PROJECTION cinéma Mylène Farmer mars 2014

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

L’occasion ne se représentera peut-être pas. Les fans de Mylène Farmer avaient inscrit la date depuis très longtemps sur leur calendrier. C’est ce jeudi 27 mars 2014, à 20 heures, que le concert de la star sera diffusé dans 224 salles de cinéma. Une séance unique au tarif de 14 euros qui devrait attirer 100 000 spectateurs dans toute la France. Certains multiplexes, comme à Orléans, auraient même décidé de projeter uniquement le concert capté à la Halle Tony Garnier de Lyon, aux dépens d’autres blockbusters comme Captain America.

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http://www.youtube.com/watch?v=ZBMzNKUjRLM

D’autres prises de vues

20664868Robots, trapèzes et accélérateur de particules seront donc toujours au rendez-vous de ce concert ambitieux qui a également été présenté au Palais Omnisports de Paris-Bercy tout le mois de septembre 2013. « On a été plus ambitieux. On voulait faire un film encore plus proche, plus humain, plus juste sur ce qu’elle est sur scène », a confié à Allociné François Hanss, réalisateur du film, qui sortira également en DVD le 16 mai.

Grande mode du moment, les concerts au cinéma ont déjà permis à des artistes comme Muse, Tal ou Katy Perry d’expérimenter d’autres prises de vues, pour plonger les fans en immersion. « J’avais très envie d’avoir le plus de plans possibles en présence scénique vers la scène, ce genre d’images inédites que le public ne voit jamais, comme s’il était à la place de l’artiste, confirme François Hanss. J’avais fantasmé d’être derrière Mylène et de travailler sur des silhouettes. » Résultat ce soir.

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Mylène, héroïne de fiction malgré elle

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

 

4Côté « Backstage »

 

Au moment de la sortie du film d’Emmanuelle Bercot, Backstage, en 2005, la presse fait rapidement un parallèle entre l’héroïne, Lauren Waks, incarnée par Emmanuelle Seigner, et Mylène Farmer. Il s’agit, en effet, de l’histoire de Lucie, une adolescente « ordinaire » qui n’a d’yeux que pour une grande star de la variété française à l’univers mystique. Elle collectionne tout sur elle, tapisse les murs de sa chambre de posters et fait tout pour la rencontrer. Le destin la conduit alors à pénétrer dans la vie de son idole. Une rencontre aussi fascinante que violente.

 

La réalisatrice expliquait alors : « A l’origine de Backstage, il y a eu cette question : qu’est-ce qui se passerait si ces instants de quelques secondes se prolongeaient ? Qu’est-ce qui se passerait si le rapprochement illusoire entre une fan et son idole avait lieu, vraiment, physiquement, dans la durée que suggère la découverte de l’un par l’autre ? ». 

Si l’actrice avouait s’être plutôt inspirée de Marilyn Monroe dans son interprétation du personnage pour l’aspect psychologique, mais également de Debbie « Blondie » Harry pour la prestance scénique, Emmanuelle Bercot reconnaissait plus volontiers l’influence de Mylène Farmer sur son oeuvre. 

Elle confiait ainsi à DVDrama : « Je ne connais pas très bien les chansons, les spectacles de Mylène. Mais je me suis intéressée au phénomène qu’elle provoque. C’est la seule en France à faire ça. J’ai voulu faire une étude sur l’univers qu’elle avait mis en place, sur ce qui faisait qu’elle accrochait les jeunes et les moins jeunes. On peut dire Mylène, mais on pourrait aussi dire Madonna. Elles fonctionnent sur les mêmes codes, le sexe, la religion, l’ambiguïté sexuelle, le mystère, le morbide… J’ai repris un certain nombre de ces recettes pour créer le personnage de Lauren. Et pour moi, la comparaison s’arrête là.« 

 

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Côté onstage

 

5Concurrentes dans les années 80 de par leurs deux univers proches, Mylène Farmer et Jeanne Mas n’ont jamais travaillé ensemble mais cette dernière, l’une des têtes d’affiche du film Stars 80 sorti l’an dernier, lui a en quelque sorte rendu hommage à travers une séquence dont la mise en scène ne peut que faire penser à l’interprète de Désenchantée, jusqu’au look et à l’émotion à fleur de peau. 

Toutefois, Jeanne Mas a précisé dans une interview avec Le Point : »Franchement, je n’y ai pas pensé. Ce look m’a été proposé, je l’ai accepté sans aller chercher plus loin. S’il y a eu préméditation, cela s’est fait dans mon dos. À ceux qui trouvent à y redire, je dis soyez heureux, j’interprète deux artistes en un seul personnage. »

Quant à sa relation avec son ancienne « rivale », elle ajoute : « Je n’ai jamais eu de problèmes avec Mylène. Nous nous sommes connues dans ces années-là. On a voulu nous opposer et cela continue, c’est ridicule. Elle existait et j’existais. On se voyait, on en parlait. J’ai disparu, elle est restée, mais il n’y a aucun lien de cause à effet. Si je ne l’ai jamais revue depuis, je lui garde toute mon estime.« 

 

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Apparitions Mylène Farmer au Cinéma

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

 

1Le saviez-vous ? 

- La véritable première apparition de Mylène Farmer au cinéma n’est pas dans Giorgino mais dans Le Dernier Combat de Luc Besson, sorti en 1982. Elle y est figurante et prête ses jambes ravissantes au cinéaste le temps de quelques secondes. Le début d’une longue amitié et de plusieurs collaborations.

 

 

2- En 1989, Nicole Garcia est à la recherche d’une actrice pour jouer dans son premier long-métrage en tant que réalisatrice, Un week-end sur deux. Mylène Farmer se voit proposer le premier rôle, mais le refuse car elle est en pleine préparation de sa première tournée : »C’est vrai que j’ai rencontré Nicole Garcia. J’ai vraiment souhaité la rencontrer. J’avais ce projet de scène donc il a fallu choisir » indique-t-elle à Laurent Boyer dans l’émission Pour Un clip avec toi. C’est finalement Nathalie Baye qui est choisie. Elle est nommée pour le César de la Meilleure Actrice. Dans le même programme, la chanteuse avoue « J’ai l’impression que le cinéma français, en tout cas celui d’aujourd’hui me touche moins qu’un autre cinéma, le cinéma russe, le cinéma américain parfois, le cinéma anglais.« 

 

- En 2002, l’écrivain Marc Lévy, qui est alors le compagnon de la chanteuse, annonce qu’il a écrit son premier scénario pour le cinéma dans lequel elle est censée jouer. A deux pas de chez toi doit entrer en tournage en 2004, le temps de réunir les fonds nécessaires et une distribution. L’histoire est centrée sur la relation entre un vieux monsieur et son infirmière. Pour le premier rôle masculin, les noms de Jean Rochefort et Michel Serrault circulent. Mylène rencontre le premier à cette occasion et déclare en 2010 à Paris Match qu’il est « un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse, c’est un être totalement décalé, si émouvant aussi. Bref…magnifique. » Malheureusement, le film ne se fait pas. 

 

3- Les Césars ne sont décidément pas passés loin de Mylène Farmer. En 2006, Jacques Audiardrecevait celui du Meilleur Film pour De battre mon coeur s’est arrêté. Avant le tournage, il avait offert un rôle à la chanteuse. Mais elle n’était pas disponible, elle préparait à cette époque son nouvel album « Avant que l’ombre…« , ainsi que les concerts « intransportables » qui lui ont fait suite. En 2010, le magazine Serge annonçait une interview croisée du réalisateur et de Mylène Farmer. Cela ne s’est pas fait non plus…

- Lorsqu’un projet d’adaptation au cinéma du roman de Salman Rushdie La Terre sous les pieds (2011), est développé, le romancier, que la chanteuse admire beaucoup, lui propose de participer à la bande-originale. Mais le film ne voit jamais le jour.

 

 

téléchargement (14)- Depuis 2006, Mylène Farmer est annoncée dans le film L’Ombre des autres, adapté du roman éponyme de Nathalie Rheims, qui est sa meilleure amie dans la vie. Elle y jouerait le rôle de Tess, une chercheuse en médecine de la fin du 19ème siècle, emportée dans le monde de la magie et du spiritisme. Le scénario a été écrit par Claude Berri, mais son décès en janvier 2009 a retardé le projet. La réalisation a été confiée à Bruno Aveillan, avec qui la star a déjà travaillé sur The Farmer Project, et la production à Stéphane Celerier de Mars Distribution. Le film devait entrer en tournage en 2009, après la tournée des stades de la chanteuse, mais cela ne s’est pas fait. L’auteure a déclaré sur son blog : « Il s’agit d’un film de genre, ce qui n’est pas aisé en France et c’est la raison pour laquelle nous nous orientons vers une distribution anglo-saxonne. Le cinéma est un art qui implique beaucoup de moyens et des partenaires qui accompagnent le montage financier, mais nous travaillons de toutes nos forces avec l’espoir que le film verra le jour dans les deux ans qui viennent. » Nous sommes en 2013, les deux ans sont passés. Le film n’a toujours pas vu le jour. La malédiction qui entoure Mylène Farmer et le cinéma va-t-elle encore frapper ?

 

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les confidences de Francois Hanss sur Timeless

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

Après une tournée triomphale à guichets fermés et plus de 500 000 spectateurs à travers 4 pays, Mylène Farmer débarque dans plus de 200 salles de cinéma Gaumont-Pathé pour la diffusion exceptionnelle ce jeudi à 20h du film « Timeless ». Nous avons rencontré à cette occasion son réalisateur, François Hanss, qui lève le voile sur ce projet unique et ambitieux, parfaitement à l’image de la star…

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Comment se sent-on à J-1 de la diffusion du concert au cinéma ?

images (23)François Hanss : Bien parce que demain c’est l’aboutissement, le plaisir de découvrir le film en salles, dans un cadre idéal. C’est une séance unique donc on retrouve un peu l’ADN du spectacle vivant : ce plaisir d’être ensemble, dans un même lieu; cette idée qu’une émotion collective va naître. A titre personnel, c’est aussi la fin d’une très longue période de travail. C’est fantastique en tout cas, je n’imaginais pas que ça se passerait aussi bien (…) 

224 salles vont diffuser le spectacle. Il se passe d’ailleurs quelque chose d’extraordinaire au Pathé d’Orléans : depuis que la billeterie a été mise en place il y a trois mois, les ventes sont montées en flêche, du coup ce sont les 12 salles du multiplexe qui diffuseront Timeless. Juste Mylène Farmer. C’est unique ! 

Comment regarde-t-on un concert au cinéma en tant que spectateur selon vous ?

C’est une position étrange. Je crois qu’on a envie de partir dans l’énergie, le rythme de l’émotion suscitée, suivre le beat de la musique. Je pense que ça va bouger, mais ce sera sûrement très différent d’une salle à l’autre. Le public c’est une donnée magistrale mais mystérieuse en même temps.

 

De quelle manière s’est déroulée votre collaboration avec Mylène Farmer sur ce film ?

D’abord, vous imaginez bien qu’on ne montre pas le film à Mylène Farmer au dernier moment ! Tout se fait avec elle. Elle assiste à plusieurs étapes du montage. On bichonne le film ensemble du début jusqu’à la toute fin. Et ça c’est une réalité de travail que l’on a toujours eu sur nos collaborations passées, et plus que jamais sur Timeless. C’est un film qui s’élabore lentement, dès le début des premières ébauches de la scène. 

Moi, dans un premier temps, je me positionne en tant que spectateur. Je participe dans l’ombre aux répétitions, parce que j’aime ça et parce que ça fait partie d’une maturation autour du spectacle. C’est cerner le visuel, les angles, les axes. C’est observer la scénographie, les possibilités pratiques, devancer les éventuelles difficultés. C’est se familiariser avec l’équipe aussi. 

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C’est à la Halle Tony Garnier de Lyon que le concert a été filmé. Pourquoi ce choix ?

La salle a été choisie dès le départ par Mylène Farmer et son tourneur et manager Thierry Suc parce qu’ils avaient tout simplement envie de changer. Le Palais Omnisports de Paris-Bercy est une salle très idéale, mais on l’a déjà pas mal filmée lors des précédentes tournées. Et je dois dire que je n’ai pas du tout été déçu. J’adore la Halle Tony Garnier en tant que spectateur. Elle s’intégre bien dans le design de la scène donc on en a joué. Cet écrin, cette cathédrale de fer, éclairée au sodium, qui teinte le public de doré, c’est magnifique. Ce décor spectaculaire signé Mark Fisher au beau milieu de cette salle très en profondeur, c’était la promesse d’un jeu artistique intéressant sur le plan visuel. 

 

Un concert filmé se déroule-t-il différemment ou de la même manière qu’un autre qui ne l’est pas ?

Le spectacle était identique chaque soir. C’est un respect minimum vis à vis du public. Les fans savent parfois avant l’heure que ce soir-là, on tourne. C’était le cas ici et c’est très bien ainsi. Mais dans un concert de Mylène, de toute façon, il y a toujours une forte présence et implication du public, que j’ai toujours espéré solliciter et engager à l’image. Je trouve que le public est un contrechamp extraordinaire. Et puis c’est un public extraordinaire ! Il est très large en terme de générations, il est jeune, rajeuni, donc à la caméra ils sont complices mais ils sont surtout avec elle. Mylène n’est jamais que le point d’attraction majeur. Ils oublient les caméras, qu’elles soient au-dessus d’eux, ou pointée sur eux. 

Quel était le dispositif technique mis en place ? 

 

Au plus fort du show, on a fonctionné avec 7 caméras, multipliées par 4 soirs, ce qui vous donne à peu près le nombre de points de vue, de positions idéales, auxquels il faut ajouter des plans plus anecdotiques avec de la GoPro, du 5D, des caméras fixées sur des grues… Une trentaine de caméras en tout ont été utilisées sur l’ensemble de la timeline. 

Comment avez-vous appréhendé le thème futuriste de ce show, différent des précédents ?

Le film n’est que la traduction de ce qui est sur scène : les trapézes qui se forment, l’accélérateur de particules sur l’entrée, les robots…  La liturgie des images participe un peu du mystère. Je joue avec les robots, j’ai d’ailleurs mis des caméras dans leurs têtes, il y a tout un rapport de complicité entre eux et Mylène que je voulais retranscrire… J’ai épousé le thème en l’affinant. 

Quels étaient les défis principaux de ce tournage ?

J’avais très envie d’avoir le plus de plans possibles en présence scénique vers le public, ce genre d’images inédites que le public ne voit jamais, comme s’il était à la place de l’artiste. J’avais fantasmé d’être aux côtés de Mylène sur scène, travailler sur des silhouettes… c’était une envie de principe. Après il y a l’idée d’être dans la proximité, capter l’émotion, sachant que j’adore les gros plans. 

Le but c’est qu’il y ait un vrai plus pour celui qui a vu le concert en salles. Mais mettre en place une caméra sur scène, c’est toujours compliqué, notamment pour des raisons de sécurité. Puis il faut éviter que l’artiste ne soit embarrassé de sa présence. On a donc eu recours à diverses astuces, par exemple avec des caméras posées sur scènes mais camouflées pour que personne ne les voit.

Le précédent spectacle se déroulait au Stade de France. C’était une machine gigantesque. Est-ce que Timeless vous a semblé plus simple à réaliser ?

Il y a un an, je pensais que oui, mais Timeless a bien caché son jeu ! Le plus gros défi pour le Stade de France venait du fait que l’on avait que deux dates pour tourner. C’était forcément stressant, pour elle aussi. C’était une surface inédite, gigantesque. La notion d’échelle était un problème majeur : on voit la scène comme un timbre poste en tant que spectateur. Timeless paraissait plus simple mais en réalité non. On a été plus amibitieux. On voulait faire un film encore plus proche, plus « humain », plus juste sur ce qu’elle est sur scène. 

Y’a-t-il eu un passage du concert plus compliqué à monter qu’un autre ?

Les tableaux les plus denses ne sont pas forcément les plus compliqués. Mais un tableau avec chorégrahie est forcément plus soigné. On est en tout cas plus vigilants, tant sur la rythmique que sur la synchronisation. Mylène a un oeil redoutable je dois dire et c’est très bien ainsi. C’est elle qui est à l’image, qui danse, qui chante, après tout. Mais pour les chansons avec juste Mylène et son micro sur scène, plus une douche de lumières, c’est difficile aussi. Il s’agit de garder la tension, l’émotion, l’interprétation, la traduire en dehors du son, trouver le bon contrechamp… 

Je ne vous cache pas que sur des titres très ambitieux comme Désenchantée, où il y a la reprise du public, ça prend beaucoup de temps. Il y a un gros travail de dérushage, puis il faut choisir les images afin de souligner la montée en puissance. On remet les compteurs à zéro pour chaque chanson en fait, c’est en cela que c’est très compliqué et très long. Le montage ne se fait pas dans l’ordre. Mais on est plusieurs. On se répartit le travail selon les sensibilités de chacun. On se connaît bien, on a déjà presque tous travaillé ensemble. Les monteurs me font part de leurs préférences. L’un voudra faire Je t’aime mélancolie. Un autre Comme j’ai mal. J’aime laisser le désir prendre la main sur les choix. 

Laurent Boutonnat a-t-il participé lui aussi au montage ?

On a démarré ensemble en co-réalisant le tout premier concert de Mylène en 1989 à Bruxelles, puis sur le deuxième à Bercy en 1995. En revanche, j’ai réalisé les suivants en solo, dont le dernier. On est très proches, très en phase. Je ne fais que suppléer à sa mise en scène, garder la cohérence qu’il a imaginée. Je gourmande ce qu’il a déjà mis en place avec Mylène. 

Que nous réservent les bonus présents sur le DVD et le BluRay qui sortiront le 16 mai prochain ?

J’ai mis un point d’honneur à ce qu’il y en ait beaucoup ! Je voulais vraiment rendre hommage à tous ces gens qui ont travaillé sur le film pendant deux ans. Sur les lumières, le son, les constructions… Les bonus fonctionnent par thématiques. J’ai pris le temps de voir chaque département artistique, par exemple Jean-Paul Gaultier pour les costumes, dans son atelier. Il y a aussi un module sur les robots; c’était un élément du concert très attendu et à juste titre puisque c’était une innovation, et le garçon qui s’en occupe est une personne passionnante. On verra aussi tout l’aspect backstage, les répétitions des danseurs, des musiciens…

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Et y verra-t-on Mylène, puisqu’elle apparaît peu en général dans les bonus ?

Je pense que vous serez étonné ! (rires) 

En dehors des concerts, vous avez aussi réalisé des clips pour Mylène Farmer. Si vous ne deviez en choisir qu’un seul, lequel ce serait ?

Le premier que j’ai réalisé : Je te rends ton amour. C’est le plus cher à mon coeur. J’ai été très séduit par le scénario de Mylène et impressionné et touché qu’elle me propose de le mettre en image. C’est une amie avant tout, j’adore travailler avec elle alors ma réponse était évidente ! 

Il a suscité la controverse lors de sa sortie…

Pour des raisons très obscures, oui… En vous levant le matin, vous ne vous dites pas « je vais faire de la provoc’ aujourd’hui ! » Ce n’était pas le but. Moi j’aime le beau, l’alliance du son et des images…

 

Prévoyez-vous de réaliser un deuxième long-métrage après « Corps à corps » sorti en 2003 ?

J’essaie depuis plusieurs années d’en monter un. C’est compliqué, d’autant que le premier n’a pas marché. C’est le succès le premier déclencheur en général. Mais je suis très attaché au film. J’avais des pistes. J’en ai d’autres. On verra… 

Et filmer Mylène dans un long-métrage, vous en rêvez ?

Bien évidemment !

 

Entretien réalisé par Jean-Maxime Renault le 26 mars 2014 à Paris vue sur http://www.allocine.fr/article

 

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Mylène Farmer la papesse du clip

Posté par francesca7 le 30 mars 2014

 

La chanteuse culte Mylène Farmer vient d’entamer une nouvelle série de concerts à Paris Bercy, qui sera suivie d’une tournée en province intitulée « Timeless ». L’occasion de revenir sur les 30 ans de carrière de la star, de ses audaces visuelles à ses rendez-vous manqués avec le cinéma en passant par ses influences, ses collaborations et ceux qu’elle a elle-même inspirés. La première partie de cette saga en 3 volets est consacrée à ses clips légendaires…

Aux origines du mythe…

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C’est sur un clin d’oeil à Marilyn Monroe que Mylène Farmer s’affiche en 2012

pour son album « Monkey Me »

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En empruntant son nom de scène à Frances Farmer, une actrice américaine des années 40 entrée dans la légende tragiquement après un internement psychiatrique qui l’a détruite, Mylène Gautier, comédienne formée au Cours Florent et coutumière des spots publicitaires, inscrit son univers dans l’enténèbrement et la perversion dès 1984 et la sortie de son premier titre, Maman a tort. Dans cette comptine torturée, la chanteuse débutante avoue poliment à sa maman être tombée amoureuse de son infirmière. Si elle ne cache pas à cette époque rêver de devenir actrice, dédiant par exemple une chanson de son premier album à l’une de ses idoles, Greta Garbo, le succès immense qui la propulse en quelques années au rang de star de la chanson française la conduit naturellement à remettre ses ambitions à plus tard pour embrasser pleinement l’autre belle carrière qui s’offre à elle.

 

C’est Laurent Boutonnat qui la sort de l’ombre. Il débute lui-même à l’époque, avec seulement un long-métrage à son actif, La Ballade de la féconductrice, sorti en 1980 et projeté au marché du film à Cannes. Il est interdit aux moins de 18 ans… alors qu’il n’en a lui-même que 17 ! Il devient le compositeur, le pygmalion, le jumeau, « l’autre » de Mylène Farmer. Ils inventent ensemble un univers visuel unique, cinématographique, référencé et peuplé de personnages marquants, épaississant le mystère qui entoure la jeune femme et qui ne la quittera plus jamais.

 

Clipographie : Mylène vue par Laurent Boutonnat


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1986 - Libertine : court-métrage d’une dizaine de minutes, inspiré du Barry Lyndon de Kubrick, entré dans la légende en particulier grâce à ses scènes de nue qui ont fait scandale.

 

1987 - Tristana : deuxième court-métrage qui revisite le conte de Blanche Neige et les sept nains au coeur d’une Russie enneigée, et qui fait référence, entre autres, au Cuirassé Potemkine.

 

1987 Sans Contrefaçon : projetée en avant-première au cinéma Max Linder, cette vidéo raconte la relation ambigüe entre un marionnettiste et un pantin désarticulé, qui n’est pas sans rappeler l’histoire de Pinocchio.

 

1988 - Pourvu qu’elles soient douces (Libertine II) : suite de l’histoire de Libertine, se déroulant cette fois pendant la Guerre de sept ans. Il entre à l’époque dans le Livre des records en tant que clip le plus cher de l’histoire (3 millions de francs), le plus long (près de 18 minutes) et comportant le plus de figurants (500).

 

1989 - Sans Logique : dans une ambiance rappelant les tableaux de Goya, une femme trompée, habitée par le Malin, se lance dans une corrida meurtrière avec son amant, sous le regard fasciné et pervers de gitans abimés par le temps.

 

1989 - A quoi je sers ? : dans ce clip en noir et blanc, Mylène convoque les personnages qui ont peuplé ses premiers clips. Ils s’enfoncent ensemble au coeur d’ un rivage brumeux et incertain.

 

1991 - Désenchantée : devenu l’hymne de toute une génération, cette chanson forte, politique pour les uns, personnelle pour l’artiste, est illustrée par un clip qui propulse la star dans ce qui ressemble à un camp de concentration où la révolte est le seul espoir de survie jusqu’à une fuite vers le bout du bout du monde, jusqu’à l’infini.

 

1992 - Beyond My Control : le dernier clip réalisé par Laurent Boutonnat avant une longue période conduit Mylène au bûcher, en proie aux flammes, livrée aux loups, après avoir dévoré le cou puis le visage de son amant qui l’a trompée (lui aussi). On y entend la voix de John Malkovich, extraite du film Les Liaisons dangereuses, qui confesse « It’s beyond my control« .

 

2001 - Les Mots : pour la sortie de son premier best-of, elle enregistre un duo avec le chanteur britannique Seal. Laurent Boutonnat revient à cette occasion derrière la caméra pour les diriger. Perdu en mer sur un radeau, le couple est finalement séparé par les vagues, le courant emportant l’amant.

 

Redécouvrez ci-dessous le clip de Désenchantée :

 

Clipographie : Mylène vue par d’autres cinéastes

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http://www.youtube.com/user/MyIeneFarmer

 

 

1992 - Que mon coeur lâche : dans ce premier clip aux allures légères, Luc Besson embarque sur Terre l’ange Mylène à qui Dieu donne pour mission d’enquêter sur ce qu’est devenu le sentiment amoureux. Réponse : il a été perverti par le sexe et détruit par le VIH. Le cinéaste joue au jeu de l’auto-référence en proposant une scène similaire à l’une de son film Nikita, sorti deux ans plus tôt.

 

1995 & 1996 XXLL’instant X & Comme j’ai mal : Marcus Nispel, devenu par la suite réalisateur de films d’horreur (Massacre à la tronçonneuseVendredi 13…), met en scène une Mylène plus libérée, que ce soit sur le devant d’un train roulant à vive allure au milieu des plaines californiennes, ou dans un New York envahi par la mousse.

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1996 - California : admiratrice d’Abel Ferrara, Mylène parvient à convaincre le réalisateur de la diriger aux côtés deGiancarlo Esposito dans les quartiers chauds de Los Angeles, sur un scénario qu’ils co-écrivent et qui met en parallèle le destin d’un couple de riches hollywoodiens et celui d’une prostituée et de son maquereau.

 

1999 - L’Âme-Stram-Gram : basée sur une légende chinoise, cette vidéo de plus de 7 minutes est dirigée par Siu-Tung Ching (Histoire de fantômes chinois) qui dispose d’un budget d’environ 900 000 euros. Aux abords de la Muraille de Chine, deux jumelles sont traquées par des bandits. L’une est kidnappée, l’autre cherche alors à la retrouver…

 

1999 - Je te rends ton amour : François Hanss, autrefois assistant-réalisateur de Laurent Boutonnat, plonge la star dans un bain de sang au milieu d’une église. Considéré comme blasphématoire, il est interdit d’antenne en version intégrale avant minuit. Il sort alors en VHS et le bénéfice des ventes est reversé au Sidaction.

 

2000 - Optimistique-Moi : cette fois, Mylène fait appel à un réalisateur de clips et de publicités, Michael Haussman, qui a notamment oeuvré pour Madonna. Il pousse la chanteuse au centre d’un cirque dont elle tente de s’échapper… comme par magie.

 

2001 - C’est une belle journée : à l’occasion de son premier clip animé, basé sur ses propres dessins, Mylène fait la rencontre de celui qui deviendra son compagnon, Benoît di Sabatino, un producteur spécialisé dans l’animation. Une suite sort deux ans plus tard sous forme de conte philosophique pour adultes, intitulé Lisa-loup et le conteur.

 

2005 - Fuck Them All : le premier extrait du nouvel album de Mylène, Avant que l’ombre…, est illustré par un clip signé par le réalisateur espagnol Agustí Villaronga (El mar).

 

1a2006 - Peut-être toi : après le dessin-animé, Mylène s’attaque au manga. Une sorte de Roméo et Juliettejaponisant qui se termine par la mort de deux amoureux, transpercés par la même flêche. La production est confiée à I.G., une société japonaise experte dans le domaine.

 

2009 - The Farmer Project : respecté dans le monde de la publicité grâce à ses réalisations classieuses pour des spots de marques de luxe, Bruno Aveillan est en charge de ce court-métrage composé de deux clips (Dégénérationet Si j’avais au moins…), d’ailleurs diffusé en avant-première ici même, sur AlloCiné ! On y découvre une Mylène créature extra-terrestre aux ondes sensuelles venue répandre l’amour sur Terre et libérer les animaux de leurs cages.

 

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Boutonnat rend hommage dans Tristana

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Laurent Boutonnat rend hommage dans Tristana au film Octobre de S.M. Eisenstein, oeuvre grandiose de propagande soviétique, qui retrace les journées de juillet et la révolution bolchevik de 1917. On y retrouve les mêmes thèmes comme celui du montage signifiant, des figures de Lénine, de l’amour sous-jacent, de la bourgeoisie et celui de la révolte envers les Tsars.

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    C’est au milieu du clip de Tristana (1987) que l’on croit voir les images d’archives de la révolution russe d’octobre 1917. Or, si c’est bien un discours de Lénine en personne dont Laurent Boutonnat s’est servi, les images des tireurs du tsar tirant sur la foule ne renvoie pas à 1917 et sont, de surcroit, nullement documentaires ! Il s’agît là de la reconstitution de la révolte de février 1905 (bien avant celle de 1917 donc) devant le palais d’Hiver de Saint-Petersbourg par le cinéaste Vyacheslav Viskovsky. Laurent Boutonnat a en effet pioché ces impressionantes (mais fictionnelles) séquences de mouvements de foule en noir et blanc dans son film Devyatoye Yanvarya (Le Neuvième de Janvier), tourné en 1925. L’effet documentaire reste très fort, d’autant plus que dans le générique de fin de Tristana, le film de Vyacheslav Viskovsky danslequel a pioché Boutonnat n’est nullement crédité.

Laurent Boutonnat, lui, voulait se servir de ces images pour illustrer la révolution de 1917 dont ne subsite qu’une seule image fixe, prise depuis la fenêtre d’un appartement de la Perpective Nevski (toujours à Saint-Petersbourg). Une reconstitution a bien eu lieu : celle de Eisentein en 1927 pour son film Octobre. C’est ce film de Eisenstein et plus particulierement son montage qu’a tenté de reproduire Laurent Boutonnat dans cete séquence.

Le film d’Eisenstein donc, Octobre (1927), est une immense fresque qui, dédiée au prolétariat de Petrograd, célèbre la révolution victorieuse de 1917. C’est un film de commande pour célébrer les dix ans de la révolution prolétarienne. On assiste à deux phénomènes : d’une part on ne peut éviter de remarquer la « poétisation » du récit, en y apportant des éléments grandioses (les scènes de foule lors de la première tentative de prise du palais d’hiver par exemple) des scènes symboliques à l’esthétisme sophistiqué (comme par exemple ce cheval qui reste pendu au pont qui se lève, et qui finit par chuter). En deuxième lieu on assiste à une représentation, à une transcription quasi picturale de l’Histoire. Transcription qui tiendrait de la pure fiction si elle n’était pas rendue authentique par une dimension documentaire, car ces évènements se sont réellement passés, dix ans plus tôt, sur les lieux mêmes du tournage.

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Les falsifications de l’Histoire 

    Eisenstein a du faire des choix. Des choix qui ne tenaient qu’à lui de respecter ou non. Par exemple, dans le rapport à la réalité, le cinéaste ne se positionne ni entièrement dans la fiction, ni dans le documentaire. S’il a certes choisi la reconstitution (c’est elle qui apporte la structure narrative au film), il se permet également de travestir parfois la réalité, de modifier certains détails, parfois importants, de l’Histoire. Eisenstein ajoute plusieurs scènes au film, qui n’ont aucun référent dans ce qu’il s’est réellement passer en 1917. Par exemple les quelques plans où Kerenski se prend pour le nouveau Tzar sont imaginaires, la scène qui conte la découverte des médailles de St Georges par les soldats aussi. Il ajoute également de superbes scènes qui, à défaut d’entretenir directement un discours de propagande, guide le spectateur vers une certaine forme de contemplation par le biais d’un vocabulaire cinématographique très esthétique, comme pour la scène (inventée elle aussi) où les caves à vin du palais d’Hiver sont saccagées. C’est ici que réside le pouvoir du cinéma ; c’est là où se trouve la faculté de mélanger réel et fiction, sans que l’on puisse distinguer les deux. Ces scènes ajoutées par Eisenstein viennent enrichir le film, et ne rendent que plus fascinantes les autres séquences inspirées du réel, qui se mêlent pour ne faire qu’une œuvre, cohérente et finalement terriblement personnelle.

    Il reste également plusieurs autres divergences entre le réel et la reconstitution filmée. Sont-ce des erreurs dues aux consultants (politiques pour la plupart) lors du tournage ou une volonté exacerbée de Eisenstein à vouloir travestir la vérité au point d’intervertir même l’ordre chronologique d’évènements historiques ? On sera surpris pour l’exemple par la statue d’Alexandre III qui n’a en fait été déboulonnée qu’en 1921 ! Ceci relever très probablement d’un choix délibéré du cinéaste qui avait semble t-il décidé de “tout” se permettre au nom de la propagande, du spectaculaire et du visuel. Les autres différences d’avec les faits réels que l’on peut remarquer relèvent plus de l’anecdotique ou du détail, comme Lénine qui en fait portait une perruque le 10 octobre, alors qu’il n’est pas représenté comme tel dans le film. Détail important ici, Kerenski est toujours représenté en officier dans Octobre alors qu’il était toujours vêtu de noir dans la vie. On a ici à faire manifestement aux choix personnel de Eisenstein, qui avait une vision très précise de son film et de l’impacte que pouvaient avoir des éléments visuels tels que les costumes que porteraient ses personnages. Une grande confusion est également commise lors du renversement du gouvernement provisoire. Alors que la proclamation de se renversement intervient en réalité à 2h10, une demi-douzaine de pendules nous indiquent des heures différentes sauf la vraie : 2h24, 2h07, 2h17, 2h35 et même 3h15. Eisenstein a peut-être voulu retrouver ici ses symboles qui brouillent le temps (comme le sphinx au début du film) et qui rendent la diegese trouble, et transforme le temps en une sorte de « chronologie irréelle ».

 

 

Reconstitution personnelle de la  réalité ou reconstitution d’une  réalité personnelle ? 

    Malgré cette mégalomanie et ce style indéniable (dû en majeure partie au montage, nouveau à l’époque), théâtre et poème en sont absents. C’est ici qu’émerge la notion de parti pris du réalisateur, il ne colle en effet pas à la réalité des faits et prend la décision d’aiguiller son spectateur, de le « persécuter » avec des cartons de titre, de porter son regard sur une souffrance bien précise plutôt qu’une autre. Eisenstein lui-même ne se définissait d’ailleurs pas comme un réaliste mais comme un formaliste. Pourtant, avant même que le film commence, il ouvre bien l’image par un intertitre qui évoque « les évènements de 1917 qui ont été reconstitués dans la plus grande fidélité » et le film qui se veut le « témoin de la naissance du pays soviétique ». Suit d’ailleurs d’une manière non innocente une citation de Lénine, héros charismatique de cette fresque cinématographique qui trouve quand même ses racines ancrées dans le réel. 

     Le résultat de ce film nous donne une œuvre où s’entrecroisent à la fois la poétisation du récit et aussi la dramatisation de l’histoire. C’est lui, Lénine (il ne s’agit en fait qu’un d’un sosie, nommé Nikandrov, Kerenski étant interprété, lui, par Vladimir Popov), que l’on voit d’ailleurs en contre-plongée, dans le vent avec un drapeau à la main, devant l’horloge juste après un intertitre l’annonçant prétentieusement comme une nouvelle Victoire De Samothrace, puissante et indestructible. Eisenstein, dans sa distribution, a bien voulu manifestement coller au réel, non seulement par la présence à l’écran d’un sosie parfait de Lénine mais aussi à en croire l’annonce faite avant le générique dans une réédition récente par la présence d’ »ouvriers, soldats, marins, et même un des chefs de l’insurrection armée, Nikolaï Podvoïski« .

    Les films réalisés en Russie après la révolution d’octobre 1917 sont « politiques », car ils posent en somme une unique question : Celle du rôle du peuple. En ce sens, ils parlent davantage au public car il participait aux évènements dont que le film retrace. Un film comme Octobre peut ici jouer un rôle de fédérateur, entre la nouvelle génération qui n’a pas connu la révolution dix ans avant, ses participants et ses victimes. Tous, après vision de ce film éprouveront sans doute la même souffrance. Et c’est par les scènes grandioses de la manifestation avortée de juin 1917 et celle réussie d’octobre de la même année que le public de ce film se remettra dans le rôle exact qu’il tenait dix ans auparavant, et prendra « conscience » de l’importance et du bien fondé de ses actions de l’époque.

 

 

Histoire ou politique ?

    Globalement, on pourrait dire que Octobre se situe du côté de l’histoire. La politique y est présente, certes, mais c’est par son arrière plan historique que le film parvient à prendre toute sa dimension. Si on prend par exemple le plan du sphinx égyptien, il connote à l’évidence l’aspect historique et quasi intemporel de ce qui est en train de se passer : « Révolution » y est référée à « pouvoir de classe », et non pas au simple combat. En somme, on semble moins s’attacher à la révolution elle même, qu’à ses causes, sa préparation, des tentatives, ses détracteurs, ses héros, ses agissements et ses conséquences. A mesure que les héros avancent, l’Histoire avance avec eux. La marche du pouvoir devient la marche d’un régime, d’un avenir. Histoire et politique y sont intimement superposées, comme le soutenait André Malraux :

« Le génie des films révolutionnaires d’Eisenstein illustre le bolchevisme, il ressuscite aussi l’épopée. »

in L’Homme précaire et la littérature, p. 211.

 

 

 

La symbolique

     Cette grande fresque de la révolution d’Octobre reste comme un document rare et précieux: elle entre dans l’Histoire, elle rencontre la politique et sur le même chemin le cinéma, avec par exemple une longue séquence lourde de sens qui nous donne à voir ce fameux « monde cassé en deux »: avec cette levée du pont qui doit isoler le quartier ouvrier du reste de la ville et stopper l’insurrection ouvrière: la rue s’ouvre lentement en deux pans coupés suspendus, créant une béance mortelle sur le fleuve. La longue chevelure d’une jeune femme morte bascule et se répand dans le vide; sur l’autre versant, un cheval blanc abattu dans sa course, glisse et pend au-dessus du fleuve, retenu par le chariot qui le rattache aveuglément à la route verticale. L’image du cheval suspendu pendant un bon moment et qui finit par une chute inéluctable toute la puissance véhiculée par cette première manifestation, avec les banderoles, à l’angle de la Sadovaïa et de la Nievski[1], qui se trouve en quelques minutes réduite à néant. On peut résumer le film à cette seule scène tant elle est forte et sonne juste dans ce que voulait faire passer visiblement S.M. Eisenstein. 

    Plusieurs plans véhiculent le même symbolisme pompier, comme par exemple cet homme en uniforme qui dort, juste après le plan du cheval mort, assoupi là comme pour dénoncer l’impuissance du gouvernement d’alors. On voit aussi ce bolchevique massacré près de la Volga. Images syncopées d’injustices. Ici encore Eisenstein montre le tout par la partie et parvient à faire passer la massacre qui est en train de se passer par la seule mort d’un homme, joyeusement lynché par un couple de bourgeois. Les situations, les personnages sont surélevés ou rabaissés, sans cesse ils sont comparés, comme pour confirmer au spectateur la teneur réelle du personnage auquel on a à faire ; par exemple au milieu du film, Kornikof est comparé à Napoléon Bonaparte d’une manière évidente. Là où les identifications deviennent troublantes et s’emmêlent, c’est quand on sait que lorsque Kérénski n’était “que” ministre des armées, les bolcheviks le surnommaient « Bonaparte au pied du lit »… Avec un humour accessible, la présentation de ces personnages tient souvent de l’ironie.

    Eisenstein orna son film de symboles, ne craignant pas de décevoir son public. Toujours de l’ordre référentiel, lorsqu’on parle de l’ordre d’arrestation de Lénine par le gouvernement provisoire, on distingue très aisément un passeur qui semblerait conduire la révolution bolchevique sur le Styx. Ce qui fait de Octobre un des plus grands films expérimentaux du début du siècle tient également aux symboles mêlant identifications grossières et effets visuels : Kerenski tient par exemple, qui tient un bouchon-couronne du Tzar pour en couvrir une bouteille à plusieurs éléments, ou lors de la scène de l’orateur au congrès, on voit des harpes avec un effet kaléidoscopique qui alterne avec le discours de l’orateur. Ces plans expérimentaux ont une origine. Pour ce dernier par exemple, Eisenstein a eu cette idée d’une citation de Lénine lui-même, qui aurait dit : « Kerenski joue le rôle de la balalaïka pour abuser les ouvriers et les paysans ».  Avec tout ça on voit bien que Eisenstein voulait un spectacle, à son nom, morceaux de bravoure à l’appui, et non une « démonstration ».

  

 

Évocation de l’amour

    Comme si Eisenstein avait le soucis de réaliser un vrai film, il mêle l’amour à son histoire. Il nous montre en effet la statue de deux personnages s’embrassant lors de la capitulation des contre-révolutionnaires (dans la séquence railleuse du « bataillon de choc »). Même si l’interprétation évidente de ce plan est celui du pays se retrouvant lui-même, de l’amour et toute l’imagerie optimiste qu’il comporte, il peut laisser entendre une autre voix, moins évidente…

    L’écrivain italien Francesco Alberoni, dans les années 70 écrit L’Amour Naissant, qui a inspiré l’écriture de l’album Innamoramento (1999). Il laisse à plusieurs reprises entendre que le fait de tomber amoureux (image présente dans Octobre par cette troublante image des statues s’enlaçant) peut se comparer à l’élan d’un peuple derrière une cause, comme celle de la révolution de 1917.

« L’amour naissant, “l’Innamoramento” italien. L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur l’Amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires » .

Francesco Alberoni

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Contexte du clip « Ne plus grandir »

Posté par francesca7 le 28 mars 2014

Dès 1985 on commence à trouver certaines fulgurances dans le cinéma de Boutonnat, comme cette statuette de la sainte vierge qui se cache le visage lorsqu’on implore son pardon, où la danse tragique qui clos le film, entraînant une Mylène Farmer qui vieillit à vue d’œil dans une valse macabre au milieu des toiles d’araignée et des candélabres. Le clip de Plus Grandir ressemble à un premier film, dans lequel on aurait voulu mettre tous ses fantasmes inavouables et ses questionnements inextricables. Le clip rassemble néanmoins de grandes références cinématographiques. On aura peu de mal entre autres à approcher le traitement anticlérical de celui des Diables de Ken Russel (1971) surtout lors de la scène où deux nones donnent des coups de pieds à la pénitente à terre. On verra aussi dans l’animation de la statue, l’influence d’un Jean Cocteau. François Hanss, futur réalisateur de clips pour Mylène Farmer (Je te rends ton amour, Immoramento) y voit même une « Jeanne d’Arc revisitée par une imagerie que même Hollywood n’a pas rêvée » (Hanss, François, «Clip ou film? Les deux. Mylène Farmer inaugure le genre», Starfix n°39, août 1986 pp.80-81.)

 

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    Plus Grandir marque les premiers investissements de Mylène Farmer dans la création artistique. C’est elle qui s’occupe des dessins du story-board, et on remarquera dans celui-ci l’épitaphe inscrit sur la tombe supposée de la chanteuse : « Mylène Farmer, Plus Grandir, 1962 – 1985 ». Or Mylène Farmer est née en septembre 1961 et non l’année suivante. Cet « oubli » sera répété lors d’une prestation télévisée, où les mêmes dates seront reprises sur un landau noir servant de décor à l’interprétation de la chanson. L’implication de la ‘jeune’ artiste ne s’arrête pas là puisque c’est elle qui confectionne la poupée de chiffons qu’on voit dans le clip. Accessoire à priori anodin mais qui revêt dans le film une importance toute particulière : C’est cette poupée qui nargue l’héroïne de sa jeunesse éternelle, qui la poursuit dans ses nuits, et ses cauchemars. En se protégeant le visage du coup de couteau asséné par Mylène Farmer, c’est elle qui déclenchera la danse du vieillissement en lui rappelant brusquement qu’elle, être humain, est périssable. C’est donc ce jouet provocant qui aura le mot de la fin : alors que le spectre de Mylène Farmer jette son bouquet sur sa tombe et s’en éloigne, la poupée assise sur une pierre tombale tourne la tête en notre direction pour nous rappeler à notre misérable condition humaine. Plus Grandir marque avant tout le premier passage de Mylène Farmer à l’écriture, c’est elle qui signe les paroles, alors que Laurent Boutonnat s’affaire à écrire le reste de l’album Cendres de Lune. Étrangement, il est très difficile jusqu’en 1995 de différentier les textes écrits par Laurent Boutonnat de ceux signés du nom de Mylène Farmer : mêmes thèmes, même tourments, mêmes inspirations, même culture, et surtout même style.

 

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    Pour financer ce scénario qu’on estime déjà très coûteux, le cinéaste fait appel au producteur de publicité Stephan Sperry qui parvient à louer durant quatre jours un des studios SETS à Stains, en Seine St-Denis et à débloquer 330 000 Frs pour financer tout le film. Toute la largeur du studio est décorée par une équipe (accompagnée du père de Mylène Farmer en personne) car Boutonnat tourne en cinémascope (format 2.35 rarement utilisé depuis les westerns des années 60). Il s’agirait ici d’un des premiers clips au monde réalisé en format Cinémascope sur pellicule film. 

    Le premier  jour de tournage se fera dans le cimetière le plus proche du studio : celui de Saint-Denis où sera installée la fausse pierre tombale portant le nom de la chanteuse et le titre du film. On parlera de Laurent Boutonnat comme seul réalisateur ayant donné à ses clips un soin cinématographique. Ceux avec Michael Jackson réalisés par John Landis (dont Thriller date de l’année de Maman à tort-1984) sont eux plus proches de la série B que du  cinéma (effets spéciaux grossiers et support vidéo à l’appui). C’est donc à partir de ce film que Laurent Boutonnat a la volonté de faire de Mylène Farmer un mythe. Il prend alors tout ce que son entourage peut lui offrir, il utilisera le caisson aquatique du studio pour trois secondes de film et embauchera des figurants pour des durées toutes aussi courtes (les deux naines, le violeur…). C’est surtout sur ce tournage que Laurent Boutonnat fait connaissance avec les techniciens qui le suivront  jusqu’en 1994, date de sa chute. Il craque d’abord pour le chef opérateur de publicité Jean-Pierre Sauvaire (Taxi-1998) avec lequel il travaillera dix ans. L’équipe des clips et des films se complétera ensuite par la monteuse Agnès Mouchel, la costumière Corinne Sarfati et François Hanss qui lui servira plutôt d’assistant.

 

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Dechavanne et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 26 mars 2014

 

6 NOVEMBRE 1986 – C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI

Présenté par Christophe DECHAVANE sur ANTENNE 2

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L’émission commence. On découvre Mylène assise sur les marches du plateau aux côtés de Christophe Dechavanne.

Christophe Dechavanne : (…) Mylène Farmer est à côté de moi. Comment allez-vous ?

Mylène Farmer : Très bien.

CD : Très bien ? Vous allez rester avec nous quasiment jusqu’au bout, c’est une fête pour nous ! Nous sommes tout à fait ravis ! J’ai appris récemment que le clip « Libertine » était nominé aux Oscars de la… (riresde Mylène) Comment ça s’appelle ?

MF : Aux… (elle cherche aussi)

CD : Aux Victoires de la Musique !

MF : Aux Victoires de la Musique, oui !

CD : Alors est-ce qu’on est pas un petit peu en même temps contente et en même temps un peu triste quand on a un clip qui est nominé et qu’on l’est pas soi-même ? Est-ce qu’on est très embêté de ça ?

MF : Embêté, non. Je pense que c’est une très bonne chose, d’abord pour le réalisateur. Je pense que c’est honorer un travail qui est très beau. Et moi, indirectement, de toutes façons, je suis citée au travers de ce clip, donc c’est très bien !

CD : Oui, donc c’est bien.

MF : Faut être philosophe, vous savez !

CD : Qu’est-ce que vous pensez de ces cadeaux, de ces prix qu’on donne à travers que ce soit la télévision, le cinéma, la chanson maintenant ?

MF : Moi, je vais vous dire quelque chose : j’aime l’esprit du concours, mais c’est vrai que le moment crucial, la cérémonie, c’est quelque chose que je n’aime pas.

CD : Ben c’est-à-dire que c’est quelque chose qui développe les jalousies, les aigreurs et tout ça, forcément au moins pendant cinq minutes !

MF : Oui. Certainement, certainement. Mais je pense que vous avez subi les mêmes phénomènes ! (Mylène fait allusion aux 7 d’Or)

CD : Non, non, pas du tout ! (rires) Parce que moi je le savais, donc c’était pas la surprise !

MF : Oui, bien sûr.

CD : Non mais c’est bien, et puis ça donne l’occasion aux gens du métier de se rencontrer, de se voir. Vous y allez aux Victoires ?

MF : Non ! Non, non !

CD : Vous êtes pas là ?

1986-12-dMF : J’ai quelque chose d’important à faire et malheureusement je ne peux pas ! (grand sourire)

CD : Vous avez du travail ! Hé oui ! Une émission de télévision, par exemple !

MF : Par exemple, oui ! (rires)

CD : Alors moi je vous propose, étant donné que c’est vrai qu’on connaît Mylène Farmer avec « Libertine » très, très bien, c’est un titre que nous entendrons à la fin de l’émission, mais « Libertine » c’est pas « un » disque, les chanteurs font plusieurs choses ! Et là, il s’agit d’un album, et sur cet album il y a donc « Libertine » et il y a également « Au Bout de la Nuit », qui est un titre que vous aimez bien ?

MF : Que j’aime bien, oui, et que j’ai écrit.

CD : Oui ? Ha ça c’est très bien, donc on va en profiter tout de suite : Mylène Farmer, « Au Bout de la Nuit ».

Mylène se lève et va rejoindre un coin du plateau où se trouve un grand billard à tapis bleu. Elle interprète donc « Au Bout de la Nuit », les cheveux lâchés (elle a ôté son nœud pendant le jingle).

 

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Mylène dans Aujourd’hui la Vie

Posté par francesca7 le 26 mars 2014

 

16 SEPTEMBRE 1986 – ANTENNE 2- Présenté par Richard MICHEL et Martine MAULÉON

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Richard Michel : Bonjour, Mylène Farmer.

Mylène Farmer : Bonjour.

RM : Dites-moi, est-ce que comme vous le dites dans la chanson, est-ce qu’il est nécessaire d’être libertine pour être…

MF : Pour être une catin ? (rires) Ecoutez, je me plais à le croire.

RM : Vous pensez ?

MF : Je ne sais pas, je veux pas faire de généralités. Ca m’amuse de le dire, en tout cas.

RM : Bon. Claude Lambert, vous êtes journaliste à France-Soir, vous êtes notre invité. Vous avez déjà écouté les chansons de Mylène Farmer ?

Claude Lambert : Oui, oui, beaucoup. Et puis en plus, on a fait souvent des reportages sur elle et je trouve qu’elle a une personnalité attachante. Elle ne chante pas pour ne rien dire et puis en plus elle a beaucoup de charme, elle passe bien à l’écran. C’est pour cette raison qu’on fait souvent de nombreux efforts sur elle parce qu’elle le mérite. (Mylène semble très flattée)

Le thème des enfants autistes est ensuite abordé avec différents intervenants. Un peu plus tard dans l’émission, l’animateur lance une séquence où Mylène interprète « Chloé », cheveux lâchés, assise en tailleur et habillée d’une large chemise blanche et d’un petit bermuda blanc également. Mylène livre une interprétation saisissante de la chanson, en jouant beaucoup à la fois avec son regard et ses mains.

 

 

 

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C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 mars 2014

 

Émission du 11 SEPTEMBRE 1986 – Présenté par Christophe DECHAVANE – ANTENNE 2

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Après que Mylène ait chanté « Libertine » sur le plateau, elle va s’installer sur le canapé. Christophe Dechavanne accueille alors un chroniqueur, Alain, qui vient présenter un sport de plage, le beach-ball, dans un petit bermuda bariolé et en tongs. Il veut faire une démonstration avec l’animateur, mais celui-ci incite Mylène à prendre sa place !

Alain : On va faire une petite démonstration.

Christophe Dechavanne : Et pourquoi vous voulez pas jouer avec Mylène qui est à côté de nous ?

A : Mylène, voulez-vous essayer ?

CD : Vous voulez jouer avec ça ? C’est vous qui aller jouer avec Alain, tenez !

Il tend sa raquette à Mylène pendant qu’elle se lève du canapé pour les rejoindre.

CD : En plus vous avez la tenue du beach-ball, vous avez tout ce qu’il vous faut !

Mylène saisit la raquette et se met en place face à Alain.

CD : Voilà, Mylène Farmer et Alain ! Je sens que ça va être formidable !

Mylène pousse un petit cri et fait une révérence au public.

A : C’est une balle qui rebondit énormément…

Mylène Farmer : Oui mais on change de place !

Ils inversent leur position

CD : Très bien. Vous nous dites, hein, comme vous voulez !

MF : C’est pour le profil, vous comprenez ! (rires)

CD : Ha bon très bien !

MF : Et qu’est-ce qu’on fait, là ?!

CD : Ha ben je ne sais pas, vous voyez ça avec Alain ! (…)

Mylène et Alain échangent quelques balles.

CD : Ha, vous êtes pas mauvaise, hein ! (…)

MF : (elle tend sa raquette à Christophe Dechavanne) Vous pouvez me la tenir ? C’est mieux à deux !

(Dechavanne tient la raquette avec Mylène et se met derrière elle) Non, plus serré, s’il vous plait ! (le public siffle)

Alain lance une balle et Christophe Dechavanne fait dévier la raquette de Mylène pour qu’elle rate la balle, ce qui fait rire Mylène.

CD : (faussement réprobateur) Bravo, Mylène Farmer !

Alain vante ensuite les mérites de ce sport.

MF : (à Christophe Dechavanne) J’aime pas son short ! (rires)

Alain fait mine de se vexer et tout le public rit de la réflexion de Mylène. Christophe Dechavanne relance le sujet de la chronique.

A : (…) C’est un sport assez simple mais qui permet d’avoir beaucoup de joie.

CD : (ironique) Oui. Beaucoup de joie.

MF : (sur le même ton) Formidable ! (Elle éclate de rire)

CD : Qu’est-ce qui vous fait rire ?

MF : Non… (elle retient un rire)

A : Vous voulez essayer à nouveau, Mylène ?

MF : Avec plaisir ! Mais toujours avec monsieur Dechavanne !

CD : Ha ben alors, attendez !

Il se replace derrière elle et saisit la raquette. Mylène lance la balle, fait quelques échanges puis Christophe

Dechavanne la pousse en avant. Elle ramasse la balle et salue le public qui applaudit.

CD : Merci Mylène d’être venue !

MF : Merci !

CD : On se revoit bientôt ?

MF : Avec plaisir !

CD : Reste avec moi ! (Il la prend par la taille)

1986-09-cAlain présente alors un livre consacré à la mer. Christophe Dechavanne fait alors des mimiques et des petits commentaires qui font pouffer de rire Mylène. Il lui fait une grosse bise et annonce Jackie Quartz.

Plus tard dans l’émission, après que Julie Piétri ait chanté son tube « Eve, lève-toi », Mylène est à nouveau aux côtés de Christophe Dechavanne. Celui-ci explique la nouvelle formule de la rubrique du « Play-Mec ».

CD : Je voudrais simplement expliquer à Mylène et à vous en même temps le nouveau procédé du « PlayMec ». Car vous le savez Mylène, il y a un nouveau procédé

MF : Hmm ?? (rires) Une nouvelle recette ?

CD : (…) Pour sélectionner le jeune homme qui va se déshabiller le vendredi, hé bien on en fait venir un le lundi

- il est venu – le mardi – il est venu également…

MF : (elle l’interrompant en le couvant d’un regard de velours) Ce que j’aime le plus, c’est vos yeux !

Gros blanc. Christophe Dechavanne reprend son explication en bafouillant, complètement troublé !

CD : C’est épouvantable, ce que vous me faites parce que je perds tous mes moyens !

Mylène éclate de rire et se rapproche de lui. L’ambiance devient de plus en plus torride et Christophe

Dechavanne expédie son explication sous les rires de Mylène.

Après la prestation du Play-Mec, Christophe Dechavanne rejoint le bar de l’émission où se trouve l’invité principal de l’émission, Jean-Luc Lahaye, accompagné de Mylène pour lancer la chanson de fin de l’émission.

CD : On va se dire au revoir, Jean-Luc…Mylène aussi !

MF : Oui… C’est dommage !

Jean-Luc Lahaye chante ensuite une chanson en hommage à Coluche (disparu trois mois plus tôt). Après la chanson, tous les trois se retrouvent à nouveau pour dire au revoir aux téléspectateurs

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ANTENNE 2 MIDI présente Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 mars 2014

 

1er SEPTEMBRE 1986 – émission Présenté par Noël MAMAIRE  sur ANTENNE 2

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En cette rentrée 1986, le succès de « Libertine » ne fait que croître et son clip exceptionnel fait beaucoup parler de lui. A ce titre, c’est un petit évènement qui se produit puisque Noël Mamère, alors présentateur du JT, reçoit sur son plateau Mylène Farmer accompagnée de Laurent Boutonnat afin que ceux-ci parlent de leur succès, de leurs débuts et de leur collaboration. Assis tous deux chacun d’un côté du journaliste, ils portent l’un et l’autre une veste noire.

Noël Mamère : (il fait réagir Mylène sur le reportage qui vient de s’achever, consacré aux plages et au surf)

Est-ce que vous avez déjà fait du surf, mademoiselle Farmer ?

Mylène Farmer : Heu…non, parce que l’eau est un élément qui m’effraie, donc je préfère l’équitation !

NM : Vous avez fait beaucoup d’équitation, racontez-nous.

MF : Oui, j’en ai fait pendant cinq ans.

NM : Vous étiez forte ?

MF : Forte, je pense que oui, j’avais un bon niveau. J’avais envie de faire une carrière, mais j’avoue que j’ai abandonné l’idée à 18, 19 ans.

NM : Et vous étiez une très, très bonne cavalière. Vous avez failli même être écuyère, je crois ?

MF : (elle se redresse sur son siège, tout sourire) Non, n’exagérons pas ! (rires) Vos renseignements sont erronés.

NM : Bon. Vous êtes en compagnie de Laurent Boutonnat, parce que Laurent Boutonnat travaille beaucoupavec vous. C’est lui-même, je crois, qui vous a incité à faire de la chanson.

MF : C’est-à-dire que oui, on s’est rencontrés et lui est compositeur, donc, a une passion pour la musique, pour le cinéma également…

NM : On va en parler avec lui.

MF : …et donc m’a proposé avec une autre personne la première chanson, qui était « Maman a Tort ». Et depuis, voilà, nous travaillons ensemble.

NM : Alors comment bascule-t-on comme ça d’un coup de l’équitation à la chanson ?

MF : Une bonne étoile au-dessus de ma tête, certainement. Beaucoup de chance, et puis depuis deux ans beaucoup de travail, aussi.

Laurent Boutonnat : (suite à la question de Noël Mamère) Parce qu’on tombe de cheval !

1986-07-cNM : On tombe de cheval ! (il se tourne vers Laurent Boutonnat) Laurent Boutonnat, c’est la voix, le physique de Mylène Farmer qui vous avaient séduit ou ce sont les deux à la fois ?

LB : Oui c’est les deux à la fois, parce qu’on recherchait quelqu’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était « Maman a Tort », qui était une chanson un peu spéciale qui se passait dans un hôpital psychiatrique, d’une petite fille. Et le jour où Mylène est arrivée, elle était…elle était parfaite, quoi ! C’était le personnage. (rires de Mylène)

NM : Parce qu’elle avait l’air un peu pervers, ou pas ?

LB : C’était pas tellement pervers, c’est plutôt…psychotique, je dirais. Quelqu’un d’un peu renfermé, comme ça…

NM : Une sorte d’ambiguïté, quoi ?

LB : Oui, oui, très bizarre. Ca a été elle tout de suite, quoi. Même avant de l’entendre chanter.

NM : Alors, vous lui avez écrit « Libertine », qui est un véritable succès, qui a fait un tabac cet été (il présente à la caméra le 45-tours deuxième pochette de « Libertine »)

LB : Ben c’est en train de faire un tabac. Enfin, je suis ravi que ça marche.

NM : Alors c’est un texte qui est aussi un petit peu pervers, ou peu ambigu, comme on voudra.

LB : C’est un texte qui n’est pas très simple, peut-être. Mais curieusement, c’est assez drôle d’ailleurs d’entendre – c’est curieux que ça marche, enfin je suis ravi que ça marche – mais c’est drôle d’entendre dans la bouche des enfants chanter « Je, je suis libertine/ Je suis une catin », ce qui change un peu !

NM : ça a l’air de vous amuser, vous devez bien rire dans votre manteau ! (rires de Mylène)

LB : Non, non, je suis très, très heureux !

NM : Hé bien, on va écouter un extrait du clip que vous avez réalisé sur « Libertine », avec Mylène Farmer et puis après, on parlera ensemble de votre collaboration et de l’idée que vous vous faites de votre métier.

LB : Oui…

MF : D’accord.

Un extrait du clip de « Libertine » est diffusé (de la séquence du bain jusqu’à la séquence de séduction entre Libertine et son amant).

NM : Voilà. Les amateurs de cinéma verront un clin d’œil à « Barry Lindon » et à tous les styles du XVIIIème.

MF : C’est vrai…On dit « Barry Lindon », c’est vrai qu’il y a une couleur, je crois que c’est une ambiance. Et puis les gens n’ont de référence que ce film qui retrace le XVIIIème siècle, le libertinage : c’est «Barry Lindon ».

NM : C’est un clip, un film, qui dure onze minutes. C’est pas très vendable, ça, à la télévision pour passer dans un journal, par exemple !

MF : C’est vrai qu’il y a des passages…Oui, c’est dommage. Mais je pense qu’il y aura une promotion cinématographique, c’est-à-dire dans les salles de cinéma, c’est en attente, c’est en pourparlers. Ce serait l’idéal pour ce clip. (ce projet n’a malheureusement pas abouti, ndlr)

NM : Et vous pensez que ça aide beaucoup à la promotion d’un disque, la fabrication d’un clip très, très sophistiqué comme celui-là ?

MF : Moi je veux pas faire de généralités. Je pense qu’en ce qui me concerne, le travail qui est fait depuis deux ans pour moi c’est essentiel d’avoir ce clip et le clip précédent, parce que c’est un travail d’image et puisc’est…oui, c’est enrichir, je crois, un personnage, déjà, et puis une chanson, pourquoi pas.

NM : Pour vous, les deux sont indissociables aujourd’hui, si j’ai bien compris ?

MF : Pour moi, indissociable réellement, mais parce que Laurent Boutonnat, parce que –vous parliez de mentor tout à l’heure- pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène, mais dans toute sa généralité.

NM : Et ça vous donne le goût de faire du cinéma ?

MF : Je rêve de faire du cinéma, là, depuis que je suis toute petite et j’espère en faire un jour. Mais tout ça, ce sera aussi très réfléchi.

NM : (il se tourne à nouveau vers Laurent Boutonnat) Alors vous justement, Laurent Boutonnat, depuis que vous êtes tout petit, depuis que vous avez dix ans je crois, vous faites du cinéma. Et de la musique, mais aussi du cinéma.

LB : Oui. C’est-à-dire, j’ai fait du piano, j’ai appris la musique et l’harmonie très jeune, et j’ai commencé à faire des films très jeune aussi, à 10 ans comme ça, en Super 8, des petits films. Et c’est toujours deux choses quej ’ai fait… j’ai toujours fait des petits films, j’ai fait la musique de mes petits films. Enfin, c’est toujours desactivités que j’ai fait, comme ça…

NM : Vous aviez une formation de classique, de conservatoire ?

LB : Pas de conservatoire, mais des cours de piano. J’ai commencé à faire du piano à 5 ans, jusqu’à 13, 14 ans. Et puis après, j’ai tout envoyé balader mais je m’y suis remis quand même !

NM : (il s’adresse à Mylène) C’est marrant parce qu’on assiste en ce moment à une éclosion de jeunes femmes comme vous qui ont des visages très doux, on leur donnerait le bon Dieu sans confession, si je puis dire…

1986-07-aMF : C’est vrai…

NM : …et puis qui susurrent, qui chantent des chansons très, très libertines.

MF : Je crois que c’est là que réside toute la perversion de l’histoire ! (rires)

NM : Vous croyez que c’est un phénomène d’époque, ça ?

LB : Non, mais je pense que c’est plus intéressant de travailler…parce qu’une chanson, c’est bien, mais c’est un peu…c’est quelque chose de très simple, mais travailler autour de ça, l’image et tout ce que ça comporte, ça c’est passionnant.

NM : Bien. Hé bien écoutez, merci d’être venus à Antenne 2 Midi, Mylène Farmer et Laurent Boutonnat.

MF et LB : (ensemble) Merci !

NM : Je rappelle ce titre, « Libertine », mais qui est déjà très, très connu. Il doit être dans le Top 50 déjà, non ?

MF : Ca y est, oui. La Bible du français, actuellement c’est le Top 50 ! (rires)

NM : Ha ben oui, c’est ça ! J’écoute la radio, je sais que le Top 50 c’est une référence.

MF : C’est vrai, nous sommes dans le Top 50. Ca veut dire que le disque se vend, voilà, que l’artiste fonctionne.  ressemblance

NM : Tant mieux pour vous !

 Noël Mamère lance ensuite un reportage sur le pianiste Jean-Paul Farré, auquel il trouve une capillaire avec Laurent Boutonnat, ce qui fait rire ce dernier !

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POLLEN présente Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 20 mars 2014

 

4 JUIN 1986 – émission Présentée par Jean-Louis FOULQUIER – FR3

1986-05-bC’est la toute dernière édition de ce programme phare de Jean-Louis Foulquier. Il est alors entouré de nombreux chanteurs comme Julie Pietri, Alain Bashung, Bernie Bonvoisin… Mylène est présente pour chanter « Libertine » et le rejoint pour un entretien… libertin !

Jean-Louis Foulquier : Je voulais vous présenter une petite libertine, c’est un petit cadeau, comme ça, pour la dernière de Pollen. C’est Mylène Farmer…

Mylène, robe longue devant et très courte derrière et pieds nus, interprète « Libertine » devant un décor représentant une façade avec « Aviatic » écrit en néons. La chanson terminée, elle va s’asseoir sur un tabouret aux côtés de Jean-Louis Foulquier.

JLF : Mylène Farmer, « Libertine »…Quand je pense que la petite Mylène a reçu son éducation dans une institution religieuse (Mylène éclate de rire), je me demande la tête de la mère supérieure devant sa télé ce soir !

Mylène Farmer : Bah rassurez-vous, elle est décédée (rires), et elle doit se retourner dans sa tombe !

JLF : Et alors, c’est de la provocation pure et simple, comme ça de montrer ses fesses à la télé ? Fesses au demeurant agréables !

MF : C’est un plaisir, mais maintenant si ça vous dérange (rires), je peux changer !

JLF : Non !

MF : Non ? (rires)

JLF : Tu peux même remettre ça, si tu veux ! Ca sera un réel plaisir !

MF : Non, non je m’amuse beaucoup…

JLF : Tu t’amuses beaucoup. Mais, ce côté provocant à la télévision, finalement tu l’as pas dans la vie ? T’es plutôt réservée, quand on te connaît un petit peu dans la vie, qu’on te croise…

MF : Je suis réservée, mais je pense que ce n’est pas incompatible. J’ai des heures où j’ai envie de m’exhiber, comme tout le monde. (elle lui pose la main sur son bras, et ronronne avec un regard explicite !)

JLF : Ben, si tu veux me donner ton planning, on va se croiser à ces heures-là si tu veux ! (rires)

MF : D’accord…

JLF : Mylène, on va écouter maintenant une dernière chanson de Vivien Savage, qui est un beau personnage, je le disais tout 1986-05-aà l’heure, dans la chanson. Je voudrais qu’il nous chante « La Petite Lady », si tu veux aller t’installer, c’est un tube…

Vivien Savage : Pour Mylène Farmer, je chante « La Petite Lady » (il fait une courbette et Mylène glousse)

JLF : Voilà, au revoir Mylène.

MF : Merci !

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POUR LE PLAISIR : la voix de Mylène F.

Posté par francesca7 le 20 mars 2014

 

FR3 ALSACEDU 20 AVRIL 1986 – Présenté par Christian DANIEL

1986-02-aMylène chante « Maman a Tort » puis rejoint Christian Daniel et s’installe sur un tabouret.

Mylène Farmer : Merci beaucoup !

Christian Daniel : Mylène, « Maman a Tort ». Mylène, j’ai relevé quelques-unes des paroles dans vos chansons et j’ai le sentiment un petit peu, votre sourire a l’air de me démentir, que vous aimez chanter un petit peu la mélancolie et la tristesse. Je me trompe ?

MF : C’est vrai, je dois être une personnalité un peu mélancolique. Il y a quelqu’un de très célèbre qui disait que la vie pourrit l’esprit et que la mort pourrit le corps. Je sais que c’est très philosophique et très macabre, mais parfois il y a des moments qui sont prodigieux dans la vie aussi.

CD : Est-ce que vous êtes comme ça dans la vie ?

Mylène hausse les épaules d’un air amusé.

CD : Mylène, je relève : « La vie est triste/Aimer c’est pleurer/J’aime ce qu’on m’interdit/Les plaisirs impolis »…

MF : C’est vrai, je pense qu’il y a des moments qui sont terriblement cruels dans la vie et également des moments qui sont prodigieux. Je dois être certainement quelqu’un de mélancolique, mais je  pense pas que ça soit incompatible avec ce métier et avec la joie de vivre.

CD : Est-ce que vous n’essayez pas également un petit peu dans vos chansons de provoquer, d’être un petit peu provocante ?

MF : Si, ça depuis le début ! « Maman a Tort », après y avait « On est Tous des Imbéciles », maintenant « Libertine », c’est vrai que j’ai le goût de la provocation mais c’est un peu le but de…comment dire ?…de vouloir défaire les choses, un peu, provoquer, oui…

CD : L’album, avec en titre le nouvel album (single, ndlr) « Libertine ». Alors, vous dites carrément « Je suis une libertine, je suis une catin » : ça, c’est de la provocation, ça !

MF : Oui, à cela je vous réponds que nous sommes tous la prostituée de quelque chose ou de quelqu’un, certainement oui !

1986-02-cCD : Ecoutez, on va écouter « Libertine ». Auparavant, je vous prends par la main pour votre amener sur notre étoile. Mylène Farmer : « Je suis libertine » (sic !)

Il joint le geste à la parole, et Mylène chante sa chanson en effectuant la chorégraphie.

Elle revient à la fin de l’émission pour le générique de fin, au milieu des autres invités et porte un grand bouquet de fleurs dans les bras.

 

 

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Zouc et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 20 mars 2014

 

 

ZOUC : « Y’a d’la merde dans le tuyau ! » 

Zouc et Mylène Farmer dans Mylène et L'ENTOURAGE alearule

 

 

le café-théâtre de la vieille grille , dans le IVe arrondissement    Zouc (de son vrai nom Isabelle von ALLMEN, née en 1950 à Saignelégier, dans le Jura suisse), débarque à Paris au cours de Tania Balachova, où elle fait sensation avec sa dégaine et sa démesure impayables. Elle ne tarde pas, durant la saison 69-70, à être engagée au Café-Théâtre de la Vieille Grille où Maurice Alezra offre une première chance aux jeunes talent singuliers de l’époque. En une semaine, Zouc est révélée. 

 

 

     Mylène FARMER avait rencontré la comédienne « comique » Zouc sur le plateau de Mon Zénith à moi… mais toute seule quelques mois auparavant. De leur fascination mutuelle est née l’envie de partager l’écran dans ce conte étrange, d’une grande tristesse. La production avait traité Zouc comme une reine, sa participation au clip était inespérée. Il lui ont même mis à disposition une voiture pour elle seule avec chauffeur pour parcourir la distance entre son hôtel et les lieux de tournage. Zouc était une femme instable, que beaucoup disaient folle. Elle était sortie d’une très grave dépression au début des années 1980, avant son retour sur le devant de la scène, en 1987 avec son spectacle L’Alboum. Après le tournage du clip, Zouc aurait visiblement rechuté…

« Je suis un steak haché suspendu à une corde à linge par jour de grand vent »

contrefa

 

contrer dans Mylène et L'ENTOURAGE    De 1988 et pendant 18 ans personne ne sait ce  qu’elle est devenue. On dit qu’elle a été depuis fin 1988 déplacée d’hôpitaux en hôpitaux psychiatriques… Interrogée à ce sujet en 1996 par Paul AMAR, Mylène FARMER avouera ne pas savoir non plus ce qu’est devenue Zouc. Elle se  rappellera seulement lors de cette émission de son « comportement étrange lors du tournage ». Mais Zouc n’est pas folle, et ne fait rien pour démentir. Elle avait juste passé 18 mois à l’âge de 16 ans dans un hôpital psychiatrique : 

« Après, j’ai abordé le monde différemment. J’ai compris qu’il fallait savoir faire mal pour vraiment aider quelqu’un, et qu’il faut toujours dire ce qu’on ressent, surtout aux gens perdus. »

    On avait noté quand même son apparition dans un film : Roi blanc, dame rouge, de Sergueï Bodrov (1993). Puis plus rien. Ce n’est que 13 ans plus tard qu’on apprendra qu’en 1997, Zouc a été opérée d’un cancer du sternum. Malheureusement, elle contracte à cette occasion une infection nosocomiale. Elle passe neuf fois de suite sur la table d’opération. On lui enlève les côtes. La nuit sous assistance respiratoire, le jour sous morphine, pouvant à peine marcher, elle est alors très diminuée physiquement. Elle réapprend à vivre lentement dans son Jura natal, avec un appareil respiratoire harnaché. Zouc ne remontra plus jamais sur scène.

« je suis encore là. Oh, pas dans un bon état, mais enfin, je suis
là, et je peux voir mon cœur battre sous ma peau. Je le vois d’autant
mieux qu’on m’a enlevé des côtes et que je n’ai plus de sternum. »

    Jérôme Garcin a interviewé Zouc en septembre 2006, on lit dans son article qu’elle réapprend doucement à vivre, retrouve son passé, malgré le harnais et l’assistance respiratoire :

« J’ai été frappée par la maladie. Le verbe «frapper» dit exactement ce qui m’est arrivé. Ça fait très peur, la maladie. Et puis je suis entrée dans un long tunnel. On m’a mise tout au fond d’un tiroir. J’aurais dû y rester. C’était fini. Je l’avais accepté. J’étais dans les bras de tout en haut, et j’ai tout lâché. Je vis aujourd’hui une expérience étrange : pendant dix ans, j’ai fait le chemin pour partir, et je suis encore là. »

« Je redécouvre tout comme si je venais au monde, chaque jour, je grandis un peu plus. Ce matin, j’ai humé les parfums d’un potager, c’était extraordinaire, presque enivrant. Lire près d’un feu de cheminée, prendre une douche seule, pour moi, ça tient du miracle. J’ai encore du mal à m’y faire. Tout revient peu à peu, mais c’est lent. Vivre, voyez-vous, est un très long apprentissage. »

« C’est au moment où la vie me pousse à retrouver mon passé à petits pas que je suis frappée par la dureté de mes souvenirs. Trente ans plus tard, malgré la maladie, peut-être à cause de la maladie, il me semble que je suis aussi violente, et même peut-être plus. »

 

    Jusqu’en décembre 2006 Nathalie Baye joua « Zouc par Zouc » au théâtre du Rond Point à Paris. Pièce tirée du livre du même nom où Hervé Guibert avait réussi à recueillir ses confidences. Bien que passant la plupart de ses journées à Paris, Zouc ne sera pas allé voir « sa » pièce : elle évite les lieux publics par peur des germes, et par ce mystère pourtant non entretenu, entre dans la légende.

Jodel Saint-Marc, décembre 2006.

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Mylène Farmer et Sophie Tellier

Posté par francesca7 le 20 mars 2014

Voici l’interview qu’a accordé Sophie Tellier au magazine Platine en février 1997. Elle évoque ses tournages sous la direction de Laurent Boutonnat. La chorégraphe de Mylène Farmer mène la danse…

Mylène Farmer et Sophie Tellier dans Mylène et L'ENTOURAGE alearule

 tristana05

portrait de Sophie Tellier    Sophie Tellier s’occupe de la coordination des chorégraphies pour Mylène Farmer de 1986 à 1991. Elle recrute les danseurs et danseuses, leur apprend les mouvements, les enchaînement et veille à leur bonne synchronisation. Elle sera également chargée du casting des danseurs pour le concert de 1989. On peut d’ailleurs la voir dans les  chorégraphies lors des promotions de Tristana (1987), Pourvu Qu’elles Soient Douces (1988) et Sans Logique (1989). Ensuite, on la reverra dans les danseuses lors de la promotion de Désenchantée en mars 1991 où elle occupe toujours les mêmes taches. Suite à ça, elle décide de se consacrer entièrement à sa propre carrière et part en tournée avec une troupe de théâtre. Christophe Danchaud (qu’elle avait présenté à Mylène Farmer en 1987) assurera la relève pour le travail chorégraphique  auprès de la chanteuse. Il travaillera encore avec elle de longues années, quoique disparaissant de la scène pour les tournées postérieures à 1999..

 

 

Sophie Tellier compte toutefois revenir en 1993 auprès de Mylène et Laurent Boutonnat sur le tournage deGiorgino où on lui a proposé un rôle. Elle passera aussi par Canal Plus en 1994 où elle participera aux sketches d’Antoine DeCaunes. Elles joue encore aujourd’hui plusieurs pièces et comédies musicales à Paris et en Province. Elle est d’ailleurs remonté une nouvelle fois sur scène en septembre 2000 pour une comédie musicale :Du Vent dans les branches de Sasaffras. Elle a aussi joué dans le film de Jean-Pierre Jeunet Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (Dans la scène où Bretodeau se remémore son enfance avec la petite boîte, il se rappelle aussi des combinaisons de la tante Josette qu’il regarde par un trou caché par une photo… Cette tante Josette, c’est Sophie Tellier).

Elle participe après 2000 à plusieurs pièces de théâtre et comédies musicales comme Piaf, je t’aime (au Théâtre dy Gymnase à Paris), Roberto Zucco (aux bouffes du Nord), elle incarne Camille Claudel en 2005 dans Camille C.(au théâtre de l’oeuvre), puis partage l’échec du Clérambard (de Marcel aymé) conçu par Bigard en 2008.

alearule dans Mylène et L'ENTOURAGE

 

INTERVIEW

Sophie Tellier :     « Après avoir rencontré Mylène au festival du clip de Juan-Les-Pins en 1984, elle m’a rappelé pour travailler sur le corps, le physique et la danse, en séances particulières chez elle. A la suite de ça, Laurent Boutonnat à écrit le clip de Libertine, et m’a proposé de tenir le rôle de la méchante. »

Étiez-vous surprise de sa démarche ? Avant elle, les clips français étaient plutôt simplistes…

tristana119    J’étais surprise sans être surprise, parce que Laurent et elle véhiculaient un univers très personnel, que j’adorais. Je suis folle du XVIIIe siècle, je suis très grandes robes, duels, calèches. Depuis que je suis une toute petite fille, la seule chose qui m’intéresse, c’est d’être une marquise ! (rires) Même la danse classique, quand j’étais ballerine, nous amène dans cet univers un peu gothique, les cimetières… C’est intéressant de le remettre au goût du jour, c’était parfaitement assorti aux chansons et chacun des trois tournages fut un bonheur. Mylène m’a donné la chance de jouer des personnages de composition. J’étais toute jeune et je jouait des personnages de quadragénaires. A l’époque, je n’avais pas encore fait de courts-métrages, elle m’a donc vraiment mis le pied à l’étrier. Ca a un peu projeté la lumière sur moi, parce que nous représentions une entité, à nous deux. Moi, j’étais le mal, elle était le bien, on fonctionnait en opposé.

  

Étiez-vous très dirigée ?

    En me proposant le rôle, Laurent savait que j’allait en faire des kilos, que j’avais une démesure expressionniste, presque baroque, qui convenait à ce qu’il cherchait. Donc il me laissait une vraie marge de manœuvre. Il tournait souvent que deux prises. A la troisième il disait : « - Je ne coupe pas, fais ce que tu veux. » Alors j’enlevais ma perruque, je délirais…

Comment s’est déroulé le tournage de Tristana, dans le Vercors ?

tristana154    C’étais un peu Blanche-Neige et les Soviets, une ambiance de contes de fées qui parlait à mes origines bretonnes. Il y avait tout un début parlé, ce qui était très rare dans les clips, et en russe pour corser le tout ! Une interprète est venue nous faire répéter. J’étais complètement néophyte, contrairement à Mylène qui a un petit peu appris cette langue à l’école. J’ai une photo où je fais du bobsleigh des neiges avec elle, on est méconnaissables sous nos chapkas et nos lunettes… Ils m’ont proposé de passer pendant le montage, et c’était très dur de me découvrir à l’écran. Au moment où on le vit, on ne se rend pas compte de l’impact que ça peut avoir. J’étais aveuglée par mes yeux blancs de sorcière, j’avais les machines qui me tenaient les mains et les bras quand je courais… Au montage, j’étais hyper choquée. Et encore, Laurent l’a édulcoré ! Je ne pense pas qu’il ait gardé les rushes.

Vous vous étiez vue dans le premier clip ?

    Ils ont été assez malins. Par exemple, quand je crache le sang, ils m’interdisaient de ma regarder dans un miroir. On m’a nettoyé entre les deux prises sans que je ne voit rien. Je savais bien que j’étais un personnage féminin un peu extrême mais quand je l’ai vu à l’écran, j’étais très étonnée. Aujourd’hui, quand je retombe par hasard sur une rediffusion, ça me fait rire. Les gens me reconnaissent d’avantage dans la rue parce qu’avec dix ans de plus, je ressemble plus au personnage ! (Rires.)

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Collaborer avec Mylène et Laurent devait être quelque chose d’éprouvant,. Quelqu’un de timide aurait été balayé, à côté des exubérances de son manager Bertand LePage… Vous sentiez-vous plus solide qu’une autre fille de votre âge ?

tristana122    Je n’ai jamais eu de problèmes avec Mylène et  Laurent, à part quelques non-dits… Bertrand est quelqu’un d’incroyable, il a été à la base de tout. Moi, je ne pouvais pas péter les plombs. Il fallait que je reste à ma place (Bertrand LePage a fait un scandale lors de la réception donnée en honneur de Mylène FARMER à l’école des beaux arts en décembre 1989. Elle s’en sépara quelque jours plus tard. NDCP). Je sentais que Mylène avait confiance en moi, et que je pouvais m’appuyer sur elle en retour. Elle était très introvertie, très parano. Elle avait besoin de travailler avec des pointures qui ne soient pas stars, qui aient bon caractère. J’étais chargée de former les équipes avec qui elle allait bien s’entendre. D’ailleurs, elle a continué à travailler avec tous les gens que je lui ai présentés.

Après Pourvu Qu’elles Soient Douces, on ne vous voit plus dans les clips mais vous réglez les chorégraphies du EN CONCERT 89… (On voit Sophie TELLIER dans le clip de A quoi je sers en 1989 NDLR)

    Oui, j’ai fait le casting des danseurs et des danseuses de Sans Conterfaçon et j’ai participé aux télés jusqu’en 1991. Là; je me suis dit que je devais travailler pour moi, me lancer dans la comédie.

Avez-vous regretté de ne pas être de l’aventure Giorgino ?

tristana06    Au début j’avais un rôle. (celui de Marthe, encore une rivale! NDLR.) J’ai été écartée quand ils ont opté pour une distribution internationale. Ca m’a fait un peu de peine et je me suis détachée. J’ai l’impression que Mylène n’a jamais voulu le comprendre. On en a vaguement parlé, mais elle n’a pas dû saisir que c’était important pour moi. Quand j’ai vu le film, j’étais un peu déçue. Les images étaient splendides, mais c’était trop long… Laurent était plus carré dans ses clips, plus efficace. Il est très sûr de ce qu’il veut, il ne fait pas n’importe quoi n’importe comment. Je crois qu’il a fait ce qu’il a voulu. Il voulait un film à la David LEAN, très long, avec des étendues de paysages, la petite calèche qui traverse la neige pendant deux heures…

Propos recueillis le 12 février 1997. 
Platine, n°39, mars 1997, pp.19-20.

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Mylène  » E.T. mon ami » dans TÉLÉ 7 JOURS

Posté par francesca7 le 18 mars 2014

 

15 NOVEMBRE 1986 – Entretien avec Cécile TESSEYRE

A propos de son petit singe, E.T. :

- E.T. est entré dans ma vie, il y a un an et demi. Il prend peu de place et m’attend sagement quand je ne suis pas là, mais je précise que je ne suis pas amoureuse de lui. C’est bon pour le cinéma ! D’ailleurs, j’adore tous les animaux, même si j’ai une préférence pour les singes.

1986-30A propos des zoos qu’elle aime visiter :

- Celui que je préfère est celui du Jardin des Plantes. On y fait des découvertes à chaque fois. Hélas, j’y ai déjà entraîné tellement de monde que plus personne ne veut m’y accompagner.

A propos de son ami Gaétan, éleveur d’animaux sauvages (nb : Mylène le mettra plusieurs fois à l’honneur au début de sa carrière)

- Gaétan et sa femme Christine sont des gens formidables. Ils ont élevés leur fils de trois ans Uryen au milieu de cette faune et il n’en a pas du tout peur.

A propos de sa passion des animaux :

- Comme beaucoup d’enfants, j’ai voulu devenir vétérinaire. Honnêtement, si la chanson devait s’arrêter, j’aimerais assez me lancer dans un métier où l’on s’occupe d’animaux. Je suis arrivée en France à l’âge de 8ans et j’ai longtemps monté à cheval et, quand j’avais 16-17 ans, je suis partie en stage près de Saumur, la ville du Cadre Noir, pour passer l’examen qui aurait fait de moi une institutrice. J’avais même obtenu une dérogation de la fédération en raison de mon âge mais, finalement, je ne suis pas allée au bout. Peut-être un jour…

A propos du 45-trs sur lequel elle travaille (nb : et qui s’avéra être « Tristana »)

- La mélodie est extrêmement mélancolique. C’est un sentiment que j’affectionne particulièrement. Nous n’avons pas encore les paroles, mais Laurent mûrit déjà des idées pour le clip : des scènes grandioses tournées dans les pleines enneigées de Roumanie avec des loups.

A propos de sa rencontre avec Laurent Boutonnat :

- J’étais mannequin, j’avais passé trois ans à poser pour des photos, des publicités et à tourner dans des spots télévisés et, au cours d’un dîner, j’ai rencontré Laurent, compositeur passionné de cinéma. Il venait d’écrire « Maman a tort » et cherchait une interprète. Je n’avais jamais envisagé une carrière dans la chanson.

Ma seule expérience du chant était un petit concours gagné quand j’étais enfant.

A propos des réactions autour de « Libertine » :

- Le texte de la chanson embarrasse certains programmateurs et, à la télé, ma petite robe trop échancrée et ma façon de danser en font tiquer plus d’un. Aujourd’hui encore on hésite parfois, mais je ne suis ni provocante, ni provocatrice, et le Top 50 est là pour montrer que la chanson plaît à tous.

A propos de son goût à rester chez elle :

- Je suis très casanière. J’habite le même immeuble que Jackie Quartz, elle aussi au Top 50, et Maxime Le Forestier, mais je les vois rarement et j’aime rester chez moi de longues heures avec E.T.

A propos de son jeune frère Michel, alors âgé de 16 ans :

- Ce n’est pas un très bon élève. Je vais essayer de le faire entrer comme technicien du son au Palais des Congrès.

A propos du talent d’astrologue de son manager, Bertrand Lepage :

- Bertrand m’a monté mon thème. Je suis Vierge ascendant Vierge. Tous mes frères et soeurs ont le double signe. C’est loin d’être un avantage. Il faut éviter les dédoublements de personnalité.

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Six questions à Mylène Farmer sur Libertine

Posté par francesca7 le 18 mars 2014

 

TOP 50 du 3 NOVEMBRE 1986

La chanson « Libertine » a décollé grâce à son vidéo-clip. Que penses-tu de l’impact de cette forme de promo ?

- Pour moi, les clips d’Axel Bauer et celui des Rita Mitsouko ont vraiment été déterminants pour le succès de ces chansons, comme pour le clip de « Libertine » a été déterminant pour le succès de cette chanson. Quant à l’impact, il y a toujours impact quand il y a surprise et originalité. Quant aux vidéos, les gens ont l’impression que c’est à la portée de tout le monde parce que d’autres ont ouvert la voie. Les gens ne vont pas à la simplicité…

1986-29As-tu l’intention de mener une carrière à l’étranger ?

- Oui, l’adaptation de « Libertine » est en cours. Il est question que l’on aille en studio en Grande-Bretagne pour bénéficier de l’équipe et d’une dynamique anglo-saxonnes.

Le texte de « Libertine » en français est osé mais sous couvert poétique. Les textes en anglais sont toujours très ‘hard’. Va-t–il être dans cet esprit-là pour la version anglaise ?

- On ne peut pas faire de traduction littérale, mais quelqu’un a traduit « Libertine » de façon habile, c’est-à-dire en respectant l’esprit de la chanson.

Tu as rencontré récemment Depeche M ode. Comment les as-tu trouvés ? Aimerais-tu travailleravec eux ?

- Le terme d’idole est un terme que je n’emploie jamais. J’avais envie de les rencontrer parce que j’aime beaucoup leur univers. Il serait intéressant de voir le résultat d’une collaboration entre le réalisateur du vidéoclip de « Libertine » et du groupe Depeche Mode.

Ton succès a-t-il changé ta vie ? Te sens-tu différente par rapport aux autres, et comment pensestu aborder la suite ?

- Oui, depuis que je fais ce métier, je peux boire : au lieu du sempiternel Coca-cola, je m’offre du champagne millésimé. Je pense que ce sont les gens qui évoluent autour d’un ‘personnage public’ qui ont un comportement parfois plus excentrique que celui de la personne elle-même.

A ton avis, quelle a été la tête de ta M ère Supérieure lorsqu’elle a entendu ta chanson pour la première fois ?

- A mon avis, comme « c’est nu qu’on apprend la vertu », elle a laissé sa soutane pour des bas résille et des talons hauts. Où est le bien, où est le mal ?!

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Une drôle de libertine dans PODIUM

Posté par francesca7 le 18 mars 2014

 

NOVEMBRE 1986 – Entretien avec Robert de LAROCHE

1986-28Qu’est-ce qui te hérisse le plus dans la vie au quotidien ?

- Mon maquillage ce matin ! Tout ! De ne pas avoir eu de sucre pour mettre dans le thé ou le café, parce que j’oublie toujours d’en acheter…

On te donne une caméra, qu’est-ce que tu en fais ?

- Je la casse par maladresse.

Qu’est-ce qui te scandalise le plus en général ?

- D’avoir cassé cette caméra. C’est honteux de se comporter aussi mal, n’est-ce pas ?

Tu crois à la réincarnation ?

- Je me documente là-dessus. Pour le moment, je suis vraiment dans l’expectative.

Ton avion tombe dans la jungle. Tu paniques, ou tu deviens finalement femme-singe ?

- Si l’avion tombe, en principe, je suis morte. Mais enfin… si je survis, je termine ma vie avec les gorilles. Avec le chef, bien sûr. Tout à fait possible.

Le plus beau compliment qu’on puisse te faire ?

- De reconnaître et d’apprécier mon travail, ce que je fais.

On t’agresse verbalement dans la rue à propos de tes chansons, comment réagis-tu ?

- Je demande si la personne préfère Rika Zaraï et après quoi j’avise. Mais je me fiche des agressions de ce genre.

Qu’est-ce qui te vexe le plus ?

- Je suis susceptible, un rien me vexe. Les gens qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas !

Tu aimerais changer de sexe ?

- On trouve déjà que je suis androgyne, alors j’ai l’impression que le chemin est tout tracé !

Tu pleures souvent au cinéma ?

- Tout le temps ! « Bambi » me fait pleurer, mais aussi « La fille de Ryan » ou « L’important c’est d’aimer ». Mais mon clip aussi !

Qu’est-ce qui te fait le plus peur ?

- Le noir, l’eau… et les bombes dans les rues.

Mylène Farmer mère de douze enfants, c’est possible ou pas du tout ?

- Ah non, certainement pas. Avec douze gorilles plutôt.

Ton gentil producteur te donne carte blanche et beaucoup de sous, que fais-tu ?

- Je lui rends l’argent et je produis son premier film.

Tu aimerais jouer Blanche-Neige ou Dracula ?

- Blanche-Neige, à la poubelle tout de suite ! A moins que je ne fasse la sorcière. Mais Dracula, je rêve de le jouer un jour.

Un autre rôle qui te plairait ?

- Celui de l’enfant sauvage.

Tu te vois réaliser un de tes fantasmes en public, à la télé ?

-          Alors là, ça nous entraînerait vraiment trop loin. Je préfère me taire !

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Plus Grandir : Tournage de Clip de Mylène F.

Posté par francesca7 le 15 mars 2014

Une jeune femme venue se recueillir sur sa propre tombe revoit sa vie peuplée par l’obsession de ne pas vieillir.

plusg31    La narration de Plus grandir, premier des clips de Laurent Boutonnat subissant le traitement cinématographique du réalisateur, se trouve dans un certain prolongement de celle utilisée dans le vidéoclip Maman à tort. Les différents thèmes abordés par le texte de la chanson ne le sont pas de manière allégorique, c’est leur adaptation visuelle qui en fera des scènes à l’imagerie forte et symbolique. La structure de la chanson est adaptée dans le clip en autant de scènes que de couplets, tandis que le sujet général de chacun d’eux est évoqué parallèlement à leur passage par la mise en scène de symboles s’y rapportant. Par rapport à la succession de plans statiques dans Maman à tort, le fait de découper Plus Grandir en scènes et de les faire correspondre avec la Plus Grandir : Tournage de Clip de Mylène F. dans Mylène FILMOGRAPHIE plusg66structure mélodique de la chanson se rapproche du traitement narratif d’un clip traditionnel. La particularité du cinéma de Laurent Boutonnat ne se situe pas ou plus à ce niveau, mais dans l’utilisation d’une grammaire cinématographique pour la réalisation de clips. Empruntant la logique de ses raccords au cinéma classique, une partie de son esthétique et sa thématique aux cinéastes anglais, son imagerie à la littérature du XVIIIe siècle, la démarche de Boutonnat n’a réellement d’originale que sa destination vers une forme aux possibilités juge t-il inexploitées.

    Dans un cimetière envahi par les feuilles mortes, une jeune fille poussant landau vide (le deuil de la jeunesse) se dirige vers sa propre tombe. Elle contemple sa sépulture mais n’a pas l’air de se recueillir, on dirait même qu’elle éprouve du dédain. Tenant un petit bouquet , elle passe sa main derrière son oreille. C’est sans doute ce qui la fera entrer dans une phase où elle se verra ensauvagée, assise dans une aile de château, la bouche  écorchée. Elle est dans une vaste chambre vide aux fenêtres ouvertes qui laisse entrer un vent puissant. La pièce est faite d’une architecture baroque (la forme triangulaire de la porte d’entrée) à l’intérieur de laquelle grouillent des rats. Au milieu trône une statue de sainte vierge devant laquelle Mylène Farmer prie en pleurant. Pendant un orage, lorsqu’un individu entre dans la chambre pendant son  sommeil, Laurent Boutonnat va offrir à son public la première scène de nudité de son oeuvre.

plusg80 dans Mylène FILMOGRAPHIE

    L’homme (Hervé Lewis, alias Rambo Kowalski, le duelliste de Libertine I, et futur entraîneur de la chanteuse) est un violeur, il s’acharnera à déchirer le pyjama rouge-sang de la jeune fille et lui caressera le corps jusqu’à ce qu’elle se laisse faire. Le  visage de l’homme s’approche du sien lentement, ils se regardent et la jeune fille se préparera à être embrassée par son agresseur en y éprouvant un plaisir certain. Ca y est, le passage à l’age adulte est consommé, la virginité est irrémédiablement perdue, et la statue de la vierge se retourne en se cachant le visage dans ses mains. Apparition onirique, deux bonnes sœurs naines volantes sont derrière une fenêtre et regardent toute la scène. Le fait qu’elles soient naines est le sens propre de ne pas grandir, non pas par volonté mais par obligation. Comme une vangeance, même si elles flagelleront la jeune fille perverse ensuite à coups  de  bâtons, elles n’en sont pas moins voyeuses. Lors de plusg35sa punition, Mylène expliquera pourtant ses souhaits récurrents : « Plus grandir, j’veux plus grandir pour pas mourir, pas souffrir ». Elle souffre, donc grandit. La fille blessée s’est  alors réfugiée dans un coin de la pièce pour vivre sa douleur en silence. Elle s’acharnera aussi à vouloir supprimer sa poupée de chiffon, qui elle ne vieillira pas. Elle tente en  vain de la noyer, de la mutiler. L’expression de la poupée change, du mécontentement au sourire sadique. Si l’on doit trouver la métaphore du temps dans ce film, ce sera forcément elle. Et c’est lorsqu’en voulant la couper en deux avec un couperet, que la poupée cachera son visage avec son bras qui sera mutilé et tournoiera en l’air. Mylène Farmer comprendra alors, que la poupée ne vieillira jamais, elle si. Elle sourira donc pour la première fois du film en tournant sur elle même dans sa chambre, les bras déployés, heurtant meubles et toiles d’araignées. Les rides couvrent peu à peu son visage et son cou, le sourire se transforme en une expression qui rappelle l’incompréhension d’avoir perdu ce qu’on était, d’avoir perdu sa jeunesse et sa vie. Elle finira accoudée à la fenêtre et regardera expression un colombe se poser sur la bordure de la fenêtre devant elle, comme une communion, comme la paix avec soi-même).

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plusg41    Plus Grandir (1985) et son arrière-plan biblique permettent de voir un clip de Boutonnat de deux façons différentes. A la fois récit d’une déchéance physique et critique d’une religion aveugle et impuissante, Boutonnat met en scène dans Plus Grandir des éléments détenant un sens pour chacun des deux niveaux de lecture. Il prend parti d’opposer au lent vieillissement du personnage des images du catholicisme comme par exemple la statue de la sainte vierge ou deux nonnes violentes et vindicatives. On peut lire la présence et l’action de ces éléments comme les signes avant coureurs d’une sérénité relative à la vieillesse prochaine du personnage, voire à sa mort inéluctable, mais également comme l’omniprésence d’une religion qui bannit de manière systématique les agissements déviants de ce même personnage. Ainsi dans le clip, la statue de pierre s’anime pour se cacher les yeux devant une prière vaine, et les nonnes punissent sévèrement par les coups la perte de virginité de l’héroïne : passage symbolique violent à l’âge adulte qui la précipitera rapidement dans la déchéance physique la plus totale.

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    On retourne dans le cimetière qui a ouvert le film, Mylène Farmer a toujours la même expression sur son visage, on ne peut plus neutre. Elle jettera son petit bouquet sur sa tombe et s’en ira sans se retourner. Mylène Farmer vient d’entrer dans une phase onirique dont elle ne sort pas intacte, puisque malgré le fait qu’elle reparte vers la sortie avec son landau vide, elle extrait de son cauchemar la poupée qui s’installe définitivement dans le réel.

 

Jodel Saint-Marc.

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Pour la sortie du film, deux premières sont organisées le mercredi 13 novembre 1985 dans deux cinémas différents : le Kinopanorama (75015) et le club 70 (75016). Des invitations sont envoyées à la presse.

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Le Contexte de LIBERTINE

Posté par francesca7 le 15 mars 2014

 

    Premier triomphe pour Laurent Boutonnat, qui n’a pas eu peur d’en faire trop. Une Le Contexte de LIBERTINE dans Mylène FILMOGRAPHIE libertine032première sur les Champs-Élysées pour lancer le bouche-à-oreille, des critiques coites, et des passages télévisés plus que fréquents : Libertine a été l’évènement musical et « clipesque » français des années 80. A l’époque la question était « Mais qui est cette Mylène Farmer ? ».  Laurent Boutonnat a tout de suite su mettre en lumière la chanteuse et créer une héroïne intrigante qu’il aurait déjà espérée récurrente… Avec Tristana, c’est le seul réel personnage terrestre qu’ai créé Laurent Boutonnat pour un clip.

    Lorsqu’il décide contre la volonté de Polydor de faire du clip Libertine un événement, Boutonnat cherche un producteur pouvant apporter les 46 000 Euros estimés que va coûter le film. C’est le va-tout du couple après l’échec de Plus Grandir, leur contrat est en jeu. Alain Grandgérard, patron de Movie-Box apporte cette somme tout en veillant sur le plateau à faire bon usage du budget en question. Vu la lourdeur du tournage, Laurent Boutonnat doit abandonner la préparation du clip Les Yeux de Laura, qu’il devait tourner pour le groupe « Goûts de Luxe ». C’est finalement le réalisateur Stéphane Lambert qui le tournera aux frigos de Tolbiac à Paris, avec notamment une comédienne rousse. Lambert a raconté en 2008 comment Laurent Boutonnat, dont il était « très proche » à l’époque, l’a soutenu auprès de la maison de disques WEA, et lui a ensuite confié une partie du tournage des making of de Pourvu qu’elles soient douces, et surtout de Libertine, toujours inédit. (propos recueillis par Sébastien Rozier pourFamreraddict en septembre 2008)

Les prises de vue en cinq jours (demandant une semaine de préparation) de Libertine seront quatorze ans après l’objet d’un reportage télévisé où Grandgérard parle entre autres des scènes d’intérieur tournées de nuit afin de maximiser le temps de tournage, et du casting amateur fait dans les boites de nuit de la capitale. Le tournage est basé sur l’économie. Chacun y met du sien pour tourner le plus vite possible, avec le plus de bénévoles possibles (50 figurants), afin de donner l’impression que le clip a coûté plusieurs millions. Ce sera réussi car la presse de l’époque avance des budgets montant jusqu’à 2 millions de francs, sans vérifier leurs informations. Laurent Boutonnat Gérard Simon, chef opérateur de talent pour "Libertine"doit avant tout sa rapidité de tournage à son chef opérateur, Gérard Simon (Monsieur Batignole) qui livre une lumière sublime, tout en chaleur, en ombres et touches de clarté. Boutonnat fait une infidélité à son directeur de la photographie habituel, Jean-Pierre Sauvaire avec lequel il avait déjà travaillé sur Plus Grandir (1985) et avec lequel il collaborera jusqu’en 1995. Qu’aurait fait Jean-Pierre Sauvaire de Libertine s’il en avait fait ce qu’on appelle la photographie ? Difficile de se l’imaginer mais à la vue de son travail postérieur, on pourrait redouter une lumière trop diffuse. Alors que le charme esthétique de Libertine, au delà des cadrages, des costumes de la déjà présente Carine Sarfati, des maquillages de Nicolas Degennes et des décors de Emmanuel Sorin est dans la lueur toute en clairs-obscurs, la lumière froide de Sauvaire (qui convient parfaitement à des clips comme Désenchantée, ou Regrets) aurait cassé la puissante chaleur qui se dégage du film.

 

 

 

Le hall d'honneur du château de Ferrières

 

Le hall d’honneur du château de Ferrières où furent tournés les intérieurs des salons. On reconnaît au fond la grande porte donnant sur l’escalier d’honneur, plusieurs fois reprise dans le film.

 

 

 

 

   C’est au printemps 1986 que le tournage de Libertine a lieu à 24 km à l’est de Paris, au Château de Ferrières en Seine et Marne. La majeur partie des scènes d’intérieur se feront dans le hall d’honneur d’une superficie de 260 m². La décoration a du entièrement être refaite grâce à des tentures et des toiles pour masquer le style renaissance italienne qui ne collait pas à l’époque de Libertine (milieu du XVIIIe siècle). Le château de Ferrières n’a en fait été édifié  qu’en 1859, c’est à dire plus d’un siècle après !  Les autres séquences cependant ne furent pas tournées à Ferrières mais non loin de là, au château de Brou. La scène d’ouverture, ainsi que la dernière partie en extérieur furent tournées le même week-end que la scène du bain. Tous les extérieurs furent captés dans la journée de samedi, notamment le duel qui ouvre le film se déroule dans la clairière qui se situe au sud de la pièce d’eau. Quand à la scène de la chambre et de la baignoire, elles furent tournées en équipe réduite le dimanche. Cette séquence où Libertine et ses amies se purifient  dans la même baignoire, fut tournée dans une grande pièce claire garnie de colonnes. Cette pièce est en fait le vestibule du château, qui fut autrefois une chapelle ! On peut d’ailleurs toujours y voir le bénitier, qu’on peut d’ailleurs entrevoir dans le clip. Construite au XVIIIe siècle, la chapelle colle parfaitement à l’époque du clip, et c’est sans doute grâce aux nombreux effets de perspective donnés par les colonnes que Laurent Boutonnat décida de déplacer un samedi et un dimanche son équipe jusqu’à Brou pour tourner ces quatre séquences. Anecdote amusante, les filles qui se baignent dans la même baignoire que Mylène Farmer ne sont ni des actrices ni des figurantes engagées pour l’occasion mais les secrétaires de la maison de production Movie-Box ! Ce qui nous prouve encore une fois quelques vingt ans après la précipitation et l’économie de moyen importante qu’à demandé le tournage du clip.

 

libertine015 dans Mylène FILMOGRAPHIE

    Après une avant-première le 18 juin 1986 réservée à la presse, Alain Grandgérard s’occupera avec Boutonnat des premières organisées au cinéma Le Mercury des Champs-Élysées (la présentation à la presse a lieu le 18 juin 1986 et le visa de censure n’est obtenu que le 30 juillet 1986). Faisant croire à la projection d’un long-métrage, grandes affiches à l’appui, le public se masse. Le bouche-à-oreille fonctionne alors plus que bien, et la recette de cette semaine d’exploitation permet à Movie-Box de couvrir largement la somme mise en jeu pour le clip qui ne s’élevait finalement qu’à 38 000 Euros. A cela s’ajoute un bénéfice d’image car si Libertine n’était plus le seul clip réalisé sur pellicule 35 mm; ce fut le premier d’après nos recherches à être exploité officiellement en salles de cinéma. Le rôle de Libertine exige un libertine021grand flamboiement, une chevelure de feu, chaude, qu’on voit rarement. Alors que Mylène Farmer avait adopté le catogan de velours noir quelques mois plus tôt, elle se teinte en rousse peu de temps avant le tournage, précisément pour le personnage. Sans se douter qu’une telle popularité serait si rapidement au rendez-vous, la chanteuse gardera la couleur, qui la différenciera de ses « rivales » de l’époque, la blonde Jackie Quartz, la brune Jeanne Mas. La paternité de l’idée de la couleur rousse est tout à tour attribuée à Mylène Farmer, son manager Bertrand LePage, et même le photographe de l’époque Christophe Mourthé. C’est en fait bien sur une proposition de Laurent Boutonnat, alors en préparation du libertine001clip, que le changement de couleur se fera. Quant au maquillage blanc que Mylène Farmer gardera dix ans, c’est le chef maquilleur deLibertine, le célèbre Nicolas Degennes (Immortel de Enki Bilal) qui s’en attribue dans une interview l’idée originale. « votre eye-liner ne va pas, je vous vois autrement » lui aurait-il dit. II aurait osé sur elle la pâleur, l’étrangeté d’un maquillage tout blanc, contrastant de façon éblouissante avec ses cheveux roux. «Laurent Boutonnat aime. Elle adore.» Nicolas Degennes est alors pressé d’accompagner la chanteuse partout en tournée.

Le fait que le clip soit si impressionnant tient probablement au fait que tout, dans ces dix minutes, est pensé en termes cinématographiques, des décors aux psychologies de personnages (porteurs d’un vécu), en passant par un découpage scénique implacable. De plus, pour inclure sa narratologie à son univers et à son savoir-faire, Laurent Boutonnat fait mourir son héroïne à la fin du film. Alain Grandgérard coproduira  aussi plus tard avec Laurent Boutonnat Tristana en 1987, avant que le réalisateur ne le délaisse pour se tourner vers la célèbre productrice Claudie Ossard.

    Libertine reste l’emblème des années 80 flamboyantes, d’une forme de vidéo-clip décomplexée, d’une sexualité affirmée. Libertine reste avant tout par sa jeunesse, et celle de ceux qui y ont contribué. Les 24 ans de Laurent Boutonnat se sentent autant que ceux de Mylène Farmer, l’envie d’images, de mouvements de caméra, de ralentis, d’émotions fortes, d’images chocs. Libertine est le clip contenant le plus de force, le plus d’ambitions. Début 1986 Mylène et Laurent ne sont rien, ont la tête remplie d’idées qu’ils ne demandent qu’à réaliser, qu’à montrer. Cette force, même si elle s’amoindrira avec le temps, leur permettra la réflexion, la cohérence, et la construction d’une oeuvre pendant huit ans, oeuvre qui restera, comme Libertine, éternelle.

Issu du site http://jodel.saint.marc.free.fr/

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Laurent Boutonnat et Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 14 mars 2014

L’Interview TV 1986

    1er Septembre 1986, Antenne 2 Midi. Laurent Boutonnat a tourné Libertine voici 3 mois et le succès de la chanson est à son apogée. Accompagné de Mylène Farmer, il parle pour la première fois du recrutement de Mylène Farmer par casting trois ans et demi plus tôt, puis de l’intérêt d’un tel investissement dans un tel clip. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer n’ont alors que 24 ans, c’est sans doute pourquoi on sent encore la fraîcheur et l’insouciance de deux jeunes artistes sur lesquels ne pèse pas encore le poids des responsabilités, et s’amusent de leur création, sans savoir que c’est le départ d’une oeuvre majeur à laquelle ils sont en train de donner naissance.

Laurent Boutonnat et Mylène Farmer dans Mylène 1985 - 1986 libjt2

    La chanteuse prend la parole au début de l’extrait pour en parler, puis intervient à plusieurs reprises par la suite. On peut remarquer la défense qu’elle prendre pour Laurent Boutonnat quand Noël Mamère accusera à mots à peine couverts le clip de n’être qu’un plagiat du Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Mylène Farmer l’expliquera par le manque de référence des français qui ne connaissent le XVIIIe siècle que par ce film.

Clic droit pour télécharger sur votre disque

Retranscription de l’interview

Noël Mamère : (à Mylène Farmer) Laurent Boutonnat travaille beaucoup avec vous, c’est lui-même je crois qui vous a incité à faire de la chanson.

Mylène Farmer : Oui, c’est à dire qu’on s’est rencontré et lui est compositeur, a une passion pour la musique, pour le cinéma également…

Noël Mamère : On va en parler avec lui…

libjt6 dans Mylène AU FIL DES MOTSMylène Farmer : …Il m’a proposé avec une autre personne la première chanson qui était Maman à tort, et depuis nous travaillons ensemble.

Noël Mamère : Comment bascule t-on d’un coup de l’équitation à la chanson ?

Mylène Farmer : Une bonne étoile au dessus de ma tête très certainement, beaucoup de chance et depuis deux ans beaucoup de travail aussi.

Laurent Boutonnat : On tombe de cheval !

(rires)

Noël Mamère : Laurent Boutonnat, c’est la voix, le physique de Mylène Farmer qui vous avait séduit ? Ou se sont les deux à la fois ?

libjt5 dans Mylène en INTERVIEW

Laurent Boutonnat : Oui, c’est les deux à la fois parce qu’on cherchait quelqu’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était Maman à tort, c’était une chanson un peu spéciale qui se passait dans un hôpital psychiatrique, d’une petite fille… Et le jour où Mylène est arrivée elle était parfaite quoi, c’était LE personnage.

 

Noël Mamère : Parce qu’elle avait l’air un peu pervers ou pas ?

Laurent Boutonnat : C’était pas tellement pervers, c’était plutôt… psychotique je dirais. Quelqu’un d’un peu renfermée.

Noël Mamère : Un peu d’ambiguïté quoi…

libjt8Laurent Boutonnat : Oui oui, très bizarre. Mais ça a été elle tout de suite. Même avant de l’entendre chanter.

Noël Mamère : Alors vous lui avez écrit Libertine, qui est un véritable succès, qui a fait un tabac cet été.

Laurent Boutonnat : C’est en train de faire un tabac. Enfin… je suis ravi que ça marche.

Noël Mamère : C’est un texte qui est aussi un peu pervers ou un peu ambigu comme on voudra…

libjt3Laurent Boutonnat : C’est un texte qui n’est pas très simple peut-être, c’est curieux que ça marche, je suis ravi que ça marche. Mais c’est drôle d’entendre dans la bouche des enfants chanter « je je suis Libertine, je suis une catin », ça change un peu.

Noël Mamère : Ca doit vous amuser ! Vous devez bien rire dans votre manteau.

Laurent Boutonnat : Je suis très très heureux oui.

(projection d’un extrait du clip, scène du bain, puis du message)

Noël Mamère : Les amateurs de cinéma verront un clin d’œil à Barry Lyndon, et à tous les styles du XVIIIe.

libjt11Mylène Farmer : On dit Barry Lyndon, c’est vrai qu’il y a une couleur, je crois que c’est une ambiance. Et je crois que les gens n’ont de référence que ce film qui retrace le XVIIIe siècle, le libertinage… c’est Barry Lyndon.

Noël Mamère : C’est un clip, un film, qui dure onze minutes, c’est pas très vendable ça à la télévision, pour passer dans un journal par exemple (sourire).

 

Mylène Farmer : Oui c’est dommage, mais je pense qu’il y aura une promotion cinématographique, c’est à dire dans les salles de cinéma. On attend, c’est en pourparlers. Ce serait l’idéal pour ce clip.

Noël Mamère : Et vous pensez que ça aide beaucoup à la promotion d’un disque, la fabrication d’un clip très sophistiqué comme celui là ?

Mylène Farmer : Je ne veux pas faire de généralités, je pense qu’en ce qui me concerne, le travail qui est fait depuis deux ans, c’est essentiel d’avoir ce clip, et le clip précédent. C’est un travail d’image, et c’est enrichir un personnage et une chanson.

Noël Mamère : Pour vous les deux sont indissociables aujourd’hui ?

 

Mylène Farmer : Pour moi, indissociables, réellement. Mais parce que Laurent Boutonnat. Vous parliez de Mentor tout à l’heure, pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène mais dans toute sa généralité.libjt9

 

(Laurent Boutonnat sourit timidement)

 

Noël Mamère : Et ça vous donne le goût de faire du cinéma ?

MF : Je rêve de faire du cinéma depuis que je suis toute petite, et j’espère en faire une jour. Mais tout ça ce sera aussi très réfléchi.

Noël Mamère : Alors vous, Laurent Boutonnat, justement depuis que vous êtes tout petit, depuis que vous avez dix ans je crois, vous faites du cinéma. De la musique aussi, mais avant tout du cinéma.

Laurent Boutonnat : J’ai fait du piano, j’ai appris la musique et l’harmonie très jeune, et j’ai commencé à faire des films très jeune aussi, à dix ans, en Super 8, des petits films… C’est toujours deux choses que j’ai fait : mes petits films, la musique de mes petits films. (Mylène Farmer rit) C’est toujours deux activités que j’ai faites dès que j’ai pu.

libjt4Noël Mamère : Vous aviez une formation de classique ? De conservatoire ?

Laurent Boutonnat : Pas de conservatoire, mais des cours de piano que j’ai commencé à l’âge de cinq ans, jusqu’à treize quatorze ans. Ensuite j’ai tout envoyé balader mais je m’y suis remis quand même. (sourire)

Noël Mamère : C’est marrant parce qu’on assiste en ce moment à une éclosion de jeunes femmes comme vous qui ont le visage très doux, on leur donnerait le bon Dieu sans confession, et qui susurrent, qui chantent des chansons très très libertines justement.

Mylène Farmer : C’est là que réside toute la perversion de l’histoire ! (rires)

Noël Mamère : Vous croyez que c’est un phénomène d’époque ?

Laurent Boutonnat : Non, mais je pense que c’est plus intéressant de travailler… Pare qu’une chanson c’est bien, mais c’est quelque chose de très simple, mais travailler autour de ça, l’image et tout ce que ça comporte, ça c’est passionnant.

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Noël Mamère : Libertine est déjà très très connue, elle doit être dans le Top 50 déjà ? 

Laurent Boutonnat : Oui, largement !

libjt1Mylène Farmer : (méprisante mais souriante) Ca y est ! La Bible du Français actuellement c’est le Top 50 ! 

Noël Mamère : Oui, vous savez j’écoute la radio et je sais que le Top 50 c’est une référence.

Mylène Farmer : Oui, c’est vrai. Nous sommes dans le Top 50. (ironique) Ca veut dire que le disque vend, voilà. Que l’artiste fonctionne.(rire)

Laurent Boutonnat : Tant mieux.

Noël Mamère : Tant mieux pour vous.

Septembre 1986, Antenne 2 Midi.

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Portrait d’un Boutonnat en mémoires de Stade

Posté par francesca7 le 14 mars 2014

 

 téléchargement (1)A la saison des vendanges, le douzième jour de septembre exactement, M. Boutonnat s’installait vingt minutes avant le début de la représentation, nerveux, concentré, le regard fixe, immobile plus qu’inexpressif, derrière son pupitre. Il savait que le chef de l’État occuperait sa loge. Cigarette sur cigarette, des bribes de conversations avec deux techniciens aux cheveux blancs, quelques mots seulement. Après la décontraction feinte, l’imperturbable concentration lorsqu’il fixe la scène encore dans l’obscurité. M. Di Sabatino clopait également, serrant dans ses bras M. Suchet qui venait d’arriver.

    Le tableau commençait sous les mêmes auspices ; plus de cigarette mais un invariable regard droit que rien n’aurait sû distraire ; il considérait avec mépris les vendeurs de bière dans la fosse, aux fûts de pression arrimés au dos. Puis, ses mains côte à côte, doigts posés sur ses muscles frontaux pour les masser, décrivaient de petits cercles au dessus de son lourd regard. Il avait fallu attendre qu’on chante « Qui entre dans l’histoire entre dans le noir » pour que M. Boutonnat saisisse d’une main sa pipe noire de l’autre son briquet blanc, qu’il ne lâchât point jusqu’à la fin du numéro. Lorsque retentissaient les tonnerres électriques des « Paul en Pauline », M. Boutonnat devenait plus directif, mimait la guitare en faisant signe à sa gauche de surmixer l’instrument. Il était alors debout comme si on lui eût laissé la bride sur le cou, riait bruyamment de la fellation approximative mimée sur un guitariste et, lorsque la maîtresse des lieux décidait de reprendre la chanson en traînant un « Wwwon a besoin d’amour », lancait un regard rieur et complice à l’adresse de M. Suchet .

   Détendu et l’estomac vraisemblablement moins noué, c’est lorsque résonnait « C’est comme une symphonie » que M. Boutonnat entamait un quartier de pomme rouge. Sitôt le fruit terminé il tentait de réanimer sa pipe, qui resterait enluminée jusqu’à des battements de menton rythmés sur le « poète [qui n'a] que la lune en tête ». Bien après, à l’issue de refrains lents, alors que la reîne gravissait posément le haut escalier, M. Boutonnat devisait avec M. Suchet sur ce milieu de spectacle. Il exposait l’idée qui l’avait animé lorsque l’année antérieure, il imaginait ce faux final. Il en schématisait pour lui la perspective de lumière qui mène aux squelettes, en dessinant un couloir de ses mains qu’il éloignait à plusieurs reprises de son buste. Redevenu silencieux, il comtemplait encore quelques instants la lumineuse splendeur de cette idée devenue réalité. Regagné sa console, M. Boutonnat regardait autant la scène que le monumental écran de droite qui exposait le visage fardé de la maîtresse des lieux. Il utilisait les derniers instants laissés à sa décontraction en rallumant sa pipe, puis en chantonnant son « si fragile qu’on me prenne la main » qui semblait l’amuser toujours.

   C’est lorsque toute la cour entonnait « Tout seul dans mon placard » que M. Boutonnat se crispa. A deux minutes de la dramatique panne de son survenue la veille, lui et ses techniciens de camarades gardaient les yeux rivés sur la scène. Alors que certains se mordaient l’intérieur des joues, lui se mit à parler sèchement à sa droite en agitant les mains à plat dans l’air. Puis le soulagement du pont musical passé, les matassins s’asseyant en rond pour simuler les jeux d’enfant, il se lâcha complètement, sortit de la régie, s’avança derrière le public pour chantonner quelques vers du refrain, ria, regarda la tribune gauche, se retourna gaiement sur la pointe des pieds pour considérer la bouche ouverte les gradins du fond, visiblement toujours admiratif du nombre de personnes connaissant par coeur la ritournelle. La suite du spectacle fût pour lui plus ludique ; d’une part il tentait toutes les minutes trente -briquet vissé à la main- de garder sa pipe allumée, d’autre part il indiquait à sa gauche -en gestes appuyés- de lâcher samples plus tonitruants et effets sonores davantage assourdissants. Maître de son petit royaume sur l’Instant X, il tapait sur des cloches invisibles et roulait ses mains vers le ciel à chaque envolée de début de refrain. Entre ses séries de poing levé sur les «Fuck them all!», de « Hou-ha-houuu » murmurés sur Dégénération, de coups martelés dans le vide sur C’est dans l’Air, il se rasseyait dans son fauteuil à bascule pour tenter une cent unième fois de rallumer sa bouffarde.

   Pipe éteinte, rangée dans la poche ; c’est à ce moment là que la veille avait vu une autre coupe de son mal opportune. Mais ici rien, l’antienne passa une nouvelle fois sans problème. La petite troupe pouvait alors s’égayer, M. Boutonnat -jusqu’à lors impatient- remercier le ciel en levant nez et mains, puis sautant de joie tandis que MM. Suchet et Di Sabatino, toutes dents dehors, se synchronisaient sur la chorégraphie des générations désenchantées. C’est tout à sa joie, alors que se criaient les rappels « des idéaux, des mots abîmés » que M. Boutonnat communiquait à je-ne-sais-qui son contentement par téléphone mobile en exhultant. Peu après, sitôt les confettis bien expédiés, content de lui et du bon accomplissement ses oeuvres, il se retirait rapidement dans ses quartiers suivi de MM. Di Sabatino et Suchet. L’ouvrage était achevé.

«Une idée sans exécution est un songe.»
Saint-Simon, Mémoires de la cour de France sous Louis XIV.

Jodel Saint-Marc, le 12 septembre 2009.

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Mylène Farmer, l’intrigante

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

 

Magazine COOL du OCTOBRE 1986

 

1986-22-b« Libertine », le titre que l’on entend beaucoup en ce moment est extrait d’un album « Cendres de lune ». J’ai trouvé que c’était un LP féminin, intime. C’est ton avis ?

- Féminin, je ne comprends pas pourquoi et j’avoue que c’est le cadet de mes soucis. Cet album est un premier album. On peut dire ça. C’est quelque chose que j’aurai pu illustrer d’images. Voilà, si j’ai quelque chose à dire sur l’album. Le reste, c’est plus les personnes qui vont l’écouter qui vont dire des choses dessus.

Lorsqu’on fait un choix de chansons, on va dans une certaine direction. On pense à ce qu’on a envie de faire passer au public. Ce n’est pas un hasard…

- Non, ce n’est jamais un hasard, ce qu’on fait. Je ne sais pas s’il y a un fil conducteur dans l’album. Il y a une chanson qui va parler de Greta Garbo, une autre sur un autre sujet, « Plus grandir », une autre, « Libertine », qui est encore autre chose… Je ne pense pas que ce soit aller dans un sens. C’est essayer d’amener le maximum de choses dans un même album.

La chanson était présente dans tes rêves depuis toujours ?

- Non la chanson est pour moi, avant tout un métier qui est très difficile. Et puis c’est ma vie. Voilà !

A quel moment as-tu décidé de faire de la chanson professionnellement ?

- J’ai réellement décidé à partir du moment où je l’ai matérialisée. C’est-à-dire il y a deux ans et demi, quand « Maman a tort » est sorti. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de travailler, de transpirer, de mener un combat pour ça.

Quelle a été la démarche ?

- Ce sont les opportunités, ce sont les rencontres de la vie. Je crois vraiment à des moments qui sont rares mais précis. J’ai rencontré des personnes et on a entrepris de faire ce métier là.

Tu estimes avoir eu de la chance ?

- J’estime que toute personne qui fait un métier public doit prendre en compte la chance, parce qu’elle existe et que pour d’autres personnes elle n’existe réellement pas. Après, c’est une aventure personnelle. Le travail n’est pas non plus inexistant. Chance, travail, c’est cela.

« Maman a tort » était un texte ambigu qui ne te définissait pas clairement. Tu peux en parler ?

- Avec le recul, d’avantage. Mais là encore, l’important n’était pas de définir « Maman a tort » mais de le chanter et puis de l’imposer. Ça  c’est plus mon aventure que d’expliquer : « Voilà, j’ai voulu dire ça, parce que ceci ou cela ». C’est un peu moins mon rôle. Enfin moi, j’estime que c’est comme ça. S’il y a quelque chose à dire sur « Maman a tort », c’est que c’est à la fois un peu une comptine tragique d’enfants, qui va dire sous des airs ingénus des choses graves. C’est vrai que si on veut approfondir, parce qu’on peut le faire, c’est l’hôpital psychiatrique, c’est les rapports indirectement avec la mère et l’enfant, et l’infirmière qui va prendre le rôle de mère. Mais est-ce qu’on a besoin de dramatiser, d’aller jusque là ? Je n’en sais rien. Maintenant, les gens ont perçu d’autres choses, des phrases comme « J’aime ce qu’on m’interdit, les plaisirs impolis »…

« Libertine » c’est la phase n°2 après « M aman a tort » ?

- Oui c’est une étape. Se complaire là dedans, ça ne m’intéresse pas non plus. Maintenant ce que je veux, c’est faire autre chose, voir autre chose, un autre univers, une autre démarche. « Libertine » c’est un peu le tremplin. Ça  va me permettre d’aller plus loin que ça, parce qu’il y a eut un succès médiatique dans les ventes, au niveau du clip aussi. Là, il y a une image qui commence à être précisée dans l’esprit des gens. A partir de ça, demain je ne vais pas refaire du « Libertine ». Ce serait à la fois facile et un suicide.

« Libertine » donne une image de toi coquine, ingénue, et à la fois tragique par rapport au clip…

- C’est à dire que dans le clip, on a fait mourir les héros. Ça  fait partie des références qu’on a du romantisme.

C’est vrai que c’est toujours poussé à l’extrême, que le héros doit mourir, parce que ça prend une ampleur plus importante, c’est peut-être ça, le côté tragique. Sinon, c’est encore quelque chose d’assez léger, « je suis libertine, mais qu’on me prenne la main ».

Qui a eu l’idée de ce clip ?

- C’est une idée commune à la personne qui travaille avec moi, qui l’a réalisé, et moi-même. Depuis le début que je pense chanson, je pense image.

Ce clip n’est pas tout à fait dans le courant actuel des vidéos. Il y a une sorte d’attachement au

passé également…

- C’est normal, je n’ai pas envie de faire partie du courant actuel. Mais il ne faut pas que ça devienne généralité.

C’est toujours ce qui me dérange. Là, dans « Libertine », c’était une démarche, c’était intéressant de traiter le 18ème siècle, les salons libertins avec les bougies, les scènes un peu osées. C’était intéressant. Mais une fois de plus, sur « Plus grandir » c’était pas ça du tout. C’était un château baroque qui pouvait se passer en 1985, comme en 1970, comme avant. C’était comme dans un rêve.

1986-22Pour toi une chanson et son clip sont des aventures ponctuelles ?

- Bien sûr. Sinon, c’est que je ne comprends pas bien. Je parle toujours de dramatisation, mais c’est vrai qu’une chanson n’est qu’une chanson. On en fait ce qu’on veut, on l’habille, on la déguise, on en fait des choses merveilleuses, mais il ne faut pas se reposer là-dessus. Sinon ou on n’avance pas, ou on ne réfléchit pas trop.

C’est peu de choses une chanson et, à la fois, c’est tout. Quand j’ai pris le chemin du studio pour une autre, l’aventure de la précédente est terminée.

Pourquoi fais-tu ce métier ?

- Parce qu’il m’est essentiel pour l’instant. Je me donne le droit de changer d’humeur dans quelques années. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui se mentent, et spécialement les artistes, quant ils disent : « C’est ma vie ». C’est vrai que sur le moment, c’est ma vie aussi ! Mais il faut se donner la possibilité de faire aussi d’autres choses.

Quelles sont tes envies en dehors de la chanson ?

- Il y a le cinéma, mais pour l’instant je peux plus facilement me livrer au métier de la chanson, qu’au cinéma.

C’est encore une autre entreprise difficile.

Quels sont tes projets immédiats ?

- On va sortir un autre 45-trs qui ne sera pas extrait de l’album. On travaille dessus.

Le succès fait peur pour la suite ?

- On appréhende la suite parce que, qui dit succès, dit forcément couteau sous la gorge pour le pas suivant.

C’est quelque chose que je sais, et que je sais trop bien. Donc il faut aller un peu plus loin que ça. Bien sûr, il faut faire attention à cette identité qui tout d’un coup peu prendre des proportions démentes…

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Rencontre du troisième clip de Mylène F.

Posté par francesca7 le 11 mars 2014

 

DANS GIRLS MAGZINE – 24 SEPTEMBRE 1986

1986-21Qui est à l’origine de ce clip ?

- Laurent Boutonnat et moi-même.

N’est-il pas rare d’investir autant dans un clip, surtout pour une chanteuse qui en est à son troisième disque ?

- Connaissez-vous le prix de revient de ce clip ?

Non.

- Voilà, je ne dirais jamais combien ce clip a coûté exactement, mais il a coûté bien moins cher que la moitié des clips. Bon, cela posé, il est vrai qu’investir sur un clip, c’est un peu à perte pour les producteurs, j’ai tout à y gagner.

N’est-ce pas un clip d’une seconde génération, c’est-à-dire que l’image prime sur la musique ?

- Non, je ne pense pas que la musique soit moins prépondérante que l’image. Au contraire, je les trouve en parfaite osmose. Quand je dis musique, je pense à la musique « Libertine » et aux musiques additionnelles, je crois que c’est là où réside la vraie nouveauté, c’est ce qui donne à ce clip cet aspect court métrage.

Parlons-en de l’aspect court métrage : qui a réalisé les décors, les costumes ?

- Pour le décor nous avons fait appel a Emmanuel Sorin spécialisé dans les décors de films publicitaires et les long métrages. Je crois qu’il a très bien su recréer cette atmosphère XIXème siècle, nous avons tourné dans un magnifique château en Normandie. Quant aux costumes de Corinne Sarfati, ils sont le reflet très rigoureux de ce qui se portait à l’époque. Je ne suis pas intervenue au niveau des décors et des costumes, à chacun son métier, en revanche j’ai choisi les comédiens principaux, la jeune fille qui joue la rivale est une danseuse professionnelle qui rêve de jouer la comédie. Le jeune homme aussi exerce un métier artistique. Quant à la figuration, ce sont des personnes qui sont passionnées de théâtre.

N’as-tu pas peur de choquer avec un texte si audacieux ?

- Choquer ? Non, si ça a été le cas, cela ne me dérange pas, mieux vaut choquer que laisser indifférent. L’idée originale du texte de « Libertine » était : « Je suis libertine, je suis une putain ». Le parolier a préféré catin, c’était plus grand siècle, et il a réussi à me convaincre. Je ne sais pas ce qui se serait passé avec ce texte là.

Peut-être la naissance d’une révolte !

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Une préparation à l’adieu des concerts de Mylène

Posté par francesca7 le 9 mars 2014

 

         avatar392_72   Lorsque Laurent Boutonnat et Mylène Farmer pensent au concert, ils l’envisagent comme un aboutissement. Pour eux, il ne sera difficile au-delà de cette représentation scénique de retrouver la crédibilité qu’avaient leur monde et leurs personnages dans les clips. Afin que le concert ne résonne pas auprès du public comme une simple revue ou comme un florilège de l’univers qu’ils ont crée depuis cinq ans, il fallait que celui-ci se veuille une continuation, un passage de cet univers en direction d’une nouvelle étape. Le public devant ressentir une évolution par rapport à ce qui lui était offert jusqu’à lors, la décision fut prise d’en finir avec ce pant de l’univers “boutonnien” : misanthrope, noir et kafkaïen. La mission fut trouvée pour le spectacle : enterrer définitivement ces ambiances et jouer sur la thématique de l’autodestruction pour montrer cette inhumation. Concept pour le moins original, le fait d’envisager une première tournée comme une fin d’œuvre représenterait à la fois pour le couple d’artistes le moyen de justifier le passage à une autre phase lorsqu’ils feront leur réapparition deux années plus tard, et représenterait pour le public le contenu émotionnel des adieux d’un artiste dont ils n’auraient pas soupçonné le départ. Cette thématique de l’adieu est donc l’élément majeur du film et du spectacle. Non seulement le décor de cimetière, l’arrivée de la chanteuse par son sommet et son départ par un caveau soulignent sa fin, mais les tenues noires des danseurs et de l’artiste principale tout au long du concert appuient le thème mortuaire. D’autres détails dans le concert laisseront assez de pistes au public pour envisager la mort artistique de leur chanteuse : le fait par exemple de se faire porter par deux hommes à l’horizontale pendant un passage musical de Pourvu qu’elles soient douces, laisse présager de son prochain statut de trépassée ; le trio de chansons relatives à l’adieu, dont Jardin de Vienne et son histoire de pendaison, ou encore Puisque « Puisque je vais vous quitter ce soir, puisque vous voulez ma vie, je l’ai compris […] lasse, je m’efface. ». La plus grande des preuves du départ de l’artiste réside dans l’unique rappel, reprise d’une chanson de Marie Laforêt : Je voudrais tant que tu comprennes. Vêtue d’une robe à capuche rappelant la tenue du moine capucin venant ouvrir les grilles du concert, l’interprète sort lentement d’un caveau d’où jailli une lumière blême pour repartir, une fois la chanson terminée, au sommet du cimetière dont elle restera prisonnière une fois les grilles refermées.

Dans le traitement des scènes d’extérieur du film, le thème de départ, l’adieu, est exploité également, la scène assez courte introduisant le passage d’Ainsi soit-je le montre bien. Un mausolée de pierre représentant une femme couverte de roses (rappelant celles que l’on offre à une diva une fois sa prestation terminée) est montré en travelling vertical arrière comme si la caméra s’en dégageait, puis la chanteuse marche dans ce cimetière vide avant de se recueillir sur une tombe qu’on comprendra aisément être la sienne. En ce qui concerne les deux scènes d’extérieur qui encadrent le concert précédemment évoquées, leur caractère autodestructeur ne fait aucun doute. Boutonnat y place son interprète consentante qui assiste à la décomposition d’une partie allégorique de son oeuvre. On remarquera la tenue de Mylène Farmer dans ce plan : une robe de images (4)deuil noire qui est aussi celle qu’elle porte sur l’affiche du film. Si on étend au film entier l’idée de la crémation que subit la scène, on s’aperçoit que le public est à plusieurs reprises lui aussi calciné, surtout à la fin de Libertine. Dans cette séquence additionnelle au concert, le décor du cimetière qui explose laisse en surimpression la foule sur la partie inférieure de l’image et lui donne l’impression de se mêler aux flammes.

Après un moment d’absence (qui durera pas loin de cinq minutes durant le spectacle, mais non-repris dans le film), la chanteuse réapparait pour chanter la chanson de Marie Laforêt Je voudrais tant que tu comprennes. Bertrand Lepage déclarera dans une interview à Super en décembre 1989 que l’idée de reprends la chanson de Marie Laforêt datant de 1966 serait venue d’une erreur de gravure d’un 45 Tours. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer aurait receptionné un 1er pressager de leur single en découvrant en face B la chanson de 1966. Ils auraient alors décidé de la reprendre en face B de Sans Logique, avant de se raviser et de la garder pour le final du concert.

La technique discursive de surimpression de la foule sur les flammes sera utilisée plusieurs fois, notamment à la toute fin du film lorsque les gros plans des spectateurs sont eux aussi imprimés sur les ruines en combustion : A certains instants la base des flammes se trouve en exacte similitude avec la courbe de l’épaule d’un spectateur, donnant encore l’impression de son ignition. L’idée de Laurent Boutonnat étant de détruire aussi sa chanteuse, on observera que pendant la chanson lente L’Horloge, elle se trouve durant plusieurs longs plans dans l’axe d’une flamme de briquet s’agitant en gros plan sous son corps, comme s’il voulait l’enflammer. Nombre de petits détails de composition comme celui là, même s’ils restent quasiment invisibles à la première vision, influent sur l’impression générale d’autodestruction que dégagera le film du concert vu dans son intégralité.

http://www.mfarmer.ru/

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