L’objectif d’un vidéo-clip de BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 30 juin 2014

 

 

images (17)L’objectif d’un vidéo-clip est de passer à la télévision à plusieurs reprises sans lasser, en donnant envie aux téléspectateurs qui le verront de se procurer dans le commerce la musique qu’il illustre. Le réalisateur doit penser le vidéo-clip sans perdre de vue sa multidiffusion, ce qui aura une influence certaine sur la manière dont il sera conçu, écrit, tourné et monté. Si ce travail se veut l’étude des contournements des lois du clip par le réalisateur Laurent Boutonnat, il faut avant tout en clarifier certains points. La première des contraintes artistiques à laquelle Boutonnat devra se mesurer pour imposer sa conception du vidéo-clip est bien sûr sa durée : 

elle est généralement calculée à partir de celle de la chanson illustrée, c’est à dire très souvent autour des trois minutes et trente secondes. La limite inférieure dans la durée peut être située dans les deux minutes (le vidéo-clip Nostagic du cool de Mathieu Chedid en 1997 durait par exemple moins de deux minutes), il est très difficile de trouver des clips dont la durée excède les cinq minutes, prenant le risque de freiner leur diffusion sur les chaînes généralistes réservent de faibles plages réservées aux vidéo-clips. 

 Importante concession que doit faire le réalisateur de vidéo-clips : il ne peut créer la bande sonore de son film. Le cinéaste doit construire une image autour de la chanson qu’on lui a chargé d’habiller, chanson qu’il n’a de surcroît pas choisie le plus souvent. La liberté déjà toute relative du réalisateur de vidéo-clip est réduite de moitié par le champ sonore déjà enregistré qu’il ne peut pas maîtriser, ou presque pas (de légers bruitages, quelquefois de courts dialogues sont ajoutés depuis le début des années 90 sur des introduction de morceaux ou sur les ponts musicaux). 

Peut-on encore parler de liberté du cinéaste lorsque celui-ci est assujetti aux désirs de l’artiste musical qui lui a confié son image ? Que l’interprète en question ai formulé ou non l’idée originale du vidéo-clip (ou le cas échéant du scénario ou du fil conducteur) il doit le plus souvent non seulement apparaître dans le vidéo-clip, mais en plus en être le héros. Or les interprètes ne sont pas forcément acteurs et si parfois les scénarii de vidéo clips peuvent se passer de narration, le réalisateur, lui, ne peut pas éternellement faire sans le chanteur ou la chanteuse dont il doit assurer en quelque sorte, une partie de l’image publique, car l’objet de l’outil promotionnel qu’est le clip est aussi cet interprète. Jean-Pierre Berckmans, réalisateur des premiers vidéo-clips belges pour la firme Dream Factory entre 1981 et 1983 lit cette forme filmique comme « le retour au visuel complet », qui aurait été ici pour lui « l’occasion de refaire du cinéma muet ». 

 L’aspect promotionnel du vidéo-clip exige un perpétuel changement dans sa forme, car il doit sans cesse sortir du lot, se faire remarquer, attirer l’œil et éveiller la curiosité, ce qui fait de lui un médium qui évolue très rapidement. Le vidéo-clip est bien plus régie par la mode que le cinéma ou la publicité. Par exemple si un style musical passe de mode, le visuel qui l’illustrait à ce moment ne lui survivra pas plus longtemps. En ce sens le vidéo-clip, au delà du fil conducteur ténu, nécessite dès ses débuts autre chose que la seule présence à l’écran d’un style d’image ou d’une imagerie, tombant rapidement dans une redondance ou une espèce de plagiat par anticipation se rapportant à un style cinématographique ayant déjà existé. Il faut rapidement au vidéo-clip une histoire. Ne serait-ce que pour le différencier des scopitones qui fleurirent la fin de la décennie précédente. Les histoires, pourtant, sont bien plus minces qu’au cinéma et les éléments évoqués à l’écran sont souvent récurrents d’un réalisateur à l’autre. 

Par exemple le fréquent recourt aux phantasmes dans les clips peut trouver une explication plausible : le format court du vidéo-clip impose des histoires simples, et incite autant que possible à faire appel à des éléments mythiques, presque mythologiques pour être certain que les informations que transmet le film soient bien reçues par le téléspectateur. C’est précisément grâce aux restrictions de libertés qu’impose la forme que le réalisateur de vidéo-clips est forcé de trouver images (18)d’autres outils pour « raconter ». Le fait également de ne pas pouvoir recourir aux dialogues mène à éliminer au début des années 80 les scénarii de type psychologique, les réalisateurs se tournent alors plus volontiers vers les affrontements qui existent dans le cinéma d’action. Bien souvent on ne fait que suivre un personnage non défini soit une situation qui évolue. Le vecteur qu’est la télévision n’est pas non plus sans influence dans tout cela, le temps y est réduit pour installer un climat, il faut d’emblée captiver le spectateur et le garder sous influence jusqu’au bout. 

Ce n’est justement pas un hasard si les quatre ou cinq minutes d’un clip sont si proches au niveau du rythme et de la narration de films d’animations comme ceux de Tex Avery. Ces maigres poignées de minutes portent assez de puissance pour maintenir une attention constante et intéressée, les histoires racontées y sont vivantes, sans temps mort et porteuses d’une énergie constante que serait bien incapable de maintenir un long-métrage. Le spot publicitaire, beaucoup plus court, pourra aussi créer un univers visuel, mais sera en revanche rarement capable de raconter une histoire autre qu’anecdotique.

 

Lire le livre de JODEL ST MARC : http://jodel.saint.marc.free.fr/clip-oeuvre-cinematographique.pdf

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Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique

Posté par francesca7 le 30 juin 2014

 

Extrait du livre de Jodel SAINT-MARC

INTRODUCTION

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 Ce que nous appelons aujourd’hui vidéo-clip  est un petit film promotionnel musical destiné à la diffusion télévisée dans les émissions spécialisées afin de promouvoir l’interprète ou le pressage phonographique qui se rapporte à la chanson mise en images. Après le mouvement d’art vidéo des années 70 peu médiatisé et étrangement méconnu, le vidéo-clip peut en être lu comme la suite logique, comme une introduction en forme de divertissement sur le petit écran de travaux comme ceux des Vasulka (Steina et Woody), de Emshwiller aux U.S.A ou de Jean Christophe Averty en France.

Evolution du scopitone de la fin des années soixante-dix le vidéo clip voué aux passages télévisés apparaît tout d’abord en Angleterre en 1981 avec la firme Ultra Vox qui croit au médium et y investit rapidement. Les U.S.A profitent alors de l’exportation de la notoriété de l’Angleterre pour commencer à produire. L’Europe ne diffuse pas encore de vidéo clips excepté en Belgique où on peut remarquer les premiers travaux notables de Jean-Pierre Berckmans. En France et en Allemagne, les quatre premières années de la décennie n’ont pas connues de vidéo-clips dignes de ce nom, car de trop nombreuses émissions de variété occupaient alors l’antenne : pour la promotion d’une chanson, les maisons de disque et les artistes pensaient l’impact alors plus fort lors d’un passage dans une de ces émissions. Il faudra attendre Jean-Baptiste Mondino en France pour voir à partir de 1983 les premiers réels vidéo-clips, d’ailleurs souvent assez originaux, succédant aux scopitones de Jean-Christophe Averty sans mouvement de caméra ni intérieur au champ, la réalisation se focalisant en longs plans séquences fixes sur l’interprète. 

 Le vidéo-clip suppose des comédiens, le plus souvent une histoire, ou tout au moins un fil conducteur, même ténu, qui implique la présence de figurants, des décors, des costumes, des éclairages, tout ce qui en fait constitue une oeuvre cinématographique. Le vidéo-clip adopte les matériels de tournage de n’importe quel film de cinéma, mais pas le rythme (un vidéo-clip se tourne en deux ou trois jours, nuits comprises), ni ses critères de production, le financement étant à la charge de la maison de disque (mise à part de rares exceptions dont Laurent Boutonnat fait partie, en ayant fait appel entre autres à des sociétés de publicité et des producteurs indépendants  avant de produire lui même ses clips). 

Il doit en outre obéir aux lois qui sont celles de sa forme, imposées davantage par son statut d’objet promotionnel que par un quelconque soucis esthétique ou éthique. Le vidéo-clip a donc ses règles, bien que les seules lois qui le régissent sont officieuses, la législation cinématographique l’ignorant. L’unique média diffusant le vidéo-clip étant la télévision, c’est elle seule qui versera une somme à la maison de disque en échange du passage à l’antenne.

 Longtemps gratuit, le passage d’un vidéo-clip est désormais soumis à un paiement incluant les droits d’auteur, de compositeur et d’interprète de la chanson, mais aussi les droits d’auteur du réalisateur (ce qui explique sans doute la faible quantité de vidéo-clips diffusés sur les chaînes hertziennes comparativement aux années 80). A l’étranger les régimes sont parfois différents, et la diffusion des clips est souvent l’objet d’un paiement forfaitaire à l’année. Au Québec par exemple, le média associatif des chaînes de proximité (au nombre de soixante-quinze) payait en 2001 la somme de quatre-vingt cinq millions de dollars canadiens (environ cent vingt sept mille cinq cents Euros). Le vidéo-clip est pratiquement toujours financé par le label ou la maison de disque de l’artiste produit (certains cas particuliers, dont fait partie Laurent Boutonnat, financent eux-mêmes leurs clips). 

EXTRAIT de : Le Clip en tant qu’œuvre Cinématographique : le Cas Laurent Boutonnat    livre de Jodel Saint-Marc en format .pdf de 142 pages, en téléchargement libre.

 

 

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Mylène, à quoi je sers ?

Posté par francesca7 le 29 juin 2014

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Symboles suicidaires du premier achèvement d’une oeuvre et d’une première vie d’artiste.

    Tournés dans un noir & blanc granuleux au lac de Grandlieu, à Passay (Loire-Atlantique) en août 1989, la chanson et le clip se trouvent justifiés par les conditions dans lesquelles leurs auteurs les ont écrits. Pour promouvoir la grande tournée que Mylène Farmer s’apprête à faire, elle écrit avec Laurent Boutonnat une chanson évoquant la fin d’un cycle : le leur. Si la critique a souvent qualifié le duo de nihiliste, c’est bien à cause de ce petit court-métrage, qui semble rejeter toute forme de croyance et de respect religieux. C’est bien d’autodestruction qu’il s’agit ici, en « suicidant » les héros de Laurent Boutonnat, Mylène Farmer achève leur première oeuvre, la plus noire. En brûlant quelques mois plus tard le décor de leur tournée dans un champ irréel, Laurent Boutonnat terminera cette destruction. même Mylène regardera le décor flamber, signature macabre de leur autodestruction.

  

En pleine tournée, est intégrée au milieu exact du spectacle une chanson inédite simultanément à sa sortie dans le commerce en 45 tours. A quoi je sers est une chanson au rythme dansant mais aux paroles désespérées. Elle fut écrite un soir de blues, ce qu’on pense assez rare chez Mylène Farmer. Dans ce contexte de sortie, entre les salles de concert remplies et les loges vides, ce n’est bien évidemment pas par hasard que le texte de la chanson parle ouvertement de suicide  :

«Chaque heure demande pour qui, pour quoi se redresser / Pourquoi ces larmes ? A quoi bon vivre / Je divague, j’ai peur du vide, je tourne des pages, mais des pages vides / J’avoue ne plus savoir à quoi je sers, sans doute à rien du tout / à présent je peux me taire si tout devient dégoût. » 

 

    Sans album à promouvoir, et ainsi débarrassé d’obligations promotionnelles, Laurent Boutonnat se sent donc une liberté totale pour la mise en images du clip. Il fera le choix d’aller vers une sorte d’abstraction en noir et blanc, remplie de langueurs et de symboles. Évoquant sous un angle biblique et symbolique le suicide (artistique) de la chanteuse, le clip représente sa longue et calme traversée d’un fleuve avec pour seul accessoire une valise dont le contenu nous restera inconnu.

 

    Un bruit sourd de vent glacial, un fleuve sombre, un ciel nuageux. Le brouillard envahi tout. Une pirogue avance, guidée par un vieux passeur, vêtu de noir et défiguré par le temps. Mylène Farmer monte dans cette barque-cercueil qui la fera traverser ce qu’on imagine être le Styx, le plus grand fleuve des enfers, en direction d’un autre affluant, qui sépare les vivants des morts. Selon cette lecture du clip, le passeur est Caron, chargé de faire passer les défunts dans l’autre monde. Leur embarcation traverse les roseaux que le vent fait plier, symbolisant selon la science des rêves le tourment et les problèmes existentiels. L’interprète, elle, ne pose son regard sur rien. Le passeur aux yeux cernés conduit la chanteuse dans les marais monochromes non loins de la rive gauche du Léthé, qui mène celui qui y arrive à l’oubli de sa vie. Mylène Farmer se retourne enfin, peut-être sur son passé, acceptant la propre mort de son personnage et reconnaissant les héros des clips de Laurent Boutonnat, ayant eux, déjà trépassé antérieurement. Ceux avec qui elle a débuté sa carrière sont présents.

 

   Elle balaie son regard, comme une façon de revoir sa vie d’artiste en un instant. Le clip se termine par un long plan-séquence ralenti de tous les personnages de dos, entraînant Mylène Farmer dans les eaux profondes, sans doute pour se noyer ensemble. Départ en électrochoc d’un processus d’autodestruction qui s’achèveraquelques mois plus tard, par l’incinération du décor de la tournée pendant le générique final du film du concert. En rendant sa cohérence à l’ensemble des clips qu’il a produit, Laurent Boutonnat en fait une œuvre homogène et ne filme là rien d’autre que la fin de cette époque. Son public sait dorénavant que ni Libertine ni sa rivale ne renaîtront une nouvelle fois de leurs cendres, et constate que Mylène Farmer et son mentor posent le voile de l’oubli sur un style qui leur fut si personnel. Poussant l’idée un cran plus loin pour bien que son public les comprenne, la face B du 45 Tours est une chanson titrée La Veuve noire qui reprend en boucle la mélodie d’introduction de A quoi je sersLa Veuve noire semble évoquer la mort artistique de la chanteuse le soir de la date de son premier concert :

 

« Toi veuve noire tu périras ce soir de mai »  

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 Mais peut-être que le tableau n’est pas si noir, peut-être qu’une renaissance est possible… En tout cas, à l’époque, nombreux sont les fans qui se sont demandés si la carrière de Mylène Farmer ne se terminait pas ici.

Dr. Jodel

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Ainsi soit je, l’imagerie de Boutonnat

Posté par francesca7 le 29 juin 2014

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Pour la première fois Laurent Boutonnat et Mylène Farmer semblent vouloir faire simple. Après avoir enchaîné tube sur tube deux ans durant, ils tentent de vendre leur première chanson ‘lente’ dans le commerce, malgré la sortie avortée de Au bout de la nuit en 1987, qui fut remplacée par Tristana. Laurent Boutonnat réserve pour deux jours les modestes studios de Stains en banlieue parisienne pour ce clip d’une sobriété inhabituelle, et qui deviendra, de son propre aveu, le clip préféré de la chanteuse. Le duo est en fait déjà en pleine préparation du concert de l’année suivante, et surtout de Pourvu Qu’elles Soient Douces, le prochain grand clip. Pourtant habitués des tournages en extérieur, Mylène Farmer et Laurent Boutonnat prennent ici le parti pris de reconstituer un environnement naturel en studio, et s’arrangent même pour mettre en évidence le fait que le film soit tourné en intérieur : tout dans le décor sonne volontairement faux.

La neige aux flocons improbables, le diamètre irréel de la lune et l’absence de décorAinsi soit je, l'imagerie de Boutonnat dans Mylène Autrement asj30 de fond qui ne fait qu’accentuer cette impression, et ne dupera aucun spectateur. De plein pied dans un imaginaire personnel, le duo semble décrire son propre univers, et met en avant ses ingrédients les plus poétiques. Laurent Boutonnat utilisera un virage au sépia sur la pellicule ; ceci renforce l’idée d’intemporalité, faisant des images de ce film autant de vieilles photographies qu’on aurait gardées trop longtemps. Le titre de la chanson apparaît sur un reflet de pleine lune à la surface d’une eau claire, seulement ondulée par des gouttes d’eau qui tombent de temps à autre. Sûrement des larmes. Les animaux utilisés ici font penser à toute une littérature anglaise du XVIIIe siècle, une biche et un hiboux rendant cette lourde atmosphère romantique. Mais le clip dépasse la simple description contemplative. Car au bout de cinq minutes de poésie monochrome, avec animaux sauvages, neige, balançoire, la belle fini tout de même par se noyer. Volontairement ? Comme une fatalité, elle s’épanche sur la mélodie de Laurent Boutonnat, déclare que tout est noir et qu’elle ne voit pas quel espoir il pourrait y avoir :

« De nos destins naît que solitude / Deux orphelins que le temps défigure ».  

asj21 dans Mylène et Boutonnat

 

 

Tout ici fait de Mylène Farmer un personnage intemporel, mi-vivante mi-morte, mi-humaine mi-déesse, et surtout désespérément seule. Le film est fait de tas de petits détails qui nous montrent que le personnage est loin des hommes. Le milieu que nous voyons pourraient d’ailleurs faire penser à une espèce d’au-delà où, après la mort, la défunte se rapproche des états transitoires, tel la fuite en direction d’une lune blanche qui pourrait bien être l’issue du tunnel qui mène au point de non-retour. Car c’est bien pour la première fois l’ombre du suicide qui plane sur Ainsi soit-je, comme un constat d’échec d’une vie dont on ne peut jamais se satisfaire. Mylène Farmer a pourtant un instant un sourire franc : assise sur une balançoire, elle semble égrener la fuite du temps dont elle est victime, tout en se remémorant le temps des jeux d’enfants, irrémédiablement perdus. Sa noyade est ici étrangement passée à l’envers dans le film, donnant l’impression que la chanteuse avale les bulles qui viennent de la surface lorsqu’elle hurle des cris inaudibles, comme si en double supplice, elle devait subir aussi la suffocation. Plus qasj16ue jamais attachés au morbide, les deux artistes n’hésiteront pas dans les années qui suivront à aller crescendo dans la fascination de la mort, s’appropriant la célèbre assertion d’Oscar Wilde : « Partout où se trouve la douleur, c’est terre sainte. »

Après avoir subi des instants de souffrance, comme la fuite vers une lune inaccessible et cette insoutenable noyade, puis les rares moments relatifs aux jeux de la balançoire, du contact avec les bêtes sauvages, Mylène Farmer revient à l’état naturel, voire originel. Elle se recouvre le visage de boue pour mimer une certaine idée de mort qui voudrait que tout défunt retourne à l’état initial, retourne à la terre. Le clip se clôturera comme il a commencé : par la neige tombant au ralenti. L’absence de décor et de personnages secondaires nous fait ressentir avec une réelle profondeur le vide imperceptible et désespéré dans lequel Laurent Boutonnat veut sans cesse situer le personnage de Mylène Farmer.

 

Source : Dr.Jodel

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MYLENE sur RADIO JAPONAISE

Posté par francesca7 le 29 juin 2014

 

1990

Dans le cadre de la promotion de l’album « Ainsi Soit Je… » exporté à l’international en cette année 1990, une station de radio japonaise s’intéresse à Mylène Farmer.

radio-02-aAprès une présentation rapide de la chanteuse, on entend donc celle-ci s’exprimer, en français évidemment.

Ses propos ne sont pas parasités par une traduction simultanée, au contraire : la traduction est faite par une voix féminine après chaque intervention. Celles-ci sont séparées par des extraits de l’album « En Concert », notamment « Maman a Tort » et « Mouvements de Lune ».

A propos de sa reprise sur scène de « Je voudrais tant que tu comprennes » :

- La première chanteuse qui l’a chantée (Marie Laforêt, nda) s’adressait sans doute à une autre personne. Moi, quand je l’ai choisie, c’était dans le but de m’adresser à un public qui était venu me voir, qui s’était déplacé donc c’est pour ça que les gens réagissaient, c’est vrai, à chaque mot, à chaque évocation et puis parce qu’il y avait, oui, on peut parler d’une émotion de la part du public et ma propre émotion. C’est évidemment ce que j’attendais du public aussi, mais il s’est passé ça parce que avant toutes ces chansons il s’était déjà passé autre chose et que c’est vrai que c’est la plus belle chose pour un artiste que d’avoir ce genre de réactions. On fait ce métier pour être aimé, aussi ! (rires)

A propos de son hygiène de vie : – Par rapport à la nourriture, donc, j’ai pas de régime spécial. J’en ai eu un pendant la préparation de la scène : pendant quelques temps, j’ai fait beaucoup de sport, déjà pour me préparer justement à une condition physique et fatalement on est obligé de faire attention aussi à ce qu’on mange, c’est-à-dire que j’ai essayé de ne pas boire trop de Coca Cola et de choses comme ça ! Mais aujourd’hui, je n’ai plus de régime du tout, non. C’est pas quelque chose qui me préoccupe beaucoup. Quant aux costumes, je vois pas l’allusion directe mais en tout cas, j’aime les habits, j’aime beaucoup les stylistes. Ca, oui, c’est quelque chose d’indispensable pour moi que de rechercher toujours des nouveaux costumes.

A propos des différents artistes qu’elle cite en référence :

- On peut aimer tous les genres, j’espère ! Spielberg n’est pas si loin, pas si éloigné non pas de l’univers de Poe et de Baudelaire mais c’est quelqu’un qui à chaque image suggère une émotion, et c’est un peu ce que je retrouve, moi, dans la lecture d’un Baudelaire ou d’un Edgar Poe. C’est vrai que les deux autres sont beaucoup plus tourmentés. Je crois qu’il (Spielberg, nda) a un regard d’enfant, et en fait c’est peut-être…Est-ce que c’est quelque chose de commun entre eux tous ? Peut-être. Et puis, tout est poétique : les trois, je crois, sont poétiques. De toute façon, tous évoquent le rêve ou le cauchemar. Voilà, ça c’est vraiment quelque chose qui est très présent chez les trois.

L’entretien se clôt par la diffusion de « Plus Grandir » (live) 

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Symbolisme de Monkey Me

Posté par francesca7 le 25 juin 2014

images (5)Mylène Farmer sort Monkey Me, 9e album en presque trente ans de carrière. C’est le signe d’un retour à l’éclat sombre des arrangements de Laurent Boutonnat, synonyme de succès commercial. Son pygmalion a coécrit 12 chansons intenses et belles. Et la machine commerciale qui accompagne depuis toujours la sortie des disques de la diva pop, s’est aussi remise en marche.

Des DJs se sont emparés d’A l’Ombre, premier single de Mylène Farmerà l’occasion d’un hors-d’œuvre commercial dans les bacs, couplé avec l’annonce de la tournée Timeless. Déferlement de joie et invasion sur le net : 156.000 billets écoulés dans toute la France en une journée pour une tournée de 2013 qui passera par la Russie, la Belgique ou la Suisse. Des billets pour des dates supplémentaires sont en vente ce jour. Le business Mylène est florissant. Il ne connaît pas la crise. Après plus de 30 millions d’albums vendus, les prévisions sont optimistes, les deux précédents albums ayant été vendus à 800.000 exemplaires, Universal Music peut espérer plus en France et à l’étranger.

Boutonnat encore et toujours

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Pour les fans de Mylène, l’attente de l’annonce d’un concert est source de tension, pour les professionnels du disque et leurs communicants aussi. Deux ans après Bleu Noir, une collaboration en demi-teinte avec le New-Yorkais Moby, le Suédo-Marocain RedOne et les Anglais d’Archive, un événement est venu se greffer à la sortie de l’album Monkey Me. Le retour comme le messie du compositeur/réalisateur historique, Laurent Boutonnat.

Aujourd’hui, l’album est en vente et la tournée continue de stimuler beaucoup de monde : 156.000 places de concert pour la tournée Timeless ont été vendus en environ six heures, provoquant bugs informatiques, joie et énervement, « un moment de stress pour les fans »… raconte Noémi Junod, une admiratrice lyonnaise de la première heure qui a dégoté sa place pour le concert de la Halle Tony-Garnier et qui n’exclut pas de retourner la voir ailleurs. « C’est beaucoup de dépenses aussi… » ajoute-t-elle. En moyenne de 65 à 140 euros en France, jusqu’à 300 euros en Suisse, le marché le plus onéreux pour les fans de Mylène.

Mylène se fait rare sur les antennes mais a le soutien indéfectible de quelques medias. La radio NRJ surtout, qui suit l’artiste depuis ses débuts. Qu’on ne s’y trompe pas, une sortie d’un album de Mylène Farmer est un événement national et la radio valorise les événements relatifs aux artistes programmés. La chanteuse a su se renouveler et garder une forme de modernité précieuse pour une radio musicale qui rassemble un auditorat toujours jeune. Le directeur de l’antenne de NRJ, Gaël Sanquer rappelle que « l’histoire entre NRJ et l’artiste est très ancienne… »

NRJ qui privilégie l’actualité ne diffuse pas les anciennes chansons. Ce qui est en revanche le cas de sa petite sœur Chérie FM ou du réseau de radio public France Bleu qui diffuse des golds (anciens hits) de l’artiste. « Le nouveau catalogue ne correspond pour l’instant pas à ce que nous recherchons pour les antennes du réseau France Bleu » explique Dominique Bourron, le responsable de la musique de France Bleu.

De très nombreux fans

De quoi ravir sur les ondes les fans de la Mylène historique et ceux de la Mylène plus contemporaine. Le net est aussi un media d’exposition de choix pour les nouveaux titres de Mylène Farmer. La star n’a pas de site internet mais des fans animent des sites, proposent des flash-mobs de chorégraphie, organisés sur les réseaux sociaux, sur des chansons comme Désenchantée.

La Fnac, en France, a bien compris cette puissance de la Toile. Elle a organisé en partenariat avec Twitter, une écoute exclusive de l’album pour un petit groupe de fans. Tout tourne donc toujours autour des fans. Le plan média a été savamment orchestré par l’agence de communication 96B pour en toucher un maximum sans que le label historique Polydor n’intervienne.

Le « mystère Farmer » est orchestré avec des interviews données avec parcimonie (à TV Mag une semaine et demi avant la sortie de l’album, au journal de TF1 Claire Chazal ce dimanche et Têtu, un magazine visant la communauté gay). Quand on demande à Noémi Junod ce qu’elle pense du retour de Laurent Boutonnat dans la conception de cet album, elle est très enthousiaste, « C’est un immense bonheur ! Je n’ai jamais pas réellement accroché au travail de Mylène sans lui. Je continuais de la suivre bien sûr, mais je ne retrouvais pas cette patte qui m’était chère. Avec Boutonnat, c’est la possibilité pour les fans de croire à un retour au vrai son Farmer, et à ce qui a fait son succès.(…) »

Retour à l’essentiel

L’électro est passé par là avec des titres comme Love DanceTu ne le dis pas ou A l’Ombre formatés pour les boîtes de nuit. D’ailleurs, pour ce dernier titre remixé par entre autres, Guena LG ou OfferNissim, deux DJs déjà présents sur des titres plus anciens de la star. Un maxi-33 Tours avec huit versions a rempli les rayons des magasins de disques, pour maintenir le créneau du dancefloor.  Aujourd’hui, sur ce nouvel album, l’électro ne prend pas le dessus sur les douze chansons. Je te dis tout est du Boutonnat pur sucre, une des quelques ballades de l’album est un chef d’œuvre et se nomme Quand, sans doute un futur single.

L’ensemble signe le retour aux sonorités utilisées au cœur des années 90. Une référence au premier album prend la forme d’une chanson Nuit d’hiver, qui réveille le fantôme de Chloé, chanson glaçante de Cendres de lune née en 1986. Les fans saluent la voix de Mylène, des textes intéressants, le rythme plus entraînant peut-être grâce aux machines, les instruments organiques étant peu présents. Avec ces nouveaux morceaux « taillés pour la scène » dit Noémi Junod, cela ressemble à une réconciliation avec les fans.

Mylène Farmer Monkey Me (Polydor/Universal Music) 2012
Mylène Farmer en tournée à partir du 7 septembre 2013.

source : http://www.rfimusique.com

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Chanson sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 25 juin 2014

 

VIDÉO. La jeune femme s’apprête à revenir sur le devant de la scène avec un sixième album sur lequel figure un titre au nom de son ex-productrice.

Image de prévisualisation YouTube

Alizée prépare son (énième) come-back et, pour l’occasion, s’est teinte en blonde, du nom de son sixième album studio lancé cette semaine par Sony Music. « Méfie-toi des blondes décolorées », prévient-elle sur le premier single dont le clip peroxydé a été divulgué fin avril. De là à y voir à un avertissement à l’attention d’une certaine Mylène Farmer, il n’y a qu’un pas que la presse people s’est empressée de franchir. 

téléchargement (6)Car sur la tracklist de ce nouveau disque figure un titre qui a immédiatement suscité le buzz : une chanson intitulée « Mylène Farmer ». L’ex-graine de star va-t-elle régler ses comptes avec celle qui fut son mentor et la révéla au grand public en 2000 avec « Moi… Lolita » ? Les deux artistes se sont séparées en 2004 et n’auraient plus jamais été en contact depuis. 

« Ce n’est pas un hommage », admet Alizée à propos de ce titre mystérieux composé par Pascal Obispo. « Je ne suis pas là à dire que je l’aime, qu’elle me manque, des trucs improbables, ce n’est pas du tout ça… » Dans une interview à Pure Charts, la gagnante de la quatrième saison de Danse avec les stars explique toutefois qu’il ne s’agit pas d’un réquisitoire contre Mylène Farmer. « Même si ça fait dix ans que je ne travaille plus avec elle, elle fait partie de ma vie. C’est l’artiste pour laquelle j’ai le plus de respect et d’admiration », affirme-t-elle.

« Je ne suis pas Mylène »

La chanson fait donc plutôt figure de récit doux-amer sur quelqu’un qui vit dans l’ombre de la chanteuse. « Je parle de la vie d’un fan de Mylène Farmer. Moi, je suis la personne qui vit avec ce fan. Cette personne avec qui je vis est fan à tel point qu’il voudrait que je sois comme Mylène. Mais je ne suis pas Mylène. Elle a beau être parfaite, ce n’est pas moi. » 

À l’évidence, l’autobiographie n’est pas loin, ce que reconnaît Alizée. La jeune femme, révélée à 16 ans et aujourd’hui âgée de 29 ans, a ressenti le besoin de régler « plein de problèmes dans (sa) tête » et d’exprimer ses sentiments en musique. Pour passer, enfin, à autre chose ? Pas si sûr : « On me parle tout le temps de Mylène, j’en parle tout le temps et j’en parlerai toujours. »

source lepoint.fr

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour lui consacrer un morceau ?

« Un petit clin d’oeil pour la remercier »

J’étais prête à en parler aussi parce que, cette année 2013, j’ai fait plein de choses et réglé plein de problèmes dans ma tête. Il restait cette petite parenthèse pas trop réglée. C’est bizarre pour moi car on m’en parle beaucoup et on ne la voit pas beaucoup. Evidemment, une personne qui s’en est approchée, on essaie d’en savoir plus auprès d’elle. On m’en parle tout le temps, j’en parle tout le temps et j’en parlerai toujours. Mais là j’étais prête à en parler plus. Et c’est aussi un petit clin d’œil pour la remercier. Dans mes chansons, je parle toujours des gens qui me tiennent à cœur. J’ai parlé de ma fille, dans « Plus de bye bye » je parle de Grégoire…. Et Mylène Farmer c’était une personne très importante dans ma vie et du coup j’en parle. Tout simplement.

En savoir plus sur http://www.chartsinfrance.net/Alizee/news-92506.html#LJxTQvFprvhMvySx.99

 

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Mylène Farmer est toujours appréciée par Alizée

Posté par francesca7 le 19 juin 2014

 

Mylène Farmer est toujours appréciée par Alizée dans Mylène dans la PRESSECONFIDENCES – La chanteuse était invitée dans  »Le Grand 8 », mercredi, sur D8. Son nouvel album  »Blonde », son amoureux rencontré lors de  »Danse avec les stars », sa relation avec celle qui l’a lancée… la chanteuse s’est confiée sans rien cacher à Laurence Ferrari et à son équipe de filles.

A nouvelle couleur de cheveux, nouvelle personnalité. Invitée dans le Grand 8 mercredi sur D8, à l’occasion de la sortie de son album  »Blonde », Alizée a répondu sans détours aux questions de Laurence Ferrari et de ses acolytes. La chanteuse a notamment expliqué qu’elle avait voulu un opus  »fun et décalé » dans la lignée de ce qu’elle avait vécu cette année. Les cheveux teints en blond, elle a notamment expliqué :  »Comme toutes les filles j’ai des complexes mais maintenant je me sens bien en blonde. On se retourne plus facilement sur moi. »

 »Mylène Farmer, je l’aime toujours autant »

Si Alizée a davantage confiance en elle s’est grâce à  »Danse avec les stars 4 », concours qu’elle a remporté en novembre dernier.  »Danse avec les stars c’était compliqué pour moi car je suis très réservée et très pudique. J’ai dépassé tout ça et j’ai vécu une aventure incroyable qui m’a permis de m’épanouir », a-t-elle raconté. Cette aventure lui a aussi et surtout permis de rencontrer le danseur Grégoire Lyonnet qui est devenu son compagnon.  »Pendant ‘Danse avec les Stars’, j’ai vécu des choses incroyables, une histoire est née, comme je pensais que cela n’existait pas. »

Alizée a également cité son ancien mentor, Mylène Farmer, à qui elle a dédié un des titres de  »Blonde ».  »Mylène Farmer n’a pas écouté ce titre mais elle est au courant puisque ça a été la première informée. C’était ma première école et la meilleure des écoles. C’était une manière de lui faire un petit clin d’œil, je voulais la remercier. La dernière fois que je l’ai vu c’était il y a dix ans. Mais on ne sait jamais de quoi la vie est faite, si on doit se recroiser, on se recroisera. Je l’aime toujours autant », a-t-elle conclu.

source http://www.metronews.fr

 

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Mylène Farmer et COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL

Posté par francesca7 le 19 juin 2014

 

DÉCEMBRE 1989 : Un sourire au bord de la fêlure

Entretien avec Valérie le MOUËL

Ce métier est plein de facettes. Avez-vous une préférence : sortir un disque, être sur scène…?

- J’ai besoin de tout. J’aime écrire les textes de mes chansons mais j’ai également besoin de retrouver l’émotion que l’on éprouve en étant sur scène. C’est pour moi un véritable combat. Je suis plutôt discrète, mais dans ces moments-là tout est décuplé : sentiments, impressions, capacités…On est à la fois conscient et complètement inconscient. Il est difficile d’exprimer ce que l’on vit, mais c’est une émotion énorme. J’aime aussi faire des clips.

L’histoire vient d’abord du texte de la chanson, mais également du dialogue que j’ai avec les gens qui m’entourent. En fait, j’ai toujours besoin de plus et d’aller plus loin.

Mylène Farmer et COIFFURE BEAUTÉ INTERNATIONAL dans Mylène 1989 - 1990 2

N’aimeriez-vous pas faire du cinéma ?

- Le cinéma est effectivement un projet. J’ai eu quelques propositions depuis deux ans, mais je n’ai pas le temps d’y songer sérieusement. Mon film culte est « La fille de Ryan », j’ai adoré aussi « L’important c’est d’aimer ». Je trouve les films de Bergman, de Spielberg et les anciennes productions splendides, certainement parce que j’ai du mal à me projeter dans notre époque. J’aime l’ambiance de ces films et l’élégance des vêtements d’autrefois. Il me semble qu’il y avait une histoire dans chacun d’eux, alors que ceux que l’on fait actuellement n’ont pas d’âme.

Qui crée vos costumes de scène ?

- Thierry Mugler a créé les costumes du spectacle du Palais des Sports en mai dernier et ceux de Bercy. Nous lui présentons le projet de la scène, et lui propose ses idées. Il a une démesure étonnante et sait faire abstraction de la mode. Le spectacle de Bercy sera exactement le même que celui de ma tournée en province.

Nous avons essayé de créer un personnage qui évolue dans le temps en jonglant avec les ambiances et les saisons. Il y a en tout sept changements de costume.

Et vos cheveux ?

- Ma coiffure reste très simple, je n’aime pas être sophistiquée. Je n’aime même pas l’envisager, cela ne va pas du tout avec mon caractère. Je préfère le dépouillement. Vous voyez : pas de vernis, pas de boucles d’oreilles, sinon j’ai l’impression d’être travestie. Si je porte un bijou, il est toujours très sobre.

Vos créateurs préférés ?

- J’apprécie beaucoup ce que fait Roméo Gilli, Thierry Mugler bien entendu, Azzedine Alaïa et Fayçal Amor. Mais je vais voir peu de défilés car je n’aime pas l’effervescence et je n’aime pas être prise en photo. Donc plutôt que de me trouver dans une situation de conflit, j’évite de me rendre dans les lieux où je vais rencontrer journalistes et photographes. Je me promène de temps en temps dans le Marais et vers la place des Victoires, où il y a de très belles boutiques.

Il paraît que vous collectionnez les chaussures…

- En effet, je voue une véritable passion aux chaussures ! Pour les bottines très fines et les chaussures plates. Je vais souvent chez Stéphane Kélian, Philippe Model et Charles Kamer. Je ne suis pas  conservatrice, sauf pour les chaussures dont je n’arrive pas à me défaire et pour mes costumes de scène. Cela me plairait de constituer un petit musée à titre privé !

Comment vivez-vous la mode au quotidien ?

- La silhouette que je préfère est celle de Katherine Hepburn : chemise, gilet et pantalon. Une apparence masculine qui est en fait extrêmement féminine. J’ai complètement banni jupes et robes, je m’habille de façon décontractée. Cela ne veut pas dire blue-jean / baskets, disons plutôt faussement décontractée, car j’aime l’élégance. Je porte des vêtements aux formes et aux couleurs sobres. Je trouve le pourpre très beau mais je n’en porte pas souvent, simplement parce que l’on n’en trouve pas. J’adore le blanc cassé, le noir et les tons pastel. Je préfère les vêtements d’hiver à cause de l’atmosphère de cette saison. Un grand bonheur serait d’aller faire un jour un reportage sur la banquise !

Vous devez aimez les matières confortables…

- Je suis fascinée par le cashmere, le velours de soie et par la soie d’une façon générale. En Inde, j’ai vu des tissus fabuleux…

Vous avez beaucoup voyagé ?

- Non, très peu. Avant, je n’en éprouvais pas l’envie. Maintenant si, mais je ne trouve pas le temps ! J’aimerais retourner en Inde pour y faire quelque chose d’utile. Je n’ai pas un tempérament à apprécier le farniente, je m’ennuie très vite en vacances. En plus de découvrir un pays, il me faut un but. La Russie m’attire, mais je ne veux pas m’y rendre en tant que touriste puisque l’on ne voit rien. Je veux être en contact avec les gens des campagnes et approcher des choses fondamentales.

Vous ne parlez pas du Canada…

- Je n’ai pas envie de retourner au Canada, ce pays me semble trop calme. Par contre aller aux Etats-Unis, ça, oui ! Pour moi, c’est un pays de gagnants, un pays qui bouge. J’ai une vie très remplie, le mode de vie des américains me plairait certainement.

1-300x252 dans Mylène en INTERVIEWLes américains sont fervents de sport, vous pratiquez une activité sportive régulièrement ?

-Je fais du jogging dans la forêt du bois de Boulogne. Au départ, je courais pour avoir de l’endurance, pour être en forme sur scène, et puis j’ai continué. C’est un bienfait extraordinaire. Je suis très persévérante, un peu bornée, même ! Je vais au parc Monceau quand j’en ai l’occasion, mais pour m’y promener simplement.

Faites-vous attention à votre image ?

- Je ne fais pas une fixation sur mon image, mais j’ai un minimum d’hygiène de vie, bien sûr. Par contre, je ne fais pas très attention à ce que je mange, c’est trop triste de se priver ! Pour les photos, c’est vrai que je suis vigilante. J’ai un droit de regard. Ce que je ne peux hélas contrôler, ce sont les tournages télé. Je trouve la lumière rarement belle, l’ambiance est peu propice à de belles images.

Vous avez une peau magnifique : un tel atout ça s’entretient par des soins en institut, des crèmes…

- Je ne fréquente absolument pas les instituts ! Cela me dérange et je ne m’y sens vraiment pas à l’aise. J’utilise une crème pour mon visage, c’est tout. Je ne suis pas du style à essayer les dernières crèmes qui sortent sur le marché, ça ne m’intéresse pas.

Etes-vous également fidèle à un seul parfum ?

- J’adore les parfums. Je porte Shalimar qui est pour moi l’évocation du passé, Heure bleue, Chloé et Femme de Rochas.

Je crois que c’est Alain Divert qui vous a transformée en rousse. L’idée vient de qui ?

- Bertrand LePage m’a donné l’idée de changer de couleur. D’ailleurs, maman est rousse. Alain Divert m’a fait ma première coloration, un roux plus électrique que maintenant. Nous avions de très bonnes relations mais à présent, je vais dans un petit salon où l’ambiance est presque familiale. Je m’y sens mieux que chez un grand coiffeur. Je me rends une fois par mois chez Margaux. Elle me coiffe de façon très naturelle : catogan ou  cheveux défaits, parfois relevés mais cela n’a rien d’habituel. Chez moi : shampooing Phytosolba et après shampooing. Ah, je vais peut-être couper mes cheveux ! La décision n’est pas facile à prendre mais j’aime beaucoup le style garçonne qu’avait Jane Birkin au temps de « Je t’aime moi non plus ». Vous me verrez avec des cheveux courts, mais pas avant un an. (Mylène se fera effectivement couper les cheveux très courts par Jean-Marc Maniatis en janvier 1991, nda)

C’est vous qui avez lancé la mode du catogan. Cet hiver, les deux points d’orgue de la coiffure sont les rousses et les coupes boule. Vous lisez les magazines de mode ?

- Je lis n’importe comment, je ne suis pas attachée à un magazine. De temps en temps, il m’arrive d’avoir de  véritables boulimies de magazines !

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LONGUE INTERVIEW INÉDITE de Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

ÉTÉ 1987

radio-02-cLe contexte de cette interview est assez flou. Sortie des archives de Bertrand LePage (qui accompagne Mylène pendant cet entretien) dans la deuxième moitié des années 1990, elle était à l’évidence prévue pour la presse, puisque lorsque l’enregistrement démarre, on entend Mylène orienter le journaliste vers Polydor pour récupérer des photos, et le journaliste parle d’article. Néanmoins, elle n’a jamais paru nulle part, et c’est donc l’enregistrement sonore brut dont nous disposons, avec tout ce qu’il faut de bruits d’ambiance, puisque l’entretien est réalisé dans un café. A ce jour, nous sommes malheureusement incapables de déterminer la publication à laquelle cette interview était destinée, ni l’identité de l’interlocuteur de Mylène.

Mylène Farmer, vous rentrez en force dans le Top 50 avec « Tristana », votre nouveau 45-trs. En fait, c’est une continuité après « Libertine », une continuité de succès. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi après trois ans, vous vous mettez à cartonner vraiment, d’après vous ? C’est un changement de style, un changement d’équipe, un changement de vision ?

MF : (rires) Il n’y a eu ni changement de style, ni changement d’équipe ! C’est un concours de circonstances, des chansons qui arrivent au bon moment. C’est la seule réponse que je peux formuler.

Comment êtes-vous arrivée dans la chanson ? Et comment vous avez pu faire votre premier 45-trs, « Maman a Tort » ?

MF : J’ai rencontré une personne qui s’appelle Laurent Boutonnat, et qui était compositeur et qui m’a proposé la première chanson, qui s’appelait « Maman a Tort ».

Est-ce qu’avec ce texte, qui peut porter un petit peu à contradiction, vous n’avez pas eu peur de choquer un petit peu les médias ou le public ?

MF : On n’a jamais peur de choquer les médias quand on prend le parti de chanter une chanson comme « Maman a Tort ». C’est avant tout un plaisir et puis après, c’est des réactions successives.

Toujours dans l’ordre chronologique, j’aimerais qu’on examine le deuxième 45-trs, « On est Tous des Imbéciles ». Parlez-nous de ce texte que j’aime beaucoup.

MF : Vous parler du texte… Hé bien, nous sommes tous des imbéciles, ce qui nous sauve c’est le style ! C’est toujours ce que j’ai pensé ! (rires)

C’est à partir du troisième que vous avez commencez à miser, je dirais, sur le vidéo-clip en fait, énormément puisqu’il était formidablement bien réalisé…

MF : A miser, c’est-à-dire que non. Sur « Maman a Tort », on avait fait un clip mais on avait à l’époque très, très peu de moyens. C’était déjà Laurent qui l’avait…je ne trouve plus le mot ! Enfin bref, tourné. (rires) Sur « On est Tous des Imbéciles », étant donné le déroulement de la chanson qui avait bien marché médiatiquement, mais pas du tout au niveau des ventes, c’était difficile d’envisager un clip. Et sur « Plus Grandir », c’était l’occasion, puisque là c’était une nouvelle maison de disques, donc d’autres horizons et effectivement, le premier clip réellement personnalisé.

Avec « Plus Grandir », vous avez abordez un petit peu le thème du désespoir. Bon, on retrouve le désespoir, je trouve, dans « Tristana ». C’est quelque chose qui vous correspond ?

MF : Je suis une femme désespérée, le saviez-vous ? (rires)

Désespérée de quoi ?

MF : Non, on ne peut pas parler comme ça. De même qu’il y a des thèmes qui m’attirent, comme la mort, c’est vrai que le désespoir est…Et puis c’est trop compliqué à expliquer déjà ici ! Je ne sais pas, c’est une angoisse permanente, oui, de la vie, de plein, plein de choses…

Vous avez peur de vieillir ? Vous êtes obsédée par le temps qui passe ?

MF : Pas réellement. Pas dit dans ces termes-là. C’est-à-dire tout le monde a peur de vieillir, mais c’est pas,moi, ce qui m’obsède, non. C’est peur de la mort plutôt, peur de beaucoup de choses… Oui, je pense être une personne angoissée, mais certains jours sont formidables ! (rires)

Entre les deux, il y a eu « Libertine ». Là, certaines critiques ont dit que c’était de la provocation. Vous jugez ça en ces termes ?

MF : Moi, je vais vous répondre par autre chose : c’est que la critique, je m’en moque éperdument. Que ce soit de la provocation, c’est la même chose que « Maman a Tort », qu’ « On est Tous des Imbéciles » : c’est un choix. C’est surtout des choses qui n’ont peut-être pas déjà été dites jusqu’alors, qui moi m’amusent.

Comment le thème de cette chanson est venu ?

MF : J’avoue que c’est venu un petit peu subitement. On était en studio, sur la musique qui était déjà enregistrée. Vous savez, on fait du yaourt pour essayer de mettre en place une voix, et j’ai dû dire « Je suis une catin » comme ça, et puis de ça est née cette chanson ! (elle pouffe)

Et puis, il y a eu à partir de là l’explosion avec le vidéo-clip. Je pense qu’on peut dire jusque-là -bon je n’ai pas vu le dernier- c’est le meilleur vidéo-clip. Je crois qu’il a fallu justement assez peu de moyens contrairement à ce qu’on pense, enfin tout est relatif, pour le réaliser.

MF : Oui, tout est relatif. C’est vrai qu’on nous a prêté beaucoup plus de moyens qu’il y en a eu parce que je pense qu’à l’image, le résultat pouvait ressembler à beaucoup, beaucoup de moyens certainement. Mais ça, c’est le talent certainement du réalisateur et d’une équipe aussi qui l’entourait. Et quant au suivant, c’est quelque chose de totalement différent qui est encore plus orienté sur le cinéma et que moi, j’avoue… Non, j’allais dire une bêtise, je l’aime autant que « Libertine », mais c’est… Il faut le voir, quoi ! C’est difficile aussi d’en parler…

Lorsqu’on dit que le succès de « Libertine » est venu grâce à ce vidéo-clip, vous êtes d’accord ?

MF : Je crois qu’on peut dire à 70%, c’est quelque chose, oui, qui a provoqué un intérêt certain. Bon, c’est vrai qu’il y a eu TV6 qui a énormément aidé cette promotion et qu’effectivement du jour où est né ce clip, il y a eu des ventes immédiates. Donc on peut dire que le clip a beaucoup aidé, en tout cas a beaucoup aidé ma personne.

Au niveau de « Tristana », vous avez fait de nombreuses télévisions avec une superbe chorégraphie.

Comment l’idée est venue ? Comment s’est faite la mise en place de cette équipe ?

MF : (soupir) Ca, c’est des choses toujours assez subites, en fait. On a toujours l’impression que les artistes, c’est vrai, travaillent. Ca, c’est évident… Sur « Tristana », quand la chanson est née, quand elle a été enregistrée, après moi, je me suis posé le problème de comment la promouvoir. J’ai tout de suite pensé à deux personnes derrière moi. Je préférais deux personnes féminines, mais qui n’avaient pas le prototype des danseuses qu’on voit en télévision. De même que la chorégraphie, que j’ai faite donc, je la voulais très visuelle, mais très proche de l’ambiance de la chanson. C’est-à-dire, pour moi, qui évoque un petit peu la Russie, une ambiance un peu slave, donc je voulais, comme ça, des espèces d’oiseaux noirs derrière moi, un peu rigides… Voilà comment ça s’est imaginé. Et puis après, ma foi, c’est un peu du travail quand même !

Apparemment, c’est vous qui décidez de la façon de mener votre carrière, puisque vous dites « J’ai décidé, j’ai voulu… ». Y a pas de producteur, une équipe qui fait pression autour de vous, derrière ?

MF : Je sais pas… Moi, c’est toujours quelque chose qui me fait un peu sourire. Des pressions… Je veux dire, ou on envisage une carrière et on est complètement, effectivement, manipulée et je trouve ça un peu dommage. Moi, je travaille de très, très près avec Laurent, je travaille avec lui -Laurent Boutonnat. J’ai quelques personnes autour de moi, la personne que vous voyez et qui est Bertrand, qui est mon manager. Y a aussi une maison de disques, mais eux, si vous voulez, ce sont les porte-parole un peu d’un chanteur. ‘J’ai décidé’, c’est-à-dire que moi, sur les chorégraphies, effectivement à chacun son métier, c’est ça que je veux dire. Laurent, quand lui construit un scénario, moi j’ai un droit de regard, il est évident. Je dis ‘Ca, ce serait bien…’ parce qu’on est, je pense, des êtres relativement intelligents. Mais je ne me mêle pas ni de la mise en scène, parce que ce n’est pas mon métier, ni de la mise en image. Donc voilà, je crois que chacun sa place. C’est un peu ce qu’on mélange en France, je trouve. C’est-à-dire qu’on s’imagine être des être exceptionnels dans tous les domaines. Et ça, c’est une erreur.

Parlons maintenant de votre look. Bon, au niveau des deux premiers 45-trs, il était assez sage, assez je dirais banal, sans que ça soit péjoratif. Et puis après, il y a eu un revirement total avec apparemment, vous avez les cheveux d’une différente couleur, vous avez un look totalement différent…

MF : Ca doit certainement être très explicable. Quand on dit ‘un métier qu’on apprend’, certainement… C’est-à-dire que sur « Libertine », quand on parle d’osmose, c’est aussi quelque chose qui s’est produit. C’est-à-dire effectivement, il y a eu le clip, tout de suite il y a eu, bon, une chanson qui a quand même marché assez facilement, même si c’est le clip qui a provoqué après les grosses cadences. Que moi effectivement, l’époque de cette chanson, puisqu’on l’avait située dans le libertinage, j’aime tellement les costumes, que ça a été tout de suite évident pour moi de mettre cet uniforme. Et après, ben voilà c’est « Maman a Tort », c’est « On est Tous des Imbéciles » et « Plus Grandir » qui ont fait que « Libertine » a existé de cette façon. Ca, c’est évident !

Est-ce que vous n’avez pas dans votre tête, quelque part, des projets, à plus ou moins long terme, cinématographiques ?

MF : Non, pas des projets -si ce n’est celui que j’ai depuis assez petite, c’est de jouer un jour dans un film. Mais là aussi, beaucoup de prétention : pas dans n’importe lequel. C’est pour ça que je n’ai pas commencé d’ailleurs cette carrière, même depuis la chanson, où j’ai eu quelques propositions. Vous imaginez le genre de propositions… ! (elle pouffe) Donc, oui, c’est quelque chose que je laisse dans le coin de mon esprit, que j’ai vraiment envie de réaliser. C’est vrai que si Laurent, un jour, réalise un long-métrage, ce qui pourrait être assez précis maintenant, ce serait la personne avec qui j’aimerais tourner. Y en a quelques-uns d’autres, mais très peu…

Parlez-moi de l’album que vous avez fait l’année dernière, de votre premier album, des chansons, des thèmes abordés ?

MF : Ben, moi, je vais vous faire un exposé très scolaire ! Il y a quoi ? je crois dix chansons, donc les 45-trs qui sont inclus dedans. Il y a une chanson qui s’appelle « Chloé », qui parle de la cruauté des enfants, qui est traitée d’une façon un peu comptine satanique. Une autre chanson qui s’appelle « Vieux Bouc », qui parle du diable et qui est un peu humoristique aussi. Il y a « Au bout de la Nuit », qui fait la face B de « Tristana », donc, le dernier 45-trs, qui là traite un peu du désespoir, un peu de… J’ai du mal à mettre des étiquettes, parce qu’une chanson -ce dont on m’avait fait d’ailleurs le reproche- ne parle pas de ax+b et de ‘je prends mon petit crème le matin’, donc c’est également difficile de l’expliquer. Si ce n’est qu’il y a, je l’espère, une ambiance générale, enfin un thème général en tout cas. Qu’est ce qu’il y a d’autre, je ne sais plus ! (rires) Il faudrait avoir le 33-trs sous les yeux , là, j’avoue…

Quels sont les traits essentiels de votre personnalité en tant que chanteuse ? J’ai l’impression par exemple, à première vue, qu’il y a un côté pudique assez maqué chez vous. Est-ce que c’est vrai ?

MF : Oui… Je suis quelqu’un, je pense, de pudique, ce qui doit vous sembler un paradoxe, quand on chante « Libertine » ou « Maman a tort », mais c’est un métier paradoxal, et moi je crois avoir une personnalité certainement paradoxale, mais comme beaucoup de personnes. C’est des choses qui n’ont rien à voir finalement entre elles. On peut avoir beaucoup de pudeur et à la fois être excentrique à certains moments.

J’ai l’impression que vous n’êtes pas le genre de chanteuse à pavoiser dans des cocktails mondains ou des choses comme ça…

MF : Je pense que vous avez vu juste ! (rire franc) Non, je n’aime pas ça, je n’ai jamais aimé ça et je crois que je n’aimerai jamais ça !

Parlez-nous maintenant de la scène : quand est-ce qu’il y aura une scène parisienne, comme l’Olympia ou quelque chose comme ça ? Comment vous voyez votre spectacle ?

MF : Je ne sais pas encore, ni en ce qui concerne la date, parce que c’est pas encore quelque chose qu’on a fixé. C’est quelque chose que je pense beaucoup. Quant à la mise en scène…(soupir) Je vais vous dire des choses un peu imprécises, si ce n’est que je voudrais un spectacle visuel, essayer peut-être de mêler un peu du théâtre, mais un regard très, très loin, ça fait toujours un peu peur (rire nerveux)… J’avoue que j’en sais rien, mais c’est quelque chose que j’aimerais beaucoup faire.

Depuis trois ans, qu’est-ce qui vous a marqué dans ce métier ? Est-ce qu’il y a des choses qui vous ont déplu, qui vous ont plu ?

MF : Tout m’a marqué, parce que, sans dire de bêtises, je crois que tous les jours on apprend ou on désapprend quelque chose. Mais en tout cas, il se passe quelque chose. Ha si ! une généralité : c’est que concernant vraiment le groupuscule ‘show -business’, c’est-à-dire que ce soient les producteurs d’émissions, les programmateurs, les gens de télé, les gens des médias sont des gens, qui ont essayé d’installer une, comment dire, une espèce de loi qu’ils ont créée et qu’ils ne respectent pas eux-mêmes, voilà. C’est-à-dire qu’ils ont créé un Top 50 qui veut dire des ventes de disques, qui voudrait dire donc des programmations obligatoires à la télévision, qui voudrait dire un certain respect malgré tout de l’artiste, et que quelque fois, eux, manquent un peu d’intégrité par rapport à ça. Mais c’est quelque chose qui ne m’étonne pas vraiment ! Mais voilà, moi, la chose qui m’a le plus pas bouleversée, mais qui m’a confortée, en fait, dans mon idée. C’est-à-dire, à mon avis, un manque de talent général et manque d’intégrité, tout simplement.

Vous évoquiez le Top 50, c’est quelque chose de regrettable pour vous ? Le fait…

MF : (elle l’interrompt) Non, bien sûr que non. Chacun a sa chance un jour. C’est-à-dire qu’autant sur « Plus Grandir », je n’ai pas goûté les délices du Top 50, sur « Libertine », ce sont des références maintenant qui sont établies pour les jeunes, c’est évident, ça, on ne peut pas faire abstraction. Donc quand on est dedans, on est ravi, parce que ça engendre plein de choses. Le Top 50, je m’en fous, moi, à la limite ! Mais parce que ça existe et qu’il faut exister avec. Voilà, point final !

Le problème, c’est que c’est peut-être plus dur, dans la mesure où une carrière marche ou ne marche pas suivant l’entrée d’une chanson au Top 50, ou pas.

Mylene FARMER 1987 Credit : Caprio /DALLEMF : C’est le drame de ce métier, maintenant. C’est qu’effectivement les gens, enfin toujours ces gens des médias -je ne sais pas pourquoi, quand je dis ça, j’ai toujours l’impression de voir les corbeaux d’Hitchcock, vous voyez ? -ces gens-là ne pensent plus du tout, effectivement, ni ‘carrière’, ni ‘continuité’ à la limite. Mais ça, c’est encore une minorité finalement, parce qu’on se rend compte aussi, qu’il y a quand même des gens qui, derrière, vous suivent depuis un moment. Mais ces gens-là, on ne les rencontre pas forcément en temps et en heure. Voilà, c’est le drame de ce métier : c’est que maintenant, n’importe qui, n’importe quand peut faire un million de disques et demain ne plus exister, et que ça ne dérange a priori personne, puisque tous les jours, il y en a un qui sort, et tous les jours y en a un qui meurt.

Une fois, dans un journal, vous avez dit que vous aviez plus d’admiration pour un homme de science que pour un chanteur. C’est vrai ?

MF : Oui, je confirme. Ca n’a rien de méchant, une fois de plus, ni de venimeux. C’est quelque chose qui existe. J’ai plus de fascination, c’est vrai, pour quelqu’un dit intellectuel mais sans, moi, prétention de ma part, c’est-à-dire pour quelqu’un qui…je ne sais pas, j’ai plus la fascination d’un grand metteur en scène, d’un grand écrivain, d’un savant, ces métiers-là. Des gens qui, je ne sais pas, qui construisent réellement, qui ont l’essence de cette construction, que les chanteurs n’ont pas. La preuve, je veux dire tous les jours vous rencontrez des chanteurs et tous les jours vous ne découvrez pas des, je sais pas, des gens bouleversants, des gens incroyables, parce que malgré tout… Mais comme l’acteur : il y a une race d’acteurs qui est certainement prodigieuse, enfin on les remarque aussi à l’écran, voilà c’est ça que je veux dire ! Les chanteurs prodigieux, on les remarque aussi à l’écran. Voilà…Une fois de plus, là, je suis spectateur quand je dis ça. C’est pas moi, m’insérer parmi un groupe ou un autre ? C’est toujours délicat. Mais c’est normal, c’est vrai que ça n’est pas… Personne ne m’a étonnée dans ce milieu.

Comment situez-vous votre public ? Est-ce que vous avez des rapports avec lui, des rapports à travers les lettres que vous recevez, peut-être ?

MF : Bien sûr, le courrier, que j’aime beaucoup. J’ai pas mal de courrier, je pense. Il y a des lettres qui sont passionnantes, qui sont bouleversantes, qui sont même très étonnantes quelques fois ! Là, je pourrais dire un peu la couleur des personnes qui m’entourent, c’est malheureusement des gens un petit peu désespérés, un peu névrosés. Il y en a d’autres aussi qui écrivent à tous les chanteurs et qui veulent le sempiternel autographe, ce qui est charmant d’ailleurs, mais-là, je ne peux pas donner la couleur. Sinon, je sais pas bien.

Je sais pas bien encore. Je crois qu’on s’en rend compte réellement dans un spectacle, dans une salle : là, on voit bien qu’il y a une dominante de 14-15 ans ou de personnes plus âgées. J’en sais rien…

C’est quand même fascinant, je trouve, d’être un chanteur et d’avoir un impact sur un public, d’être l’idole d’un public…

MF : Oui…C’est-à-dire, voilà le genre de choses qui sont presque inexprimables mais qui sont un peu traumatisantes, mais aussi dans le bon sens, mais traumatisantes parce qu’inexplicables, parce qu’une personne pourra… Moi, il y a deux, trois personnes qui me suivent à chaque fois que j’ai un enregistrement télévisé, ils seront là, en début, en fin d’émission, ce qui veut dire qu’ils auront attendu dehors, sur le trottoir pendant près de trois heures, quatre heures parfois, qui sont prêts à venir à Cannes…Bon, ce sont des choses qui sont tellement incroyables. Et à ces personnes, on demande une espèce d’attention envers elles, qu’est-ce qu’elles font dans la vie et ces personnes se vexent, car elles disent, ‘Mais c’est pas parce que je suis là que je ne fais rien de ma vie !’. C’est bizarre…

Est-ce que c’est pas dur, d’avoir comme ça une, j’allais dire une ‘cour’, une cour de fans ? Est-ce que c’’est pas gênant ? On n’est pas toujours enclin à répondre à ces gens…

MF : C’est toujours la peur d’être maladroit, d’être tout simplement absent. Et c’est difficile aussi d’être toujours présent. On sait que ces gens-là ont une demande momentanée, puisqu’ils ou vous rencontrent dans la rue ou vous rencontrent lors d’un spectacle et que vous, vous venez pour eux, mais pour eux dans une majorité, pas pour une personne. Moi j’ai toujours peur, oui, de froisser et c’est quelque chose d’un peu traumatisant aussi et c’est pour ça que…

Vous pensez déjà avoir froissé un admirateur ou quelqu’un qui vous demande… ?

MF : Je crois pas, car j’ai toujours fait très attention, étant moi-même un peu… (rire gêné) J’ai pas une sensibilité à fleur de peau, c’est quelque chose auquel je fais attention. Mais certainement j’en ai froissé, certainement. Mais je ne sais pas, là !

Revenons à ‘l’examen’ de votre carrière : pourquoi une rupture entre RCA et Polydor, entre je ne sais plus quel disque ?

MF : C’était sur « On est Tous des Imbéciles ». Parce que c’est… (soupir) J’ai pas du tout envie de faire le procès d’une maison de disques. Il se trouve qu’une maison de disques nous a fait un appel du pied, que c’était une maison qui allait naître, puisqu’elle avait un nouveau directeur, que RCA avait prouvé certaines choses, mais certainement dans le mauvais sens aussi : leur capacité ou au moins leur envie de m’aider. Et voilà, ce sont les choses de la vie et tant mieux que ça se soit passé comme ça, parce que il y avait un sang neuf chez Polydor certainement, il y avait un directeur jeune, qui a voulu lui aussi prouver des choses et ça, c’est important.

Revenons en guise de conclusion à votre personnalité. Je crois que vous êtes quelqu’un qui aime beaucoup les animaux, puisqu’apparemment, il y a beaucoup de photos de vous qui sont parues dans la presse en compagnie d’un petit singe, notamment . Parlez-nous en…

MF : De mon petit singe ?! C’est vrai que j’ai une passion pour les animaux, mais spécialement pour les singes.  Vous dire pourquoi…Je vous mettrai un singe en face de vous, si ce n’est les singes qu’on voit au zoo, mais vraiment près de vous…La première chose, c’est qu’un singe a quatre mains et que c’est très important. Un chat, moi que j’adore, n’a pas non plus la faculté de porter les choses, d’écrire, de faire des gestes, qui certainement vous copie, que c’est un regard qui est tellement intelligent, mais qui est déconcertant aussi ! Je sais pas, ça a un caractère fascinant, le singe…

2014 MONKEY ME

C’est un animal coléreux…

MF : C’est épouvantable ! C’est-à-dire, oui, c’est coléreux, c’est caractériel. Mais c’est génial, vraiment ! (rires)

Vous avez des ‘prises de bec’ avec votre singe régulièrement ?

MF : Oui, régulièrement, d’autant qu’il a des périodes de chaleurs -comme tous les animaux- et j’avoue que le singe, je crois, c’est l’animal le plus énervant qui soit quand il a ses chaleurs ! C’est-à-dire qu’il est ; enfin, le mien en tout cas, cette race de capucin couine pendant trois jours -parce que ça dure à peu près 3-4 jours, ça dépend de la grosseur des chaleurs- va couiner, va vous regarder, va vous énerver, va prendre des objets si on ne s’occupe pas de lui et va les taper très, très fort pour qu’on le regarde…Enfin c’est épouvantable ! J’en ferais bien un civet de lapin, un civet de singe plutôt ! (rires)

Très bien, je vous remercie !

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SIDA, LE GRAND RENDEZ-VOUS avec Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

4 JUIN 1987 – Présenté par Jean-Marie CAVADA sur ANTENNE 2

1987-09-bA l’époque diffusée sur Antenne 2, cette édition de « La Marche du Siècle » est exemplaire puisqu’il s’agit de l’une des toutes premières émissions en France en prime-time consacrée au Sida. A l’initiative de Line Renaud se sont réunis sur le plateau du débat de Jean-Marie Cavada un grand nombre d’artistes venu afficher leur engagement pour cette cause.

C’est le cas de Mylène qui, en cours d’émission, interprète « Au bout de la nuit ».

Plus tard dans l’émission, Jean-Marie Cavada fait réagir les différents artistes présents sur le plateau. Il se tourne donc, entre autres vers Mylène.

Jean-Marie Cavada : Mylène Farmer, ça vous apparaît aussi à vous la grande peur de la fin du siècle, le Sida ?

Mylène Farmer : Ca m’apparaît… ?! Je n’ai pas compris.

JMC : La grande peur de la fin du siècle.

MF : Ca transparaît en tout cas. Le fait que cette émission ait lieu, je pense que c’est quelque chose, oui, qui est très, très grave. C’est un fléau. Maintenant, que dire ? Moi j’ai côtoyé la mort de très près, j’ai vu une personne partir avec un problème de cancer. C’est quelque chose de dramatique et la vie est parfois une vaste plaisanterie. Voilà, je ne sais que dire…

Jean-Marie Cavada fait réagir ensuite Marc Lavoine. Mylène n’intervient plus jusqu’à la fin de l’émission.

Notons toutefois qu’étant placée derrière Line Renaud et Jean-Marie Cavada, on la voit très, très souvent à l’image.

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QUEL AVENIR MADAME Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 15 juin 2014

 

1987-16-aSEPTEMBRE 1987« Tristana » est votre cinquième 45-trs mais vous n’avez connu véritablement le succès que l’an dernier grâce à « Libertine ». Vous aviez alors vingt-quatre ans. Cette gloire soudaine a-t-elle changé votre existence ?

- Je ne crois pas. Bien sûr, sur le plan pratique il est plus intéressant d’être connu et d’avoir du succès. Les portes s’ouvrent plus facilement, on a un semblant de respect et on en éprouve une certaine fierté. Par ailleurs, je n’ai plus besoin de faire des galas plus ou moins minables, de me produire dans des clubs entre deux disques ringards. Je me suis jurée de ne plus jamais faire ça. Enfin,  financièrement, ce n’est pas mal non plus, puisque chaque matin je peux m’acheter trois croissants au lieu de deux !

Qu’attendez-vous de l’existence ? Comment rêvez-vous l’avenir ?

- Je ne me suis jamais posée la question. Je vis au présent et pas tellement dans le futur ni le passé. Ce qui est certain, c’est que je ne pense pas au mariage, aux hommes, aux enfants… Je peux même dire que j’occulte totalement le sujet des enfants. Je préfère nettement les animaux ! (rires) Mais cela changera peut-être un jour…

Vous êtes née le 12 septembre 1961 à 5h17 du matin, à Montréal. Vous êtes donc du signe de la Vierge, ascendant Vierge. Avez-vous conscience de l’influence de votre thème astral sur votre caractère ?

- D’assez loin, je dois l’avouer. L’astrologie m’intéresse par personne interposée. Je veux dire par là qu’un ami, Bertrand Lepage, qui travaille à mes côtés, est passionné par le sujet et m’en parle souvent. Son approche est très intelligente et je la respecte totalement, bien que n’étant pas influencée pour autant. Il m’a un jour établi mon thème et m’a révélé des choses assez étonnantes. Il m’a prédit des évènements auxquels je ne pouvais absolument pas m’attendre et qui sont réellement arrivés peu après. Il m’a prédit aussi le succès de « Libertine ». De là à consulter des voyants, il y a un grand pas que je n’ai pas encore franchi. Je pense que le fait d’être du signe de la Vierge m’en a attribué quelques grands traits de caractère, mais je ne suis pas assez calée pour vous dire si je suis une vierge typique.

Quels sont donc alors vos défauts et vos qualités ?

- J’ai beaucoup de défauts mais je ne vous en citerai que trois, les plus marquants : mauvais caractère, trop de cynisme, et beaucoup d’intolérance. Quant à mes qualités… disons la rigueur et l’intégrité !

Êtes-vous superstitieuse ?

- Non, vraiment pas ! J’aime les chats noirs plus que les autres et je ne vois pas pourquoi la couleur verte ou le fait de passer sous une échelle m’attirerait les foudres de l’au-delà.

A propos de l’au-delà, croyez-vous à une autre existence après la mort ?

- Je suis dans une phase d’interrogation. Je me sens attirée par ce domaine, mais je reste pour l’instant incrédule. Je n’ai jamais essayé, même par jeu, d’entrer en communication avec les esprits. En revanche, j’ai entendu les témoignages de nombreux amis en qui j’ai toute confiance et qui ont été très troublés par des séances de spiritisme. J’aimerais essayer un jour mais à condition de le faire avec des personnes très sérieuses et très documentées. Pour l’heure, je préfère m’intéresser à l’esprit plutôt qu’aux esprits.

 

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Mes Courants Electriques : monologue du vagin

Posté par francesca7 le 13 juin 2014

 

    Voilà un album homogène. C’est sur, personne ne sera surpris par le ton de telle ou telle chanson. Après plusieurs écoutes on peut ressentir l’impression d’avoir écouté 11 fois les 2 mêmes chansons, ce qui ne n’arrive pas pour des albums comme Innamoramento ou même Gourmandises. D’autre part on peut ne pas reconnaître comme d’accoutumée les compositions de Laurent Boutonnat instinctivement dès les 2 premières notes.

    En fait le tout manque singulièrement d’énergie (dans les mélodies et dans le phrasé, alors que les arrangements s’en sortent). On pouvait s’attendre à des gros tubes « bien bourrins » comme la chanson Gourmandises, mais à la place on a une espèce de divagation insipide sur les éternels thèmes de l’amour et de la solitude à la sauceWhat For, c’est à dire finalement assez plate et « pleine de bons sentiments ». Se détachent la splendide musique de Tempête, la légèreté ludique de Toc De Mac qui amusera à coup sûr par son texte et sa mélodie entêtante encore dans un an, et dans une moindre mesure J’ai pas vingt ansHey! amigo!, et sûrement A contre-Courantqui promet de devenir un single-phare de l’album.

 

Mes Courants Electriques : monologue du vagin dans Mylène et ALIZEE jpva

 

    En ce qui concerne les paroles, à part A Contre-Courant et J’en ai marre, nous résumerons ça par « confus ». Qu’à voulu faire Mylène Farmer ? De l’emphase ? Fragments incompréhensibles de phrases et abstraction narrative omniprésentes à l’appui, aucun univers ne se dégage vraiment de l’album, si ce n’est celui du 1eropus, par projection. Dans la majorité des chansons la poésie n’est plus au service du thème de celle-ci, mais au service d’elle même, ce qui peut donner l’impression en somme qu’Alizée chante la plupart du temps pour ne rien dire. Pourquoi par exemple ne pas être allé plus loin dans les parallèles avec le film de Jeunet ? (Amélie m’a dit) avec la vie de Napoléon ? (Tempête) Peut-être parce que Mes Courants Electriques se destine à un public différent de celui d’ Innamormento, qui accepte mal le concept « d’album labyrinthe ».

    Si on s’attache à une chanson en particulier : L’e-mail a des ailes, on peut toutefois lire à travers les lignes un hommage à Laurent Boutonnat. Certes son nom est cité en jeu de mots au dernier vers du dernier couplet de la chanson « Son souffle qui m’entrouvre, qui déboutonna ma vie ». (Des Boutonnat : ma vie)? Les rapprochements ne s’arrêtent pas là et on peut voir dans le premier vers du deuxième couplet la fonction de Boutonnat explicitement nommée : « L’au…teur, un coeur ». Le « clavier » dont on parle au deuxième vers du troisième couplet est celui d’un ordinateur, c’est le thème de la chanson; mais il n’est pas difficile de penser au clavier de Laurent Boutonnat qui nappe tout l’album d’Alizée, et cette chanson en particulier, jusqu’à s’autoparodier (cf. le pont musical de la chanson).

    En effet, un album bien « dans l’air du temps », à écouter, mais en faisant autre chose en même temps. Mylène et Laurent ont cherché pour Alizée un nouveau style, et l’ont (malheureusement ?) trouvé. Il plane tout au long de l’album une homogénéité suave qui fait que Mes Courants Electriques forme un tout, ou tout tourne autour du personnage d’Alizée, du moins de l’attraction qu’elle est sensée exercer sur nous. Pourtant, même si cet album a pour lui la cohérence, il lui manque cette touche Boutonnesque (et/ou Mylènienne au choix) et si attractive de morbidité noire, de mélancolie malsaine, qu’on retrouvera probablement dans le prochaine album de Mylène Farmer et dans son livre. Inabouti mais très rafraîchissant.

Jodel, le 2 avril 2003

 

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Mylène F. et analyse de Mon Ange

Posté par francesca7 le 13 juin 2014

Splendeur d’une sensualité moite

Mylène F. et analyse de Mon Ange dans Les Clips de Mylène monange06    L’éternel ciel orageux qui semble plomber la création de Laurent Boutonnat depuis l’échec de Giorgino est on-ne-peut-plus-présent. Cette fois un vent humide emporte avec lui une pluie fine et des feuillages. Il n’y a pas de sol, juste un ciel devant lequel se dresse une silhouette illuminée d’éclairs, une femme encapuchonnée d’une longue cap rouge dont elle se défait. On devine le soleil derrière les nuages, on le voit ce rayon blanc qui éclaire le visage renversé de la femme aux cheveux longs. Avant Parler tout bas et Pardonne-moi Boutonnat use déjà de pellicule noir & blanc à de courts moments pour parcourir le corps de son égérie avec un grain fort sur le support argentique, il le fera par la suite sur les poupées du clip d’Alizée puis sur le corps dansant dans la poussière de Mylène Farmer.

 

 

monange15 dans Mylène et SYMBOLISME

 

« Malgré les doutes et les médisances
Malgré la peur, malgré les souffrances
Je pense que l’on avait rendez-vous »
 

« Alors cette fois je veux rester
Ne plus croire que si j’aime
On va m’abandonner »

 

    On est proche ici du Saudade d’Etienne Daho réalisé par Philippe Gautier (1991), dans la fusion de la nature, là bas du jeune homme étendu dans la rosée au milieu des insectes, ici de la femme généreuse évoluant dans une humidité omniprésente où s’accouplent des chevaux trempés jusqu’aux os. Les éléments naturels chez Laurent Boutonnat, et plus particulièrement la pluie, jouent des rôles centraux. Non seulement la pluie agit toujours en personnage propre, influant les agissements des personnages,  mais elle est souvent teinte d’une couleur divine, si bien que  les héros de Boutonnat ne s’en protègent même pas, et la subissent comme ils se feraient à une malédiction qu’ils mériteraient. Le marionnettiste de Sans Contrefaçon (1987) ne se protège pas de l’averse torrentielle qui s’abat sur lui, il n’aura de regard que pour son pantin tombé dans la boue. Si les vieux de Sans Logique (1989) font semblant de se retirer à cause des gouttes de pluie qui commencent à tomber, c’est pour mieux cacher leur déception devant l’échec de leur rejeton, agonisant sous leurs yeux. La pluie sur Marie à la fin de Giorgino (1994) a même un effet révélateur, c’est en divagant pieds nus sous l’orage qu’elle tombera entièrement et définitivement dans sapropre folie. La pluie encore dans Parler tout bas (2001) où Alizée reste dans sa chambre d’enfant éventrée et abandonnée à l’eau qui tombe du ciel. On la retrouvera plus tard sous la même averse lorsqu’elle enterrera son ours en peluche. La pluie enfin dans Hasta Siempre (1997) où déjà Nathalie Cardone ne faisait qu’un avec l’élément pluie pour porter à la révoltion tout un peuple qui emmène avec sa colère les tourments du ciel. 

 

monange50

   Ici le réalisme n’est pas à propos, et ne le sera d’ailleurs plus jusqu’à Moi…Lolita trois ans plus tard. Boutonnat se met déjà à parler avec sa propre langue, avec ses propres références (les chevaux piétinant deAllan, la robe de Beyond my control, le climat de Sans Logique). Rien de nouveau en somme, c’est vrai. Mais quelles images ! Images naturalistes de cheveux qui ondulent au vent alors que la pluie les humidifie et les alourdie peu à peu, images d’une femme dans son élément, dont la sensualité ne peut que s’exprimer dans un environnement aussi violent.

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Boutonnat et BEYOND MY CONTROL

Posté par francesca7 le 13 juin 2014

La conception du clip par Laurent Boutonnat 

beyond110Bien loin des structures habituelles qui régissent le clip, ceux dont nous parlons ici pourraient résulter d’un mélange inédit entre plusieurs formes filmiques, plus ou moins éloignées les unes des autres : Le film musical, le film de divertissement, le film expérimental, le film publicitaire, le film muet. Laurent Boutonnat, comme écartelé entre deux pôles opposés du cinéma (le pôle du divertissement et celui du cinéma expérimental) choisi deux axes d’approche pour ses clips. On peut aisément se rendre compte que les deux conceptions du vidéo-clip par ce réalisateur se départagent selon la durée de chacune de ses productions. Sur les vingt-cinq clips que Laurent Boutonnat a tournés, six d’entre eux durent plus de sept minutes, comportent des musiques additionnelles, sont encadrés par un générique de début puis de fin, et contiennent parfois des dialogues. La durée de la majorité des autres clips restent approximativement autour de celle de la chanson qu’ils illustrent et explorent une imagerie plutôt qu’un récit à proprement dit.

Les clips longs comme une visée cinématographique

La première catégorie, celle des clips à durée supérieure à six minutes, obéit aux règles du cinéma traditionnel, par opposition au cinéma expérimental, chacun de ces six films obéit davantage aux critères qui font d’une œuvre un film de divertissement qu’à ceux qui régissent la forme du vidéo-clip. Bien loin du studio au décor épuré loué à la journée, des déjà vieux effets spéciaux rappelant l’Art vidéo tel que le pratiquaient des artistes comme Paik dans Global Groove (1972) ou Emshwiller dans Scape-mate (1972), Laurent Boutonnat a pensé six de ses clips comme autant de fictions cinématographiques se démarquant le plus souvent possible de l’esthétique du vidéo-clip, tel qu’il existait encore en 1985. La durée habituelle d’un vidéo-clip oscille entre trois et cinq minutes. Laurent Boutonnat, dans ses six clips les plus longs arrive à des résultats compris entre huit et dix-huit minutes. Ces minutages exceptionnellement longs pour des clips destinés aux passages télévisuels répétés seront paradoxalement l’outil principal de la volonté de vision par le plus grand nombre. Misant sur le bouche à oreille, ces clips (pourtant eux-même objets promotionnels) seront eux-même l’objet d’une promotion. Et c’est précisément cette popularisation du clip qui portera la musique qu’il illustre à l’oreille de tous, avec en perspective non seulement la vente du support phonographique, mais également du support vidéo, la majorité des clips de Laurent Boutonnat ayant été disponible dans le commerce. C’est en partie grâce à leur relative longue durée et à leur support (pellicule 35 mm au format d’image 1.85 ou 2.35) que quatre de ces films ont pu bénéficier d’une exploitation en salles de cinéma avant et simultanément à leur diffusion télévisée. Conviant la presse cinématographique et musicale pour les premières séances, omettant de préciser au public que le film projeté était un court-métrage (grandes affiches à l’appui) un clip comme Libertine doit son succès à l’exploitation au cinéma Publicis des Champs-Élysées à Paris (juin 1986) dont il a bénéficié deux jours durant : évènement pour un clip qui s’est largement répercuté sur les ventes de 45 tours à l’époque, la télévision française ayant largement rediffusé le clip suite à l’engouement des projections. Avec des durées peut vendables à priori en télévision, le réalisateur prend pourtant le risque d’être ignoré, la carrière de ses clips ne saurait se passer de la multidiffusion propres aux médias télévisuels. On ne peut être présent sur tous les marchés si l’on a rien à vendre, c’est pourquoi les méthodes pour diffuser progressivement le clip au public ne saurait se justifier sans l’envergure de l’originalité intrinsèque du contenu.

beyond106Une grande différence avec le clip traditionnelse situe avant tout dans le statut de l’interprète, qui devient héros d’une histoire, et autour duquel gravitent des personnages secondaires. Bien souvent, l’interprète de la chanson illustrée est elle-même un personnage secondaire, et sa mise en valeur tient au mystère qui entour son arrivée tardive et sa courte présence à l’écran. Sans Contrefaçon joue sur cette absence, où l’interprète de la chanson ne fait qu’une apparition de deux minutes au milieu de ce film qui en compte huit. Cette arrivée du personnage, attendue depuis le début du film, est mise en scène par la transformation (non-montrée) de ce Pinocchio en créature mi-homme mi-femme. Créature qui disparaîtra mystérieusement deux minutes plus tard. La double frustration provoquée alors chez le spectateur tient à l’arrivée tardive de la chanteuse tant attendue et à la brièveté de sa présence à l’écran. On retrouve ce même schéma dans d’autres clips de Boutonnat tels Tristana (1987) où l’interprète en question meurt au milieu exact de l’histoire. Le personnage central n’est alors pas celui qu’on voit le plus souvent à l’écran, mais celui autour duquel gravite l’histoire et qui se trouve être l’objet convoité par le personnage principal, détenteur de la part de mystère de la diégèse.

SOURCE / http://jodel.saint.marc.free.fr/

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LES RECORDS DE MYLENE FARMER

Posté par francesca7 le 13 juin 2014

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Mylène Farmer est l’artiste ayant classé le plus de singles dans le Top 10 français :
(43 titres) Libertine, Tristana, Sans contrefaçon, Pourvu qu’elles soient douces, Sans logique, Désenchantée, Regrets, Je t’aime mélancolie, Beyond my control, Que mon coeur lâche, XXL, L’Instant X, California, Rêver, La poupée qui fait non, L’Âme-stram-gram, Je te rends ton amour, Souviens-toi du jour, Optimistique-moi, Innamoramento, Dessine-moi un mouton, L’histoire d’une fée, c’est…, Les mots, C’est une belle journée, Pardonne-moi, Fuck them all, Q.I, Redonne-moi, L’amour n’est rien…, Peut-être toi, Slipping away (Crier la vie), Avant que l’ombre… Live, Déshabillez-moi Live, Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air, Sextonik, Oui mais… non, Bleu noir, Lonely Lisa, Du temps, À l’ombre.

 

Record de singles classés n°1 dans le Top 50 des meilleures ventes de singles en France :
(13 titres) Pourvu qu’elles soient douces, Désenchantée, XXL, Slipping away (Crier la vie), Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air, Sextonik, Oui mais… non, Bleu noir, Lonely Lisa, À l’ombre.

 

Record de singles consécutifs classés n°1 dans le Top 50 des meilleures ventes de singles en France :
(8 titres) Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air, Sextonik, Oui mais… non, Bleu noir, Lonely Lisa.

 

Record de singles classés simultanément dans le Top 50 des meilleures ventes de singles en France :
(4 titres) Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air.

 

Records de singles d’un même album classés n°1 dans le Top 50 des meilleures ventes de singles en France :
Album Point de Suture : (5 singles, soit tous les extraits) Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins…, C’est dans l’air, Sextonik.
Album Bleu Noir : (3 singles, soit tous les extraits) Oui mais… non, Bleu noir, Lonely Lisa.

 

Record de ventes de DVD musicaux :
Mylenium Tour, environ 300’000 ventes.
Puis quelques années plus tard Avant que l’ombre… à Bercy, avec 450’000 ventes.

 

Record de ventes de Best of :
Les Mots vendu à près d’1’700’000 d’exemplaires.

 

Record de ventes de double album Live :
Live à Bercy pour plus de 900’000 exemplaires vendus.

 

Records de budget pour un clip français :
Pourvu qu’elles soient douces : 450’000 €, California : 600’000 €, L’Âme-Stram-Gram : 900’000 €.

 

Record de budget pour une tournée française :
Mylenium Tour qui a coûté plus de 120 millions de francs.

 

Record de durée pour un clip français :
Pourvu qu’elles soient douces : 17mn.

 

Record du nombre de Disques de Diamant pour une chanteuse française :
(7 albums) Ainsi soit je…, L’autre…, Anamorphosée, Innamoramento, Les mots, Bleu Noir, Monkey Me.

 

Record du nombre de trophées NRJ Music Awards :
(8 récompenses) Trois en 2000, un en 2001, un en 2002, un en 2003, un en 2006 et un en 2009.

 

Record de revenus engrangés par une artiste française :
10,4 M€ en 2001 (selon Le Figaro).

 

Record de l’artiste française la plus exportée en 2005 :
avec Désenchantée, selon la SACEM (basé sur les diffusions et copies enregistrées en 2004).

 

Record de rapidité de remplissage du Stade de France
Concert du 12 septembre 2009 complet en 2h (vendredi 28 mars 2008 à 10h).
Concert du 11 septembre 2009 complet en 1h15 (mardi 1er avril 2008 à 10h).

 

Record de rapidité de ventes d’une tournée
100’000 places vendues de sa tournée 2009 en une journée de commercialisation (vendredi 23 mai 2008).

 

Record de ventes digitales :
En 2008, le single Dégénération est n°1 du Top des titres achetés sur Internet, avec 4’998 téléchargements, en trois jours de mise en vente.
En 2008, l’album Point de Suture est l’album le plus téléchargé en France (depuis la création des ventes digitales), avec 5’121 téléchargements en quatre jours de mise en vente.
En 2010, l’album Bleu Noir est l’album le plus téléchargé en France (depuis la création des ventes digitales), avec 9’129 téléchargements en première semaine de vente. (MAJ : record battu par David Guetta en septembre 2011)

 

Record de ventes physiques en une semaine :
En 2010, l’album Bleu Noir est l’album qui réalise le plus fort démarrage en France (pour cette année-là), avec 139’000 exemplaires vendus en première semaine d’exploitation.

 

Record de présence dans le Top 50 sur quatre décennies :
Elle est la seule artiste à avoir classée n°1 du Top 50 un single dans les années ’80s, ’90s, ’00s et ’10s.

 GALA 2

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Une grande exposition télévisuelle avec Boutonnat

Posté par francesca7 le 8 juin 2014

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Une grande exposition télévisuelle 

    A partir de 1987, les productions de Boutonnat restent dans des formats capables d’être projetés dans les cinémas, mais la difficulté de trouver des salles désirant ouvrir Une grande exposition télévisuelle avec Boutonnat dans Mylène et Boutonnat libertine013leur écran à un clip de quelques minutes se fait grandissante. De plus, la surprise créée discrètement une première fois en 1985 avec Plus Grandir, puis renouvelée à plus grande échelle avec Libertine n’aurait probablement pas eu un retentissement égal une troisième fois. Tristana (1987) et Sans Contrefaçon (1987) ne bénéficieront pas d’avant-première ni de sortie sur grand écran malgré le même soin technique et esthétique apporté à leur conception cinématographique. En revanche, la première diffusion à la télévision des clips de Laurent Boutonnat se fait désormais à un horaire exceptionnel, correspondant à une forte audience. Sans Contrefaçon passera pour la première fois le soir du réveillon de la nouvelle année 1988 à 20h30 sur la sixième chaîne, transformant pour la première fois ce qui aurait pu être un simple clip en un spectacle de divertissement familial. Fort de cette visibilité télévisuelle nouvelle, Laurent Boutonnat et Polydor, la maison de disque qui l’a signé s’arrangent à chaque nouvelle sortie pour faire diffuser le nouveau clip dans une plage d’émission inhabituelle le mettant en valeur. Désenchantée (1991) passera pour la première fois dans le très regardé journal de 20h00 de TF1, alors que Regrets (1991) et Je t’aime mélancolie (1991) auront chacun la faveur d’une diffusion dans des prime-time de la même chaîne. On remarque à cette occasion que l’évènement annoncé se porte nullement sur la chanson (qui justifie pourtant la diffusion du clip) mais sur le clip lui-même, et son interprète. Les bandes-annonces et lancements des dites émissions parleront du  » nouveau clip de Mylène Farmer «  et non pas de sa nouvelle chanson, pourtant inédite elle-aussi. Cette association qui fait abstraction du réalisateur entre le nom de l’interprète et celui du clip, est fréquente. Pour le public, le clip appartient non pas à celui qui l’a conçu mais à celui qui y apparaît et qui en chante la chanson, comme libertine033 dans Mylène et Boutonnats’ils étaient dépendants l’un de l’autre, qu’ils formaient un tout et qu’ils ne pouvaient avoir qu’un unique auteur. On parle toujours du « clip d’un tel » comme quand on évoque « la chanson d’un tel », alors qu’il faut comprendre : le clip illustrant la chanson interprétée par tel artiste. La preuve apparaît à chaque remise de prix lors de Victoires de la musique ou d’Awards à l’étranger. Le vainqueur qui vient recevoir le prix n’est pas le réalisateur du clip mais bel et bien l’interprète de la chanson, sanglotant de remerciements comme si venait d’être récompensée sa performance vocale. En ne parlant que de l’objet promotionnel et non pas du disque, les émissions de variété qui passent en exclusivité les nouvelles productions de Boutonnat mettent l’accent sur le clip présenté et non pas sur la nouvelle chanson qui pourtant est la seule officiellement à promouvoir. C’est d’une part grâce à la diffusion de la chanson que la promotion du morceau de musique est effective, mais aussi par son association à un clip présenté comme un divertissement pour tous et non pas adressé au seul public de la chanteuse. Fait extrêmement rare, ici la chanson appartient au clip, et la promotion du support audiovisuel se répercute une deuxième fois mais de manière indirecte sur le support discographique.

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Les clips de Laurent Boutonnat

Posté par francesca7 le 8 juin 2014

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Se démarquer de la chanson

    Le vidéo-clip est l’instrument promotionnel d’une chanson qu’il illustre. Cet aspect publicitaire non négligeable du vidéo-clip l’oblige au renouvellement perpétuel. Plus un vidéo-clip est divertissant, surprenant ou particulier, plus il sera diffusé en télévision et augmentera de ce fait la connaissance par le public de la chanson qu’il est chargé de promouvoir. A l’inverse, la popularité d’une chanson due à ses ventes effectives ou à ses fréquents passages radiophoniques peut encourager la programmation télévisée massive du vidéo-clip correspondant. En ce sens les clips de Laurent Boutonnat suivent les deux principes, la chanson et son support audiovisuel s’enrichiront l’un l’autre. La sortie du clip Libertine verra les ventes du disque augmenter sensiblement, tandis que Pourvu qu’elles soient douces deux ans plus tard n’attendra pas le début de la diffusion télévisée du clip pour atteindre le maximum de ses ventes.

 Un autre principe vient s’adapter aux clips de Boutonnat et n’est applicable qu’à de très rares autres réalisateurs de clips. Chez Laurent Boutonnat le clip se suffit parfois à lui-même et arrive à « vivre » sans la chanson qui lui est rattachée. A plusieurs reprises, on remarque que chacun des deux supports suit sa propre exploitation, et que la rotation de la chanson en radio s’essouffle au bout de la période habituelle de trois mois de promotion alors que son clip continue fréquemment d’être diffusé, vendu en Les clips de Laurent Boutonnat dans Mylène et Boutonnat libertine030vidéo-cassettes, et même projeté en salles. Certains clips comme Désenchantée (1991) ont continué d’être diffusés régulièrement à la télévision alors que la période de promotion du disque éponyme était achevée depuis plusieurs années. Alors que la chanson elle-même n’est rediffusée sur les radios qu’à de très rares occasions, le plus souvent dans des émissions thématiques sur la période de sortie, le clip qui lui correspond est encore visible dix ans plus tard sur les chaînes musicales et dans les émissions, et cela sans distinction par rapport à sa date de sortie. On est alors dans ce cas là assez proche des habitudes de diffusion de films de cinéma, pouvant être vus indépendamment de leur période et leur contexte de sortie. 

Plus que de porter à la connaissance du plus large public possible la sortie d’une chanson dans le commerce, le dispositif mis au point par Laurent Boutonnat pour la diffusion de ses clips trouve sa justification dans sa quête de reconnaissance en tant qu’auteur. C’est par une visibilité autre que celle d’un réalisateur de clip traditionnel qu’un cinéaste comme lui pourra se démarquer d’une forme peu propice à la constitution d’une œuvre. Il prend d’ailleurs le plus grand soin à asseoir cette particularité en généralisant dans sa « clipographie » l’usage d’attributs de long-métrages cinématographiques (générique, musiques additionnelles…). En étendant le champ de diffusion de ses clips, Boutonnat sait qu’il étend la visibilité de son cinéma, en même temps qu’il remplit sa mission de promotion de la chanson, car en parvenant à faire diffuser l’un, il fait automatiquement diffuser l’autre.

La Mise en abyme d’un dispositif promotionnel 

    Le réalisateur va se servir de ce raisonnement logique d’auteur pour se justifier de l’espèce de mégalomanie qui le conduira à promouvoir ses clips en salles de cinéma. Dès Maman à tort (1984) il a pour projet un long clip dont il donne le story-board en avant -première à la presse ; preuve déjà évidente de sa volonté de rendre son travail le plus visible possible. Le clip finalement non tourné, cet effet d’annonce aura pour seul résultat la parution du quotidien Le Matin de Paris qui reproduira les dessins dans ses pages. L’invitation qu’il concevra en 1985 pour inviter la presse aux deux premières du clip Plus Grandir laisse penser à celle d’une séance de cinéma : il loue le cinéma Kinopanorama dans le XVe arrondissement et le Club 70 dans le XVIe le 13 novembre 1985 pour des projections à la presse . A aucun endroit sur les cartons d’invitation n’est précisé qu’un clip va être projeté et non un long ou un court-métrage, et le nom de la chanteuse y est mentionné comme celui de l’actrice principale « Polygram-Polydor-Laurent Boutonnat-Stephan Sperry vous invitent à la projection de Plus Grandir avec Mylène Farmer ».

Ici l’objet de la promotion n’est pas la vente du disque dans le commerce, c’est bel et bien le clip lui-même, voire son réalisateur, ou même indirectement la chanteuse dont il est question ; un tel vecteur de promotion peut hisserlibertine027 dans Mylène et Boutonnat facilement l’interprète de la chanson, vedette du clip, au rang de comédienne ponctuelle, lui donnant éventuellement une certaine crédibilité pour prétendre plus tard à des rôles au cinéma. La même stratégie promotionnelle est renouvelée un an plus tard à une échelle plus grande lors de la sortie du clip Libertine en juin 1986. Déjà en vente depuis quelques semaines, la chanson ne se distinguait alors ni par ses ventes ni par sa popularité. Il a fallu une série d’avant-premières au cinéma Mercury des Champs-Élysées à Paris pour qu’un bouche à oreille se crée dans la capitale, puis dans les médias sur ce film d’une forme nouvelle. En l’absence de terminologie pour nommer de nouvel objet « clipesque », certains articles le compareront à une sorte de  » bande-annonce de film » . Le clip sera remis aux chaînes de télévision, qui le présenteront à plusieurs reprises comme une production « venue » du grand écran. L’évènement que constitue la sortie d’un clip au cinéma, pour la première fois doublée du succès commercial de la chanson rattachée, conduit Laurent Boutonnat à être invité au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2 en août 1986 en tant que réalisateur. Un extrait du film est montré et l’interview par le journaliste Noël Mamère est dirigée sur l’aspect cinématographique du clip et son imagerie  » à la Barry Lyndon  » (Stanley Kubrick – 1975). Restant assez superficiel, l’entrevue ne permet pas d’en savoir plus sur sa réelle réception auprès du monde médiatique et artistique de l’époque. Cependant, le fait de promouvoir son clip lors d’avant-premières en salles de cinéma puis d’interviews télévisées reproduit libertine023le schéma de promotion d’une œuvre cinématographique de long-métrage. Le clip pourtant outil de promotion, se trouve lui aussi au centre d’un dispositif promotionnel le présentant comme une œuvre à part entière. Dans le cas précis de Laurent Boutonnat, ce dispositif mis en place par lui-même fait hisser son clip à la même visibilité artistique que la chanson qu’il comporte : avant que la chanteuse n’interprète la chanson en question sur scène devant son public, son clip est lui aussi « mis en scène » sur sa propre scène de spectacle : le grand écran de cinéma.

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Spectacle de Mylène FARMER avec Thierry FONTAINE

Posté par francesca7 le 5 juin 2014

 

Thierry FONTAINE est le directeur général de Pathé Live, la société chargé de distribuer « Mylène Farmer – Timeless 2013 le Film » dans les cinémas de France, Suisse et Belgique, mais également au Québec et en Russie. Il revient ici sur la mise en place de projet, ainsi que sur son succès. Interview de Sophie Khairallah

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Les spectacles (opéras, artistes de variété, comiques) diffusés en direct ou en différé au cinéma se généralisent. D’où vient cette idée ?

Nous avons commencé en 2008, avec le Metropolitan Opera de New York, qui était diffusé en direct dans les salles de cinéma en France. Ensuite, fin 2009/ début 2010, nous avons lancé les Ballets du Bolchoï, en direct au cinéma également ; L’idée, c’était de profiter de la numérisation des salles et de la retransmission par satellite, ce qui permettait – justement parce qu’il n’y avait plus besoin de pellicule – d’offrir un nouveau genre de programme aux spectateurs. Cela attire dans les salles des gens qui n’ont peut-être pas l’habitude d’aller au cinéma, mais permet aussi aux spectateurs de découvrir des œuvres qui ne sont pas accessibles facilement ; On ne va pas à New York ou à Moscou toutes les semaines. C’est donc un bon moyen de démocratiser la culture. Et l’idée a plu puisque le succès a été immédiat.

 

Qu’est-ce qui explique ce succès, selon vous ?

La qualité des programmes, l’accessibilité et le prix. Il y a aussi une vraie dimension de partage. Les spectateurs se retrouvent ensemble, en groupe, pour vivre un événement, qu’il soit en direct, ou comme dans le cas de Mylène, en différé. Pour les fans qui n’auraient pas vu le concert de Mylène, cela leur permet de vivre certaines émotions comme s’ils le voyaient « en vrai ». Pour ceux qui l’on vu, cela leur permet de revivre ces émotions et, surtout de redécouvrir le show d’une autre manière, car ils vont forcément voir des détails qu’ils n’avaient pas remarqués lors du concert. Nous espérons aussi que des gens qui n’ont jamais vu un de ses spectacles profiteront de la diffusion au cinéma pour venir la découvrir.

« L’équipe de Mylène est enchantée que les fans suivent comme ça et qu’il y ait eu cette réactivité. Tout le monde est heureux de pouvoir faire cet événement, et surtout que ce soit un événement de qualité ».

 

Mais l’effervescence dans les salles de cinéma peut-elle être identique à celle qui peut exister dans une salle de spectacle ?

Tout a fait. Il y a une dimension sociale qui est très forte quand même, avec ce sentiment de partage qui est déterminant. Au-delà de l’amour que l’on peut avoir pour l’artiste, c’est quand même plus sympa de partager un moment comme ça tous ensemble que chacun chez soi devant un DVD. La dimension événementielle est très importante aussi. C’est pour ça que l’on concentre ce genre d’événement sur une date précise à une heure précise. Si nous diffusions « Timeless 2013″ Le Film comme un film de cinéma classique, avec plusieurs dates et plusieurs séances par jour, ç n’aurait pas la même dimension. Mieux vaut vivre ce genre d’événement avec des salles pleines que de venir le matin à 11 h dans une salle où il y a trois personnes.

 

Qui est à l’origine de la demande pour la diffusion de « Timeless 2013 Le film » au cinéma ? L’équipe de Mylène ou Pathé Live ?

Tout le monde éprouvait vraiment le besoin de le faire. Il y avait déjà eu une diffusion au cinéma en 2009. Mais pas à une aussi grande échelle. Je vous avoue que j’ai harcelé mon contact chez Universal pendant pas mal de temps pour le fait (rires). On sait que Mylène Farmer est la seule qui arrive, en France, à faire d’aussi grands spectacles, et la seule qui soit vraiment attachée au fait d’offrir ce genre de show à son public. Et on sait que c’est adapté pour le cinéma car la production, l’artiste, et son management ont eu une démarche tournée vers la qualité et la dimension cinématographique dès le départ. Ce tournage a nécessité trente caméras, dont des caméras 2K utilisées pour le cinéma. Et l’image est en format cinémascope, c’est-à-dire un format d’image qui occupe toute la surface de l’écran en largeur. C’est pour ça que le titre « Timeless 2013 Le film » est tout à fait approprié. Il ne s’agit pas techniquement d la projection du DVD (qui proposera le même film que celui diffusé au cinéma) sur un écran. C’est une projection très qualitative, aussi bien au niveau de la définition de l’image que du son. C’est une vraie démarche artistique, et ce depuis le début.

 

Concernant les ventes des places pour ce film, vous attendiez-vous à un tel succès ou est-ce une surprise ?

On s’attendait à ce que ce soit un succès, car nous savons que Mylène et l’artiste française musicale la plus populaire en France, et ce depuis longtemps. Une artiste, en plus, qui a su renouveler son public au fil du temps. Mais nous ne nous attendions pas non plus à un succès de cette ampleur, ni aussi rapidement. Dès qu’on a ouvert la billetterie, 10 000 places se sont vendues en quelques heures. On n’avait jamais vus ça !

 

Sur combien de places mises en vente ?

Il n’y a pas de limite. Les cinémas adaptent la capacité en fonction du niveau de réservation. Ils commencent par envisager d’ouvrir une salle. Et s’ils voient que ç a marche, ils ouvrent une autre salle, le même jour à la même heure. Là, aujourd’hui, il est évident que Mylène va être jouée dans les plus grandes salles de tous les cinémas qui participent à l’événement. Et si les grandes salles sont complètes, comme c’est déjà le cas actuellement dans certaines villes de France, les cinémas ouvriront une deuxième grande salle.

 

Comment avez-vous, à l’origine, déterminé les villes où « Timeless 2013 LE Film » serait projeté ? Avez-vous plus particulièrement ciblé celles où Mylène est passée en tournée ainsi que les villes alentour ?

Non pas du tout. On s’est dit qu’on le faisait partout. On a d’abord mis en vente dans tous les cinémas avec lesquels on a l’habitude  de travailler, c’est-à-dire une centaine. Et après, avec le succès, on a rajouté des salles au fur et à mesure. Pour ce film, beaucoup de salles indépendantes avec lesquelles nous ne travaillions pas habituellement nous ont appelés en nous disant : « On veut Mylène Farmer ». Et dès que nous avions des demandes de fans, que ce soit sur Twitter ou Facebook, nous disant : « Mais pourquoi ne  le faites pas dans tel cinéma ou dans telle ville » nous encouragions les gens à aller au cinéma en question et à demander la diffusion de « Timeless 2013 LE Film « 

 

Avez-vous eu des retours de l’équipe de Mylène  sur ce succès ?

Ils sont enchantés. Enchantés que les fans suivent comme ça et qu’il y ait eu cette réactivité. Tout le monde est heureux d e pouvoir faire cet événement, et surtout que ce soit un événement de qualité. Le but, c’est vraiment que les salles soient pleines. Et certaines le sont déjà…

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extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 66

 

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TIMELESS 2013 : LE LIVE

Posté par francesca7 le 2 juin 2014

 

 

L’ALBUM : Le 30 octobre 2013, alors que Mylène est encore en pleine tournée, Polydor/Universal annonce la sortie de l’album « Timeless 2013″. Ce sixième opus live sera disponible dès le 9 décembre nous dit-on, soit quelques jours seulement après la dernière date des concerts, le 6 décembre 2013 à Nice. La photo de la pochette, signée Robin, montre l’entrée en scène de Mylène, ‘lin des moments les plus forts du spectacle. Trois supports physiques sont proposés : un coffret collector, un double CD, et un triple vinyle, dont les précommandes débutent dès le lendemain. Quant au tracklisting, dévoilé le 30 octobre également, il crée tourment ou mécontentement chez certains fans en raison de l’absence (si l’on se réfère à la setlist des quatre concerts des 24, 25, 27 et 28 septembre à la Halle Tonny Garnier de Lyon enregistrés pour cet album) les titres « Elle a dit », « Je te dis tout » et « Et pourtant… ». Manquent également le break « Maman a tort », proposé entre «  Sans contrefaçon » et « Je t’aime mélancolie », ainsi que l’interlude musical durant lequel les robots font leur prestations sur le show.

 

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Le 22 novembre, le site officiel live-timeless2013.com ouvre ses portes. Un bref premier trailer, composé d’images inédites des concerts, y est diffusé. Pour faire monter la pression jusqu’à la sortie de l’album, la diffusion d ‘autres trailers est annoncée pour les 25 et 29 novembre, puis les 2, 4 et 6 décembre. Mais c’est véritablement le 4 décembre que tout s’accélère ; le premier single, « Diabolique mon ange (live) » est envoyé aux radios. Par ailleurs, des magasins ont déjà reçu les premiers supports de l’album, et certains n’hésitent pas à les mettre en vente. Résultat : l’album live va très vite leaker en intégralité sur internet, obligeant ainsi Polydor/Universal à modifier quelque peu sa stratégie de communication. Dans l’après-midi, le long teaser de « Timeless 2013 le Film » (également disponible sur la plage CD-Rom de l’album live) est proposé sur la chaîne YouTube d’Univsersal Music, ainsi que sur le site officiel. Les deux derniers trailers pour l’album seront également très vite mis en ligne. 

Dès sa mise en vente, l’album « Timeless 2013″ rencontre un joli succès et connaît un démarrage assez incroyable. En France, il se vend, pour sa première semaine d’exploitation, à 71 734 exemplaires, un score nettement supérieur à celui du précédent album live, « N°5 on Tour », en 2009. Après trois semaines, il s’est écoulé à plus de 130 000 exemplaires. Même succès en Belgique francophone, avec un disque d’or décerné dès le 27 décembre. Un succès qui mérite d’autant plus d’être souligné que la promotion autour de la sortie de cet opus a été plutôt discrète. Mylène n’a accordé qu’une seule interview au magazine Gala dont elle fait la Une le 24 décembre, et des spots de publicité de 15, 20, et 30 secondes ont été diffusés sur TF1 à partir du 9 décembre 2013.

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LE FILM : Le 13 décembre 2013, la diffusion de « Mylène Farmer – Timeless 2013 Le film » (réalisé par François Hanss) en exclusivité au cinéma le jeudi 27 mars 2014 lors d’une séance unique à 20 h. L’ouverture de la billetterie, le 20 décembre, a permis à Mylène d’établir un nouveau record avec la prévente de 10 000 billets en seulement quatre heures ; et à la date du 3 mars, Pathé Live annonçait plus de 60 000 billets déjà vendus. En raison de ce succès, les villes et cinémas diffusant le film se sont progressivement multipliés, et ce sont plus de 215 cinémas en France, Belgique et Suisse qui participent à cet événement. La sortie du film est également prévue au Québec (le 9 avril 2014) ainsi qu’en Russie (le 2 avril). Par ailleurs, une bande annonce du film, d’une durée d’une minute environ, et destinée à être diffusée dans les cinémas, a été mise en ligne par Pathé Live le 14 janvier 2014. De quoi aiguiser notre curiosité avant de découvrir cette œuvre cinématographique, les concerts à la Hall Tony Garnier de Lyon ayant été filmés en cinémascope avec trente caméras haute définition, et mixé en son Dolby Surround 5.1 spécialement pour le cinéma. Enfin, à l’heure où nous bouclons ce magazine, la sortie du DVD du Blu-Ray et du collector (DVD + Blu-Ray + Livret + Figurine) a été annoncée pour le 16 mai 2014.

 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 64

 

 

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DIABOLIQUE MON ANGE un traitement de faveur

Posté par francesca7 le 2 juin 2014

 

 

Paru en 2010 sur l’album « Bleu noir », le titre « Diabolique mon ange » aurait eu le potentiel pour en devenir le quatrième extrait après « Lonely Lisa ». Mylène Farmer en a décidé autrement et lui a réservé un traitement de faveur en le proposant aux radios comme single live pour promouvoir l’album « Timeless 2013″ – article Jonathan Hamard.

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Un choix inhabituel

Le 30 octobre 2013, un communiqué du label Polydor/Universal annonce la sortie attendue du nouvel album live de Mylène Farmer, « Timeless 2013″. A cette occasion, sont dévoilés le visuel de l’opus ainsi que sa tracklist, cette dernière faisant d’ailleurs l’objet de nombreux commentaires de la part des fans. Les titres « Et pourtant… » et « Elle a dit » en ayant été évincés, il semblait évident qu’aucun des deux ne serait hissé au rang de single pour défendre les couleurs de l’opus en radio. Mais la sortie d’un single est-elle, à ce moment-là, vraiment envisagée ? Compte-tenu des résultats modestes des titres « Je te dis tout » et « Monkey Me » dans les charts, et au vu du nombre d’extraits désormais limité pour chacun des albums de Mylène, la question semble légitime. Pourtant, le 2décembre, soit seulement une semaine avant la sortie de « Timeless 2013″, un nouveau communiqué de Polydor/Universal annonce l’envoi aux radios d’un single live le mercredi 4 décembre au matin : c’est le titre « Diabolique mon ange » qui a été choisi. 

Annonce attendue pour certains donc, mais pas moins inhabituelle ; En effet, outre le « Live à Bercy » sorti en 1997, dont le premier extrait fut le duo de Mylène avec Khaled, « La poupée qui fait non », la chanteuse a toujours choisi un titre issu de son dernier album studio et exploité sur scène pour amorcer l’exploitation de ses opus live : en 1990 « En concert » profita du soutien d’ »Allan (live) » (« Ainsi soit je… ») ; en 2000, « Mylenium Tour » fut promu par « Dessine-moi un mouton (live) » (Innamoramento) ; en 2006, « Avant que l’ombre… » (Live) (Avant que l’ombre…) fut le premier extrait de l ‘opus « Avant que l’ombre .. à Bercy » et enfin, en 2009, « N°5 on Tour » bénéficia de « C’est dans l’air » (live) (Point de suture).

 

Mettre la qualité d’interprétation en avant

« Diabolique mon ange », paru pour la première fois en 2010 sur « Bleu noir » l’avant-dernier album studio de Mylène, fait donc figure de deuxième exception. Immédiatement plébiscité par les fans de la chanteuse, ces derniers l’auraient sans doute bien vu sortir à l’automne 2011 pour succéder à « Lonely Lisa » en guise de quatrième extrait. Il n’en fut malheureusement rien à l’époque ; Mais Mylène Farmer se rattrape aujourd’hui en offrant « Diabolique mon ange (live) » comme premier extrait de l’album « Timeless 2013″ mettant ainsi à ‘honneur une chanson composée et réalisée par Darius Keeler et Danny Griffiths du groupe britannique Archive, dont aucune des compositions pour « Bleu noir » n’avait été exploitée jusqu’alors. 

Le 4 décembre 2013, le titre est donc présenté aux médias. Si celui-ci a le mérite de mettre en avant de belles qualités vocales, il n’a cependant rien de radiophonique, et seules quelques antennes acceptent de le diffuser. Il faut dire que l’enregistrement live de ce titre, très épuré et visiblement beaucoup retravaillé en studio manque d’échos du public. Par ailleurs, le format « Radio Edit » qui dure 3’17″, n’est pas commercialisé, faisant ainsi de « Diabolique mon ange (live) »  un titre non disponible en streaming ni en téléchargement, mais seulement à l’unité sur l’album « Timeless 2013″ (à l’instar de la version « Edit » de « C’est dans l’air (live) » en 2009. Mais la chanteuse a une dernière carte à abattre, qu’elle confie à François Hanss…

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Un clip réussi, qui augure le meilleur pour le film « Timeless 2013″

Avec l’ouverture, le 22 novembre, de livetimelesse2013.com un site internet officiel pour la campagne de l’album « Timeless 2013″, Mylène Farmer voit les choses en grand en proposant de découvrir les premières images du film de son spectacle à travers différents trailers. Et la semaine du 9 décembre un compte à rebours est lancé sur ledit site pour annoncer la mise en ligne du clip de « Diabolique mon ange (live) » C’est bien évidemment François Hanss qui planche dessus, puisqu’il prépare, en parallèle, le film de la tournée. Ce clip, mais en ligne le vendredi 13 décembre en fin d’après-midi, nous donne l’occasion de découvrir de nouvelles images du concert, celui-ci étant en effet un mix de différents tableaux du spectacle. 

Une proposition bienvenue et qui a le mérite d’attiser l’envie d’en voir toujours plus. Mais une idée qui s’inscrit surtout dans la lignée des clips live de « Plus Grandir » (1990) et « Paradis inanimé » (2010). Toutefois, c’est la première fois que Mylène demande une vidéo de cette teneur pour un premier extrait live. Qu’à cela ne tienne ; Le clip, disponible sur iTunes, est propulsé en tête des ventes dans la foulée et totalise un nombre important de vues sur Vevo. En définitive, pour un single passé inaperçu aux yeux du grand public, « Diabolique mon ange (live) » connaît une carrière plutôt encourageante. 

extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 62

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MONKEY ME, un single de Mylène pour ses fans

Posté par francesca7 le 2 juin 2014

 

 

Arrivée tardivement dans les bacs, la chanson « Monkey Me » n’a sans doute pas rencontré le succès qu’elle méritait ; Très occupée par les préparatifs et les répétions de sa tournée pendant l’été 2013, Mylène Farmer l’a choisie comme troisième extrait de son dernier album pour annoncer son retour sur scène. Récit d’une sortie pleine de rebondissements. Article de Jonathan Hamard.

 Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=92jtz50iwfg

 

Une longue attente….

Perçue comme l’une des plus belles chansons de l’album « Monkey Me » par les fans, la ballade. « Je te dis tout » n’a malheureusement pas su toucher le cœur du grand public. Choisi comme deuxième extrait pour succéder au très dance « A l’ombre… » le titre – mis en images par un clip de François Hanss, que les chaînes musicales ont quelque peu ignoré – n’a pas brillé en radio, mais a tout de même arraché un Top 3 dans les charts grâce au CD trois titres et au Maxi Vinyle sortis le 4 mars (environ 15 000 exemplaires vendus). Mylène Farmer a ensuite laissé s’écrouler de longs mois avant de relancer la promotion autour de son nouveau disque ; il aura en effet fallu patienter jusqu’à juillet pour découvrir le plan marketing imaginé par le label Polydor/Universal et l’artiste afin de relancer la carrière de l’album « Monkey Me ».

 

Un plan marketing étonnant….

Dans la matinée du 19 Juillet, un communiqué de presse d’Universal est envoyé à différents médias pour annoncer l’ouverture d’un site internet dédié à la chanson « Monkey Me ». http://monkeyme-remyxes.com/#Teasers

Cette dernière va donc devenir officiellement le troisième extrait de l’album, et le nouveau single de Mylène Farmer, porteur pour la tournée Timeless 2013 comme l’ont été en leur temps, par exemple, « Souviens-toi du jour » en 1999 (Mylenium Tour) et « C’est dans l’air » en 2009 ( Tour 2009). Cette page internet nommée monkeymecover.com sert au lancement d’un concours. Les internautes ont en effet quelques semaines pour imaginer deux pochettes – une pour le support digital et une pour le support physique – et les poster sur ledit site. Sans aucune explication, une seule création a finalement été sélectionnée pour habiller la cover du single, tout support confondus (digitale, physique, promo et commerce). C’est néanmoins une première pour l’artiste et sa maison de disques. 

Le 20 août, Polydor/Universal France annonce sur sa page Facebook que le single arrivera en radio dès le 30 août et dévoile le nom  du grand gagnant : c’est Richard Vanloot qui remporte le concours. La pochette, sur fond blanc, est inspirée du désormais célèbre cliqué d’Hervé Lewis ayant  servi à la pochette de l’album « Monkey Me » ainsi qu’à l’affiche de la tournée : la Mylène peroxydée disparaît pour laisser place à un singe adoptant la même posture qu’elle sur la photo originale.

 

Des supports physiques très difficiles à trouver…

Le vendredi 30 août, quelques jours avant le début de la tournée dans la capitale, « Monkey Me » est donc proposé aux radios dans deux nouvelles versions, différentes et celle déjà connue sur l’album ; une version « Radio Edit » de 3’46, raccourcie sur l’introduction et le pont musical pour se conformer aux exigences des radios, ainsi qu’un remix très efficace réalisé par Amir Afargan (Beyoncé, Jessie J…) et appelé « The ET’s Radio Mix ». Dans la foulée, ces deux nouvelles versions sont mises à disposition des internautes sur les plateformes de téléchargement légal, mais le doute subsiste toujours quant à la parution d’éventuels supports physiques. D’autant plus que le site PureCharts.fr avait reçu la confirmation du label qu’aucun clip n’accompagnerait le titre pour l’épaule en télé. Là aussi, cela aurait été une première pour un troisième extrait d’album. Mylène aurait-elle décidé de délaisser totalement l’aspect promotionnel de ses opus ? 

Finalement, le 12 Septembre, la sortie de supports physiques est annoncée pour le 7 octobre et les précommandes ouvertes au public. Sont proposés à la vente un CD Maxi quatre titres ainsi qu’un Maxo Vinyle regroupant la version album de la chanson « Monkey Me » la version instrumentale, « The ET’s Radio Mix » et un second remix également signé Amir Afargan, « The ET’s Club Remix ». Edité à très peu d’exemplaires, ces supports sont très difficiles à trouver en magasin.

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Un clip animé qui dénote dans la vidéographie de MYLENE…

Le 3 octobre, et contre toute attente le label Polydor/Universal met finalement  en ligne un clip pour le single « Monkey Me » sur la chaîne Vevo (YouTube) de Mylène Farmer. A l’instar de la vidéo de « C’est une belle journée » (2002) et de celle de « Peut-être toi » (2006), Mylène a donc opté pour un clip animé ; Une vidéo en noir et blanc réalisée par Eric Delmotte et Luc Froehlidcher, également crédités pour la création visuelle de « Slipping Away » sur Timeless 2013. Mylène Farmer, qui n’apparaît pas du tout dans cette idéo d’animation, laisse sa place à un singe, seul et malheureux, qui détruit une ville artificielle ; l’esthétique moderne a le mérite de véritablement rancher avec ce que l’artiste a l’habitude de nous proposer. 

Et si les radios ont timidement joué leur rôle – le titre a en effet bénéficié d’un faible relais sur le sondes, cela n’a pas empêché « Monkey Me » de s’envoler jusqu’à la troisième place du Top Singles, avec 7 300 ventes comptabilisées sur une semaine début octobre, suite à la sortie des supports dans le commerce. Une preuve de plus que le bastion de fans de Mylène répond toujours présent aux rendez-vous ! Au final, « Monkey Me » s’est écoulé à environ 10 000 exemplaires, mais demeure, quoi qu’il en soit, l’une des chansons préférées des fans.

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 extrait du magazine Styx TIMELESS 2013 – page 60

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