LE GUIDE MÉRIDIONAL reçoit Mylène

Posté par francesca7 le 5 octobre 2014

 

5 OCTOBRE 1994 – Entretien avec Franck ESPOSITO

Nb : cet interview est un mélange de l’entretien donné à la presse régionale et celle publiée dans le dossier de presse du film, tous deux consultables en intégralité dans la section Bonus.

giorgi-08-cA propos de son passage de la chanson au cinéma :

- Notre rencontre avec Laurent est née d’un même désir : faire du cinéma. Pourtant, nous avons existé tous les deux grâce à la chanson – un cadeau que l’a vie m’a fait, même si cela n’a pas toujours été facile.

Aujourd’hui, le cinéma est une expérience que je souhaite renouveler, même s’il est difficile de rencontrer une émotion plus forte que celle que l’on ressent sur scène. Sans prétention aucune, je suis venue très naturellement du clip au cinéma. Il y a une ‘frustration d’actrice’ lorsque l’on tourne un clip car on n’y parle pas. Aussi, interpréter à l’écran quelqu’un d’autre, quelqu’un qui n’est pas moi, était très intéressant.

A propos du personnage de Catherine :

- Le sujet de « Giorgino » m’a séduit par son étrangeté et son originalité. Quant au personnage de Catherine, j’ai senti que je pouvais y mettre beaucoup d’émotion. Si Laurent a puisé certaines choses de ma personnalité pour l’écriture du personnage, je ne suis pas Catherine, qui est une femme enfant mystérieuse, différente des autres et qui paiera cette différence. Moi, ce qui m’a émue avant tout, c’est sa fragilité en même temps que son innocence et sa violence intérieure. J’aime son côté émotionnel et déchirant. C’est l’enfant qui est en Catherine avec sa naïveté, sa pureté et sa colère que je retrouve en moi. Une colère rentrée, assez violente, contre l’injustice et surtout la difficulté de vivre. Pour lutter contre cette colère, l’amour est un pansement : le pansement idéal à la colère.

A propos de sa préparation pour le rôle :

- J’ai pu assister ainsi à quelques entretiens entre ce que l’on appelle des malades et leurs docteurs. J’ai écouté, puis regardé la gestuelle particulière de ces personnes très habitées, angoissées et pour la plupart sous médicaments. Vous dire que je m’en suis servie pour Catherine, je ne sais pas vraiment. Auparavant, je m’étais intéressée aux enfants autistes pour essayer de comprendre, de percer les mystères de ce silence et de ce repliement sur soi. J’ai la sensation d’être proche de ces enfants autistes, au comportement tellement intrigant et dont leur retrait du monde est inexplicable. Une communion dans le silence avec ces gens-là me semble plus enrichissante parfois qu’une conversation.

A propos de ses débuts au cinéma :

- J’aurais pu, c’est vrai, débuter au cinéma avec quelqu’un d’autre que Laurent Boutonnat. J’aime d’ailleurs beaucoup de réalisateurs. David Lean est mon préféré. Si « La leçon de piano » est un chef-d’œuvre, les premiers films de Jane Campion sont eux aussi magnifiques. J’adore également Bergman, Oliver Stone et Spielberg bien sûr, à l’exception de « Jurassic Park » qui ne m’a pas beaucoup touchée. Tous leurs films, je vais les voir en salle, car la télévision dénature le cinéma.

A propos de son implication sur le film :

- Je l’ai mal vécue, uniquement à cause de cette sensation d’abandon en ce qui concerne la chanson – un abandon qui dure depuis deux ans – mais à cause aussi de la peur des retrouvailles. Cela dit, les retrouvailles, j’espère que ce sera pour bientôt, jusqu’à ce que le réalisateur délaisse ses caméras pour se remettre à son piano.

A propos de sa conception de son métier :

- J’ai fait peu de disques, peu de scène, et je continuerai dans ce sens-là parce que c’est fondamental pour moi. L’émotion que j’ai rencontrée au travers de la scène est une émotion que je ne pourrai rencontrer éternellement. Aussi, je ferai peut-être encore une scène et puis j’arrêterai. Au cinéma, c’est la même chose : je ne ferai jamais trop de films. Tout cela est conflictuel, ou peut-être est-ce simplement parce que j’ai envie de me préserver. Préserver un sentiment et ne jamais avoir l’impression de tricher. Si j’avais un jour le sentiment de tricher, cela tuerait ma vie d’artiste.

A propos des interviews et des photos :

- Ce n’est pas un plaisir pour moi. (le journaliste lui fait remarquer que l’entretien se déroule bien, nda) Plutôt agréable, en effet ! Mais dire que je fais cela spontanément, détrompez-vous ! La photographie n’est pas non plus un moyen d’expression facile pour moi. Ainsi, lorsque le contrôle de certaines choses m’échappe, je les refuse ! Si des photos sont faites, j’estime avoir le droit de les choisir. Je peux aussi choisir mes photographes. Malgré tout, il y a aussi beaucoup de choses qui se disent sur moi et qui n’existent pas.

giorgi-08-bA propos de Laurent Boutonnat :

- Son univers est un monde troublé, troublant et plein de poésie. Si je suis attirée par les relations et les sentiments difficiles et si j’aime tout ce qui porte au rêve, Laurent et moi sommes instinctivement attirés par les contes cruels, par l’irrationnel et tous deux, nous refusons le monde des adultes. Ses qualités ? Sa démesure, sa maîtrise, sa perception du sentiment et sa facilité à exprimer les troubles que l’on a en soi.

A propos de ses attentes :

- J’espère sincèrement que le film rencontrera un public et que dans un deuxième temps il m’apportera d’autres rôles. Si le film ne marche pas, je le ressentirai comme un échec personnel, même si je n’en suis pas entièrement responsable.

 

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