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Mylène Farmer, l’intrigante

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

 

Magazine COOL du OCTOBRE 1986

 

1986-22-b« Libertine », le titre que l’on entend beaucoup en ce moment est extrait d’un album « Cendres de lune ». J’ai trouvé que c’était un LP féminin, intime. C’est ton avis ?

- Féminin, je ne comprends pas pourquoi et j’avoue que c’est le cadet de mes soucis. Cet album est un premier album. On peut dire ça. C’est quelque chose que j’aurai pu illustrer d’images. Voilà, si j’ai quelque chose à dire sur l’album. Le reste, c’est plus les personnes qui vont l’écouter qui vont dire des choses dessus.

Lorsqu’on fait un choix de chansons, on va dans une certaine direction. On pense à ce qu’on a envie de faire passer au public. Ce n’est pas un hasard…

- Non, ce n’est jamais un hasard, ce qu’on fait. Je ne sais pas s’il y a un fil conducteur dans l’album. Il y a une chanson qui va parler de Greta Garbo, une autre sur un autre sujet, « Plus grandir », une autre, « Libertine », qui est encore autre chose… Je ne pense pas que ce soit aller dans un sens. C’est essayer d’amener le maximum de choses dans un même album.

La chanson était présente dans tes rêves depuis toujours ?

- Non la chanson est pour moi, avant tout un métier qui est très difficile. Et puis c’est ma vie. Voilà !

A quel moment as-tu décidé de faire de la chanson professionnellement ?

- J’ai réellement décidé à partir du moment où je l’ai matérialisée. C’est-à-dire il y a deux ans et demi, quand « Maman a tort » est sorti. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de travailler, de transpirer, de mener un combat pour ça.

Quelle a été la démarche ?

- Ce sont les opportunités, ce sont les rencontres de la vie. Je crois vraiment à des moments qui sont rares mais précis. J’ai rencontré des personnes et on a entrepris de faire ce métier là.

Tu estimes avoir eu de la chance ?

- J’estime que toute personne qui fait un métier public doit prendre en compte la chance, parce qu’elle existe et que pour d’autres personnes elle n’existe réellement pas. Après, c’est une aventure personnelle. Le travail n’est pas non plus inexistant. Chance, travail, c’est cela.

« Maman a tort » était un texte ambigu qui ne te définissait pas clairement. Tu peux en parler ?

- Avec le recul, d’avantage. Mais là encore, l’important n’était pas de définir « Maman a tort » mais de le chanter et puis de l’imposer. Ça  c’est plus mon aventure que d’expliquer : « Voilà, j’ai voulu dire ça, parce que ceci ou cela ». C’est un peu moins mon rôle. Enfin moi, j’estime que c’est comme ça. S’il y a quelque chose à dire sur « Maman a tort », c’est que c’est à la fois un peu une comptine tragique d’enfants, qui va dire sous des airs ingénus des choses graves. C’est vrai que si on veut approfondir, parce qu’on peut le faire, c’est l’hôpital psychiatrique, c’est les rapports indirectement avec la mère et l’enfant, et l’infirmière qui va prendre le rôle de mère. Mais est-ce qu’on a besoin de dramatiser, d’aller jusque là ? Je n’en sais rien. Maintenant, les gens ont perçu d’autres choses, des phrases comme « J’aime ce qu’on m’interdit, les plaisirs impolis »…

« Libertine » c’est la phase n°2 après « M aman a tort » ?

- Oui c’est une étape. Se complaire là dedans, ça ne m’intéresse pas non plus. Maintenant ce que je veux, c’est faire autre chose, voir autre chose, un autre univers, une autre démarche. « Libertine » c’est un peu le tremplin. Ça  va me permettre d’aller plus loin que ça, parce qu’il y a eut un succès médiatique dans les ventes, au niveau du clip aussi. Là, il y a une image qui commence à être précisée dans l’esprit des gens. A partir de ça, demain je ne vais pas refaire du « Libertine ». Ce serait à la fois facile et un suicide.

« Libertine » donne une image de toi coquine, ingénue, et à la fois tragique par rapport au clip…

- C’est à dire que dans le clip, on a fait mourir les héros. Ça  fait partie des références qu’on a du romantisme.

C’est vrai que c’est toujours poussé à l’extrême, que le héros doit mourir, parce que ça prend une ampleur plus importante, c’est peut-être ça, le côté tragique. Sinon, c’est encore quelque chose d’assez léger, « je suis libertine, mais qu’on me prenne la main ».

Qui a eu l’idée de ce clip ?

- C’est une idée commune à la personne qui travaille avec moi, qui l’a réalisé, et moi-même. Depuis le début que je pense chanson, je pense image.

Ce clip n’est pas tout à fait dans le courant actuel des vidéos. Il y a une sorte d’attachement au

passé également…

- C’est normal, je n’ai pas envie de faire partie du courant actuel. Mais il ne faut pas que ça devienne généralité.

C’est toujours ce qui me dérange. Là, dans « Libertine », c’était une démarche, c’était intéressant de traiter le 18ème siècle, les salons libertins avec les bougies, les scènes un peu osées. C’était intéressant. Mais une fois de plus, sur « Plus grandir » c’était pas ça du tout. C’était un château baroque qui pouvait se passer en 1985, comme en 1970, comme avant. C’était comme dans un rêve.

1986-22Pour toi une chanson et son clip sont des aventures ponctuelles ?

- Bien sûr. Sinon, c’est que je ne comprends pas bien. Je parle toujours de dramatisation, mais c’est vrai qu’une chanson n’est qu’une chanson. On en fait ce qu’on veut, on l’habille, on la déguise, on en fait des choses merveilleuses, mais il ne faut pas se reposer là-dessus. Sinon ou on n’avance pas, ou on ne réfléchit pas trop.

C’est peu de choses une chanson et, à la fois, c’est tout. Quand j’ai pris le chemin du studio pour une autre, l’aventure de la précédente est terminée.

Pourquoi fais-tu ce métier ?

- Parce qu’il m’est essentiel pour l’instant. Je me donne le droit de changer d’humeur dans quelques années. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui se mentent, et spécialement les artistes, quant ils disent : « C’est ma vie ». C’est vrai que sur le moment, c’est ma vie aussi ! Mais il faut se donner la possibilité de faire aussi d’autres choses.

Quelles sont tes envies en dehors de la chanson ?

- Il y a le cinéma, mais pour l’instant je peux plus facilement me livrer au métier de la chanson, qu’au cinéma.

C’est encore une autre entreprise difficile.

Quels sont tes projets immédiats ?

- On va sortir un autre 45-trs qui ne sera pas extrait de l’album. On travaille dessus.

Le succès fait peur pour la suite ?

- On appréhende la suite parce que, qui dit succès, dit forcément couteau sous la gorge pour le pas suivant.

C’est quelque chose que je sais, et que je sais trop bien. Donc il faut aller un peu plus loin que ça. Bien sûr, il faut faire attention à cette identité qui tout d’un coup peu prendre des proportions démentes…

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

Rencontre du troisième clip de Mylène F.

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

 

DANS GIRLS MAGZINE – 24 SEPTEMBRE 1986

1986-21Qui est à l’origine de ce clip ?

- Laurent Boutonnat et moi-même.

N’est-il pas rare d’investir autant dans un clip, surtout pour une chanteuse qui en est à son troisième disque ?

- Connaissez-vous le prix de revient de ce clip ?

Non.

- Voilà, je ne dirais jamais combien ce clip a coûté exactement, mais il a coûté bien moins cher que la moitié des clips. Bon, cela posé, il est vrai qu’investir sur un clip, c’est un peu à perte pour les producteurs, j’ai tout à y gagner.

N’est-ce pas un clip d’une seconde génération, c’est-à-dire que l’image prime sur la musique ?

- Non, je ne pense pas que la musique soit moins prépondérante que l’image. Au contraire, je les trouve en parfaite osmose. Quand je dis musique, je pense à la musique « Libertine » et aux musiques additionnelles, je crois que c’est là où réside la vraie nouveauté, c’est ce qui donne à ce clip cet aspect court métrage.

Parlons-en de l’aspect court métrage : qui a réalisé les décors, les costumes ?

- Pour le décor nous avons fait appel a Emmanuel Sorin spécialisé dans les décors de films publicitaires et les long métrages. Je crois qu’il a très bien su recréer cette atmosphère XIXème siècle, nous avons tourné dans un magnifique château en Normandie. Quant aux costumes de Corinne Sarfati, ils sont le reflet très rigoureux de ce qui se portait à l’époque. Je ne suis pas intervenue au niveau des décors et des costumes, à chacun son métier, en revanche j’ai choisi les comédiens principaux, la jeune fille qui joue la rivale est une danseuse professionnelle qui rêve de jouer la comédie. Le jeune homme aussi exerce un métier artistique. Quant à la figuration, ce sont des personnes qui sont passionnées de théâtre.

N’as-tu pas peur de choquer avec un texte si audacieux ?

- Choquer ? Non, si ça a été le cas, cela ne me dérange pas, mieux vaut choquer que laisser indifférent. L’idée originale du texte de « Libertine » était : « Je suis libertine, je suis une putain ». Le parolier a préféré catin, c’était plus grand siècle, et il a réussi à me convaincre. Je ne sais pas ce qui se serait passé avec ce texte là.

Peut-être la naissance d’une révolte !

Publié dans Mylène 1985 - 1986, Mylène en INTERVIEW | Pas de Commentaire »

 

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