FR3 NORMANDIE – ROCKING CHAIR avec Mylène F.

Posté par francesca7 le 21 décembre 2013

1985-04-d

Présenté par Jan Lou JANEIR – 2 MARS 1985

« J’ai du caractère, et même un sale caractère. »

Mylène Farmer (assise à coté du présentateur, elle prend la parole pour accueillir les téléspectateurs) :  Bonjour, vous n’êtes pas sur FR3 Toulouse, mais sur FR3 Normandie ; l’émission n’est pas présentée par Guy Lux mais par Jan Lou Janeir ; je ne suis pas Chantal Goya mais Mylène Farmer ; la moquette n’est pas bleue, mais grise ; le décor n’est pas des palmiers, ce sont…

Jan Lou Janeir (l’interrompant) : S’il te plait…s’il te plait… Bon, t’arrêtes un peu ?! C’est bien sur le numéro 61 de « Rocking Chair » avec comme invitée vedette Mylène Farmer. Ca  s’annonce…conséquent ! (Mylène rit)

(Générique)

Jan Lou JANEIR : Salut, c’est « Rocking Chair », le numéro 61. Aujourd’hui, c’est pas vraiment simple puisqu’il sera question de femmes dans « Rocking Chair ».

MF : Je n’aime pas les femmes !

JLJ : Ca commence bien ! Avec comme invitée vedette Mylène Farmer : elle chante « Maman a tort », elle chantera aussi « On est tous des imbéciles », son nouveau 45-Trs -bravo, ça commence bien, très fort- avec aussi Biba et Les Bandits. Et on débute sans plus tarder avec une dame qui s’appelle Angelfred, le titre de la chanson « J’me félicite d’être là ».

MF : Moi aussi !

(…)

JLJ : L’invitée, aujourd’hui, de « Rocking Chair » je vous l’ai dit, elle s’appelle…

MF (elle achève sa phrase pour lui) : Mylène Farmer !

JLJ : Bravo, ben tu le sais par cœur ton nom !

MF : Oui, je l’ai appris !

1985-04-cJLJ : C’est un vrai nom ?

MF : Oui, c’est mon vrai nom.

JLJ : C’est pas un pseudonyme ?

MF : Non, non…

JLJ : Bon, ben je te le dis : ça sonne bien. Tu es née où ?

MF : Je suis née à Montréal, au Canada.

JLJ : Tu es québécoise ?

MF : Je suis québécoise, donc, et puis je vis en France depuis maintenant 8 ans. Et je suis plus française que canadienne.

JLJ : T’as pas l’accent du tout !

MF : Non, du tout. J’aime pas l’accent canadien.

JLJ : Pourquoi ?

MF : Ben, c’est…j’allais dire c’est un accent vulgaire. C’est un peu fort, mais c’est un accent que j’aime pas, qui ne m’est pas très familier.

JLJ : Tu es quelqu’un qui me donne l’impression de ne pas aimer grand-chose : c’est vrai ?

MF : Ca y est ça commence ! Pas du tout, je t’aime Jan Loup ! (rires)

JLJ : J’ai l’impression que tu es quelqu’un de vif !

MF : Je suis quelqu’un, oui, qui a un caractère, et même un sale caractère.

JLJ : Pourquoi tu dis ça de toi ?

MF : Parce que les techniciens vous le diront. D’ailleurs, ils sont derrière leurs caméras, ils peuvent rien dire, là, mais je suis sûre qu’ils… (rires)

JLJ : Mais dans le métier, t’es quelqu’un d’un peu dur ?

MF : Dur ? Non, je suis quelqu’un qui aime les choses bien faites. J’essaie, moi, de faire les choses bien, et j’aimerais que les gens fassent la même chose.

JLJ : Mais t’as pas l’impression qu’on est obligé de travailler avec tout le monde ? Par exemple, quand tu fais « Maman a Tort », ce grand tube qu’on va découvrir dans quelques instants, ce n’est pas toi qui écrit ni compose.

MF : Non. En fait, nous formons une équipe de trois personnes : il y a Jérôme Dahan, Laurent Boutonnat et moi-même. Les deux garçons composent, écrivent musique et paroles, et puis moi j’interprète.

JLJ : Mais tu m’as pas répondu : c’est pas simple de travailler en équipe, faut que tout le monde s’entende bien.

MF : C’est difficile, mais c’est quand même très agréable quand on est très liés. C’est important d’avoir des équipes soudées.

JLJ : Tu es très liée avec les gens avec qui tu travailles ?

MF : Très liée, oui. Je vois ces deux personnes tous les jours depuis un an maintenant, et on s’entend très bien.

JLJ : Tu voulais faire de la chanson ou tu voulais faire d’autres choses avant ?

MF : Je m’orientais vers le métier de monitrice d’équitation, et ensuite j’ai bifurqué vers les cours de théâtre et puis j’ai terminé par le métier de chanteuse et c’est très bien !

JLJ : Tu t’entendais bien avec les chevaux ?

MF : Très, très bien !

JLJ : D’accord. Parce qu’on sait jamais ! (rires)

MF : Les pauvres !

JLJ : On va t’écouter chanter, Mylène Farmer. Tu veux ?

MF : D’accord…

JLJ : (…) Ca s’appelle « Maman a tort », et puis vous allez la retrouver dans quelques instants, Mylène Farmer, puisqu’elle est l’invitée de « Rocking Chair », et attention : pour les questions, ça va barder tout de suite après ! (rires de Mylène)

Diffusion d’une séquence où Mylène chante et danse « Maman a tort » sur le plateau de l’émission.JLJ : Voilà, c’était Mylène Farmer, ça s’appelait « Maman a tort » -ça s’appelle toujours d’ailleurs, puisque c’est le tube, le premier…

MF : Oui !

JLJ : Mylène, c’est difficile de faire un tube ? Parce qu’après, quand on veut faire une deuxième chanson, c’est pas simple !

MF : Non, ce n’est simple pour personne.

JLJ : C’est vrai !

MF : Parce que la grande phrase, c’est « On vous attend au tournant », alors qu’on fait en sorte d’avoir une chanson aussi forte que la première, et puis d’avoir des prestations aussi bonnes que les premières !

JLJ : Ouais, c’est vrai, c’est pas simple.

MF : Non c’est pas simple, parce que le public est dur et exigeant, et le métier aussi. Donc c’est comme ça que se fait le tri au fur et à mesure, et puis y en a qui restent, et puis d’autres qui partiront, y en a qui reviendront, et puis…

JLJ : T’as envie de faire une carrière, Mylène Farmer ?

MF : Bien sûr. Je crois que c’est le rêve de toute personne qui débute, enfin j’espère. Je m’y accroche.

JLJ : Oui, mais de faire une carrière ? C’est-à-dire, bon…faire ça 20 ans ?

MF : Oui, mais ça s’apprend, ça aussi. C’est un métier, la chanson, donc va falloir prendre des cours de danse, des cours de plein de choses pour pouvoir éventuellement faire de la scène.

JLJ : Ha bon, t’as envie de danser en plus ?

MF : Bien sûr, oui !

JLJ : Ca te suffit pas de chanter !

MF : Non…

JLJ : De faire du théâtre ?

MF : Oui !

JLJ : De faire du cinéma, même ?

MF : J’espère le cinéma, mais ça je vais attendre un pour l’instant…

JLJ : Mais est-ce que c’est parce que t’as 23 ans, tu es toute jeune et tu te dis que finalement t’as envie de tout faire ? Mais tu sais, quand on veut tout faire, c’est ce que dit un certain nombre de gens, t’as pas peur qu’on se disperse ?

MF : Non, non justement, c’est ce dont je parlais : je préfère pour l’instant me consacrer à la chanson et plus tard, le cinéma s’il fait appel à moi, j’y viendrai.

JLJ : Quel effet ça fait d’être très connue à 23 ans ? C’est sympa ? C’est difficile à vivre ?

MF : Pour l’instant, ça m’est pas trop pénible, c’est même plutôt agréable ! (rires)

JLJ : Oui, j’imagine !

MF : Je ne sais pas, avec peut-être cinq ans de recul, je m’en plaindrai peut-être ! Mais là, ça va…

JLJ : T’as peu parlé, en tout cas, toi ! T’as beaucoup chanté, on t’a vu beaucoup : télé, radio… Mais t’as peu parlé…

MF : Oui… Ben, ce que je disais, c’est que dans les émissions qui sont consacrées aux variétés, la plupart du temps les interview s passent un peu outre. Et puis on a tendance à interview quelqu’un qui est installé depuis cinq, dix ans dans le métier plutôt qu’une jeune personne. Et puis les questions  sont pas très souvent intéressantes non plus, faut le dire !

JLJ : Mais c’est pas facile ça, aussi, de dire « Bon, la technique ça va pas, les questions ça va pas », plutôt que de toujours avoir, comment dire, tendance à donner les torts aux autres et pas à soi ? C’est un peu comme « Maman a tort », finalement : c’est pas toi qui a tort, là, à nouveau, c’est toujours les autres qui ont les torts, c’est facile non ?

MF : C’est bien, oui, c’est agréable ! (rires)

JLJ : C’est sûr, c’est très confortable !

MF : Non, non, non, non, moi je reconnais tous mes torts mais c’est vrai que j’aime bien accuser les gens aussi, mais quand j’en ai la conviction je le dis !JLJ : Tu m’apparais pas une fille facile, comme on dit. On sent quelqu’un qui a beaucoup de caractère.

MF : Bah oui, j’ai du caractère ! Une fille facile, ça je ne sais pas… (rires)

JLJ : D’accord…

Lancement ensuite du groupe Les Bandits par l’animateur, alors que Mylène imite le bruit d’un pistolet pour illustrer le nom du groupe.

JLJ : Qu’est-ce que tu aimes, là ? C’est aller chanter devant les gens quand on fait des galas, plutôt que de faire toujours des télés, des radios, être loin du public ?

MF : Oui, je vais dire quelque chose de banal : c’est peut-être le contact direct avec le public. Et puis, c’est surtout une performance.

JLJ : Ha oui, oui, pour soi.

MF : Pour soi, oui.

JLJ : Bien sûr. Quand tu disais tout à l’heure que tu voulais danser…

MF : Hmm hmm (elle acquiesce), je suis des cours de danse une fois par jour.

JLJ : Ha bon ?!

MF : Oui !

JLJ : Combien d’heures ?

MF : Heu, une heure. C’est déjà crevant ! C’est très, très difficile en fait, la danse.

JLJ : C’est pas trop peu pour faire ce métier, par rapport à la danse ?

MF : Trop peu, une fois par jour ?

JLJ : Une heure, non ? Je sais pas, je pose la question…

MF : Une heure par jour… C’est vrai que si j’ai à monter un spectacle, ça sera huit heures par jour ! Mais pour l’instant, j’ai pas mal de choses à faire : j’ai la promotion de ce disque…

JLJ : Bien sûr, « On est tous des imbéciles »…

MF : « On est tous des imbéciles », une fois de plus !

JLJ : (…) Et tu aimes aller voir d’autres spectacles de grands de ce métier ?

MF : J’avoue que j’y vais très rarement, je vais plus facilement au cinéma.

JLJ : Pourquoi ?

MF (elle soupire) : Oh, c’est sans doute par fainéantise, aller chercher sa place, faire la queue… Mais c’est un peu en fait le même phénomène que le cinéma : une fois qu’on est dans la salle, c’est un ravissement. Mais se déplacer, aller chercher sa place, tout ça c’est très pénible. Je suis très fainéante.

JLJ : T’es très casanière ?

MF : Oui !

JLJ : Ha bon ?

MF : Oui, oui, j’aime bien rester chez moi !

JLJ : Alors qu’est-ce que tu fais quand t’es chez toi ? Tu regardes la télé ?

MF : Ca m’arrive de regarder la télé, mais je lis, je réfléchis… Il m’arrive de peindre, aussi.

JLJ : Non ?!

MF (exagérément) : Si !

JLJ : Tu peins quoi ?

MF : Je peins des horreurs !

JLJ : Des horreurs, c’est-à-dire ?

MF : Je peins des petits enfants qui sont tout maigres, un peu comme moi, je peins des paysages un peu fantastiques… Je suis attirée par ces choses.

JLJ : Avec l’envie d’aller exposer, ou c’est vraiment de l’ordre du plaisir personnel ?

MF : Heu, exposer… Je crois que rien n’est fait par hasard, il faut vraiment avoir du talent. J’irais pas exposer mes peintures, non. C’est pas quelque chose que je revendique.

Lancement d’une séquence où, toujours sur le plateau de l’émission, Mylène interprète « On est tous des imbéciles » en effectuant sa chorégraphie et en multipliant les grimaces, plus qu’elle ne le fera sur toutes les autres prestations télévisées de ce titre !

JLJ : (…) Sympa, ce titre-là !

MF : Oui, les gens ont beaucoup d’humour et le prennent très bien !

JLJ : Qu’est-ce que tu penses du rock, Mylène ? Parce que bon, « Rocking Chair » c’est une émission de rock. Je t’ai invité parce que je trouve…

MF : Parce que tu pouvais pas faire autrement !

JLJ : Non, j’avais envie de te rencontrer, savoir ce qui se cachait derrière ce visage un peu flou, cette image floue que tu renvoies.

MF : Tu veux que je te parle du rock… J’avoue que j’écoute très peu le rock et que j’ai un peu de mal à le définir.

JLJ : Qu’est-ce que tu écoutes, alors, comme musique ?

MF : J’écoute un peu de musique classique, j’aime beaucoup Wagner. Sinon, il m’arrive d’écouter de la variété française, j’aime bien Gainsbourg, j’aime bien ce qu’a fait Adjani. Et puis il m’arrive aussi d’écouter de la variété anglo-saxonne, j’aime beaucoup Paul Young, les Beatles, j’aime bien… J’aime bien Julio Iglesias !

JLJ : Non !

MF : Si ! (rires)

JLJ : Tu dis ça… ?

MF : Sérieusement ! C’est un monsieur qui a énormément de talent, je trouve.

JLJ : Alors donc, tu penses que le talent… Tu le définis comment, toi, le talent, dans le rock ou ailleurs ? C’est quoi ? C’est ce qu’on ressent, ou c’est les gens qui se précipitent, comme ça, pour décréter que quelqu’un a du talent ?

MF : Bah, le talent ça peut être –c’est un tout,surtout- ça peut être une belle voix, ça peut être de belles interprétations et puis c’est surtout une aura, enfin quelque chose qu’a une personne, ce que dégage une personne.

JLJ : T’as pas l’impression si tu dis à un certain type de public que tu aimes Julio Iglesias, ou quelqu’un d’autre, que tu peux te couper d’un autre public ? Ou est-ce que c’est de la provocation ?

MF : Je ne pense pas, parce que justement, non, ce qui se passe pour Julio Iglesias puisqu’on en parle, a quand même un public très, très, très vaste.

JLJ : Oui, mais il a pas le public rock par exemple, ça c’est évident.

MF : J’en sais rien, j’ai pas demandé à quelqu’un de rock s’il aimait Julio… Je pense qu’on peut aimer les deux, au contraire puisque dans le rock, on a tendance aussi à les mettre dans un carcan. Je trouve qu’il faut s’élargir. Le rock, y a du hard-rock j’imagine, après y a le rock… Voilà !

JLJ : D’accord. Donc, tu n’as pas peur véritablement, toi, de te couper des autres en affirmant qui tu es, ce que tu penses…

MF : Mais au contraire, je crois que je me rapprocherais des gens. Dans ce métier, c’est vrai que j’ai un privilège, c’est de pouvoir mentir et dire n’importe quoi. Je joue un peu avec les deux, donc y a à en prendre et à en laisser ! (rires)

JLJ : (…) Voilà, c’était Mylène Farmer ! (…)

L’animateur annonce ensuite l’adresse postale de l’émission et propose aux téléspectateurs d’écrire une lettre d’amour à Mylène !

JLJ : La plus jolie lettre d’amour à Mylène Farmer sera récompensée de… Mylène ?

MF : Heu… Le droit de m’écrire une deuxième lettre !

 

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