le déroulement du BERCY LIVE de Mylène

Posté par francesca7 le 7 août 2013


le déroulement du BERCY LIVE de Mylène dans Mylène et des CRITIQUES telechargement-10Le décor de scène est gigantesque, le grand écran renvoie la belle à ses inconditionnels qui l’attendent depuis longtemps. Malgré une chute à Lyon, l’ange ne perd pas son courage et continue sa tournée après avoir remis en état son petit bras fragile qui avait subi une fracture.

L’astre nous communique son vertige de vivre très dénuée, (c’est pas déplaisant pour les fans masculins de la salle) pour commencer la soirée. Elle avance sur un tapis roulant jusqu’au bord de la scène, ce qui est génial pour les plus proches, ensuite, la belle retourne sous scène (vous connaissiez pas cette expression ? Ba, maintenant, c’est plus le cas !!) Et nous revient en bleu cette fois puisque précédemment, c’était en blanc. Magnifique danse manuelle accompagnée de Valérie et de Donna. Elle se place ensuite devant le grand écran, entre les deux bulles où se dandinent 2 danseurs, soutenus par les pauvres esclaves qui tirent pour les maintenir stables, et chante « Que mon cœur lâche ». Puis un décor cosmique s’installe, Mylène enfile un « chemisier de fer » et voilà on comprend vite: sous son âme, sa plainte amère se cache. Puis tous les danseurs se réfugient sur scène. Elle apparaît vêtue d’une tenue rouge et d’un sakànéné de la même couleur, c’est pas très mélancolique, mais pourtant, c’est l’objet de la chanson. Même tenue pour « L’autre » mais sans veste.Puis la belle est libertine luxueuse sur un grand fauteuil, laissant reposer ses infortunes. Zoprack pour la belle juste un instant X. Puis Alice descend pendue au bout de son fil transportant notre idole. Les danseurs retireront ensuite « toutes ses pattes ». Puis vient « Comme j’ai mal », où la belle s’accroupit le plus souvent possible, pour ne pas souffrir à la mise en boîte qui aura lieu après le concert. Oui, Mylène s’enferme dans une boîte de conserve pour échapper aux demandes éternelles d’autographes.

 images-37 dans Mylène et des CRITIQUES« Sans contrefaçon » avec perruques, écharpes, mini shorts… La belle à l’air de bien se marrer sur scène à côté de ces hommes à rouge à lèvres. Puis Mylène se fout de l’éclat du chic. Elle se la joue désenchantée chorégraphe. Difficile de faire des captures tellement elle a la bougeote. La robe high-tech est un brin provocante. Mylène rêve et laisse le vent emporte tout. Mylène tombe 7 fois en vêtements kakis. L’erreur la plus grave dans le montage de ce concert est que pendant cette chanson, Mylène a par moments le sakànéné de « Vertige » Allez dans la rubriques photos, vous verrez ! Puis « Ainsi soit-je » version kaki, où Mylène a quelques mèches ondulées sur  les épaules. Le petit duo avec Khaled apporte un petit plus à la soirée. Sachant que la belle chante toujours tous Ses couplets TOUTE seule, elle partage enfin avec l’homme à la voix orientale UNE CHANSON QUI N’EST PAS DES SIENNES! Chapeau Mylène ! Faut dire qu’elle était prête a tout pour se faire pardonner de tant d’absence, comme quoi elle nous aime! Ce que j’ai pu constater, c’est l’accord d’un « s » qui n’existe pas! ( diseS oui!). Puis XXL, les bruits du train, laissent croire qu’il y en a un sur scène. La fin du spectacle, mais Mylène laisse un goût de bonheur. C’est le seul concert jusqu’à présent où Mylène paraissait heureuse, et communiquait avec son public, puisqu’à la tournée de 99, on observera que Mylène est moins sereine

Publié dans Mylène et des CRITIQUES | Pas de Commentaire »

« Ave Maria », le titre caché de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 7 août 2013

L’ album « Point de suture » de Mylène Farmer propose outre les titres inscrits sur la pochette, un titre caché.
Le « problème » si l’on peut dire, c’est que ceux qui ont acquis le morceau en téléchargement légal n’ont pas eu droit à ce titre … et doivent s’ils veulent le posséder et l’écouter acheter la version CD de l’artiste. Donc, pour ceux là, voici le morceau « mystère », une reprise d’ »Ave Maria »:

Image de prévisualisation YouTube

Comme pour son précédent l’album, Mylène réserve une surprise au x auditeurs… un titre caché à la fin de l’album qui n’est autre que l’Ave Maria de Schubert. Il s’agit d’un morceau classique que Schubert a composé en 1825 d’après le chant poétique de Welter Scott, La dame du lac (1810). Dans son long poème, Scott raconte l’histoire d’Ellen Douglas, la Dame du lac, qui s’est enfuie avec son père pour échapper au roi. Ils se cachent dans une grotte afin d’éviter la engeance du roi sur leur hôte, Roderick Dhu, le chef du clan alpin qui les a protégés. Ellen adresse alors une prière à la Vierge Marie. Roderick Dhu, qui se trouve plus haut dans la montagne, n’étant pas le chant d’Ellen… C’est cette prière qui inspire à Schubert son Ave Maria (opus 53, D.839). C’est un chant difficile que les plus illustres cantatrices ont mis à leur répertoire. Mylène chante cet air à sa façon, sans chercher à rivaliser avec les grandes divas, mais en laissant entendre une interprétation sensible et personnelle. A noter que, dans l’interview qu’elle accord à Tête, à la question de savoir par quelle chanson commencer si on ne connaît rien de son travail, elle précise qu’il faut commencer par celle-là…

Publié dans Mylène et des CRITIQUES | Pas de Commentaire »

The FARMER PROJECT

Posté par francesca7 le 5 août 2013


The Farmer Project est un court-métrage de plus de 15’ générique compris, réalisé par Bruno Aveillan et réunissant les clips de Dégénération et Si j’avais au moins…

Il sera diffusé pour la première fois sur M6 le 17 Janvier 2009 (une semaine plus tôt sur le Net). Chronologiquement, Universal choisit de découper ce court-métrage en deux et d’en taire l’existence. La partie Dégénération (le début) est ainsi diffusée telle quelle le 10 juillet 2008, sans que personne ne se doute qu ‘il y aura une suite (tournée en même temps) en janvier…. Il s’agira donc du clip de Si j’avais au moins  …., les deux s’enchaînant parfaite pour former un tout, le Farmer Project donc…

The FARMER PROJECT dans Mylène AU FIL DES MOTS images-27

Cette stratégie paraît assez étrange, puisque entre les deux sera inséré le clip d’Appelle mon numéro, diffusé le 22 octobre 2008, et sans aucun rapport avec les deux autres. Quoi qu’il en soit, Mylène et Aveillan imaginent un très beau court-métrage ave deux parties donc, mais aussi deux ambiances totalement différentes.

Le film commence avec deux policiers qui discutent dans leur voiture de fonction, en pleine nuit. Une déflagration surgit alors et, en sortant de leur véhicule, ils découvrent une créature lumineuse (Mylène). Apeurés, ils lui tirent dessus. Nous retrouvons ensuite la créature allongée et attachée sur une table d’opération dans ce qui ressemble à un laboratoire ; c’est ici que commence la chanson Dégénération. Alors que tous s’affairent autour d’elle, Mylène redevient luminescente, se libère de ses entraves et envoie par ses mains des ondes lumineuses ; l’agressivité de ses geôliers se transforme alors en amour, sensualité et  sexualité. En effet, tout le personnel et les militaires venus à leur rescousse se mettent à faire l’amour dans une immense orgie de tous bords. La créature laisse ensuite ce petit monde s’amuser et passe dans une autre pièce ; la chanson Si j’avais au moins… commence alors.

Mylène entre dans un laboratoire de vivisection et observe les animaux dans leur cage ou bocal. Par la force de ses ondes, elle les libère alors et les guérit ; les animaux s’enfuient avec leur bienfaitrice, qui redevient source de vie de la terre…

Un court-métrage tourné en République tchèque dans un hôpital désaffecté et parfaitement réalisé, avec une Mylène très déshabillée et aux cheveux longs.

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 188

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaire »

Bruno Aveillan et Mylène farmer

Posté par francesca7 le 5 août 2013

 

Diplômé de l’École supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, Bruno Aveillan rejoint la société de production QUAD en tant que réalisateur. Il a notamment réalisé de nombreux films publicitaires pour des marques telles que Cartier, Orange, Perrier, Louis Vuitton, Audi, Nike, Paco Rabanne, Quézac, Lanvin, Nissan, Christian Lacroix, Rochas, Lexus, Chanel, Time Warner, Lacoste, Miller,Nintendo1, Gaz de France, Toyota, BMW, etc.

Bruno Aveillan et Mylène farmer dans Mylène en DUOS 936456_10151758601994108_1296927804_n-300x225

Une des premières réalisation de Bruno Aveillan fut le spot Perrier La Foule mettant en scène une pléiade de personnages colorés sortant de leur affiche respective. Outre une avalanche de prix internationaux, le film fut élu « Film préféré des Français » suite à un sondage IPSOS/Stratégie.

En 1999, succédant aux réalisateurs Lars von Trier et Roland Joffé, Bruno Aveillan réalise un nouvel épisode de la saga publicitaire CNP. Il fut également le metteur en scène du film pour le lancement du parfum Oxygène de Lanvin. Considéré comme l’un des plus beaux films de parfum jamais réalisé, il met en scène, pour la première fois à l’écran, Gisèle Bündchen. Il a également filmé un grand nombre de célébrités parmi lesquelles on peut citer : Monica Bellucci, Claudia Schiffer, Amy Smart, Mélanie Thierry, Olga Sherer, Shalom Harlow, Sharon Stone, Milla Jovovich, Jessica Stam, Inna Zobova, Morgane Dubled, Virginie Ledoyen, Mylène Farmer, Daiane Conterato, Vlada Roslyakova, Elsa Benitez, Julia Stegner, Rachel Weisz, Freida Pinto, Leila Bekhti, etc.

Il a ensuite réalisé le film Anthem pour la marque Infiniti qui fut présenté en avant-première lors de la cérémonie des oscars 2002. La même année, il signe un des quatre films de lancement de la marque Orange, aux côtés des réalisateurs Martin Scorsece et Oliver Stone. Il a également travaillé avec le Land artiste Nils Udo pour concevoir l’univers visuel du Parfum Mahora de Guerlain. On peut également citer le film Magnum 5 senses, réalisé avec une approche expérimentale, proche de l’art vidéo.

En 2008, l’entreprise Louis Vuitton fait appel à Bruno Aveillan pour réaliser le premier film publicitaire de son histoire, intitulé Where will life take you. D’un format de 90 secondes et traduit en 14 langues, ce film a remporté de nombreux prix dont un Gold Clio Award, un Gold Award aux London International Awards, un Epica Award, un Cristal. La musique de ce film est signée Gustavo Santaolalla.

En 2010, il réalise une campagne mondiale pour Shangri-La, dont il signe les films et les photos, qui raconte l’histoire d’un homme sauvé par des loups. Plébiscitée par le public et les médias, La campagne a reçu de nombreuses distinctions dont Adfest, Spike Awards, ADstars, et un Lion.

En 2011, Swarovski propose à Bruno Aveillan une collaboration artistique par le biais de la réalisation d’un film court, symbolisant l’héritage de la marque. Le film a été présentée en avant première à Time Square et au Rockfeller Center à New York, au début de l’année 2011.

En 2012, Bruno Aveillan réalise le film L’Odyssée pour Cartier. D’une durée exceptionnelle de trois minutes trente, ce film illustre les grands moments de l’histoire de la marque en mettant en scène le voyage surréaliste d’une panthère, animal symbole de Cartier. Après avoir été présenté en avant première au MOMA de New York et au Grand Palais à Paris12. En trois mois, il a été vu par plus de 160 millions de spectateurs dans le monde

Bruno Aveillan soutient également l’action d’ONG telles que Reporters sans frontières ou la Banque alimentaire pour lesquelles il a réalisé plusieurs films.

Bruno Aveillan (Toulouse, 24 février 1968) est un réalisateur, un photographe et un artiste multimédia français.

Il réalisa The Farmer Project : un court-métrage de plus de 15’ générique compris, pour Mylène Farmer et réunissant les clips de la belle : Dégénération et Si j’avais au moins

Ce clip The Farmer Project sera diffusé pour la première fois sur M6 le 17 Janvier 2009 (une semaine plus tôt sur le Net). Chronologiquement, Universal choisit de découper ce court-métrage en deux et d’en taire l’existence. La partie Dégénération (le début) est ainsi diffusée telle quelle le 10 juillet 2008, sans que personne ne se doute qu ‘il y aura une suite (tournée en même temps) en janvier…. Il s’agira donc du clip de Si j’avais au moins   …., les deux s’enchaînant parfaite pour former un tout, le Farmer Project

Sa Dernière réalisation pour : Orange « The Little Finger »

 

Image de prévisualisation YouTube

Dans sa démarche de plasticien, Bruno Aveillan entend s’éloigner d’une représentation illusoirement réaliste pour privilégier une approche plus impressionniste, fragmentaire et certainement poétique. « Mon travail touche à l’intime, parfois aux frontières de l’abstraction. C’est un panorama mental qui ouvre plus qu’il ne ferme, déploie l’imaginaire du spectateur. » confie l’artiste. Dans un interview récent, il précise au journaliste Stephen Whelan : “Il s‘agit pour moi de proposer des espaces d’incertitudes qui offrent à l’esprit la possibilité de se réapproprier l’instant, à la manière d’un carnet de voyage intuitif et sensoriel. ». La journaliste et critique Zoé Balthus souligne également le “talent affirmé, à l’imagination vive et puissante  de Bruno Aveillan (…), poète en harmonie avec l’invisible, en intelligence avec le sacré, de cette trempe d’hommes en profonde communion avec leur art, qui explore des territoires où il laisse son regard hypersensible apprivoiser l’infime mouvement de la matière, s’immiscer au cœur du mystère des éléments, assister aux subtiles mutations alchimiques de la vie, guetter la grâce indomptable de la lumière… »


Publié dans Mylène en DUOS, Mylène et L'ENTOURAGE | Pas de Commentaire »

L’important c’est d’aimer pour Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 5 août 2013


Mystérieuse, elle craint le désir des autres mais, pour la sortie de « Bleu Noir », Mylène Farmer s’est confiée à Nathalie Rheims.

L’important c’est d’aimer pour Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES images-25Paris Match. Tu n’as jamais été aussi belle et épanouie. As-tu des ­secrets de beauté ?
Mylène Farmer. La seule chose importante est d’aimer et d’être ­aimée. C’est bien la seule certitude que j’ai aujourd’hui. Et la beauté ­dépend du regard que l’on pose sur les gens. Quand ce regard est celui de l’être aimé ou tout simplement celui de la bienveillance, il agit comme un baume enchanteur. La chance qui m’est donnée de vivre en harmonie avec ce que je fais est alors mon secret de beauté, c’est un lien fragile que je m’efforce à la fois de remettre en cause et de protéger.

Qu’es-tu capable de faire aujourd’hui et que tu n’aurais pas pu faire hier ?
Affronter des regards quand j’entre dans un lieu public sans ­vouloir fuir l’endroit dans la fraction de seconde. Souffrir d’un manque de confiance en soi, d’une timidité qui vous fait parfois passer pour quelqu’un de distant, de froid, n’est pas un atout majeur pour faire un métier public. Pourtant, depuis longtemps déjà, je n’ai eu d’autre choix que de dépasser mes peurs, les surmonter, n’en être pas – ou plus – l’otage. Quand j’y pense, c’est d’une violence inouïe de dépasser ce handicap… Seules les personnes qui sont de vraies timides peuvent ­comprendre ce par quoi l’on passe pour y parvenir.

“Bleu noir” est le premier album que tu fais sans Laurent Boutonnat. Pourquoi t’es-tu éloignée de lui ?
Je ne me suis en aucun cas ­éloignée de lui. Après la tournée et les concerts au Stade de France, il s’opère une effrayante descente aux enfers malgré le succès, un vide sidéral, un manque. Vous recevez tant d’amour, de vibrations, autant de sensations qui vous donnent l’envie… d’écrire. Laurent a tout à fait compris mon besoin de créer. C’est aussi ça, la complicité. Nous nous retrouverons pour le prochain ­album.

As-tu conscience que cet album est plus sombre que les précédents ?
Non… pas vraiment… Cet ­album, comme son titre, “Bleu noir”, l’indique, passe de la lumière au sombre puis à l’obscurité. Ou l’inverse, je ne sais plus.

« La Corse est mon refuge »

On te dit solitaire, voire recluse. ­Travailler avec une nouvelle équipe fut-il un travail compliqué ?
Je m’adapte à de nouvelles ­manières de travailler si tant est que l’on respecte ma “bulle”, mes ­silences, autant que je respecte moi-même l’autre. Je suis quelqu’un de solitaire. Mais j’ai aussi un grand ­besoin de l’autre et je réfute le terme “recluse”… Quand j’étouffe, je prends un train, un avion, et vais voir d’autres cieux… C’est une ­liberté, une chance inestimable de pouvoir voyager quand j’en ressens le désir ou la nécessité. Face à un paysage de neige, je suis émue. J’ai grandi au ­Canada, je suis certaine que cette ­attirance pour les paysages immaculés vient de là-bas. Le grand froid a un parfum très particulier, un son qui lui est propre. J’ai retrouvé cette même émotion quand je suis allée en Russie découvrir Saint-Pétersbourg, en plein hiver. Au bord de la Neva, ses canaux gelés… on guette Catherine II de Russie…

D’autres endroits que tu aimes ?
La Corse est mon refuge. Le jour venu, la tentation pourrait être la Toscane. M’apaiser devant des ­collines d’oliviers et de vignes…

Tes biographes écrivent les mêmes clichés sur toi. Qu’as-tu à cacher ?
Je n’ai pas de biographe, c’est certainement pourquoi ce sont les mêmes clichés.

Dans ce qui a été écrit à propos de toi, qu’est-ce qui t’a fait le plus ­sourire ?
J’ai entendu parler de bain de jus de tomate, qui m’aurait conduite à une “phobie attractive” du sang, et de lit-cercueil. Je crois que tous les fantasmes me font ­sourire quand il ne s’agit pas de mes proches ou de ma vie privée. Pourtant, quand on me rapporte les médisances d’un animateur de jeu télévisé, quant à mon prétendu play-back sur scène, je finis par me demander si je ne préfère pas l’histoire tout aussi fausse du jus de ­tomate. C’est ­impressionnant de voir à quel point certaines ­personnes se sentent grandies en dénigrant, en tentant de blesser… Il s’agit bien souvent de gens qui rêveraientd’une vie ­meilleure. Encore faut-il en être à la hauteur. Je crois à la vertu de la décence. La critique est nécessaire ; la grossièreté, inutile.

Es-tu obsédée par l’idée de laisser une trace de toi après ta mort ?
Obsédée, non. Le moment ­présent m’importe. Laisser une trace… dans le cœur de quelques personnes, j’espère que oui.

Qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?
“C’était une grande astronaute.”

Quel regard portes-tu sur la variété française ? Y a-t-il des artistes qui t’intéressent ?
J’ai découvert Stromae, ce jeune artiste vraiment original. J’aime beaucoup son titre “Alors on danse”, sa silhouette, son phrasé et son timbre de voix si particuliers. Il dit des choses graves sur un ton léger.

Pourquoi as-tu enregistré un duo avec Line Renaud ?
Je l’ai rencontrée lors d’un dîner et, comme chacun semble le dire, quand on croise le regard bleu de Line… une magie s’opère. C’est une femme belle, décalée et ­charmeuse. Je suis instinctive, le désir l’emporte dans ces moments-là. Son énergie ­vitale est impressionnante. Mais c’est aussi quelqu’un qui doute, c’est imperceptible mais touchant.

Tu navigues continuellement entre Eros et Thanatos. L’amour et la mort sont-ils tes deux seules sources d’inspiration ?
Il y a aussi la solitude. L’isolement. J’ai essayé la joie de vivre, mais ça n’a pas marché !

La politique t’intéresse-t-elle ? As-tu de l’estime pour ceux qui nous ­gouvernent ?
J’ai de l’estime pour le courage de tous ceux qui acceptent cette lourde responsabilité sans abuser de leur pouvoir.

Quelle est ton image idéale du couple ?
Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre : l’intelligence complice.

Comment t’imagines-tu dans dix ans ?
Ailleurs…

« Remonter sur scène au moins une dernière fois »

Ta dernière tournée a été un triomphe, envisages-tu de remonter sur scène ?
Oui… au moins une dernière fois !

Pourrais-tu renoncer un jour à la chanson ? A la scène ?
Comment renoncer à ce et ceux qu’on aime ? Mais je vais devoir ­apprendre…

images-26 dans Mylène en CONFIDENCESLors de tes concerts, tu attaches une importance particulière aux ­créateurs de mode : recherches-tu de nouveaux talents, de nouvelles marques, de nouvelles inspirations ?
Quand il s’agit de préparer un spectacle, oui. Ce choix est toujours délicat. Il ne suffit pas de faire du “couture”, ce n’est pas un défilé 
de mode. Le créateur doit être aussi ­capable de transposer les costumes pour une scène, qui devront s’intégrer aussi à un décor, à des ­lumières, à un univers afin de rendre le tout homogène. Il faut rencontrer alors des stylistes inspirés et qui ­acceptent de se fondre dans l’univers de l’artiste, afin que celui-ci ne disparaisse pas derrière le costume, justement, mais se sente comme dans un écrin… Je ne suis pas ­certaine que tous les créateurs de mode en soient capables, il faut beaucoup d’humilité…

« Bleu noir » (Polydor/Universal).

Retrouvez l’intégralité de notre reportage et toutes les photos de Mylène Farmer dans Paris Match n°3211 en vente en kiosque. Un numéro à ne pas manquer.

Publié dans Mylène en CONFIDENCES | Pas de Commentaire »

Et aussi… Drole de Creepie, Lisa

Posté par francesca7 le 5 août 2013

Et aussi… Drole de Creepie, Lisa dans Mylène AU FIL DES MOTS telechargement-9

Après le générique de fin du film de Laurent Boutonnat Jacquou le Croquant, c’est à celui d’un dessin animé que Mylène prête sa plume. Il s’agit du générique de Drôle de Creepie, dont la chanson est interprété par Lisa, fille de Michel Gautier et donc nièce de Mylène, âgée alors de 11 ans. Drôle de Creepie est une série de dessins animés américains créées par Anthony Gaud, Chris Woods et Carin Greeberg en 2006 et qui compte cinquante-trois épisodes de 22’.

Une série produite par Benoît Di Sabatino  , compagnon de Mylène. Ce dessin animé atypique raconte l’histoire d’une petite fille, Creepie, orpheline et élevée par des insectes… D’où une personnalité un peu étrange par rapport aux autres enfants de son âge et des mésaventures à la pelle dans sa vie, car la petite Creepie fait tout pour protéger son existence décalée et ses amis les insectes. De quoi séduire Mylène, qui écrit donc le générique. Cette chanson amusante et rythmée illustre parfaitement l’histoire et l’ambiance du dessin animé.

Tic,Tic
Creepie caustique,
Drôle d’atypique,
Creepie secrète…
Tic, tic,
Drôle de famille,
C’est sa coquille,
C’est manifeste,
C’est la secte des insectes

Pas de tripes peu égotiques
Mais un cœur de joie tic, tic
La petite un peu gothique
A deux yeux pour voir

Ces humains drôle d’homo-martiens
Bipèdes aux aboies tic, tic
L’excentrique s’aperçoit combien
L’autre monde est là

REFRAIN :
elle…
N’est pas du genre à se pendre,
Ni tapie dans son lit,
L’humour est noir scolopendre
Creepie gobe la vie,
Jamais ne juge les autres,
Se fiche de vos critiques…
…Trop sarcastiques,
Tiques et moustiques, cloportes aquatiques,
Sont Creepie’s Family,

Tic, tic…
Creepie s’entend
Religieusement avec maman
Creepie toute ouïe Winni lui dit
C’est manifeste, la différence blesse

Pas de cris,c’est inutile
Mais coups de cafards
Il suffit pour Chris-Alice
De venir la voir

REFRAIN

Tic, tic…
Tic, tic…

REFRAIN (x2)

images-24 dans Mylène AU FIL DES MOTSA noter qu’un clip de ce titre existe, réalisé par Benoît Di Sabatino, et que la chanson est sortie den septembre 2008 en CD 2 titres (le second titre est la version instrumentale), soit un an après la diffusion du générique.

 

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 188 

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaire »

Point de suture, chanson up tempo

Posté par francesca7 le 5 août 2013


                      Point de suture, chanson up tempo dans Mylène AU FIL DES MOTS images-231

Point de suture   arrive trois ans et demi après Avant que l’ombre 

 

C’est ainsi, le 25 août 2008, que les admirateurs découvrent ce septième album studio qui regorge de chansons up tempo. A commencer par le premier single, Dégénération,  qui permet à Mylène de renouer avec les dance floors….

Onze titres (dont un caché) se partagent ce nouvel album, enregistré à Bruxelles au studio ICP. Nettement plus électronique que le précédent, il présente aussi une couleur plus optimiste. Mylène le précise d’ailleurs à Paris Match dans une interview accordée dès le 20 mars 2008 dans une dépêche AFP. Et comme la belle s’offre un Stade de France (en fait il y en aura deux), il lui faut du sang neuf et des chansons qui mettent de l’ambiance dans cette arène de 80 000 places ! Dont acte.

Cet album comporte ainsi des titres très dansants (particulièrement dans leurs versions live et/ou remixées) : Dégénération, Appelle mon numéro, Je m’ennui, Paradis inanimé, Réveiller le monde, Sextonik et C’est dans l’air.

Restent deux ballades très farmériennes, Point de suture au centre d e l’album, et Si j’avais au moins… un nous duo avec Moby, Looking for My Name, et un titre caché, l’Ave Maria de Schubert, complètent ce strack-listing. Mylène écrit ici tous les textes (excepté l’Ave Maria bien entendu). Ils se révèlent nettement moins abscons que ceux d’Avant que l’ombre… en effet, Mylène semble renouer dans cet album avec ses premières amours ; des textes intéressants et forts certes, mais plus accessibles ; moins de jeux de mots, moins de mot-valises, moins de références littéraires évidentes. Mais tout est relatif : Mylène reste Mylène, et ses grand thèmes sont toujours présents ici.

A savoir l’espoir d’un monde meilleur, apaisé et rempli d’amour … On notera que, dans le livret, Mylène fait figurer une réplique d’Al Pacino dans le film L’impasse (Brian de Palma, 1993) qui éclaire le choix de ce titre : « Tout les points de suture du monde ne pourront me recoudre… » Dans une interview accordée au magazine gay Têtu en août 2008, voici ce que précise la chanteuse après avoir cité cette réplique :

« C’est aussi ce que je ressens. J’au pour ma part choisi l’ambiguité ; « Point de suture » ici au singulier, évoque aussi bien qu’il n’y a aucune possibilité de suturer les plaies que l’espoir de guérison »…

telechargement-8 dans Mylène AU FIL DES MOTSSans grande surprise, c’est Laurent Boutonnat qui compose tout l’album (excepté là encore Ave Maria). Comme toujours, il assure également la production, les arrangements, la programmation et les claviers. Toujours fidèle au poste, Jérôme Devoise s’occupe de la prise de son et du mixage. A la différence d’Avant que l’ombre … où Mylène assumait seule les chœurs, six choristes sont présentes en tout pour cet album. Côté visuel, Mylène fait fort là encore avec une poupée de représentant (une œuvre d’Etsuki Miura), couverture de points de suture  et au milieu d’outils chirurgicaux. Les photos sont du Japonais Atsushi Tani. Dans le livret, une seule photo (de Simon Hawk) de Mylène, de dos, la tête tournée de profil et une cicatrice avec points de suture sur l’épaule gauche … cinq singles seront extrait de cet album ; Dégénération, Appelle mon numéro, Si j’avais au moins… , C’est dans l’air et Sextonik. Notons que pour ce dernier titre, aucun clip ne sera tourné.

Alors qu’à l’époque la chanteuse affirmait qu’elle était d’une génération désenchantée, ici elle se demande où est passée sa génération… elle donne d’ailleurs un semblant d’explication au JT de 20 heures de TFA le 31 août 2008 : « J’ai surtout le sentiment que la nouvelle génération d ‘aujourd’hui est dans un monde de l’ultra-violence et que c’est un monde qui st très, très difficile. Est-ce une dégénération ? Je ne sais pas ! Je me suis un peu amusée, je l’avoue en toute humilité, avec le mot « dégénération » puisqu’il y avait eu « génération désenchantée. Mylène se livre en effet pour écrire cette chanson à un exercice styllistique autour d’onomatopées, d’allitérations et de musiques internes au texte. La lettre et/ou la sonorité X est ici sollicité (sexy – sexe – styx …) Fidèle à ses grandes thématiques, Mylène évoque également le ‘trauma », le « coma », le « Styx » encore … Un texte au final assez abscons, le seul de l’album, et qui permet à la elle de scander pour conclure : « J’sais pas moi / mais faut qu’ça bouge », une Mylène dans l’action à la veille de ses shows »

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 179 

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaire »

mylène au Congo

Posté par francesca7 le 3 août 2013

 

mylène au Congo  dans Mylène et des CRITIQUES et-de-melene-146x150Depuis un message sibyllin de François Hanss sur son compte Facebook (« Kinshasa – Day 1″), et d’autres qui ont suivi, le doute n’était (presque) plus permis : c’est au Congo que le réalisateur était parti filmer les images du prochain clip de Mylène, Monkey Me. On sait que cet Etat africain possède plusieurs réserves naturelles où les gorilles sont protégés ; il est également possible de les approcher sans les déranger, et d’obtenir le droit de les filmer.

Alors on s’est mis à imaginer Mylène au milieu des gorilles, telle une Diane Fossey rousse… Avouons que l’idée était belle et alléchante… De plus, François Hanss avait usé des mêmes ficelles du teasing avant la sortie du clip de Je te dis tout. Las, selon Thomas Durand, journaliste à Gala, le réalisateur n’était apparemment là-bas que pour les besoins d’un film publicitaire. D’où une évidente déception… Et des interrogations sur la sortie prochaine du single Monkey Me.

Pourtant, il ne fait aucun doute pour le staff de Mylène que c’est « la » chanson porteuse de l’album…

Fabien Lecoeuvre parle de Mylène farmer

header dans Mylène et des CRITIQUESPassionné depuis son plus jeune âge par la chanson populaire et son univers fait de strass et de paillettes, Fabien Lecoeuvre sait que son métier doit passer par là.

A force de détermination et de persévérance, il se fait engager comme attaché de presse dans une grande maison de disques.

Très vite, il devient l’ami des stars, qui font appel à lui pour les représenter au mieux.

En 1992, sa grande amitié avec Claude François lui vaut d’être choisi par par Claude Jr et Marc François afin d’assurer la communication et le développement artistique de la carrière posthume de leur père.

Grand spécialiste du chanteur de ‘Belle, Belle, Belle’, il a notamment conseillé le réalisateur Yann Moix sur le tournage du film Podium.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur les chanteurs (Johnny Halliday, Mike Brant, Daniel Balavoine, etc .) et, plus largement, sur les années 60, 70 et 80.

Spécialiste ès chanson populaire, il est devenu un personnage incontournable du monde médiatique, invité de tous les plateaux tv et radios.

Publié dans Mylène et des CRITIQUES | Pas de Commentaire »

Mylène Farmer dans la profession

Posté par francesca7 le 3 août 2013

 

Mylène Farmer dans la profession dans Mylène et des CRITIQUES images-9Dans la profession Ne souhaitant pas se mêler au monde du show-business, Mylène Farmer refuse systématiquement de se déplacer aux remises de prix accordés par la profession, depuis sa Victoire de la musique reçue en 1988 : face à l’hypocrisie ambiante en coulisses, elle annule sa prestation au dernier moment et déclarera peu après : « J’ai passé des heures en coulisses pour les répétitions de cette soirée. Tout le gratin du show-business était là et ces gens m’ont écœurée. Ils se détestent tous. J’étais triste d’avoir été récompensée et reconnue par ces gens-là. Ce sont les Victoires de l’hypocrisie ! »

Récompensée en 2005 du prix de « l’Artiste féminine des 20 dernières années », la chanteuse, absente, se contentera d’un communiqué laconique adressé à la profession, dans lequel elle leur rappelle que son dernier single s’intitule Fuck Them All. Dès lors, fait unique, elle demandera elle-même à ne plus être nominée. Pour autant, beaucoup d’artistes avouent être des admirateurs. Selon Charles Aznavour, « cette femme a tous les dons ». Michel Polnareff déclare « l’aimer beaucoup, sur le plan professionnel et personnel (elle fait des spectacles remarquables, de la vraie production à niveau international) », tout comme Michel Sardou (« Elle me plaît et m’attendrit. Je sais combien elle s’investit dans ses spectacles, et chapeau pour son respect du public. Elle ne joue pas à l’économie » et Johnny Hallyday, qui salue son travail et le fait que « elle ne touche pas d’argent lorsqu’elle part en tournée, tellement ses spectacles lui coûtent chers ». Line Renaud souligne « quelqu’un de rare, dans tous les sens du terme », Julien Clerc qualifie son travail de « toujours intéressant, avec un art savant de la mise en scène et une vraie direction artistique, des textes intéressants et de belles musiques », tandis que Juliette Gréco affirme :

« elle est sans cesse en recherche. Elle a une place particulière, totalement originale par son silence, la perfection de son travail. On a l’impression d’être face à une enfant à la fois féroce et surdouée ». Selon Lara Fabian, « elle a réussi ce que peu d’artistes ont réussi au fil des années : rester elle-même et innover à chaque fois ». Pour Jean-Louis Murat, « Mylène et Laurent sont les deux personnes les plus estimables que j’ai rencontrées. Je les adore et les respecte infiniment.

Ce sont les plus intelligents. D’une intelligence à la Warhol ». La jeune génération la cite souvent en référence, comme Nolwenn Leroy (« Elle a tout compris, et a su garder une cohérence au fil des ans. Cultiver le paradoxe d’être une immense star tout en restant simple, sensible, à fleur de peau »), Julien Doré (« un show hyper-rodé, un son qui déchire sa mère, une énorme machine en mouvement – ce qu’on voit d’habitude avec des artistes étrangers, pas avec des français »), le rappeur Disiz La Peste (« J’admire la manière dont elle a créé son image et bâti sa carrière. C’est plutôt bien fait, là où je trouve que Lady Gaga est très fake. Ce n’est pas raffiné du tout, alors que Mylène Farmer a fait dans le raffinement. Elle a toujours été à part, dans son coin ») ou encore Shy’m (« Comme Madonna, elle a réussi à durer, à traverser les époques. Elles ont fait des choses marquantes, ont osé, sans rester dans le moule »). Si elle reste peu connue à l’étranger, plusieurs personnalités reconnaissent suivre sa carrière, à l’instar de Madonna (qui a même tenu à aller voir Giorgino à sa sortie), Elton John (« La première fois que je l’ai entendue, j’étais bouleversé. Je lui porte une grande admiration. J’aime sa voix, ses maux, sa façon de bouger.

She’s so French ! »), le groupe Muse (« Nous avons été la voir en concert et en sommes ressortis totalement sous le choc tellement le spectacle était beau. Cette femme a un charisme énorme et l’ambition de proposer des choses énormes. C’est vraiment une artiste que nous aimons beaucoup »), l’écrivain Salman Rushdie (« Ses textes, entre mélancolie et sensualité, souffrance et abandon, m’émeuvent. Sa voix, moitié de ce monde, moitié d’ailleurs est étonnante ; c’est la voix d’un ange déchu »), Enrique Iglesias (« J’aime beaucoup sa voix et la façon dont elle conçoit ses spectacles. Elle est incroyable et tellement créative »), George Clooney, Luz Casal, Kylie Minogue ou encore Seal (« Elle est l’essence pure de l’Artiste »).

L’icône ou la stratégie du silence La « stratégie du silence » de Mylène Farmer a été longuement évoquée par les médias. L’artiste n’accorde effectivement que très peu d’interviews et apparaît rarement à la télévision, expliquant cette faible présence médiatique par sa « nature profonde »: se sentant « plus à l’aise sur scène qu’à la télévision », elle reconnaît être de nature très discrète et détester parler d’elle-même. Depuis ses débuts, elle développe sa créativité au-delà de la production musicale et de son métier de chanteuse, s’exprimant à travers des domaines comme le cinéma (clips scénarisés, filmés en 35 mm), la scénographie, l’écriture (avec un conte dont elle est l’auteur), la peinture et le dessin, et de manière plus classique pour les chanteurs de la musique pop : la chorégraphie, l’habillement, le design…

L’écrivain Amélie Nothomb confie : « Pour avoir côtoyé Mylène, je pense qu’elle cultive l’inaccessibilité qui la caractérise. Mais je crois aussi qu’une part lui échappe. J’ai pu m’apercevoir que, lorsqu’elle est cordiale, et elle peut assurément l’être, on sent quand même, quelque part, une muraille de glace. Il semblerait qu’elle n’y puisse rien. Attention, loin de moi l’idée de présenter Mylène Farmer comme une victime. Mais cette muraille de glace, sans doute, la rend prisonnière de quelque chose. » En 2001, elle confie quant à sa discrétion médiatique : « Je n’ai pas fait ce métier pour être connue mais pour être reconnue »

Fabien Lecoeuvre parle de Mylène farmer

Publié dans Mylène et des CRITIQUES | Pas de Commentaire »

religion farmérienne

Posté par francesca7 le 2 août 2013

religion farmérienne dans Mylène 2013 - 2014 monkey

Pour faire patienter les fans avant le sortie (très attendue) du single « Monkey Me », Mylène a trouvé pour eux une occupation qui pourrait bien titiller leur créativité : créer une pochette la plus originale possible pour le CD 2 titres à paraître.

Tous ceux qui ont décrié, ces derniers temps, le design des objets estampillés Farmer à la sauce Henry Neu y verront sans doute une occasion de montrer ce dont ils sont capables…

En tout cas, la bonne nouvelle, c’est que « Monkey Me » finira bien par exister en radio et, espérons-le, en clip…

A vous de jouer !

http://monkeymecover.com

 

 

 

Publié dans Mylène 2013 - 2014, Mylène et des CRITIQUES | Pas de Commentaire »

La nouvelle bible des farmériens

Posté par francesca7 le 2 août 2013

La nouvelle bible des farmériens dans Mylène et des CRITIQUES images-5

Le journaliste Jean-Claude Perrier s’engage dans un chemin semé d’embûches : qui es-tu, Mylène Farmer ? Pas d’ironie. Avec cette multimillionnaire de la chanson qui, du haut des 10,4 millions d’euros amassés en 2001, coiffe sur le poteau les Bruel et autres Goldman, jamais l’expression « cultiver le mystère » n’a eu autant de pertinence. Recluse en ermite au coeur du triangle d’or New York/Los Angeles/Paris, cultivant avec ses fans, qu’elle ignore, une relation de type SM, organisant ses concerts comme de véritables messes roses et noires et émaillant ses clips de partouzes Régence, celle que son ami Salman Rushdie surnomme « l’Ange déchu » est aujourd’hui la prêtresse d’un véritable culte : le sien. Et Perrier, tel un grand inquisiteur fasciné par le mal, de placer son enquête sous l’égide d’un vers cornélien - « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule » - pour mieux cerner la Bête, à travers l’exégèse de ses paroles (« Pourvu qu’elles soient douces », crypto-apologie de la sodomie) ou les points d’orgue de son opaque biographie : une enfance boréale au Canada, un Pygmalion surdoué de la musique et perclus de fantasmes érotico-morbides, Laurent Boutonnat, un singe capucin nommé E. T. et une héritière ambiguë, la bien-nommée Alizée. A l’heure où ses zélotes, à grands coups de rumeurs apocalyptiques, annoncent son grand retour parmi les vivants via sa relation avec Marc Levy, son livre de contes pour adultes, et un mystérieux prochain album, la somme farmérienne de Perrier, un rien prosélyte, vous adoubera « gentleman-Farmer ». Ou vous éloignera à jamais de cette religion qui pourrait bien éclipser les raéliens

 

Article http://www.lepoint.fr

Publié dans Mylène et des CRITIQUES | Pas de Commentaire »

Les mots : l’impossible dialogue de Mylène

Posté par francesca7 le 2 août 2013

Les mots : l'impossible dialogue de Mylène dans Mylène en DUOS mot

2001, Mylène Farmer sort un Best Of. Elle choisit d’intituler cette compilation «Les Mots». Quand Mylène décide d’offrir au public un panorama de sa carrière, c’est donc avant tout des mots qu’elle prétend leur proposer. Que nous dit le texte éponyme de cet album, à savoir le duo de Mylène avec le chanteur Seal, du rapport de Mylène Farmer avec les mots ?

Fixement le ciel se tord
Quand la bouche engendre un mort

Dès le début, c’est la mise en avant du pouvoir de la parole avec une chose impossible, puisque l’adverbe vient contredire le verbe (au lieu de l’annoncer). Si le ciel se tord, il ne peut pas être immobile, fixé. Impossible dans la nature de contempler un ciel qui se tord «fixement». Et pourtant, grâce à la force de l’écriture, à cette magie, cela devient possible. Il suffit pour cela de l’écrire, et notre imaginaire essaie de créer une image qui pourrait unifier ces positions contraires. Mais si la parole fait des miracles, son pouvoir est dès le début mis en place comme ambivalent, source de dangers : la bouche engendre un mort. La puissance mortifère de la parole est ici fortement soulignée. (Déjà dans Méfie-toi Mylène mettait cela clairement en avant en évoquant les «paroles mortifères».) Entre «mot» et «mort», il n’y a qu’une lettre de différence. (D’ailleurs, Mylène s’applique à prononcer «mort» de façon à rendre le rapport évident pour l’oreille. Nous lisons mort, mais nous entendons mot). De là à penser qu’un mot est une chose morte, il n’y a qu’un pas.

Et en effet, une fois prononcé, le mot est fixé sur la page. On ne peut lui donner qu’un seul sens, celui que le contexte de la phrase permet. Mais cette mort qui nous paraît négative est en fait valorisée et transcendée par Mylène. En effet, cette mort est en même temps une renaissance : la bouche ENGENDRE, donne la vie à un mort : il se produit alors un miracle puisque le ciel, tout en restant immobile, se met à se tordre. En fait ici, Mylène nous offre un mode de lecture de ce qu’est pour elle l’écriture : il s’agit de rendre la capacité de se tordre à ce qui était fixé. Chez Mylène Farmer, ce qui la rapproche d’une démarche de poète, le mot n’est pas fixé dans le cadre de la phrase, mais il va au contraire prendre plusieurs sens, et créer des effets d’échos qui vont nous promener de couplets en couplets, voire d’albums en albums…Nous pouvons tordre le mot dans tout les sens. (Pensons à l’Ame Stram Gram ou se superposent deux textes complètement différents selon qu’on lit ou qu’on écoute les sonorités). Le jeu de mot va dès lors devenir un des biais fondamental de cette poétique de Mylène Farmer. Elle le dit d’ailleurs très bien elle-même à la fin du refrain de l’histoire d’une fée, c’est…

«Jeu de mains, jeu de M, émoi…»

images-2 dans Mylène et des CRITIQUESCe jeu de M ne peut que nous faire penser à un jeu de Mots, mais il est aussi un jeu de Mylène (voire de M le chanteur puisque dans un de ses clips, Onde sensuelle, on le voit harcelé par une petite fée). Ici, autour de cette lettre, Mylène met en rapport son prénom avec les mots, et le jeu sur les mots. Bilan de ce jeu de mot à la chaîne : M émoi… Aimez-moi. L’appel à l’amour est donc avant tout à lier à ce travail de mots. Et Mylène a en effet souvent mis en avant la primauté des textes pour elle, allant jusqu’à dire que si elle ne devait garder qu’une chose de sa carrière, ce ne serait ni les clips, ni la musique, mais les textes… Mais revenons à la suite de la chanson :

Là je donnerais ma vie pour t’entendre
Te dire les mots les plus tendres

Ici, dans un texte qui veut parler de mots, nous nous trouvons placés face à une chanson d’amour, mais aussi face à un duo. Ces deux idées sont très intéressantes. Si l’on va faire un tour dans un dictionnaire latin, on découvre que le mot «texte» vient du participe passé «textus» du verbe texere, qui signifie «tisser». Un texte c’est donc avant tout un tissu, un tissage. Or, le tissage consiste en l’entrelacement des fils rigides de la chaîne, avec ceux, plus souples, de la trame. On comprend dès lors mieux la nécessité du thème amoureux et du duo sur cette chanson là. En effet, la voix de Seal, en s’unissant à celle de Mylène, procède à une forme de tissage, d’union des contraires, qui représente métaphoriquement le tissu du texte. Quand au thème amoureux, il vient renforcer à son tour la notion d’union que nous évoquons ici. On voit que le rapport à la parole est en tout cas extrêmement fondamental puisqu’il est à nouveau relié à l’idée de mort. Mylène pourrait donner sa vie pour «entendre» et «dire», c’est-à-dire pour dialoguer. Or ce dialogue est au cœur de la carrière de l’artiste depuis ses débuts. Il est on pourrait dire le point de mire de Mylène, son but ultime. Ainsi, en intitulant un album L’autre, Mylène mettait de manière évidente en avant son désir de communication. Mais ce désir, cette quête frénétique du dialogue par Mylène Farmer se déroule sous la menace permanente de l’échec. Si il y a dialogue, il est toujours menacé par l’anéantissement. Ainsi, au début du clip Tristana, dès que les personnages commencent à échanger, et à se diriger vers une déclaration amoureuse, le moine guerrier vient les interrompre. Ce dialogue là ne pourra reprendre qu’à la fin du clip, avec Rasoukine qui avouera à Tristana qu’il l’aime. Mais cette fin est ambiguë… Cette déclaration ne s’adresse plus à une femme de chair, mais à une espèce de spectre, coincé entre la vie et la mort… C’est la même thématique que l’on retrouve dans la chanson Regrets, où l’on voit que les contraires ne peuvent s’unir que de manière éphémère, et sous le signe de la mort : nous sommes dans un cimetière, «l’hiver et l’automne n’ont pu s’aimer»…

Finalement, c’est dans la chanson Nous souviendrons nous de nous que Mylène formule ce thème de la manière la plus claire, lorsqu’elle dit n’avoir «qu’un long monologue poudré de neige à partager». Ce monologue fait bien sur référence au clip d’Ainsi Soit Je, mais il faut aussi voir qu’il s’agit d’un MONOLOGUE, c’est-à-dire du contraire d’un dialogue. Le monologue est une parole qui n’est pas échangée avec autrui. Or Mylène veut «partager» ce monologue. On voit bien qu’ici nous sommes donc en tension vers le dialogue. Pour Mylène, tout se passe comme si l’homme aspirait à la communication et en était incapable, ne pouvant qu’offrir à l’infini des paroles qui ne s’adressent en fin de compte qu’à lui-même. On peut dès lors bien mieux comprendre un autre leitmotiv de l’œuvre de Mylène, à savoir la solitude. Non plus une solitude parce qu’on n’a pas d’amis, nous savons par divers médias que Mylène n’en manque pas, mais cette solitude de l’impossibilité à communiquer. Beaucoup ont pu critiquer les absences de Mylène, son refus des interviews comme une savante stratégie marketing. Il faudrait faire à ce sujet deux remarques. D’une part, Céline Dion a choisi la stratégie inverse et cela marche tout autant, d’autre part, il faut reconnaître que Mylène se trouve, en s’exposant et en parlant peu, en accord total avec la pensée que l’on retrouve dans ses textes depuis ses débuts. Il faut ici souligner un paradoxe : Les mots est une chanson d’amour, et même l’une des rares chansons positives de Mylène (voire la seule ?). Pourtant le clip de Laurent Boutonnat est très sombre, et se termine par la noyade de Seal. Il ne faut pas penser que Laurent trahit le texte. Il a au contraire très bien compris la dimension utopique de ce duo parfait, de cette union et de ce dialogue. Utopique parce que tout le long du texte, Mylène a semé des marques de doutes, que nous rencontrerons peu à peu, à commencer, dès ces premières lignes, par l’omniprésence de la menace de mort. La chanson dit le rêve d’union des individus par la parole, le clip souligne l’aspect éphémère et illusoire de cette union. On ne peut que penser à L’âme stram gram, ou les rapports sexuels ne sont jamais séparés de l’idée de paroles. «En moi, en moi, toi que j’aime, dis moi, dis moi quand ça n’va pas. Il n’y a que ça qui nous gouverne». Que représente ici ce ça ? L’accouplement, ou la parole ? On ne peut pas trancher et c’est ce qui nous intéresse : le sexe comme la parole sont vus en tant que modes d’accès à ce dialogue rêvé…

On en arrive maintenant à la première intervention de Seal. Nous parlions d’union des contraires (bien mise en avant sur la pochette du single par le chevauchement des peaux), or voilà qu’ici on passe à de l’anglais. Les langues qui se mélangent sont à nouveaux à penser comme un fort signe d’union, et de dialogue entre des mondes qui se sont étrangers. Que fait dire Mylène à Seal ?

When all becomes all alone
I’ll break my life for a song

On retrouve ici exactement la même thématique que plus haut, à savoir le désir du dialogue. Seal est lui aussi frappé par cette solitude universelle, qui s’en prend au gens, mais aussi aux choses (all). Cette universalité de la solitude est renforcée par la double occurrence de ce all. Ici le désir de dialogue de Seal se tourne vers la musique, et vers une chanson (a song). A nouveau la menace de mort est évoquée. Autour du fait de parler ou de se taire, les enjeux sont essentiels, et les choses se complexifient. Si au tout début la mort était le fait du mot (comme elle le sera un peu plus tard avec les «mots qui blessent»), elle peut aussi être le fait du silence. Aussi la vie devient un fragile équilibre, semblable à celui du texte…

And to lifes that stoop to notice mine
I know I would say goodbye

Ici, nous ne pouvons que souligner que Mylène a fait en sorte de se voir citer par Seal en anglais, puisque ces vers ne sont que la traduction littérale du «aux vies qui s’abaissent à voir la mienne, je sais qu’il me faudra prendre congé d’elles». Ce jeu avec ses propres textes est intéressant à plusieurs niveaux. D’abord, Mylène met ainsi en rapport deux textes qui à priori n’en ont pas. Mais nous avons vu que contrairement aux apparences, il était question de la même chose dans Nous souviendrons nous et Les mots, à savoir le dialogue, l’échange, toujours menacé de mort. Nous pourrions glisser ici un jeu de mot sur le titre de cette première chanson, puisque «nous souviendrons nous de nous ?» pourrait aussi vouloir signifier «nous rappellerons nous que le mot «NOUS» existe ?», c’est-à-dire que l’union est possible. Cette question n’est pas qu’un pur fantasme, nous le verrons un peu plus loin avec le deuxième couplet. Mais en plus de cet intérêt, ce passage met en évidence de manière fondamentale cet emprisonnement de l’homme dans le monologue. En effet, Mylène en écrivant un dialogue, fait répéter à celui qui doit parler AVEC elle des mots qu’elle a elle-même déjà prononcés. La boucle est bouclée, nous sommes dans l’enfermement le plus total. On commence donc à sentir comment cette chanson à priori positive se teinte peu à peu d’angoisses, de peurs.

For a fraction of this life
I would give anything anytime

images-3 dans Mylène et SYMBOLISMEPhrase troublante au premier abord, elle se comprend mieux une fois que nous avons analysé les refrains de la chanson. Ce qui a lieu ici, c’est l’assimilation du monde, de l’univers, à un texte dont les existences humaines seraient les mots. Nous humains faisons partis en quelque sorte du grand texte de la vie, et de même qu’on ne peut supprimer aucun mot d’une phrase sans en modifier le sens général, de même toutes les individualités s’insèrent dans la communauté pour la modifier… Ici donc, le mot «life» est à comprendre au sens de Vie en général, comme opposé à mort. Pour un élément du vivant, c’est-à-dire un homme, un animal même, nous pourrions tout donner, n’importe quand. Ce don total ne peut se comprendre qu’en relation avec ce que nous disions du refrain. Chaque fraction à sa place dans l’ensemble, même la plus infime, chaque «petit rien» à son importance. Mais voyons un peu mieux comment fonctionne cette assimilation Univers – Texte.

L’univers a ses mystères
Les mots sont nos vies
You could kill a life with words
Soul how would it feel
Si nos vies sont si fragiles
Words are mysteries

Avant d’entrer dans l’analyse à portée générale que nous avons commencé, il serait bon d’évoquer un autre niveau. On a tellement entendu parler du mystère et de l’univers Farmer, qu’on ne peut que repérer une forme d’ironie dans «l’univers a ses mystères». Mais en liant cela à «les mots sont nos vies», Mylène donne par la même occasion une sorte de justification de ce mystère : si il y a mystère chez elle, ce n’est pas par jeu, mais parce qu’elle utilise un matériau mystérieux, à savoir le mot…Ceci précisé, il faut bien voir comment c’est à nouveau un véritable «tissage» des sens qui a lieu ici. D’abord Mylène nous dit que l’univers à des mystères. Puis que les mots sont nos vies. Si tel est le cas, nos vies, par contrecoup, sont des mots. Plus loin, Seal nous dit que les mots sont des mystères. A partir de là on se retrouve avec l’équation suivante :

Mots = Mystère = vies. Donc l’univers à ses vies, qui sont comme des mots.

Bien sur le refrain met en avant d’autres choses, mais il était important de commencer par là pour montrer «l’idée générale» de la chanson. Mais on peut en effet lire ici à nouveau le caractère mortifère des mots. Seal souligne qu’une parole peut tuer, ôter la vie. Mais ça ne s’arrête pas là, puisqu’il se demande ce qu’il pourrait ressentir dans un cas pareil. Cette question fait partie de ces éléments inquiétants que Mylène a semés tout au fil du texte : car derrière elle, on peut lire en filigrane une pulsion de meurtre… (Que Laurent Boutonnat mettra très bien en avant dans le clip, avec ce sourire épanoui de Mylène à la mort de Seal).

Les mots des sentiments
Les mots d’amour un temple

La fin du refrain est particulièrement intéressante. Mylène évoque deux catégories de mots, qui d’ailleurs n’en forment qu’une, celle des affects : mots pour exprimer les sentiments (à moins qu’on ne comprenne «les mots (sont) des sentiments»), mais surtout «mots d’amour» dont il s’agit de faire un temple. Autour du mot «temple», on voit se dessiner toute une série de questionnement qu’il nous faut ici développer si l’on veut comprendre la suite de la chanson. Partons de l’étymologie : le templum en latin, c’est un espace découpé dans le ciel, pour observer le vol des oiseaux et lire l’avenir, ensuite par extension, c’est devenu la projection de cet espace sacré sur le sol sous la forme d’un monument. Ici, Mylène évoque le temple des mots d’amour… Autrement dit, elle accorde une place sacrée, et religieuse, à l’amour. On connaît l’intérêt de Mylène pour la thématique amoureuse, «la seule chose vraiment importante» comme elle le confie lors de la promotion de Giorgino, et comme en atteste l’album Innamoramento, qui ne parle finalement que de ça. Pourtant, nous serons tous d’accord pour dire que Mylène Farmer n’écrit pas à proprement parler des chansons d’amour. L’exemple sans doute le plus frappant serait à ce titre la chanson L’amour naissant, qui malgré son titre, parle de tout autre chose que d’un simple «je commence à t’aimer» : on y rencontre le «souffle du néant», et autres notions de cosmos qui déploient ce texte vers des abstractions qui dépassent la simple union de deux êtres. Ici, mais ce serait surtout à montrer dans L’amour Naissant et Pardonne-moi, Mylène Farmer confère à l’amour une dimension universelle et religieuse. C’est une religion où l’on vénérerait l’amour qui est ici envisagée. Mais ce temple de l’amour doit être fait de mots, de ces petites entités fragiles, et il est constamment à reconstruire par la parole. Nous sommes ici au cœur de la morale de Mylène : Aimer l’autre pour tenter de donner un sens au monde, d’aller plus haut.

«J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer, au souffle du vent, s’élevait l’âme, l’humanité, son manteau de sang», chante Mylène dans Rêver. Dans l’amour apporté à un individu, dans le cadre du dialogue, on participe à un mouvement d’élévation de l’humanité toute entière. L’amour est ici promu philosophiquement, invité à devenir un idéal d’élévation spirituelle. Mais il faut bien noter le pessimisme de Mylène quant à cette vision des choses. Ici à nouveau nous sommes dans l’utopie puisque, comme le dit Mylène : «j’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer». Cette union reste cantonnée au monde du rêve, elle n’a pas de réalité propre. Le seul moyen que l’on peut alors avoir de donner corps à cette utopie, c’est de la répéter inlassablement. C’est un peu ce qui se produit dans Mylenium, où l’innamoramento est évoqué comme une incantation, en espérant le voir se produire. (Ce n’était pas rien, symboliquement, que d’ouvrir le Mylenium tour par cette chanson et de le conclure par Innamoramento : on passe de l’appel à cet amour à sa concrétisation). Cette répétition qui va rendre réel le temple des mots d’amour est tellement présente à l’esprit de Mylène, qu’elle va utiliser un jeu qu’elle n’avait jusqu’à présent jamais vraiment mis en pratique, à savoir l’image sonore. En effet, si l’on écoute les refrains, on est frappé par le fait que le mot «temple» est prononcé de plus en plus distinctement au fur et à mesure que la chanson avance. On passe du «temple» mourrant dans un souffle au premier refrain, au temple à la dernière syllabe longuement tenue (et à la tierce supérieure) de la fin de la chanson. C’est ici l’illustration parfaite de la théorie par la pratique. Plus on parle d’amour et plus ce temple des mots devient solide, présent, réel. En ce sens, on ne peut que souligner que ce texte de Mylène reste dominé, malgré les doutes qui le parsèment, par un optimisme à toute épreuve. Il est un texte de foi, qui montre l’élan d’espoir que l’on peut mettre dans cette union des êtres. En ce sens, le clip de Laurent Boutonnat est quasiment indispensable pour ramener en avant le deuxième aspect du texte : même si les amants peuvent essayer de vivre dans l’illusion, cette union n’est qu’illusion. Elle ne saurait durer… Mais leur dialogue continue…

If one swept the world away
One could touch the universe

Le tissage des voix et des langues se poursuit. La réflexion que Mylène fait tenir à Seal est à priori obscure. «Si l’on balayait le monde, on pourrait toucher l’univers». Comment comprendre cette idée. Notons d’abord que nous sommes de par le mode potentiel choisi, dans l’irréel, dans l’hypothèse. On ne peut pas balayer le monde, ni le supprimer de par sa propre volonté. Pour comprendre cela, il faut à nouveau repenser aux multiples correspondances évoquées plus haut. Si nos vies sont les mots de l’univers, alors notre monde est l’équivalent d’un texte, d’un livre. Les mots sont premiers. En fait, l’ordre du symbolique, c’est-à-dire l’ordre du langage est antérieur à l’homme. Nous sommes coincés dans la parole et dans la langue, nous sommes faits de mots. On comprend dès lors mieux pourquoi, si l’on pouvait supprimer un word/world, on atteindrait l’univers, au sens où si l’homme pouvait avoir une action aussi radicale sur le langage, il porterait atteinte de manière irrévocable à l’ordre du monde. (Ce monde qui est ordonné, justement, par la parole, et engendré par elle). D’autre part, si l’on pousse la logique de l’assimilation du monde à un ouvrage et des hommes aux mots de ce texte, on voit ici se développer un triple sens. Au premier niveau, Mylène nous dit que si l’on supprime un texte on porte atteinte à l’univers tout entier. Il y a ici une vive condamnation de toute censure de l’écrit. A un autre niveau, l’assimilation de l’homme à un mot met en évidence le processus destructeur de toute censure, qui de par sa violence, ne peut être que le signal d’une violence plus grande. Ainsi, les sociétés fascisantes ont toutes pratiquées la censure des textes. Mais par là même elles ont censuré la vie. (Jusqu’aux horreurs des camps que l’on connaît, et que Mylène évoque dans Souviens-toi du Jour). Ainsi, on peut aussi comprendre le début de ce couplet comme un élargissement de l’image de censure : si l’on efface le monde, fait de mots, où même un seul de ces mots on porte atteinte à l’humanité toute entière. C’est ce que nous dit Primo Levi : les tortures subies par les déportés ont abîmé leur nature même d’être humains : «considérez si c’est un homme», demande-t-il. Le propos est donc ici plurivoque, comme très souvent chez Mylène : comme nous le disions au début, les mots s’y tordent dans tous les sens, échappent à la fixité pour offrir des significations multiples.

I will tell you how the sun rose
How we could with a word become one

On revient ici au premier niveau de compréhension de la chanson, du moins c’est ce qu’il semble au premier abord. En effet, nous avons ici une image extrêmement galvaudée, celle du lever de soleil, qui nous rappelle les clichés du discours amoureux, tout comme l’idée de ne faire qu’un. Mais cette unité se fait par le biais d’UN mot. Quel est ce mot ? En français le mot qui fait une unité de deux êtres, c’est le NOUS dont Mylène nous demande, nous avons vu, si nous nous en souviendrons. Une phrase de la chanson L’autre met complètement en évidence ce processus de fusion : «Toi et Moi, du bout des doigts nous tisserons un autre». Au début de la phrase, nous avons deux individus, isolés, TOI et MOI. Mais à la fin, ils s’unissent dans un «AUTRE» à partir du moment où le NOUS apparaît dans la phrase. Ici, en anglais, c’est le ONE qui va assumer cette fonction. One c’est ce que l’on pourrait traduire ici par «ON». Mais le mot anglais est encore plus frappant que le nous français : ONE c’est «on», c’est l’union, mais c’est aussi «UN», l’unité. Ce jeu de mot ne pouvait que frapper Mylène, tant il était en accord avec son questionnement. Quant à l’image du lever de soleil, permettons nous deux remarques. D’abord, si l’on cherche dans l’œuvre de Mylène une allusion à ce phénomène, on n’en trouve qu’une, dans un texte de Laurent Boutonnat, We’ll never die. «Dawn is breaking now, how long does it take to die ?» On voit que l’aube est paradoxale, puisqu’elle s’associe non pas à une idée d’espoir, mais à une idée de mort… Mais ici, nous allons le voir avec le couplet que chante Mylène, il s’agit bel et bien d’une lumière qui apparaît, et non d’une menace de mort. Reste à savoir de quelle lumière il s’agit…

Et pour tout ces mots qui blessent
Il y a ceux qui nous caressent
Qui illuminent, qui touchent l’infini
Même si le néant existe

Retour aux mots qui blessent, déjà évoqués, et auxquels Mylène opposent un autre aspect de la parole, à savoir les «mots qui caressent». Ici, ce sont les mots qui caressent, verbe à la nature physique qui semble difficilement pouvoir s’appliquer à de la parole donc. On retrouve le lien intense qui existe entre la chair et la parole. Les mots sont nos vies, et nos vies sont aussi du vivant, de la matière humaine. Dans L’âme stram gram, le jeu de mot qui superpose «J’ouïs» et «Jouis», ou encore l’apparition de «fesse» (et de «con» !) dans «confesse», ou celle de «susse» dans «susurre» mettent en avant le lien indéfectible entre parole et sexualité, entre chairs et mots. On jouit d’ouïr… Mais ce niveau charnel, présent dans ces mots caressants, est aussitôt transcendé par ce qui suit, puisque Mylène évoque des mots qui «illuminent, qui touchent l’infini». On pourrait voir dans cette image un métaphore de l’orgasme, mais il faut aussi voir ici l’allusion à la Bible, et en particulier à la Genèse : tous les mots sont là : illuminer, toucher l’infini, malgré le néant. Au commencement du Monde, il n’y avait rien (le néant). Dieu (l’infini) décide de créer quelque chose.

images-4«Dieu dit : que la lumière soit. Et la lumière fût.»
Que se passe-t-il ici, si ce n’est l’affirmation de ce pouvoir des mots que nous évoquions depuis le début ? L’univers est un texte, puisque il est avant tout le fruit de mots prononcés par Dieu. Le texte de la genèse n’est pas le récit de la création du monde, il est la création du monde par les mots. Or ici Mylène nous parle de mots qui illuminent. Ces mots qui illuminent, ce sont ceux du créateur disant “que la lumière soit”. Mylène fait ici référence à la genèse de manière évidente pour illustrer son propos. On comprend dès lors mieux la phrase concernant le lever du soleil. I will tell you how the sun rose. Le prétérit rejette ici cette aube dans le passé. Il ne s’agit plus de dire une aube, comme une banalité, mais l’Aube, la première de toutes, celle engendrée par dieu demandant que la lumière soit. On voit bien comment ici c’est l’affirmation de la primauté de la parole sur le monde que nous évoquions précédemment. Il ne s’agit en aucun cas, cependant d’un appel à la foi chrétienne. Chez Mylène Farmer, le thème religieux est central, qu’elle fasse référence à la torah dans Souviens toi du jour, au bouddhisme, au religions antiques ou à l’Ancien Testament comme ici. Cette omniprésence doit se lire comme une volonté d’universel… La pensée mythique et religieuse est avant tout une pensée qui pose des questions fondamentales, et représentatives des doutes de l’humanité. Mylène qui tente d’aborder ces mêmes questionnements, et d’y trouver pour elle des réponses ne peut donc pas passer à côté du phénomène religieux, même si elle n’adhère à aucune. Comme elle le confiait à Paul Amar lors de l’interview à Paris Première, c’est bel et bien du côté de l’homme que Mylène aime chercher l’espoir de salut : dans chaque homme réside une chance pour l’humanité d’aller de l’avant, et non dans une doctrine quelconque. Dernière remarque, ce passage qui évoque la lumière est sans doute l’un de ceux où la voix de Mylène se fait le plus cristalline, ce qui n’est pas sans signification. Les mots qui illuminent ont ce caractère clair, que l’on associe traditionnellement à l’aigu, comme on associe le grave et l’ombre.

For a fraction of this life, we will give anything anytime

C’est la dernière phrase du texte, et elle a été changée lors de l’enregistrement. Le texte du livret et du single donne en effet «we» là où Mylène et Seal chantent «I». C’est le dernier acte de ce que nous appelions l’impossible dialogue. Mylène avait envisagé le «we», ce «nous» évoqué à plusieurs reprises comme une sorte de but à atteindre. Pourtant, la conscience de cet impossible vient parasiter l’optimisme qui semble dominer la fin de la chanson (renforcement du mot «temple» et passage à la tierce supérieure pour le dernier refrain, comme une illumination encore plus grande). En effet, avec le retour à «I», nous assistons à un mouvement de division. Nos deux personnages semblent incapables de passer au nous. Ils restent deux «je», qui, si ils veulent aller dans le même sens, semblent retenus par on ne sait quoi, condamnés à jamais à dérouler leur face à face sans jamais réussir à le transcender… La boucle est bouclée avec le clip. Seal et Mylène, fractions de vies, tant qu’ils essaient d’être deux, sont ballottés par un océan déchaîné : une fois ce dernier mort, la tempête qui venait montrer cette difficulté à être deux peut s’apaiser. Mylène qui a encore tenté le dialogue se retrouve à nouveau prisonnière de cet hiver intérieur (le clip s’achève dans un paysage de banquise) qu’elle évoque dans Ainsi soit Je, elle retourne à son «monologue poudré de neige». L’espoir de communiquer est mort : on peut souffler l’allumette. Nuit et silence…

Publié dans Mylène en DUOS, Mylène et des CRITIQUES, Mylène et SYMBOLISME | Pas de Commentaire »

12
 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...