Mylène pour un monde d’Initiés

Posté par francesca7 le 17 novembre 2013

 

Toujours aussi insaisissable, la star française est au Palais 12 pour trois soirs.

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Grâce à Mylène Farmer, ses fans découvrent du pays, ça c’est sûr. Au propre comme au figuré. Au propre, parce qu’on a croisé, mercredi soir, au Palais 12 de Bruxelles, des Québécois, des Français et des Suisses qui suivent presque à la trace les déplacements de leur préférée. Le matin même, certains arpentaient les pavés de Bruges avant de se rendre à Anvers au lendemain du concert. Au figuré, puisque « Timeless », nom de la dernière tournée de la star française est un grand spectacle de 2 heures, intergalactique, interstellaire, intersidéral – pour ne pas dire sidérant. « Timeless » (éternel) porte bien son nom qui voit Mylène Farmer, 53 ans, en paraître, sur scène, une bonne dizaine de moins.

« Timeless » est la sixième tournée de Mylène Farmer (sur la place depuis 1984) entamée début septembre à Paris et qui devrait prendre fin le 6 décembre. Côté chiffres, très parlants : 39 concerts, 450 000 exemplaires écoulés de son 9e album studio « Monkey Me », 420 000 places vendues dont trois Palais 12 (45 000 spectateurs).

Sur le coup de 21 h, Mylène Farmer fait son apparition après une longue, très longue intro dans des tunnels angoissants et claustrophobes. Le voyage semble interminable, c’est sans doute le prix à payer pour rallier l’univers si particulier de l’artiste. Celle qu’en son temps on surnommait la rousse la plus tourmentée de la variété française semble aujourd’hui quelque peu apaisée. Elle arbore un sourire angélique, façon Julie Andrews de « La Mélodie du bonheur ».

Un monde pour initiés

Premier morceau : « A force de » (« mourir, je n’ai pas su te dire/Que j’ai envie de vivre/Donner envie de vivre »). L’on comprend assez bien les paroles (dans le sens auditif ; pour leur signification, c’est une autre affaire, disons que sa poésie laisse la porte ouverte à toutes les fenêtres). Bonne nouvelle pour l’acoustique de cette tout fraîche salle de grande capacité sise à Bruxelles. Le show mis en scène par le fidèle Laurent Boutonnat et scénographié par Mark Fisher a tout l’heur de s’y déployer. A chaque fin de morceau, les lumières s’éteignent, le temps de mettre en place un nouveau décor, une nouvelle chorégraphie, parfois, aussi, de changer de toilette et peut-être, pour la chanteuse, de reprendre son souffle – même si elle ne se meut pas de façon démesurée. Ci et là, on la sent presque mal à l’aise. Surprenant pour celle qui se révèle si bonne actrice. Depuis le début, elle pleure sur les mêmes chansons – foi de ces fans qui, pour certains, en sont à leur cinquième date (sur la même tournée !). Ceci explique peut-être cela : il faut être initié pour pénétrer le monde de Mylène, pas étonnant dès lors que l’on soit resté complètement hermétique. On ne frissonne même pas quand elle laisse le chanteur californien Gary Jules (Tears for Fears) poser sa noble voix sur un dépouillé « Mad World » (1982) et l’accompagner sur « A-t-on jamais », avec l’unique piano d’Yvan Cassar (cela nous change, quand elles sont mises en avant, des caricaturales batterie et guitares voire de la pop techno). Etonnamment, ce sont les robots qui, émergeant de temps à autre du plancher, dégagent quelque humanité.

La chanteuse s’entoure aussi, régulièrement, de six danseurs bodybuildés au corps luisant. Mais c’est le public masculin qui se montre le plus démonstratif. Ainsi quand la belle souffle « pose une main/sur mon front/sur mes seins » (« Je te dis tout »), c’est un « oh oui » qui surgit du milieu de l’assemblée. Une assemblée à la rencontre de laquelle elle ne manquera pas de partir plus tard, grâce à un bras télescopique intégré, lui aussi, dans le dispositif scénique. La voilà transportée. C’est ce qu’elle voulait, non ?

article paru sur http://www.lalibre.be/culture/musique

 

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