FINANCEMENT PARTICULIER DES CHAINES A DOMINANTE MUSICALE

Posté par francesca7 le 9 juillet 2014

 

 

  Habituellement, le coût du vidéo-clip d’une chanson est presque intégralement couvert par la maison du disque assurant la promotion de cette chanson, le reste du budget étant le plus souvent avancé par un sponsor d’une chaîne télévisée.  

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En France, comme à l’étranger, même lorsque de budgets lourds sont en jeu, la maison de disque finance le clip, comme par exemple quelques-uns illustrant les chansons de Michael Jackson (Remember The Time – John Landis 1991, In The Closet – Herb Ritts 1993, Scream – Hipe Williams 1995), connus pour coûter l’équivalent d’une petite production de long-métrage. En France, le coût moyen d’un vidéo-clip jusqu’au milieu des années 90 était d’environ 16 000 Euros. 

Par la suite, cette moyenne a augmenté progressivement, conjointement au développement et la généralisation de l’emploi des effets spéciaux numériques et des tournages en extérieurs. En 2000 le coût moyen d’un clip français était compris entre 30 000 et 183 000 Euros, dont un dixième est souvent apporté par une chaîne de télévision (M6 ou MCM qui assurent un minimum de passages à l’antenne). Les plus grosses diffusions de vidéo-clips dans les années 90 sur la télévision hertzienne sont assurées par la chaîne M6, qui en programme alors toute la matinée, et une bonne partie de l’après-midi. Fortes de cette large diffusion soudaine, les maisons de disque se livrent dès 1992 à une surenchère de moyens pour faire augmenter la présence de leurs passages. Dès 1996, suite à la baisse du nombre des heures de programmes quotidiens consacrés à la musique en général, et aux vidéo-clips en particulier, M6 impose un certain nombre de critères pour que les vidéo-clips puissent passer sur leur antenne. Ainsi, entre 1996 et 2000, la direction des programmes exigeait que chaque vidéo-clip soit tourné sur pellicule 16mm. Exigence qui n’est pas pour rien dans le fait qu’en 2003 la totalité des clips sont tou és en 16mm. Ou super 16 mm.

 

« Dans sa première définition, la sixième chaîne (TV6) était une chaîne

thématique musicale. […] Bizarrement, l’exploitation en fut confiée au groupe

Métropole TV, constitué majoritairement de la Compagnie Luxembourgeoise

de Télévision dont le portefeuille de séries anglophones est le principal atout

contre des projets dont l’industrie musicale était largement présente. […] Au

grand dam des défenseurs de la musique française et de ceux qui estimaient

que la manne publicitaire française avait ses limites, la sixième chaîne est

généraliste, à orientation musicale. »

 

Désormais la chaîne M6 a certaines obligations minimales en matière de production, de diffusion d’œuvres et d’émissions musicales, ce qui fait encore d’elle en 2003 la première chaîne hertzienne dans le financement et l’exposition des vidéo-clips en France. On peut lire dans une partie de son cahier des charges ceci :

- Obligation de diffusion de 40% d’émissions musicales à 50% d’expression française.

- Obligation de diffusion de 25 heures hebdomadaires de musique dont une heure trente en fin d’après-midi.

- Obligation de production de 100 clips français et coproduction de 100 clips français par an.

- Obligation d’ouvrir aux ministères des affaires étrangères son portefeuille de clips musicaux. 

                                                                                                     mylene-farmer-maman-tort_19jpf_ev06q

  Maman à tort en 1984 sera le seul clip de Laurent Boutonnat à avoir être financé par sa maison de disque. Le faible coût de ce vidéo-clip76, même à cette époque, ne permet pas à Laurent Boutonnat de développer le scénario qu’il a écrit. Ce dernier prévoit de tourner dans un hôpital et un château, avec des dizaines de figurants costumés, et nécessite entre autre de larges mouvements de caméra et d’autres préparations qui demandent du temps, donc coûtent beaucoup d’argent : 67 000 Euros au total. La maison de disque RCA, satisfaite du premier clip, refusera à Laurent Boutonnat d’en tourner une deuxième version, à moins qu’il trouve d’autres sources de financement. La période de promotion de la chanson Maman à tort qui se termine bientôt pose un réel questionnement quant au bien fondé d’une telle recherche de financements. Boutonnat abandonne rapidement son projet (dont le story-board a pourtant été publié au Matin de Paris) mais retient l’idée de faire produire ses clips par des sociétés extérieures à la maison de disque. 

Pour cela il se tourne vers les sociétés de production publicitaires avec lesquelles il travaillait à l’âge de vingt ans. Boutonnat avait alors réalisé quelques publicités pour des sodas et du Grand Marnier, et films d’entreprise.

 

 EXTRAIT DU LIVRE DE Jodel Saint-Marc  « Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique / aux éditions Sorbonne Nouvelle en août 2003

 

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