF : Je vais peut-être arrêter !

N : De chanter ?

MF : Peut-être ! (sourire)

N : Oh, dis pas ça, tu nous fais du mal ! (rires de Mylène) La déclinaison généralement de ce genre de clips, c’est d’aller un tout petit peu plus loin sur scène. Ca, c’est quelque chose qui a intéressé Thierry Mutin, qui te pose une question.

1989-02-fDiffusion d’une vidéo où Thierry Mutin, chanteur des années 80, s’adresse à Mylène.

Thierry Mutin : Bonjour Mylène. Pour moi, l’univers de tes clips est indissociable de ton image et j’aimerais savoir comment tu vas concilier tes clips et tes chansons sur scène.

N : Ha oui, le décor, l’ambiance…

MF : Je ne sais pas si je vais répondre à cette question, dans la mesure où je ne dévoilerai rien de cette scène. Je peux dire que cette scène sera le reflet certainement de mon univers et celui de Laurent Boutonnat.

N : D’accord. Un tout petit peu XVIIIème siècle sur les bords ?

MF : Non, du tout.

N : Du tout ! (ironiquement) Beaucoup de chevaux… (rires)

MF : (sur le même ton) Beaucoup de chevaux, de femmes nues, on l’a déjà dit ! (sourire)

N : …de femmes nues, du sang, voilà, bref ! Allez-y et emmenez une blouse parce que peut-être qu’il va se passer des choses ! (rires) Tom Waits (acteur et chanteur américain souvent présenté comme maniacodépressif, nda) : alors là c’est, encore une fois, comme Baudelaire, comme Edgar Poe qui était quand même un alcoolique, faut bien le préciser, Tom Waits c’est aussi l’image… Tu es attirée par l’alcool ? Tu es attirée par…?

MF : Je suis séduite par les hommes qui boivent, oui.

N : (interloqué) C’est vrai ?!

MF : Oui, c’est vrai.

N : Bon, ben j’ai aucune chance, écoute ! Alors, le « Downtown Train » (chanson de Tom Waits extraite de son album « Rain Dogs » sorti en août 1985, nda), c’est une ambiance de piano-bar que tu aimes retrouver ?

MF : Moi je connais très, très peu Tom Waits, c’est vrai. Je l’ai découvert au travers d’un clip qu’avait réalisé heu…aidez-moi ! Une photographe… (elle cherche)

N : Une photographe… Bettina Rheims ?

MF : Non, pas Bettina Rheims. Oh, c’est dommage on oublie les noms, c’est terrible…

N : Bon, on va le retrouver pendant le clip, en tout cas !

MF : Je vais réfléchir, oui. Et y a une ambiance qui est assez belle dans ses clips. Et puis il a une très, très belle voix.

Diffusion du clip de Tom Waits

N : (après la diffusion du clip, il se tourne vers Mylène) Tu as retrouvé la photographe ?

MF : Oui, qu’elle me pardonne : c’est Dominique Isserman, qui a beaucoup de talent (elle signera une séance photo avec Mylène pour l’album « Avant que l’Ombre…» en 2005, nda)

N : Je suis sûr qu’elle te pardonne ! (…)

Lancement d’une page de publicité, puis retour plateau.

N : Mylène Farmer, qui prépare ardemment sa scène. Ca veut dire quoi, préparer ardemment la scène ?

Répétitions, musiciens, déjà ?

MF : Pas encore, non.

N : Non ?

MF : Je vais le faire dès début avril. Mais quand même répétitions puisque je réalise les chorégraphies sur la scène. J’ai une jeune fille (Sophie Tellier, nda) qui les apprend pour pouvoir les inculquer aux autres danseurs.

N : Ha d’accord, donc en fait tu apprends à une personne qui après apprend aux autres ?

MF : Oui, parce que pendant ce temps-là, moi je répéterai avec les musiciens.

N : D’accord, donc puisqu’il faut analyser, je commence à comprendre comment il faut faire, donc il faut comprendre qu’il va y avoir des danseuses. Plusieurs danseuses, si y en avait qu’une ou deux, elle aurait appris aux deux en même temps. Non, y aura beaucoup de danseuses. On va y arriver à commencer à savoir quelque chose…

MF : Vous oubliez les danseurs !

N : Les danseurs ? Oui, pardon ! Danseurs qui seront peut-être choristes, aussi de temps en temps, à la fois.

MF : Je ne pense pas, non…

N : Elle ne pense pas. Vous voyez qu’on arrive à avoir des petits renseignements ! Bon, et la mise en forme aussi, parce qu’on a vu aussi plein de reportages chez nos confrères de Télé 7 Jours comme quoi tu courrais avec Rambo (surnom de son coach, Hervé Lewis, nda).

MF : Je n’en ai fait qu’un !

N : De reportage ?

MF : Oui (cf. Télé 7 Jours, 10.12.1988). J’ai effectivement un entraîneur qui s’entraîne avec moi –qui m’entraîne, plutôt- et qui m’apprend à courir, ce qui n’est pas une mince affaire !

N : Ca s’apprend, de courir ?

MF : Oh oui, c’est très difficile de courir bien, oui.

N : C’est pour quoi ? Pour la respiration ?

MF : C’est pour le…aidez-moi…pour la mise en forme…

N : Le souffle ?

MF : …c’est pour le souffle, c’est pour une mise en conditions, tout simplement.

N : Il parait que le plus dur, c’était d’arrêter de fumer. C’est vrai ?

MF : C’est vrai. D’arrêter de boire, aussi !

N : Ha oui ? Enfin, de l’alcool ?

MF : Non, du Coca Cola !

N : (…) Tu as arrêté de boire, plus de sucreries, plus rien ?

MF : Non. De moins en moins, en tout cas.

N : Et tu te présentes pour être Miss France bientôt, avec une forme comme ça ?

MF : Si vous êtes mon cavalier : peut-être !

N : Le cavalier ? Oh, je préférerais faire le cheval, soyons fous ! (rires de Mylène) Alors, voici Daniel Darc avec « La Ville ». Je sais que tu adores Daniel depuis Taxi Girl, tu te sens fan ? Pardon : vous vous sentez fan ?

MF : Fan n’est peut-être pas le mot approprié, j’aime beaucoup…

N : ‘Femme’, peut-être alors, non ?

MF : Non plus ! J’aime beaucoup son univers, j’aime beaucoup cette chanson et…que pourrais-je faire comme relation ? J’ai vu « Birdy » récemment (film de Alan Parker où un homme perturbé par son engagement dans la guerre du Vietnam se prend pour un oiseau, nda) et je trouve que ce pourrait être le personnage de « Birdy », voilà, qui veut voler et qui n’y arrive pas.

Diffusion du clip « La Ville » de Daniel Darc.

N : (…) Mylène, que va-t-il se passer dans les quelques jours qui vont précéder la tournée ? C’est-à-dire une fois que tout sera prêt, est-ce que tu vas te ‘concencrer’ (il bafouille) te concentrer ? ‘Consencrer’, aussi on peut !

MF : Choisissez ! (rires)

N : Je sais pas, ‘concentrer’ je préfère !

MF : …me concentrer…

N : (il reprend) …faire du yoga, te retirer, rester seule dans un coin, enfin je sais pas : qu’est-ce qui se passe, généralement ?

MF : Non…Je ne prépare jamais à l’avance, donc je ne sais pas.

N : Tu sais pas ?

MF : Non. Probablement je continuerai de m’entraîner et puis…et puis, je n’en sais rien.

N : Bon. Cette timidité médiatique, elle existe aussi dans la vie privée ?

MF : Avec mes très proches, non, parce que nous avons enlevé le masque, très certainement.

N : Et la main aussi ? (cette remarque de Nagui vient du fait qu’en répondant Mylène repose sa tête sur sa main)

MF : La main reste toujours, d’ailleurs elle est fixée ! (Mylène fait mine de ne pouvoir décoller sa main de son visage)

N : (…) Pour parler quelques petites secondes de Laurent Boutonnat, parce que c’est quand même la personne qui se cache derrière Mylène Farmer et qui fait plein de trucs : qui fait les musiques, qui fait les clips… Comment on peut le présenter au public, aux téléspectateurs ? Qu’est-ce qu’on peut dire de lui ?

MF : Oh, c’est un homme qui a un physique romantique, c’est un homme qui a ses névroses, qui a, je crois, beaucoup de talent et qui aime particulièrement la musique et le cinéma, je crois, et qui aurait envie et qui va réaliser un premier long-métrage.

N : Avec Mylène Farmer dans le premier rôle ?

MF : Je ne sais pas. (grand sourire)

Nagui revient ensuite sur le concours annoncé en début d’émission et annonce aux téléspectateurs la question : quel artiste Mylène a-t-elle associé dans ses goûts musicaux avec Jacques Brel plus tôt dans l’émission ? On revoit les cadeaux à l’écran et les dates de la tournée défilent à nouveau.

N : Y a plein de concerts, c’est la folie ! Y a combien de jours ou de mois de tournée ? Ca commence en mai, ça finit en décembre ?

MF : Non, ça commence…La salle parisienne (le Palais des Sports, nda), c’est en mai et la tournée en province commence en septembre, octobre, novembre et décembre, ce que vous disiez.

N : A Paris, oui, je peux le redire : décembre, le 8 et le 9, donc au palais Omnisports de Bercy (il s’agit en réalité des 7 et 8 Décembre, comme l’indique le bandeau défilant sur l’écran, nda). Le 12 Décembre, vous serez en concert, vous, Mylène Farmer ?

MF : (regard perdu) Je ne sais plus… (Mylène semble ne pas comprendre le sens de la question, et pour cause puisque Nagui fait erreur)

N : Le 12 décembre, c’est votre anniversaire, faut savoir ! (Nagui se trompe effectivement sur la date d’anniversaire de Mylène, nda) Les anniversaires, ça se fête ! Bon, tant pis !

MF : Oui, je ne comprends pas. C’est difficile de vous suivre !

1989-02-cN : Pas du tout ! C’est moi qui suis peut-être un tout petit peu fouillis ! Un petit commentaire sur Kate Bush, puisque c’est le dernier clip que nous allons voir ? C’est la version anglaise de Mylène Farmer ?

MF : Non, ne dites pas ça ! Non… C’est une chanteuse merveilleuse, elle est douée pour tout : pour la composition, l’écriture, le cinéma…

N : Oui, c’est ce que je voulais dire !

MF : Non, je ne fais sincèrement aucune relation.

N : Bon. Et y a eu déjà beaucoup de propositions, de scénarii pour Mylène Farmer ?

MF : Y en a eu quelques-uns, oui.

N : Qui n’ont pas reçu une réponse positive pour l’instant ?

MF : Non, parce que pour l’instant j’exerce ce métier que j’aime, qui est la chanson.

N : Oui. C’est vrai que si jamais vous ne faites pas de cinéma, ça serait cata pour vous ?

MF : Oui. Oui, oui. Sans parler de reconversion, je crois que ça serait une prolongation, une continuité. En tout cas, quelque chose d’essentiel pour moi.

N : OK. Merci, Mylène. ‘Vous’ avez été très sympa, ‘tu’ reviens quand tu veux !

MF : Je reviendrai ! Merci Nagui. (l’émission ne perdurant pas, Mylène ne pût honorer sa promesse, nda)

N : A bientôt. (Il annonce ensuite les prochains invités de l’émission, au nombre desquels figure Alain Souchon) T’aimes bien Alain Souchon ?

MF : Oui, j’aime bien Alain Souchon.

L’émission se finit sur un clip de Kate Bush.

 

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