Mais Mylène, qui est donc Laurent B.

Posté par francesca7 le 7 février 2014

 

images (2)Que sait-on de Laurent Boutonnat ? Finalement peu de choses, tant ses interviews sont rares ; qu’il a été dans les années 80/90 le réalisateur de clips dont on a le plus parlé sans jamais le voir ; ceux de Mylène Farmer. L’écrivains Philippe Ségui évoque le mieux, en peu de mots, le mieux le réalisateur :

« Laurent Boutonnat fonctionne par odeurs. Celles de la neige, du vent, du froid et celle aussi de la misanthropie. L’œuvre est souvent tragique et affiche une douleur, une solitude et un univers qui lui sont propres. Ses films qui n’ont pas d’âge nous parlent d’un monde mélancolique qui a la couleur de la fatalité ».

Laurent Pierre-Marie boutonnat est né le 14 juin 1961 dans le XIVè arrondissement de Paris, de Pierre-Louis Boutonnat et marielle Brunher (mariés depuis le 16 juin 1960). Du côté de son père, Laurent Boutonnat est le petit fils de Charles Boutonnat, administrateur de la France d’Outre-Mer, et de Alice Nivot. Non moins célèbre dan les monde des chefs d’entreprise, Pierre-Louis Boutonnat, le père de Laurent, est né à Saint Louis au Sénégal le 4 février 1935 et a derrière lui une impressionnante carrière : tour à tout dirigeant de dizaines d’entreprises, puis de la Croix Rouge, et toujours en 2004 de la société WWF, il a été décoré de la Légion d’Honneur, de l’Ordre National du mérite, et figure dans le Who’s Who officiel.

Laurent Boutonnat grandit avec son frère Dominique et ses trois sœurs au 51 Bd Auguste Blanqui dans le XIIIè arrondissement de Paris : Caroline, Bénédicte, et Stéphanie, devenue journaliste à la matinale de France Inter jusqu’à fin 2008, avant de travailler pour BFM TV. Il se servira d’ailleurs de membres de sa famille pour monter ses sociétés d’éditions phonographiques et aussi de son petit frère Dominique dans son premier long métrage : Ballade de la Féconductrice en 1980. le même qui produire Jacquou le Croquant 26 ans plus tard. Laurent Boutonnat a déjà réalisé dans son enfance de nombreux courts-métrages amateurs avec la caméra Super 8 de ses parents. Son premier essai date d’ailleurs de 1971 où il transpose Bambi chez les humains. Lors de ses fils il dit vouloir déjà tout maîtriser : de la mise en scène à la musique, du maquillage à l’interprétation elle-même ! Parallèlement, i étudie la musique, notamment le piano dès l’âge de cinq ans.

Vidéo : Ballade de la Féconductrice :

Image de prévisualisation YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=2pTMjfj8kQw&feature=youtu.be

Au collège, Laurent Boutonnat est chez les jésuites. On retrouvera d’ailleurs des traces de cette éducation dans le clip de Plus Grandir (1985). Il s’y déplaît n’est doué qu’en littérature et est plusieurs fois renvoyé. A quinze ans il décide d’abandonner ses études pour aller chercher du travail. C’est aussi l’âge à partir duquel il abandonne l’apprentissage des instruments que lui faisaient apprendre ses parents, et notamment celui du piano. Parallèlement aux petits boulots qu’il cherche, Laurent prend des courts de théâtre durant trois ans et il écrit chez lui avec un professeur d e philosophie. Il déclarera plus tard « avoir pris goût à cela »…

Laurent Boutonnat le sait déjà : son unique objectif est le cinéma. Il commence à développer dans sa t^te plusieurs projets de long métrage dont un film nommé Giorgino (qu’il reprendra dix ans plus tard). Il réalisera finalement Ballade d la Féconductrice qui restera deux semaines à l’affiche à Paris . Plutôt que de retourner à l’école, Laurent Boutonnat, déçu, ne fait plus rien jusqu’à sa rencontre avec Jean-François Chauvel. Ce grand reporter de télévision (mort en 1986) devait tourner plusieurs émissions de reportages scientifiques sur les énergies nucléaires. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme caméraman pour toute la série d’émissions. Il avouera plus tard : « J’avais prétendu m’y connaître en technique pour qu’il me prenne, et j’ai dû potasser le manuel comme un fou !  il part donc pendant un an dans les quatre coins de la France pour tourner les images de ces reportages, « La meilleure école » selon lui.

Laurent Boutonnat a alors 20 ans et se lance dans une nouvelle aventure où il utilisera ses facultés d’écriture et son expérience récente dans le journalisme. Toujours avec le sens du subversif et son goût du morbide, il commence des recherches pour écrire un lire sur l’infanticide. Parallèlement à cela il réalise des publicités télévisées, non par vocation mais tout simplement pour gagner un peu d’argent. Il signe également en 1982 la musique du court-métrage « Panache » de Pascal Deligné, qui deviendra son assistant sur Plus Grandir. Laurent tourne donc plusieurs sports pour des produits de consommation courant (barres chocolatées, ligueur et champagne) puis s’associe à un producteur travaillant pour le circuit Parafrance. Celui-ci lui proposera d e tourner un film d’horreur en deux semaines de tournage pour un budget de 230 000 Euros. Le film ne verra jamais le jour. C’est à cette période que la première version de Giorgino sera écrite par lui. Un soir, alors qu’il est accompagné d’un ami : Jérôme Dahan , il décide d’écrie avec lui les paroles d’une chanson ayant trait à cette enfance qui le hante tant. Le lendemain Jérôme Dahan en écrit la musique et le résultat ne leur déplait pas. Ils viennent en fait d’écrire les paroles de maman a tort, le futur tube de l’été 1984. Laurent Boutonnat laisse peu à peu de côté le sulfureux libre qui ne verra jamais le jour.

Les paroles qui évoquent la folie, l’abandon, et le saphisme seraient encore plus explosives dans la bouche d’une enfant. Après une tentative avec une jeune fille de quinze ans qui pose trop d e problèmes juridiques, Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat organisent un casting où se présentent une cinquantaine de filles dont Mylène Farmer, qu’il avait croisé quelque temps auparavant au bras de Dahan. Laurent boutonnat la choisie immédiatement, sans même l’avoir entendue chanter, à cause de son air « psychotique » dont il parlera à Noël Mamère en 1986 au journal télévisé. Lors de ces premières interviews télévisées, on se rend compte que Laurent Boutonnat s’exprime comme le producteur Christian Fechner. Après un clip tourné en vidéo avec un budget de 760 Euros, il aura un projet de vrai court-métrage pour la chanson.

 » C’est un homme qui a un physique romantique. C’est un homme qui a ses névroses. Qui a, je crois beaucoup de talents » Citation Mylène Farmer – Frequenstar – février 1989

Laisser un commentaire

 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...