des retours du 1er Bercy 2013 de Mylène

Posté par francesca7 le 14 septembre 2013

 

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Dimanche soir, Mylène Farmer donnait à à Bercy le second concert de sa tournée Timeless de 39 dates. Arrivé parmi les premiers, Patrick Le Lay mâchonne un chewing-gum et fait la bise à Nathalie Rheims, la meilleure amie de Mylène Farmer. Aussi imperturbable qu’un menhir, l’ancien patron de TF1 observe la fosse pleine à craquer. Le spectacle est aussi derrière lui. Chapeau haut de forme, bottes pointues, un clone de Johnny Depp, époque Pirates des Caraïbes, prend place dans les rangs VIP. Dans les couloirs, les boutiques sont prises d’assaut. Machines carte bleu à la main, les vendeurs n’arrêtent pas malgré le prix élevés des produits estampillés «MF»: 45 euros le tee-shirt manche longue. Les fans n’ont pourtant pas tous l’air de rouler sur l’or. Au bar, la mode est au Manhattan hot dog 100 % bœuf. «Contrairement aux fans de hard rock qui ne boivent que de la bière, ceux de Mylène sont surtout soda et champagne», confie le barman.

 

À la fois James Bond Girl et jeune fille fragile

Dans la pénombre, le directeur musical Yvan Cassar, qui a beaucoup minci, donne le coup d’envoi aux musiciens. Le public scande le prénom de sa diva. Elle arrive quelques minutes après à bord d’une capsule spatiale. À la fois James Bond Girl et jeune fille fragile aux jambes de sauterelle, elle semble perdue au milieu d’un décor trop grand. Sur les écrans géants, son image défile entrecoupée de projections futuristes. Sa combinaison dorée avec manches pailletées est l’un des six costumes dessinés par Jean-Paul Gaultier. En talons hauts, Mylène Farmer descend, avec prudence, l’escalier rétractable de son engin spatial. Il s’agit de ne pas de rater une marche comme cela lui était arrivé sur le perron de l’Élysée en 2010. Longues jambes, port altier: c’est la princesse Leia de Star Wars. Il ne lui manque que les tresses roulées en forme de macarons. John Nollet s’est contenté de relever les cheveux roux tout en laissant une mèche retenue par un nœud noir retomber sur l’épaule.

Micro à la main, elle entame son concert avec À force de, extrait de son dernier album Monkey Me, avec sa voix vocodée. «Bonsoir, vous allez bien? Reprenez moi!», lâche-t-elle à la foule conquise. Elle sourit, heureuse d’être là. D’emblée, elle s’approprie la scène et donne le ton d’un concert qui sera beaucoup plus optimiste et espiègle qu’habituellement. Mylène a envie de vivre et le public la suit dans un voyage qui durera deux heures, plus libérée qu’à son habitude sur scène.

 

Les robots, grande innovation du show

«Comme j’ai mal» et le tube «C’est une belle journée» suivent avec énergie. Pour cette troisième chanson, elle s’autorise une chorégraphie, entourée de six danseurs très virils mais pas encore tout à fait synchronisés. Les robots blancs de deux mètres de haut qui émergent du sol en et en fixant la foule de leurs yeux rouges puis bleu électrique, leur volent presque le vedette. Ils font preuve d’une sacrée souplesse et dansent gracieusement autour de la diva. «C’est extraordinaire, chuchote Marie-Agnès Gillot, bluffée à son voisin, le communiquant Arnaud Nouvion. Ils n’ont ni bras ni pieds mais comme on devine leurs épaules, leur cage thoracique et leur bassin, on s’identifie à eux.»

À la dernière note, les drôles de machines basculent en arrière et disparaissent dans les entrailles de Bercy. «Mylène les appelle ses danseuses ou ses filles, confie le producteur Thierry Suc. Nous les avons repérés dans une publicité Citroën, il y a trois ans et nous les avons achetés.» C’est la grande innovation du show. Mais la star et ses danseurs doivent respecter scrupuleusement un périmètre de sécurité: les robots déploient une telle force que le moindre coup aurait des conséquences dramatiques. Le tableau suivant s’ouvre dans le noir sur le rouge fluorescent des guitares électriques au son de Monkey me. Un fan qui a le sens de l’à-propos jette un singe en peluche sur scène. Dans les gradins VIP, seul Jérôme Béglé en connaît les paroles.

des retours du 1er Bercy 2013 de Mylène dans Mylène 2013 - 2014 farmerbercy13Des images de nuages bleus

Sur scène, la chanteuse parvient à renouveler son esthétique. Un duo virtuel avec Moby, quelques chansons de ses deux derniers albums comme Oui, mais non… C’est un des passages obligés de la soirée. La foule se pétrifie. On entendrait voler une mouche. «Yvaaaann», lance une voix quand le directeur musical de Mylène apparaît en contre-jour au piano, sur le devant de la scène. Cette séquence émotion débute par deux duos avec le chanteur américain Gary Jules, peu connu dans l’assistance. Bientôt, les larmes plus ou moins obligatoires des fans répondent sont à celles de leur star.Sans ces larmes, ce ne serait pas un vrai concert de Mylène Farmer. Sur les écrans qui surplombent Bercy, gros plan sur ses yeux embués. «Merci beaucoup, j’espère y arriver, là», lâche-t-elle d’une voix étranglée lors des premières notes de Et pourtant. Tout semble réglé comme une chorégraphie de plus.

Fixé sur le piano d’Yvan Cassar, un écran vidéo tout en longueur fait défiler des images de nuages bleus évanescents. Dans les gradins VIP, Lionel Baert, créateur de jeux télévisés, est épaté: «Quand Mylène tourne le dos pour s’hydrater, elle dépose sa bouteille dans un cache noir dissimulé sur le piano.» Cette séquence émotion est aussi le moment où les spectateurs qui n’adulent pas la chanteuse relâchent leur attention car cette communion est une affaire fans purs et durs.

«J’aimerais terminer sans pleurer mais je n’y peux rien»

La bête de scène reprend bientôt le dessus. Sur les gradins, le public se lève les tubes s’enchaînent. Les classiques de Mylène Farmer - DésenchantéeSans contrefaçon, XXL… - et les succès plus récents - Bleu noir et À l’ombre. Tout Bercy est debout, se trémousse, frappe des mains et chante en chœur. L’hystérie atteint son apogée quand une nacelle emmène la show girl – en bottes et robe noire gothique – au dessus de ses fans à cinq mètres au dessus du sol. Le spectacle touchera bientôt à sa fin. Les vigiles ouvrent déjà les portes et une souffle d’air frais s’engouffre dans la chaleur moite. Dans une lumière violette, Mylène Farmer, qui a revêtu une robe virginale, réapparaît le temps de Rêver, son message d’espoir: «J’aimerais terminer sans pleurer mais je n’y peux rien, n’en déplaisent à certains», dit-elle, le visage à nouveau mouillé de larmes.

«J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer au souffle du vent», chante-t-elle, les bras ouverts, au centre d’un cercle de faisceaux blancs mouvants. Une fée des neiges dans une boîte à musique. «Merci beaucoup, bonsoir!» Et elle quitte la scène, happée par un nuage de fumée. Yvan Cassar et ses musiciens finissent le morceau dans le noir. Les lumières se rallument, laissant le public pantois et conquis. Nathalie Rheims est aux anges et file féliciter sa copine en loge. Les invités descendent l’escalier qui mène à l’aftershow sous la scène en ne manquant pas de saluer, un quadragénaire bel homme et discret ; c’est Benoît Di Sabatino, le compagnon de la star. Cette tournée sera un succès. Commercial certes mais aussi artistique. Que l’on soit fan ou pas, chapeau bas devant pour le travail et le professionnalisme de Mylène Farmer. Elle ne laisse rien au hasard, pas même l’émotion, et rend à son public tout ce qu’il lui offre. On ressort du concert assourdi, aveuglé et ébahi. Interloqué aussi. Mais admiratif assurément.

 

article paru sur Le Fagaro.fr 

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