REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 1)

Posté par francesca7 le 1 mai 2014

 

à partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, comme le duo virtuel avec Moby sur « Slipping Away (Crier la vie) », les duos réels avec Gary Jules, ou encore le Break « Maman a tort ». Quant aux chorégraphies de la chanteuse, moins nombreuses et énergiques qu’en 2009, elles furent largement compensées par sa présence scénique particulièrement remarquable : Mylène avait beaucoup d’amour à dire à son public. C’est chose faite, et nous espérons tous que ce Timeless 2013 ne sera pas le dernier …

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A FORCE DE….

Si l’ambiance et les couleurs de ce concert ne vont pas sans rappeler le Tour 1996 – un univers épuré, futuriste, composé de blanc, de transparence et de gris métallique – le premier morceau du show a également de quoi nous projeter dix sept ans en arrière ! « A force de mourir / Je n’ai pas su te dire / Que j’ai envie de vivre / Donner l’envie de vivre », clame Mylène à l’entame de ce Timeless 2013. « Plus loin plus haut / J’atteins mon astre / (je vertige de vivre) / plus loin plus haut / L‘esprit voyage / (Je vertige de vivre) », chantait-elle au tout début du concert en 1996 …. Dans les deux cas, une chanson énergique, entraînante, au rythme galopant, et criant un appel à la vie.

Mais il est temps, désormais, pour Mylène de quitter son vaisseau et de venir à la rencontre de son public. Tandis que le bas de l’accélérateur de particules s’est transformé en escalier, elle attend d’avoir chanté le premier couplet et d’entamer le refrain pour en descendre les marches. Laissant ses choristes prendre le relais sur certaines phrases de ce dernier, elle avance sur cette immense scène, s’y promène et assure le reste de la chanson seule, ses musiciens et ses choristes étant encore invisibles au milieu de ce décor très cinématographique rappelant aussi bien « 2001, l’Odyssée de l’espace » que « Stargate » ou « Alien ». Saluant son public puis frappant dans les mains lors du pont musical pour l’entraîner à faire la fête avec elle, Mylène se montre souriante et heureuse d’être là. Sa voix est plus assurée et plus dense qu’à l’habitude ; sans conteste, elle l’a beaucoup travaillé aux côtés de sa coach vocal, Karen Nimereal, et a pour cette série de concerts, davantage misé dessus que sur les chorégraphies.

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COMME J’AI MAL

Interprétée pour la première et dernière fois sur scène lors du Tour 1996, « Comme j’ai mal »=, quatrième single extrait de l’album « Anamorphosée » (1995), fait sa réapparition en live lors de ce Timeless 2013. L’occasion pour Mylène, de délaisser sa cape et de dévoiler l’entièreté de son costume signé Jean Paul Gaultier ; et l’occasion, pour le public, de découvrir, durant le pont musical, les musiciens qui surgissent des dessous de scène pendant que les éléments de l’accélérateur de particules se séparent pour retrouver leur place initiale.

L’apparition de « Comme j’ai mal » juste après « A force de… » dans la setliste de ce spectacle est particulièrement remarquable ; il est en effet davantage question, dans ce titre, de la mort suivi d’une renaissance (dont-on y lira l’évocation du suicide comme libération ou plutôt l’idée d’une réincarnation » ?) Que d’une ode à la joie, au bonheur et à l’envie de vivre ; deux chansons aux thèmes radicalement opposés, qui se suivent et mettent en exergue l’un des nombreux paradoxes propres à la chanteuse…

C’EST UNE BELLE JOURNEE

Alors que l’univers étoilé fait sa réapparition sur l’écran géant, d’étranges créatures s’invitent sur scène durant l’introduction réorchestrée de « c’est une belle journée » ; deux robots qui pointent leurs yeux rouges et menaçants sur nous, encadrant  une Mylène qui, dans la même tenue que « Comme j’ai mal », semble attendre qu’ils finissent leur « inspection » du public pour avancer davantage vers celui-ci. Mais bientôt, les premières  mesures de piano se font entendre, et tandis que la chanteuse regarde avec sourire et bienveillance ses deux « gardes du corps » effectuer un drôle de ballet, elle débute, à son tour, une chorégraphie. Les deux robots, comme envoûtés, l’observent, puis se mettent à bouger avec elle, rejoints dès la moitié su premier couplet par les danseurs qui patientaient jusqu’alors de part et d’autre de la scène.

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Premier tableau chorégraphié de ce Timeless 2013, « C’est une belle journée » est un titre que nous avons pu découvrir sur le best of « Les mots » en 2001, et qui a connu un beau succès tant auprès des fans de Mylène que du grand public lors de sa sortie en 2002. Ce titre méritait donc de vivre à nouveau sur scène, puisque sa première et jusqu’alors unique interprétation en live remontait à 2006, durant a série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy. Si, en 2006, huit danseuses entouraient Mylène seulement six danseurs l’encadrent cette fois-ci, les deux robots faisant office de remplaçants des deux éléments manquants. Il n’en reste pas moins que, pour cette version 2013, Mylène a fait le choix de reprendre la même chorégraphie que celle effectuée à Bercy il y a sept ans, laquelle diffère quelque peu de celle proposée en télévision (dans le Hit Machine sur M6, le 27 avril 2002, puis dans l’émission Zidane Ela sur France 2, le 19 mai 2002). Sur scène en effet, la chanteuse ne tombe pas dans les bras de ses danseurs durant le refrain, mais laisse le soin à ces derniers de le faire « entre eux ». Par ailleurs, durant le pont, ni Mylène ni ses danseurs ne s’accroupissent ; en revanche, la chanteuse s’assied sur les genoux de ses acolytes avant de se relever et de balancer les bras.

Comme « Désenchantée », « C’est une belle journée » est une chanson qui comporte un paradoxe frappant ; celui d’allier une mélodie entraînante et enjouée à des paroles très sombres évoquant ici le mal-être et le suicide. Si, en ce sens, elles s’inscrivent dans la lignée de « Comme j’ai mal », elles contrastent néanmoins, et là encore, avec celles de « A force de… »

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 6

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