REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 3)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

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OUI MAIS… NON

Voici l’un des titres les plus populaires de la tournée. Premier single extrait de l’album « bleu noir », « oui mais … non » n’avait bénéficié que d’une seule représentation publique, le 22 janvier 2011 aux NRJ  Awards, avant d’être enfin interprétée sur scène lors de ce TIMELESS 2013, face à des spectateurs visiblement conquis dès les premières notes.

 

Reprenant la mise en scène du clip signé Chris Sweeney – Mylène assise dans un fauteuil est entourée de danseurs, la chorégraphie de David Leighton a été, pour le coup, modifiée, mais reste largement dans la veine  de l’originale. En fond visuel, l’écran géant nous offre des ombres chinoises (n’allant pas sans rappeler le décor du tour 2009 d’ailleurs) s’animant au rythme de la chanson et reprenant le spas des danseurs sur scène. Un titre énergique qui a mis le feu chaque soir de la tournée, et qui méritera sans conteste de retrouver sa place lors des prochains concerts de Mylène.

 

INTERLUDE

 

C’est désormais un classique des concerts de Mylène Farmer : un interlude musical mettant à l’honneur les danseurs et les lumières .. Et très utile à l’artiste pour se changer en coulisses ; c’est de nouveau le cas pour cette tournée. Débutant sur un doux remix électro du « Trio opus 100″ de Schubert, ce ne sont pas les danseurs mais plutôt les robots qui sont mis en avant cette fois-ci. Encadrées par des lasers bleus qui envahissent la salle, deux créatures sortent d’abor des abysses de la scène et entament un ballet sur ce morceau classique aux teintes mélancoliques, avant d’être rejoints par trois autres robots dans cette danse langoureuse. Mais bientôt, la musique de Schubert s’efface, le rythme et les lasers s’accélèrent, tandis que les robots nous offrent une chorégraphie beaucoup plus saccadée et nerveuse. Sur l’écran géant, des étincelles sont projetées puis disparaissent, avant de laisser place à des jeux de lumière aux pouvoirs hypnotiques directement envoyés des éléments de l’accélérateur de particules ; puis la musique s’arrête, les robots s’endorment, et le calme revient sur scène ; il est temps, désormais, d’en venir à la partie la plus intime du concret, le piano-voix.

 

thumbs_timeless-2013-gayant-expo-douai-23-novembre-201MAD WORLD (EN DUO AVEC GARY JULES)

 

Dans la salle, le noir absolu, puis les premières notes du piano d’Yvan Cassar résonnent tandis que les portes qui trônent de chaque côté de la scène s’habillent d’une lumière bleue. La mélodie est triste… nous nous attendons à voir Mylène arriver pour interpréter l’un des ballades de son répertoires. Mais c’es à une surprise supplémentaire que nous avons droit : sur la scène, un homme est là, seul. Le visage encore invisible, il entame de sa voix mêlant force et fragilité les paroles d’une chanson de Tears for Fears, « Mad World ». Puis son visage nous est enfin révélé : il s’agit de Gary Jules, bientôt rejoint par Mylène, qui arrive du fond de la scène, désormais habillée d’une robe en strass échancrée, laissant entrevois ses jambes.

 

Auteur-compositeur-interprète, Gary Jules est californien. A la tête de plusieurs albums (« Greetings from the Side » en 1998, « Trading Snakeoil for Wolftickets » en 2002, « Gary Jules » en 2006, et « Brid » en 2008) il s’est mondialement fait connaître grâce à sa reprise de « Made World » que l’on retrouve tout d’abord sur la bande originale du film « Donnie Darko », sortie en 2001, mais également sur son album, « Tradding Snakeoil for Wolftickets » l’année suivante. En 2003, le titre est réédité en Angleterre où il devient un tube que l’on entendra par la suite dans de nombreuses séries américaines comme « Smallville », « Jerricho », « Les experts » et « FBI : portés disparus », ou encore dans la publicité du jeu « Gears of War ».

 

 LES MOTS (EN DUO AVEC GARY JULES) 

Depuis sa sortie en 2001, le tube « Les Mots » n’a été interprété qu’une seule fois sur scène, lors de la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Si nous pouvions nous attendre, à cette occasion, à voir apparaître Seal pour la chanter aux côtés de Mylène, il n’en fut rien. C’est en effet Abraham Laboriel Jr, son batteur, qui prit le relais. Pour Timeless 2013, Mylène a souhaité reprendre ce titre. Mais là encore, Seal ne fut pas au rendez-vous, puisque lors de cette tournée, c’est Gary Jules qui en assura l’interprétation. 

Sur scène, tandis qu’yvan Cassar joue les premières notes, Mylène et le chanteur se tiennent côte à côte. Comme à l’accoutumée, le duo est lancé par Mylène, et Gary Jules la rejoint lors du deuxième couplet. Le couple fonctionne bien, l’alchimie des deux voix est là, et la complicité évidente. Une belle réussite pour cette deuxième fois où Mylène fait intervenir un autre artiste (extérieur à l’équipe de la tournée) sur scène. La première occasion remonte à décembre 1996, lorsque la star invita Khaled à venir chanter avec elle la reprise de la chanson de Polnareff, « La poupée qui fait non », à Genève et à Paris Bercy.

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JE TE DIS TOUT 

Après avoir salué Gary Jules, Mylène, seule, s’en va aux côté d’Yvan Cassar (qui n’a pas bougé du côté droit de la scène depuis le début de cette séquence piano-vois), afin d’interpréter l’un des plus beaux titres de son répertoire, « Je te dis tout ». Deuxième extrait de « Monkey Me », son dernier album, cette chanson, dont les paroles lourdes de sens semblent s’adresser à un enfant, a bénéficié d’une représentation publique unique lors des NRJ Music Awards, le 26 Janvier 2013. Un vidéo-clip signé François Hanss fut également tourné, dont plusieurs éléments faisaient référence à la grande période des clips de Mylène dans les années 80, et dans lequel la coiffure qu’elle y arborait rappelle celle choisie pour ce Timeless 2013. 

Sur scène, l’interprétation est plus lente que la version studio et l’introduction au piano revisitée. Quant à la sobriété offerte par la mise en scène, elle confère à la chanson une émotion d’autant plus palpable dans la vie de Mylène que cette dernière a chois, pour ce live, de nous la livrer entièrement en acoustique. 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 8

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 (partie 4)

Posté par francesca7 le 29 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

ET POURTANT….

Si le public pouvait d’attendre à « Rêve ou « Ainsi soit je… » comme quatrième titre de ce piano-voix, il n’en fut rien puisque, encore une fois, Mylène a préféré la surprise en nous proposant la ballade qui clôt officiellement l’album « Avant que l’ombre… », sorti en 2005 : « Et pourtant … » . Lors de ce Timeless 2013, c’est celle avec laquelle la chanteuse a choisi de terminer la séquence piano-voix de son show

Une chanson qui met à l’épreuve la fragilité de sa voix lorsqu’elle monte dans les aigus et se brise, sur des paroles chantant l’espoir en l’amour malgré la peine, les doutes et les déceptions. A la fin, Mylène s’en va en coulisses, laissant Yvan Cassar nous offrir une envolée lyrique au piano. Un peu d e calme avant la tempête qui va de nouveau déferler sur scène quelques instants plus tard….

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DESENCHANTEE

L’écran géant se remplit d’une pluie d’étoiles blanches défilant à toute vitesse puis est entièrement envahi de rouge lorsque les premières mesures de « Désenchantée » se font entendre. Dans la salle, c’est l’effervescence. Depuis le Tour 1996, le public attend toujours avec autant de ferveur ce qui reste à ce jour le plus grand tube de la chanteuse. Indétrônable « Désenchantée », aux paroles si pessimistes et malheureusement toujours d’actualité (vingt-deux ans après avoir été écrites), mais dont le rythme et la mélodie si efficaces réussissent toujours à soulever les foules, chaque soir de concert…

Tout de noir vêtue, Mylène marche seule vers son public, arrivant du fond de lala scène pour entamer la chanson, tandis que ses danseurs, d’abord recroquevillés dans leur camisole blanche, l’attendent pour se lever et se balancer, comme des pantins avant de s’agiter et se libérer de leurs liens durant le premier refrain. Sur l’écran géant, plusieurs araignées métalliques ont fait leur apparition (« araignée du matin, chagrin, araignées du soir, espoir » ?). C’est l’une d’elles qui accompagnera ensuite majoritairement la chanson en se promenant sur sa toile, semblant presque s’amuser à suivre le rythme du titre. Sur scène, le deuxième couplet est l’occasion de découvrir à quel point la chorégraphie, très revisitée, est devenue sportive, bien que reprenant des pas de l’originale, lors des refrains et du pont musical. Le cocktail est efficace et le public conquis. « Désenchantée » version 2013 est une belle réussite visuelle, soutenue par une réorchestration intéressante.

 

BLEU NOIR / ELLE A DIT

Outre le concert du 27 octobre 2013 à Minsk, en Biélorussie, où ce titre a été remplacé par « Elle a dit » (chanté sur scène sans bras métallique ni nacelle, comme en France), « Bleu noir » deuxième single extrait de l’album du même nom sortie en 2010, était présent dans la setlist de chaque concert de la tournée. Sa mise en scène en était tout à fait remarquable, puisque Mylène rejoignait tous les soirs la gauche de la scène et montait sur une plate-forme attachée à un bras métallique qui, durant la chanson, survolait le public de la fosse. L’occasion pour la star de voir ses fans « d’en haut » et de connaître un véritable moment d’osmose avec eux.

Cet élément de décor rappelle quelque peu celui du Tour 1996, lorsque sur la chanson finale, « XXL », Mylène montait sur une petite plate-forme qui se situaient en avancée de scène et s’élevait dans les airs durant la chanson. Il évoque également celui de la série de concerts Avant que l’ombre… A Bercy, où pour le titre « Ange parle-moi » la chanteuse arrivait d’en haut à gauche de Bercy, dans une nacelle reliée à des rails cachés dans les plafonds de la salle et qui survolait tout le public jusqu’à la déposer sur la deuxième scène cruciforme occupant une partie de la fosse.

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DIABOLIQUE MON ANGE

« Diabolique mon Ange » est l’une des chansons les plus marquantes de l’album « Bleu noir ». La musique, à la fois mélancolique et tragique – signée Darius Keeler et Danny Griffiths du groupe Archives- habille des paroles particulièrement sombres semblant évoquer le suicide par défenestration après une déception amoureuse. Si ce titre ne fut pas un single extrait de « Bleu noir », il aura connu une existence sur scène lui permettant de devenir le premier extrait de l’album live « Timeless 2013″. Une belle revanche !

Alors que l’introduction débute, la salle est soudainement plongée dans des ténèbres aux teintes bleutées. Seuls deux spots envoient des rais de lumière formant une croix au-dessus de Mylène qui est là, debout, au milieu de la scène, ne nous offrant d’abord que sa silhouette. Ce n’est que vers la moitié du titre que d’autres éléments de décor interviennent : ainsi les trapèzes de l’accélérateur de particules se couvrent-ils de rouge feu pour descendre ensuite, telle une menace, au-dessus des musiciens, avant de se redresser et de lancer des éclairs de lumière vers Mylène. Par la suite, tandis que la chanteuse part rejoindre les coulisses, ils retrouvent les hauteurs de la salle pendant que d’immenses flammes vertes envahissent l’écran géant et que les musiciens rejouent les mesures du refrain. Le point final de la chanson est donné lorsque la musique s’arrête et que ne reste que la croix formée par les deux jets de lumière. Une mise en scène qui va crescendo et qui accompagne parfaitement la montée en puissance de texte, dont Mylène nous offre ici une interprétation poignante.

 

SANS CONTREFACON

Autre grand classique et incontournable tube que Mylène nous propose systématiquement sur scène depuis le début de sa carrière (excepté lors du Mylenium Tour où seule une partie de la chanson était glissée dans un medley), « Sans contrefaçon » s’invite à cet instant-là du show, apportant un peu de légèreté après « Diabolique mon ange ».

Sur l’écran géant, une boule rouge de lumière s’installe tandis que, sur la scène éclairée de lumières dorées, des danseurs prennent place, armés d’un bâton et habillés d’une robe rouge façon samouraï laissant entrevoir leur torse et leurs épaules. Ils débutent une chorégraphie très martiale alors que les premières notes de la chanson se font entendre. Mylène arrive sur scène, elle aussi habillée d’une robe rouge, et rejoint ses danseurs dont la chorégraphie mélange désormais des éléments de l’originale à des gestes plus guerriers. Pour cette tournée, la chanteuse a énormément simplifié et restreint ses pas sur cette chanson… nous sommes ben loin de l’énergie du Tour 2009. Cependant, la réorchestration est de mise et, comme un rappel du « Libertine » version 2009, les choristes se laissent aller à quelques « Ya ya hi yé oh » pour agrémenter le pont musical, pendant que Mylène se fait porter par ses danseurs ayant formé une assise avec leur bâton.

MAMAN A TORT (EXTRAIT)

Voici l’une des surprises les plus sympathiques de ce Timeless 2013 : le retour de « Maman a trot » sur scène. Un titre qui s’inscrit directement dans la lignée de « Sans contrefaçon » tant il y est question d’ambiguïté sexuelle. Mais à l’instar du Mylenium Tour, durant lequel la chanson était glissée au milieu d’un medley et donc tronquée, le titre ne fut pas, encore une fois, proposé en entier. Mylène amorçant en effet le premier couplet pour inviter ensuite le public à le chanter, avant de s’arrêter là, comme « amusée » de laisser ses fans quelque peu frustrés de ne pouvoir continuer sur le refrain… notons cependant que mises à part les premières dates de la tournée, Mylène a systématiquement chanté une deuxième (voire une troisième) fois ce premier couplet avec les spectateurs, à la fin duquel elle se libérait de la partie « jupe » de son costume, laissant alors davantage voir ses jambes habillées de cuissardes rouges.

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Excepté le Tour 1989 donc, jamais « Maman a tort » n’aura connu une interprétation intégrale sur scène. Un fait étonnant, tant cette chanson, qui lança la carrière de Mylène en 1984, semble être l’une de celles que son public apprécie tout particulièrement … Mais un joli clin d’œil quand même, auquel n’eurent cependant pas droit les spectateur de Minsk (le 27 octobre 2013), Moscou (le 1er novembre 2013) et Saint-Pétersbourg (le 4 novembre 2013).

JE T’AIME MELANCOLIE

Après ce petite aparté très eighties, retour à un titre des années 90 avec « Je t’aime mélancolie ». Outre les concerts russes du Mylenium Tour et celui du 28 juin 2009 à Saint-Pétersbourg (lors du Tour 2009), durant lesquels Mylène l’a chanté, ce single extrait de l’album « l’autre… » (1991) n’a été repris que deux fois sur scène : pendant le Tour 1996, et durant la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy, en 2006. Lors de cette dernière prestation d’ailleurs, la star dansait relativement peu, comparativement à celle du Tour 1996 dont la chorégraphie était très proche de ce qui était proposé pour les passages télévisés en 1991 et 1992 afin de défendre le titre.

Si Timeless 2013 nous offre de nouveau une version chorégraphiée, quelques changements sont néanmoins notables ; alors que nous retrouvons ben les pas d’origine durant les refrains et le deuxième couplet (à part le bras d’honneur qui a été remplacé par un doigt d’honneur exécuté uniquement par les danseurs), l’introduction, le premier couplet, et la fin de la chanson sont, en revanche, l’occasion de quelques nouveautés. Quant au pont musical, Mylène le dansait, selon les soirs, en entier, partiellement ou pas du tout, pendant que ses danseurs, eux, reprenaient systématiquement les pas et mouvements de la célèbre chorégraphie. Sur l’écran géant, majoritairement rempli de rouge, apparaissent des paires de ciseaux, des roues de vélo, des gants de box (un petit clin d’oeil au clip ) ou encore des engrenages d’horloge que l’on retrouve ensuite dans un cerveau proche d’exploser : une manière comme une autre d’illustrer la « prise de tête ». A la toute fin de la chanson, Mylène s’évade en coulisses, laissant ses musiciens jouer un outro sur lequel les danseurs se présentent au public à travers une prestation très hip-hop.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 10

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REVIEW DU CONCERT TIMELESS 2013 de Mylène (partie 5)

Posté par francesca7 le 28 avril 2014

 

A partir du 7 septembre 2013, Mylène a brassé large pour la Tournée TIMELESS, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres, repris ici sur ce blog, de  chacun de ses albums et enchaînant les surprises, voici la suite de sa sélection au Timeless 2013:

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XXL

Excepté le Mylenium Tour, « XXL » apparaît dans la setlist de toutes les tournées de Mylène depuis le Tour 1996. Seule cette première interprétation, d’ailleurs était chorégraphiée, la chanteuse ayant préféré, par la suite, se passer de ses danseurs pour ce titre. Si c’est nouveau le cas lors de cette tournée, l’énergie qui se dégage de « XXL » version 2013 est bel et bien au rendez-vous.

Alors qu’un cercle de lumière jaillit du haut de la scène, Mylène, désormais vêtue d’un tailleur pantalon noir agrémenté d’un veston et d’une cravate de la même couleur, entame les paroles de « XXL » sur une réorchestration tout en douceur à la guitare. Celle-ci sera de mise jusqu’à la fin du premier refrain, durant lequel le cercle de lumière descend et vient se placer à l’arrière de la chanteuse, s‘habillant ainsi d’un halo de blancheur. Mais lorsque arrive le second couplet, et à la surprise générale, c’est l’introduction rock originale de la chanson qui démarre. La musique, qui retrouve alors les arrangements que nous lui connaissons, s’énerve et s’accélère, tandis que l’écran géant et les éléments de l’accélérateur de particules, désormais relevés, bombardent les spectateurs de lumière blanche. Le ton est donné ; héros de question de pousser ce cri d’amour féministe de façon gentillette. Et encore une fois, le public se laisse prendre au jeu et scande « On veut de l’amour XXL » sans relâche jusqu’à la fin avec Mylène.

A L’OMBRE

Premier single extrait du dernier album de Mylène, « A l’ombre » a énormément divisé les fans de la chanteuse. L’introduction – une espèce de son de trompette que l’on croirait sortie d’un téléphone Nokhia du début des années 2000 – a en effet majoritairement déplu, et le titre, qui fut parfois qualifié d’aussi efficace que « Désenchantée » en son temps, n’a pas remué les foules outre mesure lors de sa sortie dans les bacs. Le tout accompagné d’un clip dans lequel nous découvrions l’œuvre d’Olivier de Sagazan pouvant créer, chez certains, un sentiment de malaise, tant les images que l’on y croyait étaient parfois dérangeantes (mais tel était le but, nous dira-t-on).

Pourtant, « A l’ombre » se révèle un titre plutôt efficace en concert. Son rythme soutenu et dynamique – de nouveau accompagné, sur l’écran géant, par des images d’Olivier de Sagazan et, sur scène, par des danseurs effectuant une chorégraphie dont les mouvements et les pas sont fortement inspirés de ceux du clip – contraste avec celui de Mylène qui a préféré l’interpréter en se promenant simplement sur la scène. Son costume – le même que sur « XXL » – rappelle évidemment celui qu’elle porte dans le clip, bien qu’elle ait choisi, pour l’occasion, d’en ôter la verte et de la tenir d’une main sur son épaule. A la fin du titre, tandis que les danseurs se tiennent immobiles sur scène, la musique redémarre et les bulles remplies de fumée descendent du plafond de la salle …

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INSEPARABLES / INSEPRABLES

Retour au calme pour la dernière chanson du show avant le traditionnel rappel. Pour cet avant-dernier tableau, la scène est désormais habillée de teintes bleutées tandis que, sur l’écran géant, d’étranges formes apparaissent, laissant parfois deviner un visage. Comme un « au revoir » et un message d’amour à son public, Mylène vêtue d’une robe blanche et ivoire, courte devant, longue derrière, a choisi d’interpréter « inséparables », la toute dernière chanson (bonus) que nous retrouvons sur l’album « bleu noir » et dont la musique est signée Moby. Le message est clair pour les spectateurs qui, chaque soir, ne peuvent s’empêcher de réagir aux paroles lorsque la chanteuse entonne ; « je sais bien que c’est le signe .. / tout s’arrête ici » ou encore : « moi je sais que c’était toi… / et tu vas me manquer… »

En revanche, lors de ses concerts en Biélorussie (à Minsk, le 27 octobre 2013) et en Russie (à Moscou, le 1er novembre 2013 puis à Saint-Pétersbourg le 4 novembre 2013), la chanson fut remplacée par « Inseparables », la jumelle anglaise de « inséparables », dont, pour le coup, parles et musiques sont signées Moby. Qu’importe le version, cet avant-dernier titre du spectacle fut également l’occasion pour les cinq robots de faire, eux aussi, leurs adieux au public chaque soir de la tournée, à travers une ample révérence…

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REVER

Dernière chanson et dernière énorme surprise de ce Timeless 2013 : « Rêver ». A l’instar des concerts en stades du Tour 2009, où Mylène avait laissé coi son public en clôturant le show avec « Désenchantée », la présence de « Rêver » en toute fin de setlist a également surpris, certains s’étonnant d’ailleurs de ne pas l’avoir retrouvée plus tôt dans le spectacle – comme lors du Tour 1996 et le Mylenium Tour) ou à la place désormais habituelle, lors de la traditionnelle séquence piano-voix (comme ce fut le cas lors de la série de concerts Avant que l’ombre… à Bercy en 2006, et le Tour 2009).

Mylène a donc choisi – contrairement au Tour 2009 qui finissait sur le constat d’une génération « désenchantée » – de terminer son concert sur un message d’espoir. Côté mis en scène, la chanteuse a opté pour la simplicité puisqu’elle se tient seule, face à son public, pour interpréter ce titre, à la fin duquel le cercle métallique (que nous retrouvions sur « XXL ») descend doucement et s’arrête au-dessus d’elle. Après avoir entonné le dernier mot de la chanson (« aimer ») avec les spectateurs, Mylène disparaît dans un nuage de fumée lâché du cercle métallique tandis que les musiciens, toujours visibles continuent de jouer le refrain de la chanson avant que la scène ne soit plongée dans le noir. Notons cependant qu’à compter du 17 septembre, et jusqu’à la fin de la tournée, cette partie finale de la mise en scène a été modifiée ; après la disparition de Mylène dans le jet de fumée en effet, le rideau LED, teinté de bleu, se referme progressivement pendant que les plateformes où jouent les musiciens redescendant doucement sous la scène.

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Tous les soirs, avant le concert, du 7 septembre à Paris Bercy au 5 octobre 2013 à Montpellier, le public présent dans la salle pouvait profiter du Remix de « A l’ombre » signé Tony Romera, le « Tony Romera Club Remix ». Mais le 8 et le 9 octobre à Nantes, c’est le remix de « Monkey Me », le « ET’s Club Remix » d’Amir Afargan qui a été proposé à la place de celui de « A l’ombre » . A compter du 11 octobre 2013 à Nantes (et jusqu’à la fin de la tournée), selon les soirs, le public pouvait entendre soit le remix de « A l’ombre », soit celui de « Monkey Me » soit les deux.

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 12

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Mylène FARMER – TIMELESS GENESIS

Posté par francesca7 le 28 avril 2014

 

Le 27 septembre 2012, nous découvrions le nom de la nouvelle tournée de Mylène : Timeless 2013. Son côté « intemporel », la chanteuse avait choisi de l’illustrer d’une affiche aux teintes blanches sur laquelle se détachait son visage à l’œil bleu clair et sa perruque peroxydée. Le ton était donné, laissant présager un show futuriste dont le setliste mélangerait anciens tubes et chansons plus récentes. Et ce fut le cas. Mylène a brassé large, piochant dans son répertoire un ou plusieurs titres de  chacun de ses albums (excepté « Innamoramento » et « Point de suture ») et enchaînant les surprises, comme le duo virtuel avec Moby sur « Slipping Away (Crier la vie) », les duos réels avec Gary Jules, ou encore le Break « Maman a tort ». Quant aux chorégraphies de la chanteuse, moins nombreuses et énergiques qu’en 2009, elles furent largement compensées par sa présence scénique particulièrement remarquable ; jamais, en effet, la star ne s’était montrée aussi « bavarde » sur scène que lors de cette tournée ! A l’aube de trente ans d’une carrière jalonnée de succès, Mylène avait sans doute beaucoup d’amour à dire à son public. C’est chose faite, et nous espérons tous que ce Timeless 2013 ne sera pas la dernière fois…

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Timeless Gensis : Alors que le brut du vent se fait entendre dans la salle, c’est face à un mur d’étoiles projetées sur un rideau LED balayant toute la largeur de la scène que débute le concert. Des étoiles qui se condensent, progressivement, jusqu’à lasser apparaître le visage de Mylène – le même que celui que nous pouvions découvrir près d’un an auparavant sur les affiches de la tournée – sur un écran géant en fond de scène, derrière le rideau. Puis le visage disparaît, éclaboussant en des milliers d’étoiles, tandis que le rideau LED s’ouvre en deux et que retentit, à deux reprises, une sirène qui pourrait être celle d’un bateau.

Le vent souffle toujours lorsque la musique commence, inquiétante, saccadée, mêlant sons électro et batterie agressive, alors que nous entamons,  à travers l’écran géant, un voyage spatial à grande vitesse, pris dans des filets de lumière projetés sur nous. Une explosion, la musique qui s’accélère, et nous voici soudainement dans un tourbillon de poussière qui finit, là encore, par éclater, pour nous amener dans un espace réduit, au plafond et au sol parsemés d’étoiles ordonnées. Mais la lumière blanche, au but, nous appelle et nous attire, jusqu’à nous entraîner vers l’entrée d’un vaisseau dont la porte s’ouvre comme une anémone et nous invite à y pénétrer. Tandis que nous progressons de plus en plus rapidement dans ses entrailles à travers cet écran géant, d’imposants éléments métalliques trapézoïdaux arrivant du haut et du bas de la scène se rapprochent tout doucement les uns des autres. Puis l’écran se divise et laisse alors place, en fond de scène, à une nouvelle porte ronde, une rosace « porte des étoiles ».

Lorsque, quelques instants plus tard, les premières notes de « A force de… » se font entendre, sur scène, les éléments trapézoïdaux sont désormais réunis et forment un tunnel conique rappelant un accélérateur de particules, dont l’extrémité la plus étroite donne sur la « porte des étoiles ». Soudain, cette dernière s’ouvre, et nous découvrons alors le capitaine du vaisseau : Mylène, debout, immobile, regardant droit devant elle. Des éclairs rouges se promènent sur son corps, comme pour appeler qu’elle n’était peut être qu’un robot quelque instants auparavant, lorsqu’elle était encor derrière cette porte, et qu’elle n’a pris vie qu’une fois son vaisseau ouvert sur son public. Sa cape flottant au gré du vent, elle attend que la musique s’apaise pour commencer le show…

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C’est alors que nous aurons droit aux chansons suivantes :

 A force de… (4’08)

Comme j’ai mal…

C’est une belle journée…

 Monkey me (4’13)
slipping away (Crier la vie)

Elle a dit (3’52) 

l’amour n’est rien..

Oui mais… non

Interlude

Mad World (en duo avec Gary Jules)

Les mots (en duo avec Gary Jules)

 Je te dis tout (5’30)

Et pourtant

Désenchantée

Bleu noir / elle a dit

Diabolique mon ange

Sans contrefaçon

Maman a tort (extrait)

Je t’aime mélancolie

XXL

A l’ombre

Inséparables

Rêver

 

que je vais vous raconter ici même sur ce blog en détails. 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 6

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Mylène FARMER, plus discrète que jamais sur Timeless

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

 

AVANT LA TOURNEE : Près de trois ans après la fin du Tour 2009, Mylène Farmer prépare, dans l’ombre son grand retour pour annoncer la sortie de son neuvième album studio, « Monkey Me », ainsi qu’une nouvelle tournée, Timeless 2013. Rétrospective des événements précédant cette nouvelle série de shows.

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L’art de se démarquer….

MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2012 : ce jour-là, les fans ne le savent pas encore, mais Mylène Farmer prépare depuis quelque temps son come-back. Et pour créer les buzz, ce sont les médias qui vont directement être mis à contribution. Le jeudi 27 septembre en effet, quarante-huit rédactions – presse, radios et télévisions confondues – reçoivent, à la première heure, un coffret en plexiglas transparent renfermant une clé USB décorée d’un mécanisme d’horlogerie. Du jamais bu ! Plutôt que d’envoyer un simple communiqué de presse, Mylène Farmer se démarque à l’aide d’un support numérique annonçant ses futurs concerts, dont les places seront mises en vente dès le 4 octobre 2012. Y est également révélé que la star sera à Paris-Bercy à partir du 7 septembre 2013 pour un nombre de représentations encore inconnu, et que suivra une tournée passant par Lyon, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Genève, Moscou, Saint-Pétersbourg, Bruxelles, Douai et Toulouse.

A ses informations, sont joints un teaser vidéo reprenant des images tirées du DVD « Stade de France » sorti en 2010, ainsi que l’affiche de la tournée, dont le cliché, signé Hervé Lewis, laisse apparaître la chanteuse portant une perruque peroxydée : un choc pour les fans qui y voient immédiatement un changement radical d’image. Et qui dit tournée dit nouvel album ! Le neuvième opus de Mylène est annoncé à cette occasion : « Monkey Me » sera en vente le 3 décembre 2012 après l’envoi en radio d’un premier extrait le 22 octobre 2012, dont le nom n’est cependant pas communiqué.

300 000 places vendues un an à l’avance ; un nouveau record.

Le 1er octobre 2012 débute la promotion de la tournée avec une campagne d’affichage en France et en Suisses, ainsi que la diffusion d’une publicité sur la radio NRJ. Le même jour, une campagne de pub réalisée à partir d’images du Tour 2009, arrive sur la chaîne RTL, TVI (Belgique) et dès le lendemain sur TF1, en seconde partie de soirée.

 BELGIQUE

Le 3 octobre 2012, le public apprend que six concerts à Bercy sont prévus, soit l’équivalent de 90 000 places en vente dès le lendemain pour Paris. Sans oublier que dans chaque ville où la star passera, seules deux représentations sont prévues, excepté à Moscou et Saint-Pétersbourg, où une seule date par ville est envisagée. Trop peu pour les fans qui prennent littéralement d’assaut les points de vente dès l’ouverture de la billetterie, el 4 octobre. A tel point que tous ne sont pas servis. Le lendemain, un communiqué de TS3 annonce que 189 734 places sont déjà vendues. Et ce malgré des tarifs en légère hausse par rapport à Tour 2009, oscillant entre 65 et 140 euros.

Face à autant de ferveur, TS3 annonce, le 5 octobre, deux concerts de plus à Paris-Bercy, ainsi qu’un concert supplémentaire à Lyon, Nantes, Bruxelles et Douai. Le 15 novembre 2012, une date est également ajoutée à Toulouse. Enfin, le 3 décembre, jour de la sortie du nouvel album de Mylène, deux autres dates sont proposées à la vente à Bercy, une à Lyon et une autre à Montpellier. Et ce même jour, trois nouvelles villes sont intégrées à la tournée : Clermont-Ferrand, Nice et Minsk, en Biélorussie (dont la mise en vente des places ne se fera que le 6 mars 2013), chacune bénéficiant d’une seule représentation. Le soir même, TS3 en profite pour annoncer que 300 000 places ont été vendues un an à l’avance pour cette tournée… Un nouveau record pour Mylène !!!

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 4

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AVANT la TOURNEE TIMELESS de Mylène

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

 

Très peu d’informations ont filtré…

Assez rapidement, les termes « surprises » et « mise en scène pus ambitieuse encore » circulent à propos de cette future tournée, laissant présager du meilleur ; puis quelques noms sont révélés : à l’instar des concerts de 2009, Jean Paul Gaultier signera les costumes du spectacle. D’autres participants sont rapidement évoqués comme Yvan Cassar à la direction musicale ou Dimitri Vassiliu aux lumières, et l’incontournable Christophe Danchaud pour les chorégraphies. Par ailleurs, Mark Fisher (décédé le 25 juin 2013), signera les décors et confiera leur confection à la société artefact, réitérant ainsi leur collaboration avec l’équipe Farmer, tout comme les choristes Johanna Manchec et Estha Divine, ou Loïc Lacoste pour les lasers (présent en 2009).

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Outre une nouvelle campagne d’affichage à partir du 28 mai dans le métro parisien pour les concerts dans la capitale, et une campagne de pub radio diffusée à partir du 3 juin sur NRJ annonçant les « dernières places disponibles », la tournée de Mylène s’est faite oublier jusqu’aux répétitions au Studio Planet live à Bondy, s’étalant du 3 au 25 août, pour les danseurs et du 9 au 25 août pour les musiciens. 

La chanteuse passe en effet beaucoup de temps sur la préparation de son show, au point d’en délaisser la promotion de son album « Monkey Me ». Notons cependant que celui-ci s’est déjà vendu à plus de 300 000 exemplaires à peine un mois après sa sortie, lui valant une certification triple platine décernée par le SNEP dès le 31 décembre 2012 (un an plus tar et après la fin de Timeless 2013, l’album a dépassé les 380 000 ventes en France). A l’exception de quelques interviews accordées fin 2012, ainsi qu’un passage aux NRJ music Awards le 26 janvier 2013 pour défendre le deuxième titre extrait de son album, « Je te dis Tout », Mylène est restée plus discrète que jamais, ne prenant même pas la parole pour s’exprimer sur son différend avec Serge André. Ce musicien originaire de Carcassonne l’accuse en effet d’avoir repris le nom de son spectacle pour sa tournée européenne, et l’attaque pour concurrence déloyale et contrefaçon, (nous en avions parlé ici : http://francescax7.unblog.fr/2013/07/28/il-attaque-mylene-farmer-pour-contrefacon/ )

 

Révélée en mais 2013, l’affaire est bouclée en septembre, le tribunal de grande instance de Marseille condamnant alors Serge André à verser 14 000 euros de dommages et intérêts répartis de manière égale entre le producteur de la chanteuse et sa maison de disques.

Si le montage du décor commence dès le 20 août à Bercy, ce n’est qu’à partir du 27 que Mylène accompagnée de ses musiciens, choristes et danseurs, investit le Palais Omnisports pour la dernière ligne droite avant la grande première, le 7 septembre 2013. Mais là, plus question pour elle d’espérer la discrétion ; ses plus fervents admirateurs ont en effet planté leur tente devant la salle depuis le … 11 août, et espèrent bien ne pas rater une note des répétitions ! D’ailleurs, certains ont bien entendu le titre « Tomber 7 fois »… être répété à plusieurs reprises… pour, au final, être évincé de la Setlist définitive de Timeless 2013.

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UNE CARRIERE EN PICTURE DISC

Depuis des années, les fans se désolaient que Mylène ne propose plus de Picture Disc, le dernier remontant à 2002 avec le maxi 45T Picture Disc « c’est une belle journée ». Ils auront été entendus ! Le 20 avril 2013 tout d’abord, à l’occasion du Disquaire Day, Polydor/Universal leur proposait un 45T Picture Disc (le premier de la carrière de Mylène) de « Je te dis tout  ». En édition limitée et numérotée à environ 1 000 exemplaires, celui-ci était vendu exclusivement par certains disquaires indépendants. Quelques mois plus tard, Polydor/Universal remettait ça avec la sortie en deux temps de l’intégralité des albums studio de Mylène en vinyle ou double vinyle Picture Disc. Ainsi les opus « Cendres de lune », « l’autre… », « Anamorphosée », « Avant que l’ombre… » et « Monkey Me » ont-ils été proposés à la vente dès le 2 septembre, avant d’être rejoints par « Ainsi soit je… », « Innamoramento », « Point de suture » et « Bleu noir » dès le 7 octobre.

 

EXTRAIT du Magazine Styx Timeless 2013 page 4

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EDITO du STYX Magazine Timeless 2013

Posté par francesca7 le 27 avril 2014

 

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Pour ce nouveau numéro, STYX Magazine consacre ses pages à la cinquième tournée (et sixième montée sur scène) de Mylène Farmer, Timeless 2013. Ce tour de chant de trente neuf dates a réuni près de 500 000 spectateurs de France, Belgique, Suisse et Russie venus pour applaudir celle qui, au fil de trente ans d’une carrière florissante, a définitivement assis son statut de reine de la scène française.

Nous vous invitons ici à revivre tous les évènements qui ont précédé et suivi cette tournée, mais également de rentrer au cœur de toutes les dates qui l’on composée à travers un « un jour après jour » rempli d’anecdotes et de moments d’émotions entre Mylène et son public.

Nous sommes aussi partis à la rencontre de quelques acteurs de cette tournée, comme Carole Lasnier, la maquilleuse de Mylène, Manu Gouffran, l’un de ses danseurs, ou encore Philippe Stegmann, le père des robots qui nous ont tous tellement bluffés…

Nous revenons enfin sur le regard que les médias ont porté sur ce tour de chant, ainsi que sur les rares interviews accordées par la chanteuse pour parler de ce défi que représentait pour elle cette nouvelle rencontre avec son public.

retrouver dont mon travail de saisie informatique grâce à l’achat du Magazine que je suis allée chercher moi-même à Venarey les Laumes (21) à 30 kms de chez moi juste pour le plaisir de pouvoir partager ces écrits avec vous, mes fidèles lecteurs…

la retranscription se trouve donc ici : http://francescax7.unblog.fr/category/concerts-de-mylene/timeless-2013/ 

Bonne lecture à tous et bon voyage dans l’univers intemporel de Mylène….  hello

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Styx Magazine spécial Mylène Farmer Timeless 2013

Posté par francesca7 le 26 avril 2014

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Un magazine de 60 pages sur papier luxe (avec deux posters) qui proposera de revivre Timeless 2013 au jour le jour.

Plus de 20 photos inédites et exclusives du photographe Robin.

Image de prévisualisation YouTube



Tirage limité.
image sur PC
Sommaire :
-avant le tour
-le tour jour après jour
-review du concert
-ils ont fait la tournée : portraits de l’équipe et interviews de Carole Lasnier, Laszlo Bordos, Koen Peeters, Philippe Stegemann…
-le merchandising
-les médias
-les critiques de presse
-le single « Monkey me »
-le single « Diabolique mon ange »
-le live

Prix : 25 euros sur le site : http://www.sunset-publishing.net/

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Timeless 2013 – Edition Collector

Posté par francesca7 le 26 avril 2014

 

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Description du produit

Mylène Farmer a réuni plus de 500 000 spectateurs lors de sa tournée triomphale Timeless 2013. Afin de revivre ce spectacle encensé par une presse unanime, voici le double CD audio du spectacle en attendant l’arrivée du DVD du concert prévu en 2014. La rondelle 2 du CD audio comprend une plage CDRom avec la bande annonce du film Timeless 2013 à sortir en 2014. 

SPECIFICITES DU COFFRET COLLECTOR
 - Livre disque 2CD
 - Blu Ray Pure Audio
 - Pass de la tournée

en vente ici : http://www.amazon.fr/Timeless-2013-Collector-Myl%C3%A8ne-Farmer/dp/B00GC48EXI

Mylène Farmer : le coffret collector Robot “Timeless 2013, Le Film”

Revivez toute l’intensité des concerts de la tournée de Mylène Farmer au travers du film “Timeless 2013” tourné en cinémascope par plus de 30 caméras HD avec une qualité sonore irréprochable.

 En plus de l’intégralité du spectacle en vidéo, vous pourrez retrouver également dans le coffret collector Robot “Timeless 2013, Le Film” plus de 90 minutes d’images complètement inédites autour de la tournée.

En édition limitée, ce coffret collector avec le robot lumineux, contient également le double DVD 
+ le double Blu-Ray.

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Présenté dans une luxueuse colonne hexagonale d’une hauteur de 40 cm, le coffret contient :

1. Le Robot lumineux sur son socle

2. Le Double DVD

3. Le Double BLU-RAY

4. Le Livret

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Moments de tournage de DESENCHANTEE de Mylène F.

Posté par francesca7 le 25 avril 2014

Voici les documents de tournage utilisés pour préparer la venue de l’équipe française, puis ceux utilisés lors du tournage. Certains viennent des régisseurs hongrois de l’époque et d’autre viennent de l’équipe française et certains sont même rédigés de la main même de Laurent Boutonnat. C’est ici la première fois qu’ils sont publiés.

Moments de tournage de DESENCHANTEE de Mylène F. dans Mylène et Boutonnat alearule

l'équpie française (44020 octets)1. Détail de l’équipe française. On remarquera une équipe très réduite de 7 personnes, sans maquilleuse. Tout ce qui ne concerne pas les commandes créatives (directeur de la photographie, décorateur…) et financières (production pour Heathcliff S.A.) étant du ressort de l’équipe hongroise. D’autres français viendront plus tard, juste pour le tournage (photographes) n’ayant pas besoin d’assister aux travaux de préparation.

 

l'équpie hongroise (20620 octets)2. Détail de l’équipe hongroise. On remarque l’équipe de MAFILM, la plus grande firme de production cinématographique hongroise. Avec Imre Bodo (fournisseur de ces archives) on note un deuxième régisseur, dont le rôle était plus de s’occuper de l’hébergement et des transports de la centaine de figurants. Ceux qui ici sont nommés 1er et 2eme assistants-réalisateurs sont en réalité les machinistes dont Laurent Boutonnat et Vincent Canaple se servaient pour pour diriger les scènes avec mouvements de figurants. Certains statuts sont en double de l’équipe française car MAFILM a eu pour mission de concevoir une équipe de tournage propre. On note en bas de document deux interprètes différentes pour Laurent Boutonnat et l’autre pour Mylène Farmer.

 

l'hôtel (75840 octets)3. Le régisseur a pour fonction de préparer matériellement tout le tournage t ses abords. Ici les arrivées échelonnées de l’équipe française sont répertoriées afin de réserver les chambres d’hôtel. Les 16 français sont logés à l’hôtel Intercontinental. On notera qu’après le chef de casting, les premiers qui arriveront (le 12/02/91) sont Laurent Boutonnat et son assistant, la costumière, et la post-productrice. Ils seront suivis deux jours plus tard de la directrice de production, puis le lendemain de Georges Lechaptois. Mylène Farmer elle ne viendra que le 15/02/91 en même temps que le chef opérateur, le manager Thierry Suc et les autres membres de l’équipe de tournage (dont Marianne Resensthiel la photographe de plateau). On notera que la présence du mixeur Thierry Rogen a été rajoutée, probablement pas prévue au départ, car il ne devait initialement pas avoir de prise de son (seulement des bruitages ajoutés lors de la post production). Ce n’est qu’une semaine plus tard que viendront Jean-Louis Murat pour le tournage du clip de Regrets et Paul Van Parys (de Heathcliff S.A.) probablement pour régler les factures des prestataires et pour le développement de la pellicule sur place.

 

feuille de tournage(138174 octets)4. Feuille annotée de la main même de Laurent Boutonnat. Feuille originale de tournage destinée à Cathy Lemeslif (également responsable de la production de Giorgino) repérant les acteurs et prestataires utilisés pour chacun des jours de tournage. On remarquera les annotations météorologiques de Laurent Boutonnat connu pour adapter son tournage au conditions du ciel. On peut se rassurer de la mention à la 1ere date de la feuille qui précise que les cailloux du début de clip sont faux. On remarque que la totalité des cent enfants n’est utilisée que pour la scène finale, les jours précédents seuls 50 ou 60 d’entre eux ont suffit. On peut remarquer que pour la scène finale Laurent Boutonnat avait commandé 4 chevaux qu’il lançait au triple galop, et sur lesquels étaient fixés des squelettes pour une scène impressionnante qui n’a pu être entièrement tournée (voir document suivant). Les notations concernant le monstre se rapporte à l’acteur grimaçant la corde au cou que Mylène libère au milieu du clip. On note pour finir que les lundi 25 et mardi 26 février sont consacrés au tournage de Regrets et que le tramway a été réservé pour les deux jours.

photo de tournage de la scène non terminée5. Photo de tournage par Marianne Rosensthiel. Scène additionnelle à la séquence finale dont le tournage n’a pas été terminé.

 

 

feuille de reperage6. Feuille de service de l’équipe hongroise, à l’époque du projet du film (l’album L’Autre est encore en mixage) 1 mois avant le tournage. Une première partie de l’équipe française est sur place pour les négociations plus les décorateurs producteurs et opérateurs hongrois + les interprètes. On remarque que les lieux repérés sont ceux utilisés finalement mais ceux mentionnés « à confirmer » n’ont pas été utilisées, comme les entrepôts des abattoirs hongrois et les studios de télévision de la chaîne FDI. Pour Désenchantée tout a été filmé dan l’usine de la rue Mariassy. En revanche on peut noter que l’option sur le cimetière juif n’était pas encore confirmée car Il n’était pas encore confirmé que Regrets sortirai en single. On peut d’ailleurs se demander si certains plans du cimetière juif ne seraient pas tournés au studios FDI, comme celui où J.L. Murat et M. Farmer sont couchés sur les tombes, les gardiens du cimetière (ayant supervisé le tournage)  interdisant de toucher les tombes. De plus la fameuse tombe noire où sont assis le couple est introuvable sur les lieux du tournage.

 

feuill des figurants (1005729 octets)7. Feuille des figurants où on en dénombre 119 (au dessus de ce qui était prévu à la préparation). On remarque qu’il y a des frères et des sœurs, que sont mentionnés les foyers d’où ils proviennent et leur noms et prénoms. Le document a été rédigé par l’équipe hongroise.

 

 

 

réservation du cimetière (69680 octets)8. Feuille relative au tournage de Regrets. Résultat des négociations avec le cimetière juif abandonné de la rue Salgótarjáni dans le VIIIe arrondissement.

 

 

 

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l'usine (121094 octets)9. Sur les lieux du tournage en 2001 : l’usine depuis longtemps désaffectée a été rasée et à son emplacement actuel est posé un monument aux morts.

 

 

l'usine (135891 octets)10. L’emplacementd e cette usine se trouve rue Mariassy dans le VIIIe arrondissement de Budapest, non loin du cimetière où à été tourné Regrets. Les train du début du clip sont en fait les lignes de tramway Budapest-banlieue de l’époque, toujours présentes mais avec des wagons jaunes plus modernes.

 

 

SOURCE : Jodel Saint-Marc.

(documents fournis grâce au régisseur Imré bodo et János Janurik)

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Un champ d’images dans à quoi je sers de Mylène

Posté par francesca7 le 25 avril 2014

Qui pourrait prédire à un enfant élevé dans une famille nombreuse du XIIIe arrondissement de Paris une telle carrière, aussi riche, aussi complète et aussi prématurément inachevée. Pourtant tôt mis au piano par ses parents, Laurent ne veut Un champ d'images dans à quoi je sers de Mylène dans Mylène et Boutonnat aqjs01tendre que vers le cinéma. Seul cet art rassemble la rigueur exigée depuis ses 5 ans par son professeur de piano, la structure que lui impose son professeur particulier de français, et le besoin qu’à le jeune homme de transposer les images qu’il garde en tête depuis l’enfance. Il ne faut pas oublier que c’est après de courts essais filmiques, souvent muets, que Laurent à 17 ans décide de lui même de son statut de cinéaste, rassemblant un groupe d’amis pour tourner en 18 mois un long-métrage bancal mais très riche au point de vue thématique. Suite à l’échec prévisible et pourtant inattendu, à priori dû à son manque d’expérience, le jeune réalisateur endosse le rôle plus sage et plus conventionnel de l’assistant réalisateur par lequel il apprendra théoriquement ce qu’on a coutume d’appeler les « bases du métier ». Chassé le naturel, il revint vite au galop et c’est après dix mois de tournée documentariste dans toute la France traquant les énergies nucléaires que Laurent Boutonnat reprend seul la caméra pour tourner quelques publicités, en attendant le producteur opportun qui lui offrira sa véritable chance au cinéma.

aqjs02 dans Mylène et Boutonnat    La suite, tout le monde ou presque la connaît, c’est à la rédaction d’un livre sur l’infanticide que Boutonnat et un ami auront la formidable idée du coup commercial de Maman à tort, recrutant sur casting la jeune Mylène Farmer alors âgée de 21 ans. L’histoire pour Laurent Boutonnat aurait pourtant pu ici aussi amorcer un virage puis repartir dans une toute autre direction; car c’est le succès de Libertine, suite à plusieurs échecs, qui permettra à Boutonnat de faire de la conception de ses clips « un moyen détourné de faire du cinéma » pendant 6 ans. C’est en accumulant méthodiquement pendant toutes ces années ses royalties qu’il pourra se permettre d’autoproduire le aqjs12film-fleuve écrit depuis longtemps et dont personne ne veut : Giorgino. Vivant l’échec du film encore plus mal que celui de son premier long-métrage, Laurent Boutonnat restera définitivement dans l’ombre, n’accordera plus aucun interview à qui que ce soit et envisagera ses futures productions sous la dualité de trois angles : la fidélité à son égérie Mylène Farmer dont le succès et le talent l’ont dépassé, les coups de cœurs ponctuels à des chanteuses sur lesquelles il pariera tout; et avant tout cette stratégie commerciale sur laquelle il bâtissait déjà Maman à tort. Mais cet océan de coups mercantiles a depuis pris le pas sur la gigantesque montagne d’une oeuvre non achevée, sur laquelle Laurent Boutonnat a vacillé en 1994. On pourra par la suite trouver un manque d’imagination éventuellement, d’enthousiasme probablement, d’ambition très certainement. En omettant le commentaire sur l’homme d’affaire que nous ne comprendront décidément jamais; si on doit envisager l’entièreté de l’œuvre de l’artiste on ne peut qu’en constater la grande productivité musicale, la richesse filmique et la transformation finalement vaine de l’adolescent cinéphile de 16 ans en auteur quarantenaire épanoui artistiquement.

    Philippe Séguy fit deux portait de cet artiste en 1990, dans son livre Ainsi soit-elle. Deux regards d’un même auteur littéraire sur un cinéaste singulier qui créait encore à l’époque régulièrement l’événement par ses réalisations, tant musicales que cinématographiques.

 

« Si on ne peut plus concevoir à notre époque un son qui ne soit pas intimement lié à une image, c’est que notre entendement de la musique s’est profondément modifié »

 

aqjs08    Considérable mutation que ce phénomène, le plus original de la production musicale de ces dernières années. La musique est également devenue image. Si  elle favorise depuis des siècles l’apaisement, la propension à l’évasion et au rêve, si elle nous est aussi nécessaire que l’eau ou la lumière, elle s’accompagne maintenant d’un support privilégié: le vidéo-clip.

    En s’alliant à lui elle s’enrichit d’un scénario précisément défini et pensé. Le clip suppose, le plus souvent, des comédiens, une histoire, ou tout au moins un fil conducteur, même ténu, qui sous- entend des figurants, des décors, des costumes, des éclairages, tout ce qui en fait constitue une oeuvre cinématographique.

    Le réalisateur de l’ensemble des neuf clips de Mylène Farmer est Laurent Boutonnat. D’évidence et pour notre bonheur Laurent possède la grâce, l’inspiration la plus baroque, la plus fébrile, la plus intense, celle qui rebondit en arabesques, emprunte aux jeux d’eau leur force nerveuse, insolente. Autant de cris, autant d’angoisses aussi. C’est le mystère d’un style.

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    Les thèmes de prédilection de Laurent et Mylène – étroitement unis, on le devine, dans un même désir de se parfaire, de se surpasser – se retrouvent complices dans des réalisations surprenantes, multiples, éminemment variées et qui semblent présenter une apparente unité de ton, une ressemblance étroite, un même cheminement d’idées, sans cependant jamais tomber dans la redondance ou l’imitation servile. L’évocation de leur monde spirituel se fait grâce à des images souvent violentes.Images découpées au scalpel qui font parfois mal ; ainsi agirait-on pour une oeuvre de peintre! Couleurs lancées avec fureur sur la toile et qui, par une alchimie mystérieuse, recomposent des paysages devant lesquels l’homme avouerait son impuissance…

aqjs40    Ces visions prennent chair et sang grâce surtout à un style précis de signes compris d’eux seuls. Mais ils mettent tout leur talent et beaucoup d’amour à présenter leur oeuvre au public. Tout est présent, tout est dit, tout est signifié. Tout est présent, tout est dit, tout est signifié. A nous de ne pas craindre et de pénétrer en confiance dans ce labyrinthe halluciné, aux fulgurances d’orages, pour en extraire ce qui s’appelle le plaisir, quitte à tordre pour la faire sienne, et sans souci d’exactitude, l’expression d’un choix égoïste : images, gestes, mots, couleurs, que l’on emporte en secret, mais que l’on garde, toujours.

Philippe Séguy, Ainsi soit- elle, pp. 48-49,
                                                                  éditions J.P. Taillandier, 1991.

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« Itinéraire d’un jeune homme doué »

    Qui prétendrait voir en Laurent Boutonnat un pâle Lorenzaccio, ravagé par les affres du succès, assoiffé de paradis artificiels, défiguré par sa création – déjà abondante il est vrai- commettrait une bien lourde erreur !

aqjs39    Car enfin c’est out l’inverse. Imaginez, puisqu’une exacte pudeur l’empêche de se montrer souvent, et le fait fuir comme sous la menace d’une épidémie, télévisions, radios ou soirées mondaines, une crinière léonine aux lourdes mèches végétales que sa main replace sans ménagement. Imaginez aussi une stature haute et puissante, nourrie par un très ancien sang irlandais et une manière de regarder devant lui qui n’exclut pas la fierté.

    Imaginez surtout une rigueur mentale, une élégance de principe mêlée de beaucoup de courtoisie, un caractère qui somme toute, approcherait d’assez près les austérités jansénistes. (…)

    Laurent Boutonnat est un cinéaste qui fait de la musique.

    Il parle de cinéma avec ce mélange d’enthousiasme et de retenue qui le caractérise. Il en parle avec discernement, comme de quelque chose d’enfoui, de très souterrain, mais de longtemps révéré. Il raconte ce qu’il crée ; cet art exigeant qui le brûle, « cette alchimie mystérieuse qui naît d’une idée, d’un phantasme, d’une image, d’une envie de scène, d’une situation.«   Son oeuvre est couvasesouvent tragique, et s’il semble témoigner à l’homme une confiance toute relative, une misanthropie acide, on est toujours frappé par cette démesure, par cette énergie souvent venimeuse qui broie  les résistances , qui force l’ oeil à rester grand ouvert, qui blesse les sens, mais qui les rend plus subtils et plus rares.

    Lui demeure lucide. « Nous n’allons pas continuer à faire tout ceci impunément ; un jour, on va le payer très cher, car nous perdons la conscience de la violence, de la noirceur, de la morbidité…«   Il a la modestie d’ajouter que faire des vidéos-clips est un moyen détourné de faire du cinéma. »

Mais il ne faut pas le croire. Laurent Boutonnat est un réalisateur à part entière.

                 Ainsi soit-elle, Philippe Séguy, pp.78-81,
éditions J.P. Taillandier, PARIS, 1991

 

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perpétuelle résurrection de Mylène par Boutonnat

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

1988-1991 : La perpétuelle résurrection

 sanslogique118           Battues, souillées, humiliées, transpercées mais toujours vivantes, les personnages que donne Laurent Boutonnat à interpréter à son égérie continuent de subir la violence de l’Homme. Après avoir montré clairement la mort de son héroïne, l’avoir imagée, le réalisateur qui entreprend un réel processus de fin de carrière de la chanteuse la met en scène selon une optique différente. En l’identifiant à la mort elle-même plutôt qu’à une mourante, Boutonnat trouve un juste compromis entre les différents statuts de mortelle qu’endossait son héroïne dans ses précédents clips. Pour lui le personnage ne subit plus la mort, elle l’incarne. Ambition difficilement compatible avec la forme du clip, Boutonnat se sert du dispositif qu’il a mis en place afin d’introduire, de mettre en scène dans la longueur, sur plusieurs films courts, la personnification de la mort.

 

C’est dans Pourvu qu’elles soient douces que cette incarnation est la plus évidente. Le long duel qui oppose Libertine à sa rivale est monté alternativement avec une bataille sanglante opposant Français et Anglais pendant la guerre de sept ans. Alors empalée par un sabre, la rivale succombe sans que le spectateur n’ai pu voir si la lance qu’elle tendait en direction de Libertine l’avait atteinte. La rivale montrée comme morte en champ, aucun contre-champ ne vient montrer le personnage principal dont l’état nous est alors inconnu. C’est bien plus tard, lorsque le petit tambour anglais sera en ligne de mire de la dernière troupe française qu’elle fera sa réapparition pour le sauver, et que le clip basculera dans l’onirisme. Vêtue d’une longue cape noire sur un cheval au pas, Libertine revient. Est-elle morte ? Tout nous laissera penser qu’elle est la mort, qu’en fauchant le petit tambour devant les yeux médusés des français elle frappe une dernière fois et tétanise ceux qui la voient. Vivante ou pas, peu importe. Pour la première fois un clip de Boutonnat conclue sur autre chose que l’état mortel ou vivant de son héros, ici tout cela est largement dépassé. La voix off adulte du petit tambour se souvient de ce passage qui ressemblait pourtant à un trépas :

« -Mon père m’avait prévenu : tu reconnaîtra la mort à son grand cheval noir. Et si par malheur un jour elle s’arrête devant toi, surtout, ne la regarde pas. […] Je ne l’ai jamais revue, mais jamais je n’oublierai l’odeur de son parfum et la douceur de sa peau, tandis qu’elle m’emportait vers la vie. » 

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Plutôt qu’une mise à mort, c’est justement un sauvetage que Libertine sur son cheval noir opère sur le petit tambour. Alors destiné à l’exécution par la troupe française, c’est la mort, pour une fois bienfaitrice, qui contredira ce que disait autrefois son père en venant le prendre pour l’emmener vers des lieux plus sécurisants. Bien que toujours riche en violences de toutes sortes, l’année qui suit Pourvu qu’elles soient douces est celle de l’immortalité. C’est dansSans Logique (1989) que l’aspect victime de l’héroïne est la plus en adéquation avec l’aspect bourreau. La reproduction du dispositif de la corrida compte beaucoup dans cette dualité. Adepte du retournement de situation, Boutonnat mue pour l’occasion son héroïne en taureau inmaîtrisable. Tour à tour saignée, attachée, bousculée, et même transpercée par le picador, elle trouvera la force de se relever pour l’empaler de ses cornes de fer. Présentée comme une victime jusqu’à la séquence finale du clip, cette femme-taureau humiliée aura fait fi des coups de lames tel un Saint Sébastien résistait aux impacts de flèches.

  

 

Le personnage “clipesque” de Mylène Farmer est présenté à plusieurs reprises comme immortel à l’image, revenant inlassablement de ses aventures tragiques. Boutonnat utilisera de nouvelles fois cette crédibilité qu’il a installée pour évoquer par le truchement de ce personnage la thématique de la mort. Dans le symbolique A quoi je sersla chanteuse sera omniprésente à l’image alors que le propos du clip est précisément une mise en scène de sa mort, ou du moins celui de son personnage public. Une disparition volontaire qui prend des allures de suicide si on s’attache aux paroles de la chanson et à l’action du clip. Thèse confortée par les adieux lisibles du long-métrage En Concert, ce qui pourrait facilement être pris pour un retrait dû à un échec commercial n’est étrangement pas interprété dans la presse. Celle-ci voit essentiellement ces productions de la fin des années 80 comme la fascination morbide et sadique d’un réalisateur pour son égérie qu’il maltraite à l’écran. Jugement en parti exact, tant le réalisateur s’amuse de l’impact qu’a sa différence de ton par rapport au climat ambiant de la promotion de disque et de clip à cette époque. Impact amplifié par le silence du cinéaste dans les médias auxquels il refuse tout entretien entre le spectacle itinérant de 1989 et la promotion de Girogino (1994). Lors d’une rare interview donnée à un magazine à l’occasion des premières dates de la tournée en mai 1989, il aura d’ailleurs cette phrase souvent reprise montrant aussi bien son état d’esprit de l’époque que sa lucidité : « Nous n’allons pas continuer à faire ceci impunément. Un jour on va le payer très cher. Car nous perdons conscience de la violence, de la noirceur, de la morbidité. » C’est précisément parce que Laurent Boutonnat n’avait pas connu d’échec commercial dans le disque depuis Libertine qu’il a pu jouer à ce point sur une thématique aussi négative sans qu’elle ne se soit retournée médiatiquement contre lui.

 

Les quatre clips postérieurs à la tournée pérenniseront l’image du personnage créé pour la chanteuse. Présentée comme un personnage mort, elle sera pourtant toujours énormément présente à l’image, notamment dans Regrets où elle incarne cette sorte de fantôme prisonnier de son cimetière, auquel le bien aimé vivant vient rendre visite. Les deux derniers films réalisés par Boutonnat pour elle à cette époque se démarqueront de cette thématique qui pourtant leur était chère pour adopter une esthétique de clip plus traditionnelle. Le réalisateur alors en pleine préparation de Giorginoquittera tout de même sa “caméra de clip”  avec une dernière disparition de la chanteuse (Beyond my Control – 1992), cette fois ligotée et brûlée sur un bûcher. Elle qu’il fit mourir une première fois sur scène, dont il fit incendier le décor, il l’incinère ici comme pour exorciser la forme du clip dont il fut si longtemps consentant prisonnier, avant de passer au long-métrage. Métaphore prémonitoire du prochain terrible échec que sera Giorgino, la chanteuse survit aux flammes et relève la tête alors que le feu a cessé ; comme pour rappeler qu’on n’efface pas en un clip un personnage publique qu’on a mit si longtemps à rendre immortel. C’est peut-être après tout sans calcul, un peu par hasard que Laurent Boutonnat a osé donner cette morbidité à la forme du clip. Lui qui s’était apprêté à déverser son pessimisme dans d’autres domaines fut guidé vers une forme filmique qui n’attendait pas et n’avait à priori pas besoin de cinéaste-auteur. Autrefois éloigné des milieux auxquels il avait tenté d’appartenir, comme la littérature ou le long-métrage, Boutonnat s’est investit dans le clip où, en reversant ses anciens déboires et les fictionnalisant, il a su y placer un style propre.

Jodel SaintMarc, le 21 mai 2002

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Mort répétée avec Mylène et Boutonnat

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

1986-1987 : Popularisation d’un personnage par la mise en scène répétée de sa mort.

Mort répétée avec Mylène et Boutonnat dans Mylène et Boutonnat sanslogique64Dans Libertine (premier clip de Laurent Boutonnat à être autant projeté, diffusé et commenté) la mort de la protagoniste principale est d’autant plus surprenante que tout laisse penser, jusqu’à la scène finale, que le processus de glorification de l’artiste opère. Le clip lui-même commence par un duel dont l’héroïne sort vainqueur. Suivie et fortement mise en valeur dans la réalisation, son déclin sera une première fois annoncé suite à la bagarre à mains nues contre celle qui deviendra sa grande rivale. Libertine est montrée comme inférieure, laissée sans connaissance à demi-couchée sur une table avant que son amant vienne la sauver. Sa puissance moindre est confirmée lors de la dernière séquence : la rivale l’abat avec la même arme dontLibertine s’était servie durant le premier duel. C’est donc avec les mêmes instruments graphiques que Laurent Boutonnat inverse le statut du héros dans l’histoire pour en faire une victime inattendue. Selon lui l’effet de l’arme qui se retourne contre celui qui, croyons-nous, la tient sera toujours plus fort que si elle tire dans la direction attendue. On comprend alors mieux la maltraitance qu’infligeait auparavant Laurent Boutonnat à son héroïne et le fait qu’il attende Libertine pour montrer une première fois sa disparition tragique. Les deux premiers clips n’avaient pas bénéficié de budgets conséquents ni de scénario ou de traitement réellement abordables. Les exigences commerciales de maison de disque et le changement de label par Boutonnat ne pouvaient de surcroît garantir une liberté totale dans la fabrication et la distribution des clips, et ne pouvaient en ce sens prétendre à une large diffusion auprès du public. Il faut donc attendre Libertine pour que toutes les conditions soient réunies pour en faire un objet à visée commerciale. C’est ici seulement que Boutonnat peut oser faire mourir son héroïne, lui-même est sûr que ce personnage va naître conjointement au clip, et que le traitement cinématographique de l’ensemble lui donnera une envergure plus large. De cette dimension nouvelle, Boutonnat tirera profit afin d’inclure ses héros dans un monde étranger à celui des clips de l’époque.

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            Réalisé tout de suite après LibertineTristana se termine aussi par la mort de son héroïne. La mort du premier personnage résonnait pendant le générique comme une fin, jouant sur la nouveauté qui consistait à montrer la disparition définitive de l’interprète de la chanson objet du clip. Difficile après ce “coup” de rendre crédible sa réapparition dans le clip suivant, et encore plus de refaire l’expérience d’une seconde mort du personnage. Contrairement au réalisme de l’action de Libertine qui se déroulait dans une reconstitution des milieux mondains du XVIIIeme siècle, le traitement du conte que subit Tristanamodère cependant ce nouveau trépas en le situant dans un onirisme certain. La situation temporelle de la diégèse se fait avant tout par les images d’archives de la révolution russe d’octobre et non pas par les attributs historiques approximatifs des personnages ; les costumes et les décors ne suffisent pas au spectateur pour placer l’histoire dans le temps. Lors de la séquence finale, comme une princesse insensible au baiser de l’homme attendu, la nouvelle disparition du personnage se révèle moins frustrante pour le spectateur qui peut ici encore situer la chanteuse dans le clip. La voix over de celle-ci réapparaît à l’extrême fin du clip pour répondre justement à une question relative à son éventuel statut de défunte. Interrogation d’un personnage se faisant le relais du spectateur et qui se voit répondre : « -Je ne sais pas. ». En élevant ainsi son héroïne au rang de déesse (seule personne pouvant exister entre la vie et la mort), Boutonnat confirme la tendance qui le mènera plus tard à l’autodestruction de son œuvre, et ancre parallèlement celle-ci dans des films de genre qui admettent la mort de ses personnages.

            Toujours en 1987 et pour la troisième fois, le clip de Sans Contrefaçon voit la disparition du personnage interprété par Mylène Farmer. Dans une facture plus proche de Tristana que de Libertine, Boutonnat adopte encore une fois le genre du conte pour dépasser la mort même de la protagoniste principale. Clairement montrée dans Libertine, dédramatisée dans Tristana, c’est son nouveau trépas dansSans Contrefaçon qui rend paradoxalement immortels les rôles interprétés de clip en clip. Ici la mort n’est pas figurée par un corps humain inerte, ni même par une giclée de sang comme dans le clip précédent. Ici cette mort est un passage visible d’un état à un autre. C’est aussi le seul clip où au delà de sa disparition, on assiste à la naissance du personnage principal, montrée par l’animation du pantin de bois qui devient de chair et de sang. Redevenant pantin dans les mains même de son créateur en même temps que disparaît la fée bienfaitrice, les personnages de Laurent Boutonnat quittent de film en film le monde qui est le notre pour entrer peu à peu dans un univers onirique qui rend chaque nouvelle disparition de la chanteuse crédible et sans redondance. Pourtant d’une grande homogénéité, chaque clip de Boutonnat se suffit à lui même et impose des personnages propres à eux et chaque diégèse ; même si on retrouve les mêmes interprètes pour les camper. C’est ainsi par la mort de ses héroïnes que Laurent Boutonnat peut en partie de démarquer des autres personnages campés par les interprètes de l’époque.

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mi-victime mi-bourreau des héros de Boutonnat

Posté par francesca7 le 23 avril 2014

 

    Malgré une réponse que Laurent Boutonnat juge visiblement disproportionnée à l’effort fourni, les commentaires qui accompagneront les rediffusions de ses clips s’axeront sur les enrichissements que le réalisateur a ponctuellement donné à la forme. Émancipation diront les uns pendant que d’autres parleront de contournement. Il changea son système de financement, l’enrichit d’attributs propres à la production indépendante, et fit d’un objet à priori de promotion une œuvre à promouvoir. Ces particularités ont un double objectif : se démarquer du flux environnant afin de promouvoir l’artiste, puis ouvrir la voix au traitement approfondi d’histoires plus longues que celle du clip-type. Comme allonger des histoires déjà simplistes ne suffit pas à “sortir du lot”, il faut donner aux personnages des profils se démarquant de ceux d’interprètes de clips à structure habituelle. Ceux-ci se montrent habituellement sous leur meilleur jour, capables d’exploits surhumains comme de surpuissance sexuelle. Qu’il soit vainqueur ou qu’il sorte valorisé de sa prestation, l’artiste est de toute façon rendu supérieur par son vidéo-clip. Puisque Boutonnat semble s’attacher à contredire une par une chaque contrainte inhérente à la forme du clip, une question se pose quant à l’appréhension des rôles qu’il donnera à son artiste qui occupera la place centrale : Comment se soustraire à la mise en valeur systématique et à la surexposition des artistes dans les clips tout en faisant de la chanteuse son objet principal ? La solution est pour le manager Laurent Boutonnat de trouver une cohérence très forte entre ce rôle à l’écran et ce personnage public qui devra parler de lui dans les interviews. Prenant très probablement ombrage sur son vécu personnel, Boutonnat crée avec l’accord de la chanteuse Mylène Farmer un personnage qu’elle devra camper à chacune de ses prestations, qu’elle soit musicale ou verbale. La naissance de l’aspect public de ce personnage se fera à partir de 1985. C’est à partir de cette date qu’on trouvera dans les interviews de la chanteuse les premières traces de maux prononcés. Elle se refusera désormais à parler de son enfance prétendument douloureuse, alors que cela ne lui posait aucun problème un an auparavant.

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1984-1985 : Naissance d’un personnage par sa victimisation à outrance

Ce qui différencie le plus la création de ce rôle par rapport à ceux endossés par d’autres interprètes réside dans le soin apporté à sa faiblesse. Sans parler d’anti-héros, le personnage inventé pour son égérie par Boutonnat rassemble assez de contradictions, de défaites et de névroses pour qu’il en devienne à la fois attachant et intrigant. Aussitôt que Laurent Boutonnat réalise ses premiers clips, l’héroïne qu’il créé subit d’ors et déjà davantage qu’elle ne fait subir : battue puis décapitée dès Maman à tort, elle est violée dans Plus grandir. C’est dans ces deux clips de jeunesse que le réalisateur a probablement pris le plus ombrage de ce qu’il avait vécu comme des échecs dans son enfance. Dans un cadre familial tout d’abord, Laurent Boutonnat est l’aîné d’une famille de cinq enfants. On retrouve les relations parfois conflictuelles figurées par un unique plan succédant aux pancartes « Maman à tort ! » brandies par la petite famille : La tête de la grande sœur est posée sur une table autour de laquelle ses frères et sœurs vindicatifs s’apprêtent à s’acharner à coups de fourchettes. Laurent Boutonnat lors d’un interview avait aussi parlé des difficultés qu’il avait eu chez les jésuites où il avait fait une partie de sa scolarité ; ce qui explique peut-être l’apparition des deux nonnes de petites tailles dont l’une frappe avec une règle les mains de la jeune fille fautive agenouillée devant elle, pendant que l’autre lit des versets de la Bible. On peut également lire l’influence de toute une éducation religieuse dansl’animation de la statuette de pierre représentant la sainte vierge qui se cache les yeux devant un viol qu’elle ne pourrait supporter. Un plan qu’aurait pu tourner Cocteau, et qui est peut-être la vision d’un enfant devenu adulte sur son éducation refusant de voir le chemin autodidacte que son élève a osé prendre. Autant dans Maman à tort que dans Plus grandir, la mort de l’héroïne est impliquée, mais étrangement jamais montrée. Alors qu’on l’imagine prochainement dévorée par sa fratrie, la grande sœur du premier clip bénéficie de l’absence d’une réelle intrigue et d’une narration confuse pour renaître au plan d’après grâce à un montage a-chronologique. Dans Plus Grandir, seule une danse accompagne le vieillissement de la jeune fille, qui finira dans un grand état de déchéance physique, immobile derrière une fenêtre ouverte. Sa mort ne sera évoquée symboliquement qu’au dernier plan, lors de son passage devant sa propre tombe. Malgré ces outrages perpétuels qui présentent au public un nouveau personnage, c’est pourtant sa mort montrée sous tous les points de vue à la fin de Libertinequi la fera naître à ses yeux.

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Laurent Boutonnat et Mylène Farmer en interview

Posté par francesca7 le 19 avril 2014

 

Laurent Boutonnat et Mylène Farmer en interview dans Mylène et Boutonnat lb1INTERVIEW DE LAURENT BOUTONNAT

Qu’est-ce que vous préparez ici ?

    Il y a une scène avec tout les figurants, avec Mylène et le petit môme qui est avec elle. C’est un raccord en fait sur ce petit monticule. Nous, nous sommes derrière avec la caméra et on va faire brûler des pneus pour avoir une grosse fumée noire pour être raccord avec l’usine d’hier où il y avait le feu. Ils sont sensés s’échapper de l’usine, et ils vont descende de cette petite colline pour courir dans cette immense plaine.

l'équipe du film dans la plaine. on remarque les cars transportant les figurants et les camions de materiel.

Ce sera le dernier plan du clip ça ?

Laurent donne ses instructions à Mylène    C’est l’amorce des dernier plans en fait. C’est le premier plan où ils s’échappent de cette « prison-usine » pour partir dans la plaine. Et après on a plusieurs plans à faire de leurs visages qui courent…

Ca a été un bonheur pour vous d’avoir eu cent figurants ? Des jeunes hongrois comme ça ? C’est pas tropLaurent Boutonnat difficile à gérer ?…

    Non, il y a une équipe très solide qui tient bien tout ce monde là, et ils ont des têtes extraordinaires en plus. Il y a une chose qui est formidable ici, c’est qu’ils jouent bien. Ce n’est même pas jouer d’ailleurs, parce que ça leur plait de faire ça. C’est presque naturel.

 

pendant le travelling latéral de l'arrêt dans dans la plaineOui, c’est peut-être mieux que des comédiens.

    Ah, c’est impossible des comédiens. Mais ils ont quelque chose de naturel; et en fait comme ils n’ont jamais fait ça de leur vie, ils ont une espèce de maladresse qui est formidable. Ca devient quelque chose qui donne l’impression qu’ils ont fait ça toute leur vie, que se sont de grands professionnels.

 

Laurent met en place le repère qui montrera à Mylène où s'arrêter

Laurent supervise la pose du travelling latéralVous avez voulu tourner ici, ça s’appelle la Puszta, c’est la plaine hongroise…

    Absolument, c’est à dire que la Hongrie est un pays plat, où il n’y a que des plaines. Et tout le centre de la Hongrie c’est ça : sur des centaines et des centaines de kilomètres avec : Rien. C’est très impressionnant. Surtout avec la neige, on a l’impression que le ciel et la terre se rejoignent et que…

 

Laurent vient de placer les figurants qui ne s'étaient pas assez espacé en largeurC’est une fuite.

    Il n’y a rien quoi. C’est le néant et… c’est beau.

 

Fréquenstar - Pour un clip avec toi - M6 - Février 1991.

 

alearule dans Mylène et Boutonnat

INTERVIEW DE MYLÈNE FARMER

répétition du 1er plan du clipC’est le cinquième jour de tournage, ça fait combien de temps que vous êtes installée ici Mylène ?

    Ca fait à peu près huit jour.

Il y a des conditions climatiques qui ne sont pas évidentes, je sais qu’il a fait très froid la semaine dernière…

    Oui, beaucoup plus froid qu’aujourd’hui.

tournage du gros plan "blatte" avec MylèneEt vous vous levez très tôt et vous tournez toute la journée, c’est ça ?

    Nous avons des horaires un peu différents chaque jour mais ce matin nous nous sommes levé à cinq heure.

 

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extrait du casting des figurantsIl y a à peu près une centaine de figurants ici. Pourquoi avoir choisi des enfants, et des enfants hongrois, ici à Budapest ? Il y a une raison particulière ?

instructions à Adil Med Mehjirou    Oui, il y a plusieurs raisons pour le choix de la Hongrie. Il y a d’abord la neige, on voulait un paysage de neige. D’autre part on voulait beaucoup de figurants emakdes8t surtout des enfants qui portent quelque chose de grave dans le visage et dans le regard. Et c’est vrai que les pays de l’Est pour ça c’est fabuleux. D’autre part il y a beaucoup de techniciens en Hongrie qui sont performant et professionnels. Et enfin une des dernières raisons c’est que c’est beaucoup moins chère, et qu’on peut faire des choses grandioses avec peu de moyen finalement.

Laurent Boutonnat donne ses indications à AdilEst-ce que ça veut dire que ça va être dans la lignée de l’imagerie Mylène FARMER ? Parce qu’on vous associe aux clips scénarisés qui sont en fait des films. Est-ce que ça s’inscrit toujours dans cette veine scénarisée et à grand spectacle ?

    Ce sera la même chose. C’est la même écriture et le même réalisateur, et pratiquement la même équipe à chaque fois sur chaque tournage.

le traducteur hongrois entre Laurent Boutonnat et Vincent Canaple (assistant réalisateur)

 

Laurent Boutonnat ne filme pas ce plan mais contrôle le cadreEst-ce qu’on peut dire aussi que si vous venez tourner ici en Hongrie ou à Budapest -on y pense souvent quand à toi- c’est pour tes ambitions cinématographiques et celles de Laurent ? On sait que Cyrano De Bergerac a été tourné ici, on peut dire aussi qu’il y a les prémices d’un futur long métrage ou le moyen aussi de repérer pour un long métrage…

    Ca c’est quelque chose d’envisageable ou qui a été envisagé, mais j’avoue que pour l’instant c’est quelque chose qui n’existe pas. Et c’est quelque chose qui appartient à Laurent pour l’instant. Je ne puis rien dire, mais ce que je sais c’est qu’il avait fait effectivement des repérages avant d’envisager le clip en Hongrie pour un long-métrage.

 

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Vous êtes un peu avares d’images sur le travail que vous faites en équipe sur le tournage d’un clip comme en ce moment.

Laurent répete avec Adil la scène de la cigarette    Je ne sais pas si nous sommes avares mais c’est assez difficile qu’une autre équipe intervienne. Parce qu’un tournage comme celui-ci c’est une grosse machinerie. Donc s’il y a perturbation, quelque fois cela peut perturber le metteur en scène et tout le monde. Et c’est vrai qu’on a un soucis de garder les choses secrètes, mais parce que je suis probablement comme les enfants, j’aime encore les surprises. Donc j’aime bien l’effet de surprise quand on a un nouveau clip ou de nouvelles chansons. C’est pour ça que je fais très peu écouter l’album avant qu’il ne sorte. C’est une manière de préserver la chose.

 

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mise en place des éclairagesDans le clip on voit une centaine de jeunes enfants avec des têtes très particulières, grimées, masquées, habillés un peu comme toi…

    Oui, tout à fait. Encore plus sales même !

…Assez minimalistes dans la tenue. D’où a été l’inspiration de ce choix ?

    Là j’avoue qu’il est né d’un amour commun de Laurent et moi- même pour ce qui est DICKENS, Oliver TWIST. On aime beaucoup tout les deux David LEAN, qui avait réalisé Oliver TWIST, un de ses premiers longs-métrages. Et c’est surtout cette approche du conte qui est permanente.

Laurent Boutonnat et son 1er assistant réalisateur

Dans Désenchantée c’est quoi ? On dirait un univers carcéral mais particulier…

Laurent lui-même filme Mylène appelant à la révolution sur les tables    On a essayé d’avoir quelque chose d’intemporel. Ce qui explique aussi le choix de ces costumes, parce qu’on ne peut pas tout à fait situer l’époque. Ca se situe en effet dans un milieu carcéral, il y a une autorité autour de ces enfants, et que ces enfants n’ont plus rien à perdre donc il leur reste comme solution la révolte. Et c’est ce qui va se passer dans le clip.

instructions à Mylène    Il y a dans le clip de jeunes enfants qui sont handicapés. Il y a une anecdote magnifique, un handicapés qui est sur le tournage s’y est adapté en quatre jours. Son éducatrice nous a dit qu’en quatre jours il avait fait des progrès de six mois. Donc c’est une jolie récompense…

 

desenchComment tu échanges avec tous ces jeunes hongrois qu’on voit ?

    C’est un échange uniquement de regards puisque nous n’avons pas la même langue. Les interprètes ne sont pas toujours là pour traduire. Ce sont des regards et tous ces figurants sont très justes, ils jouent mais en aucun cas ne sur-jouent et c’est ce qui est fascinant. Ils ont une spontanéité et on a l’impression qu’ils sont nés dans ces costumes dans cette époque et c’est un plus pour le tournage.

makdes21J’ai eu l’occasion de discuter avec ce qu’on appelle un casting-producer, qui me disait que dans le choix des gens, il y avait peu de comédiens hors-mis la matonne. Il y a des délinquants, des jeunes enfants d’écoles.

La chute du mirador est en fait protegée par des cartons    Oui, il y a de tout. Ce sont des gamins de la rue…

 

…Avec leurs réactions. Quand on vit à Budapest, avec la vie qu’on a eu, avec l’histoire qu’on a vécu, il y a une âme mais une pression.

    En tout cas habitée. Il y a une dureté réelle.

 

lors des scènes extérieures, deux équipes de tournages s'activent autour des figurants, tournant le double de plans dans la même durée

 

lors des scènes extérieures, deux équipes de tournages s’activent autour des figurants, tournant le double de plans dans la même durée >

 

 

 

 

Mylène et Adil s'enfuyant devant le décor de l'unsine en flammesIl y a une infrastructure, une équipe très importante sur ce tournage…

    Il y a à peu près 120 personnes et 12 personnes dans l’équipe technique qui viennent de Paris.

Des français avec qui vous avez l’habitude de travailler. 

    Oui, j’ai Jean-Pierre SAUVAIRE qui est chef-opérateur, Carine SARFATI qui est aux costumes et beaucoup d’autres. Je m’excuse de ne pas pouvoir tous les citer.

extinction de l'entrepot en flammes par les pompiers de Budapest

C’est une équipe de copains, on a l’impression que c’est presque une famille.

    Oh oui, ce sont des gens de grande qualité humaine et professionnelle. C’est vrai que c’est un plaisir de les réunir chaque fois à nouveau.

 

Fréquenstar - Pour un clip avec toi - M6 – Février 1991.

 

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Le pygmalion de Mylène F.

Posté par francesca7 le 19 avril 2014

Pygmalion de Mylène Farmer et réalisateur des plus beaux clips jamais réalisés dans l’hexagone (Tristana, Désenchantée, ou encore le monumental Pourvu qu’elles soient douces et ses 17 minutes de film), Laurent Boutonnat s’est essayé pour la première fois au long-métrage en 1994 avec le magnifique Giorgino, échec public, critique, et catastrophe financière absolue pour un film pourtant sublime. Profondément atteint, Boutonnat restera plus de 10 ans loin des plateaux de cinéma.

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=KqbmjqgSkEY

C’est en 2005 que le metteur en scène revint sur le devant de la scène cinématographique avec l’adaptation du roman d’Eugène Le Roy, déjà adapté à la télévision en 1969,Jacquou le croquant.

Le film raconte l’histoire de Jacquou, jeune garçon issu de la paysannerie française du début du 19ème siècle, un croquant (ou pouilleux), qui voit son père envoyé au bagne pour un crime commis en position de légitime défense pour protéger sa famille. Devenu rapidement orphelin suite à la mort de son père et de sa mère, Jacquou deviendra le fer de lance d’une révolte contre les ultraroyalistes, tout en fomentant sa vengeance contre le cruel comte de Nansac, responsable de la mort de ses parents.

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Loin, très loin du film d’atmosphère et d’ambiance que constituait Giorgino, Boutonnat s’est affranchi (partiellement) de ses obsessions visuelles et poétiques, en livrant avec Jacquou le croquant une oeuvre beaucoup plus facile d’accès, film d’aventures familial de très bonne facture, malgré quelques flottements et des scènes à la limite du surjeu.

Ainsi, la séquence de la falaise, dans laquelle le personnage incarné par la sublime Marie-Josée Croze hurle sa haine face au château du comte de Nansac souffre d’un jeu outrancier de la part de l’actrice d’habitude irréprochable, et manque de peu de faire tomber la scène dans le ridicule. Par ailleurs, le film piétine dans son troisième quart, et aurait mérité un bon quart d’heure de moins.jacqou dans Mylène FILMOGRAPHIE

Ces réserves posées, le film constitue un excellent divertissement, magnifiquement filmé, et doté de scènes véritablement émouvantes (voir à ce titre la séquence du retour à la vie du jeune Jacquou au pied d’un arbre, dans les bras de la jeune fille dont il est amoureux). La mise en scène de Boutonnat, portée par une photographie de toute beauté (la gestion de la lumière, y compris dans les scènes de nuit, est d’une clarté remarquable), témoigne de l’admirable maîtrise technique et du sens visuel extrêmement personnel du réalisateur, le style de sa mise en scène étant décelable au premier coup d’oeil.

 Par ailleurs, et même si elles ne sont pas aussi nombreuses que dansGiorgino, l’on retrouve le goût du metteur en scène pour les images de paysages enneigés, les cimetières, les loups…Les scènes dans lesquelles ces éléments apparaissent sont les plus belles du film, et confèrent à ce dernier une force évocatrice immédiate, ainsi qu’une réelle puissance poétique.

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S’agissant de la distribution, Laurent Boutonnat s’offre un casting 4 étoiles: le fidèle Albert Dupontel (déjà présent dans Giorgino et ami proche du couple Boutonnat/Farmer), le regretté Jocelyn Quivrin, Marie-Josée Croze, Tcheky Karyo, Olivier Gourmet, et le plutôt fade Gaspard Ulliel dans le rôle de Jacquou adulte.

 

Au final, et même s’il reste assez caricatural dans sa thématique des forts contre les faibles, Jacquou le croquant constitue un film romanesque de très bonne facture, pétri d’émotion, doté d’une mise en scène de grande classe et parsemé de plans véritablement poétiques.

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Mylène Farmer pourrait retravailler avec Boutonnat

Posté par francesca7 le 16 avril 2014

 

Après s’être séparée de son compagnon de travail historique, Laurent Boutonnat, Mylène Farmer laisse entendre qu’ils pourraient à nouveau collaborer ensemble.

Après son single Oui, mais… nonMylène Farmer a accordé une interview à TV Mag, où elle dit, en gros, non, mais… oui. Explications. Depuis 1984 (eh oui, ça fait un bail qu’elle chante), Mylène et Laurent Boutonnat ont une relation professionnelle quasiment fusionnelle. De petites bisbilles de temps en temps, mais rien de XXL. Sauf que pour son tout dernier album, la célèbre rouquine n’a pas fait appel à son grand ami et lui a préféré RedOne, le producteur de Lady Gaga.

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Mylène Farmer, quel regard portez-vous sur votre carrière ?
C’est un long chemin fait de choix, de rencontres heureuses… Un long fleuve tumultueux. Mais surtout une très longue et passionnante conversation avec le public et cela me rend heureuse.

Avez-vous l’impression d’avoir changé ?
Fondamentalement, non… Mais je suis toujours rongée par le doute, et je me demande encore : « Pourquoi moi ? ». D’autres aussi certainement doivent se poser cette question pour moi ! (Rires.) Si, pour certains, le succès donne des ailes, moi il m’aura aidée à m’ouvrir davantage aux autres.

 

Quel est le grand regret de votre existence ?
De n’avoir pu partager mes émotions avec deux êtres disparus trop tôt de ma vie… Une absence trop présente, dont je souffre chaque jour.

 

[...]

On présente souvent Laurent Boutonnat comme votre mentor. Vrai ou faux ?
Un mentor est un guide dont la démarche est personnelle, volontaire et gratuite. La relation que j’ai avec Laurent est une relation de complicité et de complémentarité. C’est une personne de grand talent qui est indissociable de mon chemin de vie.

 

Bleu noir est le premier disque que vous ayez fait sans lui. Est-ce une rupture définitive ou une passade ?
Bleu noir est tout sauf une passade ! Il s’agit bien de chansons qui sont incarnées, qui sont des moments de la vie. De ma vie ! Laurent préparait un film et le fait de réaliser moi-même ce disque était un choix de ma part. Mais il est certain que nous nous retrouverons tous les deux.

 

[...]

Pourquoi ne vous voit-on jamais aux Restos du Cœur ou dans des événements caritatifs ?
Si je comprends cette démarche, je ne me sens toutefois pas à l’aise en groupe. Je suis plus sereine dans une démarche individuelle. C’est une question de caractère, je crois.

 

[...]

Quelle est la chose la plus précieuse que vous possédiez ?
Mes incertitudes.

 

Qu’est-ce que votre statut de star vous interdit de faire ?
De chuter sur les marches de l’Élysée ! (Rires.) [Invitée en mars 2010 par Nicolas Sarkozy pour la visite du président russe Medvedev, la chanteuse avait trébuché sur le perron de l'Élysée.] 

 

[...]

L’interview intégrale de Mylène Farmer à découvrir dans TV Magazine

 

 

>>> Mylène Farmer : son album explose les records de vente

Bien lui en a pris, son album s’est déjà vendu à plus de 600 000 exemplaires. Mais quand on lui demande si Laurent Boutonnat est son mentor, Mylène met les points sur les i : la démarche d’un mentor est «personnelle, volontaire, gratuite ». Et Laurent Boutonnat ne mérite pas ce titre. En clair, il travaillait parce qu’il était obligé et sûrement pas à titre bénévole ou amical. Et paf.

Mylène Farmer ne lui en veut pas pour autant. Leur séparation n’est pas qu’une « passade », mais elle en est sûre : elle et lui se retrouveront. Peut-être qu’elle lui chantera Pardonne-moi pour recoller les morceaux.
En tout cas, elle a le sourire. D’ordinaire si distante, Mylène fait même dans l’autodérision en évoquant au cours de l’interview sa chute sur le perron de l’Elysée l’année dernière. On imagine que son orteil va mieux.

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MEMOIRES DE STADE pour Mylène et Laurent

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

    A la saison des vendanges, le douzième jour de septembre exactement, M. Boutonnat s’installait vingt minutes avant le début de la représentation, nerveux, concentré, le regard fixe, immobile plus qu’inexpressif, derrière son pupitre. Il savait que le chef de l’État occuperait sa loge. Cigarette sur cigarette, des bribes de conversations avec deux techniciens aux cheveux blancs, quelques mots seulement. Après la décontraction feinte, l’imperturbable concentration lorsqu’il fixe la scène encore dans l’obscurité. M. Di Sabatino clopait également, serrant dans ses bras M. Suchet qui venait d’arriver.

"Désenchantée" au Stade de France    Le tableau commençait sous les mêmes auspices ; plus de cigarette mais un invariable regard droit que rien n’aurait sû distraire ; il considérait avec mépris les vendeurs de bière dans la fosse, aux fûts de pression arrimés au dos. Puis, ses mains côte à côte, doigts posés sur ses muscles frontaux pour les masser, décrivaient de petits cercles au dessus de son lourd regard. Il avait fallu attendre qu’on chante « Qui entre dans l’histoire entre dans le noir » pour que M. Boutonnat saisisse d’une main sa pipe noire de l’autre son briquet blanc, qu’il ne lâchât point jusqu’à la fin du numéro. Lorsque retentissaient les tonnerres électriques des « Paul en Pauline », M. Boutonnat devenait plus directif, mimait la guitare en faisant signe à sa gauche de surmixer l’instrument. Il était alors debout comme si on lui eût laissé la bride sur le cou, riait bruyamment de la fellation approximative mimée sur un guitariste et, lorsque la maîtresse des lieux décidait de reprendre la chanson en traînant un « Wwwon a besoin d’amour », lancait un regard rieur et complice à l’adresse de M. Suchet .

   Détendu et l’estomac vraisemblablement moins noué, c’est lorsque résonnait « C’est comme une symphonie » que M. Boutonnat entamait un quartier de pomme rouge. Sitôt le fruit terminé il tentait de réanimer sa pipe, qui resterait enluminée jusqu’à des battements de menton rythmés sur le « poète [qui n'a] que la lune en tête ». Bien après, à l’issue de refrains lents, alors que la reîne gravissait posément le haut escalier, M. Boutonnat devisait avec M. Suchet sur ce milieu de spectacle. Il exposait l’idée qui l’avait animé lorsque l’année antérieure, il imaginait ce faux final. Il en schématisait pour lui la perspective de lumière qui mène aux squelettes, en dessinant un couloir de ses mains qu’il éloignait à plusieurs reprises de son buste. Redevenu silencieux, il comtemplait encore quelques instants la lumineuse splendeur de cette idée devenue réalité. Regagné sa console, M. Boutonnat regardait autant la scène que le monumental écran de droite qui exposait le visage fardé de la maîtresse des lieux. Il utilisait les derniers instants laissés à sa décontraction en rallumant sa pipe, puis en chantonnant son « si fragile qu’on me prenne la main » qui semblait l’amuser toujours.

   C’est lorsque toute la cour entonnait « Tout seul dans mon placard » que M. Boutonnat se crispa. A deux minutes de la dramatique panne de son survenue la veille, lui et ses techniciens de camarades gardaient les yeux rivés sur la scène. Alors que certains se mordaient l’intérieur des joues, lui se mit à parler sèchement à sa droite en agitant les mains à plat dans l’air. Puis le soulagement du pont musical passé, les matassins s’asseyant en rond pour simuler les jeux d’enfant, il se lâcha complètement, sortit de la régie, s’avança derrière le public pour chantonner quelques vers du refrain, ria, regarda la tribune gauche, se retourna gaiement sur la pointe des pieds pour considérer la bouche ouverte les gradins du fond, visiblement toujours admiratif du nombre de personnes connaissant par coeur la ritournelle. La suite du spectacle fût pour lui plus ludique ; d’une part il tentait toutes les minutes trente -briquet vissé à la main- de garder sa pipe allumée, d’autre part il indiquait à sa gauche -en gestes appuyés- de lâcher samples plus tonitruants et effets sonores davantage assourdissants. Maître de son petit royaume sur l’Instant X, il tapait sur des cloches invisibles et roulait ses mains vers le ciel à chaque envolée de début de refrain. Entre ses séries de poing levé sur les «Fuck them all!», de « Hou-ha-houuu » murmurés sur Dégénération, de coups martelés dans le vide sur C’est dans l’Air, il se rasseyait dans son fauteuil à bascule pour tenter une cent unième fois de rallumer sa bouffarde.

   images (4)Pipe éteinte, rangée dans la poche ; c’est à ce moment là que la veille avait vu une autre coupe de son mal opportune. Mais ici rien, l’antienne passa une nouvelle fois sans problème. La petite troupe pouvait alors s’égayer, M. Boutonnat -jusqu’à lors impatient- remercier le ciel en levant nez et mains, puis sautant de joie tandis que MM. Suchet et Di Sabatino, toutes dents dehors, se synchronisaient sur la chorégraphie des générations désenchantées. C’est tout à sa joie, alors que se criaient les rappels « des idéaux, des mots abîmés » que M. Boutonnat communiquait à je-ne-sais-qui son contentement par téléphone mobile en exhultant. Peu après, sitôt les confettis bien expédiés, content de lui et du bon accomplissement ses oeuvres, il se retirait rapidement dans ses quartiers suivi de MM. Di Sabatino et Suchet. L’ouvrage était achevé.

«Une idée sans exécution est un songe.»
Saint-Simon, Mémoires de la cour de France sous Louis XIV.

Jodel Saint-Marc, le 12 septembre 2009.

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La réussite Laurent Boutonnat et Mylène

Posté par francesca7 le 11 avril 2014

 

Bio5Laurent Boutonnat, de son état-civil complet Laurent Pierre Marie Boutonnat, est un musicien, auteur-compositeur,producteur et réalisateur français né le 14 juin 1961 à Paris.

Son premier long métrage, La Ballade de la féconductrice, un film fantastique comportant des scènes d’une rare violence, n’est diffusé que deux semaines dans une salle parisienne. Le film est interdit aux moins de 18 ans — son auteur n’en a alors que 17 — mais est néanmoins projeté au marché du film de Cannes.

La rencontre avec Mylène Farmer

À 20 ans, il compose avec Jérôme Dahan la musique de Maman a tort et cherche une chanteuse pour l’interpréter. Il pense d’abord à Lio, mais le projet n’aboutira pas. Ensuite, il repère une jeune fille d’une quinzaine d’années mais y aurait finalement renoncé pour des raisons juridiques. Lors d’un casting, il tombe alors sous le charme d’une comédienne en herbe, séduit immédiatement par son « air psychotique ». « C’était elle. On ne l’avait pas encore entendue chanter mais je savais que c’était elle ». Mylène Farmer sort alors son premier 45 tours en mars 1984. La chanson bénéficie d’un vidéo-clip tourné pour la modique somme de 5 000 FRF. Depuis lors, le tandem Farmer-Boutonnat est inséparable.

Fort du succès de ce premier single, Laurent Boutonnat écrit et compose la majorité des chansons du premier album de la chanteuse, Cendres de lune, paru en 1986. Le second extrait, Plus grandir, introduit ce qui fera en partie le succès de la chanteuse : les vidéo-clips, que Laurent Boutonnat réalisera désormais en 35 mm, comme de véritables petits films avec génériques, bandes originales et avant-premières.

Le succès

La consécration n’intervient réellement qu’en 1986 avec le troisième extrait de Cendres de luneLibertine et son vidéo-clip inspiré de Barry Lyndon, succès confirmé par le single suivant, Tristana dont le clip est nommé aux Victoires de la musique. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer, qui forment alors un couple à la ville, créent la société Toutankhamon SA.

Au printemps 1988, sort l’album Ainsi soit je…, entièrement composé par Boutonnat qui délaisse l’écriture au profit de Mylène Farmer. L’album est un triomphe (1 800 000 ventes). Ils tournent les clips de Sans contrefaçon (avec Zouc), Ainsi soit je…Pourvu qu’elles soient douces ([Libertine II], qui sera le plus long vidéo-clip scénarisé français : 17 min),Sans logique et À quoi je sers, qui entérinent le personnage de la chanteuse. Il met également en scène sa première tournée en 1989, et réalise le film En concert, toujours en 35 mm, qui sort l’année suivante.

En 1991, Boutonnat compose les musiques de L’Autre, le troisième album de Mylène Farmer, et réalise les clips de DésenchantéeRegrets et Je t’aime mélancolieDésenchantéeconnaît un énorme succès, et permettra à l’album de dépasser les deux millions de copies. Elle a également été la chanson française la plus diffusée dans le monde en 2004 selon la SACEM. Le vidéo-clip de Beyond my control (1992), censuré pour son contenu trop explicite, est le dernier réalisé par Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer jusqu’en2001.

La réussite Laurent Boutonnat et Mylène dans Les Clips de Mylène Giorgino4Giorgino

En 1994, il réalise son rêve en tournant Giorgino (avec Mylène Farmer dans le rôle principal). L’atmosphère très sombre et la durée du film (3 heures) n’attirent pas les spectateurs, qui lui préfèrent Forrest GumpPulp Fiction ou encore Léon. Blessé par l’échec de son film, le réalisateur en rachète les droits et en empêchera toute diffusion. Il finira cependant par céder à la pression d’un public fidèle à son univers (des pétitions pour la sortie du film circulaient sur Internet) et, fortifié par le succès de Jacquou le Croquant, décidera d’éditer Giorgino en DVD, 13 ans après sa sortie en salles.

Retour musical

Début 1995, il participe à la composition de l’album Anamorphosée de Mylène Farmer, au son plus rock. Il travaille également à la conception de la tournée qui suit, et qu’il immortalise dans Live à Bercy (1997).

En 1997, il devient le producteur et compositeur de Nathalie Cardone, qui connaît un grand succès avec sa reprise de Hasta Siempre. Il participe à son premier album éponyme, et réalise les clips des singles PopulaireMon ange et Baila si.

En 1999, sort Innamoramento de Mylène Farmer, album qu’il compose en grande partie. Cependant, il ne participe pas à la conception du Mylenium Tour qui suit la sortie de l’album.

En 2000, il coproduit avec Mylène Farmer la jeune chanteuse Alizée, compose pour elle la musique de Moi… Lolita et réalise le clip. La chanson est un succès mondial (plus de2 millions de ventes), suivie par un album triomphal, Gourmandises, lui aussi signé Farmer/Boutonnat.

En 2001, il reprend la caméra pour Mylène Farmer et réalise les clips de Les Mots et Pardonne-moi. Il réalise également les clips d’Alizée Parler tout bas et J’ai pas vingt ans ainsi que son second album, Mes courants électriques. En 2003, il met en scène le spectacle de la jeune corse et reçoit la même année le Grand Prix de l’Auteur-Réalisateur de l’Audiovisuel, décerné par la SACEM. Il réalise l’année suivante un clip pour un jeune chanteur, Kamal Kacet, Ifkis. Laurent produit par ailleurs l’album de ce dernier, « Larmes noires ».

Troisième film

AlbumAvantQueLombreSmall dans Mylène AutrementEn 2005, sort Avant que l’ombre…, le sixième album de Mylène Farmer dont il compose la quasi-totalité des musiques. Il participe aussi, en association avec la chanteuse, à la mise en scène du spectacle Avant que l’ombre… À Bercy. Parallèlement, il entame le tournage de son nouveau long-métrage, une adaptation du roman d’Eugène Le Roy Jacquou le croquant, qui sortira en France le 17 janvier 2007. Moins sombre que Giorgino, le film reçoit un accueil plus chaleureux, et atteint le million d’entrées.

En 2008, il compose les musiques de Point de Suture, le septième album de Mylène Farmer, et participe à la direction artistique de son Tour 2009 (qui passera notamment par le Stade de France).

En 2011, il compose les musiques des deux inédits de 2001-2011 Du temps et Sois moi-be me, le deuxième best of de Mylène Farmer, ainsi que le clip du premier single inédit Du temps.

En 2012, il compose les musiques de Monkey Me, neuvième album de Mylène Farmer.

Filmographie

Clips

1984 : Mylène Farmer - Maman a tort

Concerts - Composition

Il est en outre l’arrangeur musical de tous les albums.

Compositions annexes pour Mylène Farmer : L’annonciation (1985), Puisque… (1988), Dernier Sourire (1989), À quoi je sers… (1989), La veuve noire (1989), Mylène is calling(1991), Que mon cœur lâche (1992), Effets secondaires (1999), L’histoire d’une fée, c’est… (2000), Devant soi (2007) (Bande originale de Jacquou le Croquant), C’est pas l’heure(2010) (en duo avec Line Renaud).

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GAI PIED et Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 8 avril 2014

 

12 JANVIER 1987 – Mylène Farmer, la libertine zarbi

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Entretien avec Pablo ROUY

Pourquoi ce premier tube à scandale : « Un, maman à tort, deux, l’infirmière est belle, trois, je l’aime… » ?

- (Evasive) J’aime toujours les plaisirs impolis… Le texte a été un handicap au départ, mais ce côté sulfureux existe même s’il dérange. J’aime ce qu’on m’interdit !

Mylène, je trouve superbe ton premier 30cm « Cendres de lune ». Tu y abordes surtout la sexualité féminine…

- Non, pas la sexualité, mais la sensualité. Ce mot se rapproche plus de moi… Je ne pense pas être une bombe sexuelle ! (Elle rit)

Disons alors les émotions, les vibrations physiques. Pourtant « Vieux bouc » est une espèce de messe noire.

- (Après un long silence) Il m’arrive d’avoir le feu dans les veines. De temps en temps, je suis le Diable !

Alors tu jettes des sorts ?

- Non, non, rassurez-vous ! Mais quand j’étais petite, je modelais des poupées aux effigies de quelques personnes. Je ne les ai jamais percées avec des épingles

Dans « Chloé », on trouve encore l’enfance !

- C’est ma comptine… et aussi l’innocence et la cruauté des enfants. C’est diabolique ! Une petite fille aux yeux bleus et au sourire angélique qui vient vous dire qu’elle a tué sa petite copine…

Est-ce de la sororité ou de la lesbianité ?

- Non, ce n’est pas mon propos. Il serait plus intéressant de poser cette question à l’auteur qui a écrit cette chanson, car c’est un homme. Il a projeté ses fantasmes sur moi.

Parle-moi de toi.

- On peut chanter « Je suis libertine, je suis une catin », et avoir beaucoup de pudeur. Il faut savoir garder des choses qui n’intéressent que vous. Il ne faut pas faire de vivisection de l’artiste. Je n’ai pas à ouvrir mon ventre. S’il y a quelque chose à dire de moi, c’est que je suis une personne très nerveuse, en aucun cas passive. Voilà ! (rires)

Tu crois aux valeurs individuelles comme la sincérité, l’intégrité ?

- Oh la la ! J’ai horreur de ces mots ! Faire ce métier, c’est un manque de sincérité.

Tu aimerais que ton homme reste à la maison ?

- Non, pas du tout ! Je préfère rester avec mon petit singe E.T. qui est déjà suffisamment caractériel…

Si un homme t’agresse sexuellement dans la rue, que fais-tu ?

- Ma main dans la figure ! Je tape ! Vous connaissez l’histoire de cette femme violée par trois hommes ? Ensuite elle a laissé son adresse et son téléphone en leur assurant que ça lui avait bien plu. Elle leur a donné rendez vous chez elle, les a endormis et castrés. C’est le genre de choses que je pourrais faire !

Si c’est une femme ?

- Je lui réponds « Je ne suis pas celle que vous croyez ».

Tu es une fille à pédés ?

- Non. J’aime les gens que j’ai envie d’aimer. Peu importe leur sexualité. Les homosexuels m’ont toujours porté un grand intérêt et de la chaleur. J’en suis ravie, mais je ne vis pas dans leur monde. Il est vrai que je travaille avec des homosexuels et que je m’en porte bien ! (Rires) J’ai très faim. C’est bientôt fini ?

A l’église, tu te marierais comment ?

- Toute nue !

Ton héroïne favorite de roman ?

- Justine, de Sade, évidemment.

Comme pâtisserie, que serais-tu ?

- (sans hésitation) Une religieuse !

Comme fleur ?

- Une tulipe noire.

Si tu étais un poisson ?

-          Je déteste les poissons. J’adore le foie gras.

Sur une île, tu emmènes un seul livre. Lequel ?

- J’hésite. Disons : la moitié des oeuvres de sainte Thérèse d’Avila et la moitié des écrits du marquis de Sade.

La dernière fois que tu as fait l’amour ?

- (faussement offusquée) Je ne réponds pas !

Ton homme idéal ?

- Mickey Rourke.

Avec qui ferais-tu du cinéma ?

- Stanley Kubrick.

Et ta réincarnation ?

- J’étais un petit rongeur et je redeviendrai rongeur !

Tu as déjà fait l’amour dans une sanisette ?

- Non, jamais ! Je vous le jure.

La première fois qu’un garçon t’a dit je t’aime, c’était comment ?

- Il ne me l’a pas dit.

Comment tu dors ?

- Toute nue. J’ai trop faim. C’est fini !

Publié dans Mylène 1987 - 1988, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

MYLENE FARMER dans ROCK NEWS

Posté par francesca7 le 8 avril 2014

 

JANVIER 1987 : Mylène Farmer : la conquérante

1987-01-bEntretien avec Christian OUVRIER

« Cendres de Lune » est sorti il y a maintenant six mois. Le premier album est une étape importante…

- C’est vrai, cela permet de sortir de l’image désuète de chanteuse de 45-trs. Pour moi, il était très important de faire cet album. Avec « Cendres de Lune » j’ai essayé d’étonner les gens. C’est d’autant plus nécessaire qu’il est très difficile de s’imposer actuellement. Il a été salué par quelques critiques élogieuses. Avec l’accueil de « Cendres de Lune » et le succès du simple « Libertine », j’ai maintenant la certitude de pouvoir faire un nouvel album…

Outre « Libertine », on retrouve dans cet album « M aman a tort » et « Plus Grandir », alors que ton deuxième 45-trs n’y figure pas…

- « On est tous des imbéciles » ne figure pas sur l’album pour des raisons contractuelles, dues en fait à mon changement de maison de disques. C’est une chanson que j’aime toujours, et si nous n’avions pas eu ces problèmes, elle aurait figuré sur l’album.

Bien que le public ne le connaisse pas, Laurent Boutonnat joue un rôle déterminant dans ta carrière : auteur-compositeur, producteur, réalisateur de l’album et du clip, photographe même…

Serait-il pour toi, ce que -par exemple- Michel Berger est à France Gall ?

- Ca, c’est la genre de fantasmes de journalistes ! A partir du moment où il y a une association homme/femme, les gens peuvent effectivement faire des comparaisons avec des situations déjà existantes… Mais ce n’est pas mon problème ! Tout ce que je peux dire, c’est que nous avons, Laurent Boutonnat et moi, beaucoup de points communs.

Cela ne t’empêche pas de signer parfois certains titres. Penses-tu écrire de plus en plus souvent ?

- Je ne sais pas… J’avoue que je ne fais pas ce genre de calculs, c’est une démarche qui ne se programme pas.

La façon dont tu as défendu « Libertine » à la télévision t’a donné une image sexy et provocante.

Vas-tu entretenir cette image ?

- « Libertine » n’est qu’une chanson de l’album. Les autres, bien que formant une certaine unité, sont assez différente. Divers paramètres ont fait que, d’une part, « Libertine » a fait l’objet d’un 45-trs, et que d’autre part, elle est devenue un succès, me donnant ainsi cette image. Elle devrait néanmoins changer, car mon prochain titre sera radicalement différent.

Ecoutes-tu les disques de tes consoeurs, et peuvent-ils être parfois sources d’inspiration ?

- Non, je n’écoute pas particulièrement les disques d’autres chanteuses, excepté celui des Rita Mitsouko, que j’aime beaucoup. Je crois qu’il ne faut pas trop se préoccuper de son voisin, il faut croire en soi et foncer.

Quand à l’inspiration, on peut la puiser ailleurs que dans les chansons des autres…

Parmi les longues carrières féminines (Hardy, Vartan, Sheila ou Gall…), y en a-t-il une qui t’inspire, qui te fasse rêver ?

- Non, pas vraiment. On peut effectivement espérer suivre le cheminement ou connaître la longévité de telle ou telle artiste, mais plus rien n’est comparable, le métier a profondément changé en quelques années. Et puis, personnellement, je pense qu’il vaut mieux ‘faire’ dix années performantes, que vingt chaotiques…

1987-01-aPenses-tu à la scène ?

- Oui, mais c’est encore prématuré pour l’instant. Je n’ai pas un nombre suffisant de chansons. Lorsque j’aurai à mon actif deux ou trois albums, peut-être… J’ai l’esprit ‘gladiateur’, mais faire de la scène ne s’improvise pas.

C’est une entreprise qui nécessite une longue préparation et beaucoup de travail afin de réduire au maximum les risques d’échec.

Enfin, question quasiment incontournable : les projets ?

-          Un nouveau 45-trs pour le début de l’année, un clip, et après, c’est l’inconnu…

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COCKTAIL FM MAGAZINE avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 8 avril 2014

 

COCKTAIL FM :  PRINTEMPS 1986

Nom ?

MF : Farmer

Prénom ?radio-01-a

MF : Mylène

Pseudonyme ?

MF : Mylène Farmer ! (rires)

Date et lieu de naissance ?

MF : Alors, le 12 septembre 1961 à Montréal, au Canada, dans la province de Québec.

Signe du zodiaque ?

MF : Je suis Vierge ascendant Vierge.

Ca existe, ça ?!

MF : Oui, ça existe ! C’est quelque chose de formidable, d’ailleurs !

Dernier film vu ?

MF : C’était au magnétoscope, et il s’agissait de « La fièvre au corps », que j’ai vu trois fois.

Dernier livre lu ?

MF : C’est un livre de Tournier qui s’appelle « Gilles et Jeanne », et qui retrace la vie de Gilles de Rais et de Jeanne d’Arc.

Dernier disque acheté, ou éventuellement emprunté à ta maison de disques ?

MF : Non, non j’ai acheté ! J’ai cassé ma tirelire et j’ai acheté « V.I.P. » de Françoise Hardy.

Je te dis ça parce que je sais qu’il y a beaucoup d’artistes qui quand ils vont chercher leur plan de promo, ils en profitent pour faire leur marché !

MF : Effectivement, on fait son marché ! Pour ça, faut-il y avoir des artistes que l’on chérisse pour pouvoir faire son marché ! Je crois que j’ai fait le plein en ce qui concerne Polydor…

Deux dernières choses : sport pratiqué éventuellement ?

MF : Heu…que je ne pratique pas en ce moment, mais l’équitation, beaucoup.

Tu es très branchée cheval ?

MF : J’ai pratiqué l’équitation pendant six ans assidûment, et puis j’ai arrêté parce que j’ai commencé ce métier, donc c’est beaucoup de temps pris.

Dernier voyage réalisé, mais hors profession ?

MF : Hé bien je ne m’en souviens pas ! (rires)(…) Je pense que tu fais partie de ces gens qui jouent plus leur chanson qu’ils ne les chantent.

C’est-à-dire que tu les interprètes au sens premier du terme. En plus, quand on voit la vidéo de

« Pas Grandir » (sic), c’est du cinéma et dedans tu joues vraiment. As-tu participé à l’élaborationde la mise en image de ta chanson, ou bien t’es-tu contentée de l’interpréter ?

MF : J’ai réalisé le story-board. C’est un mot un peu complexe, mais il s’agit de la mise en image, image par image, avec les positions des caméras et tout ça mis en scène. Ce sont des petits dessins. J’ai également fabriqué la poupée, qui est une pièce maîtresse du clip. Quant au scénario, j’y ai mis mon grain de sel bien sûr !

Depuis quelques temps, je ne sais pas si c’est dans ta vie ou dans ta profession, dans ta tête ou quoi, mais on sent une certaine évolution. Il y a quelques temps, tu chantais (il fredonne) « J’veux pas grandir nanana… », et maintenant c’est carrément « Libertine » !

MF : Parler d’évolution par rapport aux textes, c’est peut-être un peu prématuré parce que je n’en ai pas tant que ça. Il y a certainement eu une évolution à un autre niveau. En ce qui concerne « Libertine », c’est parce que je suis une catin, je n’y peux rien ! (rires) Je suis un paradoxe ambulant…

C’est un scoop, ça ! (rires) On sait enfin des choses qu’on ne savait pas ! Depuis quelques temps, j’ai remarqué que les petites jeunes femmes avaient très envie de grandir et de devenir des grandes dames. Je pense à toi et à Jeanne M as, qui disait il n’y a pas longtemps avant l’Olympia : « Je suis une petite dame qui veut devenir grande ». Est-ce que tu la rejoins dans ce genre de choses et…

MF : Où est la sincérité ? Je ne répondrai pas à cette question…

Est-ce que c’est difficile maintenant dans les années 80 de faire cette profession quand on est une fille ?

MF : Il y a beaucoup de jeunes filles qui essaient de percer, mais est-ce que c’est une profession difficile ?

C’est une profession qui est surtout cruelle : c’est plus le terme. Ma foi, tous les métiers artistiques sont comme ça. Spécialement en 1986, c’est peut-être plus difficile que dans les années 60-70, où là c’était formidable de démarrer parce qu’on parlait de carrière plus que maintenant. Maintenant, on parle plus de coup, de tube…

Est-ce qu’une fille qui démarre dans ce métier doit plus soigner son look qu’un garçon, ou est-ce que le fait d’être simplement mignonne ou d’avoir une personnalité lui suffit ?

MF : Tout dépend de ce qu’on a envie de proposer… En ce qui concerne le look, je pense que c’est aussi important pour une fille que pour un garçon. La preuve : Cure, on les reconnaît parce qu’ils ont du rouge à lèvres et les cheveux dressés sur la tête ! Pour moi, c’est capital d’avoir un look plus ou moins défini. On a vu des personnes qui mettaient des croix ou des chaînes et qui s’habillaient en noir, et ça frappe tout de suite à l’œil. Il y en a d’autres, ce sera au travers de chansons, de textes… Enfin, le look est important !

Tu fais partie des gens qui sont optimistes ou de ceux qui sont pessimistes, en ces fins d’années 80 ?

MF : Heu…Je n’ai pas envie de me situer entre l’optimiste et la pessimiste… Je pense être réaliste, et je crois qu’on est dans une période qui est très difficile.

Donc on a intérêt à être optimiste ?

MF : Mieux vaut être optimiste pour continuer à gravir les échelons !

Aujourd’hui, plus que jamais, on dit que si un disque marche, s’il est bien programmé, les artistes n’ont plus trop à se fatiguer à monter sur scène, à prouver leur talent. Comme tu le disais, on parle plus en termes de coup. D’un autre coté, je pense qu’un artiste fait vraiment ses preuves quand il est sur scène.

MF : Oui, tout à fait.

Tu y penses ?

MF : Oui ! Là aussi, ça fait partie d’un travail personnel. En ce qui me concerne, la scène, ce sera peut-être dans un an… Ce n’est pas encore défini. Pour l’instant, j’apprends mon métier. Je pense que je me débrouillerai  aussi bien que n’importe qui. Sinon mieux !

Tu vas particulièrement soigner la mise en scène de ton spectacle ?

MF : Oui, c’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup. Je voudrais un coté visuel prononcé, y ajouter du théâtre… Enfin, il y a des milliers d’idées qu’on peut concrétiser, mais là aussi, il faut travailler longtemps, et peut-être voir d’autres spectacles, d’autres personnes, parce qu’on apprend tout ce qu’il ne faut pas faire !

(rires)

Quel concert as-tu vu récemment ?

MF : Michel Berger (au Zénith de Paris, le 18.04.1986)

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Le clip de Libertine, triomphe de Boutonnat

Posté par francesca7 le 6 avril 2014

Le Contexte

    Premier triomphe pour Laurent Boutonnat, qui n’a pas eu peur d’en faire trop. Une Le clip de Libertine, triomphe de Boutonnat dans Les Clips de Mylène libertine032première sur les Champs-Élysées pour lancer le bouche-à-oreille, des critiques coites, et des passages télévisés plus que fréquents : Libertine a été l’évènement musical et « clipesque » français des années 80. A l’époque la question était « Mais qui est cette Mylène Farmer ? ».  Laurent Boutonnat a tout de suite su mettre en lumière la chanteuse et créer une héroïne intrigante qu’il aurait déjà espérée récurrente… Avec Tristana, c’est le seul réel personnage terrestre qu’ai créé Laurent Boutonnat pour un clip.

    Lorsqu’il décide contre la volonté de Polydor de faire du clip Libertine un événement, Boutonnat cherche un producteur pouvant apporter les 46 000 Euros estimés que va coûter le film. C’est le va-tout du couple après l’échec de Plus Grandir, leur contrat est en jeu. Alain Grandgérard, patron de Movie-Box apporte cette somme tout en veillant sur le plateau à faire bon usage du budget en question. Vu la lourdeur du tournage, Laurent Boutonnat doit abandonner la préparation du clip Les Yeux de Laura, qu’il devait tourner pour le groupe « Goûts de Luxe ». C’est finalement le réalisateur Stéphane Lambert qui le tournera aux frigos de Tolbiac à Paris, avec notamment une comédienne rousse. Lambert a raconté en 2008 comment Laurent Boutonnat, dont il était « très proche » à l’époque, l’a soutenu auprès de la maison de disques WEA, et lui a ensuite confié une partie du tournage des making of de Pourvu qu’elles soient douces, et surtout de Libertine, toujours inédit. (propos recueillis par Sébastien Rozier pour Famreraddict en septembre 2008)

Les prises de vue en cinq jours (demandant une semaine de préparation) de Libertine seront quatorze ans après l’objet d’un reportage télévisé où Grandgérard parle entre autres des scènes d’intérieur tournées de nuit afin de maximiser le temps de tournage, et du casting amateur fait dans les boites de nuit de la capitale. Le tournage est basé sur l’économie. Chacun y met du sien pour tourner le plus vite possible, avec le plus de bénévoles possibles (50 figurants), afin de donner l’impression que le clip a coûté plusieurs millions. Ce sera réussi car la presse de l’époque avance des budgets montant jusqu’à 2 millions de francs, sans vérifier leurs informations. Laurent Boutonnat Gérard Simon, chef opérateur de talent pour "Libertine"doit avant tout sa rapidité de tournage à son chef opérateur, Gérard Simon (Monsieur Batignole) qui livre une lumière sublime, tout en chaleur, en ombres et touches de clarté. Boutonnat fait une infidélité à son directeur de la photographie habituel, Jean-Pierre Sauvaire avec lequel il avait déjà travaillé sur Plus Grandir (1985) et avec lequel il collaborera jusqu’en 1995. Qu’aurait fait Jean-Pierre Sauvaire de Libertine s’il en avait fait ce qu’on appelle la photographie ? Difficile de se l’imaginer mais à la vue de son travail postérieur, on pourrait redouter une lumière trop diffuse. Alors que le charme esthétique de Libertine, au delà des cadrages, des costumes de la déjà présente Carine Sarfati, des maquillages de Nicolas Degennes et des décors de Emmanuel Sorin est dans la lueur toute en clairs-obscurs, la lumière froide de Sauvaire (qui convient parfaitement à des clips comme Désenchantée, ou Regrets) aurait cassé la puissante chaleur qui se dégage du film.

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Dans le château, tournage de LIBERTINE

Posté par francesca7 le 6 avril 2014

 

Le hall d'honneur du château de Ferrières

 

Le hall d’honneur du château de Ferrières où furent tournés les intérieurs des salons. On reconnaît au fond la grande porte donnant sur l’escalier d’honneur, plusieurs fois reprise dans le film.

 

 

 

 

   C’est au printemps 1986 que le tournage de Libertine a lieu à 24 km à l’est de Paris, au Château de Ferrières en Seine et Marne. La majeur partie des scènes d’intérieur se feront dans le hall d’honneur d’une superficie de 260 m². La décoration a du entièrement être refaite grâce à des tentures et des toiles pour masquer le style renaissSalle du vestibule du château de Brou, où fut tourné la scène du bainance italienne qui ne collait pas à l’époque de Libertine (milieu du XVIIIe siècle). Le château de Ferrières n’a en fait été édifié  qu’en 1859, c’est à dire plus d’un siècle après !  Les autres séquences cependant ne furent pas tournées à Ferrières mais non loin de là, au château de Brou. La scène d’ouverture, ainsi que la dernière partie en extérieur furent tournées le même week-end que la scène du bain. Tous les extérieurs furent captés dans la journée de samedi, notamment le duel qui ouvre le film se déroule dans la clairière qui se situe au sud de la pièce d’eau. Quand à la scène de la chambre et de la baignoire, elles furent tournées en équipe réduite le dimanche. Cette séquence où Libertine et ses amies se purifient  dans la même baignoire, fut tournée dans une grande pièce claire garnie de colonnes. Cette pièce est en fait le vestibule du château, qui fut autrefois une chapelle ! On peut d’ailleurs toujours y voir le bénitier, qu’on peut d’ailleurs entrevoir dans le clip. Construite au XVIIIe siècle, la chapelle colle parfaitement à l’époque du clip, et c’est sans doute grâce aux nombreux effets de perspective donnés par les colonnes que Laurent Boutonnat décida de déplacer un samedi et un dimanche son équipe jusqu’à Brou pour tourner ces quatre séquences. Anecdote amusante, les filles qui se baignent dans la même baignoire que Mylène Farmer ne sont ni des actrices ni des figurantes engagées pour l’occasion mais les secrétaires de la maison de production Movie-Box ! Ce qui nous prouve encore une fois quelques vingt ans après la précipitation et l’économie de moyen importante qu’à demandé le tournage du clip.

 

Dans le château, tournage de LIBERTINE dans Mylène AU FIL DES MOTS libertine015

    Après une avant-première le 18 juin 1986 réservée à la presse, Alain Grandgérard Premiere du film au Mercury sur les Champs-Elysées - 18 juin 1986s’occupera avec Boutonnat des premières organisées au cinéma Le Mercury des Champs-Élysées (la présentation à la presse a lieu le 18 juin 1986 et le visa de censure n’est obtenu que le 30 juillet 1986). Faisant croire à la projection d’un long-métrage, grandes affiches à l’appui, le public se masse. Le bouche-à-oreille fonctionne alors plus que bien, et la recette de cette semaine d’exploitation permet à Movie-Box de couvrir largement la somme mise en jeu pour le clip qui ne s’élevait finalement qu’à 38 000 Euros. A cela s’ajoute un bénéfice d’image car si Libertine n’était plus le seul clip réalisé sur pellicule 35 mm; ce fut le premier d’après nos recherches à être exploité officiellement en salles de cinéma. Le rôle de Libertine exige un libertine021 dans Mylène Autrementgrand flamboiement, une chevelure de feu, chaude, qu’on voit rarement. Alors que Mylène Farmer avait adopté le catogan de velours noir quelques mois plus tôt, elle se teinte en rousse peu de temps avant le tournage, précisément pour le personnage. Sans se douter qu’une telle popularité serait si rapidement au rendez-vous, la chanteuse gardera la couleur, qui la différenciera de ses « rivales » de l’époque, la blonde Jackie Quartz, la brune Jeanne Mas. La paternité de l’idée de la couleur rousse est tout à tour attribuée à Mylène Farmer, son manager Bertrand LePage, et même le photographe de l’époque Christophe Mourthé. C’est en fait bien sur une proposition de Laurent Boutonnat, alors en préparation du libertine001clip, que le changement de couleur se fera. Quant au maquillage blanc que Mylène Farmer gardera dix ans, c’est le chef maquilleur deLibertine, le célèbre Nicolas Degennes (Immortel de Enki Bilal) qui s’en attribue dans une interview l’idée originale. « votre eye-liner ne va pas, je vous vois autrement » lui aurait-il dit. II aurait osé sur elle la pâleur, l’étrangeté d’un maquillage tout blanc, contrastant de façon éblouissante avec ses cheveux roux. «Laurent Boutonnat aime. Elle adore.» Nicolas Degennes est alors pressé d’accompagner la chanteuse partout en tournée.

 

    Le fait que le clip soit si impressionnant tient probablement au fait que tout, dans ces dix minutes, est pensé en termes cinématographiques, des décors aux psychologies de personnages (porteurs d’un vécu), en passant par un découpage scénique implacable. De plus, pour inclure sa narratologie à son univers et à son savoir-faire, Laurent Boutonnat fait mourir son héroïne à la fin du film. Alain Grandgérard coproduira  aussi plus tard avec Laurent Boutonnat Tristana en 1987, avant que le réalisateur ne le délaisse pour se tourner vers la célèbre productrice Claudie Ossard.

    Libertine reste l’emblème des années 80 flamboyantes, d’une forme de vidéo-clip décomplexée, d’une sexualité affirmée. Libertine reste avant tout par sa jeunesse, et celle de ceux qui y ont contribué. Les 24 ans de Laurent Boutonnat se sentent autant que ceux de Mylène Farmer, l’envie d’images, de mouvements de caméra, de ralentis, d’émotions fortes, d’images chocs. Libertine est le clip contenant le plus de force, le plus d’ambitions. Début 1986 Mylène et Laurent ne sont rien, ont la tête remplie d’idées qu’ils ne demandent qu’à réaliser, qu’à montrer. Cette force, même si elle s’amoindrira avec le temps, leur permettra la réflexion, la cohérence, et la construction d’une oeuvre pendant huit ans, oeuvre qui restera, comme Libertine, éternelle.

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Jodel Saint-Marc.

(merci à Marc Thiébaud, propriétaire du château de Brou)

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Pour Promouvoir LIBERTINE de Mylène F.

Posté par francesca7 le 6 avril 2014

Promouvoir le support promotionnel

 

Se démarquer de la chanson

    Le vidéo-clip est l’instrument promotionnel d’une chanson qu’il illustre. Cet aspect publicitaire non négligeable du vidéo-clip l’oblige au renouvellement perpétuel. Plus un vidéo-clip est divertissant, surprenant ou particulier, plus il sera diffusé en télévision et augmentera de ce fait la connaissance par le public de la chanson qu’il est chargé de promouvoir. A l’inverse, la popularité d’une chanson due à ses ventes effectives ou à ses fréquents passages radiophoniques peut encourager la programmation télévisée massive du vidéo-clip correspondant. En ce sens les clips de Laurent Boutonnat suivent les deux principes, la chanson et son support audiovisuel s’enrichiront l’un l’autre. La sortie du clip Libertine verra les ventes du disque augmenter sensiblement, tandis que Pourvu qu’elles soient douces deux ans plus tard n’attendra pas le début de la diffusion télévisée du clip pour atteindre le maximum de ses ventes.

Pour Promouvoir LIBERTINE de Mylène F. dans Mylène AU FIL DES MOTS libertine050

 

    Un autre principe vient s’adapter aux clips de Boutonnat et n’est applicable qu’à de très rares autres réalisateurs de clips. Chez Laurent Boutonnat le clip se suffit parfois à lui-même et arrive à « vivre » sans la chanson qui lui est rattachée. A plusieurs reprises, on remarque que chacun des deux supports suit sa propre exploitation, et que la rotation de la chanson en radio s’essouffle au bout de la période habituelle de trois mois de promotion alors que son clip continue fréquemment d’être diffusé, vendu en libertine030 dans Mylène Autrementvidéo-cassettes, et même projeté en salles. Certains clips comme Désenchantée (1991) ont continué d’être diffusés régulièrement à la télévision alors que la période de promotion du disque éponyme était achevée depuis plusieurs années. Alors que la chanson elle-même n’est rediffusée sur les radios qu’à de très rares occasions, le plus souvent dans des émissions thématiques sur la période de sortie, le clip qui lui correspond est encore visible dix ans plus tard sur les chaînes musicales et dans les émissions, et cela sans distinction par rapport à sa date de sortie. On est alors dans ce cas là assez proche des habitudes de diffusion de films de cinéma, pouvant être vus indépendamment de leur période et leur contexte de sortie. 

 

    Plus que de porter à la connaissance du plus large public possible la sortie d’une chanson dans le commerce, le dispositif mis au point par Laurent Boutonnat pour la diffusion de ses clips trouve sa justification dans sa quête de reconnaissance en tant qu’auteur. C’est par une visibilité autre que celle d’un réalisateur de clip traditionnel qu’un cinéaste comme lui pourra se démarquer d’une forme peu propice à la constitution d’une œuvre. Il prend d’ailleurs le plus grand soin à asseoir cette particularité en généralisant dans sa « clipographie » l’usage d’attributs de long-métrages cinématographiques (générique, musiques additionnelles…). En étendant le champ de diffusion de ses clips, Boutonnat sait qu’il étend la visibilité de son cinéma, en même temps qu’il remplit sa mission de promotion de la chanson, car en parvenant à faire diffuser l’un, il fait automatiquement diffuser l’autre.

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La Mise en abyme d’un dispositif promotionnel 

    Le réalisateur va se servir de ce raisonnement logique d’auteur pour se justifier de l’espèce de mégalomanie qui le conduira à promouvoir ses clips en salles de cinéma. Dès Maman à tort (1984) il a pour projet un long clip dont il donne le story-board en avant -première à la presse ; preuve déjà évidente de sa volonté de rendre son travail le plus visible possible. Le clip finalement non tourné, cet effet d’annonce aura pour seul résultat la parution du quotidien Le Matin de Paris qui reproduira les dessins dans ses pages. L’invitation qu’il concevra en 1985 pour inviter la presse aux deux premières du clip Plus Grandir laisse penser à celle d’une séance de cinéma : il loue le cinéma Kinopanorama dans le XVe arrondissement et le Club 70 dans le XVIe le 13 novembre 1985 pour des projections à la presse . A aucun endroit sur les cartons d’invitation n’est précisé qu’un clip va être projeté et non un long ou un court-métrage, et le nom de la chanteuse y est mentionné comme celui de l’actrice principale « Polygram-Polydor-Laurent Boutonnat-Stephan Sperry vous invitent à la projection de Plus Grandir avec Mylène Farmer ».

  

    Ici l’objet de la promotion n’est pas la vente du disque dans le commerce, c’est bel et bien le clip lui-même, voire son réalisateur, ou même indirectement la chanteuse dont il est question ; un tel vecteur de promotion peut hisserlibertine027 facilement l’interprète de la chanson, vedette du clip, au rang de comédienne ponctuelle, lui donnant éventuellement une certaine crédibilité pour prétendre plus tard à des rôles au cinéma. La même stratégie promotionnelle est renouvelée un an plus tard à une échelle plus grande lors de la sortie du clip Libertine en juin 1986. Déjà en vente depuis quelques semaines, la chanson ne se distinguait alors ni par ses ventes ni par sa popularité. Il a fallu une série d’avant-premières au cinéma Mercury des Champs-Élysées à Paris pour qu’un bouche à oreille se crée dans la capitale, puis dans les médias sur ce film d’une forme nouvelle. En l’absence de terminologie pour nommer de nouvel objet « clipesque », certains articles le compareront à une sorte de  » bande-annonce de film » . Le clip sera remis aux chaînes de télévision, qui le présenteront à plusieurs reprises comme une production « venue » du grand écran. L’évènement que constitue la sortie d’un clip au cinéma, pour la première fois doublée du succès commercial de la chanson rattachée, conduit Laurent Boutonnat à être invité au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2 en août 1986 en tant que réalisateur. Un extrait du film est montré et l’interview par le journaliste Noël Mamère est dirigée sur l’aspect cinématographique du clip et son imagerie  » à la Barry Lyndon  » (Stanley Kubrick – 1975). Restant assez superficiel, l’entrevue ne permet pas d’en savoir plus sur sa réelle réception auprès du monde médiatique et artistique de l’époque. Cependant, le fait de promouvoir son clip lors d’avant-premières en salles de cinéma puis d’interviews télévisées reproduit libertine023le schéma de promotion d’une œuvre cinématographique de long-métrage. Le clip pourtant outil de promotion, se trouve lui aussi au centre d’un dispositif promotionnel le présentant comme une œuvre à part entière. Dans le cas précis de Laurent Boutonnat, ce dispositif mis en place par lui-même fait hisser son clip à la même visibilité artistique que la chanson qu’il comporte : avant que la chanteuse n’interprète la chanson en question sur scène devant son public, son clip est lui aussi « mis en scène » sur sa propre scène de spectacle : le grand écran de cinéma.

 

Une grande exposition télévisuelle 

    A partir de 1987, les productions de Boutonnat restent dans des formats capables d’être projetés dans les cinémas, mais la difficulté de trouver des salles désirant ouvrir libertine013leur écran à un clip de quelques minutes se fait grandissante. De plus, la surprise créée discrètement une première fois en 1985 avec Plus Grandir, puis renouvelée à plus grande échelle avec Libertine n’aurait probablement pas eu un retentissement égal une troisième fois. Tristana (1987) et Sans Contrefaçon (1987) ne bénéficieront pas d’avant-première ni de sortie sur grand écran malgré le même soin technique et esthétique apporté à leur conception cinématographique. En revanche, la première diffusion à la télévision des clips de Laurent Boutonnat se fait désormais à un horaire exceptionnel, correspondant à une forte audience. Sans Contrefaçon passera pour la première fois le soir du réveillon de la nouvelle année 1988 à 20h30 sur la sixième chaîne, transformant pour la première fois ce qui aurait pu être un simple clip en un spectacle de divertissement familial. Fort de cette visibilité télévisuelle nouvelle, Laurent Boutonnat et Polydor, la maison de disque qui l’a signé s’arrangent à chaque nouvelle sortie pour faire diffuser le nouveau clip dans une plage d’émission inhabituelle le mettant en valeur. Désenchantée (1991) passera pour la première fois dans le très regardé journal de 20h00 de TF1, alors que Regrets (1991) et Je t’aime mélancolie (1991) auront chacun la faveur d’une diffusion dans des prime-time de la même chaîne. On remarque à cette occasion que l’évènement annoncé se porte nullement sur la chanson (qui justifie pourtant la diffusion du clip) mais sur le clip lui-même, et son interprète. Les bandes-annonces et lancements des dites émissions parleront du  » nouveau clip de Mylène Farmer «  et non pas de sa nouvelle chanson, pourtant inédite elle-aussi. Cette association qui fait abstraction du réalisateur entre le nom de l’interprète et celui du clip, est fréquente. Pour le public, le clip appartient non pas à celui qui l’a conçu mais à celui qui y apparaît et qui en chante la chanson, comme libertine033s’ils étaient dépendants l’un de l’autre, qu’ils formaient un tout et qu’ils ne pouvaient avoir qu’un unique auteur. On parle toujours du « clip d’un tel » comme quand on évoque « la chanson d’un tel », alors qu’il faut comprendre : le clip illustrant la chanson interprétée par tel artiste. La preuve apparaît à chaque remise de prix lors de Victoires de la musique ou d’Awards à l’étranger. Le vainqueur qui vient recevoir le prix n’est pas le réalisateur du clip mais bel et bien l’interprète de la chanson, sanglotant de remerciements comme si venait d’être récompensée sa performance vocale. En ne parlant que de l’objet promotionnel et non pas du disque, les émissions de variété qui passent en exclusivité les nouvelles productions de Boutonnat mettent l’accent sur le clip présenté et non pas sur la nouvelle chanson qui pourtant est la seule officiellement à promouvoir. C’est d’une part grâce à la diffusion de la chanson que la promotion du morceau de musique est effective, mais aussi par son association à un clip présenté comme un divertissement pour tous et non pas adressé au seul public de la chanteuse. Fait extrêmement rare, ici la chanson appartient au clip, et la promotion du support audiovisuel se répercute une deuxième fois mais de manière indirecte sur le support discographique.

 

La multiplication des supports 

    Postérieurement à la période promotionnelle des chansons, l’intégralité des clips réalisés par Laurent Boutonnat entre 1984 et 1992 sortira sur support vidéo en plusieurs éditions. Régulièrement une vidéo-cassette sort dans le commerce, regroupant les versions intégrales des trois ou quatre derniers clips diffusés. Ainsi 1987 verra la sortie d’une cassette regroupant Maman à tortPlus GrandirLibertine et Tristana. En 1988 sortira une vidéo avec Sans ContrefaçonAinsi soit-jePourvu qu’elles soient douces accompagné de son making-of . En 1990 la vidéo du film En concert sortira libertine000simultanément à la cassette de clips incluant Sans LogiqueA quoi je sersAllan et Plus Grandir Live. Enfin en 1992 la dernière cassette comprendra Désenchantée et son making-of, RegretsJe t’aime mélancolie et Beyond my control. Les sorties de ces quatre cassettes sont à l’époque un fait unique pour un réalisateur de clips. Il faut attendre le milieu des années 90 pour voir un interprète sortir sur support vidéo une compilation des clips de ses chansons, Michael Jackson sera le premier et l’un des seuls à le faire jusqu’en 1999, année où davantage d’artiste feront paraître leurs clips, alors que les noms de réalisateurs divergent d’un clip à l’autre. Par la suite certaines compilations de clips d’auteurs et interprètes différents sortiront sur support DVD . Une cassette vidéo regroupant tous les clips de Laurent Boutonnat pour les chansons interprétées par Farmer sortira en 1998, ainsi qu’un DVD en 2000 avec quasiment le même contenu. Cette chanteuse, qui depuis a travaillé sous la direction d’autres réalisateurs pour ses clips, a sorti des vidéos comprenant ses nouveaux vidéo-clips, mais jamais elle ne les intégra dans une même édition que ceux de Laurent Boutonnat. Ces supports vidéographiques des clips réalisés par Laurent Boutonnat restent ici ceux du réalisateur plus que celibertine038ux de l’interprète, car au delà de l’unité de la période de sortie des clips qui les regroupe, c’est lui seul le point commun de tous ceux compris dans la cassette ou le DVD en question. Lors de la sortie en 1998 de la cassette rassemblant tous ses clips, un autocollant rouge mentionne même :  » Intégralité des clips réalisés par Laurent Boutonnat  » qui le reconnaît bien en tant qu’auteur. Comme soucieux de sans cesse replacer son travail dans un contexte de cinéma plutôt que de télévision, l’accent de la jaquette de la vidéo-cassette est quant à lui porté sur le support cinématographique duquel sont tirés les clips y figurant :  » Afin d’offrir une qualité optimale, tous les clips présentés sur cette cassette ont fait l’objet d’une remasterisation complète : tirages de nouvelles copies films réétalonnées, nouveaux transferts vidéo, bandes sons remixées en stéréo « .

    Bien avant la parution en DVD des anthologies de Chris Cunnigham, Spike Jonze ou Michel Gondry (CollectionThe Work of directors, Editeur Labels, 2003), les recueils de clips d’un même réalisateur laissent percevoir Laurent Boutonnat comme un unique auteur à l’origine d’une œuvre homogène, pouvant être distribuée dans le commerce de la même manière que certains coffrets regroupant les films d’un même cinéaste. Comme la période de promotion des chansons qu’ils sont censés promouvoir est passée, la sortie de ces cassettes, au delà de leur aspect commercial évident, s’explique par la promotion d’un cinéaste attaché à une visibilité certaine et qui, à défaut de pouvoir espérer des rétrospectives ou des cycles dans les « salles de cinéma de répertoire ou de patrimoine », continue de diffuser son œuvre avec le support vidéo dont il est malgré lui coutumier.

 

Jodel Saint-Marc, le 21 mars 2003.

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