Mylène au J.T. DE 20 HEURES avec L.Delahousse

Posté par francesca7 le 12 décembre 2013

 

14 JUIN 2009 – Entretien avec Laurent DELAHOUSSE – FRANCE 2

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Entre deux représentations du Tour 2009 à Lyon (et le jour de l’anniversaire de Laurent Boutonnat !), Mylène Farmer remonte à Paris pour être l’invitée du journal télévisé de France 2 pour promouvoir sa tournée pourtant bien entamée et complète depuis de longs mois déjà. Dès le début du journal, la présentation des titres s’achève par quelques images de la première du Tour 2009 à Nice qui laissent place à Mylène présente face au journaliste. Cheveux lâchés et très souriante, elle porte une veste de cuir vert pâle.

C’est à la fin du journal que Laurent Delahousse se tourne à nouveau vers Mylène.

Laurent Delahousse : Notre invitée ce soir est rare, rare à la télévision. Elle est en tournée, spectacle incroyable une nouvelle fois et public toujours aussi fidèle : plus de cinq cent mille spectateurs en France, en Suisse, en Belgique et puis la Russie avec une étape à Moscou, bientôt.

Bonsoir, Mylène Farmer !

Mylène Farmer : Bonsoir !

LD : Merci d’être avec nous…

MF : C’est moi qui vous remercie !

LD : J’ai cru comprendre depuis quelques années maintenant que vous n’aimez pas du tout ce type de rendez-vous en direct, une interview comme ça à la télévision…

MF : Je les crains plus que je ne les aime pas, mais j’ai plus de facilité sur scène, j’avoue, devant douze mille personnes que dans un journal ! (rires)

LD : C’est de la timidité ?

MF : Probablement !

LD : Probablement ? (Mylène acquiesce) Pourtant, effectivement, vous vous exprimez sur scène depuis des années : c’est là que vraiment vous vous retrouvez le mieux, finalement ?

MF : C’est une immense liberté, une communion avec le public. Ca m’est plus facile, en effet.

LD : Alors justement, on va vous retrouver sur scène tout de suite : extrait de cette tournée 2009 qui suscite toutes les passions. On regarde tout cela et on se retrouve juste après.

Diffusion d’images inédites de « C’est dans l’Air » interprétée sur scène lors de la première à Nice

 LD : Alors, comment vous les vivez, ces retrouvailles dix ans après (la dernière tournée en France et non le dernier spectacle, nda) avec votre public ?

MF : C’est incroyable. C’est la chance de retourner en province, puisque je l’avais non pas boudée, mais j’avais présenté un spectacle à Bercy (« Avant que l’Ombre…à Bercy » en janvier 2006, nda) et la structure scénique était telle qu’on est restés à Paris parce qu’on ne pouvait pas voyager avec toute la scène.

LD : Et là, ce spectacle on le retrouvera également en Belgique, en Suisse…et puis à Moscou ? Saint-Pétersbourg ?

MF : Et Moscou, et ensuite au Stade de France…

LD : En septembre ?

MF : En septembre.

LD : Comment vous expliquez cette relation si particulière que vous avez avec ce public ? (Mylène hausse des épaules en cherchant visiblement ses mots) Vous cherchez peut-être pas à l’expliquer…

MF : J’ai du mal à trouver les mots, à trouver une réponse. Est-ce que c’est une… ? Je ne sais pas, peut-être une sincérité de ma part –mais encore, je ne pense pas que ça explique les choses !

LD : Quand on dit de vous que vous êtes mystérieuse, douce, sombre, fragile –il y a plein de choses, il y a un peu tout et son contraire, parfois !- lequel de ces qualificatifs vous sied le mieux ?

MF : Je prendrais ‘douce’ – j’espère ! – et ‘sombre’ à la fois. Quant au mystère, vous savez je crois que c’est plus une discrétion de ma part. (silence)

LD : Une discrétion de votre part. Et puis également une grande séductrice, pas toujours discrète sur scène ! (rires de Mylène) Effectivement, ça aussi c’est une clé également…

MF : Ca fait partie de moi également, oui.

LD : Ou alors je me suis trompé !

MF : Non, ce sont autant de facettes qui nous composent, en tout cas nous les femmes.

LD : Et puis une émotion, toujours. Quand vous interprétez « Ainsi Soit Je… », c’est un titre que tout le monde connaît, version piano, comme ça, très proche du public, vous êtes parfois au bord des larmes…

MF : Oui, tout en larmes même ! J’ai d’abord la chance d’être sur scène avec Yvan Cassar, qui est un immense pianiste et interprète. Et puis, c’est autant de…puisque j’écris moi-même mes textes, ce sont autant d’émotions qui sont miennes et que je partage après avec le public. Mais en tout cas, je ne m’empêche pas de pleurer, ni de rire, ni de rien d’ailleurs ! C’est vraiment un sentiment de liberté totale sur scène.

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LD : Je vous trouve plutôt souriante – ce soir en tout cas, je sais pas ! (rires de Mylène) On dit souvent de vous que vous êtes sombre, vous êtes parfois tellement accablée par la douleur du monde…

MF : (haussement d’épaules) Je crois que tout être est accablé par la douleur du monde. Quand on voit le journal, ce qui le compose, c’est difficile, c’est douloureux. Maintenant, plus sombre qu’une autre, je ne sais pas, mais habitées par certaines choses sombres, oui.

LD : Et est-ce que parfois M ylène Farmer, malgré ce public, malgré tout cela après toutes ces années, elle se sent parfois un peu seule ? La solitude c’est parfois agréable, mais parfois c’est douloureux ou pas ?

MF : Mais là encore je n’ai pas l’impression d’être très différente de la plupart des gens. Je crois que je suis quelqu’un de relativement solitaire mais qui a un grand, grand besoin de l’autre. Est-ce qu’on en souffre : oui, bien sûr. Est-ce que l’idée de quitter ce public, de quitter la scène m’angoisse : terriblement chaque soir. On a toujours l’impression que c’est la dernière fois et ma foi, demain…que sera demain ?

LD : Vous me tendez justement une petite perche : est-ce qu’on pense, quand on fait une tourne comme cela, il a fallu attendre dix ans, à celle d’après ? On l’envisage ? On y pense ?

MF : Non. Moi je vis vraiment, autant que faire se peut, le moment présent – et c’est pas toujours facile ! (sourire) Mais là, pour le coup, c’est une source d’angoisse pour moi que de se projeter dans l’avenir, donc j’essaie de ne pas y penser, parce que ça serait vous mentir de dire…parfois ça fait peur.

LD : Mais on est obligé d’y penser, on est obligé aussi de se dire que parfois il est possible que ça s’arrête, effectivement…

MF : Bien sûr.

LD :…qu’à un moment donné on passe à autre chose.

MF : (avec un geste d’impuissance) Probablement un jour. Mais je le déciderai, en tout cas.

LD : Vous le déciderez…

MF : Là je serai maître de mon avenir, si je puis dire.

LD : La musique : on voit des clips souvent étonnants, des spectacles hallucinants. Vous avez d’autres envies ou pas ? Ou pour le moment, vous vous concentrez là-dessus et puis peut-être autre chose plus tard ?

MF : Je suis tout à fait dans ce que je fais actuellement. J’ai toujours des désirs de cinéma, parce que j’ai une passion pour le cinéma.

LD : On le voit dans vos clips avec Laurent Boutonnat depuis des années…

MF : Entre autres, oui. J’adore le cinéma, vraiment. J’ai un projet de film, mais est-ce que ce film existera, là je laisse pour le coup… ! (rires)

LD : Le suspens ?!

MF : Le suspens. (sourire)

LD : Vous savez qu’il y en a beaucoup, beaucoup en tout cas qui sont derrière leur écran (sic) et qui pensent déjà à…on va pas aller trop loin, on va garder le suspens ! M erci beaucoup.

MF : C’est moi, merci.

LD : Belle tournée à vous et puis…voilà : en direct, tout se passe bien vous savez ! Tout va bien ! J’étais ravi de vous recevoir !

MF : Moi aussi ! Merci beaucoup. (sourire)

LD : Merci et à très bientôt, et puis belle tournée à vous et puis on attendra pas, j’imagine dix ans avant de vous revoir !

MF : Et venez me voir, ça sera très, très gentil ! (rires)

Laurent Delahousse évoque ensuite un sujet du journal de la semaine suivante consacré à la Fête de la Musique.

LD : C’est une belle fête, la Fête de la M usique ?!

MF : Très belle !

Le journaliste conclut ensuite son journal et lors du générique de fin, on peut deviner Laurent Delahousse et Mylène converser ensemble.

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