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Mylène Se démarque de la chanson

Posté par francesca7 le 9 février 2014

 

 ClipCaliforniaPetit2   Le vidéo-clip est l’instrument promotionnel d’une chanson qu’il illustre. Cet aspect publicitaire non négligeable du vidéo-clip l’oblige au renouvellement perpétuel. Plus un vidéo-clip est divertissant, surprenant ou particulier, plus il sera diffusé en télévision et augmentera de ce fait la connaissance par le public de la chanson qu’il est chargé de promouvoir. A l’inverse, la popularité d’une chanson due à ses ventes effectives ou à ses fréquents passages radiophoniques peut encourager la programmation télévisée massive du vidéo-clip correspondant. En ce sens les clips de Laurent Boutonnat suivent les deux principes, la chanson et son support audiovisuel s’enrichiront l’un l’autre. La sortie du clip Libertine verra les ventes du disque augmenter sensiblement, tandis que Pourvu qu’elles soient douces deux ans plus tard n’attendra pas le début de la diffusion télévisée du clip pour atteindre le maximum de ses ventes.

n autre principe vient s’adapter aux clips de Boutonnat et n’est applicable qu’à de très rares autres réalisateurs de clips. Chez Laurent Boutonnat le clip se suffit parfois à lui-même et arrive à « vivre » sans la chanson qui lui est rattachée. A plusieurs reprises, on remarque que chacun des deux supports suit sa propre exploitation, et que la rotation de la chanson en radio s’essouffle au bout de la période habituelle de trois mois de promotion alors que son clip continue fréquemment d’être diffusé, vendu en vidéo-cassettes, et même projeté en salles. Certains clips comme Désenchantée (1991) ont continué d’être diffusés régulièrement à la télévision alors que la période de promotion du disque éponyme était achevée depuis plusieurs années. Alors que la chanson elle-même n’est rediffusée sur les radios qu’à de très rares occasions, le plus souvent dans des émissions thématiques sur la période de sortie, le clip qui lui correspond est encore visible dix ans plus tard sur les chaînes musicales et dans les émissions, et cela sans distinction par rapport à sa date de sortie. On est alors dans ce cas là assez proche des habitudes de diffusion de films de cinéma, pouvant être vus indépendamment de leur période et leur contexte de sortie. 

    Plus que de porter à la connaissance du plus large public possible la sortie d’une chanson dans le commerce, le dispositif mis au point par Laurent Boutonnat pour la diffusion de ses clips trouve sa justification dans sa quête de reconnaissance en tant qu’auteur. C’est par une visibilité autre que celle d’un réalisateur de clip traditionnel qu’un cinéaste comme lui pourra se démarquer d’une forme peu propice à la constitution d’une œuvre. Il prend d’ailleurs le plus grand soin à asseoir cette particularité en généralisant dans sa « clipographie » l’usage d’attributs de long-métrages cinématographiques (générique, musiques additionnelles…). En étendant le champ de diffusion de ses clips, Boutonnat sait qu’il étend la visibilité de son cinéma, en même temps qu’il remplit sa mission de promotion de la chanson, car en parvenant à faire diffuser l’un, il fait automatiquement diffuser l’autre.

Ici l’objet de la promotion n’est pas la vente du disque dans le commerce, c’est bel et bien le clip lui-même, voire son réalisateur, ou même indirectement la chanteuse dont il est question ; un tel vecteur de promotion peut hisser facilement l’interprète de la chanson, vedette du clip, au rang de comédienne ponctuelle, lui donnant éventuellement une certaine crédibilité pour prétendre plus tard à des rôles au cinéma. La même stratégie promotionnelle est renouvelée un an plus tard à une échelle plus grande lors de la sortie du clip Libertine en juin 1986. Déjà en vente depuis quelques semaines, la chanson ne se distinguait alors ni par ses ventes ni par sa popularité. Il a fallu une série d’avant-premières au cinéma Mercury des ClipQMCL11PetitChamps-Élysées à Paris pour qu’un bouche à oreille se crée dans la capitale, puis dans les médias sur ce film d’une forme nouvelle. En l’absence de terminologie pour nommer de nouvel objet « clipesque », certains articles le compareront à une sorte de  » bande-annonce de film » . Le clip sera remis aux chaînes de télévision, qui le présenteront à plusieurs reprises comme une production « venue » du grand écran. L’évènement que constitue la sortie d’un clip au cinéma, pour la première fois doublée du succès commercial de la chanson rattachée, conduit Laurent Boutonnat à être invité au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2 en août 1986 en tant que réalisateur. Un extrait du film est montré et l’interview par le journaliste Noël Mamère est dirigée sur l’aspect cinématographique du clip et son imagerie  » à la Barry Lyndon  » (Stanley Kubrick – 1975). Restant assez superficiel, l’entrevue ne permet pas d’en savoir plus sur sa réelle réception auprès du monde médiatique et artistique de l’époque. Cependant, le fait de promouvoir son clip lors d’avant-premières en salles de cinéma puis d’interviews télévisées reproduit le schéma de promotion d’une œuvre cinématographique de long-métrage. Le clip pourtant outil de promotion, se trouve lui aussi au centre d’un dispositif promotionnel le présentant comme une œuvre à part entière. Dans le cas précis de Laurent Boutonnat, ce dispositif mis en place par lui-même fait hisser son clip à la même visibilité artistique que la chanson qu’il comporte : avant que la chanteuse n’interprète la chanson en question sur scène devant son public, son clip est lui aussi « mis en scène » sur sa propre scène de spectacle : le grand écran de cinéma.

http://jodel.saint.marc.free.fr/promolibertine.htm

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mylène et L’honnêteté retrouvée

Posté par francesca7 le 9 février 2014

InnamoMaxi

 

    C’est la quarantaine dépassée, que Mylène Gautier montre enfin le bout de son nez, et zappe une Mylène Farmer devenue caricaturale. Le personnage intemporel et finalement peu crédible disparaît au profit de la femme hédoniste qui vit au présent, sans amertumes ni remords, délestée de tout son passé et indifférente de son futur. Sur le fond, la suite logique et cohérente d’Innamoramento, qui amorçait déjà un retour à la vie.

    Mylène Farmer, après avoir discouru sur des thèmes emphatiques et peu maniables devient enfin le témoin de sa propre vie, en l’aimant, en la connaissant, sans la prendre au sérieux. Le seul point de perspective à tout ce témoignage reste la solitude, voulue, paradoxale pour une personne qu’on imagine si bien entourée. En ce sens, la séance de photographie qui illustre le livret tombe en plein dans l’homogénéité des Ballades fluides qui le composent. Reprise des mêmes clichés comme des instantanés d’un quotidien enfin supportable qui se répète, sourire apaisé devant la simplicité de vivre enfin trouvée, Mylène Gautier comme elle se voit vraiment, en intérieur, en logis, libérée des studios et de toute forme de symboles ou de mise en scène. Il y a cette pochette simple mais finalement mystérieuse où le canapé recueillant le corps de la chanteuse apaisée rappelle le velours d’un cercueil qui garde un être dont l’avenir appartient au passé. Mylène est dans son monde, pas celui qu’on connaît ; proche de sa vraie nature intrinsèque, et finalement assez neutre.

    Et il y a ce crucifix de pacotille mais lourd de sens, celui du pardon, de l’amour, des amours, et surtout de cette spiritualité débarrassée des pollutions bouddhiques et de ses Lamas à l’optimisme béat. Mylène Farmer aime. Et pour l’instant ? Rien d’autre. Pas même les grands auteurs dont elle se désintéresse. On se tourne avec bien plus de désinvolture vers des références légères, comme Dorothée à laquelle elle empreinte le mélodique refrain de Hou la menteuse pour les couplets de L’Amour n’est rien. Bien sûr cette franchise et cette épaisseur certaine se créent au détriment de l’efficacité ‘tubesque’ ou des émotions brutes dont on nous avait habitués avec tant de délices. Le grand public pourra facilement s’ennuyer là où le passionné tombera de nouveau en amour devant la femme et l’ (les) artiste(s).

   Innamoramento1 Lascive mais dépassée par une vulgarité inappropriée encore récente, elle est proche de toutes les formes de sensualité, mais éloignée de toute idée masturbatoire. L’évocation sexuelle, pourtant crue, est purement intellectuelle, entièrement décomplexée et désinhibée. L’idée de sexe prévaut, mais l’homme en lui même semble lasser. Le toucher reste important. C’est sans doute pourquoi elle renoue aussi avec la sensualité de l’objet (le CD imite brillamment le vinyl). Mylène Farmer aime les plaisirs de la vie, et Aime finalement cette vie qui les lui permet. Mylène Farmer est morte, vive Mylène Gautier.

Dr. Jodel, le 6 avril 2005.

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