Journal d’un tournage de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

Avant que l’ombre…à Bercy, journal d’un tournage

Dans le magazine de cinéma Actions paru en septembre 2006, François Hanss s’exprime sur le tournage de Avant que l’ombre…à Bercy au cours d’une longue interview documentée, à laquelle participeront entre autres Dominique Fausset, le directeur de la photographie, et Paul van Parys, le producteur collaborateur de Laurent Boutonnat.

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    Sous les hurlements d’un public récompensé de sa longue patience, un sarcophage transparent descend très lentement du plafond de Bercy et vient se poser sur la scène en forme de croix de Malte qu occupe une bonne partie de la fosse. A l’intérieur, on devine la silhouette de la star allongée, comme morte. L’entrée est saisissante en même temps que  » signifiante « . Fidèle aux symboles et aux mystères, aux signes et aux messages, Mylène Farmer a transformé pour l’occasion l’immense salle de concert en vaste temple oriental. Sur la scène traditionnelle où la chanteuse accède par un pont amovible, deux portes monumentales renvoient à la  » porte d’or  » du Dôme de Florence. Ce décor monumental et évidemment intransportable est l’œuvre du scénographe Mark Fisher, concepteur des tournées de  » U2  » et des Rolling Stones. Rien que cela. Produit par Thierry Suc, le spectacle est  » à la mesure de sa démesure « .

    Après la tournée 1989, le Tour 96 et le  » Mylenium Tour « ,  « c’est le quatrième spectacle que nous filmons « , explique Paul Van Parys, directeur de la société  » Stuffed monkey « , société de Mylène Farmer productrice de la captation filmée.  » Bercy est une salle difficile. Aux contraintes qui concernent le public et la sécurité, il faut ajouter une jauge de poids à ne pas dépasser. Ce concert est tellement énorme que la moindre caméra supplémentaire devient vite un problème… «  » Filmer un concert de Mylène Farmer revient à se poser dès le départ une mul- titude de questions « , intervient le cinéaste François Hanss pourtant rompu à ce genre de  » performance « . D’abord assistant-réalisateur de Laurent Boutonnat (réalisateur, et compositeur attitré de la star) sur la captation des deux premières séries de concerts, il avait déjà fini seul dans  » l’arène  » au moment du   » Mylenium Tour «  en 1999 (450.000 spectateurs à l’époque).  » Les spectacles de Mylène priment par leur scénographie, poursuit-il. Par définition, le  » live  » est synonyme de liberté. Il n’exclut donc jamais les impondérables. Avec elle, la mise en scène, la lumière, la gestuelle et la chorégraphie sont toujours intéressantes. C’est vraiment quelqu’un qui apporte sans arrêt des choses nouvel- les. Elle a beau multiplier les filages, les mises en place et les répétitions, c’est seulement le jour où elle entre en scène face au public qu’on découvre son spectacle. Filmer un concert de Mylène Farmer, c’est chercher à traduire sa personnalité. Il faut aimer son expression, aimer sa plastique et son visage, aimer la suivre dans des choses intimes. C’est là où le terme de  » captation  » devient peut-être impropre « .

téléchargement (2)     » Certains endroits étaient inaccessibles et il ne fallait pas gêner le public, reprend Paul Van Parys. Il a donc fallu à François une longue observation des répétitions pour savoir comment filmer le mieux possible tous les instants du concert avec le maximum d’axes capables d’offrir un vrai montage de qualité. Avec un réalisateur, le producteur se pose la question des moyens, mais aussi de la manière de les utiliser « .  » Même si au fil des années, la culture du spectacle filmé fait que les spectateurs comprennent et acceptent mieux la présence d’une Louma dans la salle ou d’une caméra dans la fosse, dit François Hanss, on n’avait pas le droit de parasiter la perception du concert par les spectateurs. Cela a toujours été notre credo avec Laurent Boutonnat et Mylène Farmer. Il n’y a ainsi jamais de caméra sur scène, jamais non plus un cadreur ne vient près de l’artiste ou des danseurs. En revanche, comme Mylène l’a toujours pratiqué dans ses films précédents, on va chercher le regard du public sur elle. Ce contrechamp est intéressant, il permet d’échapper au point de vue frontal et ajoute de la dynamique et de l’émotion. Une guitare, une expression ou un mouvement de bras sont des plans sporadiques qui insufflent de la valeur ajoutée au montage. Pour les obtenir, il faut des positions de caméra très précises. Mon cahier des charges est de faire monter en puissance ce qui se passe dans la salle tout en respectant scrupuleusement la logique du déroulement du concert, la logique de la découverte des tableaux et des lumières telle qu’elle est conçue. Chaque chanson étant en soi un tableau de lumière et de chorégraphie, mon défi le plus important est de rendre logique et compréhensible ces chorégraphies dans leur déroulement sans jamais perdre de vue l’artiste, sans jamais la faire disparaître derrière les lumières ou le public. Je procède avec un découpage prévisionnel réparti sur l’ensemble du planning des concerts. Il ne s’agit jamais pour nous de  » filmer pour filmer « . Ma difficulté supplémentaire ici, c’est la présence des deux scènes. Après, on ajoute toujours quelques points de vue un peu spectaculaires et très utiles. Sur un ou deux titres, nous avons ainsi une caméra télécommandée en totale plongée. Les caméras à l’épaule, c’est plus pour l’ambiance, se retrouver à l’intérieur du public ou utiliser des amorces de mains. La vraie structure du film répond forcément aussi à des nécessités de plans beauté sur Mylène. L’esthétique est importante « .

    Huit mois avant le début des représentations parisiennes, la quatrième série de concerts donnée par l’artiste en dix-sept ans de carrière affichait déjà complet. Son titre ?  » Avant que l’ombre… à Bercy « . Revêtue d’une tenue d’amazone lamée or surmontée d’une cape à frange, Mylène Farmer y mélange chansons nouvelles et grands classiques ( » Libertine « , «  Désenchantée « …).  » Au total, nous avons filmé les dix premiers concerts à deux ou trois caméras, précise le producteur Paul Van Parys. Une fois le spectacle bien rodé, nous sommes passés à cinq ou six caméras pour les deux derniers « .  » Nous avons principalement travaillé avec des Aaton, précise de son côté le directeur de la photographie Dominique Fausset. Mais nous avions aussi une Arriflex pour varier la vitesse et l’obturation et une A- Minima, L’ouverture était plutôt agréable, entre 4 et 5.6 avec des profondeurs de champ intéressantes. Un concert est un spectacle vivant extrêmement parti- culier dans la mesure où on doit s’adapter à une multitude de lumières et d’axes différents avec obligation de cohérence au final. (La création lumière est l’œuvre de Frédérique Peveri qui aura toujours été à l’écoute de la fabrication du film).

    Les lumières de  » live  » comme on les appelle, ont de grandes variations de couleurs, de teintes, de mélanges et de puissance d’éclairage. Qui plus est, c’est un type de lumière très particulier. Dans ce contexte, l’idée est d’être le moins intervenant possible et de tout utiliser, jusqu’aux extinctions de lumière qui font partie du show. Le problème de Bercy, c’est qu’on a parfois des distances de caméra extrêmement éloignées – jusqu’à 80 mètres – ce qui crée des présences très différentes à l’image. C’est dire combien le choix du support est prépondérant « . Avec François Hanss, réalisateur de cinéma ( » Corps à corps «  en 2003 co réalisé par Arthur-Emmanuel Pierre), Laurent Boutonnat, (deux longs métrages à son palmarès avec «  Giorgino  » en 1994 et  » Jacquou le Croquant «  cette année) et Mylène Farmer en personne dont les clips ont révolutionné le genre (de vrais courts-métrages, certains en cinémascope), le support de captation ne pouvait évidemment qu’être… argentique.  » Il est évident que Mylène Farmer, Laurent Boutonnat et François Hanss sont des gens culturellement très attachés au cinéma, constate Paul Van Parys. Avec eux, la captation d’un concert équivaut, et tant mieux, à la réalisation d’un véritable film de cinéma, pas à l’enregistrement multi-caméras d’une émission de télévision. L’orientation film faisant partie de leur culture à tous les trois, l’alternative d’un tournage en HD a été très rapidement abandonnée. Au vision- nage de tests suivis d’un télécinéma sur HD, on s’est rendu compte, notamment au niveau de la colorimétrie, que le film apportait beaucoup par rapport à la HD « .  » Dès ses débuts, l’univers musical de Mylène s’est beaucoup imposé par l’image cinéma, souligne François Hanss. Il y a une part de comédienne en elle, elle a le goût de l’image. Dans un souci de beauté autant que de respect vis-à-vis du spectateur, elle a toujours défendu l’image film.

    téléchargement (3)A une époque où la vidéo pouvait se poser comme alter- native, tous ses clips étaient tournés en film. Elle a toujours recherché l’exception, elle a toujours revendiqué une production artistique ambitieuse « . Sur scène ou juchée sur une nacelle en forme de chandelier, Mylène Farmer enchaîne les costumes au fil des numéros, portant justaucorps noir et chapeau haut de forme ou robe violette à cuissardes. Dans un spectacle qui mêle la sensualité et le sacré, l’amour, la mort et la spiritualité, des danseurs habillés de noir se produisent entre deux chansons dans des chorégraphies inspirées du flamenco. De chaque côté de la scène traditionnelle, deux écrans retransmettent les images du spectacle en train de se produire.  » Peut-être mon regard est-il déformé par mon goût du cinéma, mais si nous avions tourné en vidéo, reprend François Hanss j’aurais eu l’impression d’assis- ter à une super émission de télévision. Pour moi, il était impensable de monter ou pré-monter le film dans un car-régie et de le finaliser dans la foulée. C’est au montage que le film va se mettre en place « .  » Techniquement, le support film est de toute façon ce qui se fait de mieux, ajoute le chef-opérateur Dominique Fausset.

    Dans le genre d’exercice où l’on doit retranscrire au plus près possible les sensations du  » live « , la maniabilité de la pellicule est imbattable. L’argentique offre, qui plus est, un choix très intéressant d’outils de post-production. L’avantage de tourner en film, c’est aussi de pouvoir utiliser  des caméras complètement autonomes avec pour seule contrainte l’utilisation d’un code Aaton destiné à synchroniser les rushes. Cela laisse une grande liberté au cadreur qui, sur ce type de films, doit avoir beaucoup de rigueur. C’est ce qui nourrit la qualité de lumière, la qualité de présence des artistes et la cohérence indispensable pour le montage « .  » L’argentique, explique Gilles Gaillard, directeur technique chez Mikros Image, agit comme un pur capteur. En dynamique, la base captée ainsi obtenue est plus large que celle d’un support numérique. C’est un cliché de dire que la capture numérique est plus sensible que la capture argentique. On voit bien que ce n’est pas vrai dès lors que les émulsions deviennent de plus en plus fines. En tirant parti des capacités de captations de la pellicule, les choix créatifs de post- production sont donc forcément plus prononcés, ce qui était nécessaire avec un projet comme celui-ci qui requiert beaucoup de travail en aval. En faveur du film, on cite souvent un plus grand rapport de contraste toléré et une captation différente des couleurs. Mais la captation film permet aussi de repousser l’étape de numérisation sans être gênée par le filtrage quasi-obligatoire de la captation numérique. 

    En numérique, on est contraint de choisir la balance des blancs et le tronçon sur lequel on va travailler au définitif (encore que certaines caméras commencent à mettre de côté ce type de réglages) et du coup, les choix d’image proviennent à 90% de la prise de vues. Ce n’est pas le cas en argentique. Avec une capture argentique, on peut faire des choix différents en post-production, privilégier les ombres ou les hautes lumières. En choisissant le spectre sur lequel on va travailler, on a davantage de liberté sur le rendu de l’image définitive. Si le placement des acteurs est relativement défini quand il s’agit d’un concert, l’emplacement des caméras définit aussi des gammes de rapports de contraste différents. Un personnage qui passe de l’ombre à la lumière se trouve dans une configuration qui fait que le contrôle des rapports de surexposition varie énormément. La latitude étant plus grande au moment de la prise de vues, il devient intéressant de pouvoir effectuer un travail sur le télécinéma au moment de la numérisation pour aller chercher des détails sur l’image plutôt que d’avoir un rendu homogène qui placerait systématique- ment des gens dans l’ombre. Cela permet de placer le spectateur entre  » back- stage  » et pur concert « .

    Au service de la captation, Dominique Fausset a choisi d’expérimenter la toute nouvelle (à l’époque) pellicule Kodak Vision2 7299.  » C’est une pellicule qui va plus loin que ses consœurs de la gamme Vision2 dans les contrastes et les saturations de couleurs, précise-t-il. Pour le type de lumière et la configuration de tournage d’un concert, c’est une pellicule parfaite. Très malléable, elle emmagasine beaucoup d’informations. Il faut simplement la poser le plus  » plat  » possible dans la courbe pour obtenir un maximum de rendu dans les hautes et basses lumières. Le plus surprenant, ce sont les détails qu’elle conserve dans les basses lumières. C’était d’autant plus important pour nous que le stylisme comportait pas mal de noir (certaines tenues, beaucoup de chapeaux…). Malgré ce noir qui présentait parfois des densités très fortes, elle a en permanence continué de faire preuve de finesse. C’est une pellicule qui, malgré des mélanges de textures de néon et de lumière traditionnelle, valorise les natures d’arrière-plans et la profondeur de champ « .  » C’est une pellicule qui pré- sente un possible écart de contraste spectaculaire que les supports numériques ont encore du mal à posséder « , ponctue Gilles Gaillard.  » Quand on filme un concert, il n’est pas question de trouver tel ou tel tableau trop  » sombre  » ou trop  » lumineux « , explique encore le réalisateur. La grande force de l’argentique, c’est de  » capter  » les nuances d’ouverture de lumière et de ne trahir ni les carnations ni la dynamique des couleurs dont la palette est différente pour chaque tableau. Grâce à la latitude d’acceptation de cette pellicule, on peut  » partir  » assez loin et garantir au public la cohérence du spectacle. Sur la performance ou le côté spectral de la Vision2 7299, on voit bien qu’au standard de ce qu’on obtient, on possède déjà une image très douce et très défi- nie. On garde le chatoyant du stylisme de Mylène, il n’y a rien d’ingrat ou de parasite, rien n’est  » cramé  » dans les hautes lumières. Le tableau final par exemple se devait de ressortir magnifiquement. Derrière un rideau de pluie, on découvre un escalier éclairé par différentes sources de lumière qui mettent en trompe-l’œil une perspective. Quand je vois le résultat en film, j’ai l’impression de me trouver devant un rendu technicolor. C’est plein de finesse et de demi-teintes « .  » Sur ce type de tournage, l’utilisation d’une seule émulsion permet aussi d’avoir une continuité de profondeur, de grain et de texture d’image, approfondit Dominique Fausset. Il en résulte une cohérence entre les places de caméra, leurs distances et les variétés d’objectifs utilisés. En accord avec la post-production, j’avais ainsi décidé de ne rien filtrer même si avec ce type de lumière de concert, on récupère beaucoup de  » flair « . Pour moi, cela donne de la vie aux images.

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    Une lumière de concert, ça change tout le temps, on passe régulièrement du  » chaud  » au  » froid  » et en intensité, on va de très hautes lumières à des lumières éteintes. Cette Vision2 est une pellicule qui tient très bien les montées de grain, les surexpositions comme les sous-expositions. C’est une pellicule que j’aurais vraiment envie d’utiliser maintenant avec des lumières modernes, de travailler dans la douceur sur des clips ou en publicité. Sur ce tour- nage, elle a été pour moi un véritable confort dans ma collaboration avec le coloriste Jacky Dufresne de chez Mikros Image, lequel m’a accompagné dans ce travail depuis le démarrage des tests jusqu’à la finalisation du master au lustre « .  » Son bémol, intervient Gilles Gaillard, c’est que malgré une émulsion plus douce, on se retrouve vite avec une texture de grain comparable à  » l’ancienne  » 500. (La montée de grain n’était pas encore traitée par la boîte Kodak au moment où nous l’avons essayée). Nous n’avons pas utilisé directement la boîte Kodak pour ce qui est de la fabrication de l’image définitive mais pendant toutes les étapes de recherche créative. En faisant des combinaisons Vision2 7299 + boîte Kodak, on s’aperçoit que si la boîte est un peu stricte en terme de rendu, elle fournit quand même des indications qui permettent de déterminer des ambiances et d’offrir davantage de propositions « .

    Avec un marché du CD en chute libre un peu partout, quelle sera l’exploitation principale du film ?  » Le DVD est devenu un support très important, termine Paul Van Parys, c’est la trace du travail que l’artiste a fourni, un témoignage dans sa carrière, un point de repère dans l’évolution de ses concerts. L’exploitation du DVD est notre objectif aujourd’hui avec éventuellement celle du HD DVD dans la mesure où, quand nous sortirons ce film fin 2006, les lecteurs DVD HD commenceront à se mettre en place. Le fait que le film utilise la pellicule HD Vision2 et le fait qu’on dispose d’une post-production en HD peut nous permettre d’envisager une exploitation salles… même si tout le monde sait qu’elle est difficile à obtenir. Avec la définition d’image dont le film peut aujourd’hui s’enorgueillir, c’est en tout cas une chose possible en privilégiant délibérément la qualité « .

Dominique Maillet, Actions, n°27, Automne 2006.

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Dix questions à Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 6 mars 2014

 

22 SEPTEMBRE 1986 - TOP 50

Tu susurres avec une douce sensualité, tel un grand programme, « Je suis libertine, je suis une catin ». Dans le clip tiré de ta chanson, tu te montres dénudée, t’abandonnant au premier venu, etc… Ca veut dire quoi tout ça ? Tu veux provoquer ?

- Je veux simplement sortir de l’ordinaire, du déjà vu.

1986-20D’accord, mais quand même, pour assurer et chanter « Je suis une catin », une putain, quoi, il faut avoir l’esprit légèrement obsédé…

- Cette chanson est venue instinctivement, pendant les séances d’enregistrement de l’album. J’étais en studio avec une équipe et à ce moment-là, il n’y avait aucun texte, seulement quelques notes que j’avais déjà en tête. La mélodie pianotée avait été préalablement composée par Laurent Boutonnat. Je me suis mis à chanter en yaourt pour coller avec la musique et tout à coup, j’ai lancé « je suis une pute ». De là est venu « je suis une catin » pour coller avec la rime de « Libertine ».

Tu viens de parler de Laurent Boutonnat. C’est un peu ton pygmalion. Tu n’as pas l’impression de n’être que sa poupée de son ?

- Pas du tout. Ma présence est totale, même si Laurent compose et écrit pour moi, me produit, dirige mes clips. Il a du talent, il l’exploite à mes fins et aux siennes. Moi je n’ai aucune prétention en musique.

Tu te considères seulement comme une interprète ? Une interprète pop ?

- Quoi ?! Mais je ne sais pas ce que veut dire, moi, pop. J’estime que je fais de la bonne variété française, au même titre que les Rita Mitsouko. Je n’aime pas classer les artistes et les groupes dans des catégories.

Tu es sensible à quel genre de musique ?

- Moi, c’est simple, je n’aime que Depeche Mode.

Quel genre de vie mènes-tu ?

- Je suis plutôt d’humeur casanière. Je préfère rester chez moi, dans mon appart du 3ème arrondissement et passer mon temps à lire. J’aime la littérature fantastique, Edgar Poe et d’autres auteurs du siècle dernier. Je suis du genre insomniaque et mes cauchemars m’inspirent.

Que fais-tu quand tu n’arrives pas à dormir ?

- Je ne me lève jamais. Je reste tranquillement dans mon lit à attendre que le sommeil me reprenne.

Tu sembles afficher un look très soigné. Même au quotidien ?

- C’est quelque chose qui me passionne, les fringues. Mes deux stylistes sont Thierry Mugler et Per Spook, un jeune suédois. Plus que tout j’adore les costumes d’époque. J’ai un goût prononcé pour les cols qui montent très haut.

Le style XVIIIème siècle, c’est quelque chose qui semble te brancher. Ton clip « Libertine » est situé à cette époque ?

- Ce clip est une super production. Il a coûté environ 500 000 francs. Il a été tourné au château de Ferrière. Il a fallu aménager certaines pièces. C’est un très bon décorateur qui s’est occupé de tout ça.

Ce clip a vraiment poussé ta chanson…

-          J’en suis sûre. Vu la super production, cela a du avoir un impact important auprès du public par son côté libertin et libidineux.

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GIRLS Toutes leurs premières fois avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 6 mars 2014

 

17 SEPTEMBRE 1986 : Mon premier souvenir :

- Au Canada, à Montréal très exactement : un petit autocar, un schoolbus, qui m’amenait à l’école. J’adorais ça.

French Singer Mylene FarmerMon premier livre :

- « Oui-oui et les gendarmes ». Sans blaguer ! Le titre est génial, non ?

Mon premier film :

- « Bambi » de Walt Disney. C’est toujours mon film préféré.

Mon premier achat important :

- Mon singe.

La première fois que j’ai conduit :

- C’est une R5 Alpine, au bois de boulogne. Je n’avais pas mon permis, je me suis fais arrêter. J’ai évidemment chanté que j’étais libertine !

Mon premier fétiche :

- Mon pouce.

La première fois que je me suis maquillée :

-          J’avais dix-sept ans. Je me suis mis le bâton dans l’oeil…

La première fois que je suis sortie seule le soir :

- J’allais encore à l’école. Je me suis trompée, je ne retrouvais plus le chemin pour rentrer à la maison. C’est un car de police qui m’a ramenée.

Ma première boum :

- Je n’ai jamais été en boum. J’ai toujours eu horreur de ça. En revanche, la vraie boum pour moi au Canada, c’était la fête de Hallow een. Tous les enfants se déguisent, sortent dans la rue, et sonnent aux portes. Si les adultes ne leur donnent pas des bonbons, on leur jette de la farine dessus !

La première fois que je suis montée en avion :

- Toute petite. Pas de souvenirs marquants. En revanche, je me souviens d’une traversée en paquebot sur le France, la traversée de l’Atlantique. Six jours, très malade. Je mangeais de la macédoine de légumes.

Mon premier voyage :

- A la Guadeloupe. Un souvenir très carte postale. Et puis des moustiques géants. J’étais devenue un véritable self-service pour les moustiques.

Mon premier baiser :

- J’ai dû faire du bouche à bouche à mon nounours. Erotique, non ? Le second, avec mon capucin.

Mon premier dîner en tête-à-tête :

- Je ne m’en souviens pas. Avec Dieu, peut-être !

Mon premier « Je t’aime » :

 - Une petite lettre d’un petit garçon de Colmar qui m’a écrit : « J’aime deux choses, toi et la rose. La rose pour un jour, et toi pour toujours ». Moi je ne dis jamais « Je t’aime ».

Mon premier chagrin :

- On donnait des prix de chant à l’école. Une année, j’étais première, l’année suivante, deuxième. J’ai injurié tout le monde. Depuis ce jour, mon caractère s’est développé dans ce sens-là !

French Singer Mylene FarmerMa première dispute :

- Jamais le temps de me disputer, je tue avant !

Mon premier enregistrement :

- C’était « Maman à tort ». Vraiment magique. Après, toutes les angoisses. Une longue chevauchée en mobylette à travers Paris à la recherche d’une maison de disques !

Ma première scène :

-          Je suis venue, j’ai chantu, et j’ai beaucoup ému !!!

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Mylène Farmer de 1996 à 2001

Posté par francesca7 le 5 mars 2014

 

 

images (1)MYLENE FARMER … 1996-2001

En Septembre 1995, elle fait son come-back avec son album ‘Anamorphosée’, enregistré en Californie. Alors s’enchainenet les tubes: ‘XXL’, ‘L’instant X’, ‘California’, ‘Comme j’ai mal’ et ‘Rêver’. Qui dit succés, dit tournée; c’est pourquoi, le 25 mai 1996, Mylène débute sa tournée dans l’hexagone. Celle-ci sera malheureusement interrompue le 15 juin au cours même du concert de Lyon : Mylène tombe de scène et se brise le poignée… Le 29 novembre, la tournée reprend. C’est au cours de son concert à Bercy, le 12 décembre, qu’est filmée la vidéo Live à Bercy. Alors, suit une nouvelle série de succés live : ‘La poupée qui fait non’(duo avec Khaled), ‘Ainsi sois-je’ et ‘Désenchantée’(diffusé sur NRJ), tous tirés bien sûr de cette fabuleuse cassette… Le 7 et 8 décembre 1997, pour marquer la réussite non seulement de sa tournée mais aussi de toute sa carrière, NRJ rend hommage à notre sublime Mylène en organisant un week-end Mylène Farmer où l’on pourra suivre la Saga NRJ qui décrit son parcours…

Une nouvelle fois, Mylène fait son come-back aprés une longue période d’absence : le 1er Février 1999, dans Music new sur NRJ, l’annonce puis le passage du nouveau single, Ame stram gram, sublime une nouvelle fois les fans ; le 9 mars, le single est dans les bacs et ce sera plus de 300 000 ventes. Cette ambiance techno semble plaire puisque le single se classe dès la première semaine, à la seconde place des meilleures ventes de single.

Pour le clip de Ame stram gram, une nouvelle bonne surprise puisque le duo Mylène et Laurent est de nouveau formé et nous offre un superbe scénario (malgré une mise en scéne trés ninjaesque au milieu du clip… no comment) de plus de 10 minutes : un coût de 3,5 millions et un réalisateur talentueux, Ching Siu Tung pour 5 jours de tournage à Pékin.

Après un début de promo, le 7 avril, l’album Innamoramento est *enfin* en vente ; une fois de plus en exclusivité, NRJ diffusait la veille certaines chansons avec la présence de la Belle. L’album est vite un succés et affiche plus de 700 000 exemplaires vendus.Aprés 3 mois, Je te rends mon amour arrive le 1er juin ; un clip une fois de plus troublant pour les petits esprits … censuré …Pour la troisième fois de sa carrière, Mylène entame une nouvelle tournée : Le mylènium tour. Ce nouveau spectacle débute cette fois-ci à Marseille le 21 septembre 1999 ; le 24 reçoit la Belle et ses nouvelles tendances asiatiques à Bercy, Paris …Une semaine aprés le début de la tournée mais initialement prévu pour la première date du Mylènium Tour, Souviens-toi du jour prend silencieusement la place du précédent single : ces deux derniers n’obtiendront pas en effet un franc succés auprés du grand public …

Parution sur http://www.melty.fr

Publié dans Mylène 1995 - 1996, Mylène 1997 - 1998, Mylène 1999 - 2000 | Pas de Commentaire »

Résumé de la vie de Mylène Farmer entre 1990 à 1995

Posté par francesca7 le 5 mars 2014

 

1538721_10151818781862273_2045186177_nMYLENE FARMER … 1990-1995

Aprés sa tournée, débute alors une période transition : sa rencontre avec le public a été trés éprouvante autant physiquement que moralement. Elle abandonne désormais son enveloppe égocentrique pour devenir toujours plus proche de son public … de l’autre. Dans cette perspective, sort au début 1991, aprés 16 mois d’absence audiovisuel, son nouvel album : L’autre. Durant cette même année, plusieurs titres tirés de cet album envahiront les ondes hertziennes : le premier, Désanchanté restera l’une de ses meilleures ventes voire la meilleure, avec plus de 800 000 exemplaires vendus ; le clip est d’ailleurs à la hauteur de son succés : tourné en Hongrie, dans la plaine de la Pousta, il a occupé 120 personnes dont 100 figurants hongrois ; c’est par un duo qu’elle continue cette année placée sous le signe de la belle rousse : elle interpréte ainsi en compagnie de Jean-Louis Murat son premier duo, Regrets ; pour finir l’année en beauté, Je t’aime mélancolie s’avére devenir un autre grand succés.Le 12 Novembre 1991, le succés de notre star nationale prend une tournure dramatique : un homme pénêtre les locaux de Polydor afin de voir Myléne ; mais celui-ci est armé d’un fusil et il abat le standardiste-réceptionniste. Mylène Farmer culpabilise mais refuse toute protection : « Dans ces cas-là, on ne pense pas à soi, à ce qui aurait pu nous arriver mais à la famille en deuil, à cet homme qui est mort et qui n’y était pour rien … »L’année suivante, en avril, Beyond my control boulverse les médias : le clip fait un scandale et est censuré par la plupart des chaines de télévision ; bien que Canal+ accepte de le diffuser peu aprés 20h, ce n’est qu’à partir de minuit qu’on peut espérer le voir sur M6 : sont en cause l’excés de sexe et de violence, et suite aux événements précédents, la modération est de rigueur ; « Ce vidéo-clip est extrémement sanglant ; c’est du Mylène Farmer à la puissance 100″ déclare un programmateur de M6. Mylène continue de nous étonner avec son single suivant, Que mon cœur lache. Ce titre qui a pour sujet le SIDA est proposé pour l’élaboration d’un album, ‘Urgence’, pour la recherche contre le SIDA ; mais ce sera finalement Dernier sourir qui sera retenu. Ce single est une mise en avant à la nouveauté : tout d’abord, il abandonne le format vynil pour laisser place au Compact-Disc ; ensuite, c’est le premier titre sur lequel n’est pas adapté un clip réalisé par Laurent Boutonnat : en effet, celui-ci travaillant sur un long-métrage céde la place à Luc Besson qui donne un aspect plus réjouissant au style farmerien. Mylène Farmer vise désormais le 7ème art : en effet, le long-métrage dont s’occupait Laurent est bel et bien à l’intention de sa protégée. Le cinéma est un rêve que Mylène couve depuis toujours et ‘Giorgino’ est un scénario que Laurent pense et repense depuis son adolescence. Malheureusement, le film est loin des espérances de nos deux stars ; on peut même le désigner comme un échec total … C’est un échec publique mais aussi un échec personnel car il a célé l’amitié intense qui existait entre les deux compéres.Jeff Dahlgren, son partenaire dans ‘Giogino’, étant désormais son seul ami trés proche, elle décide de le suivre en Californie, Etats-Unis, où elle va apprécier retrouver l’anonymat.

 

Parution sur http://www.melty.fr

Publié dans Mylène 1991 - 1992, Mylène 1993 - 1994, Mylène 1995 - 1996 | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer revient sur la disparation de son père et de son frère

Posté par francesca7 le 5 mars 2014

images (25)Le journal TV Magazine est allé cette semaine à la rencontre d’une des plus mystérieuses et insondables chanteuse française, Mylène Farmer. 

Celle qui a plusieurs fois été disque d’or et de platine en France vient tout juste de dépasser la barre des 600 000 albums vendus pour son dernier opus nommé Bleu noir

Ainsi, dans cet entretien, l’interprète de Sans contrefaçon nous laisse pénétrer dans son intimité et sa vie privée. Ainsi, on en apprend beaucoup sur la manière dont elle écrit ses chanson, sur ses choix de carrière… 

Mais là où ça devient intéressant, c’est lorsque Mylène Farmer nous dévoile ses petits secrets. Ainsi, la chanteuse serait sans cesse confrontée au doute. Cette situation, qui pourrait se révéler déstabilisante, la fait avancer, l’aide à faire face à la pression extérieure. 

De plus, elle nous dévoile également ses blessures les plus profondes. 

« Mon plus grand regret est) de n’avoir pu partager mes émotions avec deux êtres disparus trop tôt de ma vie… Une absence trop présente, dont je souffre chaque jour ». C’est une allusion directe à la mort de son père en 1986 et de son frère en 1996. Ces événements la rongent de l’intérieur et l’empêchent d’atteindre le bonheur absolu, comme elle le souhaiterait. 

Cette entrevue est touchante et permet de mieux comprendre l’univers de cette chanteuse qui remplit inexorablement les plus grandes salles de France. Une chanteuse meurtrie mais qui fait face grâce à sa musique et à son caractère. 

Une interview qui finit sur une touche d’humour puisque lorsque le journaliste lui demande ce qui lui est interdit, la rousse répond : « De chuter sur les marches de l’Élysée !« , en référence à sa mémorable chute de mars 2010 !

 

Paru sur staragora.com/news/mylene-farmer

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Mylène dans le magazine GIRLS

Posté par francesca7 le 2 mars 2014

 

Le 27 AOÛT 1986

1986-14A propos de ce qu’elle a fait de son premier cachet :

- Avec l’argent que j’ai gagné pour « Maman a tort », je me suis acheté un petit singe, un capucin beige avec une petite houppette sur la tête. Je l’ai appelé E.T. et il est vraiment adorable. Immédiatement, dès que je l’ai vu j’ai craqué, et bien qu’il coûtait une petite fortune je n’ai pas pu résister.

 

le 3 SEPTEMBRE 1986

A propos de sa croyance en Dieu :

- Je pense que Dieu existe vraiment. Je l’imagine souvent comme un petit homme tout nu sur une croix et je suis convaincue que sans lui, ce serait le chaos. Je suis assez pratiquante et chaque soir, que vous me croyez ou pas, je fais ma prière avant de me mettre au lit.

 

GIRLS du 19 SEPTEMBRE 1986

A propos de sa façon de s’habiller :

- Je suis assez coquette et j’aime les jolis vêtements. Je porte des jeans, mais j’avoue que je préfère les robes et les chemisiers aux pantalons et aux T-shirts. Je pense qu’une fille a tout à gagner en portant des habits féminins, plutôt que de s’habiller comme un garçon.

1986-19

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Mylène et les animaux – dans OK

Posté par francesca7 le 2 mars 2014

 

28 JUILLET 1986 – Entretien avec Véronique DOKAN

1986-09-aA propos de son petit singe et de son amour des animaux en général :

- J’ai eu le coup de foudre pour E.T. il y a un an et demi en me promenant sur les quais. Il était en cage et je n’ai pas pu supporter son regard triste. Depuis je l’ai installé chez moi, dans mon appartement, et nous partageons ensemble une complicité rare. Mais je n’aime pas uniquement les singes, en réalité je crois que je suis attirée par tous les animaux qui ont du caractère. Enfant, j’ai bien entendu eu une période pendant laquelle je voulais être vétérinaire.

A propos de son ami Gaëtan, éleveur d’animaux sauvages : (nb : Mylène mettra cet ami plusieurs fois en avant par la suite)

- Quand j’ai le temps, j’adore aller chez un de mes amis en Normandie. Son boulot à lui c’est d’élever toutes sortes d’animaux qu’il loue ensuite pour le cinéma. Gaëtan a ainsi fourni les rats qui ont participé au film « Pirates » de Roman Polanski.

A propos de sa rencontre avec certains animaux sauvages pour le reportage photo qui accompagne l’article :

- Je ne m’étais encore jamais trouvée si près d’un félin et d’un serpent, et c’est vrai que ça fait un drôle d’effet.

Mais quelle sensation étonnante de toucher la peau de ce python ! Si je n’écoutais que mon coeur, j’aurais une véritable faune à la maison, mais franchement avec tous mes déplacements professionnels, ce ne serait pas raisonnable. A moins d’ouvrir un cirque !

1986-09-bA propos du clip « Libertine » :

- Certains pourront, peut-être se formaliser parce qu’on m’y voit nue, mais moi, je ne vois rien de mal à cela tant que ça n’est pas fait vulgairement.

A propos de ses envies de cinéma :

- Autant je suis impatiente en ce qui concerne la chanson, autant pour le cinéma je sais que ce sera long, mais que j’y arriverai un jour. Je ne prévois rien à l’avance. On verra bien…

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TÉLÉ MAGAZINE : Mylène avec Laurence de WIT

Posté par francesca7 le 2 mars 2014

 

9 AOÛT 1986 – Entretien

Mylène, vous êtes née au Canada ?

- Oui, en 1961. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de huit ans et ensuite je suis venue en France. Mon père était ingénieur des ponts et chaussées, il était parti au Québec pour participer à la construction du barrage du Manicouagan.

1986-11Vous n’aimez pas votre enfance ?

- Je n’en ai aucun souvenir, ce qui veut dire qu’effectivement je n’aime pas cette période de ma vie. Je me sens plus à l’aise avec les gens plus âgés que moi. Les enfants ne m’intéressent pas, ils sont trop naïfs, trop inconscients et ça me fait peur.

Depuis combien de temps chantez-vous ?

- J’ai arrêté mes études en terminale, à dix-sept ans. J’étais attirée par les métiers artistiques, par la chanson surtout qui me paraissait plus accessible que le cinéma. Et puis par hasard j’ai rencontré Laurent Boutonnat qui est compositeur et on a eu envie de travailler ensemble il y a deux ans. Ça  a donné ma première chanson, « Maman a tort », qu’il avait écrite avec un autre producteur. Ils ont procédé à un casting et j’ai été choisie.

Jusque-là j’avais suivi des cours de théâtre et j’avais été mannequin, et aussi travaillé dans la mode et la publicité.

Quelle qualité vous séduit le plus chez les gens ?

- La pudeur. Et ça ne va pas à l’encontre de la provocation qui m’est nécessaire pour m’exprimer. Je suis née pessimiste, mais j’aime tout ce qui est extrême, je suis passionnée et romantique, et le métier que je fais me convient parfaitement, il se passe toujours quelque chose, je ne m’ennuie jamais.

Toute votre vie est axée sur votre carrière ?

- En ce moment, forcément oui, parce que je débute. Mais je ne voudrais pas oublier le reste. Je ne sais pas encore si c’est possible ou non. Je ne lis plus, je ne peins plus, je peignais à la gouache des insectes, des animaux bizarres. Mon seul compagnon c’est E.T, un singe capucin que j’ai acheté en me promenant sur les quais il y a deux ans.

Vous avez d’autres animaux ?

- Non, mais j’aime les félins pour leur beauté et leur grâce et si je n’habitais pas dans un appartement, j’aurais un loup, un de ces grands loups blancs et gris que j’admire pour leur nature sauvage et craintive en même temps.

Votre chanson et votre clip Libertine se situent au XVIIIème siècle, pourquoi ?

- Le XVIIIème siècle est le siècle du libertinage, c’est-à-dire un doux mélange de décadence et de folie. C’est une certaine naïveté, une quête du bonheur par les plaisirs. Il me semble que les gens étaient plus heureux à cette époque-là.

Quels vêtements aimez-vous porter ?

- Je suis très à l’aise dans ces vêtements du XVIIIème siècle justement, mais bien sûr, je ne peux pas m’habiller comme ça dans la vie quotidienne. D’un autre côté, la mode ne m’intéresse pas. J’aime porter des choses sophistiquées que je découvre au hasard des boutiques.

Pensez-vous faire bientôt de la scène ?

- Je ne suis pas encore prête. Je suis perfectionniste et avant de faire un spectacle en direct, je veux encore travailler. Pour le moment, je vais me reposer un peu, je vais rester à Paris, lire, aller au cinéma, les vacances quoi ! En septembre prochain, je sors un nouveau 45Tours que je commence déjà à préparer. Les chansons seront dans la lignée des précédentes, elles seront le reflet de ce que j’aime : l’humour, la provocation, et une atmosphère entre l’innocence et la perversité.

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Le trailer de Timeless 2013

Posté par francesca7 le 1 mars 2014

 

article paru sur http://smallthings.fr/2013/12/10/timeless-2013-lalbum-live-de-mylene-farmer/

Ci-dessous le trailer de Timeless 2013. Plutôt pas mal fait. On ricanera un peu aux phrases cucu de Mylène, et on aura un peu peur en la voyant en gros plan. Mais globalement, la vidéo reflète bien l’ambiance de folie et le travail créatif indéniable, quoiqu’on en pense.

 

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=kt6qlNQtBxc

L’album Timeless 2013 de Mylène Farmer est donc sorti hier, alors que les différents produits collectors (coffret collector, vinyl et double CD) sont déjà en vente depuis ce week-end. Depuis l’annonce des titres de l’album, les fans ont montré leur étonnement :plusieurs chansons dont Elle a dit et Je te dis tout, ont disparu. Dommage pour un album représentatif d’une tournée placée sous le signe de l’univers de Monkey me. On parle alors de « coup marketing » : un autre version de l’album, complète cette fois-ci, serait en préparation. Je vous avoue que je n’en sais pas 1AA  timeless-2013-mylene-farmer-800x496plus… Personnellement, je ne regrette que Je te dis tout, que je trouve magnifique. Les autres ne me manquent pas.

Mad World de Gary Jules, par contre, a été conservée, qui nous entraîne dans une sphère totalement différente. Le temps s’arrête un peu. Timeless 2013 contient donc trois chansons en duo avec Gary Jules : Mad WorldSlipping away et Les Mots. Cette dernière estparfaitement interprétée. Slipping away, quant à elle, ne fait pas grand effet. Les classiques tels que Oui mais nonDésenchantéeComme j’ai malJe t’aime Mélancolie, sont très appréciables, surtout avec l’ajout de cette touche techno, bien maîtrisée. On regrettera le final avec Rêver, tout comme on l’avait regretté lors de la tournée (trop attendu…). Maisglobalement, Timeless 2013 témoigne parfaitement de ce concert incroyableLe visuel en moins, bien sûr, ce qui rendra l’album peut-être moins sympathique aux non-spectacteurs. Surtout l’introduction, musicalement chouette, mais qui n’a absolument rien à voir avec le rendu au concert.

On appréciera cet album aussi parce qu’il est représentatif d’une « nouvelle Mylène », à la voix plus grave, plus posée, qui ne part pas en live toutes les deux secondes. Beaucoup ont dit qu’elle avait chanté faux sur cette tournée. Je dois avouer que je ne suis pas une experte, très loin de là ; néanmoins je trouve que Timeless 2013 met en valeur une nouvelle voix, qui personnellement m’aura davantage accrochée que ce que j’avais pu entendre de Mylène Farmer auparavant. Bien sûr, elle n’est plus très en forme et on sent qu’elle peine un peu. Même si ce ne sera pas super évident sur Timeless 2013, la chanteuse habite toujours autant ses chansons, et les livre avec bonheur et enthousiasme.

 

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Mylène Farmer mystique, d’hier à aujourd’hui

Posté par francesca7 le 1 mars 2014

 

images (6)Fini, la catin, la libertine, le garçon manqué, la callipyge ou la désabusée. Farmer est métamorphosée. Mieux: anamorphosée.Mylène Farmer revient Anamorphosée. C’est le titre de son nouvel album, qui surgit après presque cinq ans d’un silence radio interrompu, en 1992-1993, par le tournage du film de Laurent Boutonnat Giorgino. Hier encore, la peine était son amie, le Styx, sa frontière, la schizophrénie, son démon. A 34 ans, Mylène Farmer
«vertige de vivre». Décidément, le monde ne tourne plus rond.

«Vertige est un mot clef, sourit celle qui d’habitude s’expose, mais ne se livre jamais. J’ai, fatalement, changé. J’ai grandi. Je me suis ouverte à la vie.» Mylène Farmer, surnommée naguère chanteuse «cliptorridienne», a S/Misé les images vidéo et perverti les mots, s’effeuillant au fil des années 80, à la fois saphique (Plus grandir), catin (Libertine), garçon manqué (Sans contrefaçon), callipyge (Pourvu qu’elles soient douces) et désabusée (Génération désenchantée).

Conçus telles des mécaniques provocantes, ses tubes dance (plus de 4 millions d’albums vendus), composés par Boutonnat, son alter ego, s’imprègnent alors du fantastique à la Edgar Poe et de la parole de Cioran et précipitent, entre autres fantasmes, les cimetières, la neige, le sang. Désormais anamorphosée, Mylène déforme son miroir et reconstruit la réalité: «J’irai cracher sur vos tombeaux/ N’est pas le vrai, n’est pas le beau/ J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer» (Rêver).

Vénus sans visage
Métamorphosée, Mylène Farmer – voiles noirs, talons hauts, jambes façonnées pour la danse – joue transparence et tempérance dans le salon privé d’un palace parisien. «Anamorphosée signifie que ma perception de l’univers s’est élargie et que je la rassemble en une idée, en une essence.» Vénus sans visage sur la pochette sépia shootée par Herb Ritts – «une allégorie de l’esprit voyageur» – Mylène Farmer invite en 12 titres à un road movie introspectif – un souhait vers l’éveil, un adieu aux larmes. «J’aurais pu continuer à vivre, et vivre mal: le goût du néant se révèle vite enivrant. Périlleux aussi. On finit par devenir stérile.»

Longtemps possédée par «les angoisses révélées, les angoisses absolues de la mort et de l’au-delà», Mylène Farmer a quitté les cieux souterrains pour l’illumination. «J’ai suivi ce chemin guidée par des lectures et des réflexions. Et, j’oserais dire par hasard, ma route a croisé un auteur, Sogyal Rimpoche, une philosophie, Le Livre tibétain de la vie et de la mort. Ce n’est pas tant le bouddhisme qui m’attire que les mots, les images, le réconfort. L’idée que, pour apprivoiser la vie, il faut d’abord accepter la mort.» Dans L’Instant X, Mylène appuie: «L’an 2000 sera spirituel/ C’est écrit dans Elle.» «Le manque de spiritualité est probablement dangereux. Je pense qu’il faut élever l’esprit, changer les comportements, faire don de soi, mais sans forcément célébrer un dieu ou une religion.»

Anamorphosée, enregistré à Los Angeles, où Mylène Farmer a passé plusieurs mois, alterne des ballades éthérées à la troisième personne (Mylène s’en fout), des humeurs gainsbouriennes(Vertige) et des morceaux troublés de guitares et d’ésotérisme (XXL, Tomber 7 fois, Eaunanisme), le tout composé, arrangé et produit par Laurent Boutonnat. La voix, cristalline, s’aventure parfois dans des registres plus bas et explore une cartographie de la douleur, de l’exil, de l’extase, de la renaissance.

téléchargement (8)«Tu veux t’expulser de toi/ Mais ta vie fait envie», s’auto-analyse Mylène Farmer via Et tournoie… «Bien sûr, dans une chanson, il y a forcément de soi. Mais parlons plutôt de l’artiste…», souffle-t-elle en confiant que le texte lui a été inspiré par le cône de lumière de Jérôme Bosch, l’un de ses peintres préférés avec Basquiat, Ernst, Schiele. «Je me suis fabriqué une famille de peintres et d’écrivains. Julien Green, Paulo Coelho – on m’a d’ailleurs offert L’Alchimiste quatre fois: un signe – ou Primo Levi, dont Si c’est un homme, une œuvre grave et pleine d’espoir, ne me quitte jamais.»

Après sa première et unique tournée, en 1989, Mylène Farmer s’interrogeait publiquement: «A quoi je sers». Aujourd’hui, on brûle de lui demander: «Qui êtes-vous donc, Mylène Farmer?» «Il y a en moi de la provocation, de la force, de l’effacement, et beaucoup, beaucoup de paradoxes.»

article paru sur http://blogs.lexpress.fr/

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