• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 9 octobre 2014

Poupée de cire, poupée de sons par Mylène

Posté par francesca7 le 9 octobre 2014

 

LIBÉRATION – 7 NOVEMBRE 1995

Entretien avec Laurent RIGOULET

A propos de sa fuite de Paris, quelques mois plus tôt :

1995-06-a- J’ai envie de voyager. Je n’ai pas de réponses sur l’avenir. J’avais envie de voir la lumière. Paris, c’était le noir. Je n’exclus pas l’idée que je suis partie pour me reconstruire.

A propos de ses deux singes capucins, E.T. & Léon :

- Il n’en reste plus qu’un, E.T., une femelle. Un vrai caractère, susceptible, attentif…

A propos de l’échec de « Giorgino », un an auparavant :

- Une sanction inhumaine. Plusieurs années difficiles à surmonter, et tout se volatilise en deux jours. Je l’ai admis – disons que je l’ai toléré. Mais mon envie de partir était liée à cette période.

A propos de son enfance et de son adolescence :

- J’ai tout oublié, hormis la neige. On m’a dit que j’en mangeais beaucoup ! Je m’ennuyais, j’étais solitaire.

J’écoutais Genesis, les Doors, les Eagles, Bob Marley, Gainsbourg, Barbara, Dutronc…

A propos de ses velléités d’actrice :

- Du jour où j’ai quitté l’école, j’ai décidé que je voulais être actrice. Je ressentais déjà cette envie d’être en pleine lumière et de ne pas m’y exposer en même temps. Jouer me procurait du plaisir et un vrai déplaisir.

Etrange…Je n’ai pas insisté.

A propos de ce qui lui a plu chez Laurent Boutonnat :

- Son physique de romantique, ses yeux bleus, très pâles, son côté secret. Il parle peu, comme moi…

A propos de son rapport à l’image :

- J’ai toujours aimé l’idée d’exister dans le regard de l’autre.

A propos de ses goûts littéraires :

- Je m’intéresse à Sade, à Henry James, aux romans russes, aux symbolistes. La poésie m’a enflammée : des gens avec qui je pouvais dialoguer en silence…

A propos de l’implication de Laurent Boutonnat dans son imagerie :

- C’est un peu des deux : moi en libertine, c’était lui ; « Sans Contrefaçon », c’était moi. J’avais mis un mouchoir dans mon pantalon à la maison, pour voir. J’aime me travestir. On m’a longtemps appelée ‘mon petit garçon’ !

A propos de l’état d’esprit dans lequel elle est sortie du tournage de « Giorgino » :

- Ce serait mentir de dire que j’étais heureuse…

A propos de sa nouvelle philosophie de vie :

- Je me sens mieux depuis que j’ai compris qu’il y avait une vie après la mort. Et j’ai une force en moi : je peux tomber très bas, me laisser descendre, mais je repars toujours. Je m’interdis de sombrer totalement.

Publié dans Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

CARAMBA – Mylène Présentée par Monsieur X

Posté par francesca7 le 9 octobre 2014

 

1990 – Télévision suédoise

tv-02-cAprès un court extrait du clip « Pourvu qu’elles soient Douces », on découvre Mylène Farmer assise face au présentateur de l’émission, vêtue d’un pull crème à col roulé recouvert d’une veste bordeaux.

Le présentateur s’adresse à elle dans un français très correct, et ses questions ainsi que les réponses de Mylène sont sous-titrées en suédois.

Monsieur X : Je suis très fier et enchanté, après ça, presque un peu terrifié de voir une des meilleures artistes françaises aujourd’hui chez nous. Bienvenue à Caramba, Mylène Farmer.

Mylene Farmer : Merci ! (sourire)

Mr X : Mylène, tes vidéo-clips sont comme des vrais films et tu agis comme une grande vedette, comme une Garbo ou Dietrich d’aujourd’hui, n’est-ce pas ?

MF : (elle écarquille les yeux en souriant) Que puis-je dire à ça ?! C’est un compliment, j’aime beaucoup Greta Garbo. Je ne sais pas que répondre ! (elle hausse les épaules, toujours en souriant)

Mr X : Mais Mylène, à propos de notre programme d’aujourd’hui, on ne pourrait pas dire que tu es très diplomatique. Tu aimes la provocation, n’est-ce pas ?

MF : Je crois que ça fait partie de la vie, tout simplement, de même que la violence des clips dont vous parliez. Ca fait partie de la vie, en tout cas de ma vie.

Mr X : Pourquoi la violence ?

MF : La violence, il faudrait la remettre aussi dans son contexte : là, ça se passe au XVIIIème siècle, c’est le libertinage, ce sont les duels, ce sont autant de choses qui sont violentes. C’est vrai que la neutralité, c’est quelque chose que je n’aime pas. J’aime bien les choses excessives.

Mr X : Mais Mylène, tu joues avec les frontières sexuelles. Dans tes chansons et tes clips, tu touches avec plaisir l’interdit. Pourquoi ?

MF : Parce que j’ai décidé probablement de ne pas avoir de tabous, que ce soit dans les textes des chansons ou dans la vie en général. Je crois qu’on peut tout aborder du moment qu’il n’y a pas de vulgarité.

Mr X : Les femmes, dans tes chansons, sont presque toujours très faibles, même maltraitées et torturées.

Quelle est la raison ?

MF : Je ne sais pas si ce sont les femmes…Si j’avais été un homme, j’aurais écrit les mêmes choses. Je ne suis pas sûre que le mot ‘faible’ soit tout à fait justifié dans ce contexte. Je crois que ce sont plus des âmes torturées, ça, oui. Mais faiblesse, non, parce qu’il y a toujours une notion de force, sinon je ne serais, ou la personne que je chante ne serait plus là !

Mr X : Mais dans tout ce que tu fais, il y a une certaine folie, n’est-ce pas ?

MF : Oui, j’aime bien cette notion de folie aussi. Je crois que c’est toujours pareil : pour avoir un sens à sa vie, et puis un sel de la vie, je crois qu’il faut un peu de folie.

Mr X : Ton image est couverte de la mystique (sic), je crois. Tu ne veux pas être trop connue de ton public ?

MF : Non. A ceci, je réponds souvent que je préfère voir la nature de mes sentiments dans mes chansons que dans des interviews. C’est vrai que j’ai du mal à aborder les interviews, j’aime pas beaucoup parler de moi…

tv-02-aMr X : Tu détestes nos questions ?!

MF : Je crois que je déteste… (elle sourit, gênée) Mais bon, c’est parce que ça m’est difficile, tout simplement.

Mr X : Merci, Mylène. Et maintenant, retournons à ton monde de fées. Merci.

MF : Merci beaucoup ! (large sourire)

Après un nouvel extrait du clip « Pourvu qu’elles soient Douces », une séquence est diffusée où sur le plateau de l’émission, Mylène interprète « Ainsi Soit Je… » (dans sa version edit) dans la grande robe verte en velours qu’elle a porté pour plusieurs des prestations télévisées en France deux ans plus tôt, à la différence près que ses cheveux sont relevés en un chignon serré, alors qu’elle portait toujours les cheveux lâchés avec cette tenue 

Publié dans Mylène 1989 - 1990, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

CONFÉRENCE DE PRESSE POUR MYLENE

Posté par francesca7 le 9 octobre 2014

 

16 DÉCEMBRE 2004

2004-01-aSi Mylène Farmer a déjà fait des rencontres avec la presse, c’est la première fois qu’elle se prête au jeu de la conférence de presse organisée de façon solennelle. Cette première dans sa carrière prend place au Salon France Amériques, non loin des Champs Elysées, à Paris. La chanteuse, alors totalement absente des médias depuis plus de deux ans, vient y annoncer officiellement son retour sur scène et son prochain album.

Une petite cinquantaine de journalistes est présente. Ils représentent l’ensemble des médias (presse, radio, tv) français, belges et suisses.

Dans le grand salon où se tient la rencontre, éclairé d’une multitude de bougies, prend place une imposante table rectangulaire noire très design avec deux pieds triangulaires posée sur une petite estrade et en fond, un immense triptyque au même motif que celui qui illustrera l’enveloppe promotionnelle du single « Fuck Them All » quelques mois plus tard.

Avec un quart d’heure de retard sur l’horaire annoncé (18h30), Thierry Suc, manager et producteur des spectacles de Mylène Farmer, pénètre dans la pièce et prend la parole face aux journalistes.

Thierry Suc : (…) Le 8 mars 2000, il y a bientôt cinq ans, Mylène Farmer donnait le dernier concert de sa tournée « Mylenium Tour », à Saint-Pétersbourg, en Russie, devant quinze mille spectateurs, et cette tournée, qui a fait à peu près quarante-trois villes, a réuni environ quatre cent mille personnes. Depuis, il n’y a pas eu d’autres concerts. Et je suis là pour vous annoncer qu’elle reviendra sur scène le vendredi 13 janvier 2006 pour treize concerts à Bercy uniquement. Les spectacles précédents, Mylène a toujours souhaité présenter le même spectacle à Paris et en province par respect pour son public, bien évidemment. Là, nous allons concevoir un spectacle qui sera intransportable : l’infrastructure technique ne permettra pas d’aller en province donc ce sera un spectacle unique -j’espère dans tous les sens du terme- et intransportable, comme je vous l’ai déjà dit. On a travaillé depuis quelques temps sur l’organisation de packages de facilités , on va dire, pour les gens de province qui vont venir-je crois qu’il y a pas mal de personnes de province qui sont là.

Donc de toutes les grandes villes de province, il y aura une possibilité d’avoir des tarifs préférentiels avec Air France, on a réservé pas mal de chambres d’hôtel avec des tarifs aussi négociés, et les vendredis et samedis, il y aura une possibilité accrue de disponibilité de places pour les gens de province, de Belgique et de Suisse. Il y aura également des bus qui vont être organisés par les autocaristes pour toutes les villes qui ne sont pas trop loin de Paris qui permettront aux gens de venir et de pouvoir rentrer après sans rester dormir à l’hôtel. Qu’est-ce que je peux vous dire d’autre ? Voilà… Pour vous présenter le schéma de cette production : vendredi 13 janvier 2006, treize concerts. Et je pense que maintenant, on va accueillir Mylène Farmer et Laurent Boutonnat pour parler avec de ce spectacle.

Une porte s’ouvre sur la droite de la scène. Le duo fait son entrée dans un silence étonnant. Pas un bruit, pas un applaudissement. Mylène s’installe au centre, son manager est à sa droite et Laurent à sa gauche. La chanteuse porte des cuissardes noires laissant dépasser des bas blancs, une minijupe blanche, une veste écrue avec des fleurs bleues brodées et un bustier blanc. Elle arbore son éternel chignon roux. Sourire aux lèvres, Mylène est radieuse, mais visiblement intimidée. Laurent, lui, mâchouille un chewing-gum. C’est la première fois qu’il fait face aux journalistes depuis dix ans ! Habillé en noir des pieds à la tête, il a toujours les cheveux en bataille.

Tout le monde est installé ; la première question arrive timidement. Suivant la tradition, les journalistes se lèvent, prennent le micro qui circule à travers la salle et se présentent avant de poser leur question (quelques journalistes cependant omettent de se présenter !)

Yves (« La dernière heure », quotidien belge) : On a déjà annoncé que c’était votre concert d’adieu…

Mylène Farmer : Vous m’annoncez quelque chose que j’ignore. Ce n’est pas mon concert d’adieu. Non, non, je souhaite faire ce métier le plus longtemps possible !

Michel Troadec (« Ouest France ») : Juste une question facile : c’est la symbolique des treize concerts un vendredi 13. Comment est venue l’idée ?

MF : Ecoutez, c’est vraiment un pur hasard. J’avoue qu’on s’amuse de cette idée en tout cas ! (rires) C’est un pur hasard.

TS : Vous savez – juste pour la petite histoire – c’est un vrai hasard parce que Bercy est peu disponible en fait pour les spectacles -c’est une salle de sport avant tou t- et lorsqu’on a téléphoné pour dire qu’on préparait ce spectacle, il y avait une possibilité à partir du vendredi 13 janvier, et il y avait treize soirées de disponibles. Et je peux vous dire que si vous additionnez vendredi 13 janvier, si vous faites 13 janvier 2006 (13 + 01 + 2006, nda), ça fait treize !

MT : Pour continuer, si c’est un spectacle intransportable, ça veut dire que vous avez prévu des choses un peu particulières, en tout cas des choses assez énormes. Est-ce qu’on peut en savoir déjà ?

MF : Vous savez, ça fait pour l’instant à peu près six mois qu’on travaille sur le spectacle, avec quelques idées. Vous dire que ce sera magique, je l’espère ; que ce sera émouvant, je le souhaite. Ma foi, après, il faut continuer pour nous de travailler tous les trois ! (rires) Si monsieur Boutonnat veut ajouter quelque chose…

Laurent Boutonnat : Par rapport au fait que ce soit intransportable, l’idée en fait, c’est d’utiliser toute la salle de Bercy, qui est une salle assez incroyable, de pouvoir l’utiliser complètement. C’est-à-dire de se dire que, tout d’un coup, on n’a pas besoin de restreindre la scène, etc. On peut tout faire ! Avoir plusieurs scènes, maquiller toute la salle, mettre du son partout, mettre des caissons de basse sous tous les gradins. Par exemple, au niveau du son, essayer de mettre du son de façon à ce que tous les gens, où qu’ils soient dans la salle, aient la même direction sonore, c’est-à-dire qu’il n’y ait pas de direction sonore face à une scène.

Donc on essaie plein de choses, on va essayer plein de choses pour ça. Voilà. Plus des tas d’éléments qui font que ce spectacle ne peut pas être transporté.

Daniel Beaucourt (« Télépoche ») : Je voulais vous demander : la stratégie du silence, enfin ce qu’on a qualifié de stratégie du silence, vous a plutôt réussi ces dernières années. Pourquoi vous la brisez aujourd’hui puisque la conférence de presse, c’est pas un exercice auquel vous êtes rompue, je crois, en tout cas pas en France…

MF : Non. Et je suis très intimidée ! (sourire)

DB : Pourquoi vous avez décidé de vous adresser aux médias, cette fois-ci ?

MF : Ecoutez, je l’ai fait vraiment pour une raison : c’est pour répondre à une demande de Thierry Suc qui est mon ami, mon manager et producteur de spectacles, parce que je pense que parfois il faut savoir être quelqu’un d’autre que soi-même. Ma nature profonde est le silence et, peut-être, le mystère. Je ne cultive pas le mystère, contrairement à tout ce qu’on peut dire sur moi. C’est ma nature profonde. J’ai beaucoup de mal à parler de moi-même, j’ai beaucoup de mal à me justifier. Maintenant, je pense qu’il était là important de répondre à cette demande.

Sonia (NRJ) : Est-ce que vous pouvez nous parler du contenu du spectacle ? Nouvel album, pas nouvel album ? Nouvelles chansons sur scène ?

MF : Oui, j’ai un nouvel album qui sortira, je pense, mi-mars. Nous sommes en quasi finalité de cet album, en mixage donc. Vous dire qu’il existera sur scène, certainement, dans sa majorité, et puis bien sûr d’autres chansons d’autres albums. Quant au contenu de la scène, là, j’avoue que je ne peux pas répondre précisément parce que c’est en cours d’élaboration ! (rires)

S : L’atmosphère des chansons, peut-être ?

MF : Ecoutez, l’atmosphère…En terme de production, peut-être qu’il y a un petit changement. Moi, je reste la même donc la même atmosphère…

LB : Vous savez, c’est difficile de répondre précisément sur des choses qu’on fait soi-même, d’avoir du recul dessus, sur ‘Est-ce qu’il y a des choses qui changent ?’, ‘Est-ce que c’est différent ?’. C’est toujours très difficile, ça…

Franck Besnier (« Egéries ») : Je voulais savoir s’il était envisageable d’aller au-delà de ces treize dates que vous avez d’ores et déjà prévues, ou est-ce que c’est treize dates quoiqu’il en soit ?

MF : Là, je pense que c’est plus Thierry Suc qui pourra vous répondre, mais je crois…

TS : (la coupant) Pour l’instant, c’est vraiment treize dates parce que les disponibilités de Bercy ne permettent pas de faire autrement, donc les choses peuvent évoluer encore avec le temps, mais aujourd’hui c’est treize concerts.

X : C’est un énorme travail pour treize représentations. Je voulais vous demander si ce travail de production est un travail que vous adorez, que vous attendez avec impatience, dans lequel vous prenez votre pied…

MF : Mon pied ? Probablement ! (rires) Vous savez, la production d’un spectacle… Le travail… J’aime le travail, j’aime travailler. Ça donne un sens à ma vie. Et la seule chose qui me guide, c’est l’envie d’être sur scène et partager la scène avec le public, donc quel que soit le travail, peu m’importe. Mais c’est beaucoup de travail, en effet !

X : Justement, pour seulement treize fois sur scène !

MF : C’est vrai. C’est aussi une frustration, croyez-moi ! Mais c’est mon choix, donc j’assume ce choix-là. Et puis je sais que je remonterai sur scène dans le futur donc je sais que je retrouverai et la province, et… voilà.

Antoine Menuisier (« Le matin », quotidien suisse) : Est-ce qu’il y aura un DVD du spectacle ?

MF : Oui, bien sûr. Comme pour tous mes spectaclesAM : Et ensuite, à votre avis, la province ce sera pour quand, la province ?

MF : La province ? Mais la province ne peut pas être visitée justement pour toutes ces raisons, parce que nous ne pourrons pas transporter ce spectacle en province. Mais sachez quand même que sur les trois scènes précédentes que j’ai faites, nous avons, et c’était vraiment très important pour aussi le respect du public, et avant tout pour le respect du public, que de transporter le même spectacle à Paris et en province.

Or là, c’est vrai que c’est une décision : parce qu’il n’est pas transportable, je ne peux pas voyager.

LB : Donc l’idée, c’est que les gens viennent la voir.

MF : Voilà. Très humblement, je vais demander aux gens de venir à moi !

TS : D’habiter Bercy complètement, de pouvoir faire des choses dans Bercy qu’on ne peut pas faire lorsqu’on s’installe quatre soirs, cinq soirs ou six soirs.

Virgine Carton (« La voix du Nord ») : Vous avez évoqué quelques éléments du spectacle. Est-ce qu’il y aura aussi des chorégraphies, est-ce que vous savez à peu près combien vous serez sur scène ?

2004-01-bMF : Il y aura des chorégraphies, il y aura des danseurs, il y aura bien sûr des musiciens (rires). Ma foi, combien serons-nous sur scène ? Je ne sais pas actuellement. Peut-être Thierry…

TS : Non, pour l’instant c’est vraiment la phase où les castings vont commencer, etc. C’est un tout petit peu tôt. On a commencé… Pour pouvoir mettre les spectacles en vente -ils vont être en vente à partir de demain matin- il y a un site également qui vient d’être créé qui sera opérationnel demain matin avec la possibilité pour tous les gens de province d’accéder donc à ces fameux packages dont je parlais, pour ceux qui voudront.

Pour pouvoir mettre en vente, on a dû donc avoir un dessin des scènes pour savoir un petit peu où on allait, pour savoir quel serait l’angle de vision à tel endroit ou à tel endroit puisqu’on n’a pas du tout envie d’avoir des gens qui se retrouveraient derrière la scène, contrairement parfois à d’autres spectacles. Donc, c’est la seule chose qu’on sait aujourd’hui, si on a avancé sur l’infrastructure, nous, pour pouvoir dire que les gens placés à tel endroit verront bien, ceux qui sont là, comme ils verront pas, on met pas ces places là en vente, etc.

X : Est-ce que ce sera quelque chose de jamais vu ?

TS : On l’espère !

MF : Ecoutez, ce serait un peu présomptueux de notre part, mais en tout cas le plus magique possible, oui.

LB : Ce qui est bien, c’est qu’on peut tout faire dans un cas comme ça. Alors, le but n’est pas de faire des choses jamais vues -parce qu’il y a des choses, on croit que personne les a jamais vues, et puis on s’aperçoit que…- mais en tout cas, que ce soit surprenant.

Séverine Servat (« Gala ») : Je me demande si c’est pas un peu restrictif de faire ça sur Paris, et quel va être le coût pour les gens qui vont venir vous voir de province ? Je sais que vous avez fan-club très actif, particulièrement fanatique d’ailleurs, mais…

MF : (la coupant) Aimant, peut-être pas fanatique. Je préfère le mot ‘aimant’. (rires)

 

SS : On peut considérer qu’il est très passionnel, votre public, quand même. Mais donc, il va se déplacer pour venir vous voir. Est-ce que ça lui coûte cher ?

MF : Monsieur Thierry Suc ?! (rires)

TS : Alors, les places… Bon je vais vous donner le prix des places. Ça va s’échelonner de cinquante-quatre euros, les moins chères, à cent trente-deux euros, les plus chères, au prix de vente publique. Il y aura des packages, comme je vous l’ai expliqué. Vous pourrez venir de Toulouse ou de Bordeaux, suivant bien évidemment… Chacun pourra choisir. Parce que je crois que ça va être aussi un rendez-vous, peut-être, pour certaines personnes, de dire ‘on vient passer un week-end à Paris’. Il y aura un spectacle, ils auront une nuit d’hôtel, deux nuits d’hôtel. On a des nuits d’hôtels en deux étoiles, trois étoiles…

 

TS : On a fait travailler des gens, des agences de voyage qui ont essayé de négocier dix mille chambres d’hôtel au meilleur tarif possible. On a pris tout ça en amont, on a eu une négociation avec Air France  qui a permis d’obtenir un prix de billet à peu près autour de cent euros d’où que ce soit que les gens viennent, aller-retour, quel que pays d’où ils viennent. Donc, je pense qu’aujourd’hui, bien sûr que c’est de l’argent et on en est très conscients, mais pour moins de trois cents euros, quelqu’un pourra venir voir le spectacle et passer un week-end à Paris, pour un concert le vendredi soir ou le samedi soir, par exemple. Je pense qu’on a essayé vraiment d’obtenir les meilleurs tarifs.

Ça se fait dans plein d’autres villes dans le monde où il y a des villes de spectacles qui attirent les gens qui viennent comme ça régulièrement. Quand il y a un rendezvous lié à un projet artistique, je pense que ça vaut la peine.

Aurélie (M6) : Je voulais savoir pourquoi avoir attendu cinq ans avant de remonter sur scène, et est ce que le public vous a manqué ?

MF : Le public me mange toujours. (elle se reprend aussitôt) C’est un lapsus ! (éclat de rire) Me manque toujours, oui. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Parce que j’ai eu besoin d’abord de faire un nouvel album, que j’attendais aussi que Laurent soit disponible. D’autre part, je veux ces moments rares. Je sais que je suis peu montée sur scène -j’ai trois spectacles à mon actif- pour cette raison, parce que j’ai besoin d’avoir probablement une émotion intacte, que j’ai besoin de ces moments de silence pour pouvoir revenir et, j’espère, donner le maximum, et recevoir aussi.

Eric Jean-Jean (RTL) : Deux questions sur l’album. On sait qu’il arrive en mars : qu’est-ce qu’on peut dire dessus ? Comment il va s’appeler ? Et puis qu’est-ce que Mylène, vous, auteur, vous avez envie de raconter dans ce nouvel album ?

MF : Je vais répondre surtout à la première question. L’album s’intitulera « Avant que l’Ombre… » avec trois petits points derrière. Vous dire qu’il y aura de nombreuses chansons -je pense quatorze titres enregistrés.

Et, pour tenter de répondre à la deuxième question, c’est continuer très égoïstement de parler de moi, de mes ombres, de mes lumières, et puis voilà ! (rires)

EJJ : Vous en êtes où dans l’enregistrement, mixage, production ?

MF : Très, très avancé, là.

LB : Oui, l’album sera probablement terminé à la fin de l’année. Le 31, je crois ! (rires) (cette précision de Laurent Boutonnat est sans doute une ‘private joke’ car effectivement, contractuellement l’album « Avant que l’Ombre… » devait être achevé au 31.12.2004 au plus tard et que Laurent Boutonnat avait pris beaucoup de retard sur la réalisation, nda)

TS : Pas le 13 !

LB : Pas le 13 ! (rires de Mylène) Voilà. Ce sera pratiquement terminé à la fin de l’année.

TS : Et il y aura un premier single fin janvier. Fin janvier. (le premier single, « Fuck Them All », sera finalement mis en radio le 9 février 2005, nda)

X (Pink TV) : Je voulais savoir : pourquoi êtes-vous devenue une idole ou une icône pour la communauté gay qui fait partie de votre public ?

MF : Pourquoi… ? Pardon, je n’ai pas compris…

X : Pourquoi êtes-vous devenue une icône, quelque part, une star pour la communauté gay qui vous soutient, qui est très présente dans votre public ?

MF : Pour la communauté gay, c’est ce que vous avez dit ?

X : Oui.

MF : Pourquoi ? C’est probablement plus à eux de répondre pour moi ! (rires) Si ce n’est que la chose qui me vient à l’esprit, c’est peut-être ont-ils une sensibilité exacerbée, comme la mienne. Et puis, quoiqu’il arrive, ça me réjouit !

David Lelait (« Nous deux ») : J’aimerais vous poser une question. Vous présentez, depuis pas mal d’années déjà, des spectacles très impressionnants, vous êtes une show-woman, et j’aimerais savoir si vous n’avez pas envie, par moments, de présenter un spectacle plus intimiste, pourquoi pas l’Olympia, pourquoi pas une petite salle ? Quelque chose qui soit pas un grand spectacle, mais qui soit simplement un tour de chant. Est-ce que ça vous fait pas envie quelque part ?

MF : Ça peut être envisageable dans l’avenir, mais c’est vrai que j’ai encore envie de grandes salles, d’immensité. Mais pourquoi pas, c’est possible ! Je ne connais pas, en tout cas, cette expérience, mais ce dont je suis sûr, c’est que même si on fait un Bercy ou, j’imagine, un Stade de France pour ceux qui ont envie de le faire, on peut tout à fait créer une intimité dans une immensité. Donc ça ne manque pas, à priori, une petite salle. Peut-être pas au Stade de France, me dit Laurent ! (rires) Je ne sais pas.

LB : Non, mais Bercy est bien pour ça.

MF : Peut-être dans l’avenir. Pourquoi pas.

Stéphane Lecarrié (Radio 6, radio de Calais) : Bon nombre de vos clips sont de véritables productions cinématographiques. Est-ce qu’on peut s’attendre à un concert réalisé dans un univers cinématographique, avec des effets 5.1 – c’est à la mode en ce moment – enfin bref un  environnement cinéma…

MF : (à Laurent) A toi ! (rires)

LB : Le problème du 5.1, c’est que ça demande une direction : c’est-à-dire que si vous envisagez du 5.1, il faudrait que les gens soient face à une scène, avec une direction -(en faisant des gestes avec les mains pour mimer les gens face à la scène) un, deux, trois, quatre, cinq, etc. L’idée, effectivement, de jouer avec ça, mais sans avoir de direction, en ayant, ce que je vous disais tout à l’heure, la même direction, pour, où que soient les gens… Par contre, jouer avec le son, avec les basses, avec les effets, ponctuer peut-être entre des moments ou des chansons avec des effets de lumières et de son, oui, bien sûr. C’est vachement bien, ça !

2004-01-c

TS : Ce qu’on peut dire, c’est que le son va être travaillé avec un jeune ingénieur du son très talentueux, avec lequel on a déjà travaillé, qui s’appelle Stéphane Plisson.

Jean-Louis Gérard (MCM) : C’est aussi une question pour Laurent Boutonnat : quelle est la couleur musicale de l’album ? Qu’est-ce qui vous a inspiré ? Vous étiez revenu avec un single aux sonorités électro, « L’Âme-Stram-Gram »…

LB : (simultanément) Il y a longtemps, alors !

JLG : Qu’en est-il cette fois-ci ?

LB : Oh, c’est difficile ! Je crois qu’il y a beaucoup de… (silence) Oh, c’est très difficile pour moi de répondre !

Je sais qu’on aime beaucoup, Mylène et moi-même, les mélanges. C’est un album où il y a beaucoup de musiciens, un mélange de musiciens, de sons électroniques. Beaucoup d’acoustique, un peu d’électronique. Il y a beaucoup d’instruments acoustiques.

MF : Je vais t’interrompre, mais il y a sans doute, par rapport aux autres albums, beaucoup plus de guitares.

LB : Oui, beaucoup plus d’instruments…acoustiques ! (rires)

Jean-Christophe Federici (« Starclub ») : Je souhaiterais vous poser une question par rapport aux concerts : vous vous déplacez assez souvent en concert, est-ce qu’il y a un performer ou un concert récent qui vous a plus ou moins marqué ? Est-ce que vous avez une référence scénique personnelle qui vous tient à cœur ?

MF : La première, ou le premier groupe qui me vient à l’esprit, c’est U2 qui j’avoue, pour sa musique et pour la performance, la voix et l’âme surtout, m’impressionne énormément. (silence) C’est toujours quand on vous pose la question qu’on a un énorme trou ! (rires)

LB : Contrairement à ce que vous dites, Mylène ne va très, très souvent en concert…

JCF : Je crois que vous êtes allée voir Madonna. Qu’est-ce que vous en avez pensé et est-ce qu’elle vous a inspirée justement, peut-être pour ce spectacle ?

MF : Ecoutez, je trouve que c’est évidemment une personne de grand talent, une grande professionnelle. Si je puis formuler une toute petite critique, je trouve que ça manque un tout petit peu de sentiments, manque d’âme. Maintenant voilà, c’est pas à moi d’en juger. Puisque vous me posez la question donc je… Mais, néanmoins, c’est une personne, évidemment, de grand talent.

Daniel Beaucourt (« Télépoche ») : Contrairement à ce que disait ma collègue, ma consoeur (Séverine Servat de « Gala », nda), vous n’avez pas de fan-club, je crois, en France. Vous n’avez jamais voulu en avoir…

MF : Non, je ne l’ai jamais souhaité.

DB : Toutefois, il y a eu beaucoup de…enfin il y a eu des publications qui, je sais pas, ont vu le jour, peut-être avec votre assentiment ou non. En tout cas je pense que « L’Instant Mag » faisait partie de celles-là…

MF : (le coupant) Qui est de qualité, d’ailleurs.

DB : Que vous évoque justement la fin de ce magazine ? (le vingtième et dernier numéro d’ « Instant Mag » est effectivement paru à l’automne précédent pour faire place à une nouvelle publication, « Mylène Farmer & vous », qui a cessé de paraître en 2007, nda)

MF : La fin. Il y a une fin à tout donc je la prends avec…avec quoi ? Avec sérénité. (petit rire) Et je crois qu’ils ont l’intention de faire, de poursuivre un autre magazine, il me semble.

TS : Ils en démarrent un autre, oui.

MF : Ils en démarrent un autre.

TS : Mais rien n’est initié par Mylène ou par son entourage. Les fans qui décident de créer un fan-club peuvent le faire : on les a toujours laissés complètement libres de le faire. Et ceux qui décident d’arrêter quelque chose sont bien évidemment libres de le faire également. C’est leur choix de faire ou de ne pas faire.

DB : Enfin, je pensais que vous aviez quand même un certain droit de regard sur ces publications…

MF : Non, absolument pas !

TS : Rien du tout. Aucune ligne éditoriale n’est contrôlée, regardée. Ils font ce qu’ils veulent, ils disent ce qu’ils veulent.

Gilles Médioni (« L’Express ») : Je croyais que vous aviez des projets cinéma. Est-ce qu’ils sont mis entre parenthèses à cause de la tournée ?

MF : Ecoutez, moi-même j’ai été assez surprise de beaucoup d’annonces concernant le cinéma ! Pour l’instant, il ne s’agit pas pour moi de faire de cinéma. En revanche, j’aime le cinéma. J’espère un jour faire un autre film, et pourquoi  pas m’essayer à la production. En tout cas, c’est un métier qui me passionne et que je sais très, très, très difficile. Mais c’est un univers qui m’intéresse.

GM : Laurent Boutonnat, vous n’aviez pas un autre projet cinéma, aussi ?

LB : C’est plus qu’un projet ! C’est un film qui est en préparation aujourd’hui et qui se tournera en mars prochain.

GM : On peut savoir le sujet ?

LB : C’est une adaptation, une vraie adaptation d’un roman du XIXe siècle qui s’appelle « Jacquou le Croquant ». Voilà ! (le film sortira en janvier 2007 et rencontrera un certain succès, nda)

X : Pourquoi « Giorgino » n’est-il pas sorti en DVD ? Une question de droits ou une volonté de votre part ?

LB : Non, c’est que… Ça a été une histoire assez difficile à vivre, « Giorgino », vu que ce film n’a pas marché du tout. Et, à l’époque, comme j’étais très, enfin j’ai presque financé moi-même presque 80% de ce film, donc c’était…il a fallu rebondir. Et j’ai pu récupérer, en fait, les droits de ce film, les droits d’exploitation vidéo, etc.

Et, à ce moment-là, vous n’avez qu’une envie, c’est prendre les droits, les mettre dans un tiroir, le fermer et ne plus jamais en entendre parler ! Donc voilà, c’est ce qui s’est passé. C’est aussi simple que ça ! Et peut- être un jour, je le sortirai en DVD, oui. Peut-être après un autre film ou un truc comme ça. Voilà. (un double DVD sortira effectivement en décembre 2007 après une ultime projection sur lles Champs-Élysées, en présence de Laurent Boutonnat face à 200 fans vainqueurs d’un concours, nda)

L’attachée de presse prévient que c’est la dernière question…

Sophie Khairallah (« Too Much ») : Je voulais vous poser deux petites questions, en fait. La première était par rapport à l’album. J’avais entendu parler de collaborations, pour les compositions de musique, avec d’autres artistes…

MF : (immédiatement) Absolument pas, non. Jamais. Jamais envisagé. Donc non ! (petit rire)

SK : D’accord ! Et la deuxième, c’était tout simplement : qu’est-ce que vous pensez de la biographie qui est sortie sur vous de Bernard Violet ? (quelques semaines auparavant, l’auteur polémique a sorti une biographie controversée sur Mylène Farmer dont les médias se sont fait largement l’écho, souvent ironiquement, nda)

MF : Bernard qui ?! (rires) C’était facile ! (rires)

LB : Mais tu l’as lue, non ? (sourire embarrassé de Mylène, rires dans la salle suite à sa répartie)

L’attachée de presse clôt la conférence. Les journalistes applaudissent.

MF : Je vous remercie d’être venus, en tout cas. Merci beaucoup.

Le trio se retire.

 

Publié dans Mylène 2003 - 2004, Mylène dans la PRESSE | Pas de Commentaire »

 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...