Mylène Farmer chez Christian Ouvrier

Posté par francesca7 le 23 janvier 2014

NUMÉROS 1 pour Mylène Farmer 85

MAI 1985 – Entretien avec Christian OUVRIER

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Quelles sont tes espérances avec ce deuxième 45-Tours ?

- Mes espérances c’est de créer un style, le style Mylène Farmer, mais c’est un travail de longue haleine. Avec mon nouveau titre je pense aller dans ce sens.

Maman a tort eu diverses interprétations, peux-tu m’en parler ?

- C’est vrai et je trouve ça assez extraordinaire pour une même chanson. Je pense que les plus jeunes ont aimé le côté comptine et qu’ils ont utilisé un peu comme slogan ‘Maman a tort’. A l’opposé, d’autres ont aimé ce titre pour son côté tabou « j’aime ce qu’on m’interdit, j’aime les plaisirs impolis ». Enfin, j’imagine que certains ont pu encore avoir une autre interprétation du texte…

Y a-t-il eu des réactions négatives ?

- C’est vrai que « Maman a tort » a quand même eu quelques problèmes. Je ne sais pas si c’est au niveau de la compréhension, mais le texte a choqué quelques personnes. Je trouve ça assez stupide d’ailleurs. Jacques Dutronc dit bien ‘Merde in France’ et tout le monde s’extasie. Moi je me suis contenté de dire que j’aimais les plaisirs impolis…

Cette version anglaise de « M aman a tort » que tu as enregistrée, que devient-elle ?

- On s’en occupe, ou plutôt c’est en cours… Le disque qui est sorti en France, devrait sortir au Canada dans les deux langues. Il devrait également sortir en Allemagne. Après je ne sais pas, c’est plutôt difficile de s’imposer dans les autres pays. Quand à l’Angleterre et les Etats-unis ce n’est même pas la peine d’y penser !

J’ai entendu quelqu’un dire un jour que les Américains ne nous attendaient pas. C’est monstrueux de dire ça, mais c’est vrai que les Américains ont tout ce qu’il faut. Ils ont un professionnalisme que les Français sont loind’avoir… Je trouve qu’il est un peu utopique de vouloir aller dans ces pays, mais pourquoi pas ?

Parle-moi de ton équipe ?

- L’équipe se résume à trois personnes : Jérôme Dahan, Laurent Boutonnat et moi. Jérôme est dans la musique depuis sa plus tendre enfance, Laurent est plus orienté vers le cinéma. C’est intéressant, car c’est un peu ce que j’aimerais refléter. Un côté chanson c’est évident puisque je chante, et un côté cinéma obtenu par le visuel (ma façon de bouger, d’interpréter, etc…). Jérôme et Laurent ont écrit « Maman a tort » ensemble. Pour ce qui concerne le nouveau 45-trs, « On est tous des imbéciles » est l’oeuvre de Jérôme Dahan et la face B, « L’annonciation », celle de Laurent Boutonnat.

Et toi dans tout ça ?

- Moi, je chante ! (rires). Pour l’instant je dis oui ou non, lorsque l’on me propose une chanson. Je dis pratiquement toujours oui d’ailleurs, car j’aime bien ce qu’ils font. En studio, j’ai le droit de lever le doigt et de poser des questions ! Cela dit, c’est vrai qu’en musique je ne m’y connais pas, je ne peux qu’instinctivement dire que j’aime ou pas. La partie où j’interviens surtout, c’est dans l’interprétation des chansons, le visuel pour la télévision, les galas… Le travaille se fait en équipe et personne n’est tenu à l’écart…

Comment réagis-tu face au succès de « M aman a tort » ?

- Plutôt bien ! (rires). Je ne pense pas avoir la grosse tête, et puis peu importe, c’est le cadet de mes soucis…

Chanter est à la fois un métier passionnant, mais aussi un métier de dérision. C’est un peu ce que je dis dans « On est tous des imbéciles ». Ce qui est surprenant par rapport au succès, c’est que du jour au lendemain on est propulsé, et que l’on se retrouve avec une nouvelle image, que les gens vont s’arracher. (Enfin pas pour moi, il ne faut rien exagérer !). Ils vont te demander des autographes, et le moindre bout de papier ou de tissu, aura de l’importance. C’est ça que je trouve quand même drôle et dérisoire. Personnellement, j’aurai plus d’estime pour un chercheur en médecine qu’un chanteur.

As-tu des projets ?

- Logiquement nous devons faire le clip sur « On est tous des imbéciles », le scénario du clip a été écrit. Tout est terminé, il ne manque plus maintenant que le tour de manivelle et les sous… Obtenir l’argent devient un gros problème, car avec ce qui vient de se passer au Midem, les maisons de disques ne sont plus prêtes à avancer de grosses sommes d’argent pour la réalisation des clips. C’est l’avenir du clip qui est en suspend. Dans les semaines à venir je vais faire des galas comme tous mes amis chanteurs…

 

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