BOUTONNAT et recherche de co-producteurs

Posté par francesca7 le 11 juillet 2014

 

 

Après des négociations avec sa nouvelle maison de disque Polydor et en échange d’une répartition particulière et avantageuse de ses royalties, Laurent Boutonnat se trouve chargé de la production exécutive et de la réalisation des clips relatifs aux chansons qu’il écrit pour la chanteuse Mylène Farmer.

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Lorsqu’en 1985 Polydor décide de sortir en 45 Tours Plus Grandir, il charge Stephan Sperry, producteur de films publicitaires, de produire le clip assez coûteux qu’il a écrit et story-boardé. C’est grâce à cet investissement que Boutonnat peut entre autres tourner sur pellicule en cinémascope, et loue pour l’occasion les studios de Stains où il fait construire un vaste décor représentant une aile de château. Les recettes relatives à la production du clip sont proportionnelles aux ventes du disque ; ce qui pour Plus grandir ne permet pas le remboursement intégral des sommes investies. 

 Pour des sociétés de production publicitaire habituées à un système de paiement relativement fiable et régulier, la production de vidéo-clips ne garantie pas obligatoirement un retour total sur investissement, leur fréquence de diffusion n’étant pas garantie. Economiquement, Laurent Boutonnat fait le pari, en faisant passer ses clips pour des œuvres à visée cinématographique, d’augmenter le nombre de leurs passages télévisés afin de faire croître les droits d’auteur, de compositeur et d’enregistrement qui lui permettront plus tard, de les produire lui-même. Lorsqu’il décide en 1986 avec Polydor de faire du clip Libertine un événement, Boutonnat cherche un producteur pouvant apporter les 46 000 Euros photo estimés que va coûter le film. Alain Grandgérard, patron de Movie-Box apporte cette somme tout en veillant sur le plateau à faire bon usage du budget en question. Les prises de vue en cinq jours de Libertine seront quatorze ans après l’objet d’un reportage télévisé79 où Grandgérard parle entre autres des scènes d’intérieur tournées de nuit afin de maximiser le temps de tournage, du casting amateur fait dans les boites de nuit de la capitale et de la décoration approximative du château de Ferrières pour que le XVIIIe siècle soit rendu le mieux possible à l’image.

Après une avant-première le 18 juin 1986 réservée à la presse, Alain Grandgérard s’occupera avec

Boutonnat des premières organisées au cinéma le Mercury des Champs-Élysées. Le bouche-à oreille fonctionne alors plus que bien, et la recette de cette semaine d’exploitation permet à Movie-Box de couvrir largement la somme mise en jeu pour le clip qui ne s’élevait finalement qu’à 38 000 Euros80. A cela s’ajoute un bénéfice d’image car si Libertine n’était pas le premier clip au monde réalisé sur pellicule 35 mm; ce fut le premier d’après nos recherches à être exploité officiellement en salles de cinéma. Six mois après la sortie du clip Libertine, Laurent Boutonnat réalise Tristana toujours grâce à Movie Box avec le même système de financement et de tournage. L’équipe partira pour l’occasion trois jours dans le Vercors pour tourner les extérieurs sensés représenter la Russie et louera encore les studios de Stains en Seine-Saint Denis pour les plans d’intérieur. Fin 1987, Alain Grandgérard ne suit plus Laurent Boutonnat sur ses projets qui se démarquent du caractère divertissant de leur travail commun. C’est la productrice Claudie Ossard qui produira le clip Sans Contrefaçon, assez loin du simple divertissement apparent auquel consistaient les deux précédents. Loin des duels au pistolet et des histoires d’amour romanesques, Sans Contrefaçon extrapole Pinocchio en le plaçant avec onirisme sur une plage bretonne en hiver. Habituée des projets cinématographiques difficiles,

Claudie Ossard met tous les moyens en œuvre pour faire de Sans Contrefaçon le clip poétique et

particulier que Laurent Boutonnat souhaite voir.

 

EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003 

 

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