• Accueil
  • > Archives pour le Mardi 16 septembre 2014

Mylène ou Les confessions d’une enfant du siècle

Posté par francesca7 le 16 septembre 2014

 

LYON MATIN le 11 MAI 1989 -Entretien avec Jocelyne BLANCHARD

1989-08-aQue représente pour vous cette première scène au Palais des Sports ?

- Je sais être attendue au virage. Les gens me pousseraient à placer ma tête sous la guillotine, mais je ne suis pas sûre qu’ils vont me la couper. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas laisser tomber la lame : trois mois pleins de préparation… très physique ! Aller en scène ne s’improvise pas. Il faut se donner tous les moyens de faire quelque chose qui ne donne pas à l’arrivée la moitié d’une chanteuse ou d’un décor.

L’important, de la chorégraphie à la préparation physique, type olympique avec musculation, course à pied et assouplissement, c’est de faire un spectacle que l’on trouve tout à fait naturel aux U.S.A. et complètement anormal en France. Je transporterai le décor parisien en province car il n’est pas question de présenter la moitié de quelque chose.

A l’occasion du tournage de l’un de vos clips dans le Vercors, quel contact avez-vous eu avec Rhône Alpes ?

- Laurent Bat, assistant de Laurent Boutonnat pour mes clips, avait des repérages pour la chanson « Tristana ». Il recherchait des lieux intemporels, des étendues féeriques pour servir de cadre au récit de cette fille au coeur qui a pris froid. Dans le Vercors, nous avons trouvé un endroit désert, magique et superbe.

Nous sommes restés là une semaine avec seulement une voiture à skis, une caravane et des chenilles pour monter le matériel. Et nous nous sommes perdus en fin de tournage ! Si j’en avais eu le temps, je serais bien revenue en hiver. Ou alors cet automne : la tournée me permettra peut-être de retrouver aussi une marraine à Meyzieu !

Qui est M ylène par rapport à Farmer ?

- Il n’y a pas de différence entre Mylène, ma vie intime et Farmer, ma vie professionnelle. On est tous doubles, mais c’est plus violent chez moi, par la confrontation de sentiments et d’états très différents. Tout être a ses paradoxes, les miens sont plus connus. C’est comme une mer qui ne serait jamais calmée. Mais les plus grandes oeuvres se sont faites en état de crise. Combien d’artistes ont créé au moment où ils sont anéantis partout…

A propos d’artistes, de quels créateurs aimeriez-vous être la muse ?

- De Villiers de l’Isle Adam. J’aime son désir d’absolu et son style d’écriture métaphorique. Rilke, quitte à voler son homme à Lou Salomé ! Sans oublier David Lean, Jérôme Bosch, Baudelaire. Comme lui, je pense que le beau est bizarre. Il suscite des sensations indéfinissables, donc étranges. Il peut faire pleurer. Quand j’ai fait « Mon Zénith à Moi », l’émission de Michel Denisot (cf. année 1987, nda), j’ai choqué beaucoup de monde en évoquant une certaine beauté, figée par les images très dures d’évènements tragiques au Mexique.

Votre prédilection pour les XVIIIème et XIXème siècles n’est elle pas un moyen de fuir les réalités présentes ?

- Parlons plutôt de distanciation. Sans penser que j’aurais pu vivre plus heureuse à ces époques-là, j’adore m’y projeter. Pour les costumes et le caractère magique de gens qui ne sont plus de ce monde. Et puis surtout, j’ai découvert aujourd’hui des écrivains que je n’ai pas eu envie de lire à l’école !

L’écriture de vos chansons constitue, dites-vous, une sorte de thérapie…

- L’écriture m’aide à ne pas me taire. Ce qui m’insupporte, c’est que l’on vous demande à l’école de vous taire.

Quand on naît, on crie. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de crier tout le temps ?! Je suis lucide : je n’écris que des chansons, même si pour moi, c’est très sérieux.

Comment peut-on être à la fois populaire et élitiste ?

- On peut franchir la barrière populaire sans se sentir une intellectuelle, mais on aime à séduire d’autres personnes que celles du Top 50 – même si ce public est pour moi le plus direct, le plus sensitif et le plus bouleversant.

1989-08-bL’amour a-t-il une place aussi discrète dans votre vie que dans vos chansons ?

- Ce succès qui a l’air d’être là… Il est vrai que c’est fondamental dans ma vie. L’amour, c’est la plaie ! Je n’arrive pas à en parler en terme de bonheur, de sérénité. Car je suis en quête d’un idéal qui n’existe pas, ce qui ne m’empêche pas de multiplier les moments de bonheur. Comme l’héroïne du film « La fille de Ryan », je cours après des chimères. Mais je ne suis pas complètement pessimiste ! Il est à noter que cet entretien paraîtra en septembre 1989 dans Marie-Claire, avec quelques petits changements de vocabulaire dans certaines questions, avec la mention ‘ Propos recueillis par Diane Charney’…

 

Publié dans Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

TÉLÉ MOUSTIQUE (Belgique) avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 16 septembre 2014

 

12 OCTOBRE 1989 – Mauvais sang – Entretien avec Rudy LEONET

« Je suis à la fin d’un cycle. Il va y avoir des choix à faire, je ne sais pas encore lesquels. Les choses s’imposeront d’elles-mêmes. »

1989-14-aPourquoi êtes-vous si avare d’interviews ? Pourquoi est-ce si difficile de vous rencontrer ?

- Je n’aime pas banaliser les interview s, ni répéter toujours les mêmes choses… Et puis encore et encore parler de moi, ça devient aliénant. Je n’ai pas envie non plus de prolonger les chansons, de m’expliquer, de me justifier…

Je pensais que ça vous était vraiment trop pénible de devoir aborder des sujets intimes face à face avec un étranger dans un système de questions / réponses contre nature…

- … (Son nez se pince et elle secoue la tête pour acquiescer, comme embarrassée d’être prise sur le fait)

Choisir le silence, c’est aussi parfois donner le champ libre aux rumeurs…

- J’y suis vraiment indifférente. Elles sont souvent basées sur du ressentiment et de la mauvaise foi.

Comme la rumeur du play-back pendant les concerts ?

- Bien sûr. Je n’ai jamais accepté de faire une seule émission de télévision en chantant en direct. Sur un plateau de télé, je n’ai aucun contrôle sur le son. Je ne veux pas jouer à la roulette russe avec mes chansons, elles me sont trop importantes. Donc, on a immédiatement conclu que je ne savais pas chanter et que mes concerts seraient en play-back. Ca m’est égal. Je sais d’où vient la rumeur, je sais où je vais et ce qu’en pensent ceux qui viennent me voir. Tant pis pour les autres…

Si la critique ne vous touche pas, êtes-vous émue par les récompenses ? Je me souviens de cette soirée des Victoires de la M usique où vous avez reçu votre trophée en déclarant : ‘Je suis contente et triste’. M ais qu’est-ce qui vous a poussée à dire que vous étiez triste alors qu’on vous récompensait?

- J’ai passé des heures en coulisses pour les répétitions de cette soirée télévisée. Tout le gratin du show – business était là et ces gens m’ont écoeurée. Ils se détestent tous. J’étais triste d’avoir été récompensée et reconnue par ces gens-là. Ce sont les Victoire de l’hypocrisie ! J’ai failli m’enfuir, mais je suis restée pour faire plaisir aux gens qui regardaient l’émission. Ils n’auraient pas compris…

Vous n’avez pas d’amis dans ce métier ?

- J’aime bien Lio et Jean-Jacques Goldman. Mais je les connais assez peu…

C’est si important, pour vous, d’être rousse ?

- (silence) Cela a été important à une époque, mais maintenant, ça l’est moins puisque ça fait partie intégrante de moi. Je ne me défie plus en me regardant Votre date de naissance imaginaire (1985 dans sa biographie officielle) correspond très exactement au moment où vous avez choisi de vous teindre les cheveux…

(double confusion de la part du journaliste, puisque dans la brochure promotionnelle qu’il évoque, 1985 est présenté comme une date de fin de cycle, et le passage au roux date quant à lui d’avril 1986, nda)

- C’est vrai… C’est quelque chose que je devais vomir. J’ai toujours eu ça en moi sans oser l’afficher, cette façon d’être différente…Et en l’incarnant physiquement, je ne pouvais plus reculer. J’ai détruit quelqu’un pour en devenir un autre. C’était difficile, comme un défi aux autres…

« Ainsi soit je, ainsi va ma vie, tant pis… » (sic) ?!

- Oui… (Elle sourit, regarde le sol)

Vous vous souvenez de votre première rencontre avec Laurent Boutonnat ?

- Non.

Vous semblez si catégorique sur l’absence de souvenirs…

- En fait, j’y repense très souvent et je n’arrive pas à me rappeler. Même pas son visage. Je me souviens que quelqu’un était là, mais rien de plus. Ca m’ennuie…

Jusqu’au deuxième single, « On est Tous des Imbéciles », Laurent écrivait les chansons avec Jérôme Dahan, qui a disparu ensuite…

- C’est lui qui est parti. Je pense qu’il s’est senti comme un intrus dans la relation exceptionnelle qui se dessinait entre Laurent et moi…

Relation exceptionnelle ?

- C’est mon jumeau, mon double, mon complément vital. Il comble mes vides… On ne peut pas être doué pour tout. Ensemble, nous complétons deux personnalités pour faire un tout.

« On est Tous des Imbéciles » est un disque hybride : il n’est repris sur aucun album, n’a pas eu droit a une vidéo. Il a été écarté comme une bavure…

- J’aime beaucoup cette chanson, mais elle marquait la fin d’une époque, la fin d’un cycle. Un peu comme aujourd’hui on est à la fin d’un cycle. Il va y avoir des choix à faire, je ne sais pas encore lesquels. Les choses s’imposeront d’elles-mêmes.

C’est la phrase de « A Quoi je Sers… » : ‘A présent, je peux me taire si tout devient dégoût’ ?

- Non, non. C’est un peu léger, comme le clip avec les fantômes qui m’emmènent. C’est une image un peu facile, même si elle contient une partie de vérité.

Et la pochette en noir et blanc comme un faire-part mortuaire, comme des adieux…

- Non, il y aura d’autres disques…Plus tard…Vous aimez cette photo ? C’est Marianne (Rosenstiehl, nda) qui l’a prise dans ma loge au Palais des Sports. Je l’adore.

Y a-t-il un but secret que vous vous êtes fixé depuis le premier jour ?

- Oui, j’ai un but à atteindre…

Très précis ?

- (catégorique) Oui, très précis…

Quand vous vous déshabillez dans un clip, c’est pour répondre à l’attente de qui ?

- Du scénariste, donc de Laurent. S’il pense que c’est utile pour son film, j’ai confiance en lui. Mais aujourd’hui, je sais que c’est fini et qu’on ne le refera plus. dans un miroir..

Quand vous parlez de Laurent Boutonnat, vous citez la confiance, le respect, l’admiration. On n’est pas très loin d’un sentiment amoureux…

- (sourire) Je ne veux pas parler de ma vie privée. Je vous dirai seulement que je ne peux pas la dissocier de ma vie professionnelle.

Vous êtes possessive ? Vous accepteriez qu’il travaille avec quelqu’un d’autre ?

- Je sais qu’il ne le ferait pas. Pour l’instant, il ne pourrait pas trouver ailleurs ce que je peux lui apporter.

L’inverse est vrai aussi…

Toutes vos idoles sont des personnages historiques : Louis II de Bavière, Edgar Allan Poe,

Baudelaire… Rien ne vous rattache vraiment à vos contemporains ?

- Vous savez, je ne suis pas très cultivée. Il y a probablement beaucoup de gens que j’admirerais énormément si je les connaissais. J’ai mes références, celles que j’ai trouvées dans les livres. J’ai lu beaucoup quand j’étais petite. Aujourd’hui, je ne lis presque plus. Je le regrette.

Où en est le projet de long métrage pour le cinéma de Laurent Boutonnat ?

- Il va le faire. On a trouvé l’argent pour le monter. Il commence le tournage après la tournée. (le projet sera reporté jusqu’en 1993, après que le producteur initialement trouvé par Laurent Boutonnat n’ait rien fait pour monter le film, nda)

Il y a un rôle pour vous ?

- Je ne sais pas…Peut-être…

Vous avez envie de tourner dans ce film ?

- Oui…

Laurent vous l’a proposé ?

- (amusée) Oui…

Eh bien, alors ?!

- Bon ! Oui, je jouerai dans le film.

Ca parle de quoi ?

- Il est trop tôt. Je vous le dis, mais vous me promettez de ne pas l’écrire !

C’est juré. Alors ?

- …

1989-09Vous vous êtes bien amusée sur scène, pendant les concerts ? Je veux dire dans le sens purement enfantin du terme…

- Oui, il y a eu de ça. Mais pas que ça. C’est très stimulant. En deux heures, on passe par autant de sentiments différents qu’en dix ans de vie. Je n’étais pas sûre d’aimer ça avant de le faire, c’est pour ça que ce spectacle a été conçu comme le dernier. Je n’étais pas certaine de remonter sur scène après cette première expérience.

Tout dépendra de la tournée : j’ai très peur de me retrouver sur les routes, dans une chambre différente tous les soirs. Je ne sais pas…

En décembre, vous clôturerez la tournée par deux dates exceptionnelles à Bercy. La grandeur de la salle vous fait peur ?

- Oh non ! Pas du tout. J’aurais tremblé à l’Olympia, mais pas à Bercy.

 

Un peu comme la peur du tête-à-tête en interview ?

- Oui, une peur de promiscuité et d’intimité.

Vous êtes heureuse de tout ce qui vous arrive ?

- (soupir) Mary Shelley a dit un jour : ‘Je ne veux pas être de celles que l’on aime, je veux être de celles dont on se souvient’…

M ais pour en arriver là, elle a été obligée de créer un monstre ! (référence au roman « Frankenstein », de Mary Shelley, nda)

- Oui…oui…

 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Mi ange, mi démon ; Mylène et Margot

Posté par francesca7 le 16 septembre 2014

 

TÉLÉ POCHE du 13 MARS 1989 Entretien avec Margot REAL

1989-03-b« Après le Palais des Sports, je crois que je vais changer, m’épanouir, avoir plus confiance en moi. »

A propos de ses nombreux paradoxes, souvent mis en évidence par les médias :

- Paradoxe est un mot que j’aime, qui me va bien. Peut-être une des clés de ma personnalité…

A propos de sa réaction en demie teinte le soir des Victoires de la Musique en novembre 1988 :

- J’ai été blessée, c’est tout. C’est le choix du public qui compte avant tout !

A propos du régime alimentaire auquel elle est contrainte pour préparer son premier spectacle :

- J’ai toujours mangé de façon aberrante ! Bonbons, biscuits… j’ai horreur de me mettre à table ! Je me suis refait une éducation.

A propos de ce futur spectacle et de son ressenti :

- Le compte à rebours a commencé. Cela me remplit d’angoisse et d’exaltation. Ce sera à la fois une mort et une naissance. Je me suis décidée à monter sur scène après la sortie de mon deuxième album.

C’est fabuleux d’imaginer six mille personnes qui se sont déplacées juste pour vous. Je ressens déjà l’émotion puissante, extraordinaire que l’on doit éprouver. En même temps, je perçois un danger : celui engendré par la surenchère du succès. Je veux rester lucide, d’ailleurs je l’ai toujours été. Pour moi, la vie, le travail, c’est quelque chose de sérieux, de dramatique – dans le bon sens du terme -, avec des moments d’une force inouïe.

Après le Palais des Sports, je crois que je vais changer, m’épanouir, avoir plus confiance en moi. J’ai constamment besoin d’être rassurée.

A propos de ses angoisses :

- Je ne suis pas simple, mais je ne suis pas au Top 50 des névrosés !

A propos de sa détermination dans sa carrière :

- Je n’ai jamais été grisée par le succès. Je l’ai voulu. Je savais que je l’obtiendrais. Je crois en ma destinée : ma vie est un divorce énorme avec la normalité. Je savais que la vie ‘comme tout le monde’ n’était pas pour moi.

1989-03-aA propos de son adolescence :

- J’étais passionnée d’équitation et j’ai passionnément détesté l’école, le lycée, l’autorité…Je suis restée deux jours en classe de Terminale et j’ai claqué la porte !

A propos de l’importance de sa carrière dans sa vie personnelle :

- J’ai commencé à exister le jour où je suis devenue chanteuse. Une amitié unique, sans faille, sans usure, me lie depuis à Laurent. Il écrit la musique de mes chansons, certains textes, réalise mes clips…C’est mon alteego. Grâce à mon travail, je me suis construite, cultivée. J’ai fait l’apprentissage de la vie.

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Gentlewoman Farmer

Posté par francesca7 le 16 septembre 2014

 

 

émission 7 À PARIS du 26 MAI 1989 – Entretien avec Jean-Yves KATELIN

1989-09A propos du statut de provocatrice qu’on lui prête :

- Si je suis provocatrice, c’est à la manière d’Oscar Wilde, dans une ambiguïté permanente, à cheval entre le clair et l’obscur. Mon public ne s’y trompe d’ailleurs pas. Comme celui de Tintin, il s’étale de sept à soixante-dix sept ans. Composé d’honorables sexagénaires, de bambins – séduits par les singes captifs qui peuplent mon célibat – et de nombreux homosexuels des deux sexes. Pourquoi ? Probablement parce qu’ils ont une sensibilité d’écorchés vifs…

A propos du show-business :

- Je déteste la vulgarité et la superficialité de ce milieu.

A propos de ses nombreux paradoxes :

- Je n’ose pas sortir dans la rue de peur d’être reconnue. Je déteste le reflet que je contemple. On me dit kamasoutra, je réponds Oscar Wilde. J’aime l’odeur du café, mais en déteste le goût.

On me dit Top 50, je réponds Ionesco, Desproges et Woody Allen !

A propos des tabous qu’elle met en scène :

- Si je fais scandale, c’est simplement que je ne respecte pas les tabous usuels : la mort et heu… le… heu… le sexe ?!

A propos de Baudelaire et du mal de vivre :

- Il faut se détruire pour vivre intensément et souffrir le martyr pour être véritablement artiste. J’aime l’aventure, les extrêmes, le risque physique.

A propos de son idéal masculin :

- Il a 40 ans, le regard d’un enfant – sans l’innocence -, il est fort – mais fragile -, il est triste – mais immature -, lucide et fan de Baudelaire

 

 

 

 

Publié dans Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...