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GAI PIED et Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 8 avril 2014

 

12 JANVIER 1987 – Mylène Farmer, la libertine zarbi

1987-02

Entretien avec Pablo ROUY

Pourquoi ce premier tube à scandale : « Un, maman à tort, deux, l’infirmière est belle, trois, je l’aime… » ?

- (Evasive) J’aime toujours les plaisirs impolis… Le texte a été un handicap au départ, mais ce côté sulfureux existe même s’il dérange. J’aime ce qu’on m’interdit !

Mylène, je trouve superbe ton premier 30cm « Cendres de lune ». Tu y abordes surtout la sexualité féminine…

- Non, pas la sexualité, mais la sensualité. Ce mot se rapproche plus de moi… Je ne pense pas être une bombe sexuelle ! (Elle rit)

Disons alors les émotions, les vibrations physiques. Pourtant « Vieux bouc » est une espèce de messe noire.

- (Après un long silence) Il m’arrive d’avoir le feu dans les veines. De temps en temps, je suis le Diable !

Alors tu jettes des sorts ?

- Non, non, rassurez-vous ! Mais quand j’étais petite, je modelais des poupées aux effigies de quelques personnes. Je ne les ai jamais percées avec des épingles

Dans « Chloé », on trouve encore l’enfance !

- C’est ma comptine… et aussi l’innocence et la cruauté des enfants. C’est diabolique ! Une petite fille aux yeux bleus et au sourire angélique qui vient vous dire qu’elle a tué sa petite copine…

Est-ce de la sororité ou de la lesbianité ?

- Non, ce n’est pas mon propos. Il serait plus intéressant de poser cette question à l’auteur qui a écrit cette chanson, car c’est un homme. Il a projeté ses fantasmes sur moi.

Parle-moi de toi.

- On peut chanter « Je suis libertine, je suis une catin », et avoir beaucoup de pudeur. Il faut savoir garder des choses qui n’intéressent que vous. Il ne faut pas faire de vivisection de l’artiste. Je n’ai pas à ouvrir mon ventre. S’il y a quelque chose à dire de moi, c’est que je suis une personne très nerveuse, en aucun cas passive. Voilà ! (rires)

Tu crois aux valeurs individuelles comme la sincérité, l’intégrité ?

- Oh la la ! J’ai horreur de ces mots ! Faire ce métier, c’est un manque de sincérité.

Tu aimerais que ton homme reste à la maison ?

- Non, pas du tout ! Je préfère rester avec mon petit singe E.T. qui est déjà suffisamment caractériel…

Si un homme t’agresse sexuellement dans la rue, que fais-tu ?

- Ma main dans la figure ! Je tape ! Vous connaissez l’histoire de cette femme violée par trois hommes ? Ensuite elle a laissé son adresse et son téléphone en leur assurant que ça lui avait bien plu. Elle leur a donné rendez vous chez elle, les a endormis et castrés. C’est le genre de choses que je pourrais faire !

Si c’est une femme ?

- Je lui réponds « Je ne suis pas celle que vous croyez ».

Tu es une fille à pédés ?

- Non. J’aime les gens que j’ai envie d’aimer. Peu importe leur sexualité. Les homosexuels m’ont toujours porté un grand intérêt et de la chaleur. J’en suis ravie, mais je ne vis pas dans leur monde. Il est vrai que je travaille avec des homosexuels et que je m’en porte bien ! (Rires) J’ai très faim. C’est bientôt fini ?

A l’église, tu te marierais comment ?

- Toute nue !

Ton héroïne favorite de roman ?

- Justine, de Sade, évidemment.

Comme pâtisserie, que serais-tu ?

- (sans hésitation) Une religieuse !

Comme fleur ?

- Une tulipe noire.

Si tu étais un poisson ?

-          Je déteste les poissons. J’adore le foie gras.

Sur une île, tu emmènes un seul livre. Lequel ?

- J’hésite. Disons : la moitié des oeuvres de sainte Thérèse d’Avila et la moitié des écrits du marquis de Sade.

La dernière fois que tu as fait l’amour ?

- (faussement offusquée) Je ne réponds pas !

Ton homme idéal ?

- Mickey Rourke.

Avec qui ferais-tu du cinéma ?

- Stanley Kubrick.

Et ta réincarnation ?

- J’étais un petit rongeur et je redeviendrai rongeur !

Tu as déjà fait l’amour dans une sanisette ?

- Non, jamais ! Je vous le jure.

La première fois qu’un garçon t’a dit je t’aime, c’était comment ?

- Il ne me l’a pas dit.

Comment tu dors ?

- Toute nue. J’ai trop faim. C’est fini !

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

MYLENE FARMER dans ROCK NEWS

Posté par francesca7 le 8 avril 2014

 

JANVIER 1987 : Mylène Farmer : la conquérante

1987-01-bEntretien avec Christian OUVRIER

« Cendres de Lune » est sorti il y a maintenant six mois. Le premier album est une étape importante…

- C’est vrai, cela permet de sortir de l’image désuète de chanteuse de 45-trs. Pour moi, il était très important de faire cet album. Avec « Cendres de Lune » j’ai essayé d’étonner les gens. C’est d’autant plus nécessaire qu’il est très difficile de s’imposer actuellement. Il a été salué par quelques critiques élogieuses. Avec l’accueil de « Cendres de Lune » et le succès du simple « Libertine », j’ai maintenant la certitude de pouvoir faire un nouvel album…

Outre « Libertine », on retrouve dans cet album « M aman a tort » et « Plus Grandir », alors que ton deuxième 45-trs n’y figure pas…

- « On est tous des imbéciles » ne figure pas sur l’album pour des raisons contractuelles, dues en fait à mon changement de maison de disques. C’est une chanson que j’aime toujours, et si nous n’avions pas eu ces problèmes, elle aurait figuré sur l’album.

Bien que le public ne le connaisse pas, Laurent Boutonnat joue un rôle déterminant dans ta carrière : auteur-compositeur, producteur, réalisateur de l’album et du clip, photographe même…

Serait-il pour toi, ce que -par exemple- Michel Berger est à France Gall ?

- Ca, c’est la genre de fantasmes de journalistes ! A partir du moment où il y a une association homme/femme, les gens peuvent effectivement faire des comparaisons avec des situations déjà existantes… Mais ce n’est pas mon problème ! Tout ce que je peux dire, c’est que nous avons, Laurent Boutonnat et moi, beaucoup de points communs.

Cela ne t’empêche pas de signer parfois certains titres. Penses-tu écrire de plus en plus souvent ?

- Je ne sais pas… J’avoue que je ne fais pas ce genre de calculs, c’est une démarche qui ne se programme pas.

La façon dont tu as défendu « Libertine » à la télévision t’a donné une image sexy et provocante.

Vas-tu entretenir cette image ?

- « Libertine » n’est qu’une chanson de l’album. Les autres, bien que formant une certaine unité, sont assez différente. Divers paramètres ont fait que, d’une part, « Libertine » a fait l’objet d’un 45-trs, et que d’autre part, elle est devenue un succès, me donnant ainsi cette image. Elle devrait néanmoins changer, car mon prochain titre sera radicalement différent.

Ecoutes-tu les disques de tes consoeurs, et peuvent-ils être parfois sources d’inspiration ?

- Non, je n’écoute pas particulièrement les disques d’autres chanteuses, excepté celui des Rita Mitsouko, que j’aime beaucoup. Je crois qu’il ne faut pas trop se préoccuper de son voisin, il faut croire en soi et foncer.

Quand à l’inspiration, on peut la puiser ailleurs que dans les chansons des autres…

Parmi les longues carrières féminines (Hardy, Vartan, Sheila ou Gall…), y en a-t-il une qui t’inspire, qui te fasse rêver ?

- Non, pas vraiment. On peut effectivement espérer suivre le cheminement ou connaître la longévité de telle ou telle artiste, mais plus rien n’est comparable, le métier a profondément changé en quelques années. Et puis, personnellement, je pense qu’il vaut mieux ‘faire’ dix années performantes, que vingt chaotiques…

1987-01-aPenses-tu à la scène ?

- Oui, mais c’est encore prématuré pour l’instant. Je n’ai pas un nombre suffisant de chansons. Lorsque j’aurai à mon actif deux ou trois albums, peut-être… J’ai l’esprit ‘gladiateur’, mais faire de la scène ne s’improvise pas.

C’est une entreprise qui nécessite une longue préparation et beaucoup de travail afin de réduire au maximum les risques d’échec.

Enfin, question quasiment incontournable : les projets ?

-          Un nouveau 45-trs pour le début de l’année, un clip, et après, c’est l’inconnu…

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

COCKTAIL FM MAGAZINE avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 8 avril 2014

 

COCKTAIL FM :  PRINTEMPS 1986

Nom ?

MF : Farmer

Prénom ?radio-01-a

MF : Mylène

Pseudonyme ?

MF : Mylène Farmer ! (rires)

Date et lieu de naissance ?

MF : Alors, le 12 septembre 1961 à Montréal, au Canada, dans la province de Québec.

Signe du zodiaque ?

MF : Je suis Vierge ascendant Vierge.

Ca existe, ça ?!

MF : Oui, ça existe ! C’est quelque chose de formidable, d’ailleurs !

Dernier film vu ?

MF : C’était au magnétoscope, et il s’agissait de « La fièvre au corps », que j’ai vu trois fois.

Dernier livre lu ?

MF : C’est un livre de Tournier qui s’appelle « Gilles et Jeanne », et qui retrace la vie de Gilles de Rais et de Jeanne d’Arc.

Dernier disque acheté, ou éventuellement emprunté à ta maison de disques ?

MF : Non, non j’ai acheté ! J’ai cassé ma tirelire et j’ai acheté « V.I.P. » de Françoise Hardy.

Je te dis ça parce que je sais qu’il y a beaucoup d’artistes qui quand ils vont chercher leur plan de promo, ils en profitent pour faire leur marché !

MF : Effectivement, on fait son marché ! Pour ça, faut-il y avoir des artistes que l’on chérisse pour pouvoir faire son marché ! Je crois que j’ai fait le plein en ce qui concerne Polydor…

Deux dernières choses : sport pratiqué éventuellement ?

MF : Heu…que je ne pratique pas en ce moment, mais l’équitation, beaucoup.

Tu es très branchée cheval ?

MF : J’ai pratiqué l’équitation pendant six ans assidûment, et puis j’ai arrêté parce que j’ai commencé ce métier, donc c’est beaucoup de temps pris.

Dernier voyage réalisé, mais hors profession ?

MF : Hé bien je ne m’en souviens pas ! (rires)(…) Je pense que tu fais partie de ces gens qui jouent plus leur chanson qu’ils ne les chantent.

C’est-à-dire que tu les interprètes au sens premier du terme. En plus, quand on voit la vidéo de

« Pas Grandir » (sic), c’est du cinéma et dedans tu joues vraiment. As-tu participé à l’élaborationde la mise en image de ta chanson, ou bien t’es-tu contentée de l’interpréter ?

MF : J’ai réalisé le story-board. C’est un mot un peu complexe, mais il s’agit de la mise en image, image par image, avec les positions des caméras et tout ça mis en scène. Ce sont des petits dessins. J’ai également fabriqué la poupée, qui est une pièce maîtresse du clip. Quant au scénario, j’y ai mis mon grain de sel bien sûr !

Depuis quelques temps, je ne sais pas si c’est dans ta vie ou dans ta profession, dans ta tête ou quoi, mais on sent une certaine évolution. Il y a quelques temps, tu chantais (il fredonne) « J’veux pas grandir nanana… », et maintenant c’est carrément « Libertine » !

MF : Parler d’évolution par rapport aux textes, c’est peut-être un peu prématuré parce que je n’en ai pas tant que ça. Il y a certainement eu une évolution à un autre niveau. En ce qui concerne « Libertine », c’est parce que je suis une catin, je n’y peux rien ! (rires) Je suis un paradoxe ambulant…

C’est un scoop, ça ! (rires) On sait enfin des choses qu’on ne savait pas ! Depuis quelques temps, j’ai remarqué que les petites jeunes femmes avaient très envie de grandir et de devenir des grandes dames. Je pense à toi et à Jeanne M as, qui disait il n’y a pas longtemps avant l’Olympia : « Je suis une petite dame qui veut devenir grande ». Est-ce que tu la rejoins dans ce genre de choses et…

MF : Où est la sincérité ? Je ne répondrai pas à cette question…

Est-ce que c’est difficile maintenant dans les années 80 de faire cette profession quand on est une fille ?

MF : Il y a beaucoup de jeunes filles qui essaient de percer, mais est-ce que c’est une profession difficile ?

C’est une profession qui est surtout cruelle : c’est plus le terme. Ma foi, tous les métiers artistiques sont comme ça. Spécialement en 1986, c’est peut-être plus difficile que dans les années 60-70, où là c’était formidable de démarrer parce qu’on parlait de carrière plus que maintenant. Maintenant, on parle plus de coup, de tube…

Est-ce qu’une fille qui démarre dans ce métier doit plus soigner son look qu’un garçon, ou est-ce que le fait d’être simplement mignonne ou d’avoir une personnalité lui suffit ?

MF : Tout dépend de ce qu’on a envie de proposer… En ce qui concerne le look, je pense que c’est aussi important pour une fille que pour un garçon. La preuve : Cure, on les reconnaît parce qu’ils ont du rouge à lèvres et les cheveux dressés sur la tête ! Pour moi, c’est capital d’avoir un look plus ou moins défini. On a vu des personnes qui mettaient des croix ou des chaînes et qui s’habillaient en noir, et ça frappe tout de suite à l’œil. Il y en a d’autres, ce sera au travers de chansons, de textes… Enfin, le look est important !

Tu fais partie des gens qui sont optimistes ou de ceux qui sont pessimistes, en ces fins d’années 80 ?

MF : Heu…Je n’ai pas envie de me situer entre l’optimiste et la pessimiste… Je pense être réaliste, et je crois qu’on est dans une période qui est très difficile.

Donc on a intérêt à être optimiste ?

MF : Mieux vaut être optimiste pour continuer à gravir les échelons !

Aujourd’hui, plus que jamais, on dit que si un disque marche, s’il est bien programmé, les artistes n’ont plus trop à se fatiguer à monter sur scène, à prouver leur talent. Comme tu le disais, on parle plus en termes de coup. D’un autre coté, je pense qu’un artiste fait vraiment ses preuves quand il est sur scène.

MF : Oui, tout à fait.

Tu y penses ?

MF : Oui ! Là aussi, ça fait partie d’un travail personnel. En ce qui me concerne, la scène, ce sera peut-être dans un an… Ce n’est pas encore défini. Pour l’instant, j’apprends mon métier. Je pense que je me débrouillerai  aussi bien que n’importe qui. Sinon mieux !

Tu vas particulièrement soigner la mise en scène de ton spectacle ?

MF : Oui, c’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup. Je voudrais un coté visuel prononcé, y ajouter du théâtre… Enfin, il y a des milliers d’idées qu’on peut concrétiser, mais là aussi, il faut travailler longtemps, et peut-être voir d’autres spectacles, d’autres personnes, parce qu’on apprend tout ce qu’il ne faut pas faire !

(rires)

Quel concert as-tu vu récemment ?

MF : Michel Berger (au Zénith de Paris, le 18.04.1986)

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

 

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