Mylène Farmer invitée au TOP 50

Posté par francesca7 le 4 avril 2014

 

CANAL +: le 6 SEPTEMBRE 1986  Présenté par Marc TOESCA

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Mylène est l’invitée principale de cette célèbre émission musicale des années 80 à l’occasion de son premier classement dans le Top : elle est en effet 43ème avec « Libertine » et ne cessera de grimper les semaines suivantes.

Marc Toesca : Mylène, alors « Libertine » rentre dans le Top en 43ème position. C’est la première fois que tu es dans le Top !

Mylène Farmer : (tout sourire) C’est la première fois !

MT : Même s’il y a eu deux 45-tours : « Maman a Tort », et puis l’autre c’était « J’veux pas Grandir » (sic !)

MF : C’est raté parce qu’il y en avait trois !

MT : Y en avait trois !

MF : L’intermédiaire, c’était « On est Tous des Imbéciles » (rires)

MT : Oui, « On est Tous des Imbéciles » (…), ça y est je commence très bien l’émission ! (…) Mais j’ai

remarqué que dans les clips, c’est assez sombre comme atmosphère. Les deux clips précédents étaient assez sombres !

MF : C’est vrai !

MT : Et puis, bon, « Libertine » c’est pas…

MF : C’est vrai, oui. « Plus Grandir », c’était un univers un peu baroque, un peu sombre.

MT : Oui, je me souviens d’une tête coupée.

MF : Ca, c’est « Maman a Tort », c’était la tête coupée ! Et puis «Libertine », c’est quand même un peu plus enjoué, un peu plus…

MT : Ca finit dans le sang !

1986-08-bMF : Oui, mais j’aime bien ! Pour moi, c’est l’essence même du romantisme.

MT : Et tu rêves tes clips, ou pas ? Les scénarios, moi j’ai l’impression…

MF : Je ne les rêve pas, mais je cauchemarde énormément, donc y a sujet à certains scénarios, certainement.

MT : Et souvent t’écris dans tes textes de chansons tes cauchemars ?

MF : J’écris peu mes textes, non. J’ai écrit « Au Bout de la Nuit » de l’album et puis « Plus Grandir », c’est les deux seules chansons.

MT : J’ai une petite pochette, j’ai un échantillon de l’album, le voilà ! Pour mettre dans les mange-disques, c’est pratique ce genre d’albums ! (Il montre la version promo de « Cendres de Lune », une pochette très grand format qui reprend le visuel de l’album et qui contient le 33-Tours) Alors, le premier clip que tu as choisi dans le top…

MF : C’est une chanson qui pourrait me faire pleurer, qui est de Cock Robin et qui s’appelle « The Promise you Made ».Diffusion du clip de Cock Robin.

MT : (…) Ma chère Mylène Farmer…

MF : Yes !

MT : …tu es une des meilleures entrées cette semaine, 43ème avec « Libertine ». Ca t’a pris combien, le tournage du clip ? Parce que c’est quand même un événement, ce clip de « Libertine » !

MF : Combien de temps ? Il y a eu cinq jours de tournage et à peu près une semaine de préparation.

MT : Et combien de figurants ?

MF : Ha les figurants… Je crois que sur le plateau, il y avait à peu près cinquante personnes, c’est impressionnant.

MT : C’est le budget d’un film, pratiquement ?

MF : N’exagérons pas ! (rires)

MT : Enfin, pas d’un long-métrage !

MF : Non, non, non, non ! Justement, là c’est le point fort de ce clip : c’est qu’il à coûté…C’est dérisoire comparativement à ce qu’il peut donner comme résultat.

MT : Oui… Aujourd’hui on s’en sort un peu dans les tournages de clips : on fait intervenir des petits trucs publicitaires, des bouteilles de Untel, Untel…

MF : Oui, c’est ce qu’on appelle les sponsors. Moi j’avoue que c’est vrai que si on peut éviter…

MT : C’était difficile dans l’époque, dans le contexte !

MF : Oui, et puis c’est pas… Moi, c’est pas quelque chose auquel je ferais pas appel. C’est vrai que c’est bien pour accumuler l’argent, mais là en l’occurrence on a pas fait appel à ça.

MT : Oui. Tu présentes ton deuxième clip, Mylène Farmer ?

MF : Alors mon deuxième clip, c’est le clip probablement qui me fait le plus rire et il s’agit de Modern Talking !

MT : Oui, c’est ça oui !

MF : Je vous laisse le reste ! (rires)

Diffusion du clip « Brother Louie » des Modern Talking.

MT : C’est ton genre de mecs, les Modern Talking ?

MF : (pince-sans-rire) Totalement !

MT : Totalement ? De toutes façons, t’as aucune chance avec le brun parce qu’il est fiancé à une jeune fille qui parait-il est très jalouse !

MF : (ironiquement) C’est vrai ? Ha, c’est dommage !

MT : (…) Qu’est-ce que tu vas faire, là, Mylène Farmer ? Est-ce que t’as un projet, un autre disque, un autre album ? Ou tu vas laisser continuer « Libertine » ?

MF : « Libertine », on va continuer de travailler. Et puis probablement rentrer en studio et préparer le second 45-tours.

MT : Oui, ça sera quoi le prochain, comme climat ?

MF : Je ne sais pas du tout. Ce que je sais, c’est qu’on va l’insérer certainement dans cet album.

MT : Qui s’appelle « Cendres de Lune » (il le remontre à la caméra). C’est pratique, il est énorme. Génial ! Mais enfin, il y a quand même la taille album, hein ! (il sort le 33-tours de la grande pochette)

1986-08-dMF : Il y a le petit à l’intérieur ! Ca, c’est une idée de promotion.

MT : C’est pas mal comme idée. Alors y a un mec qui s’appelle Laurent Boutonnat qu’on voit partout sur les pochettes de tes disques, qui a fait aussi le clip, qui a écrit le scénario, qui a réalisé le clip. Tu travailles en permanence avec ce garçon-là ?

MF : C’est vrai que je travaille en permanence avec lui, et pour le meilleur et pour le pire !

MT : Ha d’accord ! (rires de Mylène) Voilà, vous saurez tout, ou presque, sur la vie de Mylène Farmer.

J’espère que l’on se verra bientôt, je sais pas, avec un autre 45-tours ? Peut-être quand tu seras numéro un du Top, w hy not ?

MF : Pourquoi pas !

MT : Au fait, et la scène ?

MF : La scène ? Non, pas dans l’immédiat. Non, non.

MT : Ca doit être difficile sur scène de refaire « Libertine ». Ca demande beaucoup, beaucoup de…

MF : Non, au contraire y a plein d’idées à faire. Y a plein d’idées !

MT : T’attends d’être plus grande, plus mûre ?

MF : Plus mûre, je n’en sais rien. Plus grande, certainement. Et puis je pense que les artistes vont un peu trop tôt en scène. Je pense qu’il faut travailler énormément, oui, penser et réfléchir.

MT : OK ! Je te remercie d’être passée nous voir et puis à très bientôt, Mylène Farmer !

MF : A bientôt ! Au revoir Marc ! (elle fait au revoir à la caméra)

Générique de fin.

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Mylène FARMER AZIMUTS

Posté par francesca7 le 4 avril 2014

 

Émission du 24 SEPTEMBRE 1986 Présentée par Jean-François BATAILLE – FR3 LORRAINE

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Jean-François Bataille : Bonsoir à tous, et bienvenue sur ce plateau de « Azimuts ». Comme vous venez de le lire sur notre générique, cette émission est entièrement consacrée à Mylène Farmer, qui est à mes côtés. Et pour l’occasion, nous avons décidé de vous offrir un cadeau : nous vous proposerons la version intégrale du clip « Libertine », onze minutes superbes. C’est pour tout à l’heure, tout de suite nous allons écouter Mylène Farmer dans « Maman a tort », et ça je suis sûr que ça va rappeler des souvenirs à beaucoup d’entre vous.

Mylène Farmer !

Alors qu’est lancée la séquence où Mylène chante « Maman a tort » vêtue de son costume bleu d’époque habituellement utilisé pour la promotion de « Libertine », on entend clairement Mylène et l’animateur échanger un fou rire. Il est à noter que, sans doute portée par l’énergie de la chorégraphie de « Libertine », Mylène danse bien plus aisément sur cette prestation de « Maman a tort » qu’elle ne le faisait deux ans auparavant.

JFB : Et voilà. Très joli costume ! Je sais pas où tu l’as eu… (rires)

Mylène Farmer : Chez un costumier ! (elle rit aussi)

JFB : Ha bon ?! Bonne idée ! « Maman a tort », c’était Mylène Farmer. Donc, comme dans cette émission nous sommes tournés vers l’avenir, nous n’allons plus parler de « Maman a tort », qui doit être quand même un très bon souvenir pour toi…

MF : C’était le premier 45-trs… (elle hoche la tête)

JFB : Le premier 45-trs, c’est inoubliable !

MF : Un long séjour en hôpital psychiatrique ! (elle éclate de rire)

JFB : C’est inoubliable aussi ! Alors parlons donc par contre de l’album, regardez-le bien (il montre à l’antenne le 33-trs « Cendres de lune ») (…) il est très bien, c’est une mine d’or, cet album. Alors, j’ai presque envie de te parler plus de cinéma que de musique, parce que c’est presque un concept-album. Les paroles sont tout à fait intéressantes, et la bande-son est également intéressante. Il y a un petit coté cinématographique dans tout ça.

MF : Y a quelque chose, moi, que j’aurais souhaité faire mais qui a, je crois, déjà été réalisé, en tout cas c’est un projet, je sais, d’une autre artiste, et d’un groupe notamment, c’était d’illustrer chaque chanson avec un clip vidéo. Bon, malheureusement ça demande énormément de moyens, beaucoup de temps : tout ce que je n’ai pas réellement en ce moment ! Mais c’est quelque chose que j’aurais souhaité, oui, parce que y a des chansons dans l’album qui ont un univers très visuel et cinématographique.

1986-11-dJFB : Ben écoute, on le souhaite pour toi et pour nous ! Et puis peut-être que ça viendra très bientôt avec l’arrivée du vidéodisque…

MF : Oui, peut-être.

JFB : En tout cas, comme exemple justement de recherche, j’ai vu qu’il y avait une chanson où tu avais demandé (l’animateur commence à réprimer un rire et Mylène éclate franchement de rire car elle devine ce dont il va parler) l’aimable concours, il faut le dire…ils ont travaillé sur l’album avec l’aimable concours des moines fous du Tibet ! Ca surprend ! Qui sont-ils ?

MF : (Elle répond avec le plus grand sérieux) Absolument ! J’ai envoyé Laurent Boutonnat, qui est donc le producteur et réalisateur, compositeur, aller voir ces moines tibétains, et comme les femmes sont exclues de ces monastères, j’ai pas pu y aller. Il y est donc allé avec son lama et… (rires) il a enregistré ces prises de  son. (Cette explication farfelue est bien évidemment à prendre au second degré, ndlr)

JFB : Et vous allez voir le résultat ! Ecoutez bien, c’est extrait de la chanson « Chloé », Mylène Farmer. (Tous deux rient)Une séquence où Mylène interprète, dans tous les sens du terme, « Chloé » est alors diffusée. Elle est vêtue d’une veste rose, portée par-dessus une chemise blanche à jabots. Mylène adopte alors les mouvements et mimiques d’une enfant, à la limite de l’autisme. La prestation est saisissante. La chanson commence par les chœurs clôturant en réalité la chanson « Vieux Bouc », précédant « Chloé » sur l’album (avant que « Tristana » ne soit insérée entre les deux lors de la réédition de l’album).

JFB : Voilà, « Chloé ». Très, très belle chanson qui illustre tout à fait bien ce qu’on voulait vous dire avant. Donc si je ne me perds pas dans tous mes papiers (Mylène rit), on va reparler de ce qu’on vous a promis tout à l’heure, c’est-à-dire le clip de « Libertine » version intégrale cette fois. Ca, c’est important, c’est quand même un évènement. Peut-être certains l’ont vu en partie, en tout cas je crois que très peu l’ont vu dans la version intégrale et je voudrais que tu nous racontes un petit peu en quelques mots comment ça s’est passé sur le tournage, qui était très inspiré, il faut le dire quand même, de l’ambiance qu’on a vu dans le superbe film « Barry Lindon ».

MF : (elle acquiesce) Le tournage s’est effectué, je crois, en quatre jours et y a eu à peu près une semaine de préparation. Il s’est tourné essentiellement au château de Ferrières, qui est près du château de Guermantes pour situer un peu. La pièce principale a été complètement réaménagée, parce que c’était un style complètement baroque au départ, et donc il a fallu créer le style XVIIIème siècle. Donc c’est un décorateur qui a fait ça. Et qu’est-ce que je peux dire d’autre ? Ben, c’est…

JFB : Que c’est Laurent Boutonnat, peut-être qui a réalisé ça !

MF : Que c’est Laurent Boutonnat, donc, toujours le même !

JFB : Qui a fait les paroles, une partie des paroles de l’album…

MF : Voilà.

JFB : …et qui est, je crois, un réalisateur de pub.

MF : Ben, c’est-à-dire que lui a fait ses premières, c’est vrai, ses premiers pas dans le cinéma à 16 ans. Il a réalisé un long-métrage qui était parti à Cannes et qui avait été…qui avait eu des petits déboires (« La Ballade de la Fée Conductrice », projeté à Cannes en 1979, a en effet été interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, ndlr) et maintenant réalise effectivement des films publicitaires. C’est plus alimentairement, et puis c’est vrai que c’est un bon exercice de toutes façons.

JFB : Alors parlons de toi, maintenant. Nous allons te retrouver dans cette fresque grandiose…

MF : …et quant à moi… (rires)

JFB : …dans des rôles tout à fait étonnants. Ca dure onze minutes, n’en manquez pas une seconde.

MF : Voilà.

1986-11-aJFB : On va vous l’envoyer dans quelques instants. Juste avant, deux mots pour dire que Mylène Farmer, c’est pas très simple parce que la petite comptine de « Chloé », on l’écoute une fois, comme ça, et vous l’avez dans la tête après pendant trois heures ! C’est un peu le paradoxe, finalement, de cet album : c’est que ça paraît très simple, mais en fait c’est très compliqué parce que les textes sont recherchés. Alors, Mylène Farmer un petit peu paradoxale ?

MF : Ma vie est un paradoxe ! (rires)

JFB : Très bien, merci, très belle conclusion ! Allez, nous regardons maintenant Mylène Farmer, la version intégrale de « Libertine ».

Le clip de « Libertine » est diffusé en intégralité (le générique de fin est toutefois coupé).

JFB : Voilà moi qui m’endors au cinéma d’habitude, je suis resté complètement éveillé ! Je crois que c’est un beau cadeau que l’on vous a fait, c’était la version intégrale de « Libertine ».

MF : C’est la première fois qu’il passe en province, en plus.

JFB : Oui, donc c’était vraiment un beau cadeau ! Il faut dire que « Libertine » marche très bien, et marche de mieux en mieux, et puis y aura très bientôt encore un nouveau 45-tours extrait de « Cendres de Lune » ?

MF : Non, pas extrait de l’album, mais qui sera intégré dans l’album.

JFB : Une nouveauté, alors ! Très bien. Mylène, merci d’être passée nous présenter ces deux chansons plus ce superbe clip dans cette émission.

MF : Merci à vous !

L’animateur donne rendez-vous aux téléspectateurs pour la semaine suivante et l’émission s’achève

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Mylène Farmer dans les SEXY FOLIES

Posté par francesca7 le 4 avril 2014

 

ANTENNE 2 du 17 DÉCEMBRE 1986 – Présenté par France ROCHE

Entretien avec Monique CHOURAQUI

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Voix off : Tous les mois, une personnalité nous parle en toute liberté de sa vie intime. Mylène Farmer nous dit tout, tout, tout.

Monique Chouraqui : (bien qu’assise face à Mylène, la journaliste n’apparaît pas à l’écran si ce n’est parfois partiellement de dos) Est-ce que vous prenez des initiatives en amour ?

Mylène Farmer : (Mylène est filmée en gros plan. Elle porte un haut noir et des gants noirs brodés de brillants) Celle de choisir. J’aime séduire avant tout. Et posséder, peut-être dans un second temps.

MC : Vous parlez avec les hommes avec qui vous avez une relation sexuelle ?

MF : (dans un sourire) Un peu ! Il faut agir plus que parler ! (rires) J’aime bien le toucher, j’adore.

MC : Vous préférez faire l’amour en silence ?

MF : Le regard…

MC : Vous n’aimez pas qu’on vous parle ?

MF : Non. Parler, c’est pour construire l’avenir.

MC : Vous pourriez imaginer une scène d’amour idéale pour vous ?

MF : L’ascenseur, j’aime bien.

MC : Faire l’amour dans un ascenseur ?

MF : C’est vous qui le dites ! (rires)

MC : Ca se passe très vite, on se quitte sans se dire au revoir et sans se dire un seul mot…

MF : Ca peut être ça…

MC : …et on fait l’amour sans se parler.

MF : Voilà.

MC : Il vous est arrivé de passer plusieurs mois sans faire l’amour, plusieurs semaines ?

MF : Oui, toute mon adolescence, toute mon enfance.

MC : Et vous l’avez vécu comment ? C’était difficile ? C’était une frustration ?

MF : C’est quelque que, je crois, j’ai appréhendé et que j’ai occulté et dont j’ai eu horreur aussi avant de le connaître, et même aussi un peu après.

MC : Vous vous souvenez de la première fois ? Vous voulez le raconter ?

MF : La première fois…Je crois, contrairement à beaucoup de personnes, c’est un moment plutôt certainement décisif dans la continuité, quelque chose de laborieux, de difficile. C’est quelque chose de très fragile, voilà.

C’est-à-dire qu’on ne connaît pas, que personne ne maîtrise.

MC : Ca s’est passé comment ?

MF : Une chambre…Une chambre banale, un lit même pas douillet…Une chose incroyable. C’est un peu un viol.

Le viol de l’enfance, un peu le viol de l’imaginaire.

MC : La fin de l’innocence…

MF : C’est un peu ça. C’est quelque chose après qu’on reconstruit, mais ça vrai que ça a été un peu un film de Walt Disney qui…pouf ! qui s’en va.

MC : Un souvenir désagréable, la première fois ?

1986-13-aMF : Pas désagréable, parce que c’est moi qui suis allée vers ça donc j’ai voulu les choses. Maintenant je maîtrise beaucoup plus, et puis je vais vers ces choses avec un peu plus de vice.

MC : Quelle sorte d’hommes vous attire ? Qu’est-ce qui vous trouble chez un homme ?

MF : Je crois que c’est, ça a été de tous temps, les gens qui ont une existence sociale. C’est-à-dire que ça peut être du domaine de la littérature, politique, chanson, autant d’arts qui existent.

MC : Quelqu’un qui détient le pouvoir, une forme de pouvoir ?

MF : Un certain pouvoir, une forme de pouvoir.

MC : Vous avez besoin d’admirer ?

MF : J’ai besoin d’admirer, oui.

MC : De vous sentir dominée ?

MF : La domination, elle peut s’effectuer effectivement quand il s’agit de plaisir.

MC : Elle peut s’effectuer physiquement aussi ? Vous aimez être dominée quand vous faites l’amour ?

MF : Une certaine domination, oui.

MC : Vous aimez la violence ?

MF : Je vous parlais de viol, j’avoue que c’est –mais là aussi il faut aller doucement quand même parce que c’est quelque chose de grave- mais c’est vrai que le viol a 3% de très excitant et d’assez incroyable.

MC : Vous avez besoin d’avoir mal, ou besoin de faire mal pour éprouver du plaisir ?

MF : J’ai besoin de faire mal et j’ai besoin d’avoir mal, oui.

MC : Pour parvenir au plaisir.

MF : Oui, oui. Je veux bousculer, je veux…

MC : Vous n’aimez qu’un homme qui vous fait souffrir, vous ne pouvez aimer qu’un homme qui vous ferait souffrir.

MF : Si on veut un peu schématiser, aller vite, ça serait un peu ça. La facilité, les choses évidentes ne sont pas intéressantes.

MC : Vous pouvez vivre plusieurs histoires d’amour en même temps ?

MF : Oui.

MC : Les hommes concernés le savent, les hommes de votre vie ?

MF : Si j’avais à choisir ma vie, et c’est là que réside la chose la plus difficile, c’est peut-être la… comment appelle-t-on ça ? On dit bigame ? Mais peut-être multiplié par quatre ! C’est avoir trois, quatre hommes dans ma vie. Si j’avais une métaphore à faire, je prendrais volontiers la mante religieuse. C’est-à-dire que, si j’en avais le pouvoir parce que bon ! je suis pas encore tombée dans la folie totale, mais je crois que je couperais la tête volontiers.

MC : Après.

MF : (elle acquiesce)

MC : Vous leur voulez du mal ?

MF : Je les aime pas, c’est tout ! (sourire)

Fin de l’entretien et suite de l’émission

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Mylène Farmer en Pinocchio

Posté par francesca7 le 2 avril 2014

Pinocchio

Lorsqu’il pense à réaliser Sans Contrefaçon, Laurent Boutonnat se trouve devant un choix. Soit donner sa vision du roman en faisant totalement abstraction de la diégese de Carlo Collodi, soit y entre fiel et en garder le rythme, les éléments et les thèmes. En se penchant sur Les Aventures de Pinocchio en rendant hommage à son concepteur original, Laurent Boutonnat a eu du nez…

 bannieresans

Le réalisateur semble avoir voulu s’extraire au maximum de l’œuvre originale. Mais, fidèle à sa grammaire et ses propres symboles, Laurent Boutonnat rend toujours à César ce qui est à César. Donc, si on se penche d’avantage sur son court-métrage, on peut voir dans les détails de décors, de script ou d’histoire de nombreuses références aux éléments décisifs de l’histoire du Pinocchio original. Chaque chapitre du livre trouve sa correspondance dans le film, même si cette retranscription des éléments du roman est adaptée, transposée non chronologiquement.

Il faut être imprégné du film, voir dans le fond du champ, dans les bords, dans tout ce qui donne au film son rythme, son univers et son atmosphère. Pinocchio est partout, et c’est dans ses « abords » qu’il se cache, donnant au film la splendeur fantastique du roman originale de Carlo Collodi. Nous trouverons donc les références au roman chapitre par chapitre, afin de trouver quelle structure Laurent Boutonnat à voulu apporter à son adaptation et avec quels éléments il a fait référence aux chapitres et aux séquences du livre dont il ne se servait pas.   

Nous pourrons aussi voir quels éléments il a transformé et nous en déduirons qu’il n’a pratiquement rien ajouté mais seulement transféré d’une scène à l’autre de l’histoire, la rendant différente (un peu comme Tristana, adaptation de Blanche-Neige et les sept nains de 1987, transposé pendant la révolution russe où Blanche-Neige ne répondait au baiser du « prince charmant » que par une phrase qui la situait pour l’éternité, par la grâce de l’amour du « prince », entre la vie et la mort…

  

Chapitre 1 :             Au début de l’histoire, on situe l’action autour de maître Cerise qui trouve un morceau de bois qui « pleure et rie comme un enfant ». On se rapporte ici à l’ouverture même de Sans Contrefaçon où la marionnette se tourne vers le public pour dire sa phrase d’une voix enfantine « Dis maman… pourquoi je suis pas un garçon ? ». La matière de la marionnette est d’ailleurs indéfinissable, peut-être bois, peut-être cire… La main du marionnettiste est à déjà à l’intérieur de la marionnette, et le coup de projecteur sur sa figure relate le moment où maître Cerise (qui pourrait être présent dans le public par exemple) trouve cet étrange morceau de bois qui ne ressemble encore à rien.  

 

sans28Chapitre 2 :            Ce chapitre relate essentiellement l’offre du bois de maître Cerise à Gepetto qui l’emporte chez lui pour se fabriquer un pantin merveilleux capable de danser, de faire de l’escrime et des sauts périlleux. On retrouve ici la toile de fond du film qui est celle de la bohème, du spectacle itinérant. On se réfère immédiatement à cette image de la marionnette seule en scène, face à un public invisible. On revoit aussi cette ballerine du cirque noir des collines ventées. Tout cela se rapporte à ce à quoi était destinée à priori la marionnette.

Chapitre 4 :            C’est ici qu’apparaît le fameux grillon parleur. On peut mettre en parallèle à cette séquence la scène où le marionnettiste ramasse Pinocchio dans la boue puis se met à lui parler, jouant en quelque sorte le rôle de la conscience de la marionnette, inexistante matériellement dans le film. On voit aussi que les méchants enfants du roman n’aiment guère se faire rappeler à l’ordre par les gens qui en savent plus long qu’eux. Ici on peut établir un rapport avec les deux travestis tenanciers du cabaret qui jettent sous la pluie, pour des raisons inconnues, l’artiste dans la boue. On se doutera de causes méchantes, vu leurs mines réjouies et sadiques, comme par exemple la jalousie d’un talent qu’a le marionnettiste et qui leur fait cruellement défaut.

Chapitre 5 :            Ici nous découvrons l’histoire où Pinocchio a faim et cherche un œuf pour se faire une omelette. Mais au moment fatidique, l’omelette lui fait faux bond en s’envolant par la fenêtre ! Laurent Boutonnat semble s’être inspiré de cet épisode (ou de ce chapitre plutôt puisqu’on parle ici du roman intégral) pour la scène où le marionnettiste voit son pantin volé par la fée. Il lâche alors la gamelle de purée qu’elle lui avait gentiment offerte. La nourriture qu’il attendait tant, tellement on nous le montrait épuisé, s’est envolée devant ses yeux simultanément à la disparition conjointe de sa bienfaitrice et de sa créature inanimée.

Chapitre 6 :            Chapitre où Pinocchio s’endort les pieds sur le réchaud et se réveille le lendemain matin les pieds tout brûlés. C’est cet excès de chaleur qui manque cruellement à l’univers dans lequel les personnages de Laurent Boutonnat sont forcés d’évoluer. La seule pointe de chaleur dans cette atmosphère de plateaux campagnards glacés, de littoral hivernal est humaine. On la trouve dans l’avant dernier plan du film, lorsque le marionnettiste pose sur les épaules de son pantin inanimé sa veste pour qu’elle ne prenne pas froid, ou en espérant qu’elle revivra aussi… 

Chapitre 7 :            Une des scènes tristes du roman où Gepetto rentre chez lui et donne au pantin le casse-croûte qu’il s’était mis de côté. On aurait pu rapporter cette séquence au moment où le marionnettiste mange, mais à aucun  moment il n’offre quoi que se soit à sa marionnette à manger, contrairement au roman. C’est peut-être ce cruel « oubli » qui apporte la malédiction du destin à emporter la marionnette loin de lui.

Chapitre 8 :            Séquence où Gepetto refait les pieds à Pinocchio et vend sa propre casaque pour lui acheter un alphabet. Ce sont ici des éléments dont Laurent Boutonnat ne voulait pas s’embarrasser, laissant l’intrigue de l’alphabet au roman. Le réalisateur, toujours tenu par des impératifs de temps fait concis. Il fait en revanche référence aux pieds de Pinocchio importants ici en les cadrant à part lorsque la marionnette vivante est dans les bras du marionnettiste. Ce plan qui ajoute au mystère accède aussi à une dimension référentielle qui échappera à toute personne n’ayant pas souvenir des détails narratologiques de l’histoire originale.

Chapitre 9 :            Le chapitre du livre où Pinocchio vend son alphabet pour aller au théâtre de marionnette est ici montré à deux reprises pas le 1er théâtre mystérieux où la marionnette se produit mais aussi par l’arrivée de l’homme t de son pantin au cirque. Où on peut remarquer en passant que des marionnettes représentant des animaux ont remplacé les lions dans la cage qui leur était à priori destinée. Le thème de la marionnette est donc usé à plusieurs reprises, parfois en toile de fond, à moitié visible, sans rapport direct avec l’histoire. 

Chapitre 10 :            Épisode un peu à part du roman où les marionnettes reconnaissent leur frère Pinocchio et lui ont fait un accueil grandiose. Mais Mangefeu le marionnettiste sort des coulisses au moment fatidique, et Pinocchio risque de connaître une triste fin. Destin dramatique ici repris dans le film lorsque le pantin est chahuté de mains en mains, en l’air et rattrapé par les divers membres de la troupe du cirque qui se l’envoient comme un vulgaire ballon. A ce moment là de l’histoire on peut se demander vraiment ce qu’il adviendra de cette poupée de cire avec ce marionnettiste un peu incapable qui ne sait guère s’occuper d’elle.   

Chapitre 12 :            Ici le marionnettiste Mangefeu offre cinq pièces d’or à Pinocchio la chargeant de les porter à son père Gepettto. Mais Pinocchio se ravisant, se laisse embobiner par un renard et un chat, et part avec eux. Le double emploi du renard et du chat (la ruse et la légèreté) peut être comparé à celle du marionnettiste de Sans Contrefaçon qui vole à son tour le pantin à la fée vêtue de noir en lui faisant miroiter un amour qui restera éphémère. La marionnette n’aura pas du non plus succomber aux avances de son « manipulateur ». 

 On peut remarquer que Laurent Boutonnat à opéré une sorte de concentration des personnages du roman pour établir ceux de son film. Les actions destinées aux uns et aux autres ne sont plus imputées qu’au marionnettiste et à cette demi-douzaine de personnages secondaires qui peuple son roman. Les actions subissent la même concentration en étant souvent évoquées en un seul plan laconique, qui peut être comparé à un « flash » pour le lecteur familier du roman de Carlo Collodi.

 

Chapitre 13 :            Le chapitre de l’auberge de l’écrevisse rouge prend ici les traits du cabaret du début du film où les deux travestis faisaient figure de Ténardiers devant le pas de leur porte, prêt à décider qui nourrir ou non, détenant un droit de vie sur autrui qu’ils ne méritent pas.

Chapitre 14 :            Ici Pinocchio, faute d’avoir suivi les bons conseils du grillon parleur, tombe sur des brigands. Entremêlement de personnages encore ici car c’est en ignorant le chien lorsqu’il quitte le village que le marionnettiste tombe sur les brigands que représentent les membres du cirque. Brigands qui accéléreront l’engrenage tragique de l’histoire en affolant la fée qui finira par voler le pantin, prise de panique, et qui s’enfuira avec pour lui donner puis lui reprendre la vie.

Chapitre 15 :            La scène où les brigands rattrapent Pinocchio et le pendent à une branche du « Grand Chêne »  n’est pas du tout retranscrite dans le film mais en revanche l’image du « grand Chêne » est omni présente sur le plateau qui surplombe la mer lorsque les roulottes du cirque sont en arrêt. Il n’y a qu’un arbre sur le plateau, ce n’est pas un chêne mais une espèce sans06de bouleau, qui se retrouve dans chaque plan, d’ensemble ou pas, et derrière chaque personnage filmé.  

        

 

Chapitre 16 :    Ici une belle enfant aux cheveux bleus recueille le pantin, le met au lit et convoque trois médecins pour savoir s’il est vivant ou mort. Dans le film on ne sait jamais si la marionnette a le don de la vie ou non. Nous en avons déjà parlé précédemment et étudié ces scènes notamment lorsque la marionnette s’anime sans que le marionnettiste ai mis ses mains dedans et lorsque la marionnette vivante possède toujours ses pieds de bois. 

Chapitre 18 :            Ici dans le roman le renard et le chat emmenant Pinocchio dans le champ des miracles pour lui faire semer ses quatre pièces. Ici c’est d’ordre symbolique que Laurent Boutonnat use de la référence en faisant tomber la marionnette sur la plage. Lorsqu’elle se relève, elle a le visage recouvert de sable comme si elle avait été enterrée. La marionnette est tout ce que possède le marionnettiste, elle est en ce sens comparable aux quelques pièces du roman.

Chapitre 20 :            Ce chapitre relate la rencontre de Pinocchio avec un horrible serpent. Dans le film on peut comparer cette rencontre à celle d’avec le cul-de-jatte pensionnaire du cirque. Mi homme mi-bête il rampe quand il n’est pas tiré sur son chariot. C’est également le dernier personnage du cirque que l’on voit à l’écran. Un choix sûrement pas anodin du réalisateur qui se situe ici uniquement dans le référentiel du roman et aussi de l’histoire du cinéma en citant en quelque sorte le film Freaks (Tod Browning – 1932).

Chapitre 21 :            Ici Pinocchio tombe aux mains d’un paysan qui l’oblige à faire le chien de garde devant son poulailler. Comme cette image de contemplation à la fin du film où le marionnettiste veille sur sa marionnette, sorte de chien de gardien désespéré des sentiments éteints. On voit aussi l’élément du chien en bas de l’écran dans le début du film lorsque l’homme quitte le village. On l’entend également aboyer.

Chapitre 23 :            Pinocchio pleure la belle enfant aux cheveux bleus, puis il rencontre un pigeon qui le transporte au bord de la mer et se jette à l’eau pour porter secours à son père Gepetto. LE pigeon qui guide vers al mer est repris dans le film lorsque l’homme se dirige vers elle sans le savoir. On voit en même temps à l’image un épouvantail et on entend en bruitage (un des seuls du film) le bruit d’un oiseau, comme s’il annonçait la démarche de l’homme et l’amenait sur le plateau qui domine la mer.   

 

Chapitre 26 :     Ici on retrouve l’élément du bord de la mer car dans le roman, Pinocchio et ses camarades de classe vont au bord de la mer voir un terrible requin. Et c’est précisément en ces lieux que se termine l’histoire de Sans Contrefaçon.

Chapitre 30 :     Il fait référence au pays des jouets qui est, dans le film, mêlé au monde de la diégese car il reste peuplé lui-même de ses jouets. Pinocchio le rejoint normalement avec son ami Lumignon qui est dans le film, l’éternel et fidèle marionnettiste.

Chapitre 31 & 32 :      Là où Pinocchio se transforme en âne dans le roman, il ne fait que se transformer en fille dans le film. Double transformation tout de même car à défaut d’être un garçon comme on s’y attend, la marionnette du film devient en plus une fille.   

 Mylène Farmer en Pinocchio dans Les Clips de Mylène sans64

Chapitre 34 :            Dans le roman Pinocchio est jeté à la mer, mangé par un requin et retrouve Gepetto dans le ventre de l’animal, mais redevient un pantin comme avant. Laurent Boutonnat ne garde que ce dernier élément et fait abstraction des autres car le pantin ni la fée ne pénètrent dans la mer. On retrouve en revanche l’image du requin dans le visage du baroque Luc Jamati qui joue le magicien, dans cette tête taillée en fer de lance, anguleux et dure.   

Chapitre 35 & 36 :      Là où dans le roman Gepetto fait redevenir Pinocchio un vrai petit garçon, Laurent Boutonnat stoppe l’histoire juste avant par soucis de gommer tout « happy end » de l’histoire ; comme dansTristana réalisé la même année, dont nous avons déjà parlé pour la même raison.   

Jodel Saint-Marc, le 30 janvier 2002.

 

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Sans contrefaçon… Mylène dans un conte

Posté par francesca7 le 2 avril 2014

  Laurent Boutonnat semble vouer au conte une admiration respectueuse, qui fait de lui l’adaptateur créatif d’un nouveau Pinocchio pour Sans contrefaçon, mais aussi d’une Blanche-Neige propulsée dans la révolution russe d’octobre 1917 (Tristana). Les transpositions qu’il en fait dans les premières minutes sont plausibles, voire réalistes, et s’il prend souvent comme toile de fond des faits historiques, c’est pour mieux, une fois le conte original reconnu par le spectateur, surprendre en faisant basculer son histoire dans un fantastique encore moins attendu que celui du conte lui-même. C’est sans doute pourquoi les clips diégétisés de Boutonnat se terminent pratiquement toujours tragiquement, comme s’il voulait mêler au conte original un univers propre qu’il voudrait cynique, onirique, et à l’impitoyable cruauté. C’est ici que le marquage de Laurent Boutonnat par rapport au genre littéraire qu’il énonce se fait : dans cette quête perpétuelle d’une certaine forme de misanthropie qui rend l’Homme profondément froid, vénal …adulte. Genre littéraire aux contours flous, on peut avoir un peu de mal à admettre les formes que revêt la transposition du conte à l’écran pour un vidéo-clip. On applique d’ailleurs fréquemment un épithète au mot conte pour rendre moins large le champ d’application que recouvre le genre. Le travail de Laurent Boutonnat laisse percevoir des choix très précis sur le traitement des histoires qu’il raconte, les contes Sans contrefaçon... Mylène dans un conte dans Les Clips de Mylène sans05fantastiques ou merveilleux sont définitivement ceux qui collent le plus à ses histoires. Dans un premier temps, le marquage du cinéaste se fait de manière plutôt légère, dans un respect pour l’auteur original, en multipliant les clins d’œil et en poursuivant l’histoire plutôt qu’en l’adaptant à proprement dit. Notons par exemple que lorsqu’il adapte Pinocchio en 1987, Boutonnat prend soin de développer l’histoire telle que le grand public la connait (se rapportant davantage au long-métrage de Walt Disney, le roman original étant en fait une suite d’épisodes parus dans la presse.) jusqu’à ce que, là où le conte devrait se terminer, une musique additionnelle qui fait suite à la chanson illustrée par le clip prend place. Ici le récit reprend là où on croyait arriver à un Happy End pour se terminer dans l’onirisme et le désespoir le plus total, la marionnette redevenant de bois. Il en est de même dans Tristana, où Blanche-Neige, qui vient d’être embrassée par le prince ne se réveille pas et reste dans une sorte de coma poétique.

 

boutsanscontr3 dans Mylène FILMOGRAPHIE

 


Comme pour encercler son récit, Laurent Boutonnat commence régulièrement ses histoires par une scène violente, où celui qui deviendra par la suite le héros de son clip (A différencier de l’interprète de la chanson qui n’est pas forcément le personnage central de chaque film) est emprisonné et battu comme dans Désenchantée (1991), se fait renvoyer et cracher dessus dans Sans Contrefaçon, est brûlé vif dansBeyond my control (1992), rejetée dans Hasta Siempre (1997). De ces nombreux malheurs et asservissements, qui ajoutent à la malédiction présumée du héros, ce dernier va à chaque fois tenter de s’en détacher à l’aide d’adjuvants (Terme du sémioticien français A.J. Greimas qui nomme ainsi les secourables) qui, comme dans le conte traditionnel sont soit des fées dans Sans Contrefaçon, des enfants dans Désenchantée ou encore des lutins dans Tristana. On retrouve d’ailleurs dans l’œuvre de Laurent Boutonnat nombre  » d’adjuvants et  » d’opposants  » hérités des contes merveilleux chrétiens tels cette statue de sainte vierge dans Plus Grandir qui s’anime pour se cacher le visage lorsque l’héroïne se fait violer sous ses yeux, ou ces objets magiques remis au héros et sensés le protéger ; comme par exemple le collier offert par Rasoukine à Tristana, qu’elle aura le malheur d’ôter avant que la tsarine-sorcière se penche sur elle pour lui enlever la vie.

 

 

    Le conte merveilleux a ceci de particulier qu’il comporte toujours le fameux passage dans un autre monde. C’est donc à la quête de cette liberté, de cette délivrance devrait-on dire lorsqu’on pense au cinéma de Laurent Boutonnat que le héros traverse cette frontière . Souvent à la fin de ses clips, le héros franchi la limite sans qu’elle soit clairement définie ni sur l’écran, ni dans l’histoire (mais plutôt par la fin de la chanson illustrée par le clip et sa transition avec la musique additionnelle) contrairement au conte à proprement dit où un élément concret tel une rivière, un pont ou un obstacle caractérise le passage. Au-delà de cette ligne, l’histoire se fait davantage onirique. Et bien que la diégèse garde toute la cohérence d’un récit filmique classique, le spectateur se rend bien compte qu’il vient d’entrer dans un autre monde. Celui où la femme vêtue de noir dans Sans Contrefaçon se révèle être une fée capable de donner la vie à un mannequin de cire, le monde où les prisonniers de Désenchantée, une fois libérés contemplent le néant d’une plaine couverte de neige avant de se séparer têtes baissées comme si leur lutte avait été vaine, un monde enfin où le prince charmant bolchevik improbable de Tristana embrasse sa « Blanche-Neige » morte et lui insuffle, du coup, le double bonheur de la jeunesse éternelle et du repos infini.

 » Le passage dans l’autre monde est en quelque sorte l’axe du conte, en même temps que son milieu. Il suffit de motiver la traversée par la recherche d’une fiancée ou quelque merveille […] pour avoir devant soi l’ossature, très générale, certes, incolore et simpliste, mais pourtant caractéristique sur laquelle viennent se greffer les divers sujets. « 

(Vladimir Propp, Morphologie du conte, collection  » poétique « , édition du Seuil, Paris 1965)

 

    

La bouteille se vide, les espoirs aussi

Historiquement transmis de manière orale, le conte adapté au vidéo-clip induit certain traitements. Par exemple cet aspect de transmission du conte passe davantage à l’écran si une partie de la chanson illustrée par ce clip est chantée par l’interprète. Le conteur est à ce moment çi parfaitement identifié, et il peut-être comme dans tout conte soit le héros de l’histoire, soit un étranger omniscient à la diégèse, soit un personnage secondai re. Le caractère profondément enfantin du conte pousse, oblige même le réalisateur de vidéo-clip au divertissement, voire à l’émerveillement de son spectateur. Ceci peut expliquer la récurrence de l’emploi des effets spéciaux tant ils permettent aujourd’hui de rendre la féerie de certains décors ou de certains personnages que véhicule le conte. Un élément commun au genre du conte et à la forme filmique qu’est le vidéo-clip est la danse. C’est par son emploi que les parties autrefois chantées des contes trouvent leur écho aujourd’hui. C’est en effet entre autres par ses contraintes que le vidéo-clip en général, (en faisant abstraction de ceux de Laurent Boutonnat) s’est rapproché du genre du conte. C’est par des éléments communs comme la durée relativement courte, le médium musical, et la multiplicité des  » diffusions  » que le vidéo-clip et le conte, par les contraintes de forme de l’un et la définition du genre de l’autre se sont retrouvés.

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Mylène remercie ses Fans

Posté par francesca7 le 2 avril 2014

publié sur http://www.ozap.com/actu/

MYLÈNE FARMER RÉPOND À SES FANS VIA UNE PUB DANS « LIBÉRATION »

Mylène Farmer s’est offert ce matin une page de publicité dans « Libération » pour remercier ses fans.

« Mylène, ceux qui vous aiment, vous saluent« . C’est l’hommage envoyé lundi par les fans de Mylène Farmer, à l’occasion des trente ans de carrière de leur idole, via une publicité dans Libération. En effet, les fans de la chanteuse de « Libertine » et « Pourvu qu’elles soient douces » se sont mobilisés, via le site participatif My Major Company, pour récolter 10.000 euros afin d’acheter une demi-page publicitaire dans le quotidien. Le message, sobre, publié à la page 31 de l’édition de lundi 24 mars, était signé par « 303 contributeurs et des dizaines de milliers d’autres admirateurs à travers le monde depuis 30 ans« .

Un hommage qui a visiblement touché la chanteuse, qui a décidé d’y répondre aujourd’hui, toujours dans le quotidien Libération. Mylène Farmer s’est offert une page entière pour remercier ses fans. « Merci à vous…« , a simplement écrit la chanteuse dans une publicité, publiée à la page 21 de l’édition de ce week-end.

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Un dessin pour dire « merci »

Le mot de remerciement est accompagné d’un dessin de la star, signé « MF 2014″. Celui-ci représente une femme, avec un hibou sur la tête, et un tee-shirt sur lequel est inscrit la lettre M. Heureuse, elle lève les bras en l’air. Les fans apprécieront ce qui ressemble à un autoportrait et le geste de la star, toujours soucieuse de son public, qui vient de se ruer en masse à la projection au cinéma de « Timeless 2013″, film réalisé à partir de la captation de sa dernière tournée, lors de son passage à la Halle Tony Garnier de Lyon.

Publié dans Mylène 2013 - 2014 | Pas de Commentaire »

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