Mylène et Avant que l’Ombre

Posté par francesca7 le 7 juin 2013


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Avant que l’ombre… est sans contexte l’album studio le plus attendu de toute la carrière de Mylène Farmer. En effet, depuis Innamoramento (1999), les admirateurs avaient dû se « contenter » d’un album live, d’un premier best of et d’un album de remixes. Après six ans de rumeurs sur cet album (double album, duos inédits…) c’est Mylène elle-même qui lève le voile lors de sa première conférence de presse sur le sujet, le 16 décembre 2004 : l’album devrait sortir en mars 2005 et contenir quatorze titres…

Mylène et Avant que l’Ombre dans Mylène AU FIL DES MOTS avant-que-lombre-myleneEn fait, c’est le 4 Avril 2005 que sort enfin l’album (dans sa version collector ; il faudra attendre le 18 avril pour que sorte une version « classique »). Quinze titres (dont un caché) composent le disque – un record pour un album original de Mylène. L’ambiance de l’album est plus acoustique (avec un peu d’électronique) que celle des précédents disques, ainsi que le souligne Laurent Boutonnat lors de la conférence de presse. Et si Avant que l’ombre… apparaît d’emblée cohérent et uniforme, il n’en est pas moins déroutant par ses textes particulièrement abscons : un concentré de jeux de mots, de mots-valises, d’obscures références constitue l’essentiel des textes. Même s’il est souvent question d‘amour dans les chansons (pour une fois un amour heureux), l’ensemble paraît bien étrange. Cependant, Mylène reste Mylène et elle continue d’explorer ses grandes thématiques dans cet album qui semble encore plus personnel que les autres : la religion toujours (Avant que l’ombre .. Ange, Parle-moi), la littérature (Dans les rues de Londres), le sexe (QI – Porno graphique), l’espoir d’une vie meilleure (Redonne-moi – J’attends), l’amour (Aime, Peut-être moi – Tous ces combats –Et pourtant.. – Nobody Knows), la révolte (Fuck Then All) , le rêve (Derrière les fenêtres) et l’autodérision (Lamour n’est rien…).

Toujours fidèle au poste, Laurent Boutonnat compose toutes les musiques de l’album (celle de L’amour n’est rien est tout de même composée avec Mylène). Il assure également les arrangements, la production et la programmation. D’autres habitués sont aussi crédités sur ce disque, comme Yvan Cassar au piano sur deux titres ou Jérôme Devoise à la clarinette sur Redonne-moi. Point de chœurs sur cet album : c’est Mylène qui s’en charge entièrement .. Côté visuel, Dominique Issermann nous montre une Mylène endormie telle la Belle aubois dormant sur un fond d’ocre et de nuances de roux. Autour de son cou, une croix faite d’allumettes. De quoi enflammer le public ? Pas certain… Et même si cinq singles seront issus de cet album (Fuck Them All, QI, Redonne-moi, L’amour n’est rien.. et Peut-être toi) et que les ventes seront au rendez-vous (600 000 exemplaires, sources Polydor), aucun tube ne se détache d’Avant que l’ombre… La faute à la chanteuse ? Peut-être, car Mylène ne fera pour cet album qu’une seule prestation télévisuelle, dans le « symphonic show », sur France 2, le 12 Novembre 2005 : elle chante Redonne-moi, et cela sept mois après la sortie du disque ! Même si la chanson se fend (elle ne l’avait jamais fait) d’une écoute en avant-première pour ses fans (le 28 mars 2005 au Palais-Royal, à Paris, devant 250 admirateurs), son silence finit par lasser, et le grand public a bien du mal à comprendre l’attitude détachée de l’artiste.

Avant que l’ombre… donne son nom à l’album et ouvre  également celui-ci. c’st sans aucun doute le titre le plus mystique de la chanteuse, qui s’adresse ici directement à Jésus dans une prière : « Jésus ! J’ai peur / De la douleur…/ Des nuits de veille ». Paradoxalement, si c’est le titre le plus mystique de la carrière de la chanteuse, c’est également la chanson la plus simple à comprendre de l’album. Mylène y évoque sa mort (Avant que l’ombre, je sais / Ne s’abatte à mes pieds / pour voir l’autre côté) tout en affirmant que la vie lui aura donné au moins une chose, l’amour (Je sais que… je sais que… j’ai aimé). Un aveu de la chanteuse, qui déclare ici son amour – en évoquant sa mort certes – et qui donne ainsi le ton de l’album : Mylène amoureuse .. La musique de Boutonnat est tout bonnement magnifique, se faisant tour à tour discrète puis très présente vers la fin, avec les chœurs assurés par Mylène.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 154/220

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