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Le space-opéra de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 20 février 2014

 

    téléchargement (4)L’image frappe dès l’entrée en salle : un énorme coffre, une porte ornée monumentale interdit l’accès à un temple (très boutonnesque j’oserais) on ne peut plus mystérieux. Mur aveugle qui fait monter progressivement une excitation que rien ne peut contenir. C’est après un court-métrage d’Alain Lescalle (mélange confus de guirlandes japonisantes sur une esthétique de jeu vidéo des années 90) que le scaphandre cybernétique renfermant la chanteuse attirera les regards au centre du plafond de Bercy. Et c’est après une descente et un parcours qui le mène au pied du temple que le ton esthétique du show est donné : coiffure pour le moins inattendue composée de marguerites improbables, tenues multicolores de robes lamées et de corsais surchargés, soupiraux de pierre et escaliers vertigineux, le temple dans lequel nous entrons est celui du délire visuel …et textuel. L’entrée en scène se fait au son scratché de chœurs scandant « shut up Farmer » (« Ta gueule Farmer »), ce qui promet pour les 2h30 de show qui suivent.

    De quoi être bousculé. On ne peut qu’être déçu par l’enchaînement mollasson des toutes premières chansons (XXL sans envie, California lassant, Dans les rues de Londres au minimum syndical). Mais c’est avec la chorégraphie percutante (et sans danseuses) de Pornographique que le spectacle démarre vraiment. La suite assez rythmée (ouf!) fait étrangement l’impasse sur 2 albums (Cendres de lune, et Innamoramento), et reste à l’image de l’entrée en scène : un certain futurisme des années 80 sur des décors de « La Belle et la bête ». Chapeaux haut-de-forme sur Sans ContrefaçonJe t’aime mélancolie en altitude sous des voiles rétractables, Q.I. et sa chorégraphie hispanisante reprenant les gestes du clip, et à la surprise générale Les Mots en duo avec l’imposant (et charmeur!) batteur, Abraham Laboriel Jr. (quand on vous dit que c’est dans le délire !).

    Un chandelier aux allures du pieuvre pose la chanteuse sur une scène centrale en forme de croix de malte (symbole du secourisme) pour un tableau marquant le milieu du spectacle. La proximité de tout le public donne une force indéniable à un long tableau composé de chansons acoustiques (Redonne-moiRêver, Ainsi soit-je…) accompagnées par Yvan Cassar sur un piano noir collé à une plateforme réversible. Fin de la partie avec LA réussite du spectacle : un Désenchantée ultra dansant en formation restreinte (Abraham sur une mini-batterie pas plus grande qu’un guéridon, une simple guitare, une unique percussion et Yvan fidèle au piano), et une Mylène tournoyante avec ses danseuses pour que chacun des spectateurs tout autour d’elle n’en perde pas une miette. C’est, avec Sans Contrefaçon, les deux moments forts du show …car peut-être les deux seuls vrais tubes. 

  téléchargement (5)  Avant que l’ombre la bien nommée clôturera un spectacle foisonnant en entrouvrant un rideau d’eau sur un Mylène Farmer d’une neutralité retrouvée, qui disparaîtra symboliquement nue au sommet d’un escalier féerique orné de lustres suspendus à une autre planète. Rappel du rideau d’eau, le mot « passé » écrit en retombées pluvieuses (première technique mondiale) s’écrasera au sol à plusieurs reprises. De loin le final le plus réussi, le plus émouvant aussi. Le final suicidaire du concert de 1989 (que décidément rien ne vaut) n’est pas très loin dans cette grille du cimetière remplacée par le monumental coffre dont la résonance de la clôture résonne encore à nos oreilles.

    A chaud, un spectacle incroyablement délirant et forcément jouissif, tant le retour de la vraie audace du duo Farmer-Boutonnat était attendu.

Dr. Jodel, le 14 janvier 2006.

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Une séparation des 2 compères FARMER/BOUTONNAT

Posté par francesca7 le 20 février 2014

 

« Nous n’allons pas continuer à faire ceci impunément. Un jour on va le payer très cher, parce que nous perdons conscience de la violence, de la noirceur, de la morbidité ».

Citation Laurent BOUTONNAT – mai 1989

téléchargement (3)Après le mauvais moment de la sortie de Giorgino, Laurent Boutonna aurait vécu une période très dure sur laquelle nous ne nous attarderons pas. Les tournages du film s’étant mal passé avec Mylène Farmer (un technicien ayant révélé à la presse les violentes prises de bec entre les deux acolytes), Laurent Boutonnat décide en accord avec la chanteuse de mettre un terme à leur collaboration cinématographique. Laurent Boutonnat déclarera 13 ans plus tard (en décembre 2007) par une phrase insérée dans le livret du DVD : « A un moment donné, vous n’écoutez pas ce que vous devriez entendre, de l’extérieur, de certaines personnes. Peut-être foncez-vous avec des œillères… Comme j’étais très volontaire, mon entourage était sans doute impressionné et laissait faire. ce que j’ai compris avec Giorgino c’est aussi à entendre, à écouter ».

MYLENE Farmer s’exile alors seule à Los  Angeles et commence à écrie quelques chansons. Laurent boutonnat viendra la rejoindre en mars 1995 et lui composera 11 musiques qui lui serviront pour l’album Anamorphosée. Ils ont depuis visiblement décidé de travailler conjointement (par la composition) mais sans renouer avec l’épreuve des tournages. Laurent Boutonnat ne réalisera plus aucun clip pour Mylène Farmer jusqu’en 2001, se contentant en 1996 de co-réaliser Live à Bercy avec François Hanss, son assistant de longue date. Mylène Farmer travaillera avec des réalisateurs qui tourneront pour elle des clips plus laconiques. Marcus Nispec et Abel Ferrara se démarqueront totalement du « style Boutonnat » tandis que François Hanss , Mickaël Haussman et Shing Siu-Thung s’inspireront ouvertement de certains des courts-métrages de Laurent comme plus Grandir, sans Contrefaçon ou Tristana. Le cascadeur Mario Luraschi, qui a souvent collaboré avec Laurent boutonnat fait appel à lui pour composer la musique de son premier long métrage (le Pèlerin) en  1998, qu’a produit Luc Besson. Le résultat s’approche un peu de la musique de Giorgino, avec aussi des sons empruntés au Vertige qu’il a composé pour Mylène Farmer quelques mois auparavant.

Laurent Boutonnat refus toute interview et diffusion de Giorgino, voulant visiblement faire de son long métrage un film maudit. Le film sera tout de même contractuellement diffusé en novembre 1995 sur Canal Plus. Boutonna attendra 1997 avant de reprendre réellement la caméra pour l’ancienne actrice Nathalie Cardone pour laquelle il réalisera 4 clips. Ils ne sont pas mauvais mais ne feront pas beaucoup parler d’eux, car n’apportant rien de plus à son œuvre et à son univers déjà complet. Le succès international que connaître Hasta Siempre ne se répercutera ni sur les singles suivants, ni sur l’album sorti en mars 2000.

« Giorgino n’est pas sorti en DVD car c’est une histoire qui a été assez difficile à vivre. Ce film n’a pas marché du tout. A l’époque, j’avais presque financé moi-même 80 % de ce film donc i a fallu rebondir. J’ai pu en fait récupérer les droits de ce film, d’exploitation vidéo etc… et à ce moment-là, je n’avais qu’une envie, c’était de prendre les droits, les mettre dans un tiroir et ne plus jamais en entendre parler. C’est aussi simple que ça. Peut-être qu’un jour, je le sortirai en DVD. Peut-être après un autre fils… Voilà »

déclaration de  Laurent Boutonnat, conférence de presse, décembre 2004.

 

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