MYLENE FARMER ENTRE Amour et mort

Posté par francesca7 le 23 juillet 2014

 

 

Giorgino8 Eléments très présents dans la filmographie de Boutonnat, on peut dire que la récurrence des deux thèmes de l’amour et de la mort dans la majorité des clips et des longs-métrages du réalisateur souligne une grande volonté de romantisme. Plus que de montrer l’amour différemment que la mort, plutôt que d’opposer les deux, Boutonnat les traite pareillement et les lie à plusieurs reprises. Dans Sans Logique c’est pourtant un couple visiblement amoureux qui se déchirera en s’affrontant dans une feria baroque qui verra le trépas de l’homme.

 

On peut également lire le double emploi de l’amour et de la mort dans la fuite de la fée de Sans Contrefaçon, emmenant sous le bras le pantin pour s’y attacher, lui donner la vie, puis finir par la reprendre. On peut également signaler la mort de Libertine dans le clip éponyme : alors qu’elle fuyait avec son amant, tous deux sont fusillés par la rivale jalouse ; le long plan final du clip représentant les deux amoureux unis, mais dans la mort. Boutonnat a aussi mélangé amour et mort de façon outrancière, non seulement dans l’abusif Ballade de la féconductrice qui avait ouvertement pour seule volonté de choquer, mais dans un clip destiné à une large diffusion télévisée. Les liaisons charnelles de Beyond my control finiront dans un bain de sang, et c’est lors d’un plan mêlant amour et mort que les deux thèmes s’uniront le plus clairement à l’image : un interminable baiser entre les deux amants finira en étreinte cannibale, le sang sortant de la bouche des deux protagonistes et s’étalant sur l’autre partenaire. Regrets en revanche, est un clip au traitement romantique qui rapproche le plus près les deux éléments en employant des images très significatives de cette double thématique : l’amour y est représenté en partie par le petit bouquet de fleurs tenu à la main par le héros, et la mort, omniprésente, est rendue par le lieu du cimetière qui décore tout le clip.

 

balladefeeconductriceaffDès la première critique de Ballade de la féconductrice en 1980 et malgré la vulgarité outrancière du film, on a reconnu à Laurent Boutonnat « un réel et profond romantisme »

 L’impression qui se dégagera plus tard des vingt clips et des trois longs-métrages réalisés par lui ira dans le même sens, avec l’emploi d’une imagerie cohérente qu’il utilise dans des contextes différents selon les histoires racontées. Quatorze ans plus tard, une critique lors de la sortie de Giorgino dépeindra le style de Laurent Boutonnat comme « une sorte de mélancolie dramatique qui donne au monde la couleur de la fatalité ». C’est avant tout l’ensemble de son imagerie romantique qui donne à l’œuvre de Laurent Boutonnat cette espèce de romantisme poétique. Le monde de Laurent Boutonnat ainsi fait, peuplé de hiboux impassibles sous la pleine lune, de neige qui recouvre tout, de personnages solitaires et silencieux, de spleen sans idéaux.

 Mylène est aussi sur  » La Vie Devant Soi « 

 

 EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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