Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique

Posté par francesca7 le 30 juin 2014

 

Extrait du livre de Jodel SAINT-MARC

INTRODUCTION

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 Ce que nous appelons aujourd’hui vidéo-clip  est un petit film promotionnel musical destiné à la diffusion télévisée dans les émissions spécialisées afin de promouvoir l’interprète ou le pressage phonographique qui se rapporte à la chanson mise en images. Après le mouvement d’art vidéo des années 70 peu médiatisé et étrangement méconnu, le vidéo-clip peut en être lu comme la suite logique, comme une introduction en forme de divertissement sur le petit écran de travaux comme ceux des Vasulka (Steina et Woody), de Emshwiller aux U.S.A ou de Jean Christophe Averty en France.

Evolution du scopitone de la fin des années soixante-dix le vidéo clip voué aux passages télévisés apparaît tout d’abord en Angleterre en 1981 avec la firme Ultra Vox qui croit au médium et y investit rapidement. Les U.S.A profitent alors de l’exportation de la notoriété de l’Angleterre pour commencer à produire. L’Europe ne diffuse pas encore de vidéo clips excepté en Belgique où on peut remarquer les premiers travaux notables de Jean-Pierre Berckmans. En France et en Allemagne, les quatre premières années de la décennie n’ont pas connues de vidéo-clips dignes de ce nom, car de trop nombreuses émissions de variété occupaient alors l’antenne : pour la promotion d’une chanson, les maisons de disque et les artistes pensaient l’impact alors plus fort lors d’un passage dans une de ces émissions. Il faudra attendre Jean-Baptiste Mondino en France pour voir à partir de 1983 les premiers réels vidéo-clips, d’ailleurs souvent assez originaux, succédant aux scopitones de Jean-Christophe Averty sans mouvement de caméra ni intérieur au champ, la réalisation se focalisant en longs plans séquences fixes sur l’interprète. 

 Le vidéo-clip suppose des comédiens, le plus souvent une histoire, ou tout au moins un fil conducteur, même ténu, qui implique la présence de figurants, des décors, des costumes, des éclairages, tout ce qui en fait constitue une oeuvre cinématographique. Le vidéo-clip adopte les matériels de tournage de n’importe quel film de cinéma, mais pas le rythme (un vidéo-clip se tourne en deux ou trois jours, nuits comprises), ni ses critères de production, le financement étant à la charge de la maison de disque (mise à part de rares exceptions dont Laurent Boutonnat fait partie, en ayant fait appel entre autres à des sociétés de publicité et des producteurs indépendants  avant de produire lui même ses clips). 

Il doit en outre obéir aux lois qui sont celles de sa forme, imposées davantage par son statut d’objet promotionnel que par un quelconque soucis esthétique ou éthique. Le vidéo-clip a donc ses règles, bien que les seules lois qui le régissent sont officieuses, la législation cinématographique l’ignorant. L’unique média diffusant le vidéo-clip étant la télévision, c’est elle seule qui versera une somme à la maison de disque en échange du passage à l’antenne.

 Longtemps gratuit, le passage d’un vidéo-clip est désormais soumis à un paiement incluant les droits d’auteur, de compositeur et d’interprète de la chanson, mais aussi les droits d’auteur du réalisateur (ce qui explique sans doute la faible quantité de vidéo-clips diffusés sur les chaînes hertziennes comparativement aux années 80). A l’étranger les régimes sont parfois différents, et la diffusion des clips est souvent l’objet d’un paiement forfaitaire à l’année. Au Québec par exemple, le média associatif des chaînes de proximité (au nombre de soixante-quinze) payait en 2001 la somme de quatre-vingt cinq millions de dollars canadiens (environ cent vingt sept mille cinq cents Euros). Le vidéo-clip est pratiquement toujours financé par le label ou la maison de disque de l’artiste produit (certains cas particuliers, dont fait partie Laurent Boutonnat, financent eux-mêmes leurs clips). 

EXTRAIT de : Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique : le Cas Laurent Boutonnat    livre de Jodel Saint-Marc en format .pdf de 142 pages, en téléchargement libre.

 

 

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